00:00 mon parcours psychologique, il a été extrêmement amputé,
00:03 puisque pour commencer ma transition, j'ai commencé par...
00:07 J'y arrivais pas, donc j'ai décidé d'essayer de me supprimer.
00:10 Je me suis ratée.
00:12 Tant mieux, quelque part, parce que je m'imaginais pas
00:15 à un seul moment dans notre société
00:17 qu'il était possible que je ressemble à cette personne
00:19 que je suis aujourd'hui, sept ans après.
00:22 Je me suis fait aider, premièrement, de façon psychiatrique,
00:28 pour déterminer mes besoins.
00:30 On m'a demandé ce que j'avais.
00:31 J'ai dit que je suis une femme.
00:32 On m'a dit qu'on allait analyser ça et si ça s'est avéré vrai.
00:36 Je me suis affiliée aussi aux besoins psychiatriques.
00:40 J'ai joué le rôle psychiatrique qu'on m'a demandé.
00:44 "Ah oui, j'aime le rose, je veux être maman,
00:47 "je veux faire de la cuisine, je veux faire le ménage."
00:50 Comme si c'était un truc de l'ordre de la féminité,
00:54 alors que j'ai des copines, elles aiment le tuning,
00:57 elles font des grands trucs de bûcheronnes
00:59 et ça n'allie rien à leur féminité.
01:02 Mais on a l'impression qu'on est un peu prisonnière
01:05 des réponses qu'on va leur donner
01:07 afin d'avoir accès à toute cette notion psychiatrisante.
01:12 D'un côté, il faut jouer le rôle de la société binaire
01:16 et de l'autre côté, communautairement,
01:18 on s'organise pour pouvoir avoir une santé mentale meilleure,
01:22 quitte à carrément se déconnecter de la réalité
01:24 et rester dans un entre-soi,
01:26 parce que c'est le seul espace où on se sent en sécurité.
01:28 Des suivis psychiatriques sont demandés
01:30 pour pouvoir avoir accès à différentes chirurgies.
01:33 C'est le cas, par exemple, de la vaginoplastie.
01:35 On est censé avoir deux ans de suivis psychiatriques minimum
01:39 pour pouvoir passer devant une espèce de réunion collectif
01:46 de personnes, six gens,
01:47 qui se décrètent spécialistes de la transidentité,
01:50 bien qu'ils ne la vivent pas au quotidien,
01:53 pour savoir si on est assez valide,
01:55 mentalement mais aussi physiquement,
01:57 pour pouvoir faire cette chirurgie,
01:58 qui, je le rappelle, est censée être vitale.
02:01 Voilà. Du coup, ça dépend des contextes.
02:04 On va d'un seul coup nous demander une attestation psychiatrique
02:09 pour pouvoir avoir accès à différentes chirurgies.
02:11 Donc, on s'organise communautairement,
02:14 dans le sens où souvent, des papiers sont falsifiés,
02:17 où on a des alliés psychiatres ou psychologues
02:21 qui font sur demande,
02:23 et même parfois, c'est de l'ordre de l'escroquerie,
02:26 où on les paye en plus,
02:28 pour pouvoir avoir accès à ces attestations,
02:30 pour pouvoir avoir accès à ces chirurgies.
02:32 Il y a toujours dans l'idée des personnes cisgenres
02:34 que la personne trans détransitionne à un moment donné.
02:37 Ça représente 1 % de la population des personnes trans,
02:40 les détransitions.
02:41 Ce n'est pas le hot topic, en fait.
02:43 Si une personne trans vient pour pouvoir demander de l'aide
02:46 afin de transitionner physiquement,
02:48 c'est vraiment une vraie réflexion
02:50 pour pouvoir s'affiler à soi-même.
02:52 Ce n'est pas rien du tout de se réveiller le matin
02:55 et de ne pas se reconnaître dans un miroir
02:57 et de faire la démarche d'aller chez un chirurgien
03:00 pour pouvoir lui demander de correspondre à quelque chose
03:04 qui devrait nous ressembler depuis la naissance.
03:06 [Générique]
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