00:00 [Bruit de cloche]
00:02 Je passe beaucoup de temps ici, toutes mes journées d'ailleurs.
00:19 Du matin au soir, je vais uniquement voir mon fils au cimetière et chez le médecin.
00:25 [Bruit de cloche]
00:27 On a eu du mal à se sortir du décès de ma femme.
00:32 On a vraiment eu du mal tous les deux.
00:35 Et puis c'est lui qui m'a remis sur pied, c'est Alain.
00:38 Il est avec moi tout le temps.
00:42 Moi on m'a enlevé ma vie. On m'a enlevé mon fils, mais on m'a enlevé ma vie.
00:48 On m'a enlevé ma vie.
00:49 Alain était adorable.
00:58 Ses passions c'était la moto, sa voiture, son travail, il travaillait avec moi.
01:06 Il rendait service à tout le monde, dès que quelqu'un avait besoin, il y allait, tout le temps.
01:12 Il adorait blaguer, il ne faisait que ça d'ailleurs.
01:17 Il avait des amis, il faisait des soirées ici.
01:19 Tout le monde l'aimait Alain. Tout le monde aimait Alain.
01:23 Je pense qu'il faut que tout le monde sache la vérité à ce qui s'est passé.
01:29 La vérité c'est qu'on était avec Alain tous les deux à un tournoi de billard et on devait rejoindre des amis à un camping.
01:42 On a passé ce camping sur la route, Alain m'a dit "je vais faire demi-tour plus loin".
01:47 Il a freiné un peu trop dur et la voiture a glissé parce qu'il tombait des cordes.
01:53 Et voilà la police qui arrive.
01:56 Ils étaient arrogants, ils nous ont pris de haut.
01:59 Et ils s'en sont pris assez vite à Alain, parce qu'Alain a pris une bière dans son coffre.
02:04 Alain en boit une et il en prend une deuxième.
02:09 Ils ont pris ça comme une provocation. Ils sont devenus agressifs et là ils s'en sont pris aux mains.
02:14 Et Alain s'est retrouvé assez vite au sol.
02:18 Je me suis couché à côté de lui pour éviter les coups qu'il prenait.
02:23 Après quand tout s'est calmé, Alain s'est relevé mais Alain était complètement à gare. Il n'était plus là Alain.
02:28 Quand je suis arrivé au commissariat de Saint-Malo, c'est pareil. Ils m'ont pris de haut, ils m'ont agressé.
02:38 Ils m'ont mis en cellule et j'ai appelé mon fils qui était à deux ou trois cellules après moi.
02:42 Et je n'avais pas de réponse. Je n'avais pas de réponse.
02:45 J'ai hurlé, je l'ai appelé à toutes mes forces.
02:48 Et au final je me suis dit qu'il doit dormir Alain.
02:51 En fait Alain était en train d'agoniser au sol déjà depuis plus d'une heure.
02:57 Moi ils me l'ont dit que le lendemain matin à 10h mon fils était décédé.
03:06 On m'a dit j'ai une mauvaise nouvelle pour vous, votre fils est décédé.
03:09 Voilà comment on me l'a dit.
03:13 - Un petit ça, un café s'il te plaît. Café, café. - Merci, ça va bien.
03:24 - Forbino, il y a du Perrier si tu préfères. - Non, non, non, café.
03:27 - Café. - Alors Rémi, ça a été ta semaine ?
03:31 - Oui, ça a été.
03:35 - Et toi ? - Compliqué cette semaine.
03:38 - C'est vrai ? - Oui.
03:39 Il y a ça, il y a ça et puis j'essaie de diminuer certains cachets de ma vie.
03:49 Tu te sens la vie des médecins ?
03:50 - Ça joue. - Oui, c'est clair.
03:53 - Tu as diminué de combien là ? - Là la morphine j'ai diminué de 20 mg.
03:59 Le matin et le soir, pas la morphine de la journée, je ne la baisse pas.
04:03 J'essaie de diminuer les calmants et les antidépresseurs.
04:06 Mais ils sont puissants.
04:08 Ma famille et mes amis proches passent régulièrement,
04:14 ils essayent de me changer la tête.
04:16 Voilà, les gens viennent, ça me fait plaisir de les voir.
04:23 Discuter de tout et de rien, mais je n'accroche pas.
04:28 Ils parlent et moi je ne suis plus avec eux.
04:31 Je m'en veux de lui avoir dit de venir.
04:34 Si ce n'était pas une aléa, ça ne se serait pas passé.
04:38 Si ce n'était pas une aléa, ça ne se serait pas passé.
04:40 L'histoire d'Alain prouve bien que ça peut arriver à n'importe qui, à n'importe quel moment.
05:06 Et que ça ne touche plus uniquement les quartiers pauvilaires
05:08 et que ça attend justement à concerner chacun d'entre nous.
05:12 Peu importe notre couleur de peau, peu importe le quartier dans lequel on vit.
05:16 C'est des témoignages intimes, très forts, qu'on n'a pas l'habitude d'entendre.
05:20 Pour regarder le documentaire gratuitement et en intégralité,
05:23 ça se passe sur la plateforme de nos partenaires, france.tv/,
05:26 on vous a mis le lien en description.
05:28 Et pour ne rien louper de nos vidéos sur les violences policières,
05:31 n'hésitez pas à vous abonner.
05:32 [Générique de fin]
05:34 [Générique de fin]
05:36 [Générique de fin]
05:38 [SILENCE]
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