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  • il y a 3 ans
L'actualité vue par les témoins du quotidien, présenté par Clélie Mathias dans #LaParoleAuxFrancais

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00:00:00 Bonjour et bienvenue sur notre antenne La Parole au français c'est dans un tout petit instant bien sûr avec nos invités et beaucoup d'invités à distance vous vous en doutez ce sera juste après le JT de Simon Guillin.
00:00:10 Bonjour Simon.
00:00:11 Bonjour Nelly et bonjour à tous.
00:00:13 Noël Legret n'est plus le président de la Fédération Française de Football.
00:00:16 Il a annoncé sa démission ce matin à son comité exécutif et nous on va aller devant le siège de la Fédération Française de Football.
00:00:22 On va retrouver nos envoyés spéciaux Louis Vix et Mathilde Espinas.
00:00:25 Alors Louis on a appris seulement quelques heures après la démission de Noël Legret il va occuper un nouveau poste et cela fait déjà polémique. Louis racontez-nous.
00:00:34 Oui la formidable capacité de Noël Legret à rebondir et visiblement de la Fédération Française de Football à la FIFA, la Fédération internationale il n'y a qu'un pas ou presque puisque Noël Legret après avoir formulé sa démission devant le COMEX au peu après 10 heures ce matin
00:00:51 a également annoncé que son ami Gianni Infantino, le boss du football mondial, lui proposait donc un poste, prendre la tête du bureau que la FIFA a installé dans la capitale française il y a quelques mois.
00:01:03 Alors c'est un poste plus symbolique qu'autre chose mais cela montre que Noël Legret n'a pas envie de se retirer totalement du football mondial.
00:01:12 En tout cas il a nié en bloc le désormais ex-président de la Fédération Française de Football, tous les reproches qui lui ont été formulés dans le bilan et vous savez dans tout ce qui a été militanté par le ministère des sports.
00:01:23 Notamment ce fameux audit, ses comportements sexistes notamment, il a pris la parole pendant une trentaine de minutes.
00:01:30 On ne l'a toujours pas vu, va-t-il sortir par ici ou par une porte dérobée derrière c'est actuellement la question que se pose une bonne cinquantaine de journalistes.
00:01:38 Merci beaucoup Louis Vix pour toutes ces informations et merci donc à Mathilde Espinas qui vous accompagne aujourd'hui dans le 15e arrondissement de Paris.
00:01:45 En Seine-Saint-Denis, la colère monte chez les commerçants de la rue Jean-Lolive à Pantin.
00:01:50 Les vendeurs à la sauvette de cigarettes sont postés devant leur magasin toute la journée.
00:01:54 Une présence, vous allez le voir, qui empoisonne la vie du quartier.
00:01:57 Le reportage est signé Augustin Donadieu et Sacha Robin.
00:02:00 C'est une place que les habitants de Pantin redoutent depuis plusieurs mois.
00:02:05 Le trafic de cigarettes à la sauvette y est quotidien et le sentiment d'insécurité permanent.
00:02:11 Effectivement, ce trafic de cigarettes engendre du vol à l'arraché, de l'insécurité malheureusement, de la violence.
00:02:20 Un trafic de cigarettes qui impacte également les commerçants, moins 30% de chiffre d'affaires chez ce buraliste.
00:02:27 Nous on paye les frais de douane, on paye tout, donc 30% c'est énorme en fait.
00:02:32 C'est vrai que les cigarettes sont déjà chères à la base, mais si eux ils vendent à moitié prix, ça va être chaud quand même.
00:02:39 Bonjour, comment vous allez ?
00:02:41 Alors pour combattre ce fléau, les commerçants se sont rassemblés jeudi dernier.
00:02:45 Il y a moins de vendeurs et ça commence à s'améliorer, il faut que ça tienne sur du long terme.
00:02:51 Ce pharmacien mène la contestation, il n'exclut pas d'aller plus loin si la situation ne s'améliore pas sur le long terme.
00:02:58 Si ça n'avance pas beaucoup plus, on fera d'autres opérations un petit peu coup de poing entre guillemets.
00:03:03 Comme ?
00:03:04 Fermer les commerces et faire du bruit, pour alerter un petit peu les pouvoirs publics.
00:03:11 Pour ce conseiller municipal d'opposition, la responsabilité revient à la municipalité et à l'État.
00:03:17 Il n'y a aucune volonté politique pour la sécurité et la tranquillité publique à Pantin,
00:03:21 parce qu'ils ne veulent pas entendre de développement d'une police municipale équipée et moderne
00:03:26 pour pouvoir agir concrètement pour les habitants et les commerçants.
00:03:30 Contacté, la mairie n'a pas donné suite à notre demande d'interview.
00:03:34 Une réunion avec le préfet de police de Paris est prévue vendredi.
00:03:38 Allez tout de suite vous retrouver Nelly Dénat qui est ses invités pour la parole aux français.
00:03:43 Merci beaucoup cher Simon et on se retrouve tout à l'heure bien sûr pour le JT de 15h.
00:03:47 On va parler beaucoup du salon de l'agriculture dont vous savez qu'il bat son plein en ce moment,
00:03:52 sur fond de difficultés chroniques bien sûr pour les éleveurs, pour en parler Yvan Réaufolle.
00:03:56 Et de retour bonjour Yvan, merci d'être là à nouveau.
00:03:59 Et puis Jean-Claude Dassier qui a fait le déplacement jusqu'à nous, ça n'a pas été sans mal d'ailleurs.
00:04:03 Il y a eu beaucoup de trafic sur la route, merci en tout cas d'avoir réussi.
00:04:06 Les bouchons de 3h c'est relativement rare, félicitations aux responsables de l'autoroute A6
00:04:10 qui ne vous préviennent pas et qui prennent quand même le péage
00:04:13 et vous tombez sur un bouchon quelques kilomètres après le péage, 3h.
00:04:18 Félicitations encore aux gestionnaires de l'autoroute A6 et bravo.
00:04:21 Et on n'a pas fini de payer l'autoroute, on l'a bien compris.
00:04:24 Alors on va parler donc de ces éleveurs qui eux aussi sont soumis à la réforme des retraites,
00:04:29 en plein débat en ce moment vous le savez au Parlement, ça se passe au Sénat ces jours-ci.
00:04:34 Chaque exploitation qui a ses freins inhérents à l'inflation, aux coûts de production.
00:04:38 On va le vérifier tout de suite parce qu'on a une première invitée qui nous attend depuis le salon de l'agriculture.
00:04:42 Il s'agit de Laurence Despaux qui est productrice de lait.
00:04:44 Bonjour, merci de nous rejoindre en direct du salon.
00:04:49 Alors longtemps laissé pour compte, les laitiers ont vu la hausse du prix du lait
00:04:53 puisque je crois que Lactalis a rémunéré en 2022 25% de plus.
00:04:57 Il n'y avait pas de rechute prévue en 2023 mais néanmoins,
00:05:00 il y a beaucoup de problèmes liés à la sécheresse historique qui impacte en ce moment la production d'herbes.
00:05:05 Ça veut dire pas d'herbes, pas de nourriture adéquate pour les vaches.
00:05:09 Est-ce que c'est un problème auquel vous êtes confrontée particulièrement ?
00:05:16 Alors nous, on n'est pas confrontés vraiment dans notre région à la sécheresse.
00:05:20 En Seine-Maritime, il pleut assez régulièrement.
00:05:23 On a des cultures qui poussent comme la luzerne même quand c'est sec.
00:05:27 Donc ça, ça ne nous a pas trop impacté chez nous.
00:05:31 Ce qui nous a impacté plus en 2022, c'est le prix du lait.
00:05:37 Alors justement, racontez-nous en quoi ça vous a impacté parce que d'un côté,
00:05:41 on dit les producteurs n'étaient pas assez rémunérés.
00:05:43 Là, on vous a quand même augmenté le prix du litre de lait.
00:05:47 Mais néanmoins, quand on regarde le solde entre le nombre d'exploitations laitières qui s'installent et celles qui ferment,
00:05:54 il est de -2%, ce qui veut dire qu'on a de moins en moins d'exploitations de vaches laitières.
00:06:00 Est-ce que vous, vous avez été impactée pour votre exploitation à cause de ces hausses de denrées ?
00:06:09 Ah ben oui, je vais vous prendre quelques exemples.
00:06:13 Par exemple, il y a 2 ans à peu près, on donnait pour 3000 euros par mois d'aliments aux vaches pour qu'elles produisent du lait.
00:06:22 On est passé à 7500 euros par mois.
00:06:25 Donc là, on ne parle que du concentré.
00:06:29 Le prix du lait a certes augmenté.
00:06:31 Je pense que nous, on ne fait pas partie des coopératives qui ont le plus augmenté le lait.
00:06:35 La coopérative a eu beaucoup de difficultés l'année dernière, donc on a été les moins bien payés.
00:06:39 Et là, on était content. En début d'année 2023, le lait a augmenté.
00:06:44 Et on est reparti sur une nouvelle baisse.
00:06:47 C'est-à-dire que la fluctuation, elle est due à quoi en ce moment ?
00:06:50 Parce qu'on ne peut pas fluctuer comme ça d'un mois à l'autre sans qu'il y ait des problèmes de course sur les marchés internationaux.
00:06:54 C'est vraiment la spéculation internationale qui vous impacte ?
00:07:01 On a eu une réunion il y a 3 semaines où ils étaient très optimistes sur le prix du lait.
00:07:07 Puisque la production recule. En France, dans le monde, il y a de moins en moins de gens qui font du lait.
00:07:13 Sûrement dû aux contrats.
00:07:15 Beaucoup de gens ne savent pas qu'une vache laitière baisserait 2 fois par jour, 365 jours par an.
00:07:22 Pas de week-end, pas de vacances. Tout ça, c'est compliqué.
00:07:25 Et plein de gens arrêtent. Les céréales sont très chères.
00:07:31 Et on gagne mieux notre vie à faire de la céréale que de faire du lait.
00:07:35 Vous avez combien de bêtes dans votre exploitation, par exemple, pour nous donner une idée ?
00:07:39 Nous, on traite 80 vaches laitières.
00:07:44 D'accord. Et si on parle des problèmes qui ne sont pas les vôtres, certes, mais de la profession en général,
00:07:49 j'ai lu qu'une grande partie des exploitants étaient contraints aujourd'hui de vendre une partie de leur cheptel,
00:07:55 précisément pour ce que vous décriviez.
00:07:57 Vous le voyez autour de vous dans les exploitations, peut-être à plus grande échelle,
00:08:01 qui n'arrivent pas à nourrir leurs bêtes adéquatement ?
00:08:03 Oui, et on connaît du monde qui a été obligé de vendre des vaches
00:08:09 parce qu'il n'y avait pas assez de nourriture pour nourrir tout le monde.
00:08:13 Et acheter coûte trop cher.
00:08:16 Donc à un moment donné, il faut faire des choix.
00:08:19 Et ces gens-là ont fait le choix de vendre des bêtes pour pouvoir nourrir le reste.
00:08:23 Donc qui dit baisse de la production, dit importation de lait de l'étranger, d'autres pays,
00:08:30 en tout cas peut-être même européens, pour commencer.
00:08:34 Ça veut dire qu'aujourd'hui, on boit du lait qui vient hors de nos frontières,
00:08:39 ou on en boit moins, tout simplement ?
00:08:42 A priori, selon les courbes, la production de lait baisse,
00:08:48 mais la consommation ne baisse pas.
00:08:50 Donc ça veut dire qu'on importe bien du lait ?
00:08:52 On importe de la poudre de lait, je pense, beaucoup.
00:08:55 Ah oui, oui, oui.
00:08:57 Oui. Yvan Réaufolle, ça bat en brèche tout ce qu'on dit sur,
00:09:02 on en parlait beaucoup hier déjà, les circuits courts.
00:09:04 Les circuits courts qui font qu'il est toujours préférable de consommer du lait,
00:09:09 et bien il est toujours préférable de consommer près de chez soi.
00:09:13 Là, visiblement, ça impacte les circuits courts, il y a un danger quand même.
00:09:16 Cela implique des mécanismes qui dépassent en effet les circuits courts.
00:09:19 Il y a peut-être en effet des mécanismes d'inflation que je ne maîtrise pas,
00:09:23 que je ne saurais vous décrire, mais ma question était,
00:09:26 est-ce que vous pensez qu'également, les événements, la guerre qui sévit en Ukraine,
00:09:31 et qui, avec les embargos russes et avec l'économie ukrainienne
00:09:35 qui est également bloquée dans ses exportations,
00:09:37 est-ce que ceci influe sur le prix du lait ou sur votre concurrence,
00:09:42 ou est-ce que cela n'a rien à voir ?
00:09:44 Je pense que ça n'a rien à voir, on va nous le donner en excuse,
00:09:52 mais réellement, non, je ne pense pas.
00:09:54 Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se font des marches sur notre dos,
00:09:58 parce que la semaine dernière, avant de partir au salon de l'agriculture,
00:10:01 j'ai été faire des courses, et je me suis dit, tiens,
00:10:04 les agriculteurs sont passés par là, il y a eu des manifestations,
00:10:07 et par curiosité, j'ai quand même été voir le prix du lait demi-écrémé en magasin,
00:10:11 chose que nous, on n'achète jamais,
00:10:13 et quand je vois du lait à 1,20€ du demi-écrémé,
00:10:17 et en premier prix à 1,05€, je me dis qu'il y a quand même quelque chose qui se passe.
00:10:23 Et vous accusez qui alors, en sous-texte, si je puis dire ?
00:10:26 Vous accusez les distributeurs, les grandes surfaces ?
00:10:29 Qu'est-ce que vous voulez désigner comme étant responsable ?
00:10:33 Je pense que les GMS ne font pas de cadeaux.
00:10:36 Les quoi, les ? Je n'ai pas saisi. Les ?
00:10:40 Les grandes surfaces.
00:10:42 Les surfaces, oui.
00:10:43 Les grandes surfaces.
00:10:44 Alors, moi, j'ai une question un peu plus personnelle.
00:10:46 Laurence, les retraites, on en parle beaucoup en ce moment.
00:10:50 On sait qu'il y a eu une petite amélioration pour les agriculteurs, pour les exploitants,
00:10:56 parce que maintenant, on prend en compte les 25 dernières années pour le calcul de la retraite,
00:11:00 et non plus l'ensemble de la carrière.
00:11:03 Est-ce que c'est quelque chose vers quoi vous vous projetez déjà,
00:11:05 qui vous inquiète un peu, ou vous n'y pensez pas du tout ?
00:11:08 Moi, je n'y pense pas encore, non.
00:11:14 D'accord, mais vous êtes quand même inquiète, vous faites partie de ceux qui disent,
00:11:20 cette réforme, on n'en veut pas, parce que vu la pénibilité de nos métiers,
00:11:24 on ne s'en sortira pas, on n'y arrivera pas, on ne pourra pas aller jusqu'aux 64 ans requis.
00:11:29 Vous voyez quand même autour de vous, il y a un certain nombre d'exploitants qui sont plus âgés,
00:11:33 et que vous disent-ils ?
00:11:35 64 ans, les gens autour de nous ne disent rien, jusqu'à 64, ça peut aller.
00:11:44 Mais au-delà, après, ça va être compliqué quand même.
00:11:46 Pour avoir une retraite pleine, on espère quand même que vous ne serez pas soumise à ce régime.
00:11:51 Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions cet après-midi.
00:11:55 On va aller voir une deuxième invitée, qui aura d'autres problématiques.
00:11:58 Jean-Claude, on voit bien que petit à petit, cette crise, elle impacte à la fois le consommateur,
00:12:02 on parlait des grandes surfaces, tout un chacun, quand on voit qu'on a une alimentation
00:12:06 qui a bondi de 16 à 20%, 25% même selon les produits,
00:12:10 mais on ne pense pas forcément à l'impact que ça a sur ceux qui produisent,
00:12:14 et en bout de chaîne, notre consommation à nous aussi, parce que si on produit moins,
00:12:18 forcément la rareté du produit fait que ce sera encore plus cher.
00:12:21 On voyait bien, me semble-t-il, que cette jeune femme, qui travaille beaucoup,
00:12:25 ne respirait pas un optimisme débordant.
00:12:28 Non, pas vraiment.
00:12:29 C'est compliqué pour l'agriculture française, à part peut-être quelques grands céréaliers,
00:12:33 même les betteraviers maintenant ont des problèmes.
00:12:36 Il n'y a pas une agriculture française qui recule globalement, hélas.
00:12:39 Il y a des agricultures.
00:12:41 Je n'ai pas eu le temps de poser la question à cette jeune femme.
00:12:44 Quel est, croyez-vous, son revenu mensuel ?
00:12:47 Il doit être très faible.
00:12:49 Elle dit bien que quand je vois à quel prix je vends mon lait,
00:12:53 et que je vais de temps en temps dans les supermarchés,
00:12:57 que je vois à quel prix mon lait ou celui du voisin est vendu,
00:13:01 elle a eu très… avec beaucoup de calme,
00:13:06 et nous a dit "bon, je pense que les supermarchés ne nous font pas de cadeaux".
00:13:11 Il y a un vrai problème de financement de l'agriculture française…
00:13:13 Sur les marges ?
00:13:14 Sur les marges, dans certains secteurs et dans certains domaines, c'est une évidence.
00:13:18 Voilà des gens… Je n'ai pas eu le loisir de lui poser la question sur est-ce qu'elle traite elle-même,
00:13:23 ou est-ce qu'elle a un système de traite automatique ?
00:13:25 Elle a 80 bêtes.
00:13:26 Si elle traite elle-même, 80 bêtes, je pense qu'elle traite elle-même.
00:13:30 Ça veut dire que vous bossez à longueur de journée,
00:13:32 et qu'il n'y a pas de week-end, et qu'il n'y a pas de vacances,
00:13:34 sauf si vous avez la chance d'avoir quelques remplaçants pas trop loin de chez vous.
00:13:39 Il faudrait quand même qu'on se rende compte que nos amis agriculteurs
00:13:43 ont des difficultés à faire leur job.
00:13:45 Leurs revenus sont insuffisants, clairement.
00:13:48 Ils bossent comme ce n'est pas possible, et on ne les voit pas dans les manifs, eux.
00:13:52 Yvan, moi j'ai une question liée à ce Salon de l'agriculture,
00:13:55 qui est toujours un peu le ballet des politiques, justement.
00:13:58 Alors que ce soit l'exécutif, on a vu Emmanuel Macron le week-end dernier,
00:14:01 avec un certain nombre, un petit peu de chahut, c'est ça qui a fait le buzz,
00:14:04 plus que les considérations d'ailleurs, et les difficultés des agriculteurs.
00:14:08 Chacun a à cœur de se montrer, c'est le passage obligé,
00:14:11 on est en campagne permanente quand on est au Salon de l'agriculture.
00:14:13 Comment ils vivent ça, les agriculteurs ?
00:14:15 Est-ce qu'ils voient ça comme un exercice de soutien à leur métier,
00:14:20 ou avec une forme de cynisme ?
00:14:22 Il y a un côté un peu cynique, quand même.
00:14:23 D'abord, je voudrais leur demander, je n'ai pas la prétention de parler en leur nom,
00:14:26 mais a priori, connaissant effectivement leur esprit critique et leur bon sens,
00:14:30 j'imagine qu'ils y voient ce que l'on y voit nous aussi,
00:14:33 c'est-à-dire du théâtre, naturellement, c'est un théâtre politique.
00:14:36 On sait très bien que quand Macron va à la rencontre des agriculteurs,
00:14:40 il n'y va que pendant 13 heures, ce qui est d'ailleurs beaucoup.
00:14:42 Pendant 13 heures, pendant une journée,
00:14:44 et ensuite, il les ignore pour la plupart du temps, bien sûr.
00:14:47 Donc, je pense que le sentiment d'abandon qui est celui qui est partagé
00:14:51 par toutes ces professions qui sont très éloignées du pouvoir,
00:14:54 très éloignées des préoccupations des technocrates,
00:14:56 est un sentiment d'abandon qui est d'abord prégnant au cœur même des agriculteurs.
00:15:01 Et d'ailleurs, je pense qu'ils ne sont pas...
00:15:03 Et d'ailleurs, vous l'avez montré à votre question sur les retraites,
00:15:06 vous pensiez que les retraites étaient quelque chose qui focalisait
00:15:09 également la colère des agriculteurs.
00:15:11 En fait, la retraite, non, effectivement, c'est un domaine qui mobilise naturellement
00:15:17 tous les syndicats, une partie de la gauche et une partie de la droite d'ailleurs.
00:15:20 Mais enfin, c'est surtout ce qui remet en scène ce progressisme qui est mal en point.
00:15:25 Mais on voit bien que pour les agriculteurs, ce n'est pas la retraite qui focalise la colère.
00:15:29 Ce qui pourrait focaliser, agrémenter toute la colère, c'est plutôt l'inflation.
00:15:35 C'est leur quotidien.
00:15:36 C'est leur quotidien, c'est la succession, la multiplication des normes européennes.
00:15:40 C'est leur manière de ne pas pouvoir être concurrent face précisément à des pays
00:15:44 qui ne respectent pas les normes qu'ils ont à respecter eux-mêmes.
00:15:47 Tout ceci est tout à fait irritant et c'est ceci qui pourrait faire descendre dans la rue,
00:15:50 si vraiment ils devaient rejoindre ceux qui protestent contre les retraites,
00:15:54 qui pourrait faire descendre dans la rue une partie de ce monde rural.
00:15:57 Mais ça s'est vu dans le passé, les manifestations, les mobilisations d'agriculteurs.
00:16:01 C'est toujours assez impressionnant.
00:16:03 Quand ça déboule, ça fait...
00:16:04 Avec les marchandises qu'on décharge, qu'on déverse dans la rue.
00:16:07 Bien sûr, bien sûr.
00:16:08 Même question, c'est le bal des hypocrites, Jean-Claude.
00:16:11 Je ne suis pas d'accord avec Yvan sur l'utilité ou la non-utilité des prestations du président,
00:16:17 de la première ministre et j'imagine du ministre de l'Agriculture et de quelques autres,
00:16:21 lors de ce salon.
00:16:23 Que ne dirait-on pas si aucun des personnages en question n'allait discuter un peu avec le terrain,
00:16:30 c'est-à-dire avec les agriculteurs ?
00:16:32 Oui, il y a une part de com', tu as raison.
00:16:34 Quand on reste 14 heures, s'il a battu son record l'année dernière ou pas,
00:16:39 ça, on s'en moque un peu.
00:16:41 En revanche, j'espère, je crois même, que discuter pendant des heures,
00:16:47 donc, avec les agriculteurs est utile.
00:16:50 Et je veux croire que le président, qui n'est pas fondamentalement un agriculteur,
00:16:54 qui en est a priori assez loin,
00:16:57 je pense que c'est utile pour lui de parler avec les agriculteurs
00:17:00 et qu'il apprend des choses.
00:17:02 J'espère...
00:17:04 C'est mon gardeur optimiste.
00:17:06 C'est mon gardeur optimiste.
00:17:08 Je pense que...
00:17:10 Que dirait mon ami Yvan si personne n'y allait ?
00:17:13 Ça serait l'isolement total de cette profession à laquelle on doit tout, etc.
00:17:18 Qu'est-ce que vous diriez, cher Yvan, s'il n'y allait pas ?
00:17:20 Je ne critique pas qu'il y aille,
00:17:22 mais simplement je mets en doute le fait qu'il découvre,
00:17:25 en tout cas j'espère qu'il ne découvre pas les problèmes de l'écolo,
00:17:27 à travers sa visite annuelle au Salon de l'Agriculture.
00:17:31 Le fait c'est que c'est désastreux.
00:17:32 Il est possible d'ailleurs que ce soit le cas, bien entendu.
00:17:34 Je veux croire que c'est utile,
00:17:35 parce que notamment on parlait de l'Europe il y a une seconde.
00:17:37 C'est absolument inutile.
00:17:38 Je pense que mettre un peu d'ordre dans ces réglementations
00:17:41 qui partent dans tous les sens,
00:17:43 regardez ce qui se passe avec les betteradiers,
00:17:45 les betteraviers,
00:17:46 je n'irai pas jusqu'à prononcer le nom du produit,
00:17:49 parce que c'est imprononçable,
00:17:50 néanmoins la France va l'interdire,
00:17:52 et l'a déjà soi-disant interdit,
00:17:54 les pays voisins pas spécialement.
00:17:56 On a fait la même chose avec le glyphosate,
00:17:59 le marché européen de l'agriculture,
00:18:01 c'est un peu n'importe quoi.
00:18:02 Oui, et puis ça suppose un peu de volontarisme politique
00:18:05 une fois qu'on est à Bruxelles,
00:18:06 ce dont on a un petit peu manqué ces dernières années.
00:18:08 Il y avait un sondage,
00:18:09 un muscle trottoir avait été fait hier ou avant-hier
00:18:11 sur le Salon de l'Agriculture
00:18:12 en demandant à nommer le ministre de l'Agriculture.
00:18:15 Personne n'était capable de nommer le ministre de l'Agriculture,
00:18:17 et moi non plus,
00:18:18 d'ailleurs son nom m'échappe à l'instant même
00:18:19 où je voulais le prononcer.
00:18:20 Donc c'est bien pour vous dire que...
00:18:21 Fénon ?
00:18:22 Oui, Marc Fénon, c'est ça, bravo.
00:18:24 Et donc c'est bien pour vous dire que l'agriculture
00:18:26 n'est pas non plus un domaine qui...
00:18:28 Ah, c'est plus l'époque de Chirac.
00:18:29 Merci.
00:18:30 Qui arrive en tête des préoccupations des politiques.
00:18:32 Un deuxième invité,
00:18:33 toujours depuis le Salon de l'Agriculture,
00:18:35 c'est Pierre-Maxime Parcy.
00:18:36 Bonjour, merci de nous rejoindre.
00:18:38 Vous êtes commercial en nutrition animale,
00:18:40 ce qui veut dire que vous, vous êtes aux premières loges en fait,
00:18:43 vous êtes confronté directement à l'inflation sur les matières premières.
00:18:46 Quel impact ça a sur les agriculteurs ?
00:18:49 On était avec une productrice de lait il y a un instant,
00:18:51 mais il y a des tas d'agriculteurs évidemment
00:18:53 qui ont recours à ça pour nourrir leurs bêtes.
00:18:56 Quel est réellement l'impact ?
00:18:59 On a des chiffres, on a des données chiffrées sur ce qu'on paie
00:19:01 dans les supermarchés en termes d'alimentation.
00:19:03 On sait moins ce qui se passe pour ceux qui en ont besoin
00:19:06 pour pouvoir faire tourner leur exploitation.
00:19:08 Bah oui, donc bonjour à tous.
00:19:13 Donc comme vous l'avez dit, on a été en tant que fabricants d'aliments
00:19:17 confrontés à l'augmentation des matières premières
00:19:19 suite à la crise Covid.
00:19:20 Et après, suite à la crise de la guerre en Ukraine,
00:19:22 donc tout ça, il a fallu répercuter toutes ces hausses aux éleveurs.
00:19:27 Malheureusement, par contre, les prix n'ont pas forcément suivi.
00:19:30 Donc derrière, vous avez une augmentation de charges pour les éleveurs
00:19:34 et une diminution de marge et du coup, une baisse de zozis.
00:19:38 Comme l'a dit votre interlocutrice tout à l'heure, en lait, Laurence.
00:19:42 Je veux dire aujourd'hui, quand on baisse le prix du lait
00:19:44 alors que les charges augmentent, ça ne peut pas durer très longtemps.
00:19:47 Sachant qu'on voit entre autres sur le salon de l'agriculture
00:19:50 les grandes surfaces qui font de la pub, entre autres,
00:19:55 pour eux, en disant qu'ils rémunèrent les éleveurs,
00:19:58 les producteurs de lait, les producteurs de viande,
00:20:00 à juste titre, on voit que ce n'est pas forcément vrai
00:20:03 et qu'il y a de la communication au grand public dissimulée derrière tout ça.
00:20:07 Donc vous, vous faites aussi partie de ceux qui disent,
00:20:10 comme disait pudiquement votre prédécesseur,
00:20:13 ils ne nous font pas de cadeaux.
00:20:15 Donc vous, vous allez encore plus loin, vous dites,
00:20:17 vous faites un peu arnaquer quand même.
00:20:20 Aujourd'hui, voilà, moi, je suis commercial en nutrition animale,
00:20:25 comme vous l'avez dit, mais je suis fils d'éleveur.
00:20:27 Et donc le but, c'est de m'installer plus tard.
00:20:29 Et donc aujourd'hui, il faut être réaliste.
00:20:31 Aujourd'hui, on a des...
00:20:33 Pour le lait, on a Basodial ou Lactalis qui mènent un peu la danse.
00:20:37 Et puis pour la viande, on a Bigard.
00:20:40 Et donc, en fait, ils font appuyer le beau temps.
00:20:42 Ils corrigent, dès qu'il y a une hausse de prix au niveau national,
00:20:46 par de l'importation, ce qui surcharge le marché
00:20:48 puisque le marché est fixé, bien sûr, avec l'offre et la demande.
00:20:51 Et puis du coup, les prix baissent derrière aux producteurs.
00:20:54 Ça fait à peu près six mois qu'on est soumis à une très forte inflation.
00:20:58 On n'a peut-être pas encore de recul précis sur les dépôts de bilan.
00:21:01 Mais vous, à votre échelle, avec les personnes avec qui vous traitez,
00:21:04 vous voyez déjà des gens qui renoncent, qui arrêtent l'exploitation ou qui vendent ?
00:21:09 Ah oui, oui. Alors on était...
00:21:14 Comme le ministre de l'Economie l'a dit la semaine dernière,
00:21:17 on est sur 55 000 faillites d'exploitation par an en moyenne.
00:21:21 Mais par contre, depuis la crise Covid et la crise en Ukraine,
00:21:25 donc l'inflation, oui, on est supérieur.
00:21:28 Qu'est-ce qu'on vous dit ? Les prévisions ?
00:21:30 On n'a pas assez de recul encore, mais...
00:21:32 Oui. Mais pour 2023, est-ce que l'horizon, a priori, va rester sombre toute l'année
00:21:37 ou, on vous dit, il va y avoir des améliorations de ce point de vue ?
00:21:39 Après, aujourd'hui, moi, avec mon âge, je suis obligé de vous dire qu'il y aura des améliorations.
00:21:46 Sinon, je ne peux pas vous décrire que le tableau n'est que noir.
00:21:49 Alors évidemment, c'est peut-être pas la profession où on s'en sortira le mieux économiquement,
00:21:53 mais après, l'agriculture est quand même un secteur où on a une certaine résilience.
00:21:56 Et de toute façon, il faudra passer le cap.
00:21:59 Ce sera dur, ce sera très dur.
00:22:01 Il y en a qui vont rester sur le carreau, mais bon, il faudra essayer de s'en sortir.
00:22:05 Est-ce qu'il y a des solutions alternatives pour faire baisser les coûts ?
00:22:09 Est-ce que l'État peut contribuer un peu plus fortement ?
00:22:13 Est-ce qu'il y a des aides qui sont possibles ?
00:22:15 Ou vous ne voyez pas du tout de salut de ce point de vue ?
00:22:18 L'État, moi, quand j'écoute Emmanuel Macron,
00:22:24 qui nous parle de la consommation hors foyer samedi à l'ouverture du salon,
00:22:28 et qui dit que c'est aux filières de s'organiser mieux,
00:22:30 bon, c'est de la com' pour lui, tant mieux pour lui.
00:22:33 C'est la balle dans son camp.
00:22:34 Mais après, aujourd'hui, pour moi, l'État cautionne le matraquage de l'agriculture française.
00:22:41 Restez avec nous une seconde, c'est intéressant ce qu'il dit.
00:22:44 Il n'y a aucune illusion de leur part, de la part des États.
00:22:47 On en parlait tout à l'heure.
00:22:48 Pour bien comprendre et très concrètement,
00:22:50 à combien estimez-vous, naturellement, aux doigts mouillés,
00:22:53 les taux d'inflation que vous avez à supporter depuis la crise du Covid,
00:22:57 comme vous l'avez dit, et depuis la crise de la guerre en Ukraine ?
00:22:59 Ça, c'est ma première question.
00:23:00 Et ma deuxième question, il y a un grand mouvement social
00:23:04 qui s'annonce pour mardi prochain avec une France dite bloquée,
00:23:07 qui lance les syndicats.
00:23:08 Est-ce que vous allez vous joindre à cette grande manifestation de protestation ?
00:23:13 Pour la première partie de la question, je vais vous parler du côté nutrition animale.
00:23:21 Les aliments ont augmenté en moyenne de 25 %,
00:23:23 donc toutes catégories confondues, aviculture, porc ou ruminant.
00:23:28 Donc il a fallu répercuter.
00:23:31 Ça, c'est dû à la hausse des matières premières et de l'énergie suite à la guerre en Ukraine,
00:23:35 ainsi que l'évolution des coûts des transports.
00:23:38 Et donc après, par rapport à la réforme des retraites,
00:23:41 sur ce que vous dites, moi honnêtement, je ne me sens pas du tout concerné par cette réforme.
00:23:47 Même en aparté, je ne comprends pas pourquoi des gens de mon âge ou plus jeune manifestent.
00:23:51 Et après, le pays peut être bloqué.
00:23:54 Après, aujourd'hui, les gens qui font la grève,
00:23:56 je ne me ferais peut-être pas que des amis, mais c'est ceux qui ont les moyens,
00:23:59 ceux qui font la grève, c'est les bobos, c'est les écolos, c'est les parigos.
00:24:02 On y appelle comme on veut.
00:24:03 Aujourd'hui, moi, je n'y crois pas du tout.
00:24:05 Et de toute façon, ce sera comme pendant le Covid et pendant toutes les crises.
00:24:07 C'est les premiers cordiers, comme les appellent le président,
00:24:10 qui feront tourner le pays et qui travailleront.
00:24:12 Donc moi, personnellement, ça ne m'inquiète pas beaucoup.
00:24:14 C'était le point de vue de Pierre-Maxime Parsi.
00:24:16 Merci beaucoup.
00:24:17 Merci d'avoir répondu à nos questions.
00:24:18 Merci à Manon Haber, qui était avec vous au Salon de l'agriculture
00:24:21 et qu'on retrouvera tout à l'heure pour d'autres intervenants.
00:24:24 Voilà, c'était le mot de la fin.
00:24:26 En quelques secondes, Jean-Claude, quand même.
00:24:28 Quelques secondes ?
00:24:29 Vous ne pouvez pas poser de questions parce que là, on est en train de déborder.
00:24:32 Mais en quelques secondes, quand même, on voit à quel point
00:24:34 ils ne se sont pas du tout concernés par cette mobilisation.
00:24:37 Moi, ce qui me frappe, c'est le jugement qu'ils portent,
00:24:41 semble-t-il, sur l'Europe et la politique agricole européenne.
00:24:45 Il y a eu une grande époque, à l'époque notamment de Jacques Chirac,
00:24:48 qui était la politique agricole commune.
00:24:50 Là, les agriculteurs français s'en sont plutôt bien sortis.
00:24:53 Aujourd'hui, j'ai le sentiment que l'Europe qui se libéralise,
00:24:56 sans doute à telle raison, mais fait que les conséquences
00:24:59 pour les agriculteurs français sont, pour la plupart d'entre eux,
00:25:03 pas pour tous, mais pour la plupart d'entre eux,
00:25:05 très difficiles au plan financier.
00:25:07 Ils ne gagnent pas assez d'argent, nos agriculteurs.
00:25:10 Il faut leur permettre de vivre mieux qu'ils le vivent, c'est évident.
00:25:14 Et on aura l'occasion d'en reparler puisqu'on va y retourner
00:25:16 au Salon de l'agriculture dans la deuxième partie de l'émission.
00:25:18 A tout de suite dans La Parole aux Français.
00:25:20 La Parole aux Français de retour dans un tout petit instant.
00:25:25 Le temps de retrouver Augustin Denadieux pour le rappel des titres.
00:25:27 Bonjour Augustin.
00:25:28 Et ces terribles chiffres concernant les violences
00:25:33 au sein du foyer familial hors violence conjugale.
00:25:36 64 300 victimes ont été enregistrées en 2021 par les services de sécurité,
00:25:41 soit une augmentation de 16% par rapport à l'année précédente.
00:25:44 80% des victimes étaient mineures au moment des faits.
00:25:47 Le nombre de signalements pour violences sexuelles,
00:25:49 quant à lui, a augmenté de 26%.
00:25:52 C'est au tour des sénateurs de débattre de la réforme des retraites.
00:25:57 Le texte arrive cet après-midi dans la seconde chambre du Parlement
00:26:00 pour un premier examen en commission.
00:26:02 Une étape importante pour le gouvernement
00:26:04 qui cherche à obtenir le vote des républicains majoritaires au Sénat.
00:26:07 Après le passage en commission,
00:26:09 les sénateurs se retrouveront jeudi en début d'après-midi
00:26:11 pour le coup d'envoi des débats dans l'hémicycle.
00:26:14 Et la banquise de l'Antarctique n'a jamais été aussi réduite.
00:26:18 Fin février, l'étendue de glace a atteint la superficie la plus faible
00:26:23 jamais enregistrée depuis le début des relevés satellites en 1979.
00:26:27 La banquise mesure aujourd'hui 1 790 000 km²
00:26:31 contre 2 millions il y a tout juste un an.
00:26:34 Un observatoire a précisé que ce chiffre était préliminaire
00:26:37 et que des conditions de fonte poursuivies
00:26:40 pourraient encore pousser l'étendue de glace plus bas.
00:26:43 C'est la transition toute trouvée avec la suite de débats.
00:26:46 On passe de la banquise qui se réduit comme peau de chagrin
00:26:51 à la sécheresse qui nous frappe de plein fouet
00:26:54 32 jours consécutifs sans précipitation significative.
00:26:58 C'est un record depuis qu'on a commencé à enregistrer la pluviométrie.
00:27:01 C'était en 1959, donc il n'a jamais été aussi sec
00:27:05 sur une période donnée en plein hiver.
00:27:08 Cinq départements en alerte renforcée.
00:27:10 Il y a Lens, les Bouches-du-Rhône, l'Isère, les Pyrénées-Orientales et le Var.
00:27:14 Et puis il y a 34 départements en France
00:27:16 où l'on estime que le niveau des nappes phréatiques
00:27:19 est largement insuffisant pour la saison.
00:27:21 On va en parler avec Renaud Muselier qui nous rejoint en direct.
00:27:26 Renaud Muselier, bonjour, merci d'être avec nous.
00:27:29 Je rappelle que vous êtes le président de la région Sud.
00:27:31 On le rappelle, la sécheresse frappe de plein fouet votre région
00:27:35 puisqu'il y a plusieurs départements, dont les Bouches-du-Rhône,
00:27:37 qui sont très impactés.
00:27:38 Cela a des conséquences évidemment sur les agriculteurs.
00:27:42 On l'a vu tout à l'heure, on l'a vérifié avec nos invités.
00:27:44 On leur demande, en plus de réduire de moitié leur consommation,
00:27:47 donc impact sur la production,
00:27:49 que peut faire l'État et que peuvent faire d'une manière générale
00:27:52 les collectivités pour leur venir en aide aujourd'hui.
00:27:55 D'abord, il faut savoir que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur
00:28:00 a toujours été impactée par la sécheresse depuis des millénaires.
00:28:02 Les Romains ont fait des acs ducs,
00:28:04 nos aînés ont fait le lac de Serre-Ponçon
00:28:06 et le lac de Sainte-Croix, c'est-à-dire les Gorges-du-Verdan.
00:28:09 On a fabriqué la société du Canal de Provence
00:28:12 et il n'y a pas si longtemps, Pagnol a écrivi
00:28:15 "Ma nom des sources" pour la sécheresse à Aubagne.
00:28:17 Donc c'est quelque chose qui nous a toujours très impactés,
00:28:19 ce qui nous a permis de mettre en place des outils techniques,
00:28:22 notamment la société du Canal de Provence,
00:28:25 qui fait en sorte qu'on distribue la totalité,
00:28:28 globalement 80% de l'eau, sur le Var, sur les Bouges-du-Rhône
00:28:31 et sur le Vaucluse.
00:28:32 Cette société, cette entreprise, nous injectons
00:28:35 près de 800 millions d'euros dans les 10 ans qui viennent
00:28:38 pour justement renforcer l'accès à l'eau
00:28:42 pour la totalité de nos concitoyens.
00:28:44 On va présenter cet après-midi au Salon de l'Agriculture
00:28:46 avec le ministre M. Faineau, le plan Or Bleu
00:28:49 de la région Provence-Sainte-Croix-de-l'Azur,
00:28:51 qui est bâti sur des systèmes assez simples.
00:28:54 D'abord, la sobriété.
00:28:56 Si on a réussi à avoir une sobriété électrique
00:28:59 pendant cette période hivernale,
00:29:01 il faut aussi attaquer une sobriété de l'eau
00:29:04 et de la consommation d'eau
00:29:06 pour la totalité de nos concitoyens.
00:29:08 Parallèlement à ça, nous avons engagé depuis deux mois,
00:29:10 avec la totalité des départements de la région,
00:29:13 département par département, ce que j'appelle le plan d'eau,
00:29:16 pour voir comment on aborde le problème du Vaucluse
00:29:18 ou des Alpes-Maritimes, qui n'ont absolument rien à voir
00:29:20 ni l'un ni avec l'autre.
00:29:21 L'un, par exemple, dans les Alpes-Maritimes,
00:29:23 n'a qu'un réseau d'eau buvable, d'eau potable,
00:29:29 ce qui pose un autre problème pour l'accès au fonds européen.
00:29:31 Parallèlement à ça, nous mettons en place un dispositif
00:29:35 qui va être la première en France
00:29:37 sur le traitement des eaux usées
00:29:40 que l'on réinjecte dans le circuit des canalisations.
00:29:43 Quand on regarde ce qui se passe au niveau mondial
00:29:45 ou au niveau européen, à commencer par l'Europe,
00:29:48 25% de ces eaux sont réinjectées dans les canalisations
00:29:52 pour laver nos voitures, pour nos piscines,
00:29:55 pour nos entreprises, et ça c'est énorme.
00:29:57 En Israël, c'est grosso modo 85% de ces eaux usées
00:30:03 qui sont réinjectées dans le circuit plutôt que rejetées à la mer.
00:30:05 Voilà des opérations très concrètes, très pragmatiques,
00:30:08 qui doivent rendre et apporter les premiers services
00:30:11 et les premières réponses.
00:30:12 – Vous pouvez faire figure d'exemple d'une certaine manière
00:30:15 parce que vous avez effectivement l'expérience
00:30:17 de ce genre de phénomène dans votre région
00:30:19 et on espère que ça marchera.
00:30:22 Mais quand vous nous parlez de sobriété,
00:30:24 pardon, mais la sobriété ça marche pour les particuliers,
00:30:27 mais quand, je me permets de répéter ma question,
00:30:29 quand on est un exploitant agricole
00:30:31 et qu'on a besoin d'accès à l'eau pour faire fonctionner son exploitation,
00:30:35 comment vous allez leur vendre l'idée de la sobriété
00:30:37 aujourd'hui au Salon de l'Agriculture ?
00:30:39 – Première chose, c'est d'abord, on va parler aussi de solidarité.
00:30:44 C'est-à-dire qu'on ne va pas commencer à organiser
00:30:46 la guerre entre les territoires et la guerre entre les usagers.
00:30:49 Dans la région, nous avons les Alpins,
00:30:51 nous avons les Méditerranéens.
00:30:52 Aujourd'hui, il y a sur l'Ac de Sarponçon par exemple,
00:30:55 qui est à mi-chemin entre les deux,
00:30:57 le traitement du canal de la Durance
00:30:59 qui irrigue la totalité de nos arbres en aval
00:31:02 et qui lui-même, en amont,
00:31:05 fait en sorte que ça permet d'irriguer nos stations.
00:31:08 On va faire en sorte qu'il n'y ait pas de guerre
00:31:10 entre les vacanciers l'été et les agriculteurs l'hiver.
00:31:14 Les agriculteurs, ils ont diminué par 10 leur consommation d'eau,
00:31:17 et donc ceux-là ne doivent pas être pénalisés.
00:31:19 Et ce n'est pas eux qui consomment le plus,
00:31:21 donc il faut bien faire attention.
00:31:23 Je ne parle pas de l'eau potable,
00:31:24 je parle des canalisations d'eau courante et traditionnelle.
00:31:28 Ce n'est pas eux qui doivent être pénalisés pendant les périodes d'été,
00:31:30 alors que c'est eux qui consomment plutôt le moins.
00:31:32 – Le maire Dacier, qui est là, que vous connaissez bien,
00:31:34 a une question pour vous également. Allez-y Jean-Claude.
00:31:37 – En dépit du fait, monsieur Muselier,
00:31:39 vous avez raison qu'il pleuve insuffisamment
00:31:41 dans vos régions depuis des millénaires,
00:31:43 est-ce que ça vous paraît, est-ce que les retenues d'eau
00:31:47 vous paraissent une voie pour vous exploitable
00:31:50 ou c'est pour d'autres régions de France ?
00:31:53 – Non, non, tout est exploitable, monsieur Dacier,
00:31:57 je tiens à vous saluer, mon cher Jean-Claude,
00:31:59 c'est un plaisir de ne pas vous voir mais d'échanger de nouveau.
00:32:02 Bien sûr, le collinère est très important,
00:32:05 le collinère est essentiel même.
00:32:07 Après, il y a un vrai débat sur la bassine,
00:32:09 c'est-à-dire pomper dans la nappe phréatique.
00:32:11 En tout cas, pour le collinère, il n'y a pas débat.
00:32:13 À partir du moment où, des Alpes jusqu'à la Méditerranée,
00:32:18 il y a de la pluie en grande quantité par moment,
00:32:20 à tel point qu'on est débordé,
00:32:22 souvenez-vous du drame des trois vallées des Alpes-Maritimes,
00:32:26 notamment la Roya, il pleut, il faut des bassins,
00:32:29 et il faut garder dans ces bassins de l'eau.
00:32:31 La difficulté que nous rencontrons sur un certain nombre de territoires,
00:32:33 c'est que ces bassins doivent être organisés par territoire
00:32:36 et mutualisés en fonction des activités locales.
00:32:39 On ne traite pas de la même manière les viticulteurs que les arboriculteurs.
00:32:42 Mais les bassins sont absolument indispensables,
00:32:44 il faut garder l'eau de pluie, dès qu'il y en a, il faut la garder.
00:32:47 – Convaincre les écologistes ?
00:32:49 – Oui, enfin, les écologistes, je les respecte pleinement,
00:32:55 mais vous avez les écologistes raisonnables,
00:32:57 et ceux qui sont, je veux dire, vraiment des raisonnables.
00:33:00 Quand vous regardez dans notre région qui est si belle,
00:33:04 les gorges du Verdon avec le lac Saint-Eucroat,
00:33:06 que vous regardez le lac de Serpenson qui a canalisé l'adurance,
00:33:09 heureusement qu'il n'y avait pas des écologistes à l'époque
00:33:12 pour gérer la nature, et faire en sorte que nous avons des arbres,
00:33:17 des fruits, des pêches, des poires,
00:33:19 et aujourd'hui des arboriculteurs qui fonctionnent.
00:33:21 Et de l'eau en quantité, grâce au canal de Provence,
00:33:24 qui peut arriver dans notre passif Saint-Marseille.
00:33:26 Donc tout ça, la nature, elle se doit d'être canalisée et respectée,
00:33:31 et je crois que c'est ce que nous faisons dans la région.
00:33:33 – Et sur l'accès à l'eau pour vous, ça va être l'enjeu de ce siècle ?
00:33:36 Parce que ce qu'on vit là, on va le revivre dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans,
00:33:40 et il faudra trouver des solutions pérennes à chaque fois.
00:33:42 – C'est l'enjeu depuis toujours chez nous.
00:33:47 Je vous rappelle que les Romains, ils ont fait des actes ducs,
00:33:50 et donc il va falloir prendre des mesures,
00:33:51 qui sont des mesures de préservation de l'eau, du patrimoine.
00:33:54 L'eau, on peut vivre quelque part sans électricité,
00:33:57 on ne peut pas vivre sans eau, c'est absolument impossible.
00:33:59 L'eau c'est 80% de notre corps, et donc il faut avoir un accès à l'eau.
00:34:03 Les Israéliens, je pars en Israël fin du mois de mai, pour voir ce qu'ils ont fait,
00:34:07 notamment pour tout le volet du traitement des eaux usées,
00:34:10 où vous récupérez quand même 80% des eaux usées,
00:34:12 ce qui est absolument énormissime, alors que nous on a 0%
00:34:15 de requalification de nos eaux usées, qui sont reversées
00:34:18 lorsqu'elles sont traitées, dans les rivières, et qui va jusqu'à la mer.
00:34:21 Donc il y a l'intelligence, le travail, le savoir-faire,
00:34:24 l'expérience des autres, voire mettre en place des usines
00:34:27 de désalinisation, pour arriver à apporter des réponses,
00:34:30 secteur par secteur, pan par pan, mais avec un calendrier,
00:34:34 et nous, nous injectons quand même 800 millions d'euros
00:34:37 dans les 5 ans qui viennent, sur nos bassins versants,
00:34:40 dans le cadre de l'approvisionnement en eau, de nos agriculteurs,
00:34:43 et aussi de nos compatriotes ou de nos concitoyens dans nos communes.
00:34:46 - Merci beaucoup Renaud Muselier d'avoir répondu à nos questions
00:34:49 en direct du Salon de l'Agriculture, et merci à nos équipes
00:34:51 qui vous accompagnent, en l'occurrence Manon Haber pour les images,
00:34:55 merci, et excellente visite au Salon de l'Agriculture,
00:34:58 on espère quand même pour vous que ça ne va pas durer 14 heures,
00:35:00 on parlait de la durée de ces allées.
00:35:03 - Vous savez, la molécule d'eau est très lourde, elle retombe toujours.
00:35:07 L'ennui c'est qu'elle ne retombe pas toujours au même endroit
00:35:10 et à la même heure, c'est ça notre problème.
00:35:12 La planète, à mon avis, ne connaîtra pas une sécheresse désastreuse,
00:35:15 mais c'est vrai que dans le Midi, ça fait longtemps qu'il n'a pas plu,
00:35:18 et on vient de vous l'expliquer, il faut trouver des solutions.
00:35:21 - Et la clé, ce sera la solidarité comme il disait.
00:35:23 - Elles existent, les solutions.
00:35:24 - Parce qu'il faudra pouvoir jauger en fonction des besoins de chacun.
00:35:27 On va changer tout à fait de sujet, Amaury Boucaud nous a rejoint,
00:35:31 bonjour Amaury, évidemment il s'agit en ce moment d'évoquer l'affaire Palmade
00:35:36 avec un certain nombre d'incertitudes sur le calendrier immédiat,
00:35:40 c'est-à-dire qu'on sait qu'il est d'ores et déjà écroué dans le centre hospitalier
00:35:45 où il se trouve, au Kremlin 17, on ne sait pas quand aura lieu le transfert
00:35:49 de l'humoriste vers la prison à laquelle il est affecté,
00:35:53 visiblement c'est la prison de Fresnes.
00:35:55 - Exactement, être écroué c'est-à-dire avoir un numéro d'écrou
00:36:00 et donc être inscrit sur la liste des personnes qui sont rattachées
00:36:03 à un établissement pénitentiaire, mais ça ne veut pas dire
00:36:05 qu'on est forcément derrière les barreaux.
00:36:07 En l'occurrence, Pierre Palmade a un numéro d'écrou à la prison de Fresnes,
00:36:11 il est donc écroué à la prison de Fresnes, mais il est toujours à l'hôpital du Kremlin 17
00:36:15 et il y restera jusqu'à ce que son état de santé le permette.
00:36:19 Alors les conditions dans lesquelles il est placé dans cet hôpital du Kremlin 17
00:36:24 depuis qu'il est écroué ne sont plus les mêmes qu'avant,
00:36:26 quand il était à l'hôpital Paul Brousse, on se souvient qu'il avait son bras électronique
00:36:29 à la cheville, donc il n'était pas tout à fait libre de ses mouvements,
00:36:32 mais là c'est bien pire, puisque maintenant par exemple,
00:36:35 s'il doit recevoir de la visite ou même des lettres, ça doit passer par le filtre
00:36:39 du juge d'instruction qui doit valider cela, et puis même son accès au téléphone portable
00:36:44 par exemple est extrêmement limité. Pourquoi ?
00:36:46 Et bien notamment pour la préservation de l'enquête en cours,
00:36:49 qui est un des arguments qui a été mis en avant par la Cour d'appel de Paris,
00:36:53 justement pour le placer en détention provisoire.
00:36:55 Est-ce qu'on a d'autres informations, d'autres avancées sur l'enquête ?
00:36:59 Ou c'est statu quo pour l'instant ?
00:37:00 Pas encore. Ce qui peut se passer à l'avenir, c'est que à priori,
00:37:07 si l'état de santé de Pierre Palmade le permet, il va être transféré dans une autre unité médicale.
00:37:13 Alors ça pourrait être l'établissement de santé de Frênes,
00:37:16 où il y a 80 lits pour 65 détenus, donc vous voyez qu'il y a de la place pour eux.
00:37:21 D'ailleurs, ça fait une semaine qu'on a eu quelqu'un en interne qui nous a expliqué ça,
00:37:26 que cette situation était envisagée là-bas.
00:37:29 Et il peut également être placé à l'hôpital du Kremlin,
00:37:33 mais de la pitié c'est le pétrière, qui est lié aussi à Frênes.
00:37:37 Parce que c'est dans le même…
00:37:38 Voilà, exactement. Et donc il aura un statut de détenu patient.
00:37:43 Et puis si son état s'améliore encore, alors dans ces cas-là,
00:37:46 il va rejoindre une maison d'arrêt.
00:37:47 Alors la maison d'arrêt, c'est là où sont placées les personnes en attente d'un jugement,
00:37:52 donc soit la détention provisoire comme lui,
00:37:54 soit les personnes qui sont condamnées à moins de deux ans de prison.
00:37:56 Donc s'il rejoint une maison d'arrêt, la question ça va être de savoir dans quelles conditions,
00:38:00 comme c'est une personne qui a été connue, en général on ne va pas le mêler aux autres détenus,
00:38:04 on va le placer à l'isolement.
00:38:05 Et donc là, ça pourrait être à Frênes, mais ça pourrait être par exemple à Floride Mérogis,
00:38:09 qui est encore plus près de Melun, c'est seulement à 30 minutes en voiture de Melun.
00:38:13 Ça facilite les déplacements, les transferts.
00:38:15 Exactement. Ça pourrait être aussi la prison de la santé, elle est plus loin,
00:38:18 mais on dit qu'à la prison de la santé, il y a un quartier où il y a de nombreuses personnes
00:38:22 qui ont été connues et que c'est une habitude dans cette prison.
00:38:24 Et la prison de la santé est plus proche de l'hôpital de la Pitié-Saint-Pétrière ?
00:38:26 Oui, mais elle est loin de Melun puisqu'elle est dans Paris.
00:38:30 À Frênes, il y a une très belle unité hospitalière.
00:38:34 C'est une prison, entendons-nous bien, ce n'est pas un hôpital ouvert à tous les vents.
00:38:38 Mais ils sont, si j'ose dire, bien soignés.
00:38:41 Il y a une prise en charge en cas de rechute, notamment d'ABC.
00:38:43 Et d'ailleurs, dans cet établissement de santé de Frênes,
00:38:47 vous avez eu plusieurs personnalités qui ont été placées là-bas.
00:38:50 Vous aviez l'acteur Samy Nasseri, c'est ce que me disait une source interne.
00:38:53 Et vous avez aussi Tariq Ramadan qui est passé par cette unité-là.
00:38:56 Pour qu'on comprenne la différence aujourd'hui aussi,
00:38:59 c'est qu'il n'est plus gardé par des policiers, mais par des membres de la pénitentiaire.
00:39:03 Alors en fait, pas tout à fait. Ce n'est pas très clair cette histoire.
00:39:06 C'est ce que j'ai lu ce matin.
00:39:07 Oui, bien sûr. En fait, j'ai demandé de nouveau à un survivant pénitentiaire
00:39:12 de m'éclairer un peu là-dessus.
00:39:14 Alors ce qui se passe, c'est que là, comme il est toujours dans un hôpital public,
00:39:18 normalement c'est encore la police.
00:39:20 Mais si bien sûr il change et qu'il va dans un hôpital qui est lié plus étroitement à Frênes,
00:39:26 là, à ce moment-là, ce sera bien sûr des serviteurs pénitentiaires.
00:39:28 D'accord, donc là, il est encore gardé par la police.
00:39:29 Exactement.
00:39:30 Très bien. Ok. Un commentaire, Yvan.
00:39:32 Non, pas sur l'affaire Palmade, parce que cette affaire Palmade qui feuilletonne un petit peu partout,
00:39:37 singulièrement sur les autres chaînes de télévision, et pas trop ici, et bravo, me fatigue un peu.
00:39:42 Mais ce que je voudrais surtout, pardon Marie, mais que l'on n'oublie pas,
00:39:45 les vraies victimes, ce n'est pas Palmade naturellement.
00:39:49 Mais personne n'a dit ça.
00:39:50 Non, mais ça pourrait laisser l'impression.
00:39:52 On parle beaucoup de Palmade et moins de la famille, c'est vrai.
00:39:54 Et moi j'aimerais qu'on nous donne des nouvelles de la famille, qu'on nous donne des nouvelles de ce père de famille,
00:39:59 qu'on nous donne des nouvelles de cet enfant, qu'on nous donne des nouvelles effectivement de la mère de famille, etc.
00:40:04 Or ce sont vraiment les grands oubliés de cette histoire-là.
00:40:06 Alors le petit garçon, son état s'est amélioré.
00:40:08 C'est vraiment en injustice qu'il commence à s'installer, dans l'opinion, me semble-t-il, en tout cas chez moi, de mon point de vue.
00:40:12 Ce qu'on sait, c'est qu'effectivement le petit garçon de 6 ans qui était dans la voiture avec son père,
00:40:17 son père était le conducteur de la voiture, cette voiture qui a percuté,
00:40:20 ou plutôt qui a été percutée par la voiture de Pierre Palmade,
00:40:23 ce petit enfant est sorti de l'hôpital hier, c'est ce que sa famille a indiqué à CNews.
00:40:28 Et puis ce qui se passe maintenant, ça va être toujours de savoir,
00:40:32 le bébé qui devait naître, qui était dans le ventre de sa mère et qu'on a sorti,
00:40:37 est-ce qu'il a eu le temps de respirer ? Si oui, Pierre Palmade est accusé à ce moment-là d'homicide involontaire
00:40:43 et sinon il est accusé de blessures involontaires.
00:40:46 Et ce n'est pas du tout les mêmes peines encourues, bien évidemment.
00:40:49 Ça c'est un autre sujet affreux dont on a déjà parlé,
00:40:52 mais de faire une double autopsie pour savoir si cette petite fille est bien une petite fille,
00:40:56 c'est qu'on entre dans l'absurdité totale.
00:40:58 Elle était vivante au moment où...
00:41:01 Ce qu'on sait, c'est qu'elle était vivante avant l'accident.
00:41:03 Au bout de 7 mois dans le ventre de sa mère, elle était évidemment vivante.
00:41:06 Elle s'était quelque part déjà...
00:41:09 On a déjà eu l'occasion de le dire, mais il faudrait vraiment que le législateur s'empare de cette question,
00:41:12 parce que cela devient absolument avurant.
00:41:13 C'est tout le débat sur l'avortement que nous ne manquerons pas d'avoir dans les semaines et les mois qui viennent.
00:41:17 Est-ce qu'on a des nouvelles des autres membres de la famille ?
00:41:19 Puisqu'effectivement, il me veut mettre l'accent, et il a bien raison,
00:41:21 et il va sur le sort de cette famille dont on a entendu aussi les membres de la famille Élargie.
00:41:27 Le père justement de cet enfant de 6 ans qui est sorti de l'hôpital,
00:41:31 lui, aux dernières nouvelles, il avait subi plein d'opérations, je crois que c'était 6 ou 7.
00:41:36 La mère, on sait qu'elle est sortie de l'hôpital, mais qu'elle a toujours ce traumatisme.
00:41:40 Et de savoir si son enfant sera considéré comme ayant vécu ou non,
00:41:44 voilà dans les dernières infos, voilà ce qu'on a.
00:41:48 Et le récit de l'accident, il a donné d'autres détails, Pierre Palma ?
00:41:52 On n'a pas encore ces informations.
00:41:54 On n'a pas encore ces informations, d'accord.
00:41:56 Parce que c'est vrai que ça circule aussi beaucoup.
00:41:57 On s'y intéresse peut-être d'un peu trop près, mais on y reviendra un petit peu plus tard.
00:42:01 J'espère qu'un drame comme celui-là permettra peut-être de prendre conscience
00:42:05 tous ceux qui consomment à tort et dans n'importe quelle condition de la drogue,
00:42:09 que ce soit de la cocaïne ou de l'héroïne.
00:42:12 J'espère qu'ils se rendront compte des dégâts gigantesques que cette inconscience peut donner.
00:42:18 J'espère, c'est la vision optimiste d'une tragédie comme celle-là.
00:42:21 On évoquait hier les campagnes de sensibilisation qui sont inexistantes,
00:42:24 tout simplement parce que, comme c'est illégal,
00:42:27 il n'y a pas de prise en compte de ça comme l'alcool,
00:42:31 pour sensibiliser les consommateurs, les chauffeurs de camions, de bus, de véhicules particuliers.
00:42:41 Et plus généralement, cela montre malgré tout l'état désespérant d'une partie de la société
00:42:44 qui, non seulement à travers les drogues, mais à travers les antidépresseurs,
00:42:47 refuse, pour une partie d'entre elles, surtout dans la jeunesse, d'affronter la réalité.
00:42:51 La question à se poser aujourd'hui, c'est de savoir quelle est cette quête de sens impossible,
00:42:55 maintenant, pour toute une partie d'une population la plus jeune,
00:42:58 qui n'a plus d'idéal et qui est obligée de se réfugier dans des paradis artificiels,
00:43:01 dans des paradis chimiques, etc.
00:43:04 Et ça, c'est une vraie question existentielle qui est à poser.
00:43:07 Néanmoins, tous ceux qui prennent leur voiture,
00:43:10 que ce soit à la sortie de leur domicile, ou dans une boîte, ou dans n'importe quelle circonstance,
00:43:15 et qui sont sous drogue, sous coke, ou sous héroïne, évidemment, encore bien davantage,
00:43:22 il faut, je ne sais pas ce que dit la loi, je l'ai oubliée,
00:43:25 il faut être impitoyable, enfin, ce n'est pas acceptable de conduire dans des circonstances pareilles.
00:43:30 Ce n'est plus acceptable. L'alcool, ce n'est pas mieux, j'en conviens,
00:43:33 mais il y a déjà une répression forte.
00:43:35 Et il faut sortir de cette situation folle, vous avez entre 800 000, on ne sait même pas quel est le nombre,
00:43:40 800 000 ou 1 million de conducteurs qui n'ont même plus d'assurance.
00:43:43 Il y a peut-être temps que le gouvernement regarde tout ça.
00:43:45 Allez, on va s'interrompre. Merci beaucoup Amaury pour toutes ces informations concernant l'affaire Palmade.
00:43:50 Dans un instant, nous serons avec une bergère qui élève des moutons qui produisent à la fois de la viande et de la laine,
00:43:57 une espèce assez rare qui se trouve dans la Manche.
00:43:59 Elle nous parlera de son quotidien depuis le Salon de l'agriculture avec nos équipes.
00:44:03 A tout à l'heure.
00:44:04 De retour avec vous pour la parole aux Français, avant de retrouver Simon Guillain pour l'inviter,
00:44:12 nous évoquions à l'instant l'affaire Pierre Palmade.
00:44:14 Nous sommes en ligne avec des parents qui, eux, ont été victimes directement,
00:44:19 puisqu'ils ont perdu leur fils dans ce genre, même configuration d'accident quasiment.
00:44:24 C'est Yvon et Marceline Guez.
00:44:26 Bonjour, merci d'être en direct avec nous.
00:44:29 J'espère que vous nous entendez bien désormais via cette liaison FaceTime.
00:44:33 Vous êtes les parents de Noé.
00:44:35 Noé, il avait 16 ans lorsqu'il a été tué par un chauffard qui était sous l'empire de stupéfiants et de l'alcool entre Grasse et Antibes.
00:44:44 C'était au tout début de l'été 2022.
00:44:47 J'imagine que l'affaire Palmade, pour vous, ça a été d'une certaine manière revivre ce cauchemar
00:44:52 et puis surtout avoir l'impression qu'on n'avait pas tiré les enseignements de ce qui vous est arrivé à vous.
00:44:56 ...de Noé. Noé, il avait 16 ans lorsqu'il a été tué par un chauffard qui était sous l'empire de stupéfiants et de l'alcool entre Grasse et Antibes.
00:45:06 C'était au tout début de l'été 2022.
00:45:09 J'imagine que l'affaire Palmade, pour vous, ça a été d'une certaine manière revivre ce cauchemar
00:45:14 et puis surtout avoir l'impression qu'on n'avait pas tiré les enseignements de ce qui vous est arrivé à vous.
00:45:18 ...de Noé. Noé, il avait 16 ans lorsqu'il a été tué par un chauffard qui était sous l'empire de stupéfiants et de l'alcool entre Grasse et Antibes.
00:45:26 ...de l'alcool entre Grasse et Antibes.
00:45:29 On contentera de les joindre une autre fois.
00:45:31 C'est dommage parce que ce témoignage, il nous est important et on aurait vraiment tenu à les avoir aujourd'hui.
00:45:36 Mais on va retrouver, en espérant que ce soit rétabli, Simon Guillain pour le Journal.
00:45:40 Bonjour, rebonjour Simon.
00:45:41 Rebonjour Néli et bonjour à tous ceux qui nous ont rejoints sur CNews.
00:45:44 C'est donc au tour des sénateurs de débattre sur la réforme des retraites.
00:45:47 Le texte arrive cet après-midi au Sénat pour un premier examen en commission.
00:45:51 Et sur place, on va retrouver tout de suite Elodie Huchard accompagnée d'Alexandre Distel.
00:45:56 Bonjour Elodie.
00:45:57 Alors après les députés, c'est donc au tour des sénateurs de débattre sur la réforme des retraites.
00:46:01 Des débats, on s'en souvient, à l'Assemblée.
00:46:03 Mais ça s'annonce un petit peu moins tendu au Sénat, Elodie.
00:46:06 Oui, forcément, ça s'annonce un peu plus calme.
00:46:10 La commission des affaires sociales qui débat de ce texte depuis 14h30 à 8 clous.
00:46:15 Pas de retransmission, ça évite aussi les coups d'éclat.
00:46:18 Il faut savoir qu'en plus en commission, les sénateurs ne peuvent pas déposer d'amendement.
00:46:21 Donc forcément le texte va aller plus vite.
00:46:23 On le rappelle, en séance publique, le texte sera discuté à partir de jeudi jusqu'au 12 mars.
00:46:28 Y compris les week-ends.
00:46:30 Et ce que nous disent les sénateurs, c'est qu'ils ont envie de montrer que le Sénat est utile.
00:46:34 Et surtout que le Sénat travaille sur le fond.
00:46:36 Bruno Retailleau, patron des Républicains ici, disait ce week-end,
00:46:39 il ne faut pas céder à la guignolisation des débats du côté de la gauche.
00:46:42 On prévient qu'on pourrait faire un peu d'obstruction, même si ça n'est pas vraiment la tradition ici.
00:46:47 Mais que Patrick Cannaire, patron des socialistes, l'a dit,
00:46:49 il veut absolument aller jusqu'à la discussion de l'article 7.
00:46:52 Et il ne reprend pas à son compte la stratégie de la NUPS.
00:46:55 Alors forcément pour le gouvernement, ça sera un peu plus facile de trouver des alliés ici.
00:46:59 La droite y est majoritaire.
00:47:00 Bruno Retailleau explique qu'il voudrait voter cette réforme.
00:47:03 Mais attention, il y a encore des points sur lesquels il veut travailler le texte.
00:47:06 Notamment sur la démographie ou bien encore sur les carrières longues pour les femmes.
00:47:10 Et puis, il faut le comprendre, le Sénat, c'est une atmosphère un peu plus feutrée, un peu plus calme.
00:47:15 Mais justement, les sénateurs, ils ont vu comment se sont comportés leurs collègues députés.
00:47:19 Ils veulent prendre le contre-exemple.
00:47:21 Merci beaucoup, Élodie Huchard, pour toutes ces explications.
00:47:24 Et merci à Alexandre Distel qui vous accompagne aujourd'hui au Sénat.
00:47:27 Dans le reste de l'actualité, Noël Legret n'est plus le président de la Fédération française de football.
00:47:32 Il a annoncé sa démission ce matin à son comité exécutif.
00:47:35 Après plusieurs mois très compliqués pour Noël Legret, c'était une décision très attendue.
00:47:40 Et on va écouter à présent la réaction de Marc Keller à la démission de Noël Legret.
00:47:44 Le président du Racing Club de Strasbourg et membre du COMEX revient sur une décision très difficile à prendre.
00:47:49 On l'écoute.
00:47:50 On a eu un COMEX ce matin assez dur humainement, émotionnellement.
00:47:55 Vous savez que le président Legret a démissionné.
00:47:58 Il a fait passer l'intérêt de la Fédération avant son cas personnel.
00:48:02 Et ça a été un moment assez dur.
00:48:06 Moi, je suis avec lui dans son équipe depuis 2017.
00:48:10 Il m'a cherché quand j'étais président de Strasbourg pour faire partie de sa liste sur le COMEX.
00:48:14 Et je veux simplement saluer ici le grand dirigeant qui l'a été pendant tant d'années.
00:48:20 D'abord à Guingamp.
00:48:22 Vous savez qu'il a repris le club de sa ville dans le monde amateur.
00:48:26 Il l'a monté en Liguin.
00:48:27 Je mesure la difficulté de ce parcours parce que j'ai connu ça à Strasbourg.
00:48:31 Il a même emmené Guingamp en Coupe d'Europe.
00:48:34 Puis il a dirigé pendant quelques années la Ligue AFP.
00:48:37 Et depuis 2011, la Fédération française de football.
00:48:41 Et je sais qu'il y a beaucoup de critiques.
00:48:44 Mais les résultats de la Fédération française depuis 11 ans sont remarquables.
00:48:49 Et puis un homme de 24 ans a été condamné à deux ans de prison pour apologie du terrorisme.
00:48:54 Le 21 février dernier, il avait été interpellé à Châteauroux
00:48:58 pour avoir publié plusieurs messages pro-djihadistes sur les réseaux sociaux.
00:49:02 L'exploitation de son téléphone a permis aux policiers de découvrir de nombreuses vidéos
00:49:06 de propagande de l'État islamique, dont des scènes d'exécution.
00:49:10 L'inquiétude monte concernant la sécheresse en France.
00:49:14 Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchut, a appelé les préfets
00:49:17 à prendre des arrêtés de restrictions d'eau le plus rapidement possible.
00:49:20 Avec comme objectif d'anticiper d'éventuelles situations de crise cet été,
00:49:24 notamment dans le sud-ouest où le niveau de la Loire inquiète.
00:49:27 Reportage au bord du fleuve, Signey Miquel Chaillot.
00:49:30 Nous sommes à quelques kilomètres en amont d'Angers.
00:49:34 La Loire a un débit de 460 m3/s.
00:49:37 C'est quatre fois moins que la moyenne hivernale habituelle.
00:49:41 Le bras de Saint-Aubin, juste à côté, est lui quasiment à sec.
00:49:45 À l'heure actuelle, moi, je peux passer à pied.
00:49:47 Et d'habitude, il faut des bottes, voire des cuissards pour traverser.
00:49:50 Un peu plus en amont, le fleuve Royal laisse apparaître des bancs de sable,
00:49:54 comme en plein été.
00:49:55 À la Fédération de pêche du Maine-et-Loire, on scrute les cartes avec inquiétude.
00:49:59 Depuis qu'on fait des suivis sur le niveau des cours d'eau des nappes,
00:50:02 on est sur la troisième année la plus déficitaire.
00:50:04 Après 90, 2019, et là 2022.
00:50:07 Pour moi, en fait, on a enchaîné avec la sécheresse
00:50:09 et on va directement vers une autre sécheresse tout de suite.
00:50:11 Le dernier arrêté sécheresse suite à l'été 2022 a été levé début janvier.
00:50:16 Mais il faut en reprendre d'autres immédiatement, disent les pêcheurs,
00:50:19 pour qui l'État n'est pas assez dans l'anticipation.
00:50:22 Malheureusement, il faut taper plus fort.
00:50:24 On a vécu dans l'excès, je pense, une période.
00:50:27 Il faut arrêter le gaspillage, il faut arrêter les quatre douches par jour,
00:50:31 ou le bain, ou les piscines éventuellement.
00:50:35 Si les conséquences sur le milieu naturel sont déjà bien visibles,
00:50:38 c'est maintenant la question de l'approvisionnement en eau potable qui va se poser.
00:50:42 Dans le département du Maine-et-Loire, 80% de l'eau potable est pompée dans le fleuve.
00:50:47 Et voilà pour ce tour de l'actualité à 15h sur CNews.
00:50:51 La parole aux Français, deuxième partie.
00:50:53 Nelly Denac et ses invités.
00:50:54 Merci beaucoup, cher Simon, de retour avec nos débatteurs.
00:50:57 Et avant de retrouver des invités, en l'occurrence, Jean-Claude Dassier et Yvan Riffol.
00:51:01 Alors on parlait des agriculteurs.
00:51:03 On est allé voir des laitiers, on est allé voir ceux qui s'intéressent aux problématiques de l'eau.
00:51:07 Renaud Muselier, le président de la région Sud, était avec nous.
00:51:10 Il y a des branches qui s'en tirent plutôt mieux que d'autres.
00:51:13 Mais encore une fois, la leçon à tirer de tout ça aujourd'hui,
00:51:17 c'est que ce sont les circuits courts qui fonctionnent, Jean-Claude.
00:51:20 Oui, les circuits courts fonctionnent, mais si l'on veut nourrir tout le monde,
00:51:25 et même au-delà de nos frontières, les circuits courts, c'est pas la solution.
00:51:29 C'est bien, on en profite quand on est à proximité, mais c'est pas la solution.
00:51:34 Moi, je rêve d'une agriculture performante comme elle l'a été pendant des années.
00:51:38 Extensive.
00:51:39 Bah, c'est-à-dire, oui, mesurée, mais extensive, oui.
00:51:42 Enfin, on est en train de se faire piquer notre place de première agriculture européenne par l'Allemagne.
00:51:48 Enfin, écoutez, franchement, ou certains autres pays, j'ai plus l'exactitude du classement,
00:51:53 mais on est devenu le troisième ou le quatrième pays européen en matière agricole,
00:51:57 alors qu'on était les meilleurs il y a 20 ans.
00:51:59 Donc, je veux bien que les circuits courts soient la solution pour un certain nombre de gens.
00:52:03 Si c'est pas… il faut voir les prix, il faut voir la réalité des produits qui sont proposés.
00:52:09 Il faut une réponse plurielle.
00:52:12 Il n'y a pas une réponse globale.
00:52:14 C'est vrai que la politique agricole extensive,
00:52:19 tous les écologistes se mettent à hurler en disant jamais,
00:52:22 il faut arrêter, il faut revenir à une production qui soit plus mesurée, etc.
00:52:26 Oui, sans doute.
00:52:28 Mais on est aussi de plus en plus nombreux.
00:52:30 Il faut demander à tout le monde.
00:52:31 Me semble-t-il.
00:52:32 Me semble-t-il et que l'agriculture française est capable de s'exporter,
00:52:35 alors qu'aujourd'hui, elle importe.
00:52:37 60% des poulets que nous mangeons viennent du Brésil ou de je ne sais pas où.
00:52:40 On pourrait en parler jusqu'à ce soir.
00:52:42 Donc il y a quand même une politique, me semble-t-il,
00:52:44 plus volontaire, plus dynamique, plus efficace que celle que nous avons aujourd'hui.
00:52:49 On voit trop près de notre porte aujourd'hui quand on parle localisme, circuit court,
00:52:54 c'est-à-dire qu'on n'a pas assez d'ambition, on n'aurait pas assez d'ambition ?
00:52:58 Non, je pense que c'est…
00:53:00 D'abord, le localisme devient une idée moderne, c'est-à-dire que c'est au contraire,
00:53:03 c'est un retour aux sources et ça répond à une demande.
00:53:06 Mais il ne faut pas se cacher la face.
00:53:08 C'est vrai qu'il y a maintenant une agriculture à deux ou trois vitesses.
00:53:11 Le localisme répond naturellement à une agriculture plus proche de la nature,
00:53:15 à une agriculture plus écologiste, mais c'est une agriculture plus chère,
00:53:19 même si les circuits courts raccourcissent bien entendu les intermédiaires.
00:53:25 Mais je pense qu'il faut maintenant se mettre à la place.
00:53:27 D'abord, il faut écouter, moi je ne suis pas un spécialiste de ces questions-là,
00:53:30 mais il faut écouter les agriculteurs, c'est eux qui parlent le mieux de leurs problèmes.
00:53:33 Et quand ils nous disent que pour l'instant qu'ils sont d'accord avec les écologistes,
00:53:37 quand ceux-ci leur disent qu'il faut éviter l'usage excessif des molécules chimiques,
00:53:42 il y en a encore 200 à peu près qui sont en suspens, on peut entendre ça,
00:53:47 mais simplement il faudrait qu'il y ait des solutions alternatives.
00:53:49 Or pour l'instant, la France se plie presque systématiquement aux oucases de l'Union européenne,
00:53:55 enfin aux oucases en tout cas de la justice européenne,
00:53:57 qui impose aujourd'hui des respects des normes qui ne sont pas respectés ailleurs,
00:54:01 en tout cas au plan international, et qui donc donnent une concurrence déloyale
00:54:05 vis-à-vis des produits français.
00:54:07 Est-ce que les Européens eux-mêmes les respectent ces normes ?
00:54:09 Ou est-ce qu'on est les seuls à s'y plier ?
00:54:11 J'ai l'impression d'après ce que j'entends des agriculteurs français,
00:54:15 on serait les seuls à les respecter à la lettre, donc il y a une grande stupidité.
00:54:19 Et en même temps, je ne veux pas non plus balayer d'un revers de main
00:54:22 tous les écologistes les plus responsables qui nous disent qu'en effet,
00:54:25 il n'est pas très sain de multiplier les apports chimiques en insecticides, etc.
00:54:31 Mais par exemple, sur cette polémique sur le glyphosate,
00:54:33 on a bien compris que le glyphosate n'était pas aussi nocif
00:54:36 qu'une propagande écolo a voulu nous le faire croire.
00:54:40 Et moi, encore une fois, je fais confiance, n'étant pas spécialiste en plus,
00:54:44 à ceux qui parlent le mieux de leur métier, c'est-à-dire les agriculteurs.
00:54:48 Et je pense qu'il faudrait les entendre plutôt que d'entendre les technocrates,
00:54:51 les écologistes, les parigos, etc.
00:54:53 Est-ce que notre agriculture a été plombée par tout le débat d'il y a 10, 15, 20 ans
00:54:58 autour des OGM ?
00:55:00 Ça n'a pas aidé, oui, c'est certain.
00:55:03 Et au jour d'aujourd'hui, on se rend compte que des OGM, on en mange tous les jours.
00:55:07 C'est pas souvent qu'on y échappe.
00:55:10 Ça n'a jamais gêné personne.
00:55:12 Donc on prend des décisions drastiques d'un côté, mais elles reviennent de l'autre.
00:55:15 Non, mais parce que c'était, comment s'appelait-il le leader à l'époque ?
00:55:18 José Bové.
00:55:19 José Bové qui a fait sa réputation, non pas sa fortune,
00:55:22 mais sa réputation sur ce cheval de bataille qui était ridicule.
00:55:26 Les OGM, tous les grands spécialistes vous expliqueront qu'on en a tous les jours
00:55:32 à porter de la main et qu'on en mange tous les jours.
00:55:34 C'est pas ça le problème.
00:55:36 Mais c'est vrai que ça n'a pas aidé le développement agricole.
00:55:39 Mais des décisions erronées comme celles-là, on les a, je dirais,
00:55:43 multipliées depuis 15 ou 20 ans.
00:55:45 On a les résultats aujourd'hui, je le disais tout à l'heure,
00:55:48 je n'ai plus le classement exact de la France en matière agricole,
00:55:51 mais on était les premiers, on est maintenant les 3e ou les 4e.
00:55:54 C'est quand même un peu dommage.
00:55:55 Une lente régression.
00:55:56 C'est pas le seul domaine dans lequel on recule, c'est vrai,
00:55:58 mais il serait peut-être temps de s'en saisir et de faire ce qu'il faut.
00:56:01 Merci Jean-Claude.
00:56:02 On va accueillir notre dernière invitée, en espérant, on croise les doigts,
00:56:05 que ça marche cette fois-ci, avec Aurélie Bourassin,
00:56:08 qui est bergère à Marquezieux dans la Manche.
00:56:11 Bonjour, merci de nous rejoindre en direct, j'imagine, de votre exploitation.
00:56:14 Alors vous, vous me corrigerez si je ne suis pas tout à fait dans l'exactitude,
00:56:19 on m'a dit que vous éleviez des moutons avranchins de race normande.
00:56:24 Quelle est leur particularité et quels sont les bienfaits de cette race
00:56:30 pour notre patrimoine et pour notre assiette aussi ?
00:56:33 C'est pas ce qu'on voit.
00:56:35 Tout d'abord, je tiens à m'excuser, je ne suis pas du tout dans mon exploitation,
00:56:39 c'est absolument pas prévu, je suis dans le train,
00:56:41 je reviens du salon de l'agriculture et on a eu des petits problèmes logistiques.
00:56:46 Alors, j'élève du mouton avranchin, c'est une race normande en voie de disparition
00:56:53 et c'est une race mixte qui fait aussi bien de la viande que de la laine.
00:57:00 C'est une race super intéressante pour ça, parce que la viande qu'elle produit est excellente,
00:57:05 très fine et sur tout ce qui est aspect laine, c'est vraiment la deuxième meilleure laine de France
00:57:12 à près de Mérinos, donc on est sur une fibre qui est très longue, très fine
00:57:15 et qui est facile à transformer en fil.
00:57:21 Donc c'est une bonne combinaison de bonnes viandes, de viandes savoureuses
00:57:27 et de recyclage de l'animal pour sa laine et de l'exploitation de sa laine pour se vêtir.
00:57:33 Oui tout à fait, c'est vraiment un animal hyper mixte, c'est super éthique.
00:57:39 En plus, dans les coloris, on a des moutons noirs, donc sur notre fil naturel,
00:57:45 on a mélangé 5% de laine noire, ce qui donne un effet chiné,
00:57:49 donc qui est très beau, qui nécessite pour ce fil naturel pas de teinture, rien du tout.
00:57:56 C'est vraiment un fil très agréable.
00:57:59 La filière de la laine qui est réhabilitée, est-ce que ça se passe à grande échelle ou ça reste quand même,
00:58:03 on ne va pas se mentir, un métier de niche un peu confidentiel aujourd'hui ?
00:58:07 C'est ça. Alors en fait, on a tout un savoir-faire qui a disparu.
00:58:12 Les filatures sont résistantes, mais on est vraiment sur un secteur qui repart.
00:58:21 Et c'est hyper intéressant, c'est-à-dire que la laine, on a toute une génération de personnes
00:58:27 qui ont vraiment très envie de reprendre ça en main.
00:58:32 Ça vient probablement d'un produit, aujourd'hui quand on trouve des moutons,
00:58:37 la laine s'en va sur les cargos en Chine pour revenir après dans l'industrie.
00:58:43 Et donc c'est hyper, enfin, c'est pas éthique, c'est pas chouette du tout.
00:58:48 Donc l'idée c'était vraiment de recentrer cette filière, de récupérer nos produits,
00:58:55 de remédier ces filières-là, de tout relocaliser en France.
00:58:59 Donc on est vraiment sur cette tendance-là aujourd'hui et c'est vachement intéressant.
00:59:04 Donc le plus dur c'est de récupérer les savoir-faire, c'est récupérer les petits industriels,
00:59:08 mais il y a plein de passionnés, il y a des gens qui sont impliqués,
00:59:12 il y a une filière qui bouge vachement et c'est hyper intéressant.
00:59:15 Justement, une question peut-être un peu plus personnelle, puisque vous parlez de passion.
00:59:20 J'ai cru comprendre que pour vous c'était vraiment une passion,
00:59:22 ça fait un certain nombre d'années déjà que vous êtes recyclée,
00:59:24 ça veut dire que vous n'exerciez pas ce métier avant ? Comment vous avez fait la bascule ?
00:59:33 Je n'aurai pas la réponse.
00:59:34 En faisant des rencontres ?
00:59:35 Ah si.
00:59:36 La bascule s'est faite simplement en faisant des rencontres,
00:59:41 et les rencontres c'est avec des personnes impliquées qui m'ont donné envie d'aider, c'est tellement bien.
00:59:50 Merci beaucoup Aurélie Bourassin d'avoir répondu à nos questions,
00:59:54 parce que les conditions n'étaient pas évidentes,
00:59:56 mais néanmoins on a pu vous entendre à peu près correctement.
00:59:59 On vous souhaite un bon retour chez vous depuis le Salon de l'Agriculture.
01:00:02 C'est déjà la fin de cette émission, merci beaucoup Yvan Rayoufoll et merci à Agent Claude Dassier dans un instant.
01:00:07 Miquel Dorian pour 90 minutes info, je vous retrouve demain 14h.
01:00:10 Excellent après-midi.
01:00:11 ...
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