00:00 Vous avez choisi ce matin de nous parler des sondages.
00:02 C'est vrai que les sondages passionnent depuis toujours la classe politique.
00:05 Et pourquoi ce matin ?
00:06 Mais surtout l'exécutif.
00:08 Je vous en parle parce que la sobriété est à la mode au sommet de l'État.
00:11 On l'a encore entendu hier dans la bouche d'Emmanuel Macron à propos de l'eau.
00:14 Mais s'il y a bien un domaine où le gouvernement n'est pas franchement sobre,
00:18 ce sont les sondages parce que là on est carrément dans l'addiction.
00:21 Le service d'information du gouvernement, le SIG,
00:23 dont la mission est d'analyser l'opinion publique
00:25 et de mettre en œuvre la communication gouvernementale,
00:27 a explosé le budget sondage qui lui avait été fixé en 2019.
00:31 C'était 13,9 millions d'euros et en fait plus de 16 millions ont été dépensés.
00:36 Et plutôt que de se dire "ok on y est allé un peu fort,
00:39 on va faire gaffe le prochain coup en se serrant la ceinture",
00:41 le SIG vient de décider de lancer un nouvel appel d'offres
00:43 qui se clôturera mardi prochain.
00:45 Et il est en hausse de 54% à 21,5 millions d'euros pour les 4 prochaines années.
00:51 Alors le SIG...
00:52 C'est pas une échéance électorale majeure ?
00:53 Non, le SIG prévoit...
00:56 Alors s'il n'y a pas que des sondages électoraux là-dedans, on va y venir.
00:59 Le SIG précise que cette somme pourrait ne pas être dépensée en intégralité,
01:03 mais vu l'addiction du pouvoir, pour les enquêtes d'opinion,
01:05 on a un peu de mal à y croire.
01:06 D'autant que l'appel d'offres prévoit même, si besoin,
01:08 un plafond maximal à 50 millions d'euros.
01:12 Comment expliquer cette augmentation ?
01:13 Alors d'abord, il faut rappeler que le service d'information du gouvernement
01:15 fait réaliser des sondages à la demande de l'exécutif,
01:18 mais aussi des ministères et aussi d'autres entités publiques
01:21 comme la délégation à la sécurité routière, l'agence du service civique,
01:24 des choses comme ça.
01:25 Les ministères représentent près de 45% de l'enveloppe globale.
01:28 Pour ce qui est de l'exécutif,
01:29 on peut voir que les dépenses en sondage, regardez,
01:30 ont explosé pendant la crise Covid,
01:32 pour la seule année 2020, la moitié des dépenses concernait la pandémie.
01:37 Est-ce que ces sondages sont justifiés ?
01:40 Est-ce que le pouvoir a besoin de ces sondages ?
01:42 Alors oui, il est normal que l'exécutif se soucie de l'état de l'opinion.
01:45 Quand vous avez une crise sanitaire, savoir si les gens sont prêts à se vacciner ou non,
01:48 ça n'est pas impensable et c'est tout à fait normal
01:51 qu'on interroge les Français pour savoir.
01:52 Mais franchement, pour répondre à cette question,
01:54 tous ces sondages ne paraissent pas essentiels, non.
01:57 L'an dernier, le journal Le Monde avait fini par avoir accès aux enquêtes commandées,
02:00 après plusieurs recours auprès de la Commission d'accès aux documents administratifs,
02:03 parce que ce n'était pas facile à obtenir.
02:05 Et quand on regarde le contenu qu'ils avaient trouvé dans certaines enquêtes,
02:07 le contenu qu'ils avaient révélé de certaines questions,
02:09 on peut se demander si tout cela est bien nécessaire.
02:11 Pensez-vous qu'un événement comme l'invasion du Capitole
02:14 pourrait survenir en France à la suite d'une élection ?
02:17 Concernant la démission du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb,
02:19 diriez-vous qu'elle affaiblit le président de la République ?
02:21 Edouard Philippe est-il un homme de droite ?
02:23 Voilà, ça c'était les questions, franchement.
02:24 Est-ce que c'est bien normal ?
02:25 Est-ce que c'est bien pensable que ça se fasse sur des deniers publics ?
02:28 On peut se poser la question, surtout à une époque
02:30 où on fait attention à toutes les dépenses.
02:32 Mais puis surtout, de la part d'un exécutif qui ne cesse de répéter,
02:35 notamment face à l'opposition des Français,
02:37 à sa réforme des retraites, qu'on ne gouverne pas avec les sondages,
02:41 toute cette inflation de dépenses pour les sondages,
02:43 franchement, on est en droit de se demander
02:45 si on ne nous prendrait pas un peu pour des idiots.
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