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  • il y a 3 ans
Les invités de #PunchlineWE débattent de l'actualité du vendredi au dimanche. 

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News
Transcription
00:00 17h sur CNews, dans un instant on commence Punchline.
00:04 C'est un plaisir de vous retrouver.
00:06 Le point sur l'information avec Maureen Vidal d'abord.
00:08 Pierre Palmade a quitté l'hôpital du Kremlin-Bicêtre
00:14 où il était hospitalisé en détention provisoire
00:17 pour celui de Marie Lanlong au placier Robinson.
00:19 Cet établissement est spécialisé dans la chirurgie du thorax,
00:22 des vaisseaux et du cœur.
00:23 Il y sera hospitalisé pour 48h.
00:25 Cette intervention intervient une semaine
00:27 après que l'humoriste a été victime d'un AVC.
00:30 Dernière étape dans la visite d'Emmanuel Macron au Congo,
00:34 il a rencontré le Dr Mukwege à Kinshasa,
00:36 prix Nobel de la paix 2018,
00:38 pour son action en faveur des femmes victimes de violences sexuelles.
00:41 Denis Mukwege et le président auraient échangé
00:44 sur la situation dans l'Est du pays
00:46 et sur le nouveau partenariat entre l'Afrique et la France.
00:49 La Commission européenne salue l'accord trouvé à l'ONU
00:53 sur le premier traité international de protection de la haute mer,
00:56 un moment historique après 15 ans de discussions entre les Etats membres.
01:00 Son contenu exact n'a pas encore été publié,
01:02 mais des défenseurs de la nature l'ont salué
01:04 comme étant un tournant décisif pour la protection de la biodiversité.
01:08 A Paris, Jimmy Gressier devient le 3e Français de l'histoire
01:13 à franchir la barrière de l'heure sur les 21,1 km.
01:16 Derrière deux Kenyans, le Français a coupé la ligne en 59 minutes et 55 secondes.
01:21 La course féminine, elle, a été remportée
01:23 par la Kenyane Sheila Shepkuri,
01:25 le semi-marathon a vu le jour en 1993.
01:29 Voilà pour le point sur l'information avec Maureen Vidal,
01:32 Georges Fenech, François Puponi, Eric Revelle, Jean Messia.
01:35 Voilà le quoi-tu-heure du dimanche.
01:37 Je rappelle aux téléspectateurs qu'à 18h,
01:39 ce sera vraiment pas d'accord entre Charlotte Dornelas et Laurent Joffrin.
01:43 Vous allez bien ? Vous êtes en forme Jean Messia ?
01:45 Vous avez couru le semi-marathon ?
01:46 Non.
01:47 Non ? Ah bon ? Vous ne courrez pas ?
01:49 Non, je cours pas. Enfin, je ne me suis pas encore remis on va dire.
01:51 Ah oui, d'accord. C'est ça, vous ne pouvez plus les croiser,
01:53 vous avez tout arrêté, c'est ça ?
01:55 Il est retourné au Salon de l'agriculture.
01:57 Ah, vous êtes allé au Salon de l'agriculture ?
01:58 Bien sûr.
01:59 Ah, ça s'est bien passé ?
02:00 J'y ai passé beaucoup de temps d'ailleurs, c'était magnifique.
02:02 La feuille est magnifique et puis bon, ça permet de prendre le pouls de la France.
02:05 Mais est-ce que c'est vrai que les gens boivent beaucoup au Salon de l'agriculture ?
02:08 Il paraît que c'est une beuverie généralisée.
02:10 Non, je n'ai pas remarqué ça.
02:12 J'ai moi-même bu quelques verres mais…
02:14 Ah, c'est pour ça qu'il n'a pas bu.
02:16 Avec modération bien évidemment, cher Jean Messia.
02:18 Commençons évidemment avec le 7 mars, ça va être galère.
02:23 Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le ministre des Transports Clément Beaune
02:26 qui craint que dans les transports, mais pas que, ça soit très compliqué mardi.
02:31 Écoutons le ministre.
02:33 Il y aura de très forts impacts, je l'ai dit, dès les jours derniers
02:37 parce que je sais que pour beaucoup, ce sera de toute façon une vraie galère.
02:40 Je pense à ceux qui ne peuvent pas télétravailler,
02:42 qui ont besoin des transports publics, qui ont besoin des transports
02:44 pour se rendre au travail ou pour rendre visite à leur famille.
02:47 Donc, on aura le détail exact communiqué par la SNCF et la RATP d'ici demain matin.
02:51 Mais je l'ai déjà dit, on sait qu'on sera sur une journée
02:54 où il y aura peu de transports publics.
02:56 Bon alors, on n'a pas de boule de cristal, mais on commence à se rendre compte
02:59 qu'effectivement, secteur par secteur, il y aura des gros blocages.
03:03 Faire grève, oui, mais bloquer le pays, non, ce n'est pas moi qui le dis,
03:07 c'est Bruno Retailleau.
03:08 Et il va même réfléchir sur quelque chose, il dit, il faudrait bloquer les bloqueurs.
03:12 Écoutez.
03:15 Si vous faites des grèves très régulièrement, notamment dans les transports publics,
03:21 comment voulez-vous encourager les gens à emprunter les transports collectifs ?
03:25 Donc, je pense qu'il faut, à un moment donné, je vais vous dire,
03:27 il faut bloquer les bloqueurs qui veulent bloquer la France.
03:30 Parce qu'ils ont un pouvoir de prise d'otages.
03:34 Il ne faut surtout pas se censurer, s'auto-censurer au préalable,
03:37 parce qu'on craint le Conseil constitutionnel.
03:41 Bloquer les bloqueurs, Georges Fenech, tiens, bonne idée ou pas ?
03:44 Moi, je suis plutôt pour un service public minimum.
03:49 C'est ça qu'il a voulu dire.
03:50 Exactement.
03:51 Voilà.
03:52 Donc, est-ce qu'on a les moyens juridiques de le faire ?
03:54 Non, en réalité.
03:55 Parce que la loi de 2008, si elle a institué un service public minimum,
03:59 c'est surtout après des négociations, dialogues,
04:02 ça ne résout pas vraiment quand il y a un blocage réel.
04:05 Regardez ce qu'ont fait les Italiens, par exemple.
04:09 Ils ont interdit un certain nombre de blocages.
04:12 Donc, je pense qu'on a aujourd'hui une législation qui, effectivement,
04:15 ne nous permet pas d'être dans un rapport de force
04:18 avec ceux qui ont la volonté véritable de bloquer les transports.
04:22 Et on le sait que déjà, même les transports routiers vont s'y mettre.
04:24 Donc, ça risque effectivement d'être une vraie galère pour tout le monde.
04:28 Une galère pour tout le monde, mais une contestation qui est soutenue par les Français.
04:32 68% des Français sont contre cette réforme des retraites,
04:35 sondage JDD du dimanche d'aujourd'hui.
04:38 Pardonnez-moi, deux Français sur trois, ça aussi, c'est intéressant,
04:40 sont résignés, qu'importe la grève, la réforme va passer.
04:44 Voilà ce qu'ils pensent.
04:45 Les Français qui se préparent à ces grèves, on voit le sujet
04:48 et on poursuit le tour de table.
04:51 On va le voir dans un instant, le sujet dans quelques minutes.
04:55 Le sujet de la rédaction CERN News.
04:59 Éric Revelle, avant, il était formidable.
05:03 Il était bien, il explique bien les choses.
05:05 Je vais vous dire, moi, ce qui m'irrite le plus,
05:07 c'est que les syndicats sont dans leur rôle.
05:10 Lequel pays, c'est un mot fort, mais il y a pire comme formule.
05:13 Il y a mettre l'économie française à genoux.
05:15 Vous avez entendu cette formule du leader de la CGT, Philippe Martinez.
05:19 Et ça, ça m'irrite beaucoup, parce que mettre l'économie française à genoux,
05:22 il ne faut jamais oublier que l'économie, ça génère des emplois,
05:25 ça génère de la croissance.
05:27 Et c'est vraiment une formule que je trouve extrêmement malheureuse.
05:30 On ne devrait jamais dire des choses pareilles.
05:32 Mettre une économie à genoux lorsqu'on est à l'intérieur d'un pays,
05:35 c'est quasiment appeler au sabotage économique.
05:38 Et ça, ça me choque énormément.
05:40 Ce n'est pas Philippe Martinez.
05:41 Non, c'était M. Lépine.
05:42 Lépine, pardon.
05:43 Il avait dit.
05:44 Oui, il est à la CGT.
05:46 Il est à la CGT, pardonnez-moi.
05:47 Mais il n'a pas la même moustache.
05:49 Oui, oui, j'ai d'accord.
05:50 Mais vous voyez, ça, ça me choque beaucoup.
05:52 Que les syndicats disent, on n'a pas été écouté,
05:54 cette réforme est injuste, il faut bloquer le pays,
05:57 il faut essayer de s'en sortir, il faut faire pire gouvernement.
05:59 Mais mettre l'économie à genoux, c'est tout à fait autre chose.
06:04 Non, non, oui, oui, mais ce n'est pas juste une formule.
06:09 Qu'est-ce que vous retenez cette semaine ?
06:11 Mettre l'économie à genoux, le porte-parole qui parle d'apocalypse,
06:14 qui prédit l'apocalypse ?
06:15 Il dit que c'est une réforme de gauche.
06:17 On va y venir, ne spoilez pas Eric Revelle.
06:19 Je pense que cette formule, hélas, parle à beaucoup de gens.
06:23 C'est-à-dire que quand vous avez aujourd'hui une économie
06:25 qui génère des richesses pour une minorité,
06:29 mais qui n'arrive pas à faire vivre décemment des fruits de leur travail,
06:32 y compris de ceux qui travaillent, je ne parle même pas des chômeurs
06:35 ou des gens qui sont en dehors des circuits économiques,
06:37 effectivement, c'est une formule qui peut parler à un grand nom,
06:40 puisque l'économie aujourd'hui, ce n'est plus un bien commun,
06:43 c'est le bien de quelques-uns.
06:45 Donc, effectivement, l'économie génère des emplois,
06:47 elle génère des richesses, mais le truc, c'est que comme
06:49 ces richesses ne sont pas réparties de telle sorte
06:52 à ce que les gens puissent en vivre, la totalité des gens
06:55 puissent en vivre décemment, ça peut parler à certaines catégories
06:58 de personnes, et c'est cette catégorie-là que la CGT,
07:00 évidemment, vise sur bloquer les bloqueurs,
07:03 je ne vois pas trop ce que ça veut dire, bloquer les bloqueurs,
07:06 qu'est-ce qu'ils vont faire ? Il y aura une grève des usagers de...
07:09 - En fait, votre problème, Jean-Michel Jaillard,
07:11 c'est que vous n'écoutez pas votre voisin, Georges Fenech,
07:13 qui a fait la synthèse, c'est-à-dire qu'il dit "service minimum",
07:16 et les blocages illégaux, pour le coup, il faut sévir,
07:20 voilà ce qu'il dit.
07:21 - Excusez-moi, mais les services minimums existent déjà,
07:24 il n'est pas appliqué parce qu'il est inapplicable,
07:26 mais il a déjà été voté il y a des années,
07:28 donc à chaque fois, ça c'est l'art lésienne,
07:30 à chaque fois qu'on a des grèves, on nous parle de services minimums,
07:33 les services minimums qui existent dans les textes n'existent jamais dans les faits.
07:36 - Regardez les blocages, il y aura les transports,
07:38 mais les blocages, ça commence dès demain, les transporteurs,
07:41 dès ce soir. - Dès ce soir !
07:43 - Donc c'est-à-dire que globalement, ils roulent ou pas,
07:45 bon, ça, comment voulez-vous ? Empêcher ?
07:48 Alors on peut légalement dire "on n'a pas le droit de s'arrêter,
07:50 on n'a pas le droit de ralentir", bon, juridiquement, ça ne tient pas la route.
07:54 Donc tous les gouvernements ont voulu à un moment trouver une solution
07:57 contre ça, et on ne l'a pas trouvé, parce que juridiquement,
07:59 au niveau constitutionnel, ça ne passe pas.
08:01 Donc à chaque fois, effectivement, c'est un vœu pieux, on le dit.
08:04 Après, sur bloquer, la mettre à genoux l'économie,
08:07 bon, les syndicats, c'est la bataille des batailles.
08:09 Ils savent très bien que pour faire reculer le gouvernement,
08:11 il faut bloquer la France et qu'il y ait des impacts économiques,
08:15 pour que, à la fois les Français et les patrons disent...
08:18 - Bon, maintenant ça suffit. - Ça suffit, là, on tire le texte,
08:20 parce qu'on ne peut plus, voilà.
08:21 - Les Français, justement, qu'est-ce qu'ils pensent de cette réforme,
08:25 de cette grève, surtout, de ces blocages ?
08:27 En tous les cas, ils se préparent, voyons le sujet.
08:30 - C'est une semaine très compliquée qui s'annonce.
08:34 Certains Français soutiennent le mouvement et se disent même prêts
08:37 à subir les conséquences d'une grève prolongée.
08:40 - Pour autant qu'ils veulent, tant que ça sert.
08:42 - Mais ça fait très longtemps... - Bah ouais, on n'aura rien sans rien.
08:45 Il faut des sacrifices, si on veut quelque chose.
08:47 - Je les soutiens pleinement dans ce qu'ils font et dans les procédures.
08:51 De toute façon, je crois qu'il n'y a pas d'autre manière de se faire entendre.
08:54 - Effectivement, je n'étais pas jusqu'à présent touché par ça,
08:57 mais là, oui, franchement, ça commence à bien faire.
09:00 Et puis, le gouvernement reste complètement fermé sur ce qui se passe autour.
09:05 Donc, je dis, la seule solution, c'est de bloquer.
09:08 - D'autres ne pourront pas participer à la mobilisation,
09:11 mais comprennent les revendications.
09:13 - Mes collègues, ils ne veulent pas faire grève parce qu'ils ont besoin
09:15 de gagner de l'argent aussi.
09:16 Moi aussi, donc, je n'ai pas le moyen de faire grève.
09:19 Mais je pense que ceux qui ont moyen de pouvoir faire grève,
09:21 on les attend avec rigueur.
09:23 - Si plusieurs perturbations sont à prévoir dans les transports en commun,
09:27 le gouvernement invite au télétravail.
09:29 Mais certains Français sont déjà lassés par ces journées de mobilisation.
09:33 - Je comprends la méthode, je la trouve fatigante quand même, à l'usure,
09:37 parce qu'en fait, on se sent un peu pris en otage à chaque fois.
09:41 C'est toujours les utilisateurs des transports en commun,
09:43 notamment, qui subissent.
09:45 - Que tout soit bloqué tout le temps, c'est quand même agaçant.
09:47 Parce que, bon, la vie à côté, c'est déjà pas facile.
09:50 Donc, en plus, les grèves...
09:52 - Selon les renseignements, plus d'un million de manifestants
09:55 sont attendus en France ce mardi.
09:58 - En fait, c'est le temps long.
10:00 Combien de temps les Français vont accepter de subir, en quelque sorte, cette réforme ?
10:05 - Le problème, c'est que les Français peuvent dire "on n'en peut plus"
10:08 et dire au gouvernement en même temps "retirez le texte".
10:10 - Bien sûr.
10:11 - Parce que le syndicat joue là-dessus.
10:13 Non, mais il joue sur la durée, sur l'épuisement,
10:16 pour qu'à un moment, devant l'impopularité de tout cela...
10:18 - Monsieur Péponi, il y a quand même un paradoxe.
10:20 C'est-à-dire qu'on l'a bien vu dans le sondage.
10:22 C'est-à-dire qu'à la fois, ils sont majoritaires, les Français,
10:24 pour souhaiter le retrait du texte.
10:26 Et donc, ils sont majoritaires pour soutenir la mobilisation.
10:29 Mais la résignation des Français apparaît sur l'autre chiffre.
10:33 C'est-à-dire qu'une grande, une écrasante majorité croit que le texte va quand même passer.
10:37 - Oui, deux Français sur trois.
10:39 - Voilà, donc c'est ça le paradoxe.
10:41 Ce qui fait dire quand même que...
10:43 - Si les Français en lisent, ils peuvent espérer que...
10:45 - Ce qui fait quand même que les Français,
10:47 alors, ils croient dans la mobilisation.
10:49 Ils soutiennent la mobilisation.
10:51 Mais ils ne croient pas que cette forme d'action politique et sociale, là,
10:55 va forcer la main du gouvernement.
10:57 - D'où les risques de radicalisation.
10:59 - D'où l'importance du vote, surtout.
11:01 Parce que c'est ça.
11:03 Je dis aux Français, si vous voulez faire changer les choses,
11:05 c'est pas en manifestant, c'est pas dans les sondages, c'est dans les urnes.
11:07 - Ça tombe bien, c'était en mai 2022.
11:09 Vous avez juste six mois de retard, sergent-ministre.
11:11 - Il y a un autre paramètre qui joue.
11:13 Certains appelleront ça du cynisme politique.
11:15 C'est que la grève coûte cher à ceux qui font la grève.
11:18 - Si vous retirez à chaque fois une journée de salaire...
11:20 - C'est 500 euros, c'est plusieurs dizaines d'euros.
11:22 - Ça veut dire que peut-être aussi...
11:24 - Après, on peut négocier.
11:26 - Vous négociez.
11:28 - Une fois qu'on se met d'accord sur un décent...
11:30 - Ça veut dire que le gouvernement mise peut-être sur une forme de pourrissement,
11:34 mise peut-être sur une forme de pourrissement,
11:36 en se disant que les gens n'auront pas les moyens de faire grève.
11:38 - D'où le risque de radicalisation.
11:40 - D'où le risque de radicalisation, oui.
11:42 - Ce qui me paraît vraiment important à ce stade,
11:45 c'est qu'on rentre dans le dur, cette semaine,
11:50 enfin, je dirais,
11:52 et que je ne sais pas qui,
11:54 parce que je ne lis pas l'avenir, évidemment,
11:56 mais certains vont en laisser des plumes.
11:59 Je pense que le gouvernement joue sa survie.
12:03 Un gouvernement qui ne tient qu'une majorité relative.
12:07 Vous dites que les Français sont persuadés que les textes vont être votés,
12:11 mais comment ?
12:12 Si c'est par une ordonnance,
12:14 parce que la commission de mixe paritaire, de mon point de vue,
12:17 n'a aucune chance d'aboutir,
12:19 même si le Sénat vote dans le bon sens,
12:21 si on passe cette réforme par simple ordonnance gouvernementale,
12:25 je pense qu'on est face à une situation de crise politique et sociale
12:30 qui peut avoir des conséquences majeures.
12:32 C'est cela, moi, que je vois.
12:34 - Je me tourne vers le responsable socialiste que vous êtes, François Puppon.
12:37 - Je l'étais.
12:38 - Vous l'étiez, mais vous le restez quand même un peu.
12:40 - Oui, plus haut parti, mais toujours socialiste.
12:42 - Un homme de cœur.
12:44 Qu'est-ce que vous pensez de la une du Parisien
12:46 et de la déclaration d'Olivier Dussopt, le ministre du Travail,
12:49 qui considère que c'est une réforme de gauche
12:52 et que c'est finalement gagnant-gagnant,
12:55 qu'il n'y aura que des gagnants dans cette réforme.
12:57 On va découvrir.
12:58 Il n'y aura pas de perdants.
12:59 Mais c'est une réforme de gauche, oui ou non ?
13:01 - Olivier Dussopt est un ami,
13:03 on a été député socialiste ensemble.
13:05 Je pense que depuis le début,
13:07 le gouvernement en termes de communication s'est planté.
13:10 Ça, je vois un peu sur les réactions.
13:13 Ça met les gens hors d'eux.
13:15 Ils vont encore plus manifester.
13:17 Parce qu'à l'expliquer à la gauche,
13:19 qui est vent debout contre cette réforme,
13:21 que c'est une réforme de gauche,
13:22 je pense qu'ils auraient pu s'en passer.
13:24 Ça mobilise les adversaires, justement.
13:27 Et plus personne ne le croit.
13:29 Comment il peut dire ça ?
13:30 Je sais bien, mais à un moment, malheureusement en politique,
13:33 quand ça commence à plus fonctionner la communication...
13:36 - On peut revoir la une, s'il vous plaît.
13:38 - Vous les accumulez et vous faites le faux pas à chaque fois.
13:41 - Vous dites que c'est une erreur de communication,
13:43 mais il sait très bien ce qu'il fait, François Pupponi, Jean Messia.
13:46 Vous qui êtes aussi...
13:48 - Quand le ministre Dussopt dit que la réforme des retraites
13:51 est une réforme de gauche,
13:52 c'est comme si Marine Le Pen disait
13:53 l'immigration est une chance pour la France.
13:55 - Oui, d'accord.
13:56 Continue dans la caricature.
13:58 - Non, mais c'est vrai.
13:59 Comment ça peut être une réforme de gauche ?
14:01 Une réforme qui prévoit l'allongement de la durée de travail,
14:05 qui prévoit donc...
14:06 - Il n'y a pas que ça, Jean Messia.
14:08 Il a à moitié raison, je vais vous expliquer pourquoi.
14:11 - Oui, c'est ce que vous allez dire.
14:13 - Réforme Touraine.
14:14 - Oui, mais la réforme Touraine, ce n'est pas la même chose.
14:16 - C'est une accélération d'une réforme de gauche.
14:18 - Ah non, ça va au-delà...
14:19 - Oui, bien sûr, mais il a à moitié...
14:21 C'est une erreur de communication, on est d'accord.
14:24 Mais ce que je veux dire, c'est que dans cette réforme,
14:27 il y a évidemment ce qui est inacceptable pour les syndicats
14:29 et pour beaucoup de Français,
14:30 qui est le passage de l'âge de départ de 62 à 64 ans,
14:33 mais il y a aussi le nombre d'annuités qui n'est jamais...
14:35 - Attendez...
14:36 - ...de l'accélération d'une réforme de gauche,
14:38 souhaitée par François Hollande.
14:39 - Non, non, c'est pas tellement ça.
14:40 C'est-à-dire qu'en étendant l'âge de la retraite de 62 à 64,
14:45 vous allez rendre beaucoup plus difficile
14:48 l'accès du plus grand nombre à une retraite à taux plein.
14:51 - Certes.
14:52 - Or, la philosophie de...
14:53 On ne retrouve pas une philosophie de gauche dans cette pure logique-là.
14:57 D'ailleurs, la réforme Touraine elle-même,
14:59 elle était de gauche parce qu'elle a été prise par un gouvernement de gauche.
15:01 Est-ce qu'elle était de gauche philosophiquement et politiquement ?
15:04 - En tous les cas, c'est de la petite poloche,
15:06 mais la réforme de droite, ce serait une réforme
15:08 avec une retraite par capitalisation, c'est aussi simple que ça.
15:11 - Une dose de capitalisation.
15:12 - Ah oui, bah donc...
15:13 - C'est le cas, là.
15:14 - C'est le cas.
15:15 - Bien sûr.
15:16 Attendez, à partir du moment où vous dites...
15:17 À partir du moment où vous dites qu'il y a de moins en moins de personnes
15:20 qui pourront accéder à une retraite à taux plein
15:22 selon le système par répartition...
15:23 - Il faut capitaliser pour avoir une retraite, c'est normal.
15:25 - Ça veut dire que vous ouvrez là une porte plus large aux retraites privées,
15:27 c'est-à-dire à la capitalisation.
15:28 - Là, vous êtes plus intéressant, Jean-Méssis,
15:30 plutôt qu'avec vos petites blagues.
15:31 - Regardez dans le détail ce qui se passe dans la population française.
15:34 Ça, c'est important et c'est intéressant.
15:36 La multiplication des plans d'épingle retraite,
15:38 des plans d'épingle retraite, qui ont doublé en un an.
15:41 Ils sont passés de 1 million à 2 millions.
15:43 Les gens, il ne faut pas les prendre pour des idiots.
15:46 Ils ont un doute sur la solidité à terme du système par répartition
15:49 et ils commencent à capitaliser pour eux-mêmes.
15:51 - Autre chose.
15:52 - Parfois de manière très modeste, 50 euros, 40 euros, 100 euros par mois,
15:56 mais ils le font de manière individuelle et volontaire.
15:58 Donc, ça veut dire que peut-être qu'à terme,
16:00 on aura ce socle de répartition, qu'on ne veut pas abandonner,
16:03 avec à côté de la capitalisation.
16:05 - Vous parliez de Philippe Martinez tout à l'heure.
16:07 Il a sorti la sulfateuse dans les colonnes du JDD.
16:10 La question, comment expliquez-vous l'imbroglio autour des 1200 euros
16:13 du minimum contributif ?
16:15 Il y a une forme d'amateurisme et de dissimulation.
16:17 L'Elysée pensait que son arnaque passerait comme une lettre à la Poste.
16:21 Ils n'ont pas très bien préparé leur dossier,
16:23 alors qu'on les avait mis en garde sur un certain nombre de sujets.
16:26 Les ministres vont devenir des champions d'aviron,
16:29 tellement ils râment.
16:31 Le président avait promis qu'il allait davantage écouter les syndicats.
16:34 On voit le résultat.
16:35 Aurore Berger, qui était notre invité ce matin,
16:37 l'invité de Sonia Mabrouk, a réagi.
16:39 Ce n'est pas une arnaque, c'est très fort.
16:41 - Déjà, il n'y a pas d'arnaque,
16:44 quand, par exemple, sur la retraite minimale,
16:46 on a 1,8 million de retraités actuels
16:48 qui vont voir leur retraite minimale augmenter.
16:50 C'est un milliard d'euros d'investissement de l'État,
16:52 de choix que nous faisons, politiques,
16:54 de voir cette retraite minimale augmenter.
16:56 Et ça va même au-delà, puisque, vous le savez,
16:58 les futurs retraités vont en bénéficier.
17:00 Et là, c'est 700 millions d'euros chaque année
17:02 qu'on va investir pour augmenter, encore une fois,
17:05 la retraite minimale de ceux qui ont travaillé tout au long de leur vie.
17:08 - Est-ce que c'est le plus gros échec, Georges Fenech,
17:11 cette question des 1 200 euros, finalement ?
17:14 - Ils se sont plantés, il faut reconnaître.
17:17 Je ne suis même pas certain que ça ait été fait volontairement.
17:20 On l'a appris comme ça, incidemment, par Olivier Dussopt.
17:24 - Oui, je crois que c'était les mausards de la finance.
17:26 - Qui avait vendu la mèche, mais apparemment,
17:28 de même que la question d'égalité pour les femmes.
17:31 Ça n'avait pas été vu, véritablement.
17:33 Quand on entend le mot "amateurisme"...
17:35 - Donc vous partagez l'avis de Philippe Martinez,
17:37 quand il dit qu'il y a une forme d'amateurisme.
17:41 - De manque de préparation.
17:43 - Sans doute, il y a un compétence, quand même.
17:46 - Non, il parle d'amateurisme.
17:48 - Il y a une forme de précipitation.
17:50 Il faut quand même se rappeler qu'il y a déjà eu un projet
17:53 de réforme des retraites qui a été retiré, vous vous souvenez ?
17:55 - Eric Revelle.
17:57 - Si les ministres vont devenir des champions d'aviron,
18:01 parce qu'ils vont ramer et qu'ils n'arrêtent pas de ramer,
18:04 ceux qui soutiennent la majorité creusent tellement
18:06 qu'ils vont finir par trouver du pétrole.
18:08 Parce que Mme Berger, elle nous fait croire quoi,
18:10 dans cet extrait ?
18:12 Beaucoup de Français vont être concernés
18:14 par une retraite minimum.
18:16 Olivier Véran avait expliqué au début que ça allait toucher
18:18 1,8 ou 2 millions de personnes.
18:20 Et finalement, grâce à Jérôme Gage, député socialiste,
18:23 qui a été sur pièce, contrôlé, tout s'est dit,
18:26 ça va concerner 10 000 ou 20 000 personnes.
18:28 - 20 000 par an.
18:29 - Donc c'est de la rigolade.
18:30 Mais il y a aussi, pardonnez-moi l'expression,
18:32 elle est un peu triviale, mais il y a aussi des cocus
18:34 de l'affaire politiquement, qui sont les Républicains.
18:36 Parce que les Républicains, chers amis, chers Georges Fenech,
18:39 qui avaient cru que le gouvernement accédait
18:42 à une mesure phare, et que grâce à cette mesure phare,
18:45 ils allaient être à même de voter cette réforme,
18:47 ils se sont fait rouler dans la farine.
18:49 - Attendez.
18:50 - Ils vont peut-être pas la voter.
18:51 - C'était une initiative des Républicains.
18:54 - Mais bien sûr.
18:55 - Mais bien sûr.
18:56 Donc ils l'ont obtenue et ils se sont aperçus, eux aussi,
18:58 plus tard, que ça concernait pratiquement pas.
19:00 - Qu'est-ce qui va se passer pour les Républicains ?
19:02 - Ce n'est pas une arnaque, c'est une forme d'esclavage.
19:04 - Il n'y a pas eu de vote à l'Assemblée nationale.
19:05 - Les Républicains, qu'est-ce qu'ils vont faire ?
19:06 Ils vont voter au Sénat leur marqueur.
19:08 Ils l'ont fait hier avec la suppression des régimes spéciaux, etc.
19:11 Ils vont continuer.
19:12 Et effectivement, en commission mixte paritaire,
19:14 si la majorité dit "vous retirez, vous remettez la clause du grand-père",
19:19 et qu'ils disent "nous, on n'est pas d'accord",
19:21 en fait, ils ne voteront pas en commission mixte paritaire la réforme,
19:24 et ça reviendra à l'Assemblée.
19:26 Et là, je ne sais pas comment ça finit.
19:28 - Il nous reste 4 minutes et je veux qu'on parle de l'inflation,
19:30 avant la publicité.
19:31 Cette réforme, elle vient dans un contexte
19:33 où les Français sont en souffrance économique.
19:36 L'inflation alimentaire, c'est 14,5% en plus sur un an.
19:40 Et on est allé prendre le pouls des Français dans un marché pour voir.
19:45 Et vous allez vous rendre compte que les habitudes sont en train de changer.
19:48 Maureen Vidat.
19:49 - Sur ce marché populaire de l'Est parisien,
19:53 faire ses courses est devenu une véritable chasse au bon prix.
19:56 - Là, j'ai fait le tour, je suis allé jusqu'au bout.
19:59 Et là, maintenant, j'ai réussi à repérer ce qui était un peu moins.
20:03 Et là, maintenant, j'achète.
20:05 - L'inflation touche l'ensemble des produits alimentaires
20:07 et impacte fortement le budget des ménages les plus modestes.
20:10 - Ça a super augmenté, franchement.
20:13 On est arrivé à se soulager surtout sur les fruits et légumes.
20:16 Mais là, le poivron, qui est presque 4 euros le kilo aujourd'hui.
20:20 - Même constat du côté des poissons.
20:22 - Avant, la dorade, c'était à 7 euros le kilo maximum.
20:26 Maintenant, c'est à 8 ou 9.
20:28 Oui, il n'y a rien comme ça.
20:29 - Afin de limiter les dépenses,
20:31 les Français changent donc leurs habitudes alimentaires.
20:33 - On met moins de protéines.
20:35 Tout ce qui est oeufs, poissons, viandes,
20:37 parce que même le poisson, c'est devenu excessif.
20:39 Même si je ne l'achète plus au marché.
20:41 Avant, je l'achetais, je ne l'achetais plus au marché.
20:43 C'est devenu trop cher.
20:44 Même si manger bien, c'est important.
20:46 Avoir une assiette remplie tous les jours, c'est encore mieux.
20:49 - Et pour répondre aux plus petits budgets,
20:51 certains commerçants décident d'adapter leurs offres.
20:53 - C'est compliqué.
20:54 Aujourd'hui, on arrive à couper des demi,
20:56 parce qu'une pièce, c'est beaucoup.
20:58 Donc on coupe.
20:59 Ils veulent une demi, bon, ça leur suffit.
21:01 Et s'ils ont besoin, ils reviendront plus tard.
21:03 - Une inflation qui n'est pas prête de s'arrêter.
21:06 Le gouvernement l'annonce déjà.
21:08 Et s'attend à une flambée des prix dans les prochains mois.
21:11 - Vous avez dû très certainement voir cette information,
21:14 puisque Carrefour, le distributeur, va lancer mi-mars
21:16 son propre panier anti-inflation,
21:18 composé de 200 produits vendus en moyenne 2 euros
21:21 et à des prix bloqués jusqu'à mi-juin.
21:23 Annonce faite par le PDG Alexandre Bompard
21:26 dans un entretien, encore une fois, au journal du dimanche.
21:29 - C'est que de temps perdu.
21:31 On ne pouvait pas le faire avant, Jean-Mésias ?
21:33 - Je pense que ça aussi, c'est un coup de com'.
21:35 Vous savez, la logique marchande n'est pas une logique philanthropique.
21:39 Donc quand on me dit que la grande distribution
21:44 va se mettre à faire du social pour protéger les Français,
21:48 permettez-moi d'en douter.
21:50 Ils sont sur un marché extrêmement concurrentiel.
21:52 Ils sont sur le marché tout court.
21:54 Pas plus qu'une entreprise peut être une entreprise citoyenne
21:57 au sens où elle poursuivrait des buts qui seraient non marchands.
22:00 Uniquement, une entreprise ne poursuit des buts non marchands
22:03 que si elles sont marchands.
22:05 Donc là, c'est pareil.
22:07 Si la grande distribution fait des paniers anti-inflation,
22:10 c'est qu'ils vont peut-être perdre ou bloquer sur ces prix-là,
22:13 mais ils vont gagner ailleurs.
22:15 Donc bon, moi, je me méfie, si vous voulez,
22:17 c'est pas aux marchés, c'est pas aux entreprises
22:20 d'orchestrer une politique sociale anti-inflationniste.
22:23 Traditionnellement, depuis toujours,
22:25 une politique anti-inflationniste,
22:27 cela relève du souverain,
22:29 cela relève de la politique de l'État.
22:31 Parce que nous sommes dans une configuration
22:34 où l'inflation est à la fois exogène,
22:36 principalement exogène,
22:38 et donc il appartient à l'État de protéger l'économie française.
22:41 Il peut pas déléguer ce pouvoir à des entreprises,
22:43 même les entreprises de la grande distribution, excusez-moi.
22:46 - Eric Revel, le panier anti-inflation...
22:48 - D'abord, le panier anti-inflation du gouvernement
22:50 qu'on nous promet depuis une semaine, il est abandonné.
22:52 Il faut le dire quand même, parce que c'est quand même un échec
22:54 pour ceux qui, à Bercy, souhaitaient mettre ce panier
22:56 à disposition des Français.
22:58 Parce que la puissance étatique devait faire son oeuvre,
23:00 et là, on laisse à la concurrence le soin de le faire.
23:03 Mais, quand les prix augmentent, mon cher Elliot,
23:06 ce que gagne l'État en taux de TVA sur les prix qui ont augmenté
23:09 est plus important que quand les prix sont relativement sages.
23:12 Pourquoi je vous dis ça ?
23:14 Parce que peut-être, ça aurait été une piste
23:16 de faire une liste de produits de première nécessité,
23:19 de produits d'hygiène,
23:21 et de décider de baisser le taux de TVA sur ces produits.
23:25 - C'était une proposition de Marine Le Pen ?
23:27 - Marine Le Pen et d'autres, et à gauche...
23:29 - Mais ça a été un débat pendant l'entretemps,
23:31 j'ai le souvenir de Marine Le Pen qui dit "il y a 100 produits".
23:34 On met une TVA... Non mais elle avait dit 100,
23:36 si on se met à 0, ça veut dire on met 0.
23:39 - Voilà, ou à un taux très réduit,
23:41 et on l'applique sur des produits de première nécessité
23:44 qui concernent toutes les enseignes.
23:47 Parce que sinon, ce qui risque de se passer, oui,
23:50 ce qui risque de se passer, Jean-Michel n'a pas tort,
23:52 c'est-à-dire que chacun va faire son petit panier dans son coin,
23:55 va attirer de la clientèle,
23:57 en le matraquant sur d'autres produits.
23:59 - Bien sûr. - Oui, c'est classique.
24:01 - Moi j'attends de voir, parce que c'est pas les philanthropes,
24:03 c'est ce que Jean-Michel a dit.
24:04 Donc ils vont sûrement plafonner, limiter au maximum,
24:06 certains produits, 500,
24:08 mais si les autres comptent à côté,
24:10 et qu'à la fin, le panier moyen, il a augmenté...
24:12 - Ils ne perdront pas, ça c'est sûr.
24:14 - Oui, c'est ce qu'on appelle des produits d'appel.
24:17 Ce qu'il faut, c'est maîtriser l'ensemble des prix du panier moyen.
24:20 - De toute façon, l'inflation ne touche pas à que l'alimentaire.
24:23 - Bien sûr que non. - Campagne énergétique,
24:25 campagne investimentaire, on doit se chauffer, on doit se nourrir...
24:28 - Non mais attend, mais peut-être que...
24:30 Quand vous voyez, quand on parle de l'inflation,
24:32 c'est toujours un peu technique,
24:33 mais quand on parle de l'inflation, qu'on dit "mais c'est 6, 7% l'inflation",
24:36 c'est pas vrai !
24:37 L'inflation alimentaire, on est à 14,5% !
24:40 - Mais il y a une autre initiative intéressante, ça aussi,
24:42 c'est une partie de la réponse.
24:44 Vous avez une enseigne assez connue,
24:46 vous faites le plein chez elle,
24:47 essence, on vous remet un chèque de 50 euros à dépenser dans le magasin.
24:50 - Eh oui !
24:51 - Ça, 50 euros, c'est un gain de pouvoir d'achat tout de suite.
24:54 - Vous pouvez mimer peut-être l'enseigne ?
24:56 - Non.
24:57 - Oui, on sait.
24:58 - Allez, on revient dans un instant.
25:00 Dans un instant, on va parler de Jean-Luc Mélenchon.
25:02 Vous avez entendu Robert Ménard sur Jean-Luc Mélenchon tout à l'heure ?
25:04 - Il est un danger pour la démocratie !
25:06 J'ai entendu ça. - Il a dit ça.
25:08 On en parle après la publicité.
25:14 - 17h30 sur CNews, on poursuit Punchline,
25:16 Georges Fenech, Jean Messia, François Puponni, Eric Revelle.
25:19 Le point sur l'information, Maureen Vidal.
25:21 Et on va essayer de comprendre exactement
25:23 en quoi va consister le blocage, juste après le point sur l'info.
25:28 - Dès ce soir, certains routiers pourraient se mettre en greffe
25:34 contre la réforme des retraites.
25:36 De multiples actions sur l'ensemble du territoire
25:38 dès lundi matin devraient avoir lieu,
25:40 avec notamment des blocages de plateformes logistiques
25:42 et de zones industrielles dans les Hauts-de-France
25:44 et en région parisienne.
25:46 Le pape François a appelé à arrêter le trafic des passeurs de migrants
25:50 une semaine après le naufrage d'une embarcation
25:52 qui a coûté la vie à au moins 70 personnes dans le sud de l'Italie.
25:55 Le pape dénonce cette pratique de meurtrière.
25:58 Le prince Harry et sa femme Meghan Markle
26:01 ont été invités au couronnement du roi Charles III
26:04 qui se déroulera le 6 mai prochain.
26:06 Après de nombreux événements intrafamiliaux,
26:08 Harry et Meghan étaient partis vivre aux Etats-Unis en 2020.
26:11 Pour le moment, le couple princier n'a pas encore fait savoir
26:14 s'ils se rendraient ou non au couronnement du roi Charles.
26:17 Sur l'information, le 7 mars, à quelle sauce allons-nous être bloqués ?
26:23 Marine Sabourin nous explique tout.
26:25 C'est un mardi noir qui attend les Français.
26:28 Cela ne va pas s'arrêter tout de suite.
26:30 Ce sont les mots du ministre des Transports, Clément Bone,
26:33 à la SNCF et à la RATP.
26:35 On doit communiquer les prévisions d'ici quelques minutes
26:37 mais d'importantes perturbations sont attendues.
26:40 Les autorités recommandent d'ores et déjà à leurs clients
26:42 de reporter leur voyage.
26:44 Dans les airs, un vol sur cinq sera annulé à Paris-Charles de Gaulle.
26:48 30% des avions resteront à terre à Paris-Orly
26:51 ou encore dans d'autres aéroports comme celui de Nice,
26:54 celui de Beauvais ou encore Bordeaux, Lille-Lyon ou encore Toulouse.
26:58 Outre ces annulations, de nombreux retards sont évidemment à prévoir.
27:02 Dans le secteur de l'énergie, le mouvement a démarré
27:05 dès vendredi après-midi à l'appel de la CGT.
27:08 Ce matin, la réduction de production d'énergie équivalait à 5 réacteurs nucléaires.
27:14 Plusieurs coupures ciblées, des blocages, des occupations
27:17 seront à prévoir toute la semaine.
27:19 Pour les raffineries, la CGT a appelé à la grève reconductible
27:22 avec pour objectif de bloquer l'ensemble de l'économie
27:25 au niveau de la production, de la distribution et de l'importation de carburant.
27:30 A noter que si le mouvement perdure au-delà de trois jours,
27:33 cela pourrait entraîner l'arrêt des raffineries.
27:35 Une situation un petit peu compliquée pour les près de 40 millions d'automobilistes en France.
27:40 Enfin, dans le secteur de l'éducation, pas de prévision communiquée avant demain
27:45 pour les écoles maternelles et élémentaires.
27:47 Pour les collèges-lycées, c'est un petit peu différent.
27:50 Les enseignants du second degré ne sont pas tenus de se déclarer grévistes 48 heures avant.
27:55 Toutefois, les perturbations seront évidemment importantes.
27:58 Vous le voyez, de nombreux secteurs concernés.
28:00 La liste est encore longue.
28:02 Le secteur de l'agroalimentaire ou encore les différentes industries de métallurgie.
28:07 Enfin, dès cet après-midi, vous observerez peut-être des blocages
28:10 de plateformes logistiques ou de zones industrielles.
28:13 En effet, les routiers débutent le mouvement de grève dès cet après-midi.
28:17 Ils prévoient également de nombreuses opérations escargots dès demain matin.
28:21 Georges Fenech, vous envisagez, encore une fois on n'a pas de boule de cristal,
28:24 mais ce qui s'est passé en 95, avoir le même scénario cette année ?
28:29 Écoutez, en 95, on n'avait pas prévu un tel scénario.
28:33 C'était reconductible chaque jour, je me souviens, ça durait trois semaines.
28:38 Donc c'était devenu intenable pour le pays.
28:40 Et à ce moment-là, c'était Jacques Chirac, avec Alain Juppé,
28:43 qui avait renoncé à cette réforme.
28:46 Il n'est pas impossible que ça se produise.
28:48 Moi, vraiment, je m'interroge sur ce tempo politique.
28:51 Il me paraît très curieux.
28:53 Est-ce que c'était vraiment le moment d'engager une réforme de cette ampleur ?
28:57 Quand on est dans une guerre internationale,
28:59 quand on est dans une crise énergétique,
29:01 rajouter, si vous voulez, cette angoisse de la question de l'âge de la retraite,
29:05 c'est un très mauvais tempo.
29:07 Et là, on est dans l'irrationnel, maintenant.
29:09 Donc, il peut tout se passer.
29:11 Je pense que les gens vont peut-être être jusqu'auboutistes.
29:14 Les syndicats le sont déjà.
29:15 Est-ce qu'ils seront suivis ? Ça n'est pas impossible.
29:18 Donc, on est vraiment là, on est devant une inconnue,
29:21 et personne ne peut dire ce qui pourra se passer.
29:23 Jean Messia, en un mot, et ensuite on parle de Jean-Luc Mélenchon.
29:26 C'est ça qui arrive quand les élites dirigeantes ne sentent pas le pays.
29:30 Et une image extraordinaire, c'est que pendant que les Français se préparent à une galère,
29:34 et la vivent déjà depuis un certain nombre de semaines,
29:36 le président de la République, il n'est pas en France.
29:38 Il est dans une tournée africaine.
29:40 Il ne sait pas ce qui se passe en France.
29:42 Donc, vous voyez...
29:43 C'est pas qu'il ne sait pas ce qui se passe en France.
29:45 Il est en tournée... Vous savez comment ça se passe ?
29:47 C'est une tournée diplomatique.
29:49 C'est prévu des mois auparavant.
29:52 Il y a des enjeux économiques, sécuritaires.
29:55 Oui, mais...
29:56 Diplomatiques qui sont importantes.
29:58 Oui, mais ce qui est encore plus important, c'est ce qui se passe en France.
30:00 Et la réforme des retraites, c'est une réforme très importante,
30:02 qui cristallise des oppositions majeures et massives.
30:05 Mais vous avez raison.
30:06 Le président de la République aurait pu retarder un déplacement
30:09 qui n'est quand même pas d'une priorité absolue, excusez-moi,
30:11 pour l'instant, par rapport à ce qui se passe en France.
30:13 Ça, c'est une chose.
30:14 La deuxième chose, c'est qu'il y a quand même un effet, je pense, la mobilisation.
30:17 Il y a un effet de ce qu'on appelle un effet d'hystérèse,
30:19 c'est-à-dire un effet de mémoire,
30:21 par rapport à la mobilisation des Gilets jaunes,
30:23 qui, rappelons-le, avait occasionné le déversement d'une monnaie hélicoptère
30:29 pour éteindre l'incendie social de l'époque,
30:32 aux alentours de 10 milliards d'euros que le gouvernement avait distribué.
30:36 Donc, effectivement, aujourd'hui, la mobilisation syndicale
30:39 et la mobilisation de la France, on se dit la même chose.
30:41 On se dit, puisque le gouvernement, à force de mobilisation,
30:44 et si on lâche rien, a fini par lâcher au moment des Gilets jaunes,
30:47 peut-être que cette fois-ci, il finira également par lâcher
30:50 la réforme des retraites, sachant qu'à l'époque,
30:52 c'était un lâchage de milliards.
30:54 Là, c'est un lâchage d'une réforme.
30:55 Et au pic des Gilets jaunes, sur les ronds-points ou dans la rue,
30:59 il y avait quatre fois moins de personnes
31:01 que les Français contre la réforme des retraites.
31:03 Oui, beaucoup plus décentralisée.
31:04 Moi, depuis le début, je pense que le président de la République,
31:06 il cherche une sortie politique à tout ça.
31:09 Soit la réforme passe, il aura réussi son pari,
31:13 même s'il sera impopulaire et sa majorité,
31:16 en tout cas, il aura du mal à continuer à gérer le pays,
31:20 parce qu'on voit bien que ça va se bloquer à l'Assemblée,
31:22 dans les institutions.
31:23 Soit ça ne passe pas, il est obligé de la retirer.
31:26 On verra bien comment tout ça se passe.
31:27 Et donc, il ne reste qu'une seule chose,
31:29 ce que je prends depuis le début,
31:30 c'est de demander au peuple d'arbitrer.
31:32 En disant, écoutez, moi, j'ai été élu,
31:34 j'essaie de faire une réforme, effectivement,
31:36 et on voit bien qu'on m'empêche de la faire,
31:39 soit dans la rue, soit à l'Assemblée,
31:41 avec des situations qui sont inimaginables à l'Assemblée.
31:43 Les institutions sont bloquées,
31:45 et bien que le peuple tranche.
31:47 Et ça veut dire quoi ? Précisez.
31:48 Il dissout et il demande au peuple de lui donner une majorité.
31:50 Après, s'il l'a, très bien.
31:51 Ça n'arrivera jamais.
31:52 Ça, vous savez, on ne sait pas ces calculs-là.
31:56 C'est audacieux.
31:57 Mais on voit bien qu'aujourd'hui,
31:58 c'est bloqué dans la rue et c'est bloqué dans les institutions.
32:01 Parce qu'il y a un risque, je finis là-dessus,
32:04 c'est que le Sénat n'aille pas au bout du débat
32:07 et que pour la première fois,
32:08 un texte ne soit voté ni à l'Assemblée ni au Sénat.
32:11 Cette possibilité de dissolution de l'Assemblée,
32:15 il y en a un qui l'espère, qui l'envisage
32:18 pour qu'il y ait un rematch, comme on dit, dans les urnes.
32:22 C'est Jean-Luc Mélenchon, bien sûr, Jean-Luc Mélenchon.
32:25 La stratégie du bruit et de la fureur.
32:28 Et du chaos, bien sûr.
32:29 Robert Ménard, maire de Béziers, était l'invité de BFM cet après-midi.
32:32 Et il a parlé de Jean-Luc Mélenchon.
32:34 Alors, il a été extrêmement dur à l'égard de Jean-Luc Mélenchon.
32:37 Écoutez, il dit que c'est un danger pour la démocratie.
32:40 Il est un danger pour la démocratie.
32:43 Pourquoi ?
32:44 Il est d'une démagogie à toute épreuve.
32:47 Il est prêt à reculer devant rien.
32:51 Ce qu'on a vu là, l'huile qu'il a jetée sur le feu,
32:54 les appels qu'il a faits, même quand les autres se calmaient à l'intérieur,
32:57 ses députés, vous avez vu, il en a rajouté des couches et tout.
33:00 C'est un danger.
33:01 Et Aurore Bergé, elle aussi a parlé de la nupèce et de la gauche
33:06 en disant que cette gauche est soumise à Jean-Luc Mélenchon,
33:10 qui n'est même plus député, même plus président de la nupèce,
33:15 en quelque sorte, ça reste le chef de file.
33:17 Mais elle attend, en fait, elle subit les décisions de Jean-Luc Mélenchon.
33:23 Écoutez Aurore Bergé.
33:24 Le problème, c'est que la gauche à l'Assemblée nationale,
33:26 elle est complètement soumise à Jean-Luc Mélenchon.
33:29 Il n'est même plus député, il n'est même plus président de parti,
33:31 mais en vérité, il reste les deux et c'est lui qui donne les ordres.
33:34 Et à la fin, les communistes, les socialistes, les écologistes,
33:38 ils sont soumis, ils n'ont pas d'autre choix.
33:40 Ils viennent nous voir en coulisses, nous dire qu'ils sont mal à l'aise
33:42 avec les pratiques, mal à l'aise avec les outrances.
33:45 Il y a un double discours.
33:46 Georges Fenech, un danger pour la démocratie, Jean-Luc Mélenchon, vraiment ?
33:50 Ça ne dédouane pas quand même les parlementaires
33:52 qui mettent cette paille à l'Assemblée nationale.
33:54 Le fait que Jean-Luc Mélenchon continue à tirer les ficelles,
33:57 un danger pour la démocratie.
33:59 On sait que Jean-Luc Mélenchon rêve d'un grand soir.
34:03 Il veut une assemblée constituante, déjà,
34:06 jeter à l'eau la constitution de 1958, on est bien d'accord.
34:11 Il est pour une abolition quasiment de frontières aussi,
34:16 donc une ouverture à toutes les immigrations possibles et imaginables.
34:20 C'est quand même lui qui met en cause aussi de manière régulière
34:24 notre police nationale en disant qu'elle tue, voyez-vous.
34:28 Donc ça, c'est quand même attentatoire à ce qui est une mission régalienne.
34:32 Et je pourrais continuer les exemples comme ça.
34:35 Il y a effectivement une espèce de fuite en avant
34:38 d'un homme politique qui a été majeur à un certain moment,
34:41 20% quand même aux élections présidentielles.
34:44 Il était aux portes du second.
34:46 Et là, on assiste à une lente dérive, avec un discours de plus en plus radical,
34:51 avec, je dirais même quelques fois par moment, hystérique, je trouve.
34:55 Donc, est-ce qu'il a un danger pour la démocratie ?
34:58 Je ne pense pas qu'il ait encore une chance, si vous voulez,
35:01 de renouveler cet exploit de 20%.
35:03 Je pense qu'Elafi a tellement, tellement mal agi à l'Assemblée nationale
35:08 que si jamais il y avait une dissolution,
35:10 il ne retrouverait sans doute pas un grand nombre de députés.
35:14 Donc, je ne pense pas qu'il soit un danger.
35:16 Alors là, je ne prendrais pas ce pari, là, les amis.
35:19 Pour le coup, j'ai un petit désaccord.
35:21 Je pense que la stratégie de Mélenchon, elle est assumée,
35:24 même si il amplifie de par sa personnalité,
35:27 elle est assumée, c'est je mets le chaos, ça plaît à mon électorat,
35:30 et plus je mets le chaos, et plus j'ai rien à voir.
35:33 On l'a vu entre les deux élections 2017 et 2022.
35:36 Par qui sont élus les députés de Mélenchon ?
35:40 Ils sont élus dans beaucoup de quartiers populaires,
35:42 avec 30% de participation, 30% de participation,
35:47 c'est-à-dire qu'ils ont 15, 20% des voix d'une circonscription,
35:50 dans les zones très urbaines et dans les quartiers en priorité,
35:53 y compris avec certains réseaux qu'ils utilisent à bon escient.
35:57 On voit bien comment ça peut se passer,
35:59 c'est-à-dire qu'il peut retrouver son groupe,
36:01 parce que les gens dans ces quartiers-là,
36:03 ils apprécient ce que fait Mélenchon,
36:05 ils ont envie de renverser la table, etc.
36:07 Donc la stratégie de Mélenchon, on la voit bien,
36:09 c'est d'être au deuxième tour de la future.
36:11 On verra s'il est candidat, c'est dans 3 ans, 4 ans,
36:13 il va se passer beaucoup de choses ici et là.
36:15 Mais c'est d'être au deuxième tour d'une présidentielle,
36:17 et il peut être au deuxième tour d'une présidentielle.
36:19 – Je ne crois pas que les Français aspirent au chaos.
36:21 – Il ne sera pas élu après, mais s'il est à 20-21%,
36:24 il peut faire un deuxième tour.
36:26 – Non, parce qu'il nous reste un deuxième tour.
36:28 – Mélenchon, juste en un mot, pour moi,
36:30 Mélenchon n'est pas seulement un danger pour la démocratie,
36:32 c'est surtout un danger pour la France.
36:34 Parce que quand Jean-Luc Mélenchon nous parle de créolisation,
36:37 par exemple, c'est quelqu'un qui a oublié finalement
36:40 que les institutions républicaines dont il se réclame
36:43 ont été construites par un peuple qui est le peuple français.
36:46 Et quand on veut créoliser le peuple français,
36:49 quand on veut le remplacer, disons les choses clairement,
36:51 par d'autres peuples qui n'ont pas les mêmes cultures
36:53 et pas les mêmes traditions,
36:55 les institutions qui ont été enfantées par le peuple français
36:58 vont nécessairement changer.
37:00 C'est ça ce qu'il ne comprend pas, c'est qu'en fait,
37:02 il travaille à sa propre destruction,
37:04 à la propre destruction de son parti.
37:06 Parce qu'un jour, les peuples dont il appelle le vote
37:08 et dont il appelle l'arrivée massive en France
37:11 vont finir par exiger des gens qui leur ressemblent.
37:14 Et donc, exit Mélenchon et toutes les élites…
37:18 Allez-y Eric, parce que je veux vraiment que…
37:21 Nous ne sommes pas semblant de découvrir
37:23 quelle est la théorie politique de Jean-Luc Mélenchon.
37:26 Il l'a théorisée, c'est la radicalité,
37:28 c'est mettre le conflit partout,
37:31 c'est être dans la conflictualité partout.
37:33 Il l'a théorisée dans ses discours.
37:35 Notre radical ne veut pas lire et être en trite démocratique, les amis.
37:39 Justement.
37:40 Y compris en utilisant les…
37:41 Attendez, je termine.
37:43 Quand il conceptualise la théorie de la radicalité,
37:47 il fait élire des députés sur cette théorie de la radicalité
37:50 et du conflit permanent.
37:51 Donc, en réalité, il est, j'allais dire, dans son sillage politique.
37:55 C'est un constat, je ne suis pas en train de faire un…
37:57 C'est un constat.
37:58 Donc, pour lui, dans le jeu de la République,
38:01 il a une ligne politique qui s'est tracée,
38:03 qui d'ailleurs est extrêmement développée
38:05 d'un point de vue historique.
38:07 Il se réclame, lisez sa dernière interview
38:09 que j'ai trouvé assez intéressante dans la Revue des Deux Mondes,
38:12 en fait, toute sa théorie est là.
38:14 Toute sa théorie de la radicalité, du conflit
38:16 et toutes ses bases historiques sont là.
38:17 Donc, on peut être pour, on peut être contre,
38:19 mais estimé, puisqu'il y a des gens qui votent,
38:22 même si l'abstention est forte,
38:24 pour des députés qui portent cette théorie politique,
38:26 il est dans le jeu démocratique, pardonnez-moi.
38:28 Et puis, entendre Robert Ménard…
38:29 C'est le mot de la fin.
38:30 Entendre Robert Ménard nous parler de démagogie, pardonnez-moi,
38:32 mais j'ai connu Robert Ménard un peu dans d'autres sphères politiques.
38:35 Vous lui direz, vous lui direz, Eric Revelle.
38:37 Mais je suis sûr qu'il nous écoute.
38:38 Non, parce qu'il nous reste six minutes avant,
38:40 vraiment pas d'accord, et je veux qu'on parle
38:42 de ce qu'il s'est passé en Gironde ce week-end.
38:45 L'horreur en Gironde, vendredi, une femme a été tuée
38:47 par son ex-conjoint alors qu'elle avait déposé deux plaintes.
38:51 En février, son corps a été retrouvé lardé de coups de couteau
38:55 à la gorge et au ventre.
38:57 Son bourreau avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle
39:01 en 2006 pour des faits qui datent de 2003.
39:05 On va écouter Laïma Charaï, qui était notre invitée hier
39:08 et qui s'occupe de l'association Accueil Femmes en Difficulté,
39:11 et qui était évidemment très en colère.
39:14 Le sentiment qui m'habite aujourd'hui, c'est vraiment
39:17 une colère inouïe, indescriptible.
39:20 Cela fait maintenant de très nombreuses années
39:23 que les associations réclament un certain nombre de mesures.
39:27 Là, nous constatons que cette femme a déposé à deux reprises
39:31 plainte dans le courant du mois de février en gendarmerie
39:34 et qu'elle est quand même victime de féminicide.
39:38 Les solutions existent.
39:41 Regardons du côté de l'Espagne.
39:43 Ils ont fait baisser de 25% les cas de féminicide
39:46 et les cas de violence conjugale.
39:49 Aujourd'hui, c'est 200 000 femmes qui sont victimes chaque année.
39:52 C'est 45 plaintes toutes les heures.
39:55 Les associations réclament des mesures fortes.
39:58 C'est très important ce qu'elle dit.
40:00 Elle explique qu'il y a moins de 25% de féminicides en Espagne.
40:03 Nous, sur l'année 2021, c'est plus de 20% par rapport à 2020.
40:07 Je voulais vous faire réagir à la déclaration de Violenne de Philippis.
40:11 Elle est porte-parole de "Osez le féminisme".
40:14 Voilà ce qu'elle dit. Écoutez attentivement.
40:16 Je rappellerai d'ailleurs qu'on ne peut pas qualifier,
40:19 en parlant des féminicides, les qualifier de faits divers
40:22 parce que c'est systémique.
40:24 Je rappellerai que c'est d'ailleurs notre culture judéo-chrétienne
40:26 qui l'engendre.
40:28 Depuis toujours en Europe, les féminicides ont existé.
40:31 Malgré ce que tente de faire croire parfois l'extrême droite,
40:33 ce n'est pas dû à l'immigration.
40:35 C'est bien à notre culture, nos valeurs, notre éducation,
40:39 celles qu'on donne à nos enfants,
40:41 qui dans un continuum de violence, de progression,
40:44 qui va du sexisme ordinaire jusqu'au féminicide,
40:47 qui créent ces drames.
40:49 Donc c'est notre culture judéo-chrétienne
40:52 qui engendre ces féminicides.
40:54 Elle a tout faux.
40:55 Expliquez.
40:56 Elle a tout faux parce que la culture judéo-chrétienne
40:59 a été la première culture à imposer la monogamie.
41:03 Donc le respect de la femme,
41:06 qui n'était plus comme chez certaines communautés animales,
41:12 à la merci à plusieurs de la polygamie qui existait avant.
41:16 Ça, c'est la première chose.
41:17 Le judéo-christianisme a au contraire constitué un progrès
41:20 pour le droit des femmes par rapport aux civilisations antérieures.
41:24 Ça, c'est la première chose.
41:26 La deuxième chose, c'est qu'aujourd'hui,
41:28 l'assassinat des femmes traverse exactement toutes les cultures
41:33 et toutes les religions.
41:35 L'assassinat qui a eu lieu au but de Chaumont,
41:38 cet homme qui a démembré sa femme et qui l'a jetée son corps
41:43 à Paris 19e, ils étaient d'origine maghrébine,
41:46 ils ne sont pas judéo-chrétiens,
41:48 et pourtant c'était aussi un féminicide.
41:50 Donc qu'est-ce qu'elle a à dire, cette personne d'Osez le féminisme,
41:53 sur cet assassinat-là ?
41:55 Cheynaise, la femme qui a été brûlée vive par son mari,
41:58 qui l'accusait, je crois, d'infidélité.
42:00 Ils ne sont pas de culture judéo-chrétienne,
42:02 et pourtant c'est également une femme qui a été assassinée.
42:05 Donc pourquoi elle n'en parle pas de ça ?
42:07 Est-ce que Osez le féminisme est en train d'instrumentaliser
42:10 ces actes odieux, ces crimes odieux,
42:13 pour servir une idéologie antinationale
42:16 qu'elle fait métier de poursuivre par ailleurs ?
42:19 Là est le véritable scandale, parce qu'on ne peut pas manipuler
42:22 et instrumentaliser des crimes au service d'une idéologie
42:27 antinationale mortifère. Voilà la vérité.
42:30 – Georges Fenech.
42:31 – Les violences conjugales existent sous toutes les latitudes,
42:33 sous toutes les cultures, c'est un phénomène qui est connu partout,
42:36 malheureusement, et il faut quand même reconnaître une chose,
42:39 c'est que ces dernières années, beaucoup n'a pas été fait.
42:42 Il y a eu notamment la mise à disposition de moyens technologiques,
42:47 tels que vous le savez, le téléphone grand danger, etc.
42:50 Il y a eu des places d'hébergement en urgence qui ont été déployées,
42:53 il y a eu je crois 126 000 fonctionnaires de police qui ont été formés,
42:57 donc c'est une cause nationale, incontestablement,
43:00 et les moyens arrivent…
43:01 – Et c'est un échec national, vous pouvez le dire.
43:04 – Soyons réalistes une seconde.
43:06 – On l'est, puisqu'en Espagne on a baissé de 25% les féminicides,
43:09 en France ça augmente de 20%, moi je rêverais que ça…
43:12 – Si vous me permettez…
43:13 – Bien sûr Georges, mais vous dites que c'est une cause nationale.
43:15 – Mais je n'ai pas terminé, ce qui nous amène sur ce sujet,
43:18 c'est ce qui s'est passé à Bordeaux.
43:20 À Bordeaux, il y a eu manifestement un problème,
43:23 car lorsque cette femme vient signaler à deux reprises des plaintes
43:27 à la gendarmerie de Saint-André de Cubzac, il aurait fallu réagir immédiatement.
43:31 D'ailleurs le ministre de l'Intérieur a ordonné une enquête qu'il a confiée à l'IGPF.
43:35 Donc il faudrait savoir pourquoi la gendarmerie de Saint-André de Cubzac
43:38 n'a pas fait remonter immédiatement au parquet qui aurait pris des mesures,
43:43 et elle a été simplement renvoyée chez elle.
43:47 C'est là qu'est le problème.
43:48 Vous pouvez mettre toutes les mesures en place,
43:50 si sur le terrain il y a une mauvaise appréciation des faits,
43:53 malheureusement ça peut se produire.
43:54 Est-ce qu'il y a eu un dysfonctionnement ?
43:56 C'est l'enquête qui le déterminera.
43:58 – Cette déclaration, Éric Revelle, elle vous choque ou pas,
44:00 de la porte-parole de Jérémie Monsieur ?
44:02 – Moi je trouve qu'on devrait avoir des moyens de comparaison, si vous voulez.
44:07 Autant j'écoute avec attention le développement de Jean-Messia,
44:11 autant quand il nous parle de culture polygame animale,
44:14 je pense que le terme "animal", mon cher Jean-Messia, n'est peut-être pas le plus approprié.
44:17 – Non, je n'ai pas dit ça.
44:18 J'ai dit que dans des civilisations antérieures,
44:20 effectivement il y avait une polygamie qui n'est qu'à annuler le judéo-christianisme.
44:26 – Moi je veux bien qu'on prenne sur cette pauvre culture judéo-chrétienne
44:30 qui a attaqué de toutes parts tous les afres du monde,
44:33 mais vous pensez que c'est plus enviable d'être une femme en Afghanistan ?
44:36 – Vous dites la même chose que moi.
44:38 – Vous pensez que c'est plus valorisant et facile d'être une femme en Arabie Saoudite aujourd'hui ?
44:43 – En Iran.
44:44 – Ou en Iran aujourd'hui ?
44:46 Donc si vous voulez, je trouve que c'est raccourci parfois,
44:49 je ne voudrais pas en faire un dans mon raisonnement,
44:51 mais c'est raccourci de taxer de tous les mots de la terre,
44:55 la tradition judéo-chrétienne m'exaspère un peu,
44:59 et je me demande dans quelle mesure en fait,
45:01 en remettant aussi en cause et en chargeant cette tradition judéo-chrétienne,
45:05 on n'est pas en train de faire œuvre, enfin en tout cas cette dame,
45:07 Violaine de Philippis, n'est pas en train de faire œuvre d'un certain voquisme en réalité,
45:12 c'est-à-dire la remise…
45:14 – C'est ça ?
45:15 – Mais oui, mais oui.
45:16 – Non mais c'est que ça.
45:17 – Mais oui, mais oui.
45:18 – C'est que ça.
45:19 – C'est ça qui…
45:20 – Allez en disent donc.
45:21 – C'est-à-dire que sous cette déclaration, il y a un discours sous-jacent.
45:23 – On est le pays où quand même on a promu l'émancipation des femmes,
45:26 la laïcité, on a fait en sorte que les femmes aient le droit de vote,
45:29 et dire que c'est notre société qui est celle qui nous éduque
45:34 à effectivement tuer nos femmes est juste insupportable.
45:36 Mais effectivement c'est la mouvance voquisque qui essaye de remettre en cause
45:39 toutes nos valeurs considérant qu'on est responsable de tous les maux de la terre.
45:42 – Et encore une fois, personne ne parle de cette déclaration
45:45 alors que c'était hier aux alentours de 21h chez nos confrères.
45:48 Dans un instant c'est vraiment pas d'accord.
45:50 Laurent Geoffrin face à Charlotte Dornelas, qu'est-ce qu'il y a Jean-Mésias ?
45:53 Ça va vite le dimanche.
45:54 – Oui, mais je me disais si elle avait dit la même chose sur la situation islamique,
45:58 musulmane ou sur une autre civilisation,
46:00 ça peut vous dire que ça rouvert les matinales de France Inter et de France Info.
46:03 Là rien.
46:04 – Eh bien écoutez, on en parlera peut-être, on est vraiment pas d'accord.
46:07 – On en parlera d'accord, tiens. À tout de suite, merci à tous les quatre.
46:10 – Je suis d'accord. – Passez un excellent…
46:12 – Soyez d'accord. – Allez, à tout à l'heure.
46:14 – Et la distance ?
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