- il y a 3 ans
Parlons Vrai chez Bourdin avec François Hommeril, président de la CFE-CGC, le Dr. Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation à l'hôpital Lariboisière à Paris, Alexandre Vincendet, député LR du Rhône, Francis Dubrac, entrepreneur et président de la société de travaux publics 'Dubrac TP', Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la Ligue des droits de l’Homme et ex-députée européenne et Pascal Brice, Président de la FNAS (Fédération Nationale des Acteurs de la Solidarité) et ex-directeur de l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides).
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00:00:00 (Générique)
00:00:06 - Il est 10h30, merci d'être avec nous sur l'antenne de Sud Radio jusqu'à 12h30.
00:00:11 Deux heures d'informations, deux heures de débats, deux heures de témoignages, vos témoignages.
00:00:17 0826-300-300, ce n'est pas compliqué, vous appelez, vous êtes à l'antenne.
00:00:22 Alors, pression de la rue, le gouvernement doit-il maintenant retirer sa réforme de retraite ?
00:00:27 Vous nous dites, allez-y, quelle est votre opinion ?
00:00:31 Qu'en pensez-vous ? Les syndicats préparent de nouvelles journées de mobilisation,
00:00:35 les mardis 7 et samedi 11 février.
00:00:37 Le président de la CFE CGC, les cadres, sera avec nous dans un instant.
00:00:43 Nous entendons les interrogations et les doutes, répond Elisabeth Borne.
00:00:48 Quelle signification accorder à cette déclaration ?
00:00:51 Le débat parlementaire, lui, commencera le 6.
00:00:54 Nous sommes le 1er février, de nombreuses mesures entrent en vigueur.
00:00:57 Nous allons détailler hausse de 15% du prix de l'électricité,
00:01:01 hausse de 4,75% du prix des péages autoroutiers,
00:01:04 hausse du taux du livret A à 3% et livret d'épargne populaire 6,1%,
00:01:10 fin de l'isolement systématique pour les personnes testées positives au Covid-19,
00:01:14 fin du suivi des cas contacts.
00:01:18 Nous allons, là encore, expliquer toutes ces décisions du 1er février.
00:01:23 Présentation ce matin au Conseil des ministres du projet de loi immigration du gouvernement.
00:01:27 Un titre de séjour métier en tension sera créé.
00:01:30 Certains travailleurs sans papiers seront régularisés.
00:01:33 Le gouvernement n'exclut pas d'instaurer des quotas.
00:01:36 Débat entre 11h et 12h.
00:01:38 L'immigration peut-elle remédier au déclin de la population française ?
00:01:42 Nous allons en parler.
00:01:44 Dans le projet de loi, la volonté d'expulser davantage les étrangers,
00:01:47 de réformer le système d'asile,
00:01:49 de conditionner l'octroi de titre de séjour à une maîtrise de la langue française,
00:01:54 à 12h10.
00:01:56 Pour en parler, je recevrai Pascal Brice, ancien directeur de l'OFFRA,
00:01:59 aujourd'hui président de la Fédération nationale des acteurs de solidarité.
00:02:04 Bien, mais nous commençons avec la grande mobilisation d'hier,
00:02:07 mobilisation contre la réforme des retraites, 10h32.
00:02:11 François Ombril, bonjour.
00:02:12 - Bonjour.
00:02:12 - Merci d'être avec nous. Vous êtes président de la CFE CGC, vous étiez dans la rue.
00:02:17 Vous faites partie de ce Front syndical uni.
00:02:21 Gros succès de votre mobilisation hier,
00:02:24 vous allez recommencer les 7 et 11 février, c'est ça ?
00:02:29 - Oui, tout à fait, c'est un gros succès.
00:02:31 La mobilisation d'hier a réuni encore plus de gens que le 19 janvier.
00:02:37 C'est un résultat important, mais c'est aussi la manifestation de la majorité de l'opinion
00:02:42 qu'on a réussi à rassembler avec nous,
00:02:44 pour faire opposition à ce projet de loi que personne n'accepte.
00:02:47 - Alors vous demandez toujours le retrait du report de l'âge légal à 64 ans,
00:02:52 c'est la base de tout pour vous ?
00:02:53 - Oui, c'est incontournable.
00:02:55 - Vous n'êtes prêt à aucune discussion avec le gouvernement
00:02:59 si le gouvernement ne retire pas ce report ?
00:03:02 - Bien sûr, parce que la mobilisation, la raison d'être aussi de l'intersyndical,
00:03:07 elle est définitivement contre cette mesure de décalage à 64 ans,
00:03:12 qui ne passe pas, qui n'est pas justifiée,
00:03:14 et qui par ailleurs a des conséquences particulièrement injustes
00:03:17 dans les populations qu'elle cible.
00:03:19 Tout le sujet, il est là, et si vous me donnez 20 secondes,
00:03:23 je vais peut-être revenir sur les raisons.
00:03:26 Le président de la République fait de très beaux discours.
00:03:31 Et il nous a fait un discours en avril 21 sur le Covid,
00:03:34 il a dit "j'ai compris", etc.
00:03:36 Arrive une période où on parle du partage de la valeur,
00:03:40 on nous dit "il faut partager plus la valeur,
00:03:42 il faut que les gens soient mieux rémunérés pour leur travail".
00:03:45 Et finalement, qu'est-ce qui se passe à l'automne ?
00:03:48 Le gouvernement supprime la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.
00:03:52 Tiens, bizarre, la CVE, il y a valeur dedans, il y a valeur ajoutée.
00:03:56 On rend 8 milliards aux entreprises,
00:03:59 et dans le même temps, au même moment, on dit aux salariés
00:04:01 "nous avons besoin d'argent, nous l'étalons,
00:04:03 nous n'avons plus assez d'argent pour financer nos budgets,
00:04:07 nous allons vous demander de travailler plus longtemps".
00:04:09 Vous avouerez quand même qu'il y a une forme de paradoxe.
00:04:11 - Ça veut dire quoi ? Tout pour l'entreprise, rien pour les salariés ?
00:04:13 - Oui, c'est très exactement ce que ça veut dire.
00:04:16 Les subventions aux entreprises ont dépassé les 200 milliards,
00:04:20 on a plus que doublé en 10 ans.
00:04:22 - Et le chômage baisse !
00:04:24 C'est efficace, le chômage baisse.
00:04:26 - Oui, alors les chiffres, les statistiques des chômeurs de catégorie A,
00:04:30 ça baisse, vous savez, les catégories A,
00:04:33 c'est les chômeurs indemnisés.
00:04:34 Comme le gouvernement a fait ce qu'il faut à travers sa loi
00:04:36 pour qu'il y ait de moins en moins de chômeurs indemnisés,
00:04:40 effectivement, ce chiffre baisse.
00:04:41 - Il y a aussi de plus en plus de CDI.
00:04:42 - Alors, il y a de plus en plus de CDI.
00:04:44 - Ce qui est une bonne nouvelle.
00:04:45 - Alors, c'est une très bonne nouvelle,
00:04:46 mais bizarrement d'ailleurs, les choses se sont un petit peu inversées.
00:04:49 C'est que ce sont les entreprises qui aujourd'hui font la pression
00:04:52 pour avoir plus de CDI,
00:04:54 parce que ça stabilise un peu plus les salariés.
00:04:57 Et moi, j'observe ça...
00:04:58 - C'est une bonne chose, non ?
00:04:59 - C'est une très bonne chose, mais j'observe ça avec un peu d'ironie.
00:05:02 C'est-à-dire que les entreprises qui pendant des années,
00:05:03 des dizaines d'années presque,
00:05:05 ont tout fait pour précariser les contrats,
00:05:07 s'aperçoivent que finalement, avoir des salariés
00:05:09 un peu plus attachés à l'entreprise à travers leur contrat,
00:05:12 c'est peut-être une bonne chose,
00:05:13 parce que ça permet de stabiliser des compétences,
00:05:15 d'investir dans la formation, l'évolution de carrière,
00:05:17 et que ça contribue à la compétitivité de l'entreprise.
00:05:20 - Bien, François Ombril, nous allons voir la suite.
00:05:22 Donc, nous allons voir un peu ce qui va se passer à l'Assemblée nationale.
00:05:26 Le débat commence...
00:05:28 Le texte est en commission,
00:05:30 mais le débat commence dans l'hémicycle,
00:05:33 commence le 6 février prochain.
00:05:36 Il y a peut-être des aménagements que le gouvernement pourrait faire.
00:05:39 Est-ce que ce sera suffisant ou pas,
00:05:41 pour que vous cessiez les mobilisations ?
00:05:43 Nous allons en parler.
00:05:44 En attendant, Claudine est avec nous.
00:05:46 Claudine Etagnor, dans les Deux-Sèvres.
00:05:48 Bonjour Claudine.
00:05:49 - Oui, bonjour Jean-Jacques Bourdin.
00:05:51 Bonjour à votre invité.
00:05:52 - Alors, que dites-vous, Claudine, de votre côté ?
00:05:55 - Moi, je dis que de toute façon,
00:05:57 de mon point de vue, ils la feront passer.
00:06:00 Ils la feront passer parce qu'ils sont obligés,
00:06:04 par rapport au GOP, de l'Union européenne.
00:06:08 C'est leur engagement.
00:06:09 Au niveau des marchés, ils n'ont pas trop le choix.
00:06:13 Et puis, de toute façon,
00:06:16 si les gouvernements, celui-ci et les précédents,
00:06:20 écoutaient la voix du peuple, ça se saurait.
00:06:25 Parce que depuis 2005, on sait très bien qu'on s'en fout un peu.
00:06:29 - On peut vous rétorquer, Claudine,
00:06:33 que le peuple s'est exprimé à travers des élections.
00:06:37 - Oui, alors bon, moi ça me fait rire.
00:06:39 Franchement, ça me fait marrer.
00:06:42 Quand vous voyez le taux d'abstention,
00:06:44 on comprend bien que la plupart des gens
00:06:46 ne vont plus voter parce qu'ils n'ont plus confiance.
00:06:48 - Claudine, Claudine, pardon de vous dire,
00:06:51 mais ça, sur le taux d'abstention,
00:06:52 il faut que le citoyen qui râle aujourd'hui
00:06:54 soit responsable.
00:06:56 Le citoyen qui râle, qui s'abstient,
00:06:58 il n'a pas à râler.
00:06:59 Pardonnez-moi, Claudine, mais à ce moment-là, il faut aller voter.
00:07:01 - Non, mais attendez, moi j'ai été votée,
00:07:03 donc de toute façon, le problème n'est pas là.
00:07:06 Le problème, c'est que vous ne pouvez pas demander à quelqu'un
00:07:11 d'aller mettre un bulletin dans une urne
00:07:15 qui, de toute façon, ne lui convient pas.
00:07:18 Et en plus de ça...
00:07:19 - À ce moment-là, il met un bulletin,
00:07:22 il va voter, il met un bulletin nul, ou...
00:07:24 - Non, le bulletin blanc n'est pas reconnu,
00:07:27 puisque vous savez très bien que le vote blanc,
00:07:29 de toute façon, n'est pas reconnu.
00:07:31 - Oui, mais c'est une façon de s'exprimer.
00:07:33 - Ben non, parce que pour ça, il faudrait un vote blanc
00:07:36 révocatoire au moins.
00:07:38 Alors à ce moment-là, moi je serais d'accord
00:07:40 qu'on mette même un vote obligatoire,
00:07:42 voyez, les gens sont convaincus d'aller voter.
00:07:44 Par contre, le vote blanc est reconnu,
00:07:47 et à ce moment-là, effectivement, il peut être révocatoire.
00:07:50 Donc là, franchement, aller voter pour beaucoup de gens,
00:07:53 beaucoup de gens qui ne sont pas politisés,
00:07:56 aller voter pour quelqu'un qui, de toute façon, ne leur plaît pas,
00:07:59 et en plus, les gens en ont marre d'aller voter contre,
00:08:03 c'est pas possible, quoi, je veux dire,
00:08:04 on vote pas contre, on vote pour.
00:08:06 - Claudine, vous pensez que le gouvernement
00:08:09 ne pliera pas sous la pression ?
00:08:11 - Moi, je pense qu'il a des engagements
00:08:16 sur... à plus haute échelle,
00:08:19 qui font que de toute façon, il va forcer.
00:08:23 Et puis, c'est dans la nature de Macron, de toute façon,
00:08:27 de faire ce genre de choses.
00:08:28 - Bien. - De toute façon.
00:08:29 - Bon, merci François Emoyl.
00:08:31 Le gouvernement ne pliera pas ?
00:08:34 - Par rapport à ce que dit Claudine,
00:08:35 moi, je voudrais dire deux choses.
00:08:36 La première, c'est que tout le monde sait qu'aujourd'hui,
00:08:39 la Commission fait des recommandations à l'État français.
00:08:43 - Mais ce ne sont que des recommandations.
00:08:45 Je voudrais le rappeler.
00:08:46 - C'est pour ça que je le dis comme ça.
00:08:49 Et en fait, le gouvernement, il a le choix.
00:08:51 Le gouvernement, il a le choix. - Mais bien sûr.
00:08:53 - Est-ce qu'il veut défier la Commission,
00:08:55 qui, dans ses recommandations,
00:08:57 est dans une idéologie très néolibérale,
00:09:00 qui assimile toutes les contributions de solidarité
00:09:03 à de la dépense publique, etc.
00:09:04 Donc là encore, c'est un débat dans le débat.
00:09:06 Je ne veux pas l'ouvrir ici. - Oui.
00:09:08 - Mais le gouvernement, il a le choix.
00:09:09 Soit il défie la Commission dans son idéologie,
00:09:12 soit il défie sa population,
00:09:14 qui vient de s'exprimer de façon très majoritaire
00:09:17 dans le mouvement social et par ailleurs dans les sondages.
00:09:19 C'est au gouvernement de décider.
00:09:21 Et au-delà du gouvernement, c'est mon deuxième point,
00:09:24 c'est à l'Assemblée de le faire.
00:09:25 Il y a un débat parlementaire,
00:09:27 je trouve très bien qu'il y ait ce débat,
00:09:28 que ce débat soit ouvert.
00:09:30 Notre démocratie, c'est quand même une belle démocratie.
00:09:32 Moi, je trouve, les gens s'expriment,
00:09:34 on les écoute, on les entend, on les critique.
00:09:36 Ils ont des avis.
00:09:37 On a quand même une vue sur les débats
00:09:39 qui se passent à l'Assemblée.
00:09:40 C'est très bien.
00:09:41 Et moi, je ne souhaite pas du tout
00:09:44 remettre en question la qualité et la force du mandat
00:09:47 que les gens ont obtenu à travers leurs élections.
00:09:49 Au contraire, moi, je suis là
00:09:51 et c'est le travail que nous faisons aujourd'hui,
00:09:53 un travail de pédagogie, d'influence.
00:09:55 Nous sommes là pour expliquer
00:09:57 à ceux qui nous représentent à l'Assemblée
00:09:59 la responsabilité qu'ils ont dans cette affaire.
00:10:02 - Oui, mais François Ombril,
00:10:03 justement, débat à l'Assemblée.
00:10:04 Imaginons que la loi passe à l'Assemblée.
00:10:08 Que faites-vous ?
00:10:09 Que faites-vous ?
00:10:10 Vous êtes mobilisé le 7 février,
00:10:12 vous serez mobilisé le 11 février.
00:10:14 Pendant ce temps-là, le débat sera engagé
00:10:17 à l'Assemblée nationale.
00:10:18 Imaginons que le débat ait eu bout,
00:10:20 que d'une manière ou d'une autre,
00:10:22 le texte soit adopté.
00:10:23 Que faites-vous ?
00:10:24 - Là, je ne sais pas vous le dire, en fait,
00:10:26 parce que c'est difficile pour moi
00:10:28 d'envisager ce terme-là
00:10:30 un peu comme une défaite finale.
00:10:32 Nous sommes aujourd'hui dans une dynamique positive.
00:10:34 - Vous montrez une forte mobilisation,
00:10:36 mais il y a un débat,
00:10:39 comme vous le dites, à l'Assemblée nationale
00:10:42 et la loi sera votée, si elle est votée.
00:10:44 Vous faites quoi ?
00:10:45 - Moi, je ne sais pas, parce que si vous voulez,
00:10:47 moi, je pense...
00:10:47 - Vous mettez le pays, vous redescendez dans la rue,
00:10:49 vous bloquez le pays, vous faites quoi ?
00:10:51 - Honnêtement, je ne sais pas vous le dire,
00:10:53 parce qu'on sera dans une autre séquence.
00:10:54 Si la loi, au final, est votée,
00:10:56 si elle passe, j'allais dire,
00:10:57 toutes les barrières législatives, constitutionnelles,
00:11:00 on aura une loi.
00:11:01 Et à ce moment-là, la problématique
00:11:02 ne sera pas la même.
00:11:04 On se réunira et on en discutera.
00:11:06 Ce ne sera quand même pas tout à fait le même contexte.
00:11:08 On est aujourd'hui dans une phase d'élaboration,
00:11:10 dans laquelle on a un rôle à jouer.
00:11:13 - Vous êtes un fan du combat.
00:11:14 - Tout à fait, on a un rôle à jouer.
00:11:16 Moi, je pense que, si vous voulez,
00:11:17 la responsabilité du président de la République,
00:11:20 aujourd'hui, c'est de s'exprimer et de dire,
00:11:22 j'ai compris, je retire mon projet.
00:11:23 D'autres, avant lui, l'ont fait.
00:11:25 Je ne vois pas pourquoi cette raison-là
00:11:27 ne serait pas accessible à notre président.
00:11:29 - Retirer son projet et présenter un autre projet ?
00:11:32 - Oui, je crois que sur la question des retraites,
00:11:34 comme je l'ai toujours dit,
00:11:37 les sujets ne sont jamais urgents.
00:11:39 On est quand même dans un dispositif,
00:11:40 aujourd'hui, où il y a des excédents
00:11:42 et où certains nous prévoient la faillite.
00:11:43 Enfin, franchement, c'est grossier.
00:11:45 Et donc, sur ces questions-là,
00:11:47 nous, on est toujours sur le qui-vive.
00:11:48 Et donc, ce n'est pas parce qu'il retirera
00:11:51 son projet aujourd'hui qu'on ne restera pas attentif
00:11:54 à toutes les questions d'équilibre financier dans le futur.
00:11:56 - François Ambril, le gouvernement est prêt
00:11:59 à discuter sur plusieurs points du projet de loi.
00:12:02 Par exemple, sur les carrières longues.
00:12:05 On a commencé à 20 ans, aujourd'hui, dans le projet.
00:12:07 Il faut cotiser 44 ans pour pouvoir
00:12:10 toucher une retraite pleine.
00:12:12 Le gouvernement serait peut-être prêt
00:12:14 à ramener à 43 ans de cotisation
00:12:16 si on a commencé à 20 ans.
00:12:17 L'index senior, sanctions financières
00:12:20 au-delà de 300 salariés, pas avant,
00:12:22 des mesures plus coercitives
00:12:24 pourraient être adoptées par le gouvernement.
00:12:26 Et tiens, pourquoi pas exonération
00:12:29 de cotisation vieillesse pour les entreprises
00:12:31 qui conserveraient leurs salariés âgés
00:12:33 pour permettre un meilleur emploi des seniors ?
00:12:36 Ce serait une bonne idée, ça, non ?
00:12:37 - Non, pas du tout.
00:12:38 Ça, c'est une proposition de la CPME,
00:12:40 donc une organisation patronale.
00:12:42 Donc, ce n'est pas forcément une bonne idée.
00:12:44 Moi, je pense que,
00:12:45 vu la somme absolument colossale
00:12:47 de données publiques qu'on donne aux entreprises,
00:12:49 on a quand même un moyen de pression assez suffisant.
00:12:52 Il suffit de dire,
00:12:52 "Bah écoutez, ce qu'on a prévu de vous donner,
00:12:54 les exonérations qui existent aujourd'hui,
00:12:57 on va vous les enlever, tout simplement."
00:12:58 - On les conditionne à l'emploi.
00:12:59 - Et on les conditionne.
00:13:00 - À l'emploi, à un taux d'emploi des seniors.
00:13:02 - Par exemple, vous savez,
00:13:04 je l'avais dit à la Première ministre
00:13:06 avant qu'il décide l'exonération
00:13:08 des 8 milliards de CVAE.
00:13:09 Écoutez, vous avez une baguette magique.
00:13:11 Ne leur donnez pas,
00:13:12 ne leur donnez pas sur de simples promesses,
00:13:15 8 milliards supplémentaires.
00:13:16 Ils en ont peut-être eu assez.
00:13:17 Ils les ont transformés en dividendes.
00:13:19 Des dividendes comme jamais du rachat d'action.
00:13:21 Donc là, on a un vrai problème
00:13:23 de cohérence de la politique du gouvernement.
00:13:25 - Alors, nous avons sur le terrain purement politique,
00:13:28 vous l'avez remarqué comme moi, François Amouril,
00:13:31 une droite qui est un peu partagée,
00:13:35 qui ne sait pas trop,
00:13:36 qui attend des avancées
00:13:39 sur les critères de pénibilité,
00:13:41 notamment reconnaître la manutention manuelle de charge,
00:13:44 les postures pénibles,
00:13:45 les vibrations mécaniques.
00:13:47 Bien, ça, ce sont des possibilités d'amélioration du texte.
00:13:51 Et puis, vous avez une majorité
00:13:53 qui est aussi partagée,
00:13:55 qui ne sait pas trop qui soutient la réforme,
00:13:57 mais en même temps,
00:13:58 qui a des doutes sur cette réforme.
00:14:00 Vous avez une gauche
00:14:01 qui est une partie de la gauche
00:14:03 qui a fait riper le débat sur les milliardaires.
00:14:08 Qu'est-ce que vous pensez de cela d'ailleurs ?
00:14:09 C'était...
00:14:11 - Moi, je suis très prudent dans ce genre de débat
00:14:14 parce qu'il est très rapidement instrumentalisé
00:14:17 et il peut nous desservir, en fait.
00:14:20 - Il dessert la lutte contre la réforme des retraites ?
00:14:24 - Il peut nous desservir
00:14:25 parce qu'évidemment, on bascule dans des arguments
00:14:28 qui, à mon avis, ne sont pas suffisamment incarnés
00:14:31 et productifs dans notre affaire.
00:14:33 J'y reviens, on est sur le sujet du partage de la valeur,
00:14:37 sur des indicateurs sur lesquels
00:14:38 le gouvernement, aujourd'hui,
00:14:40 a des marges de manœuvre extrêmement importantes
00:14:42 parce qu'il suffit de regarder la courbe
00:14:45 de la façon dont l'État intervient
00:14:47 dans les résultats des entreprises.
00:14:48 Et là encore, je veux le préciser,
00:14:50 moi, je ne suis pas contre le fait
00:14:51 que l'État aide les entreprises.
00:14:52 Au contraire, je pense qu'un État fort,
00:14:54 c'est aussi un État stratège
00:14:55 qui intervient à différents niveaux
00:14:58 de la chaîne économique
00:14:59 pour pouvoir justement soutenir l'économie.
00:15:02 Les États-Unis le font, l'Allemagne le fait, etc.
00:15:04 Ce n'est pas un problème.
00:15:05 Le problème est de ne pas faire n'importe quoi
00:15:07 et de ne pas mettre en place
00:15:08 des dispositifs de subvention
00:15:10 qui vont à tout le monde sans discernement
00:15:11 et sans conditionnalité.
00:15:13 C'est là où je pense qu'on n'est pas bon.
00:15:15 Et c'est là où, je crois,
00:15:16 il faut porter notre effort.
00:15:17 Et c'est pour ça que je n'ai pas tellement envie
00:15:19 de basculer dans un débat,
00:15:21 pour le coup, plus politique
00:15:23 qui, à mon avis, nous éloigne de l'essentiel.
00:15:25 - Donc, les 7 et 11,
00:15:27 vous appelez à une forte mobilisation,
00:15:30 aussi forte que celle d'hier, si vous pouvez.
00:15:35 Donc, nous verrons ensuite.
00:15:36 Vous verrez ensuite, vous ne savez pas.
00:15:38 Vous non plus, vous ne savez pas.
00:15:39 - Non, à chaque jour suffit sa peine.
00:15:41 J'espère toujours que la raison va revenir.
00:15:44 - Et des grèves entre ces journées de manifestation ?
00:15:47 Des grèves ?
00:15:48 Il y a des appels à la grève.
00:15:49 Que dit la CGC ?
00:15:51 - La grève, ça fait partie des moyens pour revendiquer.
00:15:55 On ne fait jamais d'appel à la grève.
00:15:58 Enfin, s'il vous plaît, il y a deux choses.
00:15:59 Entre le préavis qui couvre l'ensemble des sections
00:16:02 et l'appel à la grève.
00:16:03 Je crois savoir qu'aucune organisation confédérale
00:16:05 ne fait un appel confédéral à la grève.
00:16:07 Ce sont les sections qui décident.
00:16:09 Ce sont les salariés qui sont concernés.
00:16:10 Ce sont les personnes qui vont perdre de l'argent.
00:16:12 C'est à eux de décider.
00:16:13 - Par exemple, la CGT et Sud Rail
00:16:15 qui ont déposé des préavis de grève
00:16:18 pour les 7 et 8, je crois, février prochain.
00:16:21 Vous vous joignez à cela ?
00:16:22 - Je vais vous répondre pour la RATP
00:16:24 parce que pour le coup, je me suis renseigné.
00:16:26 Oui, ma section syndicale CFECGC à la RATP
00:16:29 est dans l'appel intersyndical.
00:16:32 - Frédéric est à Paris.
00:16:34 Bonjour Frédéric.
00:16:35 - Oui, bonjour à vous.
00:16:36 - Bonjour.
00:16:38 Vous avez...
00:16:40 Vous dites, j'ai l'impression qu'il y a
00:16:41 une énorme mobilisation de la part des fonctionnaires.
00:16:43 C'est ce que vous dites Frédéric.
00:16:45 - Oui, tout à fait.
00:16:46 Alors, juste avant, je voudrais vous remercier
00:16:48 d'avoir dit ça tout à l'heure, monsieur Bourdin,
00:16:50 concernant les gens qui hurlent, mais qui ne vont pas voter.
00:16:52 Merci beaucoup.
00:16:53 - Oui, parce que pour moi,
00:16:55 l'une des caractéristiques de la société actuelle,
00:16:59 c'est la perte de responsabilité,
00:17:01 du sens de la responsabilité.
00:17:03 - Tout à fait, tout à fait.
00:17:04 Vous avez une question pour monsieur Omery.
00:17:06 J'ai vu, comme tout le monde,
00:17:07 les images assez impressionnantes des manifestations.
00:17:10 Mais je m'interroge, est-ce que les gens qui manifestent,
00:17:13 ce n'est quand même pas essentiellement
00:17:15 les effectifs fournis par la fonction publique tout de même ?
00:17:19 Qu'est-ce que vous en pensez, monsieur Omery ?
00:17:21 - Moi, je vais répondre pour moi.
00:17:22 La CFECGC était très présente dans le cortège à Paris.
00:17:25 Il se trouve que j'ai pu décrocher
00:17:27 et donc rejoindre mes troupes.
00:17:30 Pour le coup, il y avait des gens de la fonction publique,
00:17:33 mais il y avait majoritairement des gens du privé,
00:17:35 de tous les secteurs économiques,
00:17:37 de la banque, de la métallurgie, de la chimie,
00:17:40 du commerce, de la restauration collective.
00:17:43 Enfin, voilà, je vais en oublier, ils vont me le reprocher.
00:17:46 Mais toutes mes fédérations étaient présentes,
00:17:48 les fédérations du privé.
00:17:49 Vous savez, nous, notre implantation,
00:17:51 elle est très fortement ancrée dans des secteurs du privé.
00:17:53 On est bien sûr très présents dans la fonction publique,
00:17:56 dans certains secteurs de la fonction publique.
00:17:58 Mais nous, nos représentants et ceux qui manifestent dans les régions,
00:18:02 ce sont des gens qui viennent principalement du privé.
00:18:07 - Voilà, Frédéric.
00:18:08 Merci.
00:18:09 - Merci beaucoup.
00:18:10 - Merci Frédéric, merci.
00:18:12 Il est 10h49, est-ce que j'ai le temps de prendre...
00:18:15 Non, non, je prendrai mon remède plus tard.
00:18:18 Merci François-Romain Ligatre.
00:18:19 - Merci Jean-Joseph Bourdin de m'avoir invité.
00:18:21 - Et nous nous retrouverons.
00:18:24 Vous venez régulièrement au lendemain de ces grandes manifestations
00:18:27 et je vous en remercie.
00:18:28 Il est 10h49, vous êtes sur Sud Radio.
00:18:31 Pour suivre l'actualité de près avec nous, à tout de suite.
00:18:35 [Générique]
00:18:37 - Sud Radio, parlons vrai chez Bourdin.
00:18:39 10h30, midi 30.
00:18:40 Jean-Jacques Bourdin.
00:18:41 - Il est 10h51.
00:18:43 10h51, alors nous allons parler,
00:18:46 nous sommes le 1er février.
00:18:47 1er février, épargne autoroute, rénovation thermique,
00:18:50 chômage, billets de train.
00:18:51 Qui dit premier du mois, dit entrée en vigueur
00:18:53 d'un certain nombre de changements.
00:18:55 Des nouveautés par exemple du côté des banques
00:18:57 en ce 1er février, Félix Mathieu.
00:18:58 - Oui, le taux d'intérêt du livret A passe de 2 à 3%,
00:19:02 tout comme le livret de développement durable et solidaire.
00:19:04 3% à niveau record depuis une quinzaine d'années,
00:19:07 mais c'est toujours très inférieur à l'inflation.
00:19:09 - Le livret de développement durable et solidaire,
00:19:12 il passe à 6,1%.
00:19:14 6,1%.
00:19:15 - Le livret d'épargne populaire.
00:19:17 - Oui, c'est le livret d'épargne populaire.
00:19:19 - Qui passe à 6%.
00:19:20 - Oui, c'est vrai, pardon, pardon, pardon.
00:19:22 Je confondais, il y en a trois en tout.
00:19:24 - C'est vrai que ça serait bien suffisant.
00:19:25 - Livret A et livret de développement durable et solidaire, 3%.
00:19:28 Épargne populaire.
00:19:29 - 6% pour le livret d'épargne populaire, c'est le double,
00:19:31 mais il est réservé lui, aux revenus modestes.
00:19:34 - Oui, avec un plafond qui est inférieur d'ailleurs
00:19:36 à celui du livret A.
00:19:37 Autre évolution, durée raccourcie pour l'indemnisation chômage.
00:19:41 - Oui, baisse de 25% de la durée d'indemnisation
00:19:44 pour les chômeurs qui ouvrent des droits à partir d'aujourd'hui.
00:19:47 Un plancher minimal de 6 mois sera préservé.
00:19:49 Par ailleurs, un complément de fin de droit est prévu
00:19:52 si le marché du travail venait à se redégrader.
00:19:55 - Et puis, une nouveauté pour ceux qui prennent le train.
00:19:57 - Oui, ce n'est pas une bonne nouvelle.
00:19:58 Le changement de billet coûtera désormais 19 euros
00:20:00 à moins d'une semaine du voyage.
00:20:02 Côté transport d'ailleurs, les tarifs des taxis augmentent de 4%.
00:20:05 Et puis, les VTC obtiennent un minimum garanti,
00:20:07 plus de courses à moins de 10 euros.
00:20:09 - Oui, sur les autoroutes, hausse des prix des péages,
00:20:12 4,75% en moyenne, on en a parlé lundi.
00:20:16 Et du côté de la facture d'électricité.
00:20:18 - Dégel des tarifs réglementés.
00:20:20 Le gel des prix prend fin pour 23 millions d'abonnés
00:20:23 aux tarifs réglementés,
00:20:24 dont 1,5 million de petits professionnels.
00:20:25 La hausse devrait être contenue à 15% maximum,
00:20:29 pour autant grâce aux boucliers tarifaires.
00:20:31 En tout cas, pour les travaux d'isolation,
00:20:32 les plafonds de la prime Rénov' sont rehaussés
00:20:34 de 15 à 25 000 euros pour les copropriétés,
00:20:37 même de 30 à 35 000 pour les ménages modestes.
00:20:40 - Et puis, le Covid, les règles d'exception
00:20:42 qui avaient été mises en place depuis la pandémie,
00:20:45 sortent.
00:20:46 Nous sommes avec le docteur Bruno Mégarban,
00:20:50 chef du service de réanimation à L'Arriboisir à Paris.
00:20:52 Bonjour Bruno Mégarban.
00:20:54 - Bonjour Jean-Jacques.
00:20:55 - Merci d'être avec nous Bruno.
00:20:56 Bruno Mégarban, dites-moi,
00:20:59 fin de l'isolement systématique des malades du Covid ?
00:21:04 - Oui, tout à fait.
00:21:06 Fin de l'isolement systématique,
00:21:07 fin du quittage systématique des sujets de contact.
00:21:11 J'allais dire, c'est une mesure de bon sens
00:21:13 adaptée à la pratique qui est actuelle.
00:21:15 C'est-à-dire en fait, on constate autour de nous
00:21:19 que plus personne ne s'isole lorsqu'il a un syndrome grépal,
00:21:22 et très peu de personnes dépistent effectivement
00:21:25 qu'ils sont porteuses ou pas du Sars-CoV-2.
00:21:28 Nous sommes en train d'évoluer vers une phase de vie commune
00:21:31 avec la Covid,
00:21:33 comme avec d'ailleurs tous les autres virus respiratoires,
00:21:37 c'est désolé.
00:21:38 - Le virus est toujours là, Bruno Mégarban ?
00:21:41 - Oui, le virus est toujours là,
00:21:42 même si aujourd'hui, la circulation du Sars-CoV-2
00:21:46 n'a jamais été aussi basse depuis trois ans.
00:21:49 Donc on a environ 5000 contaminations par jour.
00:21:52 Évidemment, ce chiffre est bien sous-estimé
00:21:55 puisque très peu de personnes font des tests,
00:21:58 et notamment les personnes asymptomatiques ne le font plus.
00:22:03 Mais le virus circule.
00:22:04 D'ailleurs, on note depuis maintenant une petite semaine
00:22:08 une réaugmentation du fameux taux de reproduction effectif,
00:22:12 le fameux R, qui augmente,
00:22:15 même s'il est inférieur à 1,
00:22:16 il semble réaugmenter.
00:22:18 Donc, il est sans penser qu'il y a une certaine fluctuation
00:22:21 en fonction des mesures barrières que l'on adopte ou pas.
00:22:25 - Fin de l'obligation de se faire dépister quand on n'est qu'à contact.
00:22:30 - Oui, tout à fait.
00:22:31 - Et c'est aussi la fin du régime dérogatoire pour les arrêts de travail.
00:22:35 Un arrêt pour Covid fonctionne comme pour les autres arrêts maladie, maintenant.
00:22:40 - Oui, tout à fait.
00:22:40 La Covid est devenue quasiment maintenant une maladie habituelle.
00:22:46 On la connaît beaucoup mieux d'un point de vue médical,
00:22:49 d'un point de vue des risques.
00:22:51 Et donc, chacun connaît comment prévenir ou limiter le risque d'être contaminé.
00:22:57 Et quels sont notamment, et c'est ça le point important,
00:23:00 les personnes à haut risque de développer des formes graves de la maladie.
00:23:04 Et donc, lorsque l'on se fait infecter,
00:23:08 lorsque l'on a un syndrome grippal,
00:23:09 eh bien, il faut effectivement porter le masque pour éviter de contaminer les autres.
00:23:13 Et puis surtout, bien sûr, éviter d'aller rencontrer des personnes de son entourage
00:23:17 qui sont âgées, fragiles ou immunodéprimées.
00:23:19 - Oui, bien sûr.
00:23:21 - Donc c'est du bon sens.
00:23:21 - Mais le virus aujourd'hui, le virus est là.
00:23:25 - Oui.
00:23:26 - Il est là.
00:23:27 Est-ce qu'il est aussi contagieux qu'avant ?
00:23:32 Est-ce qu'il est, pour ceux qui le contractent aussi,
00:23:36 qui le contractent aussi dangereux qu'avant ?
00:23:40 Est-ce qu'il a évolué ce virus ?
00:23:43 - Alors, le virus est probablement plus contagieux qu'avant.
00:23:46 Donc les nouveaux sous-variants de micron se sont imposés
00:23:49 parce qu'ils ont acquis cette caractéristique de contagiosité plus importante.
00:23:55 À l'inverse, le virus est moins virulent,
00:23:58 notamment, bien sûr, dans une population extrêmement bien immunisée.
00:24:02 C'était la fameuse immunité collective,
00:24:04 avec une vaccination de la population de l'ordre de 80%,
00:24:08 et bien sûr, une immunité acquise à la suite des infections antérieures.
00:24:12 Le point néanmoins important à bien signaler,
00:24:14 c'est qu'on pourrait penser que,
00:24:17 évidemment, maintenant qu'on a une certaine immunité,
00:24:19 on peut se contaminer de nouveau,
00:24:24 finalement, pour renforcer son immunité.
00:24:25 Non, il faut faire attention.
00:24:27 Si vous vous contaminez de façon répétée,
00:24:29 en fait, vous allez cumuler des risques d'effets secondaires,
00:24:35 de séquelles possibles, voire même de morbidité.
00:24:38 Et en fait, il est démontré dans une population un peu plus âgée,
00:24:43 donc chez les vétérans américains,
00:24:47 et bien, donc qui sont plutôt des hommes,
00:24:49 les infections répétées par Covid-19 augmentent la morbidité.
00:24:54 - Oui, je comprends.
00:24:54 - Quel que soit le statut vaccinal.
00:24:57 - Quel que soit le statut vaccinal.
00:24:58 - Oui, tout à fait.
00:24:59 C'est-à-dire que même vacciné,
00:25:00 si vous cumulez les répétitions d'infections naturelles,
00:25:06 et bien, vous augmentez vos risques.
00:25:08 - On augmente les risques si on est touché par le virus à plusieurs reprises.
00:25:15 - Voilà, vous augmentez vos risques en phase aiguë,
00:25:19 mais aussi les risques de Covid-long.
00:25:21 Et donc, de toute façon, il vaut mieux aujourd'hui,
00:25:24 et c'est à nouveau du sens tout à fait logique,
00:25:27 et bien ne pas se faire contaminer et se préserver.
00:25:30 D'où bien sûr, malgré la levée de la législation
00:25:34 et de la réglementation restrictive,
00:25:36 et bien de garder les mesures barrières
00:25:39 lorsqu'on se sent que celles-ci sont nécessaires.
00:25:44 - Merci Bruno Mégarban, merci vraiment.
00:25:47 Merci, ces explications étaient indispensables.
00:25:49 Chef du service de réanimation à Larry Moisière à Paris,
00:25:52 merci à vous.
00:25:53 Il est 10h59, vous êtes sur Sud Radio.
00:25:57 Allez, nous allons parler immigration,
00:25:59 tout de suite après les infos de 11h.
00:26:01 Pourquoi immigration ?
00:26:02 Parce que le projet de loi immigration est présenté ce matin
00:26:06 en Conseil des ministres.
00:26:07 Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de points importants à développer
00:26:11 et à débattre.
00:26:13 A tout de suite.
00:26:14 - Sud Radio, parlons vrai chez Bourdin.
00:26:16 10h30, midi 30, Jean-Jacques Bourdin.
00:26:19 - De grands sujets se télescopent.
00:26:21 Il y a la réforme des retraites, évidemment,
00:26:22 la forte mobilisation d'hier,
00:26:24 et les suites avec le début du débat à l'Assemblée nationale
00:26:29 le 6 février prochain, lundi.
00:26:31 Mais il y a un autre sujet, un autre projet de loi
00:26:34 qui est présenté aujourd'hui,
00:26:36 qui suscitera de grands débats.
00:26:39 Il s'agit du projet de loi immigration.
00:26:41 Projet de loi immigration qui est présenté en Conseil des ministres.
00:26:44 Alors, pour en parler, et pour parler de l'un des aspects
00:26:47 de ce projet de loi,
00:26:49 le fameux titre de ces jours, "Métiers en tension",
00:26:52 nous avons aujourd'hui trois invités.
00:26:54 Marie-Christine Vernia, bonjour.
00:26:56 Vous êtes vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme,
00:26:59 ancienne députée européenne.
00:27:01 Nous avons avec nous Francis Dubrac,
00:27:03 qui est entrepreneur, président de la Société de Travaux Publics Dubrac.
00:27:07 Vous employez des travailleurs venus de l'immigration.
00:27:12 - 32 nationalités.
00:27:14 - 32 nationalités.
00:27:15 Et Alexandre Vincent D, qui est député à l'Air du Rhône.
00:27:17 Bonjour, Jean-Jacques Bourdin.
00:27:18 - Merci d'être avec nous.
00:27:20 - Alors, nous allons parler, évidemment,
00:27:23 de ce titre de ces jours, "Métiers en tension",
00:27:25 mais plus généralement,
00:27:26 nous allons parler aussi de ce projet de loi immigration.
00:27:32 Nous allons peut-être parler aussi des quotas.
00:27:36 Nous allons parler d'un système à points.
00:27:38 Je crois que LR a dans l'idée de mettre en place un système à points.
00:27:43 Enfin bon, nous allons parler de ce débat en posant deux questions.
00:27:49 Je sais que certains, et ce sera le cas de Marie-Christine Vernier,
00:27:53 parlent d'immigration...
00:27:55 Pardon, Vergia parlera d'une immigration jetable.
00:28:01 Pour vous, c'est une immigration jetable.
00:28:03 Et puis d'autres pensent qu'il y a un risque de régularisation massive.
00:28:08 Et puis d'autres, encore autour de la table,
00:28:09 pensent qu'on a besoin de cette immigration-là.
00:28:13 On en a besoin pour des raisons économiques.
00:28:16 C'est votre cas, Francis Dubrac.
00:28:18 On a besoin. Que propose le gouvernement ?
00:28:20 Que va proposer le gouvernement ?
00:28:22 Eh bien, pour les travailleurs sans-papiers
00:28:24 présents sur le territoire depuis trois ans,
00:28:27 l'obtention d'un titre de séjour valide un an
00:28:31 dans des secteurs en pénurie.
00:28:33 Une mesure expérimentale prévue jusqu'au 31 décembre 2026.
00:28:38 La liste des métiers en tension doit être actualisée.
00:28:42 C'est indispensable, Francis Dubrac.
00:28:45 - D'abord, je crois vous avoir entendu dire
00:28:47 qu'il fallait trois ans de présence sans-papiers.
00:28:50 Ce qui est assez compliqué à imaginer.
00:28:52 Il faut que tout le monde mange, donc il faut que tout le monde travaille.
00:28:55 Et il faut que tout le monde gagne sa vie.
00:28:57 Donc soit on admet qu'on puisse travailler dans les entreprises sans-papiers,
00:29:00 mais il y a des lois pour ça qui l'interdisent.
00:29:03 Soit on régularise ces jeunes qui arrivent.
00:29:08 Et moi, j'en ai formé 25 qui arrivaient des mineurs migrants,
00:29:12 puisqu'on peut les faire travailler quand ils sont en apprentissage.
00:29:15 Après, j'ai eu des difficultés parce que, venue majeure,
00:29:19 j'ai pas pu continuer le processus.
00:29:21 J'ai été obligé de les licencier, ce qui est assez étonnant.
00:29:24 Et aujourd'hui, ils reviennent au fur et à mesure de leur obtention de papiers.
00:29:29 Mais moi, j'en ai besoin.
00:29:30 Ce sont des garçons formidables qui n'ont pas traversé la Méditerranée
00:29:34 pour s'appuyer sur les murs des cités,
00:29:37 qui sont là pour gagner leur vie, envoyer de l'argent à la famille.
00:29:42 Donc pour moi, c'est la solution dans un climat...
00:29:45 - Pour vous, c'est clair, il faut les régulariser.
00:29:47 Et leur donner des titres de séjour.
00:29:49 - A partir du moment où il y a des entreprises... - Provisoires !
00:29:52 - Provisoires, peut-être, mais à partir du moment où il y a des entreprises
00:29:54 qui veulent les faire travailler,
00:29:56 et qui peuvent, eux, réaliser leurs rêves, et nous, réaliser nos travaux,
00:30:02 je pense que c'est gagnant-gagnant,
00:30:04 plutôt que de les mettre à la porte d'Aubervilliers,
00:30:06 dans les camps et les portes de la Villette.
00:30:08 - Marie-Christine Vergil.
00:30:10 - Là, pour le coup, nous sommes d'accord,
00:30:12 je voudrais juste demander de quoi on parle.
00:30:15 - Oui.
00:30:16 - Parce qu'on parle des étrangers.
00:30:19 - Oui. - Tant mieux, c'est mieux que les migrants.
00:30:21 Mais un étranger, c'est quelqu'un qui n'a pas la nationalité française.
00:30:25 Donc il y a beaucoup de sortes d'étrangers qui vivent en France.
00:30:29 Et il y a des étrangers qui ont la chance
00:30:31 d'avoir la possibilité de travailler sans aucun problème,
00:30:34 de venir en France sans aucun problème,
00:30:36 c'est le cas, par exemple, de tous les citoyens de l'Union Européenne,
00:30:40 puisqu'il y a liberté de circulation, et tant mieux.
00:30:42 C'est aussi le cas de tous ceux qui viennent travailler,
00:30:45 qui peuvent rentrer sur le territoire européen sans visa.
00:30:48 Il y a ceux qui viennent avec visa,
00:30:51 et parmi eux, il y a ceux qui n'ont pas de problème pour avoir des visas,
00:30:54 et ceux qui ont beaucoup de difficultés pour avoir des visas,
00:30:57 et de plus en plus de difficultés pour avoir des visas.
00:31:00 C'est ceux qui viennent du Moyen-Orient et de l'Afrique.
00:31:03 Donc je pense qu'il y a un problème,
00:31:06 par rapport à ce qu'on appelle les étrangers,
00:31:08 et des problèmes, et je vais terminer là-dessus, je vous le promets,
00:31:12 des problèmes d'égalité de droit selon le pays d'où on vient.
00:31:16 - Mais là, parlons de ces étrangers,
00:31:20 qui viennent de régions ou de pays
00:31:24 où l'obtention des visas est assez difficile,
00:31:29 on est bien d'accord, mais qui ont envie de travailler
00:31:32 sur le territoire français, et Francis Dubrac vient d'en parler,
00:31:36 ils ont envie de travailler, ils travaillent même, ils ont besoin de papiers.
00:31:39 Est-ce qu'il faut leur accorder un titre de séjour provisoire ?
00:31:42 - C'est ce que je disais tout à l'heure, au début, j'ai répondu à votre question,
00:31:45 en disant "je suis d'accord avec M. Dubrac",
00:31:47 moi je trouve que ça va pas assez loin, qu'on pourrait aller plus loin,
00:31:51 notamment par rapport à... - C'est-à-dire aller plus loin, accorder un titre de séjour définitif ?
00:31:55 - Notamment par rapport... - Régulariser ?
00:31:57 - Nous sommes, et vous l'avez dit dès le départ,
00:31:59 nous sommes pour la régularisation de tous ceux qui vivent sur le territoire français.
00:32:04 Et sur une base... - Tous ceux qui vivent...
00:32:06 - Sur une base très simple, M. Bourdin,
00:32:09 l'application des conventions internationales que la France a signées.
00:32:12 - Oui. - Si on appliquait les conventions internationales que la France a signées,
00:32:17 la quasi-totalité de ceux qui vivent en France en situation dite irrégulière
00:32:23 pourrait être régularisée. - C'est-à-dire qu'on arrive en France et on est régularisé ?
00:32:27 - Non, on arrive en France avec un visa, d'abord. - Avec un visa...
00:32:30 - Encore faut-il que les consulats, les ambassades délivrent des visas à égalité,
00:32:37 quelle que soit la nationalité.
00:32:39 Et pas en préjugeant que certains constituent plus de risques migratoires que d'autres.
00:32:44 - Alexandre Vincentet.
00:32:46 - Le sujet de l'immigration, Jean-Jacques Bourdin, c'est un sujet qui est éminemment éruptif.
00:32:51 - Oui, ça c'est évident. - Et qui sera de toute façon, dans le cadre du débat parlementaire,
00:32:55 l'occasion pour certains de dire tout et n'importe quoi,
00:33:00 toutes les outrances et les postures qui se transforment en impostures.
00:33:02 Vous aurez d'un côté l'extrême gauche qui vous dira qu'il faut régulariser tout le monde,
00:33:06 qui est une folie, et de l'autre côté l'extrême droite qui vous diront
00:33:10 qu'il ne faut régulariser personne et qu'il faut une société avec zéro immigration.
00:33:14 Moi je pense que sur ces questions-là, il faut déjà qu'on regarde la situation actuelle.
00:33:18 Le vrai sujet c'est quoi ?
00:33:20 Je suis élu de la 7e circonscription du Rhône, qui est une circonscription particulière,
00:33:25 puisque vous avez les villes de Vau-en-Velin, qui est je pense une commune populaire,
00:33:30 Bron, qui est une commune populaire, et la ville de Rioulapap dont j'ai été maire pendant 8 ans et demi,
00:33:34 qui est aussi une ville populaire.
00:33:35 Donc l'immigration, je sais ce que c'est.
00:33:37 J'ai un des plus gros quartiers politiques de la ville de France, le 8e dans ma commune,
00:33:42 57% de logements sociaux quand je suis devenu maire en 2014,
00:33:45 aujourd'hui 53-54%, 80% de logements sociaux sur la ville nouvelle,
00:33:50 ce qu'on appelle la ville nouvelle dans la ville.
00:33:52 Donc l'immigration, je sais ce que c'est. La diversité, je sais ce que c'est.
00:33:55 Comme vous avez beaucoup de nos compatriotes, issus de la diversité, de l'immigration,
00:33:59 qui nous disent, à nous en tant qu'élus, "mais monsieur le député ou monsieur le maire,
00:34:04 nous on souhaite s'intégrer, mais à un moment il faut aussi que les choses se fassent correctement,
00:34:09 il faut fixer des limites, il faut de la mixité".
00:34:11 Ça veut dire que l'on doit aujourd'hui,
00:34:13 et je pense que c'est ce que va essayer de faire le ministre de l'Intérieur,
00:34:16 de remettre des règles pour que tout ça se passe de façon pragmatique
00:34:20 et en fonction des besoins du pays.
00:34:22 On le voit aujourd'hui, on a du mal dans ce pays, même s'il y a une augmentation de 15%
00:34:27 en un an de reconduite à la frontière,
00:34:30 on a du mal à appliquer les obligations de quitter le territoire français,
00:34:34 on a dans le même temps des patrons qui n'arrivent pas à embaucher,
00:34:38 et le vrai sujet qu'on va avoir, c'est la discussion de cette nouvelle politique migratoire
00:34:43 et de savoir quelle est la politique migratoire que nous voulons en France, dans notre pays,
00:34:47 et comment nous faisons pour réguler ces flux.
00:34:48 - Bien, alors, ce projet de loi immigration, je vais le résumer,
00:34:51 puisque vous avez élargi la question.
00:34:55 La volonté du gouvernement, c'est quoi ?
00:34:56 C'est expulser davantage les étrangers qui représentent une menace grave,
00:35:00 notamment les délinquants étrangers,
00:35:02 faciliter les expulsions des étrangers déjà condamnés.
00:35:05 Quel est l'objectif ?
00:35:07 Aussi réformer le droit d'asile, raccourcir les délais de procédure pour les décisions d'asile,
00:35:13 régulariser certains travailleurs sans papier,
00:35:16 justement, parce que c'est le sujet qui nous occupe pour cette partie 11-12,
00:35:21 conditionner les titres de séjour à un niveau minimal de français,
00:35:26 c'est-à-dire que, évidemment, celui qui demande un titre de séjour pluriannuel
00:35:32 devra maîtriser le français,
00:35:35 ce qui est aussi l'un des aspects du projet de loi.
00:35:38 Bon, mais je voudrais qu'on se concentre sur les métiers en tension,
00:35:42 et est-ce qu'on a besoin, aujourd'hui,
00:35:45 est-ce que l'économie française a besoin de ces immigrés qui sont sans papier
00:35:52 et qui travaillent dans de nombreuses entreprises ?
00:35:54 C'est indispensable, aujourd'hui ?
00:35:55 - Je pense que vous vouliez le dire.
00:35:57 - C'est indispensable ?
00:35:58 - S'ils sont dans les entreprises, c'est quand on a besoin.
00:36:01 - Vous en avez besoin ?
00:36:01 - Aujourd'hui, on arrive quand même à inscrire à la Sécurité Sociale
00:36:05 un travailleur sans papier,
00:36:06 et ensuite on demande sa régularisation,
00:36:08 parce qu'il a des papiers de Sécurité Sociale.
00:36:11 Enfin, on marche sur la tête.
00:36:12 Moi, à partir du moment où on a accepté en France,
00:36:15 on a invité, parce que quand des bateaux arrivent à Lampedusa ou ailleurs,
00:36:18 on les invite en France, d'ailleurs, en général, ils arrivent en Seine-Saint-Denis.
00:36:21 On est les premiers à prendre le premier choc.
00:36:24 - Mais ceux que vous employez sont venus sans visa ?
00:36:27 - Alors, les miens, c'était des mineurs.
00:36:30 - Des mineurs, oui.
00:36:30 - Le statut de mineur est presque plus simple,
00:36:33 parce qu'automatiquement, avec le contrat d'apprentissage,
00:36:35 il a l'autorisation de travailler.
00:36:37 - Il a l'autorisation de travailler.
00:36:37 - Mais les autres, est-ce qu'on va les...
00:36:39 Qui peut penser que des gens qui arrivent dans ce pays
00:36:42 vont rester pendant trois ans sans papier,
00:36:45 c'est-à-dire sans manger, sans se vêtir, sans...
00:36:47 C'est impossible.
00:36:49 Donc, puisqu'ils sont dans les boîtes,
00:36:50 puisqu'on entend tous les jours, d'ailleurs,
00:36:52 dans le journal de ce matin, on le parlait ce matin,
00:36:54 il y a eu un accident épilé avec deux sons de papier
00:36:56 qui sont tombés d'une nacelle,
00:36:58 bon, ça prouve qu'il y en a partout,
00:37:01 et particulièrement dans le bâtiment,
00:37:02 puisque dans les trop publics, c'est plus compliqué.
00:37:04 - Les chantiers des Jeux olympiques.
00:37:06 - J'ai rien dit, moi.
00:37:08 - Non, mais vous avez rien dit, mais c'est tout le monde...
00:37:09 C'est sorti partout, on le sait.
00:37:11 On le sait.
00:37:12 - Le bâtiment a besoin de cette main-d'oeuvre.
00:37:15 - Le bâtiment a besoin de cette main-d'oeuvre.
00:37:16 - L'hôtellerie, elle en a besoin aussi.
00:37:18 - L'hôtellerie aussi.
00:37:19 11h16, le débat est ouvert, qu'en pensez-vous ?
00:37:22 Est-ce que l'immigration peut remédier
00:37:23 au déclin de la population française ?
00:37:25 Ce sera aussi une des questions que je poserai.
00:37:27 Je pense que c'est une bonne question aussi.
00:37:29 Il est 11h16, à tout de suite.
00:37:31 [Générique]
00:37:37 - Bien, les travailleurs sans papier présents sur le territoire
00:37:40 depuis trois ans pourraient obtenir un titre de séjour valide un an
00:37:45 dans les secteurs en tension, en pénurie.
00:37:48 - En tension, ça veut dire en pénurie.
00:37:49 On a cité les secteurs.
00:37:52 Mais j'ai une question, tiens, Francis Dubrac, à vous poser.
00:37:55 Est-ce que ceux qui ont vécu dans la difficulté avant de venir en France,
00:38:00 qui ont traversé la Méditerranée ou qui ont traversé plusieurs pays
00:38:04 pour venir dans notre pays, ont plus envie de travailler
00:38:07 que les Français qui sont nés en France ?
00:38:09 - Je suis provocateur quand je dis ça.
00:38:11 - Je ne vais pas les opposer d'accord en France.
00:38:13 - Je suis très provocateur, mais Francis Dubrac...
00:38:15 - Ce que je peux dire, c'est que ceux qui ont traversé le désert,
00:38:18 qui ont traversé la Méditerranée, comme je l'ai vu,
00:38:21 sur un zodiac de 52 personnes, avec un moteur de 40 chevaux,
00:38:24 qui prient à chaque instant que la vague ne submerge pas.
00:38:28 S'ils ont fait tout ça, après traverser l'Espagne,
00:38:31 traverser la France, c'est pas pour toucher les allocs.
00:38:34 De toute façon, ils n'ont pas le droit, puisqu'ils sont sans papier.
00:38:36 Donc c'est bien pour travailler, c'est pour envoyer de l'argent au pays,
00:38:39 c'est pour aider la famille, et cette première génération de migrants,
00:38:43 comme toutes les premières générations de migrants,
00:38:45 sont des travailleurs fabuleux.
00:38:47 - Vous en employez, vous employez des jeunes, donc...
00:38:49 Ces jeunes, depuis combien de temps vous employez des jeunes ?
00:38:53 Parlez-nous de votre expérience.
00:38:55 - Ah bah nous, de toute façon...
00:38:57 - Ces jeunes migrants, depuis combien de temps ?
00:38:59 - Ah bah c'est vrai que l'entreprise a 100 ans,
00:39:01 donc mon grand-père en voyait déjà des Italiens qui arrivaient.
00:39:03 - Et ils repartent où ils restent ?
00:39:06 - Ah bah c'est très variable, il n'y a pas de règle.
00:39:08 Il y en a qui veulent être enterrés au pays,
00:39:11 il y en a qui ne veulent pas repartir, parce que la famille a été fondée en France,
00:39:15 et tout est là, donc...
00:39:17 Moi je n'ai ni les statistiques,
00:39:19 mais je sais que dans mes salariés, je dirais qu'il y a moite-moite.
00:39:21 - Donc tant qu'ils sont apprentis, jeunes, ils peuvent travailler,
00:39:24 dès qu'ils deviennent majeurs, c'est plus possible ?
00:39:26 - Ah non, là il faut un titre de séjour.
00:39:28 - Il faut un titre de séjour, c'est tout le problème.
00:39:30 C'est tout le problème, c'est pour ça que ce titre de séjour,
00:39:32 provisoire, provisoire,
00:39:35 ce que vous souhaiteriez qu'il soit définitif ?
00:39:37 Provisoire, vous pensez que c'est pas...
00:39:39 - Je sais pas, quand on voyage un peu,
00:39:41 on va dans les pays des Émirats Arabes,
00:39:43 et compagnie, même l'Américain, le Français qui arrive là-bas,
00:39:45 il a un titre de séjour provisoire pour travailler,
00:39:47 et ils sont 2 millions d'expats,
00:39:49 - Provisoire c'est normal.
00:39:51 - Le jour où le pays n'a plus besoin, alors c'est dur,
00:39:53 de dire "vous rentrez chez vous", mais...
00:39:55 - Alexandre Vincent D, vous êtes réservé.
00:39:57 - Si la règle du jeu est donnée.
00:39:59 - Votre groupe est réservé.
00:40:01 - Après il faut être extrêmement attentif à ce qui va se passer.
00:40:03 - Vous dites que dans votre groupe,
00:40:05 on dit que c'est une régularisation massive déguisée.
00:40:07 - Mais il y a un vrai sujet,
00:40:09 Jean-Jacques Bourdin. Déjà, vous ne pourrez pas
00:40:11 régulariser, à mon sens, des personnes qui ont
00:40:13 aujourd'hui, qui ne sont pas
00:40:15 de façon légale sur le territoire français,
00:40:17 et qui par ailleurs, peuvent représenter
00:40:19 un danger pour la société, ou ont déjà commis des délits.
00:40:21 C'est juste pas possible. Vous pouvez pas rester,
00:40:23 ça c'est la première chose, et je pense que même si la personne
00:40:25 souhaite travailler, à partir du moment où vous avez
00:40:27 un casier judiciaire, une condamnation,
00:40:29 vous ne pourrez pas être régularisé. Première chose. Deuxième chose.
00:40:31 Je pense que par contre, on doit pouvoir
00:40:33 débattre d'une liste de métiers en
00:40:35 tension au Parlement. Et chaque
00:40:37 année, on doit pouvoir valider cela.
00:40:39 - Une sorte de quota, une immigration choisie.
00:40:41 - Ça fait 15 ans qu'à droite on en parle.
00:40:43 - Oui, je sais. - Si aujourd'hui,
00:40:45 et j'ai cru voir que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin,
00:40:47 disait qu'il était prêt, est-ce qu'on en débatte ?
00:40:49 - Exact. - Discutons-en. Et si on arrive
00:40:51 à trouver un accord là-dessus, moi je dis banco.
00:40:53 Et ça veut dire qu'on passerait d'une immigration
00:40:55 choisie, avec des quotas chaque année,
00:40:57 sur des métiers en tension, qui seraient négociés
00:40:59 au sein du Parlement, et à l'Assemblée
00:41:01 nationale, et au Sénat. Par contre,
00:41:03 je le dis aussi, on est champion du monde
00:41:05 en France pour donner des autorisations.
00:41:07 On est champion du monde aussi pour ne pas les retirer
00:41:09 quand les règles ne sont pas respectées. Et je pense que
00:41:11 la crainte, elle peut être ici. Donc ce qui
00:41:13 est important, c'est que dans le cadre du débat parlementaire,
00:41:15 on puisse dire "oui", quand une
00:41:17 personne souhaite travailler, et qu'une entreprise
00:41:19 souhaite le recruter,
00:41:21 on doit pouvoir le laisser faire. Par
00:41:23 contre, pour éviter les effets de bord,
00:41:25 si une personne va
00:41:27 prendre un travail, mais qu'au bout de deux mois, elle quitte ce travail,
00:41:29 on doit lui retirer, et l'autorisation
00:41:31 de travail, et l'autorisation de rester
00:41:33 sur le territoire français. - Alors, il y a quelque chose qui me gêne.
00:41:35 Vous allez me dire ce que vous en pensez, dans le
00:41:37 texte du gouvernement.
00:41:39 Le texte prévoit
00:41:41 une carte de séjour pluriannuelle
00:41:43 pour les professions médicales et de pharmacie.
00:41:45 Diplômés hors
00:41:47 Union européenne. On est bien d'accord.
00:41:49 Carte de séjour de
00:41:51 quatre ans. Des repos des médecins,
00:41:53 des sages-femmes, des chirurgiens,
00:41:55 dentistes, des pharmaciens. Alors, ça serait
00:41:57 bon pour les professions médicales, et ça serait
00:41:59 pas bon, par exemple, pour quelqu'un qui travaille
00:42:01 dans les travaux publics.
00:42:03 - Si je peux me permettre, monsieur Bourdin. - Mais qu'est-ce que c'est que cette
00:42:05 différence, non ? - C'est un métier
00:42:07 en tension. Ce sont des métiers
00:42:09 en tension. - Oui, mais pourquoi quatre ans
00:42:11 pour eux, et pourquoi
00:42:13 un an pour
00:42:15 les travaux publics ? - Parce que ce sont des gens qui sont
00:42:17 diplômés du supérieur.
00:42:19 C'est la grande différence. Je sais que
00:42:21 vous n'aimez pas qu'on distingue les diplômés
00:42:23 et les formations selon le
00:42:25 niveau. On en est tout à fait
00:42:27 là. Quand c'est des pharmaciens, des médecins,
00:42:29 jusqu'à présent, on refusait
00:42:31 l'équivalence. - Comme on en a besoin.
00:42:33 - On refusait... - Comme on en a besoin, on est prêts à leur donner
00:42:35 quatre ans de carte de séjour. - On refusait les équivalences et on allouait.
00:42:37 - Ça se fait dans beaucoup de pays qui vivent
00:42:39 des sublimations ? - On avait des médecins aujourd'hui
00:42:41 qui travaillaient, des médecins
00:42:43 hommes ou femmes, qui travaillaient dans
00:42:45 des métiers en tension parce qu'ils ne pouvaient
00:42:47 pas travailler comme médecins. - Comme médecins, oui.
00:42:49 - Donc on facilite la reconnaissance des médecins.
00:42:51 - C'est bien. - Tant mieux.
00:42:53 Mais ce que je disais tout à l'heure, c'est que
00:42:55 nous n'aimons pas, nous sommes
00:42:57 partisans de l'égalité des droits.
00:42:59 Donc nous souhaitons que,
00:43:01 quelle que soit la situation, les gens soient
00:43:03 traités de leur cas. - Quel que soit le métier,
00:43:05 quel que soit... - Quel que soit le métier.
00:43:07 - Vous pouvez leur donner un an renouvelable
00:43:09 tous les ans. A mon avis, il fera
00:43:11 toute sa carrière dans le BTP.
00:43:13 Au restaurant en France,
00:43:15 ses besoins sont tels et
00:43:17 c'est pas des métiers qui attirent trop non plus, donc
00:43:19 s'il est là, il est tranquille.
00:43:21 - Non mais je veux dire par là que nous faisons
00:43:23 la différence entre les métiers
00:43:25 qui "dit nobles"
00:43:27 et d'autres métiers qui ne seraient pas nobles.
00:43:29 - Ça ne vous choque pas.
00:43:31 Moi ça me choque. - Mais bon,
00:43:33 vous avez des pays qui se sont construits sur l'immigration
00:43:35 et qui aujourd'hui donnent des autorisations de travail à durée
00:43:37 variable. C'est le cas aux États-Unis par exemple,
00:43:39 c'est le cas au Canada. Regardez ce qui se passe aussi au Danemark.
00:43:41 Alors du coup, c'est pas non plus
00:43:43 le Danemark. On va parler d'un pays qui est dans l'Union Européenne.
00:43:45 Parlons-en.
00:43:47 - Plus de 2,7% de la population est d'origine étrangère
00:43:49 au Danemark. Il faut le savoir.
00:43:51 Nous on est à un peu plus de 10%.
00:43:53 - Avec aujourd'hui une extrême droite
00:43:55 qui a quasiment totalement disparu,
00:43:57 un gouvernement sociodémocrate
00:43:59 qui a mis en place des politiques
00:44:01 migratoires les plus dures de l'Europe,
00:44:03 qui a repris la main... - La politique migratoire
00:44:05 qui a mis en place par l'extrême droite.
00:44:07 - Non, non, qui a repris
00:44:09 la main sur les
00:44:11 flux migratoires, qui a mis une politique
00:44:13 aujourd'hui qui est extrêmement claire
00:44:15 et qui leur permet de contrôler tout ça.
00:44:17 Donc ça veut dire qu'à partir de ce moment-là,
00:44:19 si vous arrivez à recontrôler ces flux
00:44:21 migratoires, si vous arrivez à répondre
00:44:23 aussi aux besoins économiques,
00:44:25 tout en restant pragmatique avec des vrais débats,
00:44:27 des vraies politiques de quotas, une vraie migration
00:44:29 choisie, c'est pas une question d'extrême droite.
00:44:31 C'est une question simplement de dire à nos
00:44:33 concitoyens qui sont inquiets, parce que je rappellerai
00:44:35 que cette question de l'immigration, c'est
00:44:37 une question qui revient campagne électorale
00:44:39 après campagne électorale et qui fait le lit du
00:44:41 populisme. C'est que si elle n'est pas traitée,
00:44:43 ça devient un sujet exclusif
00:44:45 et crispant pour nos concitoyens, et je le comprends
00:44:47 et je le sais. Donc ça veut dire qu'à un moment,
00:44:49 vous avez deux solutions. Soit vous vous dites "Circuler, il n'y a rien
00:44:51 à voir, on va sur les plateaux télé, et puis de toute
00:44:53 façon, ou dans les studios radio, et puis on
00:44:55 dit tout et n'importe quoi pour se faire plaisir", soit de façon
00:44:57 pragmatique, on dit "On reprend
00:44:59 les choses en main,
00:45:01 on va voter devant le Parlement, en débattre
00:45:03 chaque année, et on regarde les choses
00:45:05 telles qu'elles sont". - Bien, il est 11h27,
00:45:07 on va observer une petite pause, ensuite nous
00:45:09 prendrons Yvette, qui nous appelle des
00:45:11 "Orientales", et vous
00:45:13 prendrez la parole ensuite,
00:45:15 pour nous dire, Marie-Christine Vergia...
00:45:17 - Je voudrais savoir si on reste sur les
00:45:19 métiers en tension, ou si on ne reste pas sur les métiers en tension.
00:45:21 - On reste sur les métiers en tension.
00:45:23 - Il y a des choses sur lesquelles
00:45:25 je voudrais répondre, néanmoins. - Vous allez pouvoir
00:45:27 répondre, Marie-Christine Vergia,
00:45:29 effectivement, on reste sur les métiers en tension
00:45:31 parce que c'est une problématique
00:45:33 souvent discutée,
00:45:35 parce qu'il y a une urgence.
00:45:37 Il y a un besoin de
00:45:39 main-d'oeuvre dans ce pays.
00:45:41 - M. le Médical, vous avez une autre chose,
00:45:43 c'est que, il faut aussi, j'ai oublié de le dire,
00:45:45 en fait, vous avez un besoin
00:45:47 de transposition des diplômes
00:45:49 étrangers, et ça,
00:45:51 ça prend un petit temps de formation. - Hors Union Européenne.
00:45:53 - Moi j'ai eu l'Union Éviterainienne, là, que j'ai émergée,
00:45:55 ça marche pas. - Moi j'ai un congolais qui vient me voir pas plus tard que lundi, en permanence.
00:45:57 - Bien, et il est 11h28,
00:45:59 Yvette sera avec nous dans un instant,
00:46:01 on va poursuivre le débat, à tout de suite.
00:46:03 - Sud Radio Parlons Vrai
00:46:05 chez Bourdin,
00:46:07 10h30, midi 30,
00:46:09 Jean-Jacques Bourdin. - Marie-Christine Vergier,
00:46:11 vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, est avec nous,
00:46:13 Francis Dubrac, entrepreneur,
00:46:15 président de la société Travaux Publics Dubrac,
00:46:17 et puis Alexandre Vincendé,
00:46:19 qui est député LR du Rhône.
00:46:21 Allez, le débat sur cette
00:46:23 migration choisie,
00:46:25 une immigration choisie,
00:46:27 débat, et Yvette
00:46:29 se joint à notre débat.
00:46:31 Bonjour Yvette. - Bonjour.
00:46:33 - Vous êtes à Perpignan. - Bonjour à tous d'ailleurs,
00:46:35 voilà, je suis à Perpignan. - Alors, que dites-vous ?
00:46:37 - Eh bien, je suis pas très, très contente,
00:46:39 c'est un coup de gueule que je veux pousser.
00:46:41 Nous en France, il y a beaucoup, beaucoup de chômeurs,
00:46:43 il y a beaucoup, beaucoup de chômeurs,
00:46:45 et en plus qui sont
00:46:47 qui sont payés,
00:46:49 et qui sont payés par, voilà,
00:46:51 et il y en a plein,
00:46:53 dont les jeunes, tout ça,
00:46:55 ils veulent pas faire le métier de maçonnerie, tout ça.
00:46:57 Donc là, à ce moment-là, nous,
00:46:59 on prend des migrants là,
00:47:01 les migrants, ils peuvent venir,
00:47:03 allons-y, ils vont faire le boulot
00:47:05 que les Français ne veulent pas faire,
00:47:07 et on n'est pas en train de dire que le Qatar, le Qatar,
00:47:09 le Qatar, mais on est en train de prendre le même
00:47:11 truc pour les Jeux Olympiques, parce qu'on a besoin de maçons
00:47:13 et tout ça. Moi, je trouve que, franchement,
00:47:15 en France, on est contre
00:47:17 l'esclavage, mais je pense que, on est pour
00:47:19 l'esclavage quand ça nous arrange, parce que tous ceux
00:47:21 qui veulent pas travailler dans, il y en a plein,
00:47:23 ils disent "non, on veut pas parce qu'il faut travailler
00:47:25 samedi, dimanche, c'est 35 heures,
00:47:27 c'est trop long, voilà.
00:47:29 - Alors écoutez, Yvette, Francis
00:47:31 Dubrac connaît bien le sujet, puisqu'il est
00:47:33 confronté à ça. Ce que
00:47:35 dit Yvette, vous le constatez ?
00:47:37 Pourquoi est-ce que vous employez... - Vous savez, j'ai qu'un maître mot, moi.
00:47:41 - Pourquoi est-ce que vous employez vos jeunes,
00:47:43 qui viennent, vos jeunes migrants, vos jeunes
00:47:45 étrangers, pourquoi est-ce que vous
00:47:47 ne prenez pas en apprentissage des
00:47:49 Français nés en France ?
00:47:51 - Tout le monde est bienvenu, mais il faut avoir
00:47:53 envie. C'est mon maître mot.
00:47:55 - J'ai qu'un maître mot, moi, c'est l'envie.
00:47:57 - Oui, mais l'envie, ça veut dire quoi ?
00:47:59 - Y'en a qui ont envie, mais y'en a qui ont pas envie.
00:48:01 - Ça veut dire que des jeunes Français,
00:48:03 je dis pas "les", des jeunes
00:48:05 Français n'ont pas envie.
00:48:07 - Y'a une grosse partie de la jeunesse
00:48:09 qui n'a pas envie de venir dans le BTP.
00:48:11 - Voilà. Qui a pas envie
00:48:13 de venir dans ces métiers-là.
00:48:15 Mais personne ne le dit. - Moi je veux bien prendre ma traile
00:48:17 le week-end, mais je vais pas y arriver. - Oui, non mais je...
00:48:19 Vous entendez, Yvette, ce que dit
00:48:21 notre entrepreneur ?
00:48:23 - C'est ce qu'elle a dit ?
00:48:25 - Parce que mon beau-frère était chez eux-là, dans le bâtiment,
00:48:27 et y'a pas un jeune qui voulait venir
00:48:29 parce que c'était trop froid, parce qu'il faisait trop chaud,
00:48:31 parce que c'est comme ça, parce que c'est fatigant.
00:48:33 Un youtuber, ça c'est bien,
00:48:35 mais dans le bâtiment, ah bah non, ah bah non.
00:48:37 Faisons venir les étrangers,
00:48:39 parce que mon beau-frère est Tunisien, faisons venir
00:48:41 les étrangers, l'esclavage est permis en France.
00:48:43 - Bien, merci Yvette.
00:48:45 Merci Yvette, mais Yvette, non on n'est pas dans l'esclavage.
00:48:47 Mais on n'est pas dans l'esclavage,
00:48:49 on est bien d'accord, parce qu'ils sont parfaitement...
00:48:51 - Ça dépend où.
00:48:53 - Ça dépend où ?
00:48:55 - Dans le secteur agricole notamment,
00:48:57 y'a des situations qui sont invraisemblables,
00:48:59 avec des difficultés
00:49:01 pour les organisations syndicales
00:49:03 de les aider.
00:49:05 Ils sont payés
00:49:07 à coup de lance-pierres,
00:49:09 on les loge dans des baraquements insalubres,
00:49:11 on retire le prix du logement
00:49:13 à ces gens,
00:49:15 et on les renvoie,
00:49:17 eux, on les renvoie.
00:49:19 - Oui.
00:49:21 - Je comprends...
00:49:23 - Ça dépend des situations et des secteurs.
00:49:25 - Ça dépend des situations et des secteurs.
00:49:27 - Donc ça mérite d'être régulé.
00:49:29 - Oui, oui, sujet qui vous est cher,
00:49:31 les Jeux Olympiques,
00:49:33 je pense que nous allons trouver pas mal de gens
00:49:35 qui sont en situation
00:49:37 irrégulière, employés...
00:49:39 Mais bien sûr, on le sait, ça commence à sortir...
00:49:41 - Est-ce d'ailleurs
00:49:43 acceptable ? Je vous dis sincèrement,
00:49:45 est-ce acceptable
00:49:47 que pour les chantiers des Jeux Olympiques,
00:49:49 on emploie de la main-d'oeuvre ?
00:49:51 - C'est pas acceptable.
00:49:53 - C'est pas acceptable déjà tout court,
00:49:55 le travail illégal,
00:49:57 le travail illégal est déjà inacceptable tout court,
00:49:59 sur des marchés publics,
00:50:01 c'est encore plus inacceptable.
00:50:03 - Aucune enquête n'est ouverte.
00:50:05 - Mais là, c'est la puissance publique de faire le travail.
00:50:07 - Il faut se défendre des collègues,
00:50:09 il y a aussi des malins qui sont capables de vous faire des papiers
00:50:11 plus beaux que les miens.
00:50:13 - C'est-à-dire ?
00:50:15 - Ils sont sans papiers mais avec des vrais papiers.
00:50:17 Des vrais faux-papiers.
00:50:19 - Des vrais faux-papiers.
00:50:21 - Donc l'entrepreneur se fait aussi tromper et éblouir.
00:50:23 - Oui, et puis vous avez des entrepreneurs
00:50:25 que ça peut aussi arranger.
00:50:27 - Il y a tout pour faire un monde.
00:50:29 - Il y a un moment, de toute façon,
00:50:31 c'est pour ça que sur ce sujet-là, les métiers en tension...
00:50:33 - Ça dépend encore.
00:50:35 - Lutter contre l'esclavage moderne, c'est aussi justement
00:50:37 travailler sur quels métiers
00:50:39 peuvent recruter, et justement
00:50:41 par rapport à quels...
00:50:43 - Donc réguler.
00:50:45 - C'est simplement arriver à réguler.
00:50:47 Dans nos circonscriptions, les députés, tous autant qu'on est,
00:50:49 y compris dans le groupe Les Républicains,
00:50:51 il y a un truc que je déteste,
00:50:53 c'est comme ça que je conçois la politique,
00:50:55 c'est faire l'inverse, quand on est ici
00:50:57 à l'Assemblée nationale, ou sur les plateaux,
00:50:59 ou sur les tribunes, de ce qu'on fait en circonscription.
00:51:01 En circonscription,
00:51:03 on a des personnes qui viennent nous voir dans les permanences.
00:51:05 C'est parfois des chefs d'entreprise,
00:51:07 ou c'est parfois des étudiants qui sont en situation irrégulière
00:51:09 parce qu'ils n'ont plus leur papier,
00:51:11 ou des personnes qui souhaitent travailler.
00:51:13 Ça nous arrive à tous.
00:51:15 Et vous pourrez demander à tous les députés des Républicains,
00:51:17 et même des autres partis politiques,
00:51:19 ça nous arrive à tous chaque semaine.
00:51:21 Vous savez ce qu'on fait quand on voit que la personne,
00:51:23 elle n'a pas de casier judiciaire, elle parle français,
00:51:25 elle est intégrée, elle est là depuis longtemps,
00:51:27 elle a envie de bosser, ou que le patron dit "moi, j'ai envie de le garder,
00:51:29 j'ai envie de le former", qu'est-ce qu'on fait ?
00:51:31 On fait une demande de régularisation auprès de la préfecture
00:51:33 et du ministère de l'Intérieur. Et on le fait pourquoi ?
00:51:35 Parce que c'est une question simplement de bon sens.
00:51:37 Par contre, de l'autre côté, il est insupportable
00:51:39 que quelqu'un qui ne respecte pas les règles, reste sur le territoire français.
00:51:41 - Donc, régulation, régularisation, contrôler.
00:51:45 - Et c'est simplement qu'à un moment, la sanction doit tomber,
00:51:47 parce que dans ce pays, je le dis par contre,
00:51:49 c'est qu'à chaque fois qu'on ne respecte pas les règles,
00:51:51 on est champion du monde pour ne pas retirer les titres du séjour.
00:51:53 - Alors est-ce que la sanction doit tomber ?
00:51:55 - Marie-Christine Vergeac, quand on ne respecte pas les règles.
00:51:57 - Je dirais, ça dépend,
00:51:59 quelle sanction,
00:52:01 et ça dépend par rapport à quoi.
00:52:03 Parce qu'on mélange tout et n'importe quoi en la matière.
00:52:05 Je vais encore refaire des leçons de langage,
00:52:07 excusez-moi. C'est quoi un étranger délinquant ?
00:52:09 - C'est un étranger délinquant ?
00:52:13 - Oui, mais c'est quoi un étranger délinquant ?
00:52:15 On lui reproche quel type d'infraction ?
00:52:17 - Quelqu'un qui vole, quelqu'un qui deal,
00:52:19 ça par exemple, c'est un délinquant.
00:52:21 - C'est un délinquant.
00:52:23 - La majorité des étrangers délinquants,
00:52:25 dit délinquants,
00:52:27 qui commettent des infractions
00:52:29 au code de la route et des ventes à la sauvette.
00:52:31 Pourquoi ils commettent des infractions
00:52:33 au code de la route ?
00:52:35 Parce qu'ils ne peuvent pas faire valider
00:52:37 leur permis de conduire.
00:52:39 - On n'a pas le droit de conduire sans permis de conduire en France ?
00:52:41 Je suis désolé.
00:52:43 - Oui, et pour ça, un mec qui n'a pas le permis de conduire
00:52:45 en France, même s'il a un emploi sur un métier
00:52:47 en tension, vous le renvoyez ?
00:52:49 - Je pense qu'à un moment, je suis désolé.
00:52:51 - Je peux finir ? Parce que vous avez beaucoup parlé jusqu'à présent,
00:52:53 et moi pas beaucoup.
00:52:55 - Finissez.
00:52:57 - Moi, je peux
00:52:59 comprendre, notamment par rapport
00:53:01 à l'état de l'opinion publique,
00:53:03 qu'on
00:53:05 dise par exemple, on renvoie un terroriste.
00:53:07 - Heureusement.
00:53:09 - Oui, mais c'est déjà
00:53:11 possible aujourd'hui.
00:53:13 Par contre, quand on nous met dans la loi
00:53:15 en cas de menace
00:53:17 à l'ordre public, excusez-moi, je suis
00:53:19 juriste, un peu pénible
00:53:21 sur ces questions-là, mais moi
00:53:23 ce n'est pas le fait du prince.
00:53:25 - Et quelqu'un qui dit dans les quartiers...
00:53:27 - Est-ce que vous pourriez arrêter de m'interrompre ?
00:53:29 - Je vous pose une question.
00:53:31 - Mais expulser
00:53:33 davantage les étrangers qui représentent
00:53:35 une menace grave.
00:53:37 - Voilà, mais une menace... - C'est ce que dit le texte
00:53:39 de loi. - Le nouveau texte de loi.
00:53:41 Jusqu'à présent, c'était...
00:53:43 - Menace grave. - C'était en cas d'infraction.
00:53:45 Une menace grave, moi je sais pas
00:53:47 ce que c'est tant qu'il n'y a pas de condamnation.
00:53:49 - Quelqu'un qui dit...
00:53:51 - Faciliter les expulsions des étrangers
00:53:53 déjà condamnés pour des crimes.
00:53:55 C'est clair. - Ca c'est autre chose.
00:53:57 - C'est pas la menace. - Non.
00:53:59 - Je vous dis ce que je reproche, c'est la menace.
00:54:01 Par rapport à la condamnation
00:54:03 pour trouble à l'ordre public,
00:54:05 je ne sais pas non plus ce que c'est.
00:54:07 - Alors, le texte dit...
00:54:09 - On a vu ces derniers temps, y compris des Français,
00:54:11 notamment au moment des Gilets jaunes,
00:54:13 se faire condamner
00:54:15 parce qu'ils avaient
00:54:17 troublé
00:54:19 à l'ordre public.
00:54:21 Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:54:23 - C'est un magistrat indépendant ?
00:54:25 - Non, non, non.
00:54:27 On ne va pas parler des Gilets jaunes,
00:54:29 mais faciliter les expulsions des étrangers...
00:54:31 - Le temps de l'expir' est fini.
00:54:33 - Faciliter les expulsions des étrangers
00:54:35 déjà condamnés pour des crimes et délits
00:54:37 punis de 10 ans ou plus d'emprisonnement.
00:54:39 C'est bien ou pas ?
00:54:41 - On est dans du grave.
00:54:43 - Pour nous, c'est une double peine.
00:54:45 - Mais on est pour le retour
00:54:47 de la double peine, justement.
00:54:49 - Oui, mais pas moi.
00:54:51 - Mais alors, un étranger
00:54:53 condamné pour un crime ou un délit
00:54:55 puni de 10 ans ou plus d'emprisonnement,
00:54:57 vous pensez qu'il ne faut pas l'expulser ?
00:54:59 - Je pense qu'il doit être puni
00:55:01 comme n'importe quel Français.
00:55:03 - Et quitter le territoire.
00:55:05 - Et quitter le territoire.
00:55:07 - Et par ailleurs, ça dépend de sa situation
00:55:09 particulière.
00:55:11 - Non, ça ne dépend pas.
00:55:13 - Quelqu'un qui a fait sa vie en France.
00:55:15 Quelqu'un qui a des enfants,
00:55:17 des petits-enfants en France.
00:55:19 Même s'il a eu une condamnation,
00:55:21 il fait sa peine de prison
00:55:23 comme n'importe qui.
00:55:25 - Non mais 10 ans, vous vous rendez compte ?
00:55:27 - Et après, ça sert à quoi la peine de prison ?
00:55:29 C'est quoi la peine de prison ?
00:55:31 C'est une peine
00:55:33 qu'inflige la société
00:55:35 à quelqu'un qui a commis un crime
00:55:37 ou un délit. - C'est une réparation.
00:55:39 - C'est une réparation, si vous voulez, ça se discute,
00:55:41 mais bon, le sens de la peine...
00:55:43 Mais c'est aussi...
00:55:45 Une fois que la personne a purgé sa peine,
00:55:47 elle est réinsérée dans la société.
00:55:49 - Mais elle a une autorisation prête sur le territoire français.
00:55:51 - Mais je vous parle de la justice.
00:55:53 - Mais si elle était tranchée.
00:55:55 - Vous savez, monsieur Bourdin,
00:55:57 c'est difficile de discuter
00:55:59 avec quelqu'un qui vous interrompt
00:56:01 sans arrêt. - Oui, mais ça, c'est pas le débat.
00:56:03 - Si on est à ce petit jeu-là...
00:56:05 - On n'a pas le droit de vous couper ni d'être...
00:56:07 - Alors, attendez, attendez.
00:56:09 - Je voulais simplement dire que
00:56:11 je suis stupéfait
00:56:13 que l'on puisse imaginer
00:56:15 qu'une personne qui vit dans un pays
00:56:17 sans ressources
00:56:19 puisse pas, à un moment donné, dévier.
00:56:21 Il faut bouffer tous les jours.
00:56:23 C'est l'être humain, il a besoin de manger.
00:56:25 Il a besoin de se vêtir.
00:56:27 Et là, on me dit, on va attendre 3 ans pour le régulariser.
00:56:29 Il va faire quoi pendant ces 3 ans ?
00:56:31 Voleur de poules ?
00:56:33 - Il faut qu'il ait travaillé 8 mois
00:56:35 pendant les 12 dernières années.
00:56:37 - Il vole ou il rapine.
00:56:39 Il a sauvé sa peau.
00:56:41 - Oui, c'est le travailleur
00:56:43 sans papier, le texte de loi dit,
00:56:45 le travailleur sans papier présent sur le territoire
00:56:47 depuis 3 ans qui pourra obtenir
00:56:49 un titre de séjour.
00:56:51 - Il valide 1 an dans les métiers en temps réel.
00:56:53 - Pour être condamné à 10 ans de prison,
00:56:55 aujourd'hui, il faut vraiment...
00:56:57 - Il faut vraiment en faire.
00:56:59 - Je pense même que, pour l'instant,
00:57:01 on verra dans les débats parlementaires,
00:57:03 mais je pense même qu'on va descendre le palier.
00:57:05 Quand, par exemple, vous avez des personnes qui ne sont pas
00:57:07 en situation régulière sur le territoire,
00:57:09 et qu'elles, notamment, vivent du trafic de drogue dans nos quartiers,
00:57:11 et qu'elles vendent de la mort à nos gamins,
00:57:13 je m'excuse, mais ces personnes n'ont rien à faire
00:57:15 sur le territoire.
00:57:17 - Et qu'est-ce qu'on fait des Français qui font la même chose ?
00:57:19 - Oui, mais eux, ils sont Français, Madame.
00:57:21 - D'accord, mais on en fait quoi ? Ils vendent de la mort à nos gamins,
00:57:23 et très majoritairement, ce sont des Français.
00:57:25 Donc, si on pouvait revenir au débat...
00:57:27 - Alors, on revient au débat, Marie-Josée Némergia.
00:57:29 - Je vais me permettre de dire un certain nombre de choses.
00:57:31 - Est-ce qu'il faut faciliter l'accès au marché du travail
00:57:33 pour les demandeurs d'asile ?
00:57:35 - Oui, bien sûr. C'est ce que font tous les pays européens.
00:57:37 La France est un des pires pays en la matière.
00:57:39 L'Allemagne, qui a été un pays modèle, excusez-moi,
00:57:43 au moment de la crise de l'accueil des migrants,
00:57:45 due essentiellement à la guerre en Syrie,
00:57:47 en 2015-2016...
00:57:49 - Oui, l'Allemagne qui a besoin de main-d'oeuvre,
00:57:51 et qui a une natalité extrêmement basse.
00:57:53 - Pas seulement.
00:57:55 - Oui, pas seulement, mais c'est l'une des raisons.
00:57:57 - 1,2 millions de personnes
00:57:59 accueillies entre 2015 et 2016.
00:58:01 - Oui, je sais.
00:58:03 - Des réfugiés. En France, on dit...
00:58:05 - C'est parce qu'ils ont des besoins de main-d'oeuvre.
00:58:07 - C'est vrai.
00:58:09 - Mais on n'est quand même pas à la traîne,
00:58:11 à ce point économique, que le rapport de force
00:58:13 ait été de 1 à 10.
00:58:15 On fait des comparaisons avec l'Allemagne
00:58:17 quand il s'agit du nombre
00:58:19 de demandes d'asile, et puis
00:58:21 quand il s'agit du nombre de personnes
00:58:23 à qui on octroie la protection,
00:58:25 on fait plus de comparaisons.
00:58:27 Donc l'Allemagne, si je peux reprendre le fil
00:58:29 de mon intervention, et répondre
00:58:31 à votre question, l'Allemagne fait des choses
00:58:33 très simples quand elle accueille un demandeur d'asile.
00:58:35 Elle leur apprend la langue,
00:58:37 elle leur donne
00:58:39 à toi, et elle leur donne
00:58:41 l'autorisation de travailler.
00:58:43 Et comme par hasard, les personnes
00:58:45 s'insèrent facilement dans la société.
00:58:47 La plupart des personnes
00:58:49 qui ont été accueillies en 2015-2016
00:58:51 sont aujourd'hui
00:58:53 parfaitement accueillies
00:58:55 dans la société allemande,
00:58:57 et l'Allemagne a en partie résolu
00:58:59 son problème de chômage
00:59:01 et son problème de démographie,
00:59:03 qui est une question qui vous est chère.
00:59:05 - Bien, oui, ça m'est chère, parce que
00:59:07 c'est aussi une question,
00:59:09 c'est celle que je posais
00:59:11 tout à l'heure, sur, effectivement,
00:59:13 l'immigration peut-elle remédier
00:59:15 au déclin de la population française ?
00:59:17 Même si le déclin n'est pas le même
00:59:19 que celui qui est constaté en Allemagne.
00:59:21 Mais c'est peut-être
00:59:23 une solution. Enfin, je sais que ça heurte
00:59:25 le groupe...
00:59:27 Est-ce que ça vous heurte ?
00:59:29 - Mais, le vrai sujet c'est quoi ?
00:59:31 Grâce aux migrants,
00:59:33 on peut régler en partie
00:59:35 le problème de déclin
00:59:37 de la population française.
00:59:39 - Depuis 2012, l'élection de François Hollande,
00:59:41 et de tous ceux qui ont souhaité
00:59:43 qu'il arrive aux responsabilités,
00:59:45 donc toutes les forces de gauche,
00:59:47 la France a vu voler en éclats
00:59:49 sa politique de natalité, sa politique familiale.
00:59:51 C'est un vrai sujet. Nous étions les champions d'Europe
00:59:53 en termes de natalité. Nous ne le sommes plus
00:59:55 aujourd'hui. - On est pas loin, on est dans les premiers.
00:59:57 - Oui, mais on a bien des grains de golés
00:59:59 en termes
01:00:01 d'enfants. - On a toujours été le deuxième après Lirona.
01:00:03 - Et on a un vrai sujet,
01:00:05 c'est que vous avez tous les
01:00:07 baby-boomers qui sont en train d'arriver à l'âge de la retraite.
01:00:09 Nous avons un pays qui est vieillissant.
01:00:11 Donc, il faut relancer de toute façon une vraie politique
01:00:13 familiale. Ça, c'est un vrai sujet.
01:00:15 De l'autre côté, par contre, je pense qu'il est
01:00:17 extrêmement dangereux, au vu de l'état de l'opinion,
01:00:19 au vu de l'acceptabilité de nos concitoyens,
01:00:21 de dire
01:00:23 "Pour rajeunir le pays, on va ouvrir les vannes."
01:00:25 Si vous faites ça, en 2027,
01:00:27 ça sera Marine Le Pen au pouvoir,
01:00:29 et je ne veux pas ça pour mon pays.
01:00:31 - J'aimerais bien répondre à ça, monsieur Bourdin.
01:00:33 - Et qu'on soit extrêmement pragmatiques
01:00:35 sur ce qui se passe. - Bien, il est midi moins le quart.
01:00:37 À tout de suite.
01:00:39 Nous allons terminer ce débat
01:00:41 dans 5-10 minutes.
01:00:43 Si vous voulez intervenir, 0826 300 300,
01:00:45 n'hésitez pas, à tout de suite.
01:00:47 - Sud Radio Parlons Vrai,
01:00:49 chez Bourdin,
01:00:51 10h30, midi 30,
01:00:53 Jean-Jacques Bourdin. - Il est 11h48,
01:00:55 Baptiste est à Argenteuil,
01:00:57 dans le Val d'Oise. Bonjour Baptiste.
01:00:59 - Bonjour Jean-Jacques, j'espère que vous allez bien ?
01:01:01 - Ça va très bien, mon cher Baptiste. Vous êtes plombier,
01:01:03 vous avez 23 ans. - Ouais, c'est ça.
01:01:05 - Alors, qu'est-ce que vous dites ? Vous dites que les gens qui viennent d'étranger,
01:01:07 c'est une concurrence déloyale.
01:01:09 - Voilà. Je voulais juste revenir sur le fait,
01:01:11 en fait, j'ai entendu une dame qui est intervenue,
01:01:13 qui a dit qu'on préférait faire YouTuber, que la jeunesse préférait
01:01:15 faire YouTuber, que venir dans le bâtiment.
01:01:17 - Oui.
01:01:19 - C'est Yvette qui disait ça tout à l'heure, oui.
01:01:21 - D'accord. Et en fait, moi je voulais juste revenir
01:01:23 sur le fait que moi j'ai fait du coup un CAP, un BAC
01:01:25 Pro, ensuite un BTS responsable
01:01:27 de chantier, donc j'ai quand même une bonne expérience
01:01:29 sur le terrain. - Oui, bien sûr. - Et en fait,
01:01:31 déjà les places en plomberie, par exemple, elles sont
01:01:33 très comptées, le nombre de demandes en
01:01:35 plomberie, elles sont énormes, et déjà
01:01:37 la plupart des patrons ne peuvent pas
01:01:39 suivre. Et en fait,
01:01:41 ce qui se passe en ce moment dans le bâtiment, c'est que
01:01:43 c'est très tendu, même pour la signature de devis,
01:01:45 etc., c'est très compétitif, même
01:01:47 il y a beaucoup de majors, on le sait,
01:01:49 qui signent des contrats à perte,
01:01:51 et en fait, derrière, eux, ils sont obligés de faire
01:01:53 venir de la main d'oeuvre pas chère, non régularisée,
01:01:55 qui va rester 6 mois,
01:01:57 1 an sur leur chantier, et qu'après,
01:01:59 ils vont partir. Donc c'est pas comparable de dire à quelqu'un
01:02:01 qui vient d'un pays où en fait il est payé
01:02:03 250 euros par mois, qu'il va rester
01:02:05 6 mois et repartir chez lui, que les
01:02:07 jeunes veulent pas faire ce métier, alors qu'il y a des métiers dans la France.
01:02:09 - Vous voulez dire, vous voulez dire, il y a beaucoup
01:02:11 de chefs d'entreprise qui en profitent,
01:02:13 qui, pour des raisons de coût,
01:02:15 préfèrent faire venir des étrangers les payer
01:02:17 250 euros par mois. - C'est ça, c'est pas
01:02:19 un secret, c'est un secret pour personne dans le bâtiment.
01:02:21 - Ouais. C'est vrai,
01:02:23 Francis Dubrac, c'est vrai. - Non, et monsieur
01:02:25 a parfaitement raison.
01:02:27 Le problème vient aussi des contrôles,
01:02:29 l'absence de contrôle.
01:02:31 Le service public, c'est un peu déli...
01:02:33 a été en délicatessence depuis une vingtaine d'années,
01:02:35 on n'a plus de police, on n'a plus de médecin,
01:02:37 mais on n'a plus d'inspecteur du travail non plus.
01:02:39 Et rentrer dans les bâtiments, c'est toujours
01:02:41 compliqué. C'est aussi violent.
01:02:43 Donc, tout ça est à prendre en compte
01:02:45 pour les contrôles dans ces
01:02:47 métiers. - Oui, il n'y a pas de contrôle,
01:02:49 Baptiste. - C'est ça, il n'y a pas de contrôle,
01:02:51 et puis aussi, il faut voir, pour les personnes
01:02:53 qui se font user sur le chantier, par exemple,
01:02:55 comme on l'a dit, c'est des scavages modernes.
01:02:57 En fait, les gens, ils viennent, au bout d'un an ou deux, des fois, ils n'en peuvent plus.
01:02:59 Et qu'est-ce qui se passe quand ils n'en peuvent plus ?
01:03:01 En fait, ils se retrouvent à porter la vilette,
01:03:03 ou à porter des portes comme ça,
01:03:05 à prendre du krach, et en fait, c'est ça la réalité du terrain,
01:03:07 dans le bâtiment. C'est qu'il y a des gens qui viennent,
01:03:09 ils sont usés pour un salaire médiocre
01:03:11 que personne ne veut faire, parce que vous, si vous avez des enfants,
01:03:13 vous préférez vos fils aller en informatique
01:03:15 et toucher les 1500, 3000 euros par mois,
01:03:17 ou qu'ils aillent se casser la tête dans le bâtiment
01:03:19 à serre-maçon pour 1000 euros ou 1000 euros.
01:03:21 - Non, mais Baptiste, vous avez parfaitement résumé.
01:03:23 Merci, Baptiste.
01:03:25 Vraiment merci.
01:03:27 Alors, le problème,
01:03:29 la liste, mettez en tension,
01:03:31 on va voir ce que va donner ce projet de loi,
01:03:33 quel métier ?
01:03:35 Comment fixer, établir une liste ?
01:03:37 - Des métiers en tension, il y en a beaucoup.
01:03:39 - Il faut discuter avec les... - Toutes les interventions
01:03:41 qu'on a en vue, montrent qu'on sait
01:03:43 dans quel secteur
01:03:45 il y a des problèmes.
01:03:47 On sait, par exemple, qu'il y a 1 million de postes
01:03:49 qui sont non pourvus
01:03:51 dans l'économie, parce qu'on oppose souvent
01:03:53 les chômeurs français. Il y a
01:03:55 1 million de postes qui sont non pourvus.
01:03:57 Vous aviez un intervenant, il y a quelques
01:03:59 semaines, qui disait 200 000, rien que pour
01:04:01 la restauration. Je ne sais pas combien c'est
01:04:03 dans le BTP.
01:04:05 Et on les connaît. C'est le BTP,
01:04:07 c'est l'hôtellerie-restauration,
01:04:09 c'est tous les métiers au service.
01:04:11 Alors là, le travail au noir, c'est vachement facile.
01:04:13 - Le nettoyage, par exemple ?
01:04:15 - Oui, l'emploi à domicile.
01:04:17 - Le ménage ?
01:04:19 - L'aide à domicile, oui.
01:04:21 - L'aide à domicile, c'est contourner la loi,
01:04:23 la nourriture, je peux finir la liste.
01:04:25 - C'est pour ça que je pense que, justement,
01:04:27 il faut un débat au Parlement, présenté par
01:04:29 le ministère du Travail, en lien avec
01:04:31 les organisations patronales, pour qu'on
01:04:33 sache où sont exactement les besoins,
01:04:35 et que chaque année, on dise "voilà, c'est simple, on vote
01:04:37 un quota, chaque année, on n'en déroge pas".
01:04:39 Et vous aurez tant d'autorisations
01:04:41 par rapport à votre besoin. - Est-ce que ça marcherait ?
01:04:43 - Ça existe dans tous les grands pays basés sur l'infiltration.
01:04:45 - Je me rappelle, il y a deux mois, on a fait une émission sur "Où sont les gens ?"
01:04:47 Je crains que tous les métiers soient
01:04:49 en tension actuellement. Je vais
01:04:51 chez les notaires, ils ne trouvent pas de personnel. Je vais
01:04:53 chez les tout-bibs, ils n'ont pas de personnel.
01:04:55 - Oui, mais attendez,
01:04:57 même si on sort du débat actuel
01:04:59 sur l'immigration, vous avez aujourd'hui, excusez-moi,
01:05:01 des gamins de 15 ans qui défilent dans la rue
01:05:03 hier, pour expliquer qu'ils ne veulent pas être à la retraite,
01:05:05 à 64 ans, qu'ils ne veulent pas de réforme des retraites.
01:05:07 Ils ne sont même pas arrivés, déjà,
01:05:09 sur le marché du travail. Je suis désolé,
01:05:11 mais pareil, vous avez des personnes,
01:05:13 le travail, ce n'est pas aliénant, et ce n'est pas
01:05:15 quelque chose qui est une charge.
01:05:17 Et pourtant, je suis issu,
01:05:19 cher M. Bourdin,
01:05:21 d'une famille populaire, et je n'ai pas de grand cadre
01:05:23 dans ma famille. Je suis fils d'infirmière,
01:05:25 petit-fils de cheminot,
01:05:27 donc il n'y a aucun problème là-dessus. Par contre,
01:05:29 simplement, c'est qu'à un moment, dans ce pays,
01:05:31 on a foutu en l'air la valeur
01:05:33 travail, et on part du principe
01:05:35 que certains métiers manuels,
01:05:37 c'est aussi le résultat de
01:05:39 plusieurs dizaines d'années de mauvaise politique
01:05:41 sur le travail, ont été parfois des métiers
01:05:43 dévalorisés. Encore, ce sont des beaux métiers.
01:05:45 - C'est vrai qu'ils ont été dévalorisés.
01:05:47 - Et, honnêtement, aujourd'hui,
01:05:49 si vous demandez, vous avez des personnes, si elles
01:05:51 deviennent plombiers, électriciens,
01:05:53 qui gagnent très bien leur vie, mais c'est des filières
01:05:55 qu'on a dévalorisées. Ça, c'est une réalité.
01:05:57 - La médecine, la chirurgie,
01:05:59 les infirmières, on les a aussi dévalorisées.
01:06:01 - Mais ça, ça a été parfois, il y a eu le numéro 6,
01:06:03 - On est en train de vider le Maghreb de leur potentiel médical
01:06:05 pour le rapatrier en France, et eux, ils n'ont plus personne.
01:06:07 - Le numéro 6, à l'époque, a été
01:06:09 imposé et souhaité par les médecins
01:06:11 qui ne voulaient pas qu'il y ait trop de concurrence entre eux
01:06:13 par rapport à leurs patients. - Pour une bonne immigration
01:06:15 choisie, si on veut mettre en place...
01:06:17 - Oui, mais seulement, je le dis. - Pardon.
01:06:19 - Pour une bonne immigration choisie,
01:06:21 si on veut mettre en place une immigration choisie,
01:06:23 il faut des contrôles. - On est bien d'accord.
01:06:25 - Or, on a personne. - Et des sanctions.
01:06:27 - Et des sanctions. - On a personne
01:06:29 pour contrôler. - Ah bah ça,
01:06:31 on a détruit une grande partie de la fonction publique
01:06:33 depuis 20 ans. Donc après, il ne faut pas
01:06:35 s'étonner qu'il y ait des problèmes. - Oui.
01:06:37 - On ne peut pas en même temps dire "la fonction
01:06:39 coûte trop cher" et en même temps
01:06:41 demander des contrôles.
01:06:43 - Je parle de la République, le drame de la France,
01:06:45 c'est de faire des lois qu'il n'est pas capable d'appliquer.
01:06:47 - Oui. Qu'on n'applique pas.
01:06:49 - Un des grands sujets du texte...
01:06:51 Un des grands sujets du texte,
01:06:53 du débat, parce que ce n'est même pas
01:06:55 dans ce texte, c'est dans deux circulaires
01:06:57 qui sont déjà publiés, c'est
01:06:59 il faut exécuter les OQTF,
01:07:01 les obligations de quitter le territoire.
01:07:03 - Oui, quitter le territoire français.
01:07:05 - Admettons. - Réduire
01:07:07 les protections pour les étrangers résidant en France
01:07:09 depuis plus de 10 ans. - Ça, c'est ce que je...
01:07:11 Ça, c'est ce que j'ai déjà dit, ça me paraît
01:07:13 une aberration. Mais
01:07:15 c'est pas ça dont je parle. - Non, c'est pas de ça
01:07:17 dont vous parlez. - Je parle des obligations
01:07:19 de quitter le territoire.
01:07:21 - Oui, le taux d'exécution est sous les 10%.
01:07:23 - Oui, mais on est le pays qui délivre
01:07:25 le plus d'obligations de quitter
01:07:27 le territoire. - Oui.
01:07:29 - On les délivre, mais on ne les exécute pas.
01:07:31 - Oui, on est dans la moyenne européenne
01:07:33 pour les exécutions. Donc,
01:07:35 je pense qu'il y a un vrai problème
01:07:37 sur la délivrance du nombre. Pourquoi ?
01:07:39 Parce que quand on fait
01:07:41 délivrer une OQTF,
01:07:43 il y a des recours qui sont derrière, parce qu'on les
01:07:45 délivre n'importe comment, et qu'il y a des personnes
01:07:47 qui font valoir leurs droits.
01:07:49 Par exemple, on délivre
01:07:51 des OQTF à des gens
01:07:53 qui sont inexpulsables. On ne va pas
01:07:55 renvoyer les Syriens, les Afghans,
01:07:57 dans leur pays, ils reçoivent des OQTF.
01:07:59 On ne va pas renvoyer des parents
01:08:01 d'enfants français, on ne va pas renvoyer
01:08:03 des conjoints de français.
01:08:05 Tout ça, on délivre des OQTF.
01:08:07 Et pour résoudre ce problème,
01:08:09 qu'est-ce qu'on fait ? On va réduire
01:08:11 dans le reste... - Les recours possibles. - Les recours possibles.
01:08:13 - Donc on va créer...
01:08:15 - On passait de 12 à 4. - On ne sait pas ce que c'est le 12 à 4 d'ailleurs.
01:08:17 - Si, vous avez un nombre de recours. Quand vous discutez
01:08:19 avec les policiers de la police de l'air et des frontières,
01:08:21 je discute avec eux quand il y a eu la volonté
01:08:23 du gouvernement... - Oui, mais on mélange tout.
01:08:25 - Mais non, attendez, si vous me laissez juste...
01:08:27 - Oui, mais comme vous ne me laissez pas parler...
01:08:29 - Vous devriez mettre des pronomètres.
01:08:31 - On n'est pas au résumé de Jean-Luc Ronchon, d'accord ?
01:08:33 Et vous n'avez pas le libéreur de 6 mots,
01:08:35 qui doit monopoliser la parole avec une vérité absolue
01:08:37 qui doit tomber, où tout le monde doit se soumettre.
01:08:39 - Finissez parce qu'il est déjà à 50.
01:08:41 - Vous pouvez être respectueux un tout petit peu ?
01:08:43 - J'ai simplement pu discuter avec des personnes,
01:08:45 dont le responsable de la police de l'air
01:08:47 et des frontières, il y a quelques mois en arrière,
01:08:49 quand on a commencé à discuter sur cette loi.
01:08:51 Aujourd'hui,
01:08:53 il vous le dit, le vrai problème, c'est que vous avez
01:08:55 tellement de possibilités de recours
01:08:57 que vous avez beaucoup de mal à
01:08:59 exécuter une OQTF
01:09:01 parce que vous pouvez rester, vous pouvez
01:09:03 mettre en centre de
01:09:05 rétention administrative, en CRA,
01:09:07 une personne pendant 90 jours.
01:09:09 Le vrai problème, c'est que vous avez tellement de recours
01:09:11 que les 90 jours ne sont pas suffisants.
01:09:13 Et le but, c'est de réduire aussi les possibilités de recours
01:09:15 parce que ceux qui ne veulent pas quitter
01:09:17 le territoire français, malgré cette obligation,
01:09:19 savent très bien que s'ils multiplient les recours,
01:09:21 derrière, ils sont obligés d'être relâchés dans la nature
01:09:23 et donc derrière, ils ne peuvent pas être expulsés.
01:09:25 - La plupart des personnes qui sont en centre
01:09:27 de dérétention sont renvoyées
01:09:29 dans les premiers jours.
01:09:31 - 11h58,
01:09:33 merci d'être venu.
01:09:35 On va parler de ce projet de loi
01:09:37 immigration avec Pascal Brice.
01:09:39 Vous connaissez Pascal Brice ?
01:09:41 Pascal Brice a été directeur de l'OFPRA,
01:09:43 l'Office français de protection des réfugiés impatrides.
01:09:45 Il est président de la Fédération nationale
01:09:47 des acteurs de la solidarité.
01:09:49 Je vais lui parler de
01:09:51 ce projet de loi, évidemment,
01:09:53 mais je vais lui parler aussi
01:09:55 d'un texte sur les squats
01:09:57 qui est en discussion aujourd'hui.
01:09:59 Une loi qui est en discussion
01:10:01 au Sénat. Il est 11h58.
01:10:03 Merci d'être avec nous.
01:10:05 Merci à tous les trois.
01:10:07 Vous êtes sur Sud Radio.
01:10:09 - Sud Radio, parlons vrai chez Bourdin.
01:10:11 10h30, midi 30. Jean-Jacques Bourdin.
01:10:13 - Bien, nous allons poursuivre
01:10:15 le débat autour du projet de loi
01:10:17 immigration présenté ce matin
01:10:19 au Conseil des ministres. Nous allons en revenir
01:10:21 sur quelques points avec Pascal Brice
01:10:23 qui a été le directeur
01:10:25 de l'OFPRA, l'Office français de protection
01:10:27 des réfugiés impatrides.
01:10:29 Il connaît parfaitement les problèmes de migration,
01:10:31 les problèmes migratoires,
01:10:33 mais il est aussi président
01:10:35 de la Fédération nationale des acteurs de la solidarité
01:10:37 maintenant, Pascal Brice.
01:10:39 Et on va parler de la loi anti-squat
01:10:41 qui est en discussion actuellement
01:10:43 au Sénat. Il s'agit
01:10:45 de durcir
01:10:47 la loi à l'encontre
01:10:49 de ceux qui occupent
01:10:51 illégalement des logements.
01:10:53 Comment la durcir ? Nous allons
01:10:55 entrer dans le détail. Des mesures
01:10:57 emblématiques. Les sanctions
01:10:59 encourues par les squatteurs seront
01:11:01 triplées. Jusqu'à 3 mois d'emprisonnement
01:11:03 et 45 000 euros d'amende contre
01:11:05 un an d'emprisonnement et 15 000 euros
01:11:07 d'amende actuellement.
01:11:09 Et puis une nouvelle infraction pour punir
01:11:11 d'une amende de 3 550 euros
01:11:13 la propagande
01:11:15 ou la publicité visant à inciter
01:11:17 le squat.
01:11:19 Il est 12h08,
01:11:21 vous êtes
01:11:23 sur Sud Radio, évidemment.
01:11:25 Vous intervenez quand vous le souhaitez.
01:11:27 Vous le savez, 0826 300 300.
01:11:29 Pascal Brice, dans un instant, avec nous.
01:11:31 - Sud Radio,
01:11:33 parlons vrai chez Bourdin. 10h30,
01:11:35 midi 30. Jean-Jacques Bourdin.
01:11:37 - Il est 12h11, merci d'être
01:11:39 avec nous, merci de nous accompagner le matin.
01:11:41 Pascal Brice est notre invité.
01:11:43 Président de la Fédération nationale
01:11:45 des acteurs de la solidarité. Bonjour.
01:11:47 - Bonjour. - Pascal Brice, vous étiez
01:11:49 directeur de l'OFPRA, l'Office français
01:11:51 de protection des réfugiés et apatrides.
01:11:53 Deux sujets qui vont nous
01:11:55 occuper. Évidemment, le projet
01:11:57 de loi Immigration
01:11:59 du gouvernement, présenté ce matin
01:12:01 au Conseil des ministres. Et puis,
01:12:03 deuxième sujet,
01:12:05 le Sénat, qui a débuté
01:12:07 l'examen de la proposition de loi sur la lutte
01:12:09 contre l'occupation illicite
01:12:11 des biens. Nous allons en parler.
01:12:13 Bien. Pascal Brice, avant
01:12:15 d'entrer dans le détail
01:12:17 de ce projet de loi Immigration,
01:12:19 rappelons certains chiffres.
01:12:21 Félix Mathieu, les habitants de
01:12:23 nationalités étrangères représentent
01:12:25 quelle part de la population en France ?
01:12:27 Un peu plus de 7,5%,
01:12:29 selon l'INSEE, soit un peu plus de 5 millions
01:12:31 de personnes. Parmi eux, 4
01:12:33 millions et demi d'immigrés n'ayant pas
01:12:35 acquis la nationalité française.
01:12:37 Et 800 000 personnes nées
01:12:39 en France de nationalités étrangères.
01:12:41 Tous ces chiffres datent de 2021.
01:12:43 En comptant les 2 millions et demi d'immigrés
01:12:45 ayant acquis la nationalité française
01:12:47 depuis leur arrivée en France, alors là, l'INSEE dénombre
01:12:49 7 millions d'immigrés,
01:12:51 soit 10% environ de la population française.
01:12:53 Oui, 68 millions de Français,
01:12:55 7 millions d'immigrés.
01:12:57 D'où viennent les immigrés vivants en France, selon
01:12:59 les estimations de l'INSEE ?
01:13:01 47,5% d'entre eux sont nés
01:13:03 en Afrique, 33% en Europe.
01:13:05 Les pays de naissance les plus fréquents
01:13:07 des immigrés sont l'Algérie, 12,5%,
01:13:09 le Maroc, 12%,
01:13:11 le Portugal, 8,5%, la Tunisie,
01:13:13 4,5%, l'Italie,
01:13:15 4%, la Turquie,
01:13:17 3,5%, et puis l'Espagne,
01:13:19 3,5%, la moitié des immigrés en France
01:13:21 en fait sont originaires d'un de ces 7 pays.
01:13:23 Comment évolue la part de population
01:13:25 étrangère dans le temps ?
01:13:27 7,7% de la population
01:13:29 étrangère en France en 2021,
01:13:31 donc c'est un point de plus
01:13:33 qu'en 1975, on s'est situé
01:13:35 alors à 6,5%
01:13:37 de la population totale. Par rapport
01:13:39 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale,
01:13:41 c'est un peu moins du double, cette proportion s'élevait
01:13:43 à l'époque à 4,4%
01:13:45 d'habitants de nationalité étrangère
01:13:47 en France en 1946.
01:13:49 - Alors avec le Covid, les migrations ont été moins
01:13:51 importantes vers l'Europe,
01:13:53 est-ce que Pascal Brice,
01:13:55 certains disent "attention, il y aura
01:13:57 dans les mois qui viennent des vagues migratoires
01:13:59 probables".
01:14:01 Vous le pensez ? - Ecoutez, moi vous savez,
01:14:03 je suis natif de l'Ouare Atlantique, donc les vagues, je sais ce que c'est,
01:14:05 ça fait longtemps qu'on annonce les vagues migratoires
01:14:07 que je vois pas.
01:14:09 C'est bien qu'on soit reparti des chiffres
01:14:11 parce que ça donne quand même une idée des choses.
01:14:13 Donc effectivement, il y a eu moins
01:14:15 d'arrivées avec la crise sanitaire, ça reprend
01:14:17 aujourd'hui.
01:14:19 Nous avons connu, vous l'avez rappelé,
01:14:21 j'étais directeur de l'Off-Print,
01:14:23 des arrivées beaucoup plus importantes
01:14:25 en Allemagne en 2015-2016.
01:14:27 Donc oui, il y a ces augmentations
01:14:29 mais pas de
01:14:31 vagues.
01:14:33 - Les vagues, j'aime pas trop
01:14:35 ce mot d'ailleurs.
01:14:37 - Oui, c'est ça, je crois qu'en fait,
01:14:39 je doute que les Français se réveillent tous les matins
01:14:41 obsédés par les migrations, mais
01:14:43 c'est quelque chose qui travaille la société
01:14:45 française sur la question de l'immigration.
01:14:47 Parce que comme la société est fragilisée
01:14:49 socialement, culturellement,
01:14:51 dire "il n'y a pas de problème", non.
01:14:53 Il y a des questions qui se posent et j'espère qu'enfin
01:14:55 ce projet de loi de l'immigration...
01:14:57 - Regardons-le un peu de près
01:14:59 avec votre regard parce que
01:15:01 vous êtes un spécialiste de la question.
01:15:03 La volonté du gouvernement, expulser davantage
01:15:05 les étrangers qui représentent une menace grave,
01:15:07 c'est-à-dire les délinquants,
01:15:09 faciliter les expulsions des étrangers
01:15:11 déjà condamnés pour des crimes et délits
01:15:13 punis de dix ans ou plus
01:15:15 d'emprisonnement. Ça vous paraît...
01:15:17 - Bien sûr. - Une bonne mesure ?
01:15:19 - Oui, évidemment. Mais d'ailleurs,
01:15:21 j'ai eu l'occasion de le dire à M. Darmanin,
01:15:23 le problème
01:15:25 aujourd'hui, un des problèmes de cette
01:15:27 non-politique migratoire, c'est quoi ?
01:15:29 C'est qu'on met des ordres
01:15:31 d'expulsion sur toute une série de gens
01:15:33 pour des motifs qui n'ont
01:15:35 strictement rien à voir avec la délinquance,
01:15:37 y compris des gens qui pourraient bosser,
01:15:39 qui voudraient bosser, qui même
01:15:41 ont un boulot. Alors,
01:15:43 qu'on cible ça sur, effectivement,
01:15:45 les délinquants, les voyous...
01:15:47 Voilà, mais qu'on change aussi cette politique,
01:15:49 parce que vous voyez bien,
01:15:51 150 000, c'est un chiffre que vous aviez certainement
01:15:53 aussi noté, 150 000
01:15:55 décisions de reconduite, d'expulsion,
01:15:57 les dernières. - Oui, les OQTF. - 10 %, voilà,
01:15:59 les fameux OQTF, 10 % réalisés.
01:16:01 Pourquoi ? Regardez en Allemagne. En Allemagne,
01:16:03 ils y arrivent 3-4 fois plus. Pourquoi ?
01:16:05 Parce qu'eux, ils mettent des OQTF sur des gens qui doivent
01:16:07 être expulsés, et les autres... - Mais c'est quoi ?
01:16:09 On les met sur n'importe qui ? - Attire l'arrigo.
01:16:11 - Attire l'arrigo ? - Attire l'arrigo.
01:16:13 - C'est-à-dire qu'il faut cibler ? - Il faut cibler. D'ailleurs, c'est un mot
01:16:15 que je commence à entendre dans la bouche du ministre
01:16:17 de l'Intérieur et de quelques-uns. Donc, voilà,
01:16:19 cibler, arrêter de mettre ça... Parce que vous
01:16:21 savez, vous l'avez dit, je suis président d'une fédération d'associations
01:16:23 qui accueille les gens qui sont à la rue,
01:16:25 etc. Parmi ceux-là, il y a des étrangers.
01:16:27 J'en vois partout, quand je vais dans le pays,
01:16:29 dans les associations. Et j'en vois
01:16:31 plein. Ils sont sous EQTF,
01:16:33 ils n'ont rien fait de mal.
01:16:35 Parfois, ils bossent, mais
01:16:37 sans papier. Ou alors, ils ne demanderaient
01:16:39 qu'à travailler. Donc, arrêtons
01:16:41 de livrer des EQTF sur tout et n'importe
01:16:43 qui. - Et réduire
01:16:45 les recours possibles ? - Oui, pourquoi
01:16:47 pas ? À partir du moment où l'on ciblerait
01:16:49 sur véritablement les problématiques
01:16:51 lourdes d'ordre public, sur les vrais
01:16:53 voyous, les vrais délinquants,
01:16:55 tout ça ne me gêne absolument pas. Mais la question,
01:16:57 c'est, est-ce qu'enfin... Vous savez,
01:16:59 M. Bordin, que vous êtes comme moi, un amateur de football.
01:17:01 En foot, on dit "on change
01:17:03 une équipe qui perd".
01:17:05 Normalement, on change une politique qui perd.
01:17:07 Ça fait 40 ans que cette politique migratoire
01:17:09 perd, parce qu'elle sème l'indignité pour les personnes.
01:17:11 - C'est vrai. - Et le désordre.
01:17:13 Le désordre dans les entreprises, qui ont
01:17:15 besoin de personnes. Et puis, dans des villes, par exemple
01:17:17 chez moi, à Nantes, des gens à la rue.
01:17:19 J'espère, encore une fois, que le gouvernement
01:17:21 et le Parlement, pour une fois,
01:17:23 prendront la mesure de tout ça.
01:17:25 - C'est indispensable. Il est
01:17:27 indispensable, un projet de loi, un texte,
01:17:29 c'est indispensable. Pour préciser
01:17:31 les choses ? - Pour tout vous dire, je pense
01:17:33 qu'on aurait pu procéder sans texte de loi.
01:17:35 Mais il y a un texte de loi.
01:17:37 Ce qui paraît indispensable,
01:17:39 en revanche, c'est qu'on change d'approche.
01:17:41 C'est-à-dire que, encore une fois,
01:17:43 celles et ceux qui sont là,
01:17:45 qui ne demandent qu'à travailler,
01:17:47 ils travaillent. Et je peux vous assurer qu'on n'en entendra plus parler.
01:17:49 - Donc vous êtes favorable au titre de ces jours,
01:17:51 mettez en tension. - Tout à fait. Il faut simplement
01:17:53 que le gouvernement et le Parlement aillent au bout de la logique.
01:17:55 C'est-à-dire que ça ne peut pas être un titre
01:17:57 mais pas un titre tout en étant
01:17:59 un titre, parce que la question c'est quoi ?
01:18:01 Est-ce que les patrons vont vouloir embaucher ?
01:18:03 Des gens dont ils diront "bon ben c'est bon,
01:18:05 il est là, elle est là".
01:18:07 Mais quelqu'un dont le titre de ces jours
01:18:09 sera précaire, etc. Donc, il faut que
01:18:11 dans les secteurs où il y a des besoins,
01:18:13 moi je comprends tout à fait qu'on limite à cela,
01:18:15 des personnes qui sont là,
01:18:17 qui travaillent ou qui ne demandent qu'à travailler,
01:18:19 et avec un titre de ces jours
01:18:21 qui soit stable,
01:18:23 de manière à ce que,
01:18:25 encore une fois, les uns et les autres puissent s'y retrouver.
01:18:27 Et puis c'est l'économie qui va s'y retrouver, c'est nous tous.
01:18:29 Vous savez, moi je ne peux plus mettre les pieds chez un boulanger
01:18:31 sans qu'il me dise "j'ai un problème,
01:18:33 je ne peux pas recruter", etc. - Mais c'est vrai, on est tous
01:18:35 confrontés à ça. Conditionner
01:18:37 les titres de ces jours à un niveau minimal de français,
01:18:39 ce n'est pas indispensable aussi ?
01:18:41 - Alors, si ce n'est conditionner,
01:18:43 il faut que les moyens soient là.
01:18:45 Il faut enfin que... Parce que,
01:18:47 effectivement, le travail et la langue, voilà
01:18:49 deux éléments clés pour
01:18:51 que les étrangers sortent
01:18:53 de la précarité. - Et s'intègrent.
01:18:55 - S'intègrent. Donc qu'on donne les moyens
01:18:57 que les personnes,
01:18:59 effectivement, apprennent
01:19:01 la langue française, travaillent,
01:19:03 et tout ira bien. - Est-ce qu'il faut réformer
01:19:05 le droit d'asile aussi ? C'est prévu,
01:19:07 réforme du droit d'asile en raccourcissant, par exemple,
01:19:09 les délais de procédure. - Ça me rappelle
01:19:11 les souvenirs, vous pouvez m'imaginer, puisque j'ai dirigé
01:19:13 l'office, et c'était déjà le cas, on les a réduits,
01:19:15 les délais sont relativement
01:19:17 courts, donc oui, il faut
01:19:19 améliorer cela, mais surtout faire en sorte que...
01:19:21 - Avec un juge unique ?
01:19:23 - Oui, oui, oui. Pourquoi pas, ça ne me gêne pas.
01:19:25 - Et des chambres territoriales du droit d'asile ?
01:19:27 - Je ne suis pas hostile à ça, à partir du moment où on respecte
01:19:29 bien le droit, ce qui sera évidemment le cas,
01:19:31 mais moi ce que je souhaite, par exemple, c'est de
01:19:33 ne plus retrouver un tiers des demandeurs d'asile
01:19:35 à la rue aujourd'hui. Que les gens,
01:19:37 encore une fois, c'est un changement de logique. C'est-à-dire qu'on
01:19:39 arrête de pourrir la vie des gens,
01:19:41 on les prend en charge vite,
01:19:43 si c'est un droit au séjour, ce qui devrait être
01:19:45 le plus souvent le cas, c'est très bien,
01:19:47 c'est une reconduite, et c'est une vraie reconduite, mais on laisse,
01:19:49 on arrête ces politiques
01:19:51 qui accumulent des procédures sur des procédures,
01:19:53 qui laissent les gens dehors, qui ne leur permettent pas de travailler,
01:19:55 et qui créent des problèmes pour tout le monde.
01:19:57 - C'est-à-dire qu'on est pragmatique, quoi.
01:19:59 On est pragmatique.
01:20:01 - On fait ce qui est utile à tout le monde.
01:20:03 - Pragmatique et en même temps, humainement,
01:20:05 supportable.
01:20:07 - Mais ce qui est utile à la société française.
01:20:09 - Ce qui est utile à la société française ?
01:20:11 - Bien sûr. - C'est que des étrangers soient là,
01:20:13 parce que ça nous fait du bien, parce que
01:20:15 la République a toujours protégé les persécutés,
01:20:17 parce que les entreprises en ont besoin, mais évidemment,
01:20:19 dans des conditions de maîtrise.
01:20:21 - Maîtriser les migrations, c'est le maître mot.
01:20:23 - Bien sûr, organiser, maîtriser,
01:20:25 et c'est tout à fait possible.
01:20:27 Donc, simplement, moi, je dis au gouvernement, au Parlement,
01:20:29 je leur demande d'aller au bout de cette logique-là.
01:20:31 Parce que, il y a un projet,
01:20:33 il y a des choses contestables,
01:20:35 il y a des choses où je dis "chiche, allez au bout,
01:20:37 le travail", mais évidemment,
01:20:39 on jugera l'arrivée au coup de sifflet final.
01:20:41 Donc,
01:20:43 je voudrais que le Parlement aussi,
01:20:45 et que tout le monde prenne ses responsabilités dans cette affaire.
01:20:47 - Bien, il y a aussi,
01:20:49 je change de sujet, il y a aussi en débat
01:20:51 au Sénat actuellement,
01:20:53 ce texte de loi
01:20:55 sur la lutte contre l'occupation illicite des biens.
01:20:57 En fait, c'est les squats, quoi, non ?
01:20:59 Non, pas que les squats, d'ailleurs,
01:21:01 c'est aussi le locataire
01:21:03 qui reste dans le logement
01:21:05 et qui ne paie plus son loyer.
01:21:07 - C'est là le problème, c'est annoncé comme une loi anti-squats.
01:21:09 Lutter contre les squats,
01:21:11 aucun problème, bien sûr.
01:21:13 Mais alors, du coup, on met
01:21:15 dans le même sac des gens
01:21:17 qui sont dans leur logement, qui ne peuvent plus payer leur loyer.
01:21:19 Ils ont paumé leur boulot.
01:21:21 Ils ont des charges de famille
01:21:23 qui font qu'ils n'y arrivent plus. Je crois que ça parle
01:21:25 à beaucoup de gens dans ce pays. Et donc, ces gens-là
01:21:27 qui ne peuvent plus payer le loyer,
01:21:29 on va les considérer comme des squatters
01:21:31 et on va les mettre en prison. Vous savez, quand est-ce qu'on
01:21:33 a aboli la prison pour dette en France ?
01:21:35 En 1867.
01:21:37 Donc, moi, j'ai relu "Les Misérables",
01:21:39 c'est totalement sidérant
01:21:41 qu'aujourd'hui, dans notre République,
01:21:43 on en soit imaginé de mettre en prison
01:21:45 des gens parce qu'ils ne peuvent plus payer leur loyer.
01:21:47 - Mais, mettre en prison, je regarde le texte
01:21:49 en ce qui concerne les loyers payés.
01:21:51 Le texte accélère les procédures judiciaires
01:21:53 dans les litiges locatifs,
01:21:55 en incluant notamment, de manière systématique
01:21:57 dans les contrats de bail, une clause
01:21:59 de résiliation de plein droit.
01:22:01 Cette clause permettrait à un propriétaire
01:22:03 d'obtenir la résiliation du bail
01:22:05 sans avoir à engager une action en justice
01:22:07 et de pouvoir ainsi obtenir
01:22:09 plus rapidement une expulsion. - Et vous avez un autre article
01:22:11 qui prévoit des peines de prison.
01:22:13 - Qui prévoit aussi des peines de prison ?
01:22:15 T'es qu'au bout d'un certain temps ?
01:22:17 D'impayé ? - Ah bah oui,
01:22:19 une fois que vous êtes en impayé,
01:22:21 une fois que
01:22:23 votre bail est résilié, que le juge
01:22:25 a dit "il faut partir",
01:22:27 vous savez qu'il y a bien des familles,
01:22:29 surtout dans la période en ce moment, qui sont dans
01:22:31 cette situation-là, pour pouvoir payer, elles ne le peuvent plus,
01:22:33 il faut qu'elles se mettent dans la rue ?
01:22:35 - C'est sûr que nous, nos associations, allons faire le boulot.
01:22:37 Mais ça veut dire qu'on met des gens
01:22:39 en prison, les menaces de ça,
01:22:41 alors que depuis des décennies, on essaye
01:22:43 d'éviter les expulsions locatives.
01:22:45 Des gens dont on sait tous que dans leur immense magie,
01:22:47 il y a des voyous, évidemment.
01:22:49 - Qui en profitent, oui.
01:22:51 - Mais il s'agit aussi de se mettre à la place
01:22:53 du propriétaire,
01:22:55 qui a besoin du loyer, peut-être,
01:22:57 pour vivre. - Mais les propriétaires, il faut les protéger,
01:22:59 c'est le droit de la République, il y a en plus
01:23:01 des propriétaires qui sont des gens qui ne roulent pas
01:23:03 sur l'or, des propriétaires âgés,
01:23:05 malades. - Qui ont besoin du loyer pour vivre.
01:23:07 - Très bien. Le président de l'Union Nationale
01:23:09 de la Propriété Immobilière, sur votre
01:23:11 antenne, il dit que ça concerne 1 à 3%
01:23:13 des locataires.
01:23:15 1 à 3%.
01:23:17 - Des propriétaires.
01:23:19 - Des propriétaires, oui, tout à fait.
01:23:21 On va remettre un truc qui a disparu
01:23:23 depuis le XIXe siècle, une peine de prison
01:23:25 parce que vous avez des dettes, vous payez pas
01:23:27 votre loyer parce que vous ne le pouvez pas.
01:23:29 Là, moi, je demande à ce que dans ce pays,
01:23:31 on s'arrête 30 secondes et qu'on réfléchisse
01:23:33 à ce qu'on est en train de faire, et moi, je compte
01:23:35 sur le Parlement et sur le gouvernement
01:23:37 pouvoir arrêter ce qui ressemble véritablement
01:23:39 à une fausse union. - Alors, quelle serait la solution selon vous ?
01:23:41 - La solution ? 1 à 3%
01:23:43 des locataires. 1 à 3%.
01:23:45 Donc, évidemment, ces personnes-là, il faut les prendre en compte.
01:23:47 Mais enfin, vous voyez bien qu'on ne fait pas une loi
01:23:49 pour ces situations-là. 1 à 3%,
01:23:51 ça veut dire qu'en réalité, le droit actuel fonctionne bien.
01:23:53 - Et le squat ?
01:23:55 - Ah bah, le squat, je vous ai dit, moi, j'ai pas de problème.
01:23:57 - Parce que j'ai vu les mesures
01:23:59 contenues dans ce texte de loi.
01:24:01 Par exemple, mesures qui trippent les sanctions
01:24:03 encourues par les squatteurs.
01:24:05 Jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros
01:24:07 d'amende contraignant aujourd'hui, et 15 000 euros.
01:24:09 - Non, mais moi, mon problème, c'est les impayés de loyer.
01:24:11 Les squatteurs,
01:24:13 bon, quand on regarde, vous savez,
01:24:15 moi, les squats, j'en ai vu dans mes différentes
01:24:17 fonctions. - Bien sûr. - On court
01:24:19 un risque en allant trop loin dans la répression.
01:24:21 C'est que des gens qui font
01:24:23 des squats à peu près, qui tiennent à peu près,
01:24:25 se mettent dans des trucs absolument effrayants
01:24:27 à tout point de vue.
01:24:29 Mais peu importe. Réprimer les squatteurs,
01:24:31 moi, j'ai pas de commentaires à faire là-dessus.
01:24:33 - Mon problème, c'est des gens, des braves gens,
01:24:35 qui sont dans leur logement... - Et qui peuvent pas payer.
01:24:37 - Et qui peuvent pas payer, et qu'on va
01:24:39 menacer de prison. - Certains ne peuvent pas
01:24:41 et d'autres pourraient et ne le font pas.
01:24:43 - Oui, moi aussi. - Encore une fois, 1 à 3%.
01:24:45 - 1 à 3%, oui. - C'est pas moi qui le dis, c'est le président
01:24:47 de l'Union de la propriété immobilière chez vous.
01:24:49 - Hum. - C'est vrai. - À votre antenne.
01:24:51 - Non, non, mais c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai.
01:24:53 Vous voyez, il y a une question sur la...
01:24:55 Qu'est-ce que c'est que la solidarité dans le pays
01:24:57 aujourd'hui ? Est-ce qu'on considère que parce que
01:24:59 1 à 3% des propriétaires sont devant
01:25:01 des choses odieuses, on doit mettre en cause
01:25:03 des dizaines de milliers de personnes
01:25:05 qui vivent dans la précarité
01:25:07 parce qu'ils peuvent plus payer leur loyer ?
01:25:09 - Oui. - Vous voyez, il y a un truc,
01:25:11 dans la société dans laquelle on est, là, je voudrais que
01:25:13 tout le monde réfléchisse avant de s'embarquer
01:25:15 dans des choses, parce qu'il y a effectivement un ou deux
01:25:17 cas ultra médiatisés et terrifiants.
01:25:19 Gardons le sens des choses.
01:25:21 La propriété protégée dans ce pays,
01:25:23 elle doit l'être, mais
01:25:25 les locataires qui sont en situation de précarité...
01:25:27 - Est-ce que certains font l'amalgame entre
01:25:29 le squat et les impayés de loyer ?
01:25:31 - Oui, en tout cas, c'est ce que font
01:25:33 ceux qui ont proposé ces droits.
01:25:35 - C'est ce que fait ce texte de loi ?
01:25:37 - Cette proposition, elle fait ça.
01:25:39 Elle mélange l'un et l'autre, alors que ça ne s'était
01:25:41 jamais fait dans le droit français depuis 1867.
01:25:43 - Et que ça n'a rien à voir.
01:25:45 - Ça n'a strictement rien à voir, puisque dans un cas,
01:25:47 les squatteurs, ils font quoi ?
01:25:49 Ils s'introduisent
01:25:51 violemment dans un logement
01:25:53 ou dans un local.
01:25:55 - Ça, c'est du squat.
01:25:57 - Mais là, je vous parle de gens qui sont entrés normalement dans leur logement,
01:25:59 qui ont perdu leur boulot, ou qui ont des charges
01:26:01 de famille.
01:26:03 - Et comment faire pour mieux protéger le propriétaire ?
01:26:05 - 1 à 3 % des cas.
01:26:07 - Oui, mais il y en a même pour 1 à 3 % des cas.
01:26:09 - Alors, écoutez, dans ce cas-là, il faut que le juge
01:26:11 se mobilise, que la police se mobilise.
01:26:13 Mais enfin, 1 à 3 %, ça veut dire
01:26:15 que dans l'immense majorité des cas,
01:26:17 le droit fonctionne bien.
01:26:19 Donc, faire une loi, remettant
01:26:21 une chose qui est quand même d'une symbolique et d'une réalité
01:26:23 terrible. Moi, je dis,
01:26:25 je connais des gens,
01:26:27 j'en connais un d'ailleurs, qui je pense s'exprimera
01:26:29 publiquement bientôt, qui est
01:26:31 un grand footballeur, qui me disait...
01:26:33 - Ça m'intéresse, je vous dis tout de suite.
01:26:35 - Vous allez voir, ça ne va plus tarder.
01:26:37 Je crois qu'il va
01:26:39 finir par dire que, lui,
01:26:41 quand il était enfant,
01:26:43 sa maman était en prison, avec une loi comme celle-là.
01:26:45 Voilà.
01:26:47 - Et Yann Thuram ?
01:26:49 - Nous verrons.
01:26:51 - Merci, Pascal Brice,
01:26:53 d'être venu nous voir ici.
01:26:55 Il est 12h26, vous êtes sur
01:26:57 Sud Radio, évidemment. Ça vous passionne ?
01:26:59 Eh bien, tant mieux. Merci.
01:27:01 Restez avec nous. André Bercov.