00:00 Autant qu'une chose c'est d'être mon propre patron et gérer mon troupeau de 75 vaches étières.
00:04 Je suis Tony Rondeau, j'ai 21 ans et ce qui m'attend sur cette exploitation,
00:12 c'est mon installation au 1er avril 2023.
00:14 J'arrive sur l'exploitation entre 5h15 et 5h30.
00:18 Mon premier travail le matin c'est d'observer les vaches.
00:20 Allez, on y va là-bas !
00:23 De les rentrer dans l'aire d'attente et de faire les logettes.
00:25 Donc la semaine il y a une salariée à mi-temps qui effectue la traite tous les matins.
00:28 - Je viens juste d'être branchée. - Ok, ça marche.
00:31 La traite du matin c'est là qu'on est le plus reposé, c'est là que j'observe le mieux mes animaux.
00:35 Et pour moi c'est la partie la plus intéressante, la partie traite.
00:39 C'est le premier travail de la journée.
00:41 Ça peut être difficile moralement, la période plutôt hivernale où les jours sont courts.
00:48 On a eu un hiver assez pluvieux, donc quand il fait noir à 17h, 17h15, c'est pas très motivant.
00:52 Dans cette période-là j'ai besoin d'être bien accompagné.
00:54 Suzette pour moi c'est la mascotte de l'aiguillon.
00:56 C'est ma première vache, ma première génisse, mais c'est mon premier bovin puisqu'elle est sous mon numéro de chef d'aile.
01:01 Et puis c'est une très grande complicité, je passe beaucoup de temps avec elle.
01:04 Là je la promène jusqu'en haut du village.
01:07 Donc là je l'ai inséminée il y a 15 jours, j'espère qu'elle va retenir pour me faire un veau dans 9 mois.
01:12 J'ai failli dire un enfant oui.
01:14 Pour moi c'est une vraie passion, travailler avec du vivant, travailler avec des vaches étières.
01:20 C'est le troupeau qui me motive à m'installer de toute façon.
01:23 Donc aujourd'hui il y a 100 vaches, pour mon installation je n'aurais que 75 vaches.
01:26 J'ai déjà une sélection qui est faite, je me suis fait accompagner des vétérinaires et des inséminateurs
01:30 pour m'aider à choisir les vaches sur tel ou tel caractère.
01:33 Ça peut être la production de lait, l'étau, une vache qui est plutôt bonne en reproduction.
01:38 À une époque on cherchait plutôt la production en intensifiant, en montant en chef d'aile, en faisant du capital.
01:45 Aujourd'hui moi c'est l'inverse parce que mon statut d'entreprise individuelle ne me permettrait pas de gérer 100 vaches.
01:50 Je préfère gérer moins de vaches mais mieux les gérer.
01:53 D'autant plus que moi je souhaite développer le pâturage.
01:55 Donc quand on dit le mot pâturage, des vaches qui font un herbe c'est beau.
01:58 Vis-à-vis du consommateur c'est une grosse étape sur le bien-être animal.
02:01 Donc moi je veux des vaches heureuses qui puissent sortir, manger de l'herbe quand il y en a,
02:04 avec le temps qui est de plus en plus sec, la sécheresse.
02:07 Je n'ai pas de l'herbe toute l'année, disponible, par contre dès qu'il y a de l'herbe mes vaches sont dehors.
02:11 Demain en tant que chef d'exploitation je devrais aussi savoir gérer les cultures.
02:15 Être autonome en fourrage c'est très important, surtout des années comme on a pu connaître l'été dernier avec une grande sécheresse.
02:22 Aujourd'hui je pense que les études sont obligatoires.
02:25 Mon BTSA s'était orienté gestion par rapport à une génération qui m'a précédé.
02:30 Aujourd'hui il faut être gestionnaire, au-delà d'être un bon travailleur, un bon vaché, de travailler très bien.
02:35 Il y a aussi beaucoup de gestion, on est beaucoup dans le déclaratif.
02:38 Donc là pour les inséminations des vaches, c'est mon bureau sur la technique des vaches.
02:44 Donc on a un classeur avec les inséminateurs, on a une carte par vache.
02:51 Et voilà.
02:52 Les papiers c'est fini pour aujourd'hui.
02:58 Pour moi la production laitière c'est une production qui a de l'avenir.
03:01 Dans le secteur, dans un horizon de 5 ans, j'entends beaucoup d'exploitation laitière ou qui aura plus de vaches.
03:05 Donc c'est des exploitations qui vont être reprises par des céréaliers ou utilisées pour les bâtiments.
03:09 Donc je pense qu'au bout d'un moment il va y avoir une baisse de l'offre, mais que la demande sera toujours là.
03:14 Ce qui normalement nous permettrait d'avoir un métier plus rémunérateur.
03:18 Je sens bien l'accompagnement, aussi bien par mes sédants que par les anciens associés du GEC.
03:24 La bonne transmission c'est d'accompagner un jeune jusqu'au bout.
03:26 Si je peux embaucher un apprenti, je le ferai.
03:28 Je suis assez pédagogue et j'aime bien expliquer ce que je fais et pourquoi je le fais.
03:32 Il faut penser à la transmission du métier et de mon exploitation dans 40 ans.
03:37 Sous-titrage Société Radio-Canada
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