00:00Le dispositif que la commission électorale a mis en place est impossible à réaliser.
00:03Il ne faut pas demander à quelqu'un de dévoiler toute son identité dans les documents
00:07qui montrent qu'il est lié à un candidat qui l'a supporté.
00:09Ça porte de près dans un pays où les gens sont morts pour leur choix, pour des partis ou pour des individus.
00:14Bonjour à toutes, bonjour à tous.
00:16Aujourd'hui, nous recevons un acteur politique qui ne laisse personne indifférent.
00:20Ancien préfet d'Abidjan, très actif dans la société civile,
00:23il est désormais officiellement candidat à la présidentielle d'octobre 2025.
00:30M. Vincent Taubirier, bonjour et merci d'avoir accepté notre invitation.
00:36Bonjour M. Cadio.
00:37Aujourd'hui, vous aspirez à la magistratie suprême.
00:40Qu'est-ce qui motive ce tournant dans votre parcours ?
00:42La politique a été longtemps présentée comme une sorte d'épouvante
00:46et des personnes qui ont des ressources se sont mises à l'écart de la politique,
00:51laissant le champ à un groupe qui se succède depuis 65 ans dans les différents postes de responsabilité,
00:57alors qu'il y a des personnes qui ont une vision, qui ont une expérience, mais qui se tiennent à l'écart.
01:02Donc, moi, je voudrais constituer cette nouvelle génération-là, en même temps que les autres,
01:06qui voudrait apporter son expérience et sa perspective au développement de la Côte d'Ivoire.
01:10La scène politique ivoirienne est déjà marquée par des figures bien connues comme Alassane Ouattara,
01:15Laurent Gbabou ou encore Tijantiam.
01:17En quoi votre candidature se distingue-t-elle ?
01:20Nous, aujourd'hui, nous nous posons en candidats indépendants.
01:22Nous voulons être la voix de la masse de la population qui ne se reconnaît pas dans ces partis-là.
01:28Et nous voulons également représenter ceux qui, dans ces partis, ne suivent plus l'orientation.
01:33Nous voulons gérer le pays différemment.
01:35Nous voulons mettre fin au cycle des conflits que l'alternance entre ces partis a souvent occasionnés.
01:42Alors, vous vous appuyez sur une plateforme citoyenne lancée en 2020.
01:46Quel bilan en tirez-vous ?
01:47Comment est-elle structurée sur le terrain ?
01:49Je voudrais rappeler que la structure dont vous parlez, Homme Nouvelle, est un engagement citoyen auquel j'appartenais.
01:57Et donc, beaucoup d'ivoiriens faisaient partie de cette structure.
02:01Nous avons travaillé dans le pays.
02:02Mais aujourd'hui, je suis un candidat indépendant.
02:04Je ne représente aucune couleur d'aucune organisation.
02:06Mais avec Homme Nouvelle, nous avons fait un travail formidable.
02:09Il n'y a pas aujourd'hui une seule région, un seul département où nous ne sommes pas présents.
02:12Nous avons mené des initiatives de réconciliation, de cohésion, de rapprochement des populations.
02:18Mais également, pour nous inspirer du vécu quotidien de ces populations.
02:23Ça a été une très bonne et une grande aventure.
02:25Sur le plan administratif, où en êtes-vous avec votre dossier des candidatures ?
02:29Pensez-vous pouvoir atteindre sans difficulté les parrainages requis pour être en lice ?
02:35Nous ne disons pas que le parrainage est difficile pour nous.
02:38Il s'agit de 1% des électeurs.
02:39Nous disons que le dispositif que la Commission électorale a mis en place est impossible à réaliser.
02:45Vous ne pouvez pas demander à des candidats de prendre des machines de la Commission électorale,
02:50d'aller dans les régions, de déposer ces machines en face du visage des citoyens
02:56pour la reconnaissance faciale d'un pays qui a connu autant de violences.
03:00Vous ne pouvez pas demander que mon coordonnateur régional d'une région précise
03:04soit inscrit dans la région pour pouvoir faire mon parrainage là-bas,
03:09alors que l'élection présidentielle a une circonscription unique.
03:12C'est l'accord d'Ivoire sur le pays.
03:14Et il y a beaucoup de contradictions comme ça qui rendent le parrainage pratiquement illusoire.
03:18Pourquoi on veut violer même le secret du vote ?
03:20Même les pays les plus sécurisés au monde, tels que les États-Unis, la France, la Nouvelle ou autres,
03:25le vote est secret.
03:25Il n'y a aucun pays sur la terre où le vote est ouvert.
03:28Mais ici, en Côte d'Ivoire, le parrainage est un pré-vote.
03:31Il ne faut pas demander à quelqu'un de dévoiler toute son identité
03:33qui montre qu'il est lié à un candidat qui l'a supporté.
03:36Ça porte de près dans un pays où les gens sont morts pour leur choix,
03:38pour des partis ou pour des individus.
03:40Alors, selon vous, qu'est-ce qu'on peut faire à quatre mois les élections ?
03:43Nous disons clairement qu'il faut retirer le parrainage.
03:45Les élections, c'est le peuple, c'est l'expression populaire.
03:48Et ça se fait de façon routinière.
03:50Ça ne devient pas une sorte de bois sacré où on invente tous les jours des éléments particuliers
03:56pour que la communauté ne soit pas ouverte.
03:58Ce n'est pas normal.
03:59Une grande partie de l'opposition, notamment la CAPSI, appelle à des réformes avant le scrutin,
04:04notamment une récomposition de la CUEI.
04:07Partagez-vous cette exigence de réforme ?
04:10Pour moi, le fait que des acteurs majeurs représentant des blocs politiques importants
04:14et qui font partie de l'histoire de la Côte d'Ivoire,
04:15que ces blocs ne soient pas à une élection,
04:17ça peut poser un problème pour l'avenir de la Côte d'Ivoire.
04:20Il est nécessaire que le pays considère plus sa stabilité
04:24que l'urgence d'avoir un parti qui va arriver au pouvoir, qui va continuer,
04:28qui ne va faire que de la réconciliation,
04:30qui ne va faire que se poser à des partis hostiles,
04:33qui ne va faire qu'expliquer la légitimité de sa présence.
04:36Et nous pensons que s'il y a lieu de faire des aménagements,
04:38bien sûr, tous les aspects du dispositif électorat pour aller,
04:41il faut qu'on les fasse.
04:42C'est la Côte d'Ivoire qui gagne,
04:43et non pas des individus, et non pas des partis politiques,
04:45qui sont par nature égoïstes,
04:47qui sont par nature centrées sur leurs intérêts,
04:51en termes de groupements politiques ou d'individus,
04:53et non pas sur la destinée du pays.
04:56Et c'est ça à quoi nous assistons aujourd'hui.
04:58Le président Alassane Ouattara entretient un flou sur ses intentions pour 2025,
05:02sans confirmer ni infimer une nouvelle candidature.
05:05Selon vous, ce silence est-il une stratégie délibérée ?
05:09Je ne connais pas la stratégie des autres partis.
05:11C'est un jeu politique, c'est normal.
05:13Il sort, le président de la République a essayé d'être là ou de ne pas être là,
05:16de ne pas répondre.
05:17Ça, c'est la fête du RGP.
05:18Nous demandons que les conditions d'une élection soient transparentes,
05:22ouvertes, pour que la Côte d'Ivoire avance dans le bon sens,
05:25que les acquis soient consolidés,
05:27et que la paix soit toujours là,
05:29au détour de toutes nos consultations électorales.
05:31Que pensez-vous d'un autre mandat du président de la République ?
05:35Je ne crois pas qu'à ce niveau où nous sommes aujourd'hui,
05:37ce soit une décision qui répond à des considérations légales ou constitutionnelles,
05:41parce qu'elle n'a même pas été franchie en 2020.
05:43Donc c'est à son parti de savoir s'il doit faire un quatrième mandat ou pas.
05:46Mais moi, ma préoccupation réside dans les conditions générales de transparence
05:50et d'organisation des élections par la Commission électorale.
05:53Les autres candidats peuvent se présenter,
05:55mais il y a des normes universelles en termes d'élections.
06:00Comment vous pouvez expliquer, M. Cadio,
06:02qu'aujourd'hui, la Côte d'Ivoire n'a pas un calendrier électoral ?
06:04C'est du jamais vu.
06:05Au moins 18 mois avant une élection, on doit avoir le calendrier.
06:08Même les réunions de la Commission électorale doivent être connues.
06:10Les opérations doivent être connues.
06:11Et puis, ce n'est pas que les partis politiques.
06:12J'entends dire que les partis politiques ont copié du calendrier.
06:16Non, on ne l'a pas.
06:17Les élections, ce n'est pas les partis politiques.
06:19Les élections, c'est le peuple.
06:20Et la Commission électorale a le dévoi de porter à la conscience du peuple
06:23le dispositif politique en place.
06:24C'est pour cette raison qu'elle rencontre les églises.
06:26Est-ce que les églises présentent des candidats ?
06:28Est-ce que les mosquées présentent des candidats ?
06:30L'islam présentent des candidats ?
06:32Pourtant, on les rencontre pour parler.
06:33Parce qu'il s'agit du peuple.
06:34C'est ça le travail d'une Commission électorale
06:35qui doit arbitrer, qui doit conseiller,
06:38qui doit calmer et non pas mettre des éléments
06:40qui empêchent une participation transparente et ouverte
06:43de toutes les populations à un choix électoral.
06:46Et je demande un peu plus de professionnalisme
06:47dans l'exercice des missions électorales.
06:50Alors, le PPC, le PDC, l'EFP ne font plus partie de la CEI.
06:55Moi, je dis qu'un processus électorale transparent
06:57n'a même pas besoin qu'un parti soit présent ou pas présent.
07:00Il pose des normes universelles,
07:02des normes communément admises,
07:04des normes de transparence,
07:06pour que moi, candidat Vincent Taubirier,
07:09si je ne suis pas à la Commission électorale,
07:10je ne dois pas m'inquiéter du fait que je n'y suis pas
07:12parce que j'ai confiance.
07:13Je dois avoir confiance aux gens qui sont là-bas.
07:15Ils prennent des décisions pour tout le monde,
07:16des décisions transparentes.
07:18Mais si je dois forcément me faire représenter,
07:20c'est parce que je n'ai pas confiance.
07:21Si le FPI, le PDC, le PPC ne sont pas là-bas,
07:24c'est parce que peut-être ils ont un problème de confiance.
07:26Donc, revenons à des éléments basiques.
07:29Je ne sais pas.
07:30C'est un devoir pour toutes les institutions dans une République
07:33de répondre aux préoccupations des populations.
07:35Mais de ne pas en faire un sujet
07:36juste relayé par des cyberactivistes
07:38qui viennent s'introduire dans tous les débats,
07:41sans respect pour la connaissance,
07:43sans respect pour la matière,
07:44et sans respect pour l'idéal commun de stabilité d'un pays.
07:48Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Bleu Goudet,
07:50Didi Antiam sont pour l'instant exclus de la liste électorale.
07:54Craignez-vous une escalade due à ces exclusions ?
07:57On a 65 ans de pratiques électorales
07:59et 65 ans de crise.
08:01On a fait partie unique pendant 30 ans.
08:03En 90, on est rentré encore dans des crises.
08:05En 95, on est dans des boycottes actifs.
08:07En 2000, avec tout ce qui est ce charnier de Yopougon.
08:10En 2010, avec tous ces 3 000 morts.
08:12En 2020, avec encore des 87 morts.
08:14Pourquoi ?
08:15On peut apprendre à vivre comme un pays normal.
08:18Tous les pays de l'acte organisent des élections et avancent.
08:20Mais pour nous seuls, c'est un truc.
08:22Parce qu'il y a des gens qui ont un intérêt.
08:24Leur famille, leur clan, leur région, leur vie.
08:27Ils n'ont que ça comme objectif.
08:29Ils n'ont pas le pays.
08:30Et il faut qu'on arrête ça.
08:31C'est pour cette raison que nous disons
08:32que nous présentons une candidature indépendante
08:35qui doit être aujourd'hui l'alternative au parti politique.
08:37Parce qu'apparemment, les partis ont géré
08:39avec ce souci constant d'exclusion.
08:42Il faut arrêter ça.
08:43Il faut choisir maintenant la voie de l'avenir.
08:45Et nous représentons cette voie de l'avenir-là.
08:47Pour que la Côte d'Oise soit un peu plus stable.
08:48Parce que nous avons une vision pour le pays.
08:50Parce que nous avons un altruisme pour ce pays.
08:52Parce que nous avons un amour pour ce pays.
08:54Parce que nous savons que la finalité,
08:56c'est l'histoire qui jure.
08:57Et non plus des accommodations matérielles
09:00ou de privilèges instantanés
09:01qui sont en train de détruire notre pays.
09:03Quelle lecture vous faites de la récente alliance
09:06entre le PPACI de Laurent Gbagbo
09:08et le PDCI de Tidjantiam ?
09:10Les partis politiques s'amourachent,
09:12se désamourachent, se mettent ensemble,
09:15s'insulent, se torpillent
09:16juste parce qu'il y a un intérêt passager.
09:17Comment on peut imaginer que les partis
09:19qui hier étaient ensemble dans la même alliance
09:20se battent, se font la guerre ?
09:23Donc quel est l'idéal derrière ?
09:24Quel est l'objectif derrière ?
09:26Et c'est pour ça que nous disons
09:27que c'est une alliance comme tant d'autres.
09:29C'est une répétition des choses
09:30qu'il ne faut pas avancer le pays.
09:31Ayons aujourd'hui une vision supérieure
09:33de l'intérêt de notre pays.
09:34Cependant, sur le principe général, je répète,
09:37il est important que les forces politiques
09:38qui ont les mêmes idéaux,
09:39les mêmes intérêts, se mettent ensemble.
09:40Ça, c'est le béat-bas d'un processus électoral
09:43et d'un processus politique.
09:44Comment vous envisagez une union de l'opposition
09:47face au pouvoir en place ?
09:49Et si cette union devait se concrétiser,
09:51à quelles conditions vous y participez ?
09:55Il y a une union idéologique déjà.
09:57Moi, je suis candidat indépendant,
09:58je ne suis candidat d'aucun parti politique.
10:00Mais je partage des valeurs
10:01qui sont propres de l'HGP.
10:02Je partage des valeurs au PPACI.
10:04Je partage des valeurs du PDCI,
10:06des valeurs du FPI, de l'UDPCI.
10:08Je suis contre les exclusions.
10:09Pour deux raisons.
10:10Pour ma valeur religieuse.
10:12Je crois en Dieu.
10:13Et Dieu n'a jamais prescrit
10:14qu'on rejette des gens
10:15juste parce qu'il y a telle ou telle situation.
10:18Et donc, de fait,
10:19on a une sorte de communauté d'intérêt
10:21déjà avec toute l'opposition.
10:22Nous sommes prêts à adhérer
10:24à n'importe quel groupe
10:25qui partage nos valeurs
10:26et qui partage un certain niveau d'amour
10:28pour la Côte d'Ivoire.
10:29Alors, nous sommes pratiquement
10:30à la fin de l'interview.
10:32Est-ce que vous avez un message à lancer ?
10:35La Côte d'Ivoire est un pays
10:36que nous avons en héritage.
10:37Nous l'avons reçu de nos ancêtres.
10:40Nous devons transmettre la Côte d'Ivoire
10:41à nos enfants.
10:42Les élections,
10:43ce n'est qu'un moment passager.
10:44Arrêtons ces guéguerres.
10:46Arrêtons ces résurrections
10:48de discussions tribales, ethniques.
10:50Où il y a des gens qui n'ont même pas honte
10:51de parler d'ethnie,
10:52qui n'ont même pas honte
10:53de dire qu'on ne doit pas accéder
10:54à leur territoire.
10:55Non.
10:55Il faut que la Côte d'Ivoire
10:56tourne cette page-là.
10:58Parce qu'avant ce pouvoir,
11:00d'autres pouvoirs avaient pensé
11:00qu'ils étaient libérants.
11:01Ils sont partis.
11:02C'est le cycle normal de la vie
11:03qu'un pouvoir vienne,
11:04qu'il parte,
11:05qu'un autre vienne.
11:06Et on joue ce jeu
11:06par le biais des élections,
11:08par le biais de la gouvernance,
11:08par le biais de la démocratie
11:09qui permet d'alterner.
11:11Donc, je demande
11:11que les Ivoiriens,
11:12ceux du pouvoir,
11:14comme ceux de l'opposition,
11:15arrivent à un jeu un peu plus calme
11:17pour prioriser notre pays
11:18plutôt qu'un pouvoir
11:19qui paraît qui est évanescent.
11:21Nous sommes cette alternative crédible
11:23pour reconcilier les Ivoiriens
11:25parce que nous avons une vision,
11:27parce que nous avons une projection,
11:29parce que nous avons un projet de société,
11:31parce que nous avons une méthodologie
11:33d'approche des problèmes nationaux
11:35pour nous permettre
11:36de ramener le pays,
11:37de reconstruire le pays
11:38avec lui-même
11:38et de permettre son développement.
11:40Merci à vous,
11:41Vincent Taubirier,
11:42d'avoir répondu à nos questions
11:43en toute franchise.
11:45Et merci à vous,
11:46chers internautes,
11:47de nous avoir suivis.
11:48L'élection de 2025
11:49s'annonce cruciale.
11:51Chaque voix,
11:52chaque réflexion compte.
11:53Restez connectés,
11:54l'info continue ici.
11:56A très bientôt.
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