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00:00Le Carrefour de l'Info sur Arabel
00:07Voilà, je vous le disais il y a quelques instants, la reconnaissance de l'État de Palestine et ses conséquences juridiques et politiques.
00:16Alors que plusieurs pays franchissent le pas et que les tensions, on l'a vu, s'intensifient sur le terrain à Gaza,
00:22nous allons essayer de mieux comprendre ce que dit réellement le droit international entre la diplomatie, la guerre et les droits fondamentaux.
00:28Et pour nous éclairer, nous avons le plaisir d'accueillir un spécialiste, disons incontournable du droit international public,
00:35le professeur Olivier Corten, professeur à l'ULB et directeur du Centre de droit international.
00:40Bonjour professeur.
00:41Bonjour.
00:41Une première question, si vous voulez bien, la récente reconnaissance de l'État de Palestine par plusieurs pays européens,
00:48notamment, on l'a vu, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège relancent le débat.
00:52Sur le plan du droit international, qu'est-ce que cela signifie réellement ?
00:56Et cela signifie que, dans la durée, on va, pour essayer de trouver une solution à cette question palestinienne,
01:05qui date quand même de, qui est finalement la plus ancienne question liée à la décolonisation,
01:12pour régler cette question, on ne va plus mettre dans la balance, dans les négociations,
01:17l'existence même de l'État palestinien.
01:19Autrement dit, le point de départ des négociations, c'est l'existence de deux États, Israël et la Palestine.
01:26Sur cette base-là, on peut négocier toute une série d'éléments.
01:29La sécurité des deux États, bien entendu,
01:32voir, pourquoi pas, selon certaines ou certains, l'idée, à terme, d'un État unique,
01:39qui regrouperait les différentes communautés.
01:42Mais en tout cas, le point de départ, c'est deux États.
01:45A contrario, si on ne reconnaît pas la Palestine,
01:48ça voudrait dire que la Palestine devrait faire des concessions pour obtenir son statut d'État.
01:56Et donc, on serait beaucoup moins loin, si vous voulez, on serait à un point différent dans la négociation.
02:00C'est ce qui s'est passé jusqu'ici, lorsqu'il y a eu des négociations de paix.
02:04C'est que, que ce soit à Oslo, ou bien plus tard encore, à Camp David,
02:08il y a eu chaque fois cette idée que la Palestine devait faire des concessions,
02:12notamment territoriales, pour être reconnue comme État.
02:16Eh bien, s'il y a une reconnaissance universelle, et elle tend, en réalité, à le devenir,
02:20ce ne sera plus un argument tenable.
02:22Alors, justement, cette reconnaissance s'inscrit dans une dynamique, disons, politique,
02:26mais certains parlent plutôt de gestes symboliques.
02:29Est-ce que reconnaître un État sans contrôle effectif sur son territoire,
02:32est-ce que, juridiquement, c'est cohérent ?
02:34Oui, c'est cohérent, parce que l'effectivité d'un gouvernement sur son territoire,
02:39c'est en effet, de manière, en principe, en tout cas, une exigence pour qu'on ait un État sur le terrain.
02:46Mais, quand cette effectivité ne peut pas être déployée, assurée,
02:51en raison d'une occupation étrangère qui est contraire aux droits internationaux,
02:56alors, pour ne pas récompenser cette occupation étrangère,
02:59on considère que l'État existe.
03:01Alors, il y a des tas d'exemples dans l'histoire,
03:03d'États qui ont été occupés et qui, pourtant, ont existé,
03:06dont l'existence n'a pas été mise en cause,
03:10comme, par exemple, la Belgique elle-même, pendant la Deuxième Guerre mondiale,
03:12était occupée, pourtant, c'était encore un État.
03:15Plus récemment, quand le Koweït a été envahi,
03:18il s'est resté un État.
03:20Il n'y a pas, véritablement, là, de contradiction
03:23entre le fait de reconnaître un État
03:25et de constater que son effectivité,
03:28elle ne peut pas être assurée sur le terrain
03:29en raison d'une occupation illicite.
03:33Et c'est le cas ici.
03:34C'est le cas, ça a été constaté par la Cour internationale de justice elle-même
03:38dans un avis rendu en 2024,
03:41où elle dit très clairement
03:42que les territoires occupés de la Palestine,
03:46il y a une intégrité territoriale,
03:48c'est-à-dire qu'on ne peut pas les séparer.
03:51Tous ces territoires sont occupés
03:52et font partie, donc,
03:54c'est la déduction qu'on peut faire
03:56de l'État palestinien.
03:57Il n'y a pas de problème non plus, d'ailleurs,
03:59de délimitation des frontières,
04:01comme on l'entend parfois.
04:02On dit oui, mais on ne sait pas très bien
04:03quel est ce territoire palestinien
04:05si les frontières, ce sont celles de 1967,
04:09avant qu'Israël occupe la Cisjordanie
04:13et la bande de Gaza.
04:14Donc tous ces éléments sont là
04:15et les problèmes d'effectivité y sont évidemment
04:18tout à fait certains,
04:19mais ça ne fait pas obstacle à la reconnaissance.
04:22Alors, on va parler un petit peu aussi
04:23de l'actualité immédiate de l'ONU et de la Belgique.
04:26On commence par les Nations Unies.
04:27L'Assemblée Générale a récemment,
04:28on l'a vu, élargi les droits de participation
04:31de la Palestine.
04:32Est-ce qu'on peut parler d'une étape
04:33vers une pleine reconnaissance au sein de l'ONU, finalement ?
04:37Oui, certainement.
04:38Alors, au sein des Nations Unies,
04:39il faut quand même se rappeler que depuis 2012,
04:41l'Assemblée Générale a considéré
04:43que la Palestine était un État
04:45alors est un État qui n'est pas pour autant
04:48membre des Nations Unies.
04:50Ça, ce n'est pas évidemment une condition
04:52d'existence de l'État,
04:54mais un État comme un.
04:55Donc là, on était en 2012
04:57et depuis, il y a eu une vague
04:59de reconnaissance individuelle.
05:01Et parfois, les États ne sont pas toujours
05:03extrêmement cohérents.
05:04Par exemple, la Belgique,
05:05pour peut-être faire le lien avec la suite,
05:07avait voté pour cette résolution
05:09qui constate que la Palestine est un État,
05:13non membre des Nations Unies.
05:14mais en même temps,
05:15de manière un peu schizophrénique,
05:17ne reconnaît pas l'État de Palestine
05:19à titre bilatéral.
05:21Et tout le débat aujourd'hui,
05:23c'est de savoir si la Belgique
05:24va franchir un pas supplémentaire.
05:26Mais ça reste une question,
05:29en effet, très biaisée politiquement
05:31parce que sur le plan juridique,
05:33on pourrait en fait dire,
05:35on pourrait prétendre
05:36que la Belgique,
05:37d'un certain point de vue,
05:38a déjà reconnu l'État palestinien
05:40lorsqu'elle a voté
05:41en faveur de ses résolutions.
05:44La Palestine, de ce point de vue-là,
05:45avant même qu'elle soit reconnue
05:47à titre bilatéral par chacun des États,
05:49elle a quand même une reconnaissance multilatérale.
05:53Il y a l'Assemblée générale,
05:54elle est aussi partie au statut
05:55de la Cour pénale internationale,
05:57elle est aussi membre de l'UNESCO,
05:59d'autres organisations internationales.
06:00Donc, il y a déjà quand même
06:02un mouvement très très large.
06:04Et les reconnaissances bilatérales,
06:06finalement, c'est encore ajouter
06:08une couche, si on peut dire.
06:10Mais on pourrait considérer
06:12que la reconnaissance
06:13est quand même déjà largement admise.
06:15Sur le terrain,
06:16on sait qu'Israël poursuit
06:18ce qui est présenté
06:18comme un plan de reconquête totale
06:21de la bande de Gaza.
06:23Certains observateurs évoquent
06:24des stratégies d'incitation
06:25au déplacement forcé
06:26des habitants et des Palestiniens
06:27de la zone.
06:28Alors, à la lumière du droit international,
06:30peut-on qualifier cela
06:31de transfert forcé ?
06:33Oui, certainement.
06:34Donc, il y a deux aspects,
06:36en réalité,
06:36à ce qui se passe à Gaza.
06:38Il y a d'abord celui
06:39que vous venez d'évoquer.
06:40Vous dites reconquête, en effet.
06:42En même temps,
06:43Gaza n'a jamais cessé
06:44d'être occupée
06:45au sens juridique du terme.
06:48Pourquoi ?
06:48Parce qu'Israël a toujours contrôlé
06:50l'espace aérien de Gaza,
06:53l'espace maritime de Gaza,
06:55ce qui fait que...
06:57Et toutes les frontières terrestres de Gaza,
06:59l'entrée et la sortie.
07:01Donc là, on a considéré,
07:02quand je dis on,
07:03c'est à la fois
07:04la Cour internationale de justice
07:05qui, je viens de l'expliquer,
07:07en 2024,
07:08a considéré que
07:09les territoires occupés,
07:10c'était une unité.
07:12Et aussi, par exemple,
07:13la Croix-Rouge,
07:14qui est quand même
07:14une organisation
07:15particulièrement compétente
07:17pour déterminer
07:18ce que c'est un territoire occupé,
07:20a toujours considéré
07:21que Gaza était un territoire occupé,
07:23même s'il y avait eu
07:23un désengagement
07:25dans les années 2000,
07:28et que ce désengagement
07:30avait mené certains
07:31à dire que l'occupation
07:32avait pris fin.
07:33Non, a-t-on répondu ?
07:34Évidemment, aujourd'hui,
07:35on est dans une phase
07:36où l'occupation
07:38est beaucoup plus étendue,
07:40affirmée, intense,
07:42et on a sur le terrain
07:44l'armée israélienne
07:45qui, au moment où nous parlons,
07:47déploie ses troupes
07:48dans la ville de Gaza,
07:49par exemple.
07:51Donc, le premier aspect,
07:52c'est l'occupation
07:53ou même,
07:53dit la Cour internationale,
07:55l'annexion des factos.
07:57C'est-à-dire que même
07:58si Israël ne le proclame pas
07:59comme pour Jérusalem-Est,
08:01par exemple,
08:02en réalité,
08:03ce qu'elle est en train de faire
08:04à Gaza
08:04et d'ailleurs en Cisjordanie,
08:06c'est une annexion des factos,
08:08une annexion rampante
08:09qui se fait par la colonisation.
08:11Donc, ça, c'est un aspect.
08:13Pour que ça fonctionne,
08:15pour que cette annexion des factos
08:16puisse véritablement
08:17être couronnée de succès,
08:20Israël transfère les populations,
08:23tente de faire fuir
08:24les Palestiniens,
08:25par des actes récurrents
08:27et constants
08:27de harcèlement
08:28ou même, en réalité,
08:30en laissant les colons
08:31exécuter des Palestiniens
08:34en Cisjordanie
08:34ou alors à Gaza
08:36avec cette opération militaire
08:38qui s'apparente, en effet,
08:39à une conquête totale du territoire
08:41qui se réalise soit
08:42tout simplement
08:43en exterminant
08:44une partie de la population
08:45palestinienne,
08:47ce qui fait que beaucoup,
08:48il y a encore un rapport aujourd'hui,
08:50on l'a entendu
08:50lors des informations,
08:52un rapport du conseil,
08:55enfin, d'une commission indépendante
08:56de l'ONU
08:57qui considère qu'il y a génocide.
08:59Elle le fait après beaucoup d'autres,
09:00Amnesty International,
09:02Human Rights Watch
09:03et puis beaucoup,
09:04beaucoup d'internationalistes.
09:06Donc, il y a cet aspect génocidaire
09:09d'extermination
09:10et en parallèle,
09:13cette idée que
09:13ou alors la population va fuir
09:16et là, c'est tout l'aspect
09:17soutenu par l'administration Trump
09:19de relocaliser,
09:22pour utiliser un euphémisme,
09:24les habitants de Gaza.
09:25Juridiquement, ça s'appelle
09:26une déportation,
09:28c'est-à-dire qu'on expulse
09:30les personnes de leur propre pays.
09:31C'est ça, une déportation juridiquement.
09:33Donc, il ne faut pas le prendre
09:34nécessairement avec des analogies,
09:36avec la Deuxième Guerre mondiale,
09:38comme on fait souvent.
09:40C'est un terme technique juridique,
09:41la déportation,
09:43c'est expulser les personnes
09:44hors de leur propre territoire.
09:46Donc, c'est comme ça, en effet,
09:48qu'on peut qualifier
09:48ce qui se passe juridiquement,
09:50ce qui se passe à Gaza.
09:51Alors, professeur Corten,
09:52beaucoup dénoncent
09:53une impunité structurelle
09:55dans ce conflit.
09:56Est-ce que le droit international
09:56a, disons encore,
09:58un réel pouvoir
09:58face à des États puissants
10:00ou soutenus par des alliés majeurs
10:01comme les États-Unis, justement ?
10:03Alors, le droit international,
10:04en tant que tel,
10:05n'a pas vraiment de pouvoir.
10:06C'est plus un outil
10:07qu'un pouvoir.
10:08Donc, c'est un outil.
10:09On peut l'utiliser
10:10pour défendre des causes.
10:13Je viens de citer des rapports.
10:15Ce sont des juristes
10:16qui vont utiliser
10:17le droit international
10:18pour dénoncer
10:19ce qui se passe.
10:20De l'autre côté,
10:21comme vous le savez,
10:22que ce soit les États-Unis
10:23ou Israël,
10:25vont considérer
10:25que ce qu'ils font
10:27n'est pas contraire
10:28au droit international.
10:29Donc, on a un droit
10:31qui prête à interprétation,
10:34spécialement pour des principes
10:36comme la légitime défense,
10:39par exemple,
10:39ou le génocide, bien sûr.
10:41Maintenant,
10:42ça ne veut pas dire pour autant
10:43qu'on peut l'interpréter
10:44n'importe comment.
10:45Il y a des organes compétents
10:47et qui sont indépendants,
10:49non seulement des commissions,
10:50mais par exemple,
10:51je l'ai déjà cité,
10:52la Cour internationale de justice
10:53ou la Cour pénale internationale,
10:56c'est-à-dire des juges
10:57qui se prononcent.
10:58Et à partir de ce moment-là,
11:00en tout cas,
11:00on a des interprétations
11:01dominantes,
11:03autorisées,
11:04si on peut dire,
11:04du droit international.
11:05Mais dans votre question,
11:07et c'est tout à fait normal,
11:08vous dites,
11:09mais ce n'est pas pour autant
11:09que c'est appliqué
11:10sur le terrain.
11:11Donc là,
11:12il faut,
11:13pour que ce soit appliqué
11:14sur le terrain,
11:15comme il n'y a pas
11:16de super État mondial
11:18ou de super institution
11:19internationale
11:20qui est là
11:21pour faire respecter
11:22le droit international,
11:23parce que le Conseil de sécurité,
11:25comme son nom l'indique,
11:26il est là pour assurer
11:27la sécurité,
11:28mais pas pour faire respecter
11:29le droit international
11:30plus généralement.
11:31Alors,
11:32c'est à chaque État
11:33et à chaque personne
11:34au sein des États
11:35d'essayer
11:36de faire respecter
11:37le droit international
11:38au cas par cas,
11:39de se mobiliser.
11:40C'est dans ce contexte-là
11:41qu'il y a eu notamment
11:42les manifestations,
11:44dont encore
11:44il y a une dizaine de jours
11:46à Bruxelles.
11:47Pourquoi ?
11:47Pour faire respecter
11:48le droit international.
11:49Et c'est pour cette raison
11:51que sans doute,
11:54très certainement,
11:55c'est en raison
11:55de cette pression
11:56que des gouvernements,
11:58y compris belges,
11:59vont prendre des mesures
12:00pour quand même
12:02tenter d'aller plus loin
12:03dans la volonté
12:05de mettre fin
12:06à ce qui se passe
12:06à Gaza.
12:07Alors,
12:07on va parler un petit peu,
12:08si vous voulez bien,
12:09professeur Corten,
12:10du jeu diplomatique régional
12:11et des limites
12:12de certains pays arabes.
12:13On a vu des pays
12:14comme l'Arabie Saoudite
12:15où les Émirats
12:15ont une position
12:17relativement mesurée.
12:18Alors,
12:18comment expliquer
12:19les limites
12:20de la diplomatie
12:21de ces pays
12:22dans ce dossier ?
12:23Alors,
12:24ces pays sont...
12:25Alors,
12:25quand on dit ces pays,
12:26il y a les gouvernements
12:27et les populations.
12:28Donc,
12:29il y a
12:29très certainement
12:31une grande solidarité
12:33au sein de la population,
12:35des populations
12:35de ces pays.
12:37avec le peuple palestinien
12:39pour des raisons
12:39historiques évidentes.
12:42Maintenant,
12:42les gouvernements,
12:43sans pouvoir
12:44non plus totalement
12:45s'émanciper
12:46de ces opinions,
12:48même si ce sont
12:49des gouvernements
12:49plutôt autoritaires,
12:50bien sûr,
12:52vont adopter
12:54une position
12:54de principe
12:56plutôt en faveur
12:57de la Palestine,
12:59mais vont en même temps,
13:00au nom de la réelle politique,
13:02avoir des relations
13:03avec Israël
13:04sur toute une série
13:05de questions
13:06et donc,
13:08c'est ça
13:08qui fait
13:09qu'ils sont
13:10un petit peu
13:10entre deux chaises,
13:14le soutien
13:14un peu formel
13:15à la Palestine,
13:17mais en même temps,
13:18la réelle politique
13:19est donc
13:20une alliance
13:20avec les États
13:22de la région,
13:23y compris Israël.
13:24C'est le vrai même,
13:24d'ailleurs,
13:25pour des États
13:25comme la Turquie,
13:27et c'est ça
13:27quand même
13:28que Gaza
13:28a provoqué aussi,
13:30ont plutôt,
13:31alors,
13:31repenché
13:31vers un soutien
13:32de la Palestine
13:34sur le principe
13:35après les événements
13:37du 7 octobre
13:38et l'attaque
13:39criminelle
13:39du 7 octobre.
13:41Mais on a toujours
13:42cette tension
13:43entre deux tendances
13:44contradictoires.
13:45Donc,
13:46la réunion hier
13:48de la Ligue arabe
13:49et de l'organisation
13:49de la conférence islamique
13:51à Doha,
13:51au Qatar,
13:52est sortie
13:52donc avec
13:53un communiqué
13:54qui montre encore une fois
13:56toutes les limites
13:57diplomatiques
13:58des pays arabes
13:59face à la cause
14:00palestinienne.
14:01Oui,
14:01en même temps,
14:02donc,
14:02ce qui est intéressant,
14:03c'est que dans ce communiqué,
14:04il y a,
14:05on pouvait s'y attendre,
14:06évidemment,
14:07mais ça va encore mieux
14:08en le disant,
14:08parce que si on ne le dit pas,
14:10on pourrait dire
14:10qu'il y a une espèce
14:11de tolérance
14:11ou de flou.
14:12Il y a une condamnation
14:13très nette
14:14de l'attaque d'Israël
14:15contre le Qatar.
14:17Donc,
14:18Israël,
14:18depuis qu'elle a été
14:20surarmée
14:21comme jamais
14:21après le 7 octobre,
14:23a quand même,
14:24je me demande
14:24s'il y a beaucoup
14:25de précédents
14:26dans l'histoire
14:26attaqué successivement
14:28des États
14:28comme, évidemment,
14:29la Palestine,
14:30mais aussi le Liban,
14:32la Syrie,
14:33l'Iran,
14:34le Yémen,
14:35et alors le Qatar.
14:36Et là,
14:36il y a une condamnation
14:37très nette
14:38au nom du droit international
14:39de la part,
14:40bien sûr,
14:41de ces États.
14:42Je dis,
14:43bien sûr,
14:44de ces États
14:44parce que le Qatar
14:45est finalement
14:46partie de ces organisations,
14:49mais aussi d'autres,
14:50notamment des États
14:51occidentaux
14:51comme la France
14:53qui n'a peut-être
14:53pas toujours été
14:54aussi claire
14:55dans d'autres
14:55dossiers,
14:56mais qui, là,
14:57sur cette intervention
14:59militaire-là,
15:00a été très claire.
15:01Alors,
15:01pour conclure,
15:02si vous le voulez bien,
15:03professeur Corten,
15:04à vos yeux,
15:05est-ce que la reconnaissance
15:06internationale
15:07de la Palestine
15:07peut-elle ouvrir,
15:09finalement,
15:09disons,
15:10la voie à une résolution
15:11durable du conflit
15:12ou ne fait-elle que
15:13cristalliser encore
15:15et toujours les positions ?
15:17Alors,
15:17la reconnaissance
15:18toute seule
15:19ne peut pas faire
15:19grand-chose,
15:20évidemment.
15:20c'est-à-dire que
15:22c'est une formalisation
15:25d'un cadre
15:27de négociation
15:28pour l'avenir,
15:29comme je l'ai dit
15:29tout à l'heure.
15:31C'est-à-dire
15:31qu'on considère
15:32comme un négociable
15:34l'existence
15:35de l'État palestinien.
15:36Évidemment,
15:37si on ne fait que le dire
15:38sans qu'il y ait
15:38aucun autre moyen
15:39de pression,
15:40ce n'est pas ça
15:41qui va aboutir
15:42au conflit.
15:42à l'inverse,
15:44les arguments
15:45tentant à dire
15:45que cette reconnaissance
15:46va heurter,
15:47va cristalliser,
15:48va crisper
15:49et que donc
15:50ça va nuire
15:51au règlement du conflit
15:52ne sont pas très convaincants
15:53tout simplement
15:54parce que
15:55les négociations,
15:56le règlement du conflit
15:57est bloqué
15:58depuis des décennies
15:59et qu'on ne voit pas
16:00très bien,
16:00vu ce qui se passe
16:01sur le terrain à Gaza,
16:02comment est-ce que
16:03ça pourrait être pire ?
16:04Donc,
16:04de ce point de vue-là,
16:06cet argument
16:06n'est pas très convaincant.
16:08Mais d'un autre côté,
16:09c'est vrai,
16:09la reconnaissance toute seule
16:10ne peut rien faire.
16:11Elle doit être assortie
16:12de pression
16:13pour essayer
16:14d'équilibrer
16:15un tout petit peu
16:16autant que faire se peut
16:17la négociation
16:18entre Israël
16:19et la Palestine
16:20dans un contexte
16:21multilatéral.
16:22Il ne faut pas oublier
16:23que le conflit palestinien,
16:26c'est la responsabilité
16:27des Nations Unies.
16:28C'est toujours
16:28le mandat
16:29de la Palestine
16:30qui n'a pas jamais
16:31vraiment été mené à terme.
16:33Donc,
16:33ce n'est pas uniquement
16:34une affaire
16:35entre les Israéliens
16:36et les Palestiniens.
16:37Voilà,
16:38c'était donc la conclusion
16:39du professeur Olivier Corten.
16:40Merci pour vos analyses.
16:42précieuses et éclairantes
16:43sur un sujet
16:44aussi complexe
16:45que sensible.
16:45Merci professeur.
16:46Merci à vous.
16:47On se retrouve dans quelques instants
16:48pour la suite
16:48de votre Carrefour de l'Info.
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