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  • il y a 5 semaines
Ce nouveau numéro du Banquet explore les liens entre le réel et le romanesque.
Alors que les faits divers nourrissent depuis longtemps notre imaginaire collectif, où se situe la frontière entre fiction et réalité ?
Comment la littérature, le cinéma ou les séries s'emparent-ils des faits divers et des grandes affaires politiques et médiatiques ? Que racontent ces histoires de notre société ?

Anna Cabana, Gérard Holtz et leurs invités s'interrogent sur la puissance narrative du réel et la frontière mouvante entre récit et fiction :

- Nathacha Appanah, écivaine, prix Femina 2025 pour La nuit au coeur (Gallimard) ;
- Jean-Christophe Grangé, écrivain, auteur de Je suis né du diable (Albin Michel) ;
- Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, auteur de Rien n'est jamais écrit (Robert Laffont) ;
- Peter Dourountzis, co-scénariste et réalisateur du film Rapaces (2025) ;
- Alain Bauer, professeur de criminologie, auteur de Déclinocène (Fayard).

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Transcription
00:00Ah Gérard, quel plaisir de se retrouver pour marcher vers notre banquet.
00:10On va vers le Poinçon, ce grand restaurant-là qui accueille le banquet.
00:13Et nous avons aujourd'hui des personnalités très différentes.
00:17Un super casting avec Natacha Apana, Jean-Christophe Branger, Alain Boer, Xavier Bertrand, Peter Duruntis.
00:24Enfin bref, on va parler avec eux de la question de savoir si la réalité parfois ne dépasse pas.
00:29La fiction.
00:46Bonsoir Natacha Apana.
00:48Bonsoir Anna Cabana.
00:48C'est un plaisir de vous accueillir ce soir.
00:51La nuit au cœur, le livre qui vous vaut d'être couronné par le prix Féminin.
00:55C'est un texte vertigineux, presque subjugant même sur le féminicide conjugal.
01:01Dans ce livre, vous cheminez aux côtés de deux femmes qui ont été sauvagement assassinées par leur mari.
01:06Ginès Daoud, que son mari a aspergé d'essence et qu'il a immolé dans la rue, à Mérignac.
01:11On se souvient que ça avait ému, à juste titre, la France entière.
01:15Et Emma, une cousine de votre père, que son mari a pourchassé en voiture avant de lui rouler dessus.
01:20Et ces deux histoires, Natacha Apana, vous les emboîtez à la vôtre.
01:24Cette histoire qui vous a conduite, vous, à manquer d'être tuée par le journaliste et poète de 30 ans, votre aîné,
01:30sous le lieu duquel vous avez vécu entre vos 19 et vos 25 ans.
01:34Alors c'est votre douzième livre.
01:36Et c'est votre premier très grand prix.
01:38Et c'est la première fois que vous sortez de la fiction.
01:41Est-ce que vous faites un lien entre les deux ?
01:44Entre la fiction et le prix, entre la non-fiction et le prix ?
01:47Entre la non-fiction et le prix, en effet.
01:49J'aime à penser que la nuit au cœur est à la frontière de plusieurs genres.
01:54Il y a à la fois l'écriture romanesque, l'écriture du réel, l'écriture du jeu, l'écriture du tâtonnement.
02:02Et tout ça, pour moi, ça fait partie d'un exercice, ça fait partie d'une pratique même.
02:08Et c'est vrai qu'en essayant, en tout cas au début, de raconter l'histoire, le vivant de ces deux femmes-là,
02:18et mon propre vivant, ma propre vivance, c'est un mot qui n'existe pas,
02:23je savais que j'allais devoir sortir hors du genre romanesque, tout simplement.
02:30Et justement, parfois, la réalité est plus romanesque que la fiction.
02:35Alors, c'est vrai, mais je crois que le rôle de l'écrivain, il n'est pas dans l'immédiateté de la réalité,
02:42dans l'immédiateté du fait divers, il est dans ce pas à côté, soit par l'écriture, soit par la perspective,
02:50soit par le temps aussi qu'il met entre le fait divers, entre cette réalité et le temps de l'écriture.
02:57Vous avez toujours dit, toujours écrit même, que l'écriture de soi ne vous intéressait pas,
03:01que vous étiez un écrivain de fiction. Qu'est-ce qui s'est passé ?
03:05Je crois que j'ai été, quand il y a eu le crime, ce meurtre horrible de Chahinez Zahoud,
03:13j'habitais à côté d'elle. J'étais à côté d'elle, je ne la connaissais pas,
03:16mais ça m'a convoquée, vraiment, littéralement.
03:19Vous vous êtes sentie obligée ?
03:20Oui, mais toute histoire, en tout cas pour moi, tout roman, naît d'abord d'une nécessité.
03:25Il y a tellement de livres qui existent, il y a tellement d'auteurs,
03:28il y a tellement d'histoires à raconter, qu'on veut que sa place, sa place dans ce monde littéraire,
03:34sa place romanesque, sa place dans l'écriture, soit importante, déjà pour soi,
03:39pour se regarder tous les jours dans le miroir.
03:41Et j'ai senti une nécessité. Mais comment écrire sur cette histoire-là ?
03:45Et c'est pour ça, je disais que je crois que l'écrivain, il a besoin de se détacher de cette cacophonie
03:51qui entoure le fait d'hiver, d'attendre. Et la nuit au cœur, je crois que c'est un livre sur le temps aussi.
03:57C'est un livre sur le temps de trois femmes, sur le temps de l'amour,
04:01et comment cet amour-là vire au poison.
04:04Mais est-ce que quand on sort de la fiction, quand on s'empare de la réalité,
04:07même de façon littéraire, est-ce qu'il y a plus de responsabilité pour l'écrivain que vous êtes
04:12que quand on fait de la fiction ?
04:14Oui, toute écriture fige. Même l'écriture romanesque fige un personnage
04:20dans un cadre, dans un contexte. Et là, bien sûr, j'avais une responsabilité.
04:26Mais ma responsabilité, elle était accompagnée d'un grand désir,
04:30puisque à la fois Jeannès Daoud et ma cousine Emma ont été figées dans leur mort.
04:37Leur mort horrible, leur mort barbare, leur surmort, on peut dire,
04:41parce qu'elles sont mortes avec une dimension de punition.
04:45les a figées. Et on ne peut plus penser à elles autrement que par la barbarie de ces faits-là.
04:55Moi, j'avais l'envie vraiment d'aller vers ce qu'elles étaient vivantes.
05:00Mais je sais que, là, c'est autre chose dans l'écriture du jeu,
05:03j'ai beaucoup pensé à ce mot-là. Qu'est-ce que c'est que la vérité dans un livre ?
05:11Et ça, je savais que je ne pouvais pas l'atteindre. Il y avait plusieurs vérités.
05:14Je savais que je pouvais atteindre l'authenticité, la justice, la justesse,
05:19la justice, c'est un drôle de lapsus, et la sincérité. La vérité, c'est autre chose.
05:26Et des trois femmes, vous racontez l'histoire. Vous êtes une d'entre elles et vous êtes la seule vivante.
05:30C'est ce que vous dites au début du livre. Et non seulement ce livre n'est pas le livre d'une victime,
05:34mais c'est même celui d'une femme qui prend le dessus par l'écriture.
05:40C'est l'écrivaine qui gagne et qui gagne contre l'emprise. Est-ce que c'est ça que vous avez voulu faire ?
05:44En tout cas, je ne sais pas si je gagne ou si je perds. Je crois que c'est une manière de prendre le contrôle de ce récit.
05:54Il y a toutes sortes de récits personnels, intimes, le récit national, comme on aime à le dire.
05:59Mais ce récit-là en particulier, en tout cas dans le premier chapitre où j'enferme ces trois hommes dans une pièce,
06:06de manière romanesque, de manière imaginaire, c'est une manière pour moi, par les mots, par le vocabulaire,
06:12de leur dire d'écouter maintenant, eux qui ont tant parlé, eux qui ont tant existé et qui existent toujours.
06:20À la fin du livre, vous écrivez « Je voudrais le transformer, lui, sa chair, son visage, ses paroles, ses actes,
06:26sa structure humaine et faillible en matière littéraire. Je voudrais le décortiquer comme une grande leçon de la noirceur,
06:33qu'il n'y ait plus aucun secret pour moi, plus aucun mystère, plus aucun pourquoi.
06:37Et ainsi, je le placerai dans la grande salle des fictions et je l'utiliserai à l'envie, par lamelles, par morceaux, par fractions,
06:45par fragments, où je l'oublierai à jamais, tel un personnage pas assez incarné, bancal et inintéressant.
06:53C'est le petit frappé, là.
06:55J'aime à penser que nous, écrivains, nous avons quelque chose d'un peu étrange.
07:00C'est que quand nous vivons, nous prenons des petites choses de notre quotidien,
07:07parfois une parole, parfois la personnalité qu'elle ne traite caractère,
07:11et nous le plaçons dans un endroit que nous connaissons, que moi j'appelle la pièce à fiction.
07:16Je sais que parfois je vais dans un endroit qui m'impressionne, qui me touche, qui m'émeut,
07:22et je me dis « Ah, un jour, j'utiliserai peut-être. »
07:26Ça ne vient jamais tout de suite, mais ça reste dans cette pièce-là.
07:30Et c'est vrai que ces hommes-là, leur noirceur, il a fallu attendre qu'ils deviennent matière littéraire
07:38pour pouvoir exister dans ce livre.
07:41Alors sortir de la fiction, ça ne veut pas dire tout dire et tout écrire.
07:44À l'avant-dernier chapitre, après avoir consacré des pages merveilleuses d'horreur et de force
07:50à tourner autour d'une scène horrifiante, vous décidez de ne pas la raconter.
07:56Ça, c'est pas rien, ça.
07:57Ça arrive à la fin et c'est une réelle traversée qu'a été l'écriture de ce livre et le travail avant aussi.
08:06Et j'étais arrivée à un point où je me disais « Mais en réalité, garder quelque chose à soi,
08:11c'est garder presque un moyen de chantage contre personne en réalité,
08:17mais contre cette chose qui existe et qui a voulu m'écraser. »
08:21Vous dites que c'est « Votre retour au pouvoir ».
08:24Oui, d'ailleurs, c'était un titre que j'avais proposé à mon éditrice.
08:28Pour ce livre ?
08:28Pour ce livre, là.
08:29« Mon retour au pouvoir ».
08:30Non, « Retour au pouvoir ».
08:31« Retour au pouvoir ».
08:32« Retour au pouvoir ».
08:33Et elle avait trouvé, parce qu'elle me lit depuis longtemps,
08:37elle avait trouvé que ça ne disait pas assez la poésie.
08:40C'était un peu trop belliqueux.
08:41Oui.
08:41Un peu trop politique.
08:42Oui, j'aurais aimé.
08:44De temps en temps, je l'imagine comme ça.
08:46Mais je crois que la fiction, l'écriture, peut être un retour au pouvoir.
08:51Peut être un retour de...
08:52Parce qu'il est un endroit de l'observation, il est un endroit de l'analyse,
08:56il est un endroit où on observe un biais.
09:00Et par ça, on peut comprendre certaines choses,
09:04se pardonner un peu, être moins en colère contre la personne qu'on avait été
09:10quand on avait 17 ans.
09:11Eh bien maintenant, si vous voulez bien m'attacher à Tana,
09:14on va à table.
09:15Je vous invite à me suivre.
09:24Gérard, c'est à nous.
09:26Rebonsoir.
09:27On a presque envie de vous applaudir.
09:29Surtout, surtout.
09:30Quand vous venez vous asseoir comme ça.
09:31Surtout, n'en faites rien.
09:33Bonsoir, Xavier Bertrand.
09:34Bonsoir.
09:35Vous êtes le président des Hauts-de-France.
09:36Vous venez de publier chez Robert Laffont.
09:38Rien n'est jamais écrit, malgré.
09:41Autrement, mon carrière.
09:42Eh bien, pour la première fois, vous parlez de vous à la première personne du singulier.
09:48Jean-Christophe Granger, vous, vous êtes considéré comme l'un des maîtres du thriller français.
09:53Mais aujourd'hui, eh bien, vous avez écrit un livre totalement autobiographique.
09:57« Je suis née du diable » chez Albain Michel.
10:01Bonsoir.
10:01Bonsoir.
10:02Bonsoir, Alain Boer.
10:03Bonsoir.
10:04Vous êtes professeur de criminologie.
10:06Vous êtes auteur de très nombreux ouvrages.
10:08Et là, vous venez de publier le troisième volet d'une série romanesque qui s'appelle
10:12« Conspiration au Vatican » chez First.
10:15Et on vous retrouve aux côtés de Marie Drucker dans « Au bout de l'enquête ».
10:19Donc, ce magazine qui cartonne sur France Télévisions.
10:22Bonsoir, Peter Dourounsis.
10:24Vous êtes réalisateur.
10:25Votre film « Rapace » sorti en salle cet été est visible aujourd'hui en VOD.
10:30Il retrace le parcours d'un journaliste de faits divers qui travaille pour le magazine
10:33« Détective » et qui enquête sur un féminicide.
10:37Jean-Christophe Granger, il tourne d'abord vers vous.
10:39Vous avez commencé comme journaliste.
10:41Et puis, vous avez fait la carrière que l'on sait.
10:4320, vraiment, voilà, c'est ça.
10:46Vous risquez aujourd'hui à l'autobiographie.
10:48Est-ce que ça veut dire que le réel n'a rien à envier à l'imaginaire ?
10:53Dans mon cas, oui, c'était exactement ça.
10:56J'ai grandi avec une zone d'ombre dans ma vie, sur mon père, sur tout ce qui avait pu se passer au moment de ma naissance.
11:03Je savais que c'était dramatique.
11:05Je n'avais pas les détails.
11:06Et là, j'ai décidé de plonger, de mener ma propre enquête sur mon propre passé.
11:11Et là, pour le coup, en effet, le réel valait le romanesque.
11:14Il y a un vrai, quasiment un thriller à raconter.
11:17Donc, je me suis laissé tenter.
11:19Vous êtes lâché le bandeau.
11:20Le bandeau, vraiment, c'est une phrase du livre.
11:23Je le cite.
11:24« Cette histoire est d'autant plus terrifiante que tout y est vrai.
11:27C'est la mienne. »
11:29Voilà.
11:29Donc là, vous nous dites, en fait, c'est le pire de tout ce que vous avez pu écrire.
11:32C'est votre histoire.
11:33Parce que c'est vrai.
11:34Tout d'un coup, ça prend un grain très particulier.
11:37Ce que je raconte sur ce qu'a vécu ma mère auprès de cet homme,
11:40qui était mon père et qui était totalement maléfique,
11:43ça fait peur.
11:45Après, la fiction ne peut pas dépasser ça.
11:48C'est-à-dire que là, je pense que normalement,
11:51quand on lit ça, à chaque phrase, on se dit tout de même, ça a existé.
11:55Quelqu'un a vécu ça.
11:56Et ça résonne évidemment tout à fait différemment d'un roman de fiction.
11:59Xavier Bertrand, dans la vie politique, est-ce que même ce qu'on ne peut pas imaginer, ce produit ?
12:06Je crois qu'on en a eu la preuve ces dernières années.
12:09Vous savez, moi, je suis un fan de séries, de séries télé.
12:13Il y a quand même peu de scénaristes qui auraient pu imaginer le scénario de l'élection présidentielle de 2017,
12:19et également celle de 2022.
12:23Donc là, très clairement, la réalité va beaucoup plus loin que la fiction.
12:27Les favoris qui tombent, des candidats qui s'effondrent complètement.
12:33Franchement, quel que soit le talent, notamment de réalisateur, de scénariste,
12:39je pense notamment, bien évidemment, à cette fameuse série de tournée dans la région des Hauts-France,
12:44Baron Noir, la réalité quand même.
12:46Une de vos séries préférées, n'est-ce pas ?
12:47Oui, oui, tout à fait. On est bien au-delà.
12:50Et ça avait donné un échange assez amusant avec le héros de la série sur son compte Twitter fictif.
12:55Oui, tout à fait.
12:56Mais il y a aussi des séries qui éclairent aussi ce que peut devenir la vie publique et la vie politique.
13:03La dernière, notamment La Fièvre, avec quelqu'un qui est talentueux comme ce n'est pas permis,
13:07Éric Benzécrit, montre également aussi comment ça peut être utilisé, ce que ça peut donner.
13:12Donc après, est-ce que chacun ouvre les yeux ou est-ce qu'on continue à se comporter comme des somnambules ?
13:17Là, l'avenir le dira. Et puis l'état d'esprit des uns et des autres le dira aussi.
13:21Alain Boer.
13:22Écoutez, moi, tous les matins, je reçois la liste des horreurs de la nuit,
13:26ce qui me permet plutôt de faire des ouvrages de formation pour de futurs policiers, de futurs gendarmes,
13:31de futurs analystes du renseignement, des avocats, des défenseurs des droits.
13:37Et quand je me mets à la fiction, en général, je ne prends que des faits réels.
13:41D'ailleurs, l'essentiel des faits de fiction prennent leur source dans la réalité légèrement déformée.
13:47Donc il n'y a pas vraiment de surprise. On ne peut pas faire pire que la réalité.
13:51Ce qui nous touche, en fait, avec la définition du fait d'hiver, c'est que c'est dans la maison d'à côté.
13:58C'est-à-dire que l'accident, l'incendie, le meurtre, les relations familiales difficiles, c'est juste la maison d'à côté.
14:07Et c'est pour ça qu'on se dit, mais ça va arriver chez moi éventuellement.
14:10C'est la définition du fait d'hiver, en fait.
14:12C'est arrivé près de chez vous.
14:13C'est arrivé près de chez vous.
14:14C'est parfois arrivé chez vous.
14:16Mais vous voyez, tout à l'heure, vous citiez Détective.
14:20Détective a été inventée par les frères Kessel chez Gallimard.
14:23Ce n'était pas une revue de faits divers.
14:27C'était une revue philosophique ou littéraire du fait divers.
14:31C'est ça qui est intéressant.
14:32C'est quand on revient au bout.
14:33Détective, 1928.
14:35Presque ça, presque 100 ans.
14:36Les frères Kessel avec Gallimard.
14:38Et ça a fait la fortune de Gallimard d'avoir lancé ce fameux Détective qui est en fait un magazine assez extraordinaire, sensationnel.
14:48Il ne faut pas le cacher.
14:49Les grands titres pour attirer de très très loin pour pouvoir l'acheter.
14:532,20 euros dans toutes les bonnes gares et dans toutes les librairies.
14:57Et puis avec des grands auteurs qui ont participé.
15:00Simonon a participé à la rédaction.
15:02Pierre Macorland, Gide, François Mouriac.
15:08Albert Londres ?
15:10Votre héros, il est détective je crois dans votre dernier film.
15:14Alors ce qui est extraordinaire aussi, on revient là-dessus, c'est que tout est vrai.
15:18C'est ce que vous disiez tout à l'heure ?
15:20Moi je pensais que c'était du pipeau quand même.
15:23Enfin je ne l'avais jamais lu.
15:24C'est ce qu'ils disent.
15:25Oui mais en fait tout est vrai, c'est vrai.
15:27Vous l'avez vérifié ?
15:28Je l'ai vérifié.
15:29Après c'est dans la façon dont c'est fait qu'il y a peut-être à redire sur les méthodes et aussi les méthodes d'enquête.
15:36Mais non, non, ils se tiennent à un précepte qui est si c'est vrai on imprime.
15:41Donc c'est vrai que parfois ils ne prennent pas de pincettes.
15:45Et peut-être que la vérité est toujours un peu plus brute qu'ailleurs, moins tamisée.
15:50Mais c'est ce qui est aussi assez plaisant, c'est que parfois j'ai lu des affaires qui étaient aussi chroniquées dans la presse classique.
15:58Et là il y avait quelque chose en plus.
16:00C'était peut-être le côté brut d'un procès verbal sans la plume et la retouche d'un journaliste.
16:07Donc voilà, il y a un côté comme ça un peu brut qui moi m'a plutôt plu.
16:11Après c'était des méthodes, pas de voyou mais un petit peu discutables pour aller chercher l'information qui moi forcément m'ont séduit pour une fiction.
16:20Ils sont obsédés par les détails.
16:22Tous les journalistes de ce nouveau détective là vont chercher le détail pour que l'image sorte, pour qu'on fasse marcher l'usine de l'imagination.
16:32On va écouter Alphonse Boudard qui parle justement de ce détective.
16:35Le nouveau détective veut changer de look avec sa rubrique les faits divers du temps passé.
16:41Chaque semaine c'est Alphonse Boudard en personne qui prend sa plume pour faire revivre une affaire oubliée.
16:46Les faits divers du temps passé c'est un petit peu le sel du roman.
16:50Je veux dire qu'on part des faits divers et c'est de faits divers qu'on fait des romans et qu'on fait des scénarios.
16:56Alors c'est extrêmement intéressant à étudier.
16:58Et puis ce qu'on a voulu faire c'est renouer avec le détective du point de départ qui avait été fondé par Kessel et auquel collaboraient des gens comme Mac Orlan ou comme Paul Morand.
17:14Peter, votre rapace, votre film a eu le droit d'utiliser, vous avez demandé l'autorisation à un détective qui vous a donné le droit d'utiliser le nom.
17:22Oui, après les producteurs ils n'étaient pas très chauds mais j'avais quand même envie d'aller les voir une fois que le scénario était écrit.
17:29Parce que ça s'appelait alerte au début, on ne prenait pas de risque.
17:32Mais moi j'aime bien le cinéma du réel et puis comme ils sont quand même atypiques, ils sont très singuliers, je pense que c'est les seuls, en France c'est sûr, mais en Europe à être basés uniquement sur le faits divers.
17:45Même si aujourd'hui ça s'est généralisé à la presse globalement.
17:47Tous les journaux ont aussi une rubrique faits divers qui marche très très bien.
17:53Oui, j'ai été les voir, je leur ai demandé si c'était d'accord pour eux.
17:58Je me méfiais aussi parce qu'on disait que c'était une presse, comment dire, peut-être d'extrême droite.
18:05Et donc du coup j'ai été tâter un peu le truc parce que je ne voulais pas non plus tomber dans un piège par rapport à ça.
18:12Ce n'était pas le cas, ils étaient tous assez jeunes, une équipe renouvelée et sans doute avec une vision du féminicide moderne.
18:22Ils ne parlaient pas du tout de crime passionnel comme autrefois.
18:24Donc c'était intéressant d'aller les voir et ils m'ont cédé détective.
18:29Et peut-être Rapace alors ?
18:31Oui.
18:31Rapace c'est pour eux ou c'est pour ceux qui entourent votre héros journaliste ?
18:35Non mais ce que je trouve intéressant c'est que les méthodes sont contestables et du coup forcément mes personnages principaux, on commence par s'en méfier, à les détester avant de les apprécier petit à petit.
18:48C'est une petite astuce que j'avais déjà pu réaliser dans Vaurien, mon premier film.
18:54C'est-à-dire je pense que le spectateur, il a une empathie naturelle qui fait que de toute façon, même si vous lui mettez des horreurs en face, il va se prendre de sympathie pour eux.
19:04Il va croire au meilleur et espérer le meilleur pour eux.
19:08Donc moi je trouve ça plutôt toujours intéressant de démarrer comme ça.
19:13Puis ça change du détective classique, policier, enquêteur.
19:17Il y a un climat très très très lourd dans votre film.
19:21Alors pas que, il y a des blagues aussi.
19:23Parce qu'il y a Jean-Pierre Daroussin, il y a Valérie Donzelli.
19:26Non non mais j'essaye de... Le cinéma du réel c'est aussi un mélange.
19:30Par exemple, moi la première heure, je ne suis pas dans le genre du thriller.
19:34Je suis très... On est très tranquille.
19:37C'est du cinéma... Je ne sais pas de...
19:40C'est un vendredi soir, très calme.
19:43De divertissement ?
19:44Exactement. Et puis petit à petit on y entre et on s'y enferme.
19:47Et sur la dernière demi-heure, là on est clairement dans le genre.
19:49Donc on est dans quelque chose de plus cinéma.
19:51Mais je ne voulais pas démarrer trop vite.
19:53Et donc on est dans la chronique, on les regarde travailler,
19:56on s'intéresse à leur méthode.
19:58Et puis ensuite on glisse un peu plus dans le sombre.
20:02Oui, je voulais juste dire qu'avant Détective,
20:05il y a une affaire qui va tout changer dans l'approche de la presse
20:07et des médias par rapport aux faits divers.
20:09Ça va faire Tropman.
20:111867-70.
20:12Un meurtre tout à fait horrible.
20:14Mais il y a un journal qui va naître de ça
20:16et surtout qui va pour la première fois feuilletonner le fait divers.
20:19Il va en rendre un processus par épisode.
20:22Plusieurs éditions par jour, parfois plusieurs dizaines d'éditions par jour.
20:26Des centaines de milliers d'exemplaires, des centaines de milliers de lecteurs.
20:30Alors là, une vision totalement brute.
20:32Il s'est passé ci à l'audience, il s'est passé ça.
20:35On la remet à jour, on commente l'audience.
20:37C'est un peu la presse d'information en continu
20:40ou de divertissement en continu.
20:42Chacun l'appréciera comme il veut.
20:44Mais c'est ça qui va tout changer dans l'approche des gens sur les faits de lire.
20:48C'est une presse extraordinairement populaire,
20:50extraordinairement ancrée.
20:52Et effectivement, la rubrique fait divers va entrer dans toute la presse quotidienne,
20:56partout.
20:57La presse régionale, la presse nationale
20:59et ce journal qui ne fait quasiment que cela.
21:01Xavier Bertrand.
21:02Ce que je voudrais dire, c'est que même sans ouvrir à détective,
21:04on connaissait détective.
21:05Moi, je me rappelle, même à dos,
21:07dans la rue, vous aviez détective devant les kiosques
21:10parce que vous aviez la une
21:11où devant même les bars tabac, maisons de la presse,
21:15il y avait beaucoup plus de maisons de la presse,
21:17il y avait cette une,
21:18il y avait un message qui était glaçant
21:20et ça vous marquait même si vous n'aviez jamais ouvert détective.
21:23Ce n'était pas l'époque des réseaux sociaux,
21:26mais on connaissait détective.
21:27Et moi, je me souviens d'un fait d'hiver
21:29tragique à Saint-Quentin, ma ville.
21:31La presse locale, c'est au fait état,
21:33la presse nationale et quand Détective sort
21:36avec l'illustration, meurtre à l'âge,
21:39c'était dans un hôtel, le veilleur de nuit
21:42qui avait assassiné les propriétaires pour se venger d'eux,
21:45ça prenait une dimension différente parce que c'était Détective.
21:48Tachapana, Détective, vous l'avez dit ?
21:51Non, non, j'ai vu le film Rapace
21:53et j'ai trouvé aussi que c'était un film sur le journalisme.
21:57La manière d'investiguer, la manière d'attendre
22:00on avait l'impression qu'en effet,
22:03ils avaient une échéance pour rendre leurs articles,
22:06mais qu'ils avaient plus de patience que les autres.
22:08À un moment, je crois qu'il y a une scène
22:09où Jean-Pierre Darusson attend dans un café
22:11et il sait qu'il va avoir quelque chose
22:14que les autres n'ont pas.
22:16J'ai adoré le look de ces journalistes
22:18dans votre film.
22:21Et moi, j'ai trouvé que c'était
22:23que vous ameniez très, très bien la peur.
22:27Et vous savez, cette image
22:29que vous faites des roues dans les champs,
22:32ça, c'était très réussi.
22:34Merci.
22:36Merci, merci.
22:36Merci, je dis merci.
22:37Bah oui.
22:38Alors, Jean-Christophe Ygranger,
22:40j'aimerais qu'on remonte le temps avec vous,
22:42qu'on revienne à l'année 1998.
22:45Cette année-là, vous publiez votre deuxième livre,
22:48Les rivières pourpres,
22:49qui deviendra votre best-seller,
22:51premier best-seller.
22:52Et votre coup de génie,
22:54c'est de vous être inspiré des codes américains
22:55pour écrire ce roman d'action,
22:57de suspense, de Page Turner.
22:58Enfin, je vous en passe,
22:59mais on va vous écouter.
23:01C'est le 13 janvier 1998
23:03dans l'émission
23:03Tout le monde descend, on regarde.
23:05Depuis toujours, je voulais écrire de la fiction,
23:07mais il est vrai que mon premier roman,
23:09Le vol des cigognes,
23:09s'inspirait de voyages que j'avais réalisés
23:11dans le cadre de mes reportages précédemment.
23:14En revanche, celui-là,
23:15qui se passe en France,
23:16dans les montagnes au-dessus de Grenoble,
23:18je l'ai imaginé
23:20et j'ai ensuite mené des enquêtes
23:22pour nourrir l'intrigue que j'avais en tête.
23:25Et j'ai voulu surtout apporter
23:26le maximum de détails réalistes
23:28pour apporter de la crédibilité
23:30à cette histoire,
23:30qui est assez folle
23:32et qui emmène le lecteur
23:33très très loin dans les ténèbres.
23:34Alors, le Jean-Christophe Granger
23:36de 1998 ne rit pas du tout,
23:37mais celui d'aujourd'hui,
23:38il se marre en regardant.
23:39Il se marre du Granger de 1998, oui.
23:42Ben ouais,
23:42mais enfin, il est très sérieux,
23:44il dit qu'il se documente beaucoup
23:45et tout, ce Granger-là.
23:46Je confirme,
23:47je n'ai pas changé d'avis.
23:49J'avais fait mon premier livre
23:50d'après un peu mes reportages,
23:52donc c'était bourré de voyages,
23:53bourré de choses très inédites,
23:56très exotiques.
23:57Et par instinct,
23:58je me suis dit que le suivant,
23:59il fallait que je fasse le contraire.
24:01Des gendarmes,
24:02une vallée en France
24:03et essayer de faire quelque chose
24:05d'altant,
24:06mais très très très trempé
24:09dans la réalité française.
24:11C'est ça, mais il faut se documenter.
24:12En fait, la base,
24:13la fondation,
24:14c'est la documentation.
24:15Non.
24:16Non ?
24:16C'est le talent, la base.
24:17Oh, pardon !
24:18D'accord.
24:19Le talent,
24:20OK.
24:21La documentation,
24:23c'est même pas...
24:25C'est important
24:26parce qu'il faut nourrir votre bouquin,
24:28mais si vous n'avez pas de talent,
24:30il ne faut pas de bouquin.
24:31Il faut passer votre chemin.
24:31Il faut documenter toute l'année.
24:34Quand on a le talent,
24:35d'accord.
24:35Posons, voilà,
24:36le talent,
24:37énorme talent.
24:37Après, il faut se documenter.
24:38Ah non, mais moi,
24:40j'ai toujours été journaliste,
24:41donc de toute façon,
24:42ça a toujours été ma source.
24:43Vous imprégnez de réalité.
24:45Moi, surtout,
24:46mon système,
24:47c'est d'essayer de nourrir mon histoire
24:50qui est souvent rocambolesque,
24:52avec des détails très réels,
24:54très véridiques,
24:55et de mélanger comme ça
24:56ce qui a vraiment existé
24:57et ma fiction personnelle,
25:00l'histoire que j'ai inventée,
25:01pour qu'on y croit à fond.
25:02Moi, je pense que la clé du suspense,
25:04c'est qu'on y croit.
25:05Ça a été transposé au cinéma
25:08avec un succès absolument monstrueux.
25:10C'est-à-dire qu'il y a eu
25:11un premier film à partir de mon livre,
25:13un deuxième film avec les héros,
25:15mais avec une autre histoire,
25:17écrit par Luc Besson.
25:19Et puis, plus récemment,
25:20on a fait une série aussi
25:21avec les mêmes personnages.
25:23Donc, c'est un fond de commerce.
25:26Qui n'est pas le pire ?
25:27Non, non, non.
25:28Écoutez, moi,
25:29je suis toujours touché,
25:30par exemple,
25:30quand le film repasse à la télé.
25:32Les gens le regardent
25:33comme un rendez-vous familier,
25:35mais vous voyez,
25:36c'est un film qui a plu.
25:38Et les gens sont toujours contents
25:39de le revoir
25:40avec Reynaud et Cassel.
25:41C'était un tandem génial.
25:43Oui, c'est un peu la région d'ère, là.
25:45Ah oui, tout à fait.
25:46Enfin, un programme familier
25:47plus que familial.
25:49Familier, familier,
25:50pas familier.
25:52Il est glaçant.
25:53C'est vrai qu'il y a...
25:54C'est vraiment un polar à la française,
25:56mais qui n'a rien envie
25:57à qui que ce soit,
25:57qui est devenu une référence.
25:59Oui, oui,
25:59parce qu'avec Mathieu,
26:00on était aussi partis
26:02sur cette idée-là
26:03de faire vraiment
26:04un film d'action,
26:05mais avec des gendarmes.
26:07On parle des faits divers
26:08et donc qui sont une source
26:09d'inspiration.
26:11Et Gérard,
26:12vous allez nous parler
26:13d'une des affaires criminelles
26:15les plus emblématiques,
26:16une des premières
26:17à avoir été médiatisée.
26:19Oui, l'affaire Dominici.
26:21On est en...
26:22Nous sommes en 1952
26:23dans les Alpes
26:26de Haute-Provence.
26:28L'affaire Dominici,
26:29en fait,
26:29c'est l'histoire
26:30d'un couple
26:31avec leur petite fille
26:32d'Anglais,
26:33des Drummond.
26:34Ils sont en vacances
26:34sur la Riviera.
26:36Ils vont remonter
26:37en voiture
26:37et puis ils vont s'installer
26:39sur le bord de la route
26:40pour camper
26:40parce qu'ils sont
26:40un peu fatigués.
26:42Et puis à 1h du matin,
26:431h10 exactement,
26:44on entend 5, 6, 7 coups de feu.
26:47Le drame horrible
26:49qui vient d'ensanglanter
26:50la petite ville de Fort-Calquier
26:51et qui a fait 3 cadavres
26:52appelle l'indignation universelle.
26:55Toute la population
26:56a accompagné au cimetière
26:57les restes de la famille Drummond,
26:59brutalement assassinées
27:00alors qu'elles campaient
27:01dans les environs.
27:03L'enquête,
27:03malgré tous les efforts,
27:04n'a pas encore abouti.
27:06Le paysage garde son secret,
27:09la durance son mystère.
27:11Près de la voiture des victimes,
27:12on a retrouvé l'arme du crime.
27:14Regardez-la bien,
27:15le moindre renseignement
27:17peut aider à retrouver l'assassin.
27:24Le procès a eu lieu
27:25deux ans après
27:26et Gaston Doménissi,
27:28parce qu'ils se sont un peu
27:29embrouillés dans l'enquête
27:30sur...
27:31Il y a eu des aveux
27:31et puis ils sont revenus
27:32sur leurs aveux.
27:34Il a été condamné à mort.
27:36Gaston Doménissi, le père,
27:38il a été condamné à mort
27:39et puis ensuite
27:39il a été gracié
27:41par René Coty,
27:43le président de la République.
27:44Donc Gaston a été libéré
27:45pour des raisons de santé
27:46et il va mourir en 1985.
27:48Mais on n'a vraiment
27:49jamais su
27:50le fond de l'affaire.
27:52Il y a eu plusieurs thèses,
27:53dont une qui est absolument incroyable.
27:55On a dit que c'était
27:56des types du KGB
27:57qui s'étaient rapprochés
27:59des drumondes
27:59parce que lui avait été
28:00agent secret pendant la guerre.
28:02On est remonté
28:03sur sa personnalité
28:04pour se dire éventuellement
28:05que ce serait le KGB.
28:07Gaston Doménissi,
28:08lui, avait été déclaré coupable.
28:09Je vois vos yeux malicieux,
28:11Alain Boer.
28:12Non, c'est très compliqué
28:13parce que dans les affaires criminelles
28:15dont on sait tout
28:15mais où on ne peut rien prouver,
28:17on est toujours
28:17dans cette extraordinaire
28:18expectative
28:19où on passe notre temps
28:20avec tous les journalistes
28:22spécialisés,
28:24les experts, etc.
28:25On a,
28:26dans l'affaire Grégory
28:27et dans certains nombres,
28:28des perceptions
28:31extrêmement précises
28:32de ce qui s'est passé,
28:33une connaissance
28:34extrêmement exacte
28:35des faits
28:35et une impossibilité
28:37à prouver
28:37quoi que ce soit
28:38ni d'un point de vue
28:40de la magistrature
28:41ni notre capacité
28:42à l'écrire.
28:42Alors on fait des hypothèses
28:44juste pour montrer
28:45que présomption d'innocence,
28:46on ne va pas trop loin,
28:47on respecte
28:48ce qui est assez naturel
28:49d'ailleurs,
28:50des règles qui s'imposent
28:51mais dans l'affaire
28:52Doménissi,
28:52il y a des assurances précises
28:56de la réalité
28:56de ce qui s'est passé
28:57comme un complot familial
28:59s'étant traduit
29:00par la prise en compte
29:01par le patriarche
29:03des exactions
29:04d'au moins un de ses enfants.
29:07Mais les plus belles affaires
29:08c'est les affaires
29:09où il n'y a pas de cadavre,
29:11il n'y a rien.
29:11Par exemple l'affaire Méchineau,
29:131972 à Cognac,
29:15le soir de Noël,
29:16les deux parents,
29:17les deux enfants disparaissent,
29:18on n'a jamais rien retrouvé
29:19du tout,
29:20ni auteur,
29:21ni victime,
29:22ni scène de crime.
29:24Là on est en fait
29:24dans le mystère
29:25le plus absolu,
29:26un thème pour M. Granger
29:29parce que là
29:30on n'est pas dans le mal absolu,
29:31on est dans le mystère absolu,
29:32une autre dimension même
29:34d'une affaire réelle
29:35sur laquelle on peut
29:36tout écrire
29:37et tout imaginer.
29:38Je dis souvent,
29:39y compris au bout de l'enquête,
29:41que si on m'expliquait
29:42que les extraterrestres
29:43ont enlevé les Méchineaux,
29:44je dirais pour la première fois
29:45peut-être de ma vie
29:46et la seule,
29:46pourquoi pas ?
29:47Ça peut être un thème
29:48ça pour vous ?
29:49Pas mal,
29:49pas mal,
29:50pas mal.
29:50Oui,
29:51des fois je suis comme ça
29:52quelques affaires,
29:53la tuerie de Chevaline
29:54par exemple,
29:55on n'a jamais su
29:56ce qui s'était passé.
29:57Et là vous avez
29:58des expériences.
30:00Possible ?
30:01Oui,
30:01moi je n'en sais rien personnellement.
30:03Des extraterrestres ?
30:04Xavier Bertrand ?
30:05C'est aussi une affaire
30:07qui a donné lieu
30:08à un film,
30:09c'était avec Gabin
30:10si je ne me trompe pas
30:11l'affaire Dominici
30:12et moi je suis né en 65,
30:14l'affaire Dominici
30:15était lointaine
30:15mais avec le film
30:16on a revécu
30:17cette actualité,
30:18une formidable interprétation
30:20de Jean Gabin.
30:20Il y a un style,
30:22un doute permanent
30:23qui est justement
30:24un des éléments
30:25de la construction
30:26de,
30:27il y a quand même
30:27une réalité dans cette affaire
30:28même si on ne peut
30:29rien prouver.
30:30Sauf sa condamnation
30:31qui est elle
30:32définitive
30:33malgré la grâce partielle.
30:36Mais avec un thème
30:36absolument tragique
30:37et pourtant
30:38une interprétation
30:39de Gabin
30:39qui est magistrale
30:40notamment la scène
30:41de la reconstitution
30:42où là on donne
30:43une autre dimension
30:44que le tragique.
30:45C'est un film
30:45qui m'avait marqué.
30:46Mais en fait
30:46le goût
30:47pour les faits divers,
30:48là je me tourne
30:49vers le professeur
30:50en criminologie encore,
30:51mais le goût
30:52pour les faits divers,
30:52il va crescendo ou pas ?
30:54L'Antiquité romaine,
30:55le matin au forum,
30:56vous aviez quelqu'un
30:57qui vous racontait
30:57les faits divers de la nuit.
30:59A l'époque,
30:59l'enquête ne durait pas
31:00six mois,
31:01on vous racontait
31:02ce qui s'est passé,
31:03on passait directement
31:04de l'interpellation
31:05à la condamnation,
31:06tout ça a été
31:07extrêmement rapide,
31:08mais c'était déjà là.
31:09Puis ensuite,
31:09on commence à publier
31:10et à afficher
31:12les décisions
31:13de justice
31:15et les proclamations.
31:16Donc c'est toujours
31:17un effet de forum.
31:19Il y a toujours
31:19le grand public
31:20qui attend.
31:20et puis vous supprimez
31:22le crime de la tragédie
31:23du théâtre grec antique
31:25de l'opéra classique,
31:26il ne vous reste pas
31:26grand-chose à vous mettre
31:27sous la dent quand même,
31:28il n'y a rien d'intéressant.
31:29Donc le crime
31:30est un élément permanent
31:31de la culture populaire,
31:34même au sens
31:34des plus érudits
31:36de l'époque,
31:37qu'ils aillent au théâtre,
31:38à l'opéra,
31:38au cinéma,
31:40à la télévision,
31:41dans les journaux,
31:42y compris des grands
31:43journaux littéraux.
31:44Non, ça ne va pas
31:45crescendo,
31:46mais la multiplication
31:46des médias
31:47et des supports
31:49permet,
31:49et les réseaux sociaux,
31:51aujourd'hui,
31:51ils vous donnent
31:52des émissions
31:53et des supports,
31:54alors qu'ils ne sont pas
31:55vraiment des influenceurs
31:56parce qu'ils ne vendent
31:56pas grand-chose,
31:57mais qui racontent
31:59des faits criminels.
32:01Moi, il ne se passe pas
32:01une semaine
32:02sans que j'ai droit
32:02à cinq ou six invitations
32:03pour aller faire
32:04un podcast
32:05ou une émission
32:07avec 160 000 abonnés,
32:09250 000 abonnés,
32:10300 000 abonnés
32:11sur un fait divers
32:12que par ailleurs
32:13j'ai peut-être déjà traité
32:14avec Marie Drucker
32:15au bout de l'enquête
32:16ou qu'il sera peut-être
32:17un jour
32:18ou dont je n'ai jamais
32:18entendu parler,
32:19ça arrive aussi,
32:20mais c'est un élément
32:21d'intérêt public.
32:23En fait,
32:23le crime,
32:24c'est la vie.
32:24Le crime,
32:25c'est la vie.
32:26Matacha,
32:27Panna ?
32:28Ce qui est intéressant
32:29dans ce que vous disiez,
32:30c'est que je l'ai...
32:32quand il y a eu le meurtre
32:34de Chahinez Daoud
32:35en 2021,
32:36j'ai pu,
32:37pendant plusieurs semaines
32:39et plusieurs mois,
32:41observer la manière
32:42dont il y a une sorte
32:44de cacophonie
32:45autour d'un fait divers.
32:46Il y a déjà
32:46les articles,
32:48les premiers articles
32:49qui sortent
32:50avec des imprécisions.
32:55Et ensuite,
32:55il y a plusieurs voix,
32:56les voix des voisins,
32:59les voix policières,
33:00les voix anonymes
33:01qui font une sorte
33:04de brouhaha
33:05autour de ce fait divers-là.
33:07Et je trouve
33:08qu'aujourd'hui,
33:10il y a une écriture
33:10très intéressante
33:11du fait divers
33:12dans les grands journaux
33:14avec une sorte
33:16de déploiement
33:17sur le temps.
33:20Moi,
33:21j'ai eu énormément
33:23de curiosité
33:24parce que je savais
33:25que ce n'était pas
33:25ma place.
33:26Ma place,
33:27elle n'était pas
33:27dans ce moment-là.
33:28à ma place,
33:29elle était après.
33:30Quand tout ce...
33:32Vous voyez,
33:32cet intérêt-là
33:33avait été redescendu.
33:37Le temps de l'écrivain,
33:38il est après.
33:39Et moi,
33:40je n'étais pas
33:40à la recherche.
33:41En tout cas,
33:42pour Chahinez Daouït,
33:43c'était très documenté.
33:44Les choses étaient...
33:45La demi-heure
33:46où elle meurt,
33:47on peut la décortiquer
33:49en secondes.
33:51Mais par exemple,
33:51pour ma cousine,
33:52qui est morte
33:53il y a plus de 20 ans,
33:54plus rien n'existe.
33:55Et vous avez parlé
33:57à un moment
33:57du crime passionnel.
33:59C'était un moment
34:00où ces choses-là
34:01se disaient.
34:02Et non seulement
34:02ils se disaient,
34:04mais ils étaient
34:04dans l'imaginaire
34:07de chacun.
34:08C'est-à-dire,
34:08ce qui arrivait,
34:10ce que j'appelle,
34:11moi,
34:11le féminicide conjugal,
34:12c'est-à-dire
34:12ce qui arrive
34:13au sein d'un foyer,
34:17est teinté
34:17de quelque chose
34:19de...
34:19Ah,
34:19c'est de l'intimité,
34:20on ne doit pas
34:21s'en mêler,
34:22il y a de l'amour,
34:24il y a le corps.
34:25Et c'est pour ça
34:26le crime passionnel
34:28a infusé
34:28complètement
34:29dans la vie.
34:31Mais aujourd'hui,
34:31la réponse judifière
34:33en France,
34:33elle est plutôt exemplaire.
34:36Il y a un point
34:38qui me marque beaucoup
34:39quand il y a
34:39le traitement médiatique
34:41des faits divers,
34:43c'est comment réagissent,
34:45comment subissent
34:45ça les proches
34:46des victimes.
34:48Parce qu'il y a
34:50les victimes
34:50quand elles ne sont pas décédées,
34:51comment elles peuvent
34:52être hermétiques
34:53à tout ce traitement,
34:54il y a des choses
34:54justes qui sont écrites,
34:55il y a n'importe quoi
34:56qui est écrit
34:57et surtout les proches.
34:58J'ai eu un long échange
35:00avec des amis
35:02dont le fils
35:03est décédé,
35:04défenestré
35:05et on ne sait pas
35:06quelle est la cause,
35:06s'il y a des criminels
35:07ou accidentels.
35:08Et il me disait
35:09quand ça va savoir,
35:11il y a déjà la douleur
35:12de l'avoir perdu,
35:14comment on va réagir
35:15par rapport à toute
35:15cette avalanche
35:16de nouvelles,
35:17de gens qui vont nous demander,
35:19des gens qui ne savent rien
35:20qui vont parler
35:20et puis derrière aussi,
35:22il y aura ensuite le procès
35:23et on va revivre ça.
35:25Et je ne sais pas comment,
35:26quand on est des proches
35:28de la victime,
35:29comment on peut subir
35:29ce choc en plus.
35:31Je ne sais pas,
35:31je ne sais pas si Alain
35:32a des réponses là-dessus
35:34mais ça doit être terrible en plus.
35:35J'en rencontre beaucoup,
35:37j'étais il n'y a pas longtemps
35:38dans une assemblée générale
35:39de personnel
35:40de l'assistance sociale
35:42et psychologique
35:43dont un des membres
35:45avait été assassiné
35:46par un de ses patients.
35:47Donc il y avait déjà
35:48l'effet de groupes
35:49de gens qui voient
35:50l'horreur,
35:51la douleur,
35:52le mal,
35:53la folie au quotidien
35:55et en plus,
35:55il y avait les parents
35:56qui étaient présents
35:57et très franchement,
35:59je ne savais absolument pas
36:00comment aborder
36:01la question
36:03de leur propre souffrance
36:05par rapport à un sujet
36:07où ils étaient
36:08entre professionnels
36:09tout en amenant
36:10une dimension
36:11éminemment personnelle,
36:12eux-mêmes n'étant pas
36:13du secteur médico-social
36:15et j'ai dit
36:17ce qui est ma réaction
36:18par rapport aux familles
36:19en général,
36:20c'est les familles
36:20dans leur douleur
36:21ont droit à tout dire,
36:23tout penser,
36:24tout craindre,
36:24tout exprimer.
36:26Et j'ai lu il y a quelques jours
36:27un excellent ouvrage
36:29d'un de vos confrères,
36:30Paul Gassnier
36:31qui raconte sa douleur
36:33après la mort de sa mère,
36:36après un terrible accident
36:38de moto
36:39par un jeune homme
36:41sous emprise
36:42de je ne sais pas quoi
36:43ayant emprunté
36:44ou volé cette moto
36:45et la haine
36:46qu'il a ressentie
36:47pendant dix ans
36:48avant enfin
36:48d'aller essayer
36:50de comprendre
36:50ce qui s'était passé.
36:51Et ce qui est extraordinaire,
36:53c'est qu'il a à la fois
36:54été d'une vérité absolue
36:56en exprimant
36:57toute la haine
36:58qu'il a ressentie
36:59et le temps
37:00qu'il lui a fallu
37:01pour la surpasser
37:02alors même
37:03qu'il est journaliste
37:04chez Quotidien
37:05plutôt considéré
37:06par ceux
37:08qui n'aiment pas Quotidien
37:09comme la gauche
37:09bien-pensante
37:10qui excuse tout,
37:11etc.
37:12Et j'ai cru à un moment
37:13je lui ai dit d'ailleurs
37:13qu'il allait nous faire
37:14un petit syndrome
37:16de Stockholm
37:17c'est-à-dire
37:18dire qu'en fait
37:18c'est de sa faute
37:19parce qu'enfant de petit bourgeois
37:20c'est de sa faute
37:21et bien c'est pas ça
37:22qui s'est produit
37:23et ça c'était vraiment
37:24un moment de vérité absolue
37:26sous une forme
37:28qui n'est pas du tout
37:29de la fiction
37:30qui est un document véridique
37:32Oui, un récit
37:32C'est un récit littéraire
37:34et qui est très intéressant
37:35parce qu'il montre
37:36comment on peut surpasser
37:37la haine, la violence
37:39le temps qu'il faut
37:40mais aussi
37:41toutes les étapes
37:42qui permettent
37:43d'aller vers la compréhension
37:44sans arriver vers l'excuse
37:46et c'est un travail
37:47très difficile
37:48et tout à fait remarquable
37:49C'est la question
37:50du pas de côté
37:50que pose Natacha Apana
37:52et qu'elle a explorée
37:53dans son cri dans la nuit
37:55Oui, je...
37:58C'est étrange
37:58vous avez dit
37:58le cri dans la nuit
37:59La nuit au cœur
38:01La nuit au cœur
38:02c'est le cri dans la nuit aussi
38:03C'est un lapsus
38:05C'est beau
38:05Tant de titres sont possibles
38:07après la publication d'un livre
38:10Mais moi j'étais très curieuse
38:13et assez fascinée
38:15par le temps de la justice
38:17J'ai assisté au procès
38:19de l'assassin Chahinez Zahoud
38:22Ça s'est passé à Bordeaux
38:24aux assises de Bordeaux
38:26et j'avais très peur
38:29d'y aller
38:29C'était la première fois
38:31que j'assistais à un procès
38:32d'assises
38:32et il y a un sens du protocole
38:35il y a presque une rigidité
38:38à la fin de chaque journée
38:40j'étais reconnaissante
38:42pour ce protocole-là
38:44parce qu'il y avait là
38:46l'espace d'expression
38:48d'une vérité
38:50et quand les émotions sortaient
38:52là vous avez parlé
38:53de la souffrance
38:53quand les émotions sortaient
38:55elles sortaient quand même
38:57dans une sorte de pensée
38:58elles ne sortaient pas
38:59en pleurs
39:00ou de manière extrêmement
39:02sentimentaliste
39:03mais elles sortaient
39:04entourées
39:06encadrées
39:07par ce lieu
39:08ça c'était très étrange
39:10par exemple
39:10moi je ne pensais pas
39:11qu'au cours de ce procès
39:13on allait parler d'amour
39:14et bien si
39:15les proches sont venus
39:18et ont parlé de l'amour
39:20qu'elles avaient
39:20qu'elles ont encore
39:22pour leur fille
39:23et ça c'était formidable
39:24d'entendre ça
39:25dans un procès d'assises
39:27les institutions permettent
39:29de créer un écrin
39:30je n'imaginais pas ça
39:32vraiment
39:33je n'imaginais pas que
39:34c'est un lieu froid
39:36c'est un lieu extrêmement cadré
39:38avec
39:39voilà
39:40tout un cérémonial
39:42très précis
39:43et pourtant
39:44ça permet
39:45à quelque chose
39:47d'infusé
39:47qui n'existerait pas
39:49si tout était permis
39:50je crois
39:51Xavier Bertrand
39:53non je
39:53je pense au procès
39:56au procès d'assises
39:58je pense à tout cela
39:58et c'est vrai que
40:00j'ai certainement été
40:01très marqué
40:02par des faits divers
40:03dans mon adolescence
40:04j'habitais Troyes
40:05au moment où
40:07le petit Philippe Bertrand
40:08qui avait à peu près
40:09mon âge
40:09a été assassiné
40:11par Patrick Henry
40:12c'était à l'époque
40:13ou par les réseaux sociaux
40:14on était appelé
40:15par des journalistes
40:16on pensait en regardant
40:17dans la Neuert
40:17c'était la Neuert
40:18à l'époque
40:18c'était nous
40:19qui étions touchés
40:20par ce drame
40:21et donc j'avais tout suivi
40:22j'étais pourtant adolescent
40:24j'avais tout suivi
40:25ensuite du procès
40:26qui avait lieu
40:27et pour ne rien vous cacher
40:28c'est une résonance particulière
40:29après la panthéonisation
40:31de Robert Baninter
40:32c'est parce que
40:33j'avais tout suivi
40:34comme beaucoup
40:35personnes à l'époque
40:36même en étant très jeune
40:37je pensais qu'il fallait
40:38un peu la loi du talion
40:39on enlève la vie
40:40on enlève la vie
40:41donc c'était la peine de mort
40:42et je me rappelle
40:43de cette terrible
40:44formidable plaidoirie
40:46de Robert Baninter
40:46qui à un moment donné
40:48je pense que c'est
40:49en partie ça
40:50qui emporte la décision
40:51des jurés
40:51il dit qu'on ne vienne pas
40:53me parler
40:53de la dissuasion
40:54que provoque
40:55la peur de la mort
40:57la condamnation
40:58la peine de mort
40:58parce qu'il dit
40:59quand Buffet et Bontemps
41:00avait été au tribunal
41:02ici au gris du tribunal
41:04il y avait un homme
41:05qui hurlait
41:06avec les autres
41:07Amor Buffet Amor Bontemps
41:08et ce jeune homme
41:10s'appelait Patrick Henry
41:11alors qu'on ne vienne pas
41:12parler de l'effet dissuasif
41:13et ça m'avait profondément marqué
41:15et c'est pour ça
41:16je crois que
41:16l'effet divers
41:17peut-être plus à l'époque
41:18qu'aujourd'hui
41:19il n'y a pas la multiplication
41:20des réseaux sociaux
41:21des canaux d'information
41:22mais je pense que
41:23ça nous a beaucoup marqué
41:24pas seulement sur le drame en soi
41:26mais sur ce que cela veut dire
41:27notamment aujourd'hui
41:28sur la question des féminicides
41:29c'est une vraie réflexion
41:30sur la justice
41:31c'est une vraie réflexion
41:32sur la démocratie
41:33c'est tout cela aussi
41:34et qui rappelle que
41:35la sécurité en soi
41:37ce n'est pas un projet
41:39de société en soi seulement
41:41mais c'est quand même
41:42un vrai prérequis
41:42avec en n'oubliant pas aussi
41:44ce qu'est la justice
41:45et le respect de la justice
41:46Vous avez vu
41:47vous êtes le seul politique
41:49à cette table
41:49et personne ne vous a parlé
41:50de l'instrumentalisation politique
41:52des faits divers
41:53je suis obligée
41:53de vous poser la question
41:54est-ce que vous l'avez ?
41:56à bannir
41:56et dans ce que disait Alain Bauer
41:58sur Pâle Gassier
41:59c'est qu'il voit bien
42:01qu'à un moment donné
42:02à aucun moment
42:04pardon
42:05il y a cette idée
42:05de l'instrumentalisation
42:06l'idée de sombrer
42:07véritablement
42:08dans une forme
42:09de revanche
42:10le refus
42:12de l'instrumentalisation
42:12c'est ça qui est important
42:13et c'est vraiment
42:14des leçons
42:15pas de courage
42:16de dignité
42:16qui sont données
42:17et de toute façon
42:18ces instrumentalisations
42:20on le voit bien
42:20quand il y a des drames
42:21il y en a qui se précipitent
42:22sur les plateaux
42:23et qui sont plus agiles
42:25plus rapides
42:25que les enquêteurs
42:26pour dire ce qui s'est passé
42:27tout ça est à vomir
42:29mais je pense que les gens
42:30se rendent compte aussi
42:31au bout d'un moment
42:32que c'est pas ça la justice
42:33et que le respect des victimes
42:35doit l'emporter plus que tout
42:36mais c'est aussi une forme de fiction
42:37c'est-à-dire que chacun
42:38quand même l'instrumentalisation
42:40il crée de l'imaginaire
42:42et de la politique
42:43sur la réalité
42:44oui sauf que la réalité
42:46c'est la douleur
42:47des proches des victimes
42:48c'est ce que ressentent
42:50les victimes dans leur chair
42:51et puis c'est au final
42:52que la justice passera
42:53et qu'il faut la respecter
42:54parce que c'est l'un des piliers
42:56de la démocratie
42:57le monde politique
42:58a été aussi touché
42:59par des affaires
43:00et des faits divers
43:01on pense à
43:03Pierre Bérégovoy
43:04avec tout ce que ça avait comporté
43:07autour justement
43:07de commentaires
43:09de réactions
43:10Pierre Bérégovoy
43:11l'ancien premier ministre
43:12donc on a retrouvé
43:13on a retrouvé son corps
43:14du côté de Nevers
43:16sur le bord de la rivière
43:18puis il y a eu Robert Boulin aussi
43:19là aussi
43:21on retrouve son corps
43:22près d'un étang
43:23on a conclu un suicide
43:25il y a eu l'affaire De Manche
43:27là on est fait divers
43:30monde politique
43:31avec des réactions aussi
43:32de chacun des camps
43:33oui mais
43:35pour en arriver
43:36à quelle conclusion
43:37Gérard
43:40pour ne pas utiliser
43:41pour ne pas que certains
43:42utilisent
43:43c'est ce que disait
43:44Anna tout à l'heure
43:45qu'on ne cherche pas
43:46à récupérer
43:47qu'on ne cherche pas
43:47à exploiter
43:48qu'on ne cherche pas
43:49à critiquer
43:50les juges
43:51appliquent
43:52les lois
43:53qui ont été votées
43:54par des responsables
43:55politiques
43:56ils ont un arsenal
43:58juridique
43:58un code pénal
43:59à leur disposition
44:00et si l'on estime
44:02que ce code pénal
44:02n'est pas adapté
44:03je pense pour ma part
44:04qu'il doit y avoir
44:05des adaptations
44:06on change les lois
44:07on change les lois
44:08mais pour le reste
44:09moi vous savez
44:11même quand des décisions
44:12de justice
44:12m'ont été défavorables
44:13en tant que président de région
44:14je ne les ai jamais
44:15remises en cause
44:16parce que quand on commence
44:17à remettre en cause
44:18les décisions
44:19qu'elle plaise ou non
44:20c'est un pilier
44:21de la démocratie
44:22que l'on attaque
44:23et encore une fois
44:24on est à une époque
44:25où on voit bien
44:25qu'on en prend à son aise
44:28avec les piliers
44:28de la démocratie
44:29le respect de la loi
44:30le consentement à l'impôt
44:31l'état de droit
44:32il faut qu'on fasse très attention
44:34à ce que nous ne soyons pas
44:35des somnambules
44:36qui ne voyons pas
44:37qu'on continue à parler
44:37de démocratie
44:38mais qu'on est en train
44:39de suivre un chemin contraire
44:41il est temps
44:42de se réveiller quand même
44:43alors avant de se réveiller
44:45tout à fait
44:46Xavier Bertrand
44:46si vous voulez bien
44:47on va sourire avec Gérard
44:49qui nous a préparé
44:50enfin qui nous a à vous
44:52préparé un petit quiz
44:53un petit quiz
44:54absolument
44:54un petit quiz
44:55sur quelques faits divers
44:57alors justement
44:58dans le film
44:59de l'affaire Dominici
45:01de 1973
45:02qui incarnait
45:04Gaston Dominici
45:05à l'écran
45:05on l'a dit tout à l'heure
45:07vous l'avez dit tout à l'heure
45:08oui
45:08donc vous marquez 10 points
45:09bravo
45:10Jean Gabin
45:11je vais faire un peu d'avance
45:12par rapport à Alain Boer
45:13mais ça
45:14bonjour aux spécialistes
45:15qui sont là
45:15c'est bien
45:16quel film d'Henri-Georges Clouseau
45:18s'inspire directement
45:19d'une série de lettres anonymes
45:20le Corbeau
45:21bravo
45:221943
45:23c'est pas deux heures au milieu
45:25d'accord
45:25une vraie série
45:27c'est une fiction
45:28c'est pas du tout une fiction
45:31celui-là normalement
45:32est très connu
45:32un peu quand même
45:33j'attends que ce soit difficile
45:35un film
45:36le talent de Jean-Christophe Granger
45:38doit prendre son temps
45:39oui
45:39attention
45:40le film de Bertrand Tavernier
45:43avec Philippe Noiret
45:43qui revient sur une affaire
45:45L'Horloger de Saint-Paul
45:46L'Horloger de Saint-Paul
45:47Peter
45:4710 points
45:48non 20 points
45:4920 points
45:5020 points
45:51quelle série de TF1
45:54revient sur l'affaire du petit Grégory
45:55survenue en 1984
45:57le nom de la série
45:59c'est Christian Lamotte
46:00qui a réalisé
46:01Jean-Christophe
46:02c'est pour vous alors
46:02ça devient difficile
46:03série de TF1
46:05sur une affaire du petit Grégory
46:06une affaire française
46:07une affaire française
46:08Jean-Christophe
46:10bravo
46:1030 points
46:11très bien
46:12film de Chabrol
46:14Claude
46:14s'inspire du double meurtre
46:16un comique par Christine
46:18et Léa Papin
46:19si je dis deux bonnes
46:21ça va vous
46:21et Natacha
46:22oui la cérémonie
46:23la cérémonie
46:24la cérémonie
46:25la cérémonie Natacha
46:26très bien
46:27bravo
46:27le film de Jacques Deray
46:29adapté d'un fait divers
46:31sur un couple assassin
46:32dans le sud de la France
46:33Alain Delon
46:35Romy Schneider
46:35la piscine
46:39la piscine
46:40oui la piscine
46:41bien sûr
46:42en 69
46:42librement inspiré
46:44de l'affaire Markovic
46:45librement
46:45très librement
46:47loin tellement
46:48on est plus inspiré
46:49par
46:49encore deux
46:50encore deux
46:51encore deux
46:53qui incarne
46:55l'empoisonneuse
46:56dans le téléfilm
46:58Marie Bénard
46:58Alice Saprich
46:59non
47:00non
47:01Muriel Robin
47:02Muriel Robin
47:03encore dix points
47:04voilà
47:04je crois que l'honneur
47:05et la dernière
47:07la dernière question
47:08quel auteur américain
47:09s'est emparé
47:10d'un féminicide
47:11le meurtre
47:12d'une jeune femme
47:13de 22 ans
47:14Betty Short
47:15surnommée
47:16le Dahlia Noir
47:17qui a réalisé ça
47:19le
47:20James Elroy
47:21bravo
47:23les vainqueurs
47:25sont
47:25l'ensemble
47:26de nos invités
47:26on voit votre sens
47:29du consensieux
47:30Gérard
47:31je vais me présenter
47:31aux élections
47:32bientôt
47:32alors
47:33Alain Boer
47:34quand même
47:34on a besoin de comprendre
47:36parce qu'on vous entend
47:37on vous entend
47:38on vous lit
47:39depuis des années
47:40sur des supports multiples
47:42et variés
47:43parler de votre passion
47:44pour le crime
47:45mais d'où ça vient ?
47:46alors c'est pas une passion
47:47pour le crime
47:47c'est un effet
47:48Xavier Bertrand
47:50connaît bien ça
47:50quand j'étais conseiller
47:51de Michel Rocard
47:52au départ
47:53je devais m'occuper
47:54essentiellement
47:54de questions universitaires
47:56parce que j'étais
47:56vice-président
47:57de la Sorbonne
47:58et il y a un côté
47:59très étrange
47:59dans la politique
48:00c'est
48:01plus tu es compétent
48:02dans un sujet
48:02plus on te demande
48:03de t'occuper d'un autre
48:04c'est un peu comme
48:05feu le service national
48:06tu parles en anglais
48:07corvée de patates
48:08et donc
48:08j'ai récupéré
48:09pour des raisons
48:10tout à fait mystérieuses
48:11mais que Michel Rocard
48:12m'a explicité
48:13beaucoup plus tard
48:14je suis devenu l'adjoint
48:16d'un responsable
48:18de ces questions
48:20et d'abord
48:21ça m'intéressait
48:22mais plutôt
48:22sur les questions
48:23de défense
48:24que les questions
48:25de criminalité
48:26puis sur les questions
48:27de criminalité
48:28et en fait
48:28j'en ai fait
48:29d'abord ma profession
48:30comme enseignant
48:31à Sciences Po
48:33Paris
48:33puis
48:34comme professeur
48:36de criminologie
48:36seul et unique
48:37pour l'instant
48:38je dirais fois
48:38une espèce
48:39à voix d'apparition
48:39et de disparition
48:40au conservatoire national
48:42des arts et médiés
48:42et ce n'est pas une passion
48:43en tant que telle
48:44mais ça ne serait pas grave
48:45que ce le soit
48:46non non
48:47ça l'est devenu
48:49mais ça ne l'était pas
48:50je n'ai pas commencé
48:51par ça
48:51d'accord
48:52c'est pas la passion
48:53qui vous a guidé
48:53non c'est la nécessité
48:56le hasard presque
48:57oui le hasard
48:58et la nécessité
48:58disait Rocard
48:59d'ailleurs ça tombe bien
49:00vous avez fait
49:01une quasi citation
49:02il y avait
49:03dans l'histoire
49:04des faits divers
49:05il y a eu un commissaire
49:06à la télévision
49:07qui a beaucoup marqué
49:08c'est Bourrel
49:10c'est évidemment Bourrel
49:12on va le revoir
49:13ce que je tiens surtout
49:14à vous répéter
49:15au risque de passer
49:15pour un radoteur
49:16c'est que vous ne devez pas
49:18rester inactif
49:19dans votre fauteuil
49:20oui oui vous
49:21vous aussi
49:22vous devez vous creuser
49:23un peu les méninges
49:23et puis ouvrir l'oeil
49:24parce qu'il y a encore
49:26deux ou trois petits indices
49:27à saisir au passage
49:28et même si vous les manquez
49:29et vous serez obligés
49:31de donner votre langue au chat
49:32Bourrel
49:32oui
49:33téléphone
49:34bon voilà
49:34excusez-moi alors
49:36n'oubliez pas
49:37l'oeil
49:38l'oeil
49:39à tout de suite
49:40les cinq dernières minutes
49:43mais c'est bon Dieu
49:45bien sûr
49:45c'est ce qu'il disait à la fin
49:46avec la participation
49:47du public parfois
49:48il demandait au public
49:49de choisir la fin
49:50après si je peux
49:51rajouter une petite chose
49:53c'est que le fait divers
49:53et je l'ai appris
49:54en allant voir
49:55les journées de détectives
49:57c'est que c'est pas
49:57nécessairement horrible
49:59tout le temps
49:59par exemple
50:00si un ouvrier
50:01tombe d'un chantier
50:02au cinquième étage
50:04et qu'il meurt
50:05c'est horrible
50:06c'est un fait divers
50:07mais si en plus
50:07il se relève indemne
50:09c'est toujours un fait divers
50:10et c'est une belle histoire
50:10c'est un miracle
50:11c'est un miracle
50:12voilà
50:12et c'est vrai que
50:13c'est une dimension
50:15qu'on oublie
50:16on nommait souvent
50:17mais c'est aussi
50:18des histoires
50:19qu'on se raconte facilement
50:20à la machine à café
50:21le dimanche en famille
50:23et vous allez faire un film
50:24sur un miracle
50:24un fait divers
50:25qui est un miracle
50:26de façon dramaturgique
50:27c'est moins payant
50:28mais en tout cas
50:29ça circule vite
50:31entre nous
50:31on se dit
50:32t'as vu le gars
50:33qui est tombé
50:34qui est indemne
50:35mais ça marche bien aussi
50:36et je fais une petite mention
50:38à ça dans le film
50:39parce que
50:40Jean-Pierre Daroussin
50:42explique à Malorie Wanec
50:43qu'il n'y a pas que
50:45des histoires tristes
50:46et que je ne suis pas loin
50:47de penser ça
50:47parce qu'il y a des belles histoires
50:48parfois
50:49qui mériteraient
50:50d'être un peu plus
50:50de circuler un peu plus
50:52voilà
50:52Jean-Christophe Granger
50:53vous pourriez faire un livre
50:54sur une belle histoire
50:55et bien moi
50:56en tant que journaliste
50:57j'avais fait une série
50:58sur les survivants
51:00les plus incroyables
51:01donc j'avais des cas
51:02à vraiment pas piquer des verres
51:04comme une hôtesse de l'air
51:06qui était tombée d'un avion
51:07à 8000 mètres
51:09qui était toujours vivant
51:10une histoire vraie
51:10oui oui
51:11des histoires vraies
51:12extraordinaires
51:13et c'est
51:14c'est aussi très intéressant
51:17mais ça ne fait pas des romans
51:17vous n'en avez jamais fait un roman
51:19alors j'ai parlé
51:20j'avais fait une miraculée de Lourdes
51:22qui avait été reconnue
51:23par le Vatican
51:24et j'en avais fait quelqu'un
51:26dans un de mes livres
51:27dans un contexte très noir
51:28évidemment
51:29plein de meurtres
51:31oui parce qu'en fait
51:31elle était sauvée par le diable
51:33oui
51:33vous avez fait le contexte
51:35le plus noir
51:36on ne se change pas
51:37on n'est pas dans la lumière
51:39n'est-ce pas
51:40et la béatitude
51:41non non non
51:41je n'en suis pas là
51:42de ma carrière
51:43peut-être après
51:44plus tard
51:44vous pensez que ça arrive forcément
51:46non non
51:47mais je suis d'accord
51:47et puis d'un point de vue dramaturgique
51:50le bien n'est pas très intéressant
51:52on écrit toujours
51:53sur ce qui va mal
51:54sur ce qui nous fait mal
51:56ma chabana
51:58moi je suis moins d'accord
52:00je pense qu'on peut écrire
52:02sur quelque chose
52:03non pas forcément la lumière
52:04mais sur quelque chose
52:05qui nous élève
52:06sur quelque chose
52:07vers lequel on est porté
52:09et puis on peut écrire aussi
52:11sur l'ordinaire
52:12tout à fait extraordinaire
52:13de notre quotidien
52:14et la littérature
52:15a plein d'exemples
52:16de livres absolument magnifiques
52:20lumineux
52:21sur l'amour
52:22sur la vie d'un couple
52:24sur le vieillissement
52:25sur les enfants
52:26donc on peut écrire
52:28sur toutes ces choses là
52:29même si là aujourd'hui
52:30on est dans le noir
52:32mais on veut bien
52:33on veut bien s'élever
52:34on est dans les failles
52:36les fêlures
52:37la noirceur
52:38la criminalité
52:39mais on ne demande qu'à s'élever
52:40n'est pas
52:41et on demande aussi
52:42à croire au miracle
52:44après l'hiver
52:45c'est souvent un fait de société
52:46et enfin c'est parfois
52:48et c'est souvent le symptôme
52:50de quelque chose
52:51de profond
52:52quasi sociologique
52:53sur
52:54enfin ça dit quelque chose
52:54sur nous tous
52:55et en ça c'est intéressant
52:57que ce soit une histoire triste
52:58ou tragique
52:59ou comique
53:01ou miraculeuse
53:02quand le fait divers
53:03commence à devenir statistique
53:05donc ça devient systémique
53:07et à ce moment
53:08en effet on s'en occupe
53:09comme un fait sociétal
53:11et bien merci
53:13merci à tous
53:14d'avoir participé
53:16à notre banquet
53:17alors je rappelle
53:18les titres de vos livres
53:20Natacha Apana
53:21donc la nuit au coeur
53:23chez Gallimard
53:23même si on a envie
53:24de lui donner mille
53:25et un autre titre aussi
53:27Xavier Bertrand
53:28rien n'est jamais écrit
53:30chez Robert Laffont
53:31Alain Boer
53:33donc le troisième volet
53:33de votre série
53:34Conspiration au Vatican
53:36chez First
53:37Peter Dourontis
53:39votre film donc Rapace
53:41qui est visible
53:42donc sur les plateformes
53:43et Jean-Christophe Granger
53:45le talent
53:46mais jamais de la vie
53:47le livre est là
53:48je gardais le talent
53:50absolu
53:51incontesté
53:51pour la fin
53:52donc je suis née
53:54du diable
53:55chez Albin
53:56Michel
53:57Gérard
53:59je raconte de temps en temps
54:00sur scène
54:01l'histoire par exemple
54:02de Dick
54:03Dick Williams
54:04qui
54:05était sur le Titanic
54:07il allait aux Etats-Unis
54:09faire ses études
54:09le Titanic
54:11coule
54:1114 avril
54:121912
54:13il saute avec son père
54:16dans l'eau
54:16il va s'accrocher
54:17à un canot de sauvetage
54:18il va passer toute la nuit
54:19les jambes dans l'eau
54:22on va le tirer
54:24sur le Carpatia
54:24on va le ramener
54:25à New York
54:25il était un grand joueur
54:27de tennis
54:27il va pouvoir marcher
54:29il va pouvoir rejouer au tennis
54:30et il va être champion olympique
54:31il est rescapé du Titanic
54:33voilà un fait divers
54:34et voilà un miracle
54:35qui mérite un film
54:36un miracle
54:37on devrait créer une section
54:38miracle d'hiver
54:39joli
54:41vous seriez obligé
54:44n'est-ce pas
54:45Alain d'aller vers
54:46je serai un fervent lecteur
54:47vers la lumière
54:48n'est-ce pas
54:49et bien
54:50on va se quitter donc
54:51avec
54:52l'envie de s'élever
54:53d'aller vers la lumière
54:54même si on
54:55on a bien compris
54:56que tout était noir
54:57je vous remercie
54:59grandement
55:00d'avoir été avec nous
55:01pour ce banquet
55:02et à très bientôt
55:03pour un nouveau banquet
55:04sur SCP
55:04merci
55:05merci
55:06merci
55:07merci
55:08merci
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