00:00 Je suis Olivier Suppiot et je suis sur France Inter.
00:02 Donc je vais vous dessiner Jacques Frati, là en l'occurrence, Monsieur Hulot,
00:06 le personnage pour lequel j'ai une immense tendresse.
00:10 Il a fallu tout un temps, il a fallu chercher, évidemment,
00:14 parce que c'est un personnage en même temps qui est, je dirais, dans son monde,
00:19 vraiment dans son monde et en même temps, le fait qu'il soit dans son monde,
00:23 ça lui permet quand même d'affronter d'une certaine manière le monde réel.
00:28 Donc quelque part, je me sens vraiment associé à ce personnage
00:33 pour ce côté un petit peu en dehors du temps.
00:36 Et puis, c'est vrai que c'est un personnage qui est toujours entre la cascade et la danse.
00:41 On ne peut pas le dessiner sans penser à son corps.
00:44 C'est vrai que c'est plutôt Monsieur Hulot, des Vacances de Monsieur Hulot,
00:49 plutôt cette période-là.
00:51 Je sais vrai qu'à travers les différents films,
00:54 c'est vrai que quand il y a jour de fête, quand c'est François le facteur,
00:58 il ne bouge vraiment pas du tout de la même manière.
01:00 C'est vraiment étonnant de voir comment il pouvait jouer avec son corps,
01:06 d'être faussement maladroit et de vraiment être
01:10 sur quelque chose qui est très proche de la danse, en fait.
01:14 Un petit Monsieur Hulot.
01:18 Tati et le film Sans fin est une bande dessinée qu'on a réalisée avec Arnaud Le Goueflec,
01:25 donc Arnaud Le Goueflec au scénario, sur cet univers si magique de Jacques Tati,
01:31 à travers ses films, mais aussi à travers ses différents personnages.
01:34 Donc, bien sûr, François, le facteur de jour de fête,
01:37 mais aussi les différentes facettes de Monsieur Hulot.
01:41 Il m'a envoyé beaucoup de documentation.
01:43 Le découpage était réalisé à l'écrit et du coup, on a échangé ensemble
01:47 et on a pu faire un livre qui nous ressemble
01:51 et qui donne envie à voir ou revoir les films de Jacques Tati
01:57 que nous, on a revus et vu avec beaucoup de plaisir.
02:01 Alors là, je vais dessiner un personnage de mon enfance qui m'a beaucoup marqué.
02:07 C'est le personnage de Zorro.
02:09 Durant toute mon enfance,
02:10 j'ai pu voir l'acteur Guy Williams jouer ce personnage à la télévision.
02:15 Et c'est un personnage que je trouve très beau.
02:17 C'est un personnage à deux facettes, un côté super héros
02:22 et puis un côté beaucoup plus discret, comme il est Don Diego de la Vega.
02:27 C'est amusant de le dessiner, mais j'ai très peu dessiné.
02:30 Donc, c'est assez marrant de se lancer à le dessiner maintenant.
02:35 Au début, je vais surtout faire comme une forme de construction un peu grossière.
02:40 Mais après, c'est vrai que vu que c'est
02:41 un personnage qui est tout habillé de noir, il y a vraiment un côté ombre,
02:47 presque, qui est drôle.
02:48 Pour l'instant, ça ne se voit pas trop.
02:50 C'est marrant parce que tant qu'il n'y a pas le noir, ce n'est pas Zorro.
02:54 Et c'est un personnage qui est intéressant
02:56 aussi à dessiner parce que c'est très lié au corps aussi.
03:00 Le fait que ce soit un personnage qui est toujours en mouvement.
03:02 Il faut quand même que je fasse son masque en noir,
03:05 parce qu'autrement, on va le reconnaître.
03:07 Je le trouve moderne parce que graphiquement, déjà, il est intemporel.
03:12 Il a toujours besoin de justice, plus que jamais.
03:17 Ma première référence, c'est ma famille et notamment ma maman,
03:25 qui était une passionnée de peinture, bien sûr Van Gogh, notamment un fameux
03:29 tableau avec un Zouave. Ce qui m'avait marqué dans ce tableau,
03:34 c'était les briques, la couleur des briques et vraiment une
03:37 sensation de vibration sur les couleurs.
03:38 Ça, c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué.
03:40 Ma deuxième référence, c'est Marcel Gauthib,
03:44 que j'essayais de copier quand j'étais enfant.
03:46 Ce dont il avait de déformer le visage, de faire sérieusement rigoler les gens.
03:51 Ma troisième référence, c'est le magazine Pif Gadget.
03:55 Quand j'étais enfant, mon grand-père m'offrait ce magazine.
03:59 Et à travers ce magazine, j'ai pu découvrir différents styles de bandes dessinées.
04:03 Donc beaucoup, beaucoup de personnages.
04:05 Il y avait aussi des personnages réalistes et des personnages plus humoristiques.
04:09 Et c'est un journal qui m'a suivi toute mon enfance.
04:12 La quatrième référence, c'est Jean-Claude Carrière.
04:15 Avec Arnaud Le Goueflec, on a eu la chance de le rencontrer
04:18 avant la réalisation de l'album de Tati et le film Sans Fin.
04:23 Vraiment quelqu'un qui a eu une carrière extraordinaire et qui a vraiment
04:27 appris du temps pour partager avec nous son expérience et les choses qu'il
04:31 pouvait nous dire autour de l'univers de Jacques Tati.
04:34 Il l'a côtoyé un certain temps.
04:36 C'est vrai que ça, ça a été
04:38 une belle expérience avec Arnaud de pouvoir échanger avec lui.
04:41 Merci.
04:42 Merci.
04:43 Merci.
04:44 Merci.
04:45 ♪ ♪ ♪
04:47 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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