00:00...
00:06Bonjour et bienvenue dans Envie d'agir.
00:09En France, près d'un enfant sur dix
00:11est victime de harcèlement à l'école.
00:13Mais des solutions existent pour prévenir ce fléau
00:16et soutenir celles et ceux qui en souffrent.
00:19Pour en parler, je suis heureuse d'accueillir
00:21Jordane Deluxe, animateur que vous connaissez très bien
00:24sur notre chaîne et porte-parole engagée
00:27pour la lutte contre le harcèlement.
00:30Et aussi, Béatrice Leblay, cofondatrice
00:33de l'association Faire face au harcèlement.
00:36Merci à tous les deux d'être là
00:38pour ce sujet difficile et très important.
00:41Comme je le disais, ça touche énormément d'enfants,
00:44énormément de familles.
00:46Vous avez décidé de créer l'association Faire face au harcèlement.
00:50Qu'est-ce qui vous a guidée dans cette création ? Pourquoi ?
00:53Eh bien, c'est vrai que j'avais l'intention
00:57de créer une association, mais pas toute seule.
00:59C'était important de le faire avec quelqu'un d'autre,
01:02parce que c'est quand même une tâche assez conséquente.
01:05Et un jour, j'ai eu un appel de Gabriel Attal,
01:10de son cabinet, qui me demandait
01:12de bien vouloir m'entretenir avec lui.
01:14Parce que, rappelons-le, vous êtes la maman...
01:17Oui, je suis la maman de Nicolas Nébeau.
01:20Nicolas Nébeau, dont on a entendu parler dans l'actualité,
01:23donc ce nom-là vous dit certainement quelque chose,
01:26vous qui nous suivez, à toi aussi sûrement.
01:29Je continue à te tutoyer.
01:30Il n'y a pas de problème.
01:32Donc, vous, en tant que maman, vous aviez décidé d'agir.
01:36Oui.
01:37Et donc, j'ai eu l'entretien avec Gabriel Attal,
01:42et je n'ai pas hésité une seule seconde
01:45pour m'engager avec lui,
01:46en même temps qu'avec Elian Poutier,
01:48à savoir que...
01:51J'ai tout de suite compris que c'était quelqu'un de très investi.
01:55Le jour de...
01:57Quelques jours après le décès de Nicolas,
02:00Gabriel Attal et Mme Macron ont su venir me soutenir.
02:04Ensuite, il est venu, donc,
02:07au cimetière, donc, à l'enterrement,
02:11et là, je me suis dit que c'est quelqu'un qui a du coeur.
02:14Troisièmement, j'ai fait une marche blanche, cette année,
02:17pour me révolter, et il est venu.
02:20Donc, pour moi, c'était évident.
02:23C'était quelqu'un de sincère et d'investi.
02:25J'ai tout de suite dit oui.
02:27Vous venez de dire, assez pudiquement,
02:30qu'il a mis fin à ses jours, votre fils.
02:33C'est ça ?
02:35Oui.
02:36Vous pouvez nous dire pourquoi, même si on commence à le savoir ?
02:40Oui, je peux vous expliquer.
02:42Nicolas, en 2022-2023,
02:47suivait son année scolaire.
02:49En octobre, il me dit...
02:51Bon, ma maman, je me suis fait pousser dans les escaliers
02:54par deux gamins.
02:55Donc, on voit tout de suite
02:57le professeur principal.
03:01Des échanges se font avec le papa.
03:04Et bon, moi, tout était réglé.
03:07Malheureusement, en décembre,
03:10à nouveau, il me dit...
03:12Maman, il m'a encore embêtée.
03:14Donc, là, on a vu que c'est notre besset,
03:17on a tout de suite vu le professeur principal
03:19et on a demandé que la psychologue fasse des tests
03:22pour voir ce qui se passait.
03:25Et bon, il s'est trouvé que Nicolas était assez lent,
03:28bien sûr, dans son travail,
03:30mais dans le compte-rendu, c'était bien spécifique,
03:32il y avait du harcèlement.
03:34Donc, on s'est dit, tous les deux, à nouveau, avec le papa,
03:37le nécessaire va être fait au niveau de l'établissement.
03:40Et ce n'est qu'en février
03:44que le psychologue privé de Nicolas nous a prévenu
03:47que Nicolas avait fait une tentative de suicide
03:50le 27 janvier.
03:52Et là, notre sang n'a fait qu'un tour.
03:54Et à ce moment-là, on a décidé de voir le proviseur.
03:57Donc, on a été, bien sûr, voir le proviseur.
04:00Et à ce moment-là, on a été très mal reçus.
04:03Quoi ? Vous n'avez pas de dossier, vous n'avez aucune preuve.
04:07Bref, on est arrivés, on était dépités.
04:11Son comportement a changé quelques instants après,
04:14parce qu'il est sorti, il est revenu, il était tout sourire,
04:17il a fini. En plus, Nicolas était présent,
04:19donc, traumatisme pour lui.
04:21De ne pas être pris en compte.
04:24Donc, on reviendra sur le rôle de l'école juste après,
04:27si vous voulez bien, Béatrice.
04:28Jordan, vous êtes aussi engagé sur ce sujet,
04:31de lutte contre le harcèlement.
04:33Pourquoi ?
04:35Non, parce que moi, j'ai vécu les mêmes choses
04:38qu'a vécu votre fils, et moi aussi,
04:40j'ai eu envie de partir à un moment.
04:42Forcément, ça me touche que vous dites.
04:44Donc, envie d'agir, parce que forcément,
04:46j'ai envie qu'on ait plein qui ne fassent pas de conneries.
04:49Il y a un moment où on en a marre, on n'en peut plus.
04:52Quand, tous les jours, on se fait harceler, on se fait emmerder,
04:56on veut se foutre en l'air, on se dit que c'est la seule solution.
04:59Et c'est vrai que j'aime pas dire ça,
05:02mais c'est vrai, en même temps, c'est courageux de faire ça,
05:05parce que c'est pas un geste facile, de faire ça.
05:08C'est courageux, et en même temps, c'est terrible,
05:11parce qu'il faut pas le faire, bien évidemment,
05:13mais il faut vivre le harcèlement pour comprendre
05:16que, tous les jours, aller à l'école, c'était à quoi tu sers.
05:19C'est le titre de mon bouquin.
05:21A chaque fois, c'était à quoi tu sers.
05:23Un matin, vous vous dites, mais à quoi je sers ?
05:26Quand vous vous posez cette question, c'est pas bon.
05:29Quand vous vous posez cette question,
05:31on est arrivé à un stade où ça va péter.
05:33C'est intéressant, ce que vous dites,
05:35parce que le corps professoral, c'est un vrai problème.
05:38Ils n'ont pas les compétences pour ça.
05:41Il faudrait quelqu'un, dans tous les établissements scolaires,
05:44qui soit payé par l'Etat pour s'occuper,
05:46parce qu'il y a des enfants qui se foutent en l'air.
05:49C'est un vrai problème.
05:50C'est vrai que les gens...
05:52On vous a pas cru.
05:53C'est ça, aussi, c'est qu'on ne croit pas.
05:55On vous a même dit, je crois, Béatrice,
05:57mais arrêtez de nous embêter, en gros.
06:00Oui, on a surtout reçu un courrier...
06:02D'ailleurs, je crois que Gabriel Attal avait lu
06:04quand il dit que vous vous êtes lancés
06:07dans cette aventure ensemble.
06:08On a donc déjà eu des échanges avec le proviseur,
06:12puisque, au niveau du proviseur,
06:14au bout de 15 jours, on n'a pas eu de nouvelles,
06:16donc on a apporté une main courante.
06:18Un mois et demi après, on a envoyé un courrier
06:21en leur demandant des comptes,
06:23en leur demandant ce qu'ils voulaient faire,
06:25ce qu'ils avaient entrepris.
06:27Et, bon, a priori,
06:30au niveau de Nicolas,
06:33il a refusé la médiation,
06:35parce que c'était trop difficile pour lui.
06:37Et on a encore eu des échanges par courrier
06:41avec le proviseur, et ça s'est terminé,
06:43qu'on a tout envoyé au rectorat en les prévenant.
06:46Et c'est donc quelques semaines après
06:50qu'on a reçu un courrier catastrophique du rectorat,
06:54qui nous menaçait de 4 mois de...
06:57de 4 ans de prison et de 45 000 euros d'amende
07:00si on portait plainte contre l'établissement.
07:03C'est incroyable.
07:04Et là, on était effondrés.
07:06En plus, le jour où j'ai découvert le courrier,
07:09je l'ai lu, Nicolas était derrière moi,
07:11il passait, à ce moment-là,
07:13et il me dit, maman, qu'est-ce qui t'arrive ?
07:15Pourquoi tu es en colère ?
07:17Je lui ai expliqué, je ne pouvais pas faire autrement.
07:20Il me dit, maman, laisse tomber, ils sont nuls.
07:22Il a claqué la porte.
07:24Mais pour lui, c'était dévastateur.
07:26Après, il n'a plus jamais eu confiance dans les adultes.
07:29Parce qu'en plus, je pense qu'il avait eu aussi ce sentiment
07:33qu'il était peut-être une gêne pour vous,
07:36puisqu'il voyait ce combat dans lequel vous vous mettiez.
07:39Jordan, quel message vous pourriez adresser
07:44à un jeune comme Nicolas, aujourd'hui,
07:48qui, comme ce que vous avez connu, est victime de harcèlement ?
07:52C'est compliqué.
07:53Qu'est-ce que vous pourriez adresser ?
07:55C'est compliqué, parce qu'on ne sait pas quoi faire.
07:58Encore aujourd'hui, on me dit,
08:00qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Je ne sais pas.
08:03Sincèrement, je pense que le harcèlement,
08:05ça vient aussi... Il y a un problème des parents.
08:08Je pense que les parents sont pour beaucoup là-dedans.
08:10Quand je me faisais emmerder par ces élèves-là,
08:13les parents de ces élèves n'en avaient rien à faire.
08:16Il y a un vrai souci avec ça.
08:17Je pense que ça vient de là.
08:19A chaque fois que j'ai vu des élèves qui m'embêtaient,
08:22je voyais bien, les parents, derrière,
08:24on s'en fout.
08:25Ils se débarrassaient de leurs enfants à l'école,
08:28et nous, on en prenait plein la gueule.
08:30Du coup, on était plusieurs à se faire embêter.
08:33Et en fait, c'est vrai que c'est compliqué.
08:35Le corps professoral veut s'intégrer
08:38dans cette souffrance, entre guillemets,
08:40en essayant de nous aider, mais ils n'y arrivent pas.
08:43Ils le font très mal droitement.
08:45Ils ont essayé, à un moment, je me souviens,
08:47une catastrophe. Ca n'allait pas du tout.
08:49Le prof me dit,
08:51attends, Jordan, tu vas attendre 10 minutes
08:53avant de rentrer dans la classe.
08:55Je me dis, pourquoi il fait ça ?
08:57J'ai appris que pendant 10 minutes, il disait,
08:59Jordan se fait harceler à l'école.
09:01Après, je suis rentré 10 minutes après,
09:03tout le monde me regardait en mode...
09:05Du coup, après, c'était encore pire.
09:07Ce n'est pas des techniques.
09:09Il faut qu'il y ait une formation.
09:10Il y a deux sujets importants que Jordan vient d'évoquer.
09:14Le sujet de la formation, avec l'association,
09:16c'est ce que vous essayez de faire dans les écoles.
09:19Vous allez nous en dire un mot, s'il vous plaît.
09:21Le deuxième sujet qui me tient extrêmement à coeur,
09:24c'est effectivement, qu'est-ce qu'on fait
09:26pour ceux qui harcèlent ?
09:28Toute cette bande de suiveurs qui sont là,
09:30comment on fait pour les aider ?
09:32D'abord, qu'est-ce que vous faites avec l'association
09:35Faire face au harcèlement dans les écoles ?
09:37Alors, nous, notre but, au niveau de notre association,
09:41c'est bien sûr de faire face, de lutter contre le harcèlement
09:45et de rendre de la bienveillance dans les écoles.
09:49Donc, on fait, pour l'instant,
09:51essentiellement de la sensibilisation
09:54dans les écoles,
09:55pour faire prendre conscience aux élèves
09:58par le biais de jeux de rôles,
10:00ce qu'est le harcèlement et la difficulté de le vivre
10:04et, justement, de le juguler.
10:07Ensuite, on va faire aussi des formations
10:11directement dans les écoles, dans toutes les structures
10:14qui touchent, qui sont proches des jeunes,
10:17pour, justement, leur donner des outils
10:20pour pouvoir se défendre.
10:22Donc, des outils pour pouvoir lutter
10:26contre le harcèlement en amont
10:28et, quand le harcèlement arrive,
10:30c'est de pouvoir le réagir rapidement
10:35sans difficulté, en définitive.
10:39Est-ce que vous pensez, par exemple,
10:41à faire confronter une personne qui a été harcelée
10:44ou qui est harcelée avec la personne qui harcèle,
10:47comme un peu dans le film, je verrai toujours vos visages,
10:50pour essayer de dénouer quelque chose ?
10:52Est-ce que c'est des choses qu'on connaît
10:55comme méthode pouvant être...
10:56...impactantes ?
10:58C'est ce qui a été demandé à Nicolas,
11:00de faire de la médiation, et il a refusé.
11:02C'est ce que vous disiez.
11:03Alors, moi, à mon humble avis...
11:05Peut-être qu'ils sont trop jeunes.
11:07Pour moi, je pense que Nicolas était trop sensible
11:10et que ça n'aurait rien changé,
11:12dans la mesure où on ne lui reconnaissait pas
11:14sa souffrance. Ce qu'il faut savoir,
11:16c'est que les enfants qui ont harcelé Nicolas
11:19n'ont jamais été sanctionnés.
11:21Ils ont eu tout loisir, ensuite, de continuer.
11:23C'est ce qu'ils ont fait. Derrière le dos des professeurs,
11:26ils ont harcelé Nicolas.
11:28C'est comme un homicide.
11:29Pardon, mais quand un enfant se fout en l'air...
11:32Il y en a une petite qui s'est foutue en l'air
11:35il n'y a pas très longtemps.
11:36Les harceleurs sont allés sur la tombe
11:38et ont craché sur la tombe.
11:40Mais attendez, je sais pas. Et les parents ?
11:42Oui, la haine continuait.
11:44Elle continuait à être déversée sur les réseaux sociaux
11:47après le décès de cette jeune fille.
11:49C'est super, elle est morte.
11:51Qu'est-ce qu'on peut dire aux parents, tous les deux ?
11:54Qu'est-ce qu'on peut dire aux parents ?
11:56Je sais pas.
11:57Je pense que le problème vient d'eux.
12:00J'ai eu une éducation, un minimum, quand même,
12:02et à aucun moment dans ma tête, il serait venu l'idée
12:05d'aller emmerder un petit ou une petite.
12:08Je sais que ça fait du mal,
12:09mais je pense qu'il y a des parents qui veulent
12:12se débarrasser de leurs enfants,
12:13parce qu'il y a des problèmes sociaux,
12:16qu'ils se les foutent à l'école,
12:17et ils veulent pas entendre parler.
12:19Ceux qui me harcelaient, c'était pas les premiers de la classe.
12:23J'ai jamais eu de problème avec des mecs
12:25qui font les cons, qui déconnent, qui machin.
12:28Il y a un phénomène de groupe,
12:30parce que si vous les suivez pas,
12:32vous avez plus d'amis, vous aussi.
12:34Il m'est arrivé ça, à un moment.
12:35C'est ça, c'est terrible.
12:37On en parlait, Béatrice, en préparation de l'émission.
12:40Je crois que bien souvent, il y a un ou deux leaders,
12:43et puis toute une bande qui suit.
12:45Est-ce que, vous qui êtes vraiment intéressée à ce sujet,
12:48pourquoi il y a cette haine ?
12:50Qu'est-ce qui se passe ?
12:51C'est un phénomène de groupe,
12:53On va dire que c'est un phénomène de groupe.
12:56On est un peu des animaux grégaires.
12:58Et les élèves, quand ils sont en...
13:02Enfin, je veux dire, à la récréation,
13:05se mettent souvent en groupe.
13:07C'est une manière de se protéger, de se sentir bien.
13:10Et malheureusement, il y a aussi le travers
13:13que, quand ils ont besoin de se protéger,
13:16ils ont besoin aussi
13:17de prendre quelqu'un comme bouc émissaire.
13:22Pour réaffirmer leur groupe.
13:25C'est à ce moment-là qu'arrivent les harcèlements.
13:28Il y a aussi le fait qu'ils s'emmerdent
13:30et qu'il faut trouver quelqu'un pour s'amuser.
13:33Ils trouvent.
13:34Ce qui est terrible, c'est qu'une fois qu'ils vous ont,
13:37ils ne vous lâchent plus.
13:38C'est assez drôle, quelque part.
13:40J'ai eu des élèves qui m'emmerdaient
13:42et qui sont venus me voir,
13:44mais ils ont fait attention que personne ne les voit,
13:47en me disant qu'ils ne pouvaient pas être copains avec moi.
13:50Ils vont m'emmerder, moi aussi.
13:52Je t'aime bien, quand même.
13:53Le lendemain, ils me ré-emmerdaient.
13:56C'était fou.
13:57A titre individuel, les gamins sont gentils.
13:59Ils sont persuadés.
14:01Il y a un effet de groupe.
14:03C'est justement pour ça que nous, on veut aller
14:05dans les établissements pour sensibiliser les élèves
14:10et leur redonner leur individualité.
14:12Et leur droit à dire non.
14:15Même leur devoir à dire non.
14:17Dans les écoles de mes enfants, c'est ce qu'ils leur disent.
14:21Je crois vraiment qu'à force de leur dire beaucoup,
14:24ça peut marcher, c'est important.
14:26Passons à la toute dernière question de l'émission.
14:29Votre envie d'agir dans les cinq prochaines années
14:32avec l'assaut, c'est quoi ?
14:34Eh bien, c'est de partir...
14:37Oui, continuer, justement, cette sensibilisation,
14:41cette formation.
14:42Aussi, sensibiliser les parents,
14:45puisque les parents ont besoin aussi
14:47d'avoir des points d'ancrage.
14:49Donc, ça sera par le biais de modules,
14:51par le biais d'interventions en entreprise.
14:54Et puis, on a aussi prévu de faire un comité scientifique.
14:59Donc, pour trouver des bonnes réponses
15:01pour lutter contre le harcèlement.
15:04Il y a tant à faire encore. Jordan ?
15:06Non, moi, ce serait plus un message pour les parents.
15:09Intéressez-vous à vos enfants.
15:11Intéressez-vous à vos enfants.
15:13Essayez de savoir ce qu'ils font à l'école.
15:15Parce que quand ils emmerdent des gamins comme moi,
15:18ça peut avoir des répercussions terribles.
15:21Moi, par exemple, je raconte dans le bouquin
15:23des scènes un peu terribles.
15:25Fallait aller manger le midi, c'était une horreur.
15:28Je me retrouvais tout seul.
15:29Je devais donner un dessert pour être avec quelqu'un.
15:32À la fin, je me retrouvais à des trucs...
15:34Je vous jure, ça vous suit toute votre vie.
15:37Aujourd'hui, je suis incapable d'aller manger tout seul.
15:40J'ai l'impression qu'on me regarde.
15:42On peut faire ce qu'on veut. Je fais de la télé.
15:44C'était mon rêve, je le fais.
15:46Ca reste quand même...
15:47-"La grâce est toujours là".
15:49C'est ça qui est incroyable.
15:51Je montre déjà votre livre, Jordan.
15:53A quoi tu sers, la phrase que vous venez de cisser tout à l'heure,
15:57celle qu'on vous disait et à force, vous, vous vous êtes demandé.
16:00Heureusement que vous êtes là.
16:02Je pense aussi que, pour le coup,
16:04cette énorme blessure fait de vous quelqu'un de sincère,
16:09qui, dans ses interviews, utilise cela
16:11pour aller à la rencontre de l'autre.
16:14J'ai toujours vu ça en vous,
16:15même que je ne savais pas que vous étiez passé par ce harcèlement.
16:19Vous retrouvez vraiment...
16:21Vous connaissez Jordan, en toute sincérité.
16:24Vous retrouvez tout ça dans son livre.
16:26Pas que, mais c'est aussi une partie importante du livre.
16:29Pour avoir plus d'informations, on va sur votre site aussi.
16:33-"Faire face au harcèlement".
16:36Merci infiniment pour cet engagement si important.
16:39Je vous dis à très bientôt.
16:40Et nous, on se retrouve très vite sur C8 pour plus d'envie d'agir.
16:44Merci.
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