00:00 (Générique)
00:23 Synergie est une association créée en 2000 par des médecins du travail.
00:27 Elle a pour objet d'agir contre l'exclusion du monde du travail
00:30 des personnes en situation de déficit physique, psychique ou sensoriel.
00:35 Elle réunit des médecins du travail, des médecins de prévention ou de soins,
00:39 des ergonomes, des psychologues,
00:41 ainsi que des professionnels de l'insertion et du maintien à l'emploi des personnes handicapées.
00:46 Créée il y a plus de 15 ans,
00:50 Comet France fédère 35 équipes pluridisciplinaires
00:53 implantées dans les plus importants centres de médecine physique et de réadaptation français.
00:58 L'objectif de l'association est de construire,
01:01 pendant l'hospitalisation et avec la participation active de la personne en situation de handicap,
01:07 un projet de vie lui permettant de retrouver un emploi,
01:11 d'intégrer une formation ou reprendre des études le plus rapidement possible
01:15 après sa sortie de l'établissement de soins.
01:19 Comet France s'impose également comme un référent en matière d'évaluation
01:23 sur les thématiques ayant trait à l'emploi et au handicap.
01:26 Les associations Synergie et Comet France sont très mobilisées
01:31 sur les champs de l'insertion par le travail
01:34 et conjuguent leurs efforts pour anticiper les inaptitudes
01:37 et préserver l'employabilité des personnes.
01:39 Depuis 2005 et la signature d'une convention entre les deux associations,
01:44 des groupes de réflexion s'organisent et des outils partagés se mettent en place.
01:49 L'équipe technique maintien à l'emploi a pour objectif
01:52 de mettre tous les partenaires autour de la table,
01:54 de discuter de toutes les solutions à travers toutes les logiques
01:58 et d'optimiser la recherche des solutions dans l'intérêt des personnes
02:01 pour qu'on puisse les accompagner dans les meilleures conditions.
02:03 L'idée étant de faire un accompagnement des personnes en présomption d'inaptitude médicale
02:10 qui risque donc d'être licenciée et donc de les accompagner sur un projet professionnel
02:16 très en amont du licenciement pour inaptitude lorsque notamment
02:18 il n'y a pas de solution de matière dans l'entreprise.
02:20 Il faut savoir que depuis maintenant 5 à 6 ans,
02:24 tous les services de santé au travail de France
02:26 et notamment le service de santé au travail du Morbihan, la MIEM,
02:29 constatent une augmentation du nombre de licenciements pour inaptitude médicale
02:33 puisque dans le service, pour 180 000 salariés suivis,
02:36 on a actuellement à déplorer malheureusement 1 1000 licenciements chaque année pour inaptitude médicale.
02:40 En 2007, j'ai eu une hernie discale C4-C5 avec une amyctonie céphalo-rachidienne.
02:51 Suite à ça, un arrêt de maladie pendant plus d'un an et demi.
02:55 J'étais caissière-coffre au Casino Barrière de Carnac
02:59 et une reconversion professionnelle était indispensable
03:01 puisque j'avais un poste à port de charge.
03:04 Mon employeur se posait des questions sur ma capacité de pouvoir rester à mon poste
03:10 et grâce à l'accompagnement du centre de Carpap,
03:13 nous avons pu mettre en place des démarches pour pouvoir garder mon emploi.
03:18 Un BVSP, c'est un bilan médico-socio-professionnel.
03:27 C'est un outil que nous avons mis en place il y a une dizaine d'années
03:30 auprès des patients cérébralisés dans le cadre de la démarche précoce d'insertion
03:34 et que nous avons progressivement élargi à d'autres pathologies de MPR,
03:38 qu'elles soient cardiaques, qu'elles soient ostéo-articulaires,
03:41 qu'elles soient respiratoires ou qu'elles soient neurologiques.
03:43 Ce sont des bilans que nous réalisons sur sollicitations le plus souvent
03:48 des acteurs du réseau, que ce sont les médecins de santé au travail,
03:52 que ce sont les MDPH, les CAP emplois.
03:55 Ils sont réalisés le plus souvent dans le cadre d'un hôpital de jour.
03:59 Ils associent des professionnels que sont les médecins de MPR,
04:04 les chargés d'insertion professionnels, ergothérapeutes, ergonomes,
04:08 mais aussi des assistantes sociales, des psychologues, des neuropsychologues
04:12 pour prendre ainsi en compte toutes les dimensions de la déficience
04:15 et des incapacités et du handicap.
04:18 Ceci dans l'objectif de maintenir l'emploi pour la personne handicapée
04:23 ou lui permettre un retour dans l'entreprise et de maintenir en tout état de cause son employabilité.
04:31 Je suis persuadée que si je n'étais pas accompagnée par un milieu médical derrière,
04:36 avec des gens compétents et avec un ergonome, je ne serais plus parmi la société.
04:42 Chaque maintien dans l'emploi est singulier et est unique en soi.
04:48 Notre rôle a été d'ouvrir le champ des possibles en termes de maintien dans l'emploi
04:53 aussi bien pour Mme Girard que pour l'entreprise.
04:56 En disant que le maintien est peut-être envisageable dans certaines conditions
05:01 si on avance pas à pas, progressivement,
05:03 et que l'on apporte les bons outils au bon moment, aux bonnes personnes.
05:07 En tant qu'employeur, pour Karine Girard, au moment de sa reprise,
05:10 on s'est posé des questions sur son état de santé et si elle pouvait tenir son poste.
05:17 On ne peut pas aujourd'hui faire du maintien dans l'emploi
05:21 sans un employeur qui est volontaire pour faire du maintien dans l'emploi
05:25 et sans un salarié qui a envie de reprendre dans l'entreprise.
05:28 On peut considérer aujourd'hui que les actions de maintien dans l'emploi
05:32 sont limitées par la morosité économique et la situation du marché de l'emploi.
05:36 Quelques lueurs d'espoir dans ces difficultés par rapport au manque de travail.
05:43 La première lueur d'espoir, c'est la volonté des pouvoirs publics
05:46 de faire du maintien à l'emploi des seniors et des déficits.
05:49 Des gens qui ont des problèmes de handicap, une priorité.
05:51 Sans doute les entreprises vont devoir évoluer dans leur mentalité
05:54 pour faire du maintien à l'emploi des personnes handicapées.
05:57 La deuxième lueur d'espoir, c'est la nécessité pour les entreprises
06:00 de conserver des main-d'oeuvre qualifiées, notamment dans certains secteurs,
06:04 comme par exemple le bâtiment et le travail public,
06:06 où une personne victime d'actions de travail et handicapée
06:09 aura peut-être plus tendance à être maintenue parce qu'on veut conserver ses savoir-faire.
06:13 Ce maintien dans l'emploi s'est déroulé sur une période d'un an.
06:20 Il est résultat d'une coordination, d'une articulation et d'une mobilisation
06:23 sans précédent de l'ensemble des acteurs et des partenaires du handicap,
06:27 en partant bien évidemment du neuroschirurgien qui a opéré Mme Gérard,
06:32 du médecin de MPR, de l'équipe technique maintien,
06:35 du médecin de santé au travail bien évidemment, un acteur incontournable,
06:39 et puis également des services de la CPAM, incontournable également la MDPH,
06:45 la maison départementale des personnes handicapées et de la GEPHIP.
06:50 J'ai repris sur un autre poste avec un essai de 15 jours,
06:57 un mi-temps thérapeutique ensuite et pour terminer en contrat de rééducation.
07:04 On est pleinement satisfait du rôle qu'occupe aujourd'hui Karine.
07:08 Elle-même aussi ne suspectait pas qu'elle pouvait aussi bien accueillir les clients.
07:14 Sans poser de questions, si c'était à refaire, je le referais.
07:18 L'accident de santé, c'est 1994, la découverte d'une maladie neurologique dégénératrice.
07:31 Mon état s'est dégradé, j'ai subi une intervention chirurgicale.
07:34 Dès l'instant où on a fait le choix de repartir et de gagner,
07:39 on oublie la maladie et forcément on est très motivé pour y arriver.
07:43 Sur 4 jours de travail, j'en passe 3 à la maison,
07:49 ce qui me permet de gagner une heure de sommeil tous les matins,
07:55 ce qui est très important, de ne pas me déplacer,
08:00 de faire pratiquement 150 ou 200 km de moins en voiture par semaine.
08:04 On rencontre une assistante sociale assez rapidement
08:09 qui quelquefois donne des informations intéressantes,
08:13 mais il faut aussi par soi-même aller faire des recherches,
08:16 se renseigner auprès d'autres personnes qui ont eu le même type de problème
08:20 et c'est ce qui peut permettre d'aller plus vite dans les démarches.
08:24 Les aspects motivationnels sont ici essentiels,
08:29 car il s'agit du projet de la personne.
08:32 Le fil d'Ariane a été ici l'analyse pertinente
08:35 que le patient a pu faire de sa situation
08:38 par rapport à son poste de travail, ses contraintes,
08:41 et l'auto-évaluation de la situation a été déterminante dans la conduite du projet.
08:46 Pour notre part, nous l'avons informé sur les possibles,
08:50 les compensations, les aides techniques, les limites.
08:53 On voit donc qu'il est important d'impliquer la personne
08:57 dans son processus de réinsertion et ce, dès la phase initiale de soins en MPR.
09:01 C'est le concept même de la démarche précoce d'insertion.
09:05 Notre rôle est d'accompagner la personne en étant toujours attentif,
09:09 et c'est un élément essentiel, à ses préoccupations professionnelles,
09:13 mais aussi personnelles, et instaurer une relation de confiance
09:17 indispensable pour guider le patient dans cette démarche
09:20 qui a d'ailleurs une véritable valeur thérapeutique.
09:23 Il y a quelques années, j'ai eu un accident grave,
09:30 et je me suis retrouvé paraplégique.
09:33 Et de là, je me suis posé la question,
09:36 est-ce que je pouvais encore reprendre une activité en tant qu'exploitant de l'école ?
09:42 Je voulais à tout prix reprendre à conduire un tracteur.
09:45 Je me suis dit, du moment où je peux conduire une voiture, je peux conduire un tracteur.
09:50 Le conseiller en réadaptation est également amené
09:58 à analyser les situations de travail réellement dans l'entreprise.
10:04 On échange sur la faisabilité des projets,
10:08 on est amené à visiter des sites de référence.
10:11 Son rôle est aussi d'aider la personne à trouver des solutions techniques,
10:17 des solutions d'organisation de travail, et des solutions financières.
10:23 Toutes ces boîtes à outils font partie aujourd'hui
10:29 d'un panoplie d'actions des médecins du travail, c'est leur ordonnance.
10:32 Le problème aujourd'hui, c'est beaucoup plus un problème de timing.
10:36 La nécessité d'être précoce dans les signalements, c'est essentiel.
10:40 Alerter les partenaires d'une situation difficile pour prendre en charge des personnes de manière efficiente,
10:44 c'est très important.
10:46 Cela veut dire aussi une réactivité des opérateurs,
10:49 et une fluidité dans la mise en œuvre des différentes solutions pour accompagner les personnes.
10:54 Quel doit être notre partenariat avec les médecins de santé au travail ?
10:59 Pour ma part, je le souhaite avant tout clinique centrée sur la personne.
11:03 Et à cet égard, j'aurais plusieurs propositions.
11:06 Lorsqu'un blessé arrive au centre de rééducation,
11:09 l'équipe de MPR doit identifier précocement le médecin de santé au travail référent.
11:14 L'idéal, nous le mettons en place sur les lombologies,
11:17 est que ce signalement se fasse en amont de l'admission.
11:21 Tout au long du parcours, l'équipe de rééducation, avec l'accord du patient,
11:25 doit adresser au médecin de santé un bilan des capacités.
11:29 De cette façon, notre confrère peut suivre pas à pas la progression de la réadaptation,
11:35 et donner ainsi aussi son avis sur les exigences du poste de travail antérieur,
11:40 tout en envisageant au sein de son entreprise les différentes démarches
11:45 auprès du chef d'entreprise pour le reclassement, l'aménagement du poste du salarié.
11:50 Ne quittez pas, je vous la passe.
11:52 Un autre élément important me paraît être, dans la mesure du possible,
11:56 la présence en fin de séjour lors de la synthèse finale de notre confrère.
12:01 On peut envisager ainsi, ensemble, les différentes possibilités et conditions de reprise,
12:07 et mettre en place les différentes formules que nous connaissons,
12:10 que sont les stages, les indemnités journalières et les contrats de rééducation.
12:15 Un dernier souhait, c'est de mettre en place des consultations cliniques,
12:20 où nous examinerions ensemble avec notre confrère de santé au travail les patients.
12:25 Il s'agirait de consultations dites avancées, hors de nos murs,
12:30 aux plus proches des patients, ceci dans un esprit pluridisciplinaire,
12:35 mais aussi de démarches précoces d'insertion, puisque ces consultations pourraient se situer,
12:40 notamment, et c'est notre projet, dans les prochains mois, au Centre antidouleurs de l'Orient,
12:44 mais aussi à l'hôpital, centré sur des pathologies comme les sclérose en plaques,
12:48 les lombagies, avec nos confrères neurologues et rhumatologues.
12:53 Le plateau technique que propose CAREPAP, notamment dans ses programmes de restauration fonctionnelle du rachis,
12:59 est un élément de décision, un appui à la décision.
13:02 Aujourd'hui, si j'avais un vœu à formuler, c'est que ce plateau technique soit encore plus accessible aux médecins du travail,
13:09 et surtout dans une réactivité plus grande, puisqu'il y a des délais qui sont imposés,
13:14 qui font que, dans la fluidité de nos décisions, on a quelques difficultés pour avoir une réponse efficiente.
13:20 Mais hormis ces petits problèmes d'intendance, je dirais que le plateau technique d'évaluation des lombagies,
13:26 notamment des personnes qui sont déconditionnées par rapport à leur douleur,
13:29 qui ne savent plus très bien où elles en sont, ce qu'elles peuvent faire,
13:33 c'est essentiel avant de décider d'une inaptitude médicale.
13:37 Cette dynamique au service des personnes permet aussi de porter avec force l'idée que l'emploi doit s'imposer
13:45 comme un des éléments majeurs de l'inclusion sociale,
13:48 et que des outils nouveaux doivent être développés pour atteindre cet objectif.
13:53 Synergie et Comète France, sur les bases de leur expérience complémentaire de partenariat,
13:59 souhaitent que des réflexions s'engagent sur l'employabilité des personnes handicapées,
14:03 et que des voies nouvelles d'évaluation et d'accompagnement qui favoriseraient l'emploi soient mises en œuvre.
14:10 L'emploi est un objectif de la société.
14:14 L'emploi est un objectif de la société.
14:17 L'emploi est un objectif de la société.
14:20 L'emploi est un objectif de la société.
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14:45 L'emploi est un objectif de la société.
14:48 L'emploi est un objectif de la société.
14:51 L'emploi est un objectif de la société.
14:54 L'emploi est un objectif de la société.
14:57 L'emploi est un objectif de la société.
15:00 L'emploi est un objectif de la société.
15:03 L'emploi est un objectif de la société.
15:06 Merci.