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Né fin 1999, Allan Petre a grandi dans un quartier HLM de Seine-Saint-Denis avant de rejoindre le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, en Californie. Le jeune ingénieur aérospatial raconte son parcours dans un manga, "Astro Allan. Une odyssée interstellaire" (Albin Michel, novembre 2026).
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00:00Vous avez remarqué cette semaine, le MAG est consacré à la jeunesse.
00:04Lundi, la jeunesse française qui bouge, qui danse, qui se métisse, qui crie avec Inno Casablanca.
00:09Hier, la jeunesse du Cameroun qui gronde face au vieux lion qui la réprime.
00:14Aujourd'hui, le rêve américain d'un ingénieur aérospatial de 27 ans seulement,
00:19parti à la conquête de la NASA alors qu'il a grandi dans le 9-3
00:23et qu'à chaque étape, on lui a dit « c'est trop grand, c'est trop loin, c'est
00:26pas pour toi ».
00:27Il s'appelle Alain Petre, il a de l'énergie pour trois générations.
00:31Qui sait, en 2030, peut-être, c'est lui que la France enverra dans l'espace.
00:35Son rêve a commencé avec Jupiter, il s'est concrétisé sur Vénus.
00:39Alors, avant qu'il ne touche plus Terre, Alain Petre.
00:42Alain Petre, portrait numéro 207.
00:47Bonjour Alain Petre.
00:48Bonjour, merci, merci de l'accueil.
00:50Soyez le bienvenu sur France Inter.
00:52Je rappelle que vous avez été découvert dans ce magazine, dans ce 9-10, en nouvelle tête
00:56et que vous voici au micro du Grand Portrait.
00:59C'est la deuxième fois cette semaine.
01:00Inno Casablanca, c'est la même chose.
01:02Donc, si les jeunes vont aussi vite, on va être totalement débordés, on va être totalement dépassés.
01:09Est-ce qu'on dit un petit mot ensemble de ce rêve américain
01:12et de cette Amérique qui se transforme, qui s'est transformée cette nuit, Alain ?
01:17Parce que vous vous en rêviez de l'Amérique, vous l'avez vécu l'Amérique.
01:20C'est ça, je l'ai vécu et c'est vrai que cette nuit, on a une vague bleue aux
01:24Etats-Unis.
01:25On a un État qui est depuis plusieurs dizaines d'années historiquement républicain,
01:29le Texas, qui est passé démocrate avec M. Talarico.
01:32Donc, on a clairement une Amérique qui dit non à certaines politiques de leur président actuel.
01:38et un président aussi qui n'est pas forcément assez positif pour la science, du moins.
01:46Pour la science, c'est ça.
01:47Vous qui êtes un jeune scientifique et qui rêviez de la NASA,
01:52vous êtes arrivé en plein trumpisme.
01:54Oui.
01:54Et vous avez vu de vos yeux vu ce que c'est que la menace qui pèse sur la recherche,
01:59sur le développement, sur l'innovation.
02:02Et puis, c'est ces scientifiques qui commencent à se retourner vers l'Europe et qui partent.
02:05Exactement, en fait, l'impact de Trump, il n'a pas seulement été sur la NASA,
02:09il a aussi été tout simplement sur la science et la recherche scientifique partout dans le pays, aux Etats-Unis.
02:13Et on a beaucoup de chercheurs, de doctorants, de chercheurs qui, oui, malheureusement,
02:17ont dû soit finir leur cursus ou partir carrément, parce que les budgets ont été coupés,
02:24parce que, voilà, c'est un président qui met toute son énergie sur d'autres choses
02:30et pas forcément sur l'aspect scientifique pur et dur.
02:33C'est pour ça que votre thèse, vous la faites en Angleterre et pas aux Etats-Unis ?
02:36C'est là une des grandes raisons pour lesquelles ma thèse, mon doctorat que je fais actuellement
02:40à l'Imperial Collège de Londres, j'ai choisi d'aller en Angleterre et du coup de quitter les Etats
02:45-Unis
02:45pour mon doctorat, parce que la recherche scientifique sous Donald Trump,
02:49voilà, on n'est pas forcément sûr des budgets à chaque fois et c'est un peu, voilà, on n
02:54'est pas toujours sûr.
02:55Alors, Alain Petre, vous, jeune ingénieur aérospatial, est-ce que vous aviez les yeux rivés sur votre écran
03:03quand Sophie Adnaud, la française, est redescendue sur Terre et quand on l'a exfiltrée de sa capsule,
03:10ces images qui ont bouleversé le monde entier, où elle tient debout puis en même temps elle s'effondre ?
03:16Déjà, la première chose, c'est remercier Sophie Adnaud, les équipes du CNES, Cadmos, de l'ESA aussi,
03:21parce que le travail qu'elle a effectué, faire huit mois dans l'espace, revenir et nous avoir fait rêver
03:27autant de temps
03:28dans tout un pays, c'est génial.
03:31Donc moi, c'est une dame qui est inspirante pour moi, qui fait rêver, je pense, beaucoup de jeunes.
03:36Et c'est vrai que c'est quand même, en tant que Français, c'est une fierté de voir une
03:40femme partir dans l'espace,
03:42une nouvelle femme après Cody Annuray aussi, et la première aussi qui est sortie en sortie stravéhiculaire.
03:48La première femme de l'histoire en France qui sort en sortie stravéhiculaire, donc c'est quand même assez...
03:52Écoutez-la, elle était au micro d'RTL, parce que revenir sur Terre, c'est aussi revenir en France,
03:58et c'est aussi revenir au réel.
04:00Non, c'est pas que je ne comprends pas, c'est que...
04:03En fait, il y a des souffrances, il y a des gens en perte de repère,
04:08et pendant toute ma mission, j'ai essayé de communiquer sur...
04:12Donner une petite lueur d'espoir, donner un petit quelque chose de positif, un petit brin de fraîcheur,
04:19et de voir qu'il y a toutes ces souffrances au final, pour lesquelles j'ai beaucoup d'empathie,
04:23et voilà les mesures sacrées quand j'y pense.
04:25Voilà, je me dis qu'on...
04:27Moi, j'ai envie de donner aux jeunes cette possibilité de croire en l'avenir.
04:33Elle fout en larmes, parce qu'elle a fait exactement ce que vous venez de décrire, Alain Petre,
04:39c'est-à-dire qu'elle est partie dans l'espace, elle a voulu donner de l'espoir aux jeunes,
04:43elle rentre, elle redescend, elle se prend la réalité en pleine figure,
04:46à savoir des jeunes dans la rue qui disent « nos lycées s'effondrent et nous n'avons plus d
04:50'avenir ».
04:54Je comprends totalement le désarroi qu'elle a, et je comprends ce qu'elle peut vivre,
04:59et je pense que c'est aussi notre rôle à nous, jeunes justement, entre guillemets,
05:04de banlieues qui viennent des territoires où ces mouvements ont commencé,
05:07de aussi parler, et de aussi soutenir ces lyciens,
05:11et essayer aussi de les mettre en priorité pour que ces mouvements s'arrêtent et qu'ils soient écoutés.
05:16Parce que ces jeunes-là, en fait, ils ne sont pas voués à être sur le banc,
05:21ils sont voués à être écoutés, ils sont voués à...
05:24Ces jeunes-là, c'était vous il y a dix ans.
05:25Exactement, et c'est pour ça que je me sens encore plus concerné par ces sujets-là.
05:32Et en plus, vous êtes parrain du lycée Saint-Exupéry à Créteil, c'est le hasard,
05:38et c'est là où ont démarré les blocus.
05:40Je suis parrain du lycée à Créteil qui a démarré le mouvement, ces blocus-là,
05:43et je tiens à dire que je suis fier de ces lycéens, fier de ces professeurs aussi,
05:48qui se battent pour plus d'égalité des chances,
05:50parce que c'est une chose que moi j'ai vécue et c'est d'ailleurs parce que cette égalité
05:55des chances
05:55n'est pas forcément présente aujourd'hui en France qu'aujourd'hui j'ai sorti mon livre
06:00et aujourd'hui que je suis là devant vous à vous parler, madame de Villers.
06:04Merci monsieur Petre.
06:05Mais vous pouvez être fier.
06:06Alan Petre, il y a une illustratrice qui s'appelle « Mail d'élève », c'est ça, avec vous.
06:10Astro, Alan, une odyssée interstellaire, c'est un manga qui paraît chez Interstellaire.
06:15C'est un manga, c'est un voyage imaginaire dans l'espace,
06:17mais qui permet avec plein de flashbacks de raconter votre parcours à vous.
06:21C'est un manga parce que justement, il est fait pour être mis entre toutes les mains,
06:25y compris entre les mains de jeunes qui ne lisent jamais.
06:28C'est ça, exactement.
06:29En fait, je voulais vraiment un livre sous forme de manga et pas vraiment...
06:32J'ai beaucoup discuté avec Alain Michel, on a beaucoup réfléchi à vraiment comment on va pouvoir
06:37un peu articuler ce livre et je ne voulais pas vraiment un roman autobiographique,
06:42je voulais vraiment surtout un livre du type manga,
06:44quelque chose qui touche les jeunes mais qui peut aussi toucher les plus grands.
06:48Vraiment, c'est du 7 à 77 ans, on vise vraiment, comme ils disent, on vise tous les âges.
06:52Mais ça reste un type de livre qui est voué à essayer de, entre guillemets, vulgariser
07:00et introduire ma passion, introduire le spatial au plus grand nombre
07:04avec certains messages aussi derrière.
07:07Alors, vous avez grandi à Ville-Momble dans le 93, c'est entre Bondy et Rune-sous-Bois.
07:13Qu'est-ce que faisait votre père à ce moment-là ?
07:15Mon père, technicien en informatique et ma mère, femme de ménage dans une école maternelle.
07:22Vos parents avaient quitté Villiers-le-Bel en réalité.
07:26Ils avaient quitté Villiers-le-Bel parce qu'ils pensaient déjà que ce n'était pas un endroit propice pour
07:32élever des enfants.
07:33C'est ça, exactement.
07:34En fait, Villiers-le-Bel, j'ai vécu jusqu'à mes deux ans, donc moi c'est plutôt,
07:38mais mon grand-frère et ma grande-sœur qui se rappellent plutôt de Villiers-le-Bel,
07:41mais on est dans un quartier populaire qui s'appelle la ZAC à Villiers-le-Bel.
07:44Et on est partis dans un autre quartier HLM, mais à Villemombe, en Seine-Saint-Denis,
07:48parce que la ZAC avait beaucoup trop de problèmes à ce moment-là.
07:53Et en fait, mon père aussi, par rapport à son travail, il fallait aussi qu'il se rapproche.
07:58Villiers-le-Bel qui a été le théâtre des modes urbaines.
08:00Voilà, exactement.
08:01Hyper violente.
08:02Et donc, en fait, on a juste changé de quartier et on est passé en Seine-Saint-Denis,
08:07dans un quartier plus petit, à Villemombe.
08:10Et donc, oui, moi je n'ai pas trop connu Villiers-le-Bel, j'ai vraiment surtout connu Villemombe.
08:14Vos parents qui avaient eux-mêmes quitté le Sénégal, tous les deux.
08:18Les deux, ouais.
08:18Les deux, ils venaient d'où au Sénégal ?
08:20Alors, mon père est franco-sénégalais.
08:22En fait, mon père est métis français-sénégalais, de Normandie pour la partie française,
08:27et du sud du Sénégal pour la partie sénégalaise.
08:29Et ma mère est de l'île de Gorée, donc c'est une île au large de Dakar.
08:33Et donc, les deux se sont rencontrés à Dakar, parce que mon grand-père, qui est normand,
08:38est du coup arrivé au Sénégal pour son travail.
08:42Il a rencontré ma grand-mère.
08:43Et après, du coup, mes parents sont nés et ont grandi à Dakar, au Sénégal.
08:45Et ils sont arrivés en France fin des années 80, début des années 90.
08:49C'est ça, c'est-à-dire que toute la fratrie est née en France ?
08:52C'est ça, on est tous nés en France, tous mes frères et soeurs, on est tous nés en France,
08:55ouais.
08:56Bon, bah donc c'est l'histoire d'un gamin qui grandit dans un quartier populaire en HLM à Villemomble,
09:02qui va à l'école publique.
09:03C'est ça, à l'école publique, ouais, à Villemomble, ouais.
09:05Qui va à l'école publique et qui regarde ça, c'est pas sorcier, qui regarde ça à la télé.
09:17Le déclic, Alain Petre, c'est raconté dans le livre.
09:20Bah, c'est un télescope en CM1, c'est ça ?
09:22C'est ça, c'est un télescope en CM1 que d'ailleurs je mets en avant au début du livre
09:27avec ma partenaire Made Eleve dans ce bouquin.
09:31Et c'est un moment qui a été du coup charnière pour moi,
09:33parce que c'est le moment où je découvre qu'une planète peut avoir plusieurs lunes.
09:37Je vois Jupiter au télescope et je vois Io, Europe, Ganymède et Callisto,
09:41qui sont les quatre lunes galiléennes de Jupiter.
09:43Io, Europe, Ganymède et Callisto.
09:45Donc c'est les quatre plus grosses lunes de Jupiter.
09:49En l'occurrence, Jupiter a plus de 100 lunes, mais là c'est les quatre plus grosses,
09:52donc c'est ce que j'avais vu au niveau du télescope.
09:55Et j'ai trouvé ça incroyable.
09:57Et j'ai commencé à me poser des questions sur l'espace, à regarder des documentaires.
10:02Mes parents, ils ne connaissent pas du tout ce domaine-là,
10:05donc j'ai dû aussi un peu parfois me débrouiller par moi-même
10:08pour trouver des bons documentaires, trouver...
10:10Mais voilà, je me suis intéressé.
10:11Avec une petite attirance pour la mission Apollo.
10:14Mais ce qui est quand même très drôle, la mission Apollo, Alain Petre,
10:17parce que vous êtes né en 99 ou en 2000, c'est ça ?
10:20En fin 99, oui.
10:21En fin 99, la mission Apollo, c'est quand même l'histoire de la guerre froide.
10:25C'est l'histoire d'un monde coupé en deux,
10:29entre l'Union soviétique, le rideau de fer et le monde capitaliste,
10:32le monde libre, les Américains, la course pour être le premier homme sur les...
10:35Les deux grands...
10:36Mais ça vous paraît totalement la préhistoire, non ?
10:39À cette époque-là, surtout que moi, je ne me rendais absolument pas compte.
10:43Le côté politique de tout ça, je n'avais aucune notion là-dessus.
10:47J'aimais juste l'aspect vraiment exploration,
10:50l'aspect vraiment on va aller sur la Lune,
10:52on va aller poser le pied sur un autre monde.
10:55C'est ça, moi, qui me fascinait.
10:57Et le rêve NASA, il est venu comme ça.
11:00Le rêve d'un jour, j'ai envie de rejoindre la NASA,
11:02c'est venu de par ce que je voyais sur...
11:04C'est Neil Armstrong.
11:05C'est Neil Armstrong, c'est Apollo, Buzz Aldrin,
11:07et aussi le télescope Hubble aussi, d'ailleurs.
11:09Alors, le chemin, après, il est semé d'embûches,
11:13outre le fait qu'il y a quand même très, très, très peu de Français
11:15qui rentrent à la NASA.
11:16Il est semé d'embûches.
11:17D'abord, puisque c'est le sujet de tous les lycéens aujourd'hui,
11:20l'orientation parcours sup.
11:22Vous, c'était déjà parcours sup ou vous êtes arrivé juste avant ?
11:24Je suis arrivé au moment de parcours sup.
11:26Ma réorientation, c'était avec parcours sup.
11:27C'est ça. Alors, Terminal S ou Terminal ES ?
11:31Ça commence là, et vous le racontez dans le manga.
11:33C'est-à-dire que vous êtes en face d'un corps enseignant,
11:36mais qui est avec bienveillance et gentillesse.
11:38Totalement, avec bienveillance, oui.
11:39Vous dites, pas la filière scientifique.
11:41Trop difficile. Tu tapes trop haut.
11:43C'est ça, c'est pour ça que je pense qu'il ne faut pas avoir de rancœur envers personne.
11:45Les professeurs veulent toujours, souvent, bien faire.
11:49Et donc, il faut vraiment...
11:51Ça, c'est vraiment important à dire.
11:52Et c'est vrai que moi, en seconde, au lycée Clémenceau, à Ville-Momble,
11:56j'avais mis ES sur mon orientation,
12:00quelques heures avant le conseil de classe.
12:02Et j'ai tous mes amis du lycée,
12:04qui sont d'ailleurs des amis de Néi-sur-Marne,
12:06donc la ville voisine,
12:07qui m'ont dit, non, mais toi, Alan,
12:09non, il faut que tu ailles en S, nous on te voit en S.
12:10Pourtant, j'avais des résultats pour aller en S,
12:13mais on m'avait fait comprendre que,
12:14non, non, Alan, toi, c'est plus ES.
12:16Et au final, j'ai préféré écouter mes amis
12:20et aussi m'écouter eux-mêmes,
12:21parce qu'au final, je me voyais plus en S,
12:22mais j'avais mis ES à contre-cœur.
12:24Et je me suis dit, bon, je vais parler à mon prof principal.
12:27Donc, je suis parti le voir et je me dis que je change mes S.
12:29Mais l'orientation post-bac, ça recommence ?
12:32C'est-à-dire que vous, vous voulez une filière scientifique
12:34et on vous dit...
12:36Oui, du coup, ça recommence à ce moment-là
12:38et je commence mes études en gestion des entreprises et administrations.
12:42Donc, rien à voir avec...
12:43En DUT, donc rien à voir avec l'aérospatiale
12:45et j'ai dû me réorienter et me réinscrire.
12:47Sauf que, je le dis, un IUT aujourd'hui,
12:50c'est vachement difficile à avoir.
12:52Donc, vous aviez un bon dossier,
12:53vous aviez des bonnes notes.
12:54Enfin, je veux dire, je connais plein d'enfants de bourgeois
12:55qui n'ont pas été pris en IUT.
12:58Vous avez un bon dossier, vous avez des bonnes notes,
13:01sauf que quand même, au bout de quelques mois,
13:03c'est quoi ?
13:04C'est un ennui à mourir, c'est un regret, c'est quoi ?
13:07C'est ça, en fait, c'est...
13:10Le regret aussi de me dire, j'ai une passion,
13:13depuis que je suis petit,
13:14et là, je me retrouve dans une formation
13:16qui, certes, peut plaire à certaines personnes,
13:18ce que je peux comprendre,
13:18mais qui, moi, ne me plaît pas.
13:20Donc, j'allais à l'école à reculons,
13:21j'allais en cours, je n'aimais pas ce que j'apprenais.
13:24Je me suis dit, au final,
13:26qu'est-ce que j'ai à perdre de tenter ma chance,
13:29de me réorienter,
13:31parce que je pense que la pire chose,
13:32c'est de vivre avec des jours réduits,
13:34et je ne voulais pas vivre avec des jours réduits,
13:35et ma mère m'a beaucoup aussi motivé
13:37à me réorienter,
13:38et à dire, allez, on tente ta chance, quoi.
13:40Donc, un autre IUT ?
13:42Un autre IUT,
13:43cette fois-ci, un DUT génie thermique et énergie
13:45à l'Université Paris-Nanterre,
13:47l'Université de Ville d'Avray,
13:49et c'est une formation qui était incroyable,
13:51avec des professeurs incroyables,
13:54qui m'ont beaucoup formé,
13:55mais avec les complications qu'il y avait à côté.
13:57Et les IUT, c'est encore public,
13:59je le dis, hein.
13:59C'est encore public.
14:00C'est encore public,
14:01mais il faut quand même, n'empêche,
14:02gagner des ronds pour payer ses études.
14:04Voilà, exactement.
14:05Et c'est une voie qui est légitime,
14:06parce que beaucoup,
14:07quand on pense à un ingénieur français,
14:10ou à tout simplement un français
14:11qui passe par la NASA,
14:12on pense à une classe préparatoire,
14:13on pense à une grande école parisienne ou toulousaine,
14:15on ne pense pas forcément à un DUT,
14:17on ne pense pas forcément à une école
14:19qui n'est ni parisienne ni toulousaine,
14:20mais qui peut être aussi une école
14:21qui peut être formatrice.
14:22Donc, c'est aussi important pour moi
14:23de montrer aussi à ces jeunes
14:25qui viennent de ces milieux populaires
14:26qu'il y a d'autres voies,
14:28il y a d'autres passerelles,
14:28il n'y a pas forcément la voie classique
14:30de la grande classe préparatoire,
14:32enfin, la fin de classe préparatoire
14:32pour finir dans une grande école parisienne ou toulousaine.
14:35Deux heures et demie de transport ?
14:36Oui.
14:37Deux heures et demie de transport ?
14:39Donc, en fait...
14:39C'est cinq heures par jour de transport ?
14:41Un peu moins, oui.
14:42Un peu moins d'environ quatre heures par jour
14:44de transport,
14:45parce que, bon,
14:46moi qui suis de la banlieue Est
14:47et que l'Université Paris-Lanterre,
14:49parce que je dis Université Paris-Lanterre,
14:50mais c'est l'UT de Ville d'Avray.
14:52Donc, Ville d'Avray,
14:52c'est pas dentaire.
14:53Ville d'Avray,
14:54c'est encore plus loin.
14:55Ce qui fait que je devais,
14:56du coup,
14:57j'avais traversé Paris,
14:59RER A,
14:59Métro 7,
15:00ligne L,
15:01trois, quatre changements.
15:02Ah, je connais par cœur le lieu.
15:03Ça veut dire qu'on dort
15:04dans le RER
15:05ou ça veut dire qu'on travaille dans le RER ?
15:06Alors, ça veut dire qu'on ne dort pas
15:08et on ne travaille pas.
15:09Pourquoi ?
15:10Parce qu'on est dans le RER aux heures de pointe
15:12et dans le Métro aux heures de pointe
15:13et le Métro 7,
15:14en heure de pointe,
15:15c'est qu'on rentre dans le train
15:16et à peine on rentre dans le train,
15:18on ne bouge pas tellement il y a de monde.
15:20Donc, on n'a pas de place pour s'asseoir.
15:22Pendant que les autres dorment et travaillent,
15:24pendant que les autres ont largement de quoi
15:27prévoir leur stage à l'étranger
15:29comme un prof ou le conseil, etc.,
15:31vous, en fait,
15:32vous bossez le samedi dans une boutique de fringues.
15:33Samedi et dimanche, oui.
15:34Samedi et dimanche dans une boutique de fringues
15:36et cinq heures par jour au lieu de dormir
15:38et de travailler debout dans le RER.
15:40Donc, c'était de sept jours sur sept
15:41avec très peu de jours de repos
15:44et où, du coup,
15:45je vois moins mes amis,
15:47ma famille aussi
15:47parce que j'ai moins de temps.
15:48Mais je pense qu'il faut aussi...
15:52Les jeunes qui ont la chance
15:54de ne pas avoir besoin de travailler,
15:55qui ont la chance d'avoir des parents
15:58qui les aident
15:58et qui ont les moyens de les aider,
16:00je pense qu'il faut aussi les soutenir
16:01et il faut aussi, dans tous les cas,
16:03dire qu'ils méritent ce qu'ils arrivent à avoir.
16:06Mais c'est vrai que,
16:07dans ces moments-là,
16:08on se rend compte que,
16:09parfois,
16:10l'égalité des chances,
16:11ce n'est pas une chose qui existe vraiment.
16:13C'est ça.
16:13La NASA.
16:14La NASA.
16:15Alors, la NASA.
16:16Il y a très très très peu de Français
16:18qui entrent à la NASA.
16:19Il y a 17 000 personnes
16:20qui travaillent à la NASA.
16:21Il n'y a même pas 30 Français
16:22qui travaillent à la NASA.
16:24Là, c'est quoi ?
16:25C'est au culot ?
16:26Alors, la NASA,
16:27c'est l'agence spatiale américaine.
16:29Donc, c'est l'agence gouvernementale des Etats-Unis.
16:32Donc, il y a quand même...
16:34Je ne dirais pas souvent,
16:35mais il y a quand même des Français
16:36qui y vont de temps en temps.
16:37Et souvent,
16:38la plupart,
16:39c'est dans deux centres.
16:39C'est soit le Goddard,
16:40qui est dans le Maryland,
16:41ou le JPL,
16:42donc là où moi,
16:42j'ai été, en Californie.
16:44Et donc, en fait,
16:45il n'y a pas de plateforme.
16:45On ne peut pas vraiment postuler directement.
16:49Donc, ça fait que,
16:50moi, j'y suis allé un peu au culot.
16:51J'ai contacté une dame
16:53et j'ai été aussi recommandé
16:54parce que j'ai fait mon stage
16:54d'école d'ingénieur en Floride,
16:55dans une université.
16:56Donc, j'ai aussi été recommandé
16:57par mon tuteur de stage en Floride,
17:00ce qui m'a beaucoup aidé.
17:01Donc, j'ai passé des entretiens
17:02à ce moment-là pour la NASA.
17:03Et deux mois après avoir obtenu
17:06mon diplôme d'ingénieur,
17:07je suis parti pour la Californie
17:11à la NASA,
17:11donc au JPL.
17:12C'est ça, au JPL.
17:13Alors, quand même,
17:14ce voyage sur Jupiter
17:16qu'on raconte dans le manga
17:18qui paraît chez Albain Michel,
17:20il n'a jamais eu lieu.
17:21Il n'est pas près d'avoir lieu.
17:23C'est un voyage imaginaire.
17:26Mais quand même,
17:27qu'est-ce que c'est que des combinaisons
17:28en hydrogel contre les radiations spatiales ?
17:31En fait, quand on est dans l'espace,
17:33on n'est même pas du tout
17:36protégé par une atmosphère ou quoi que ce soit.
17:37Donc, il faut forcément une combinaison.
17:39Il faut forcément avoir quelque chose
17:42pour nous protéger des radiations solaires.
17:45Et donc, j'ai voulu aussi mettre en avant
17:47quelques notions qui sont concrètes
17:49et quelques notions...
17:50Donc, est-ce que,
17:51dans des vols spatiaux habités,
17:53on cultive déjà des légumes à bord ?
17:55Ah ben oui, clairement oui.
17:56Dans les vols spatiaux habités,
17:57il y a des expériences,
17:59même au-delà de ça,
18:00ce qu'on fait,
18:00c'est surtout des expériences scientifiques
18:02liées à la biologie,
18:03liées aussi au corps humain.
18:04C'est ce qu'a fait d'ailleurs Sophie Anneau.
18:07Mais de quoi nourrir un équipage ?
18:09Alors, de quoi nourrir un équipage,
18:10ça, je ne sais pas.
18:11Et dernière question,
18:13les sacs de couchage
18:13qui empêchent d'avoir le sang
18:14qui monte à la tête ?
18:15Oui, alors ça aussi,
18:17c'est une chose aussi
18:18qui est assez drôle,
18:20assez cocasse,
18:21parce que c'est vrai que dans l'espace,
18:22vu qu'on est en appréhenteur,
18:24souvent les fluides remontent.
18:26Et c'est pour ça aussi,
18:27c'est pour cette raison aussi
18:28que ça peut aussi altérer la vision
18:29dans l'espace.
18:30Donc, c'est aussi des petites notions
18:33qui sont assez intéressantes.
18:34Qui se sont glissées dans le manga.
18:36Est-ce qu'on peut dire
18:37que c'est le premier manga
18:39que des martiens pourront lire ?
18:41Des martiens, je ne sais pas.
18:43Si la vie revient sur Mars un jour
18:45dans des millions d'années,
18:48en supposant qu'il y a eu la vie sur Mars
18:49il y a des milliers d'années
18:50ou des milliards d'années,
18:51peut-être oui,
18:52mais c'est vrai que des parties
18:53de ce livre et la couverture
18:55vont être gravées sur un disque de saphir
18:56d'un projet dans lequel je suis ambassadeur
18:59avec mon ami Jean-François Clairvoy,
19:00qui est un ancien instrument de français.
19:02Donc, c'est quand même un honneur
19:03que me fait ce projet
19:05et c'est assez dingue.
19:06Voilà, le projet étant
19:07d'envoyer dans l'espace
19:08une partie de la culture de nous.
19:11La culture humaine
19:12gravée dans 24 disques de saphir.
19:13Petits êtres humains.
19:15C'est ça.
19:15Merci Alan Petre.
19:16Merci à vous, merci pour l'accueil.
19:17Astro Alan,
19:18une odyssée interstellaire
19:20qui paraît chez Albin Michel.
19:21Merci beaucoup.
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