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  • il y a 3 ans
À la tête d'une exploitation de 21.000 hectares aux portes du Donbass, à une centaine de kilomètres du front, cet agriculteur français s'efforce de continuer à travailler ses champs et à exporter ses productions, envers et contre tout.

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Transcription
00:00 -Sa décision, cet agriculteur l'a prise dès le 1er jour de la guerre.
00:05 -Le 24 février, vers 3h30, j'ai été appelé par un de nos salariés
00:10 qui m'a dit qu'il voyait des choses voler dans le ciel.
00:13 J'ai compris que c'était des missiles.
00:15 Quand j'ai vu que tout le monde continuait à travailler,
00:18 c'est là où je me suis dit que je partirais pas.
00:21 -Pour ces 130 employés, une évidence.
00:24 Produire des céréales, c'est participer au combat.
00:28 -Grâce à nous, notre pays a du pain
00:32 et nous faisons fonctionner l'économie.
00:36 -Produire pour l'Ukraine, mais aussi pour l'étranger.
00:39 Le plus grand défi est d'exporter.
00:41 -On a maintenant 18 camions avec 18 chauffeurs
00:45 qui sont capables d'aller en Europe
00:47 au cas où, si le corridor se ferme,
00:50 on n'est pas à l'abri d'avoir un problème avec ce corridor.
00:53 -Emmener les récoltes jusqu'à Odessa, à 700 km,
00:56 tout en évitant les zones de combat, est déjà un casse-tête.
00:59 Mais un investissement réalisé juste avant la guerre
01:02 s'est avéré salvateur.
01:03 -Ici, on a un silo qu'on a ouvert en septembre 2021.
01:07 -S'il n'avait pas son propre silo, il ne trouverait pas d'espace
01:10 pour stocker plusieurs tonnes de blé avant de les charger.
01:13 -Un silo extérieur était plus cher
01:15 car les prix ont augmenté de services
01:18 et surtout, les silos sont pleins
01:20 puisque le corridor ne fonctionne pas
01:22 comme il devrait fonctionner.
01:24 -La ligne de front n'est qu'à une centaine de kilomètres,
01:27 au sud comme à l'est.
01:28 Les 4 associés français de Clément,
01:30 comme sa femme et ses enfants, sont restés en Haute-Marne
01:33 depuis le début du conflit.
01:35 -Je peux travailler sereinement,
01:37 même s'il y a une sirène, je sais où ils sont.
01:40 Ils sont en France, dans un endroit calme.
01:42 -Quand on lui demande s'il s'inquiète pour lui,
01:45 il nous répond qu'il préfère ne pas imaginer le pire,
01:48 mais plutôt le jour où cette guerre se terminera.
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