00:00Il y a à la fois un engagement auprès de lui, comme ça a été mon engagement auprès de Michel
00:05Rocard,
00:05et puis j'ai été son collaborateur pendant quatre ans, entre 1997 et 2001,
00:11et donc j'ai forcément aussi beaucoup appris.
00:13Donc c'était une formation incroyable auprès d'un homme d'État.
00:20Et donc on pense à ça, on pense à lui, à Celia Nagazinsky, à ses enfants, à ses proches,
00:25et à tous ceux qui l'ont aimé et apprécié.
00:27– Alors évidemment, il y a ce qui est terrible parfois pour un homme d'État
00:31qui a fait des choses importantes dans sa vie, qui a été Premier ministre,
00:36et qui a été à la tête d'une gauche plurielle,
00:39mais il n'empêche qu'il reste parfois une seule chose d'une vie politique,
00:43et cette chose est terrible pour lui, c'est 2002,
00:47puisqu'il ne parviendra pas au deuxième tour de l'élection présidentielle.
00:51Quels souvenirs vous avez de ce soir-là ?
00:53– Ce soir-là, j'étais à Évry, puisque j'étais déjà maire,
00:59et j'étais donc en charge, comme tous les élus,
01:01de l'organisation des élections présidentielles.
01:06Et donc le souvenir, c'est une conversation très brève
01:09avec mon ami et son conseiller Aquilino Morel,
01:12qui m'a passé Lionel Jospin, parce que j'avais envie de lui adresser
01:16un message amical, vous savez, il y avait quelque chose
01:20qui ressemblait à la mort d'ailleurs à ce moment-là,
01:21la mort politique, la mort pour la gauche,
01:24l'humiliation bien sûr de l'élimination,
01:28et donc d'une certaine manière je ne savais pas très bien quoi dire,
01:31et je l'ai revu d'ailleurs le lendemain,
01:34au siège du Parti Socialiste, mais il était évidemment touché,
01:37parce qu'il sentait bien ce qui s'était en train de se passer.
01:40Moi je me rendais compte qu'il y avait quelque chose
01:42qui était en train de basculer pour lui,
01:44et d'une certaine manière pour nous tous,
01:46parce que ce 21 avril a compté beaucoup
01:48dans l'histoire politique de notre pays.
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