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Sandrine Rousseau, députée Les Écologistes de Paris, était l'invitée de BFMTV ce jeudi 5 novembre après une journée de mobilisation en France qui a réuni 1,6 million de personnes selon la CGT et 575.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur.

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Transcription
00:00Sandrine Rousseau, je résume la situation du monde dans la rue aujourd'hui.
00:02Le gouvernement qui dit aux syndicats et aux patronats « Venez lundi à Matignon, on discute »
00:06et on comprend, il y a un intersyndical en cours, que si la réponse n'est pas à la hauteur,
00:10il y aura d'autres journées de mobilisation.
00:12Que doit répondre le gouvernement à ceux qui ont manifesté aujourd'hui ?
00:15Déjà, il doit vraiment répondre.
00:17C'est-à-dire que là, pour l'instant, la conférence sociale,
00:19c'est la première fois qu'il propose de réunir les syndicats,
00:22alors que ça fait des semaines maintenant que les manifestations se multiplient
00:25et que le mouvement des lycéens a même commencé avant les manifestations des salariés.
00:30Donc en fait, il est temps.
00:31Je veux dire, c'est quand même incroyable qu'on attende autant.
00:34Et donc, là, compte tenu 1,6 million de personnes, il faut se rendre compte de ce que c'est.
00:39C'est-à-dire que pendant les retraites, il y avait 1,1 million de personnes
00:41au début du mouvement des retraites.
00:43Là, on est dès cette manifestation à 1,6 million.
00:46Cifre de la CGT, le gouvernement dit 575.
00:49Oui, d'accord.
00:50Mais bon, là, à Paris, il y avait un monde absolument incroyable.
00:53Donc là, nous, on va évidemment censurer le gouvernement.
00:58Il n'y a pas de doute.
01:00Mais quelque part...
01:00Vous l'auriez même fait sans.
01:02Mais quelque part, Sébastien Lecornu devrait déjà présenter sa démission.
01:06Avant.
01:07Ah, vous dites que dès maintenant, Sébastien Lecornu doit démissionner.
01:10Mais il a été incapable de gérer cette crise.
01:12Incapable.
01:13Il a commencé en donnant de la matraque et du gaz lacrymogène
01:16contre les étudiants et les lycéens.
01:19Et en fait, il se révèle tout à fait incapable de faire la moindre annonce.
01:22Là, on vient de terminer l'étude du budget à l'Assemblée nationale.
01:24Il n'y a pas eu un centime.
01:26Mais quand je vous dis un centime, il n'y a pas eu un centime.
01:29Suite à cette crise-là.
01:30Suite aux demandes des lycéens.
01:31Pas un.
01:32De même qu'il n'y a pas un centime sur la PPL intégrale,
01:35sur les violences sexistes et sexuelles.
01:36En fait, ils font des annonces.
01:37Ils font des trucs.
01:38Mais il n'y a rien.
01:39Il n'y a rien.
01:39S'il présente sa démission,
01:41le président de la République va le renommer
01:43ou va renommer un autre Premier ministre
01:45qui pourrait être de sa...
01:47Et qui sera de son clan, de son camp.
01:53Là, à l'issue de la dissolution que...
01:57Et donc, en fait, il a refusé de faire ça.
02:00C'est probablement une des ses erreurs originelles.
02:03Il a continué bille en tête sa politique
02:07en nous vendant des data centers
02:08de l'intelligence artificielle et des start-up
02:10là où on demandait de la dignité,
02:12des services publics et de la capacité à vivre.
02:14Qu'est-ce qui se passe ?
02:15Pardon ?
02:15Qu'est-ce qui se passe si M. Lecornu...
02:17Eh bien, il nomme un gouvernement transitoire.
02:20Et voilà, jusqu'à l'élection présidentielle.
02:22À mon avis, il devrait le faire du NFP, rapidement.
02:26Parce qu'en fait, nous avons gagné ces satanées élections.
02:29En fait, à un moment...
02:30Et c'est ça qui se passe dans la rue.
02:32C'est qu'en fait, tous ces gens-là...
02:33Moi, je voudrais faire un sondage
02:35pour savoir combien avaient soutenu,
02:37s'étaient mobilisés, etc.
02:38Mais moi, je voudrais juste dire une chose.
02:40Parce que là, les Français sont bien gentils.
02:44Parce qu'ils ont essayé les manifestations,
02:47déjà avec les retraites, avant avec les gilets jaunes.
02:50Ils ont essayé les manifestations massives.
02:51Ça n'a strictement rien donné.
02:53Ensuite, ils ont essayé les pétitions,
02:55la vue sur la loi Duplomb, etc.
02:56Ça n'a strictement rien donné.
02:57Au contraire, on se retrouve avec une loi Duplomb 2.
02:59On a essayé les élections avec le NFP.
03:01Et le NFP est arrivé en tête.
03:03Et ça n'a rien donné.
03:04En fait, ils sont bien gentils d'être encore patients
03:06et dans la rue, je vais vous dire.
03:07Ils sont encore bien gentils.
03:08Il n'existe plus le NFP.
03:09Regardez, M. Glucksmann,
03:10qui s'est joint à la manifestation aujourd'hui,
03:13et a été fraîchement accueilli, pour le moins.
03:15Et M. Glucksmann, à ma connaissance,
03:16n'a jamais fait partie du NFP.
03:18Le Parti Socialiste, il a désigné aussi...
03:22M. Glucksmann, il était de Place Publique.
03:23Place Publique a toujours refusé cette alliance.
03:26Il a dit que c'était une erreur, etc.
03:27Bon, voilà, moi, c'est sa ligne politique.
03:29Enfin, je veux dire, je critique...
03:30Donc, c'est le NFP sans paix.
03:31Moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
03:32Mais je veux dire, c'est sa ligne.
03:33Il l'assume, voilà.
03:34Maintenant, là, on est dans une situation de crise,
03:37mais de crise de régime.
03:38Moi, j'ai envie de dire,
03:39le macronisme, c'est très long,
03:40surtout sur la fin, quoi.
03:41Parce que là, je ne sais pas comment...
03:43Ils vont tenir pendant les six mois
03:46qui nous séparent de la présidentielle.
03:48Donc, pour revenir aux revendications
03:51des salariés, des fonctionnaires
03:52qui sont dans la rue,
03:53que doit dire, que doit annoncer pour vous ?
03:55Il doit annoncer des mesures budgétaires.
03:57À part sa démission.
03:58Mais les mesures budgétaires, sur quoi ?
03:59Sur le SMIC, sur le pouvoir d'achat,
04:02sur la capacité à vivre,
04:04sur les lycées,
04:04sur l'indice des fonctionnaires,
04:08mais aussi des enseignants,
04:09qui sont évidemment des fonctionnaires,
04:11mais aussi le renforcement de l'ondame.
04:14Alors, c'est un peu technique,
04:15mais de l'argent sur l'hôpital.
04:16Les dépenses de la Sécurité sociale.
04:18Oui, mais d'une manière générale,
04:19l'ensemble des services publics,
04:21en fait, il faut bien se rendre compte...
04:22Et vous le trouvez où, cet argent, madame ?
04:25Ça, on a fait...
04:26Enfin, ça fait un mois qu'on débat,
04:27et je vais même vous dire,
04:28ça fait cinq ans,
04:29pour ce qui me concerne,
04:30qu'on débat de ça chaque année.
04:32On propose toutes les sources possibles
04:34de financement,
04:35donc d'augmentation des recettes.
04:37Là, il y a l'urgence.
04:37Ils les refusent obstinément.
04:39La moindre augmentation
04:41de la moindre recette,
04:42ils le refusent obstinément.
04:44Une taxe sur les sur-profits,
04:45c'est pas possible.
04:46Une taxe sur les dividendes,
04:48c'est pas possible.
04:48Une taxe sur les rachats d'actions,
04:49c'est pas possible.
04:50Une taxe sur les plus riches à la Zucman,
04:53c'est pas possible.
04:53Rien n'est jamais possible.
04:55Ben, évidemment,
04:55dans ces cas-là,
04:56il n'y a pas de recettes supplémentaires,
04:57donc il faut diminuer les dépenses.
04:58Mais sauf qu'on est à l'os, là.
05:00On est à l'os.
05:01Et en fait, les gens n'en peuvent plus.
05:02Et c'est bien beau d'avoir des discours
05:04sur les plateaux télé,
05:05en disant,
05:05on va réduire le nombre de fonctionnaires,
05:07on va réduire...
05:08Mais en fait, à un moment,
05:09on ne réduit pas le nombre de fonctionnaires,
05:12c'est en réduire le service public
05:13qu'il y a derrière.
05:15Et là, sur les lycées,
05:16eh bien, on voit bien le sujet.
05:18J'entends bien ce que vous dites.
05:18Alors, prenons,
05:19laissons de côté la part
05:20de la fonction publique,
05:21d'accord, ça c'est la part de l'État.
05:23Mais pour ce qui est
05:24de l'augmentation du SMIC,
05:25ce sont les entreprises,
05:26principalement,
05:27qui sont concernées,
05:28qui sont des entreprises
05:28qui ne dépendent pas de l'État
05:29pour beaucoup d'entre elles.
05:31Et ces entreprises,
05:31où est-ce qu'elles,
05:32alors que l'activité est ralentie,
05:34et qu'on a vu qu'on est quasiment
05:35à une croissance zéro aujourd'hui,
05:37comment elles font
05:37pour augmenter
05:38et suivre la musique ?
05:39Mais précisément,
05:40dans ce que vous dites,
05:41on voit bien le sujet
05:42qui est d'ailleurs le même
05:43dans le gouvernement,
05:45c'est qu'on dit
05:45les entreprises.
05:46Mais ça n'est pas vrai
05:46Je parle des entreprises,
05:48pas le CAC 40, j'entends.
05:49Bah oui, mais justement,
05:51c'est qu'en fait,
05:51quand on dit les entreprises,
05:53eh bien, ça renvoie
05:54à des situations
05:55extrêmement différentes
05:56selon les entreprises.
05:57Mais ça n'est pas vrai
05:58que des grandes entreprises
06:00qui sont cotées au CAC 40
06:02ont besoin
06:03des exonérations fiscales
06:05et des aides de l'État
06:06comme le boulanger,
06:08l'artisan,
06:08le commerçant de quartier.
06:10Et en fait,
06:10c'est toute cette politique-là
06:12qu'il faut revoir.
06:13C'est-à-dire qu'il faut
06:13un fonds d'aide
06:14aux petites et moyennes entreprises
06:16pour qu'elles puissent
06:17augmenter leurs salariés
06:18en même temps
06:19que le SMIC augmente.
06:20Mais par contre,
06:21je suis désolée,
06:22les grandes entreprises
06:23aujourd'hui
06:24ont des taux d'imposition
06:25qui sont de deux fois inférieurs
06:27aux petites et moyennes entreprises.
06:28Cela n'est pas normal.
06:29Mais Sandrine Rousseau,
06:30je m'arrête sur ce que vous venez de dire.
06:31Vous venez de dire
06:31qu'il faut tout revoir
06:32de fond en comble.
06:33Vous venez de le dire.
06:33Il faut de la justice.
06:34Ok, très bien.
06:36Il n'y a pas de majorité
06:37claire à l'Assemblée.
06:39Il y a une élection présidentielle
06:41qui arrive dans six mois.
06:43Tout ça,
06:43on ne peut pas le faire maintenant.
06:45Même si Vassal de Cornu
06:46venait à démissionner
06:47comme vous le réclamez ce soir
06:48sur BFM TV.
06:48Le NFP, c'est un tiers.
06:49Tout ça, on ne peut pas le faire
06:51aujourd'hui et maintenant.
06:52Et c'est pour ça
06:52que ça dépend du camp central.
06:54Et c'est pour ça
06:55qu'ils ont été défaillants.
06:57C'est pour ça
06:57qu'ils ont failli
06:58dans la période.
06:59C'est qu'après des élections
07:00qui ont encore une fois
07:02mis le NFP en tête,
07:04ils n'ont fait que continuer
07:06leur politique
07:07qui avait été dénoncée
07:09par les Français
07:10puisqu'ils n'avaient pas
07:11voté pour eux.
07:12Et c'est la responsabilité
07:14du Bloc central
07:14que de donner une majorité
07:16au NFP
07:17pour pouvoir aller
07:18du côté gauche.
07:19Or, ils n'ont regardé
07:20qu'à droite.
07:21Ils n'ont regardé qu'à droite.
07:23Non, mais nous sommes d'accord
07:25qu'Emmanuel Macron,
07:27le président de la République
07:28aurait pu nommer
07:28un gouvernement
07:29du Nouveau Front Populaire
07:30qui existait à l'époque.
07:31On rappelle qu'il n'existe plus
07:32aujourd'hui.
07:33Mais il ne peut pas
07:33lui donner une majorité.
07:34Cette majorité,
07:35elle ne peut pas se décréter.
07:36Elle n'existe pas.
07:37Ça reste un tiers
07:38de l'Assemblée.
07:39Oui, mais ce qu'on avait dit
07:41à l'époque,
07:44c'est qu'on proposait
07:45des lois issues
07:45du programme
07:46du Nouveau Front Populaire
07:48et qu'après,
07:48il y avait un travail
07:49parlementaire,
07:50d'amendement, etc.
07:50Moi, j'avais même proposé
07:53que nous nous engagions
07:53à ne pas faire de 49.3
07:55pour être sûr
07:56que le travail parlementaire...
07:58Mais non, parce qu'en fait,
08:00la question,
08:01c'est le bloc central
08:02a-t-il une capacité
08:05à entendre
08:06ce qui se passe
08:07dans le pays ?
08:07En fait, c'est toujours
08:08la même chose.
08:09Non, ça n'est pas symbolique.
08:10C'est que si le bloc central
08:12accepte de monter
08:13un peu des recettes
08:14et de faire de la justice sociale,
08:15alors ça passe.
08:16Si le bloc central
08:17accepte de soutenir
08:18les services publics,
08:19alors ça passe.
08:19Vous demandez à un bloc
08:21politique d'appliquer
08:21votre politique à vous
08:22et pas la sienne.
08:23Mais je ne lui demande pas
08:24d'appliquer de tout.
08:25Je lui dis juste,
08:26là, il y a quand même
08:26quelque chose qui s'est passé
08:28qui s'appelle à la fois
08:29un résultat électoral
08:30et manifestations.
08:31Vous demandez à des députés
08:31qui ont été élus
08:32sur un programme de centre
08:33d'appliquer une politique
08:35de gauche.
08:35Ils n'ont pas été élus
08:36pour porter ce programme-là.
08:36Je ne dis pas de le faire
08:37sur tous les sujets,
08:39forcément,
08:40mais de le faire
08:40de manière ponctuelle.
08:41On peut demander
08:42à des députés du centre
08:42de défendre la politique
08:43pour laquelle vous êtes élus.
08:43On ne peut pas se jouer
08:44d'un peuple.
08:44On ne peut pas se jouer
08:45d'un peuple.
08:46Et là, c'est ce qui s'est passé.
08:47Il s'est joué du peuple
08:48pour continuer à nous vendre
08:50des data centers,
08:51dans lesquels, d'ailleurs,
08:52il n'y a pas d'emploi.
08:53Est-ce qu'il ne peut pas y avoir
08:55justement une situation
08:57intermédiaire ?
08:57Est-ce que vous,
08:58la gauche du Front populaire,
09:01tel que nouveau Front populaire,
09:02tel que vous en revendiquez,
09:07législative anticipée,
09:07il faut une dissolution
09:08de l'Assemblée nationale ?
09:10Est-ce que vous êtes pour ?
09:10Je vais vous dire,
09:11je suis absolument prête.
09:12S'il y a une dissolution,
09:14je suis absolument prête à le faire.
09:15Et ce n'est pas une porte de sortie,
09:16ça, justement ?
09:17Puisque l'autre hypothèse,
09:19à mon avis,
09:19moi, je n'y crois pas du tout,
09:20que des centristes viennent
09:21à votre secours
09:22à l'Assemblée nationale,
09:23ça, ça n'existe pas.
09:24Mais ça n'existe pas,
09:26ce n'est pas vrai
09:26sur certaines choses.
09:28Il y a eu des votes,
09:29par exemple, du Modem, etc.
09:31Une dissolution.
09:32Non, mais s'il y a une dissolution,
09:33ce n'est pas à nous de la décider.
09:36Cette année, Emmanuel Macron,
09:37mais nous sommes prêts à repartir.
09:38Il n'y a zéro sujet.
09:40Maintenant, il y a quand même
09:40un instrument politique
09:42de l'Assemblée nationale
09:43qui s'appelle la censure.
09:44Alors, je sais,
09:44c'est un peu compliqué
09:46de voir les différences,
09:47mais la censure,
09:47c'est une majorité de députés
09:48qui votent la censure du gouvernement
09:50et donc qui font tomber
09:51le gouvernement.
09:52En tous les cas,
09:53là, nous allons travailler
09:55à cela dans l'Assemblée
09:56parce que ce qui s'est passé là
09:58est quand même une défiance,
10:00est une forme de motion
10:02de défiance au gouvernement.
10:03S'il ne démissionne pas,
10:04il finira par tomber
10:05lors du vote de la censure.
10:07De toute façon,
10:07c'est une question de temps.
10:08Le temps est compté
10:09pour Sébastien Lecornu,
10:10il ne durera pas soin.
10:11Sauf que s'il tombe
10:13ce gouvernement,
10:16il n'y a pas d'élection nouvelle.
10:17C'est-à-dire que le président
10:18de la République
10:20peut renomber
10:20un Premier ministre
10:21à sa main.
10:23Attendez,
10:23juste une remarque,
10:24c'est que vous-même,
10:25hier soir,
10:26vous disiez,
10:27ça m'a marqué.
10:28Vous disiez,
10:28évidemment,
10:29il n'y a aucun problème
10:29de l'égalité,
10:30Emmanuel Macron
10:30et président de la République,
10:31pas de problème.
10:32Vous dites,
10:33au vu de la crise,
10:34il y a un problème
10:34aujourd'hui de légitimité.
10:35Certainement.
10:36On ne peut pas le nier.
10:37Il y a un problème,
10:38effectivement,
10:38puisqu'il est contesté
10:39comme il n'a jamais été.
10:42On le voit d'ailleurs
10:43dans la rue,
10:44mais il y a des études
10:44d'opinion qui le disent.
10:46Et c'est vrai
10:46que la légitimité,
10:47elle est contestable.
10:48Aujourd'hui,
10:49c'est évident.
10:50Il n'a pas la majorité
10:51avec lui.
10:52Les chiffres qui sont tombés
10:53aujourd'hui...
10:54Il n'a même pas l'opinion.
10:55Juste,
10:56alors précisément,
10:57l'opinion,
10:57élabe aujourd'hui
10:58notre partenaire
10:59l'Institut de Sournage
11:00avec lequel on travaille,
11:02mesure que Emmanuel Macron
11:03a une cote de popularité
11:05la plus basse
11:07jamais atteinte
11:08par l'UM,
11:10en tout cas.
11:10Il est à 14 points.
11:11Il est en dessous
11:12ou 13 points.
11:13Il est en dessous
11:13de François Hollande.
11:14C'est ça.
11:14En dessous de François Hollande
11:15à la fin de son caquillage.
11:17Là, on pouvait décréter
11:18pour tous les présidents précédents
11:19qu'ils étaient aussi
11:20les plus bas à leur époque
11:20et qu'ils auraient dû démissionner
11:21parce que l'opinion populaire
11:22est désavouée.
11:24C'est combien ?
11:24C'est 13 %, c'est ça ?
11:25Oui, on est à 13.
11:27C'est très bas, je suis d'accord,
11:27mais la légitimité
11:29de l'articé de la République
11:30émane de son élection
11:31au suffrage universel direct.
11:33À un instant donné,
11:33c'est pas l'opinion.
11:36En fait, il n'est pas PDG
11:39d'une entreprise du CAC 40
11:40qu'il doit emmener sur des marchés.
11:42Il est président d'un peuple.
11:44Et en fait, c'est ça
11:44qu'il ne comprend pas,
11:45qu'il n'a jamais compris.
11:46Et d'ailleurs, je pense
11:48qu'il ne l'a jamais compris
11:50de ses deux mandats.
11:50C'est-à-dire qu'en fait,
11:52un pays ne se dirige pas
11:53comme on dirigerait une entreprise
11:54en donnant des ordres,
11:56en faisant des allocutions
11:57et en allant chercher
12:00des parts de marché
12:01à l'international.
12:02En fait, ça n'existe pas.
12:03Ce n'est pas la démission
12:03de Sébastien Lecornu
12:04que vous attendez,
12:05c'est celle du président de la République.
12:06Non, mais moi,
12:06j'attends la fin du macronisme.
12:07Oui, mais donc une démission
12:08du président de la République,
12:09ça accélère les choses.
12:10En tous les cas,
12:11il y a un sujet du gouvernement
12:12puisque là,
12:13on vient de sortir
12:14des débats budgétaires
12:15et que les budgets
12:16qui nous ont été présentés
12:17ont été des budgets
12:18100% macronistes
12:19sans aucune espèce
12:21de capacité
12:21à faire le moindre compromis
12:24avec nous
12:25de sorte qu'aucun des budgets
12:26n'est passé.
12:28On a fait le travail d'amendement.
12:30Moi, je vais vous dire,
12:30je n'y ai pas...
12:32Parce qu'ils n'ont pas été capables
12:33de faire la moindre...
12:34Est-ce que dans ces conditions,
12:35puisque le président de la République,
12:36effectivement,
12:37est le seul à pouvoir décider
12:38soit de la dissolution,
12:39soit de son départ,
12:40son départ,
12:41ça paraît assez peu évident,
12:43est-ce qu'en marge
12:44de la conférence sociale
12:45qui va être convoquée lundi,
12:47est-ce que vous demandez
12:48à ce qu'il y ait
12:48une conférence
12:49des partis politiques
12:51format Saint-Denis
12:52puisque c'est comme ça
12:53qu'on l'appelle,
12:54c'est-à-dire que
12:54le président de la République
12:56convoque
12:57tous les représentants
12:58de partis politiques
12:59et pour essayer
13:00de trouver une solution
13:01de sortie.
13:02Mais alors,
13:03il peut faire ça,
13:03il l'a déjà fait
13:04trois ou quatre fois
13:05de mémoire,
13:06voilà.
13:06Ça a changé quoi ?
13:08Ça a changé quoi ?
13:11Il faut bien comprendre
13:11ce qui est en train
13:12de se passer.
13:13Là, on est dans une situation
13:16qui est à la fois
13:18immensément joyeuse,
13:19mais c'était incroyable
13:20cette manifestation,
13:23comme à peu près
13:24toutes ses précédentes.
13:25C'était d'une joie.
13:26Les pancartes étaient drôles.
13:28Sauf que l'avenir est bien sombre.
13:30Il y a eu évidemment
13:31les épisodes qu'on connaît,
13:32mais là,
13:32dans les cortèges
13:33et de tous ceux
13:34que j'ai faits,
13:35il y avait beaucoup de joie,
13:36il y avait beaucoup d'enthousiasme,
13:37il y avait beaucoup de solidarité.
13:38On riait, on dansait,
13:39on chantait.
13:40Sauf que l'avenir est très sombre.
13:41Il y a quelque chose
13:41qui est en train de se passer
13:43qui est en fait
13:44une réappropriation
13:47par le peuple français
13:48de sa propre destinée.
13:49Et c'est pour ça
13:49que moi, je ne crois pas...
13:51Je pense que c'est inarrêtable.
13:53Je pense que c'est aussi
13:54les prémices d'une lutte
13:55contre le fascisme, en fait.
13:56C'est-à-dire que là,
13:57c'est aussi un peuple
13:59qui dit qu'il se met en résistance
14:01face au Rassemblement national.
14:03C'est peut-être là
14:03où est un peu la limite
14:04de la chose.
14:05Parce qu'il y a beaucoup
14:06de Français
14:06qui tirent la langue,
14:07qui sont pour plus
14:09de pouvoir d'achat,
14:10tout ça.
14:11Mais quand on mêle
14:12à tout ça,
14:13effectivement,
14:13les histoires de fascisme
14:14comme vous venez de le faire,
14:16eux, ils ne sont plus d'accord.
14:17C'est-à-dire qu'il y a
14:18une majorité de Français,
14:19ils ne croient pas
14:20deux secondes
14:20qu'on est dans un État fasciste.
14:22Vous voyez ?
14:22Mais je ne dis pas
14:23qu'on l'est.
14:23Ils ne veulent pas être associés
14:24à ça.
14:24Alors, je ne vous dis pas
14:25qu'on l'est.
14:26Je ne vous ai pas dit
14:27qu'on l'est.
14:28Je vous ai parlé
14:29du Rassemblement national.
14:30Je vous ai dit
14:31qu'en fait,
14:31c'était un peuple
14:32qui commençait à se lever
14:34contre la montée
14:35du Rassemblement national.
14:36Mais vous savez très bien
14:36que non.
14:36C'est un peuple
14:37qui se lève
14:38pour la plupart d'entre eux
14:39parce qu'ils n'ont pas
14:40de quoi manger,
14:40parce qu'ils ne sont pas
14:42satisfaits des conditions
14:43de travail dans les lycées.
14:45Je vous invite vraiment
14:45à venir dans les manifestations
14:46parce que vous verrez
14:47que c'est du siamostotier
14:48en chante fasciste.
14:49Je ne suis pas en compagnie.
14:51Attendez,
14:51s'en nous sommes juste là-dessus,
14:52c'est une partie
14:53du peuple français.
14:54C'est la limite.
14:55C'est une partie.
14:55Regardez les sondages,
14:56regardez les derniers sondages.
14:58Marine Le Pen,
14:58selon les scénarios,
14:59elle est entre 35-37%.
15:01Au premier tour,
15:03c'est une partie
15:04du peuple français.
15:04Oui,
15:05mais c'est le début.
15:06C'est le début
15:06de quelque chose.
15:09Là,
15:09il se passe évidemment
15:10la question de la fin du mois
15:11mais il se passe aussi
15:12quelque chose
15:12autour de la fin du monde.
15:14C'est-à-dire que là,
15:15il y a des pancartes,
15:16il y avait énormément
15:17de pancartes
15:17sur l'avenir,
15:19sur l'écologie,
15:20sur la planète.
15:22Peut-être que
15:23pour la première fois
15:24se rencontrent véritablement
15:25dans les rues
15:26les luttes
15:28de fin du mois.
15:30pour pouvoir
15:30se payer l'essence,
15:31le loyer,
15:32donner à manger
15:33à la famille,
15:34etc.
15:34Et la fin du monde,
15:35c'est-à-dire
15:35qu'est-ce qu'on va devenir
15:37au-delà de ça.
15:37Et en fait,
15:38c'est ça qui est très fort
15:39et c'est ça qui est inarrêtable.
15:40Et vous pourrez avoir
15:41toutes les angoisses du monde,
15:42j'ai envie de vous dire,
15:43elle est inarrêtable.
15:44Ce mouvement-là,
15:44il est inarrêtable.
15:45Le fascisme n'a rien à voir
15:46avec ça,
15:46Madame Brousseau.
15:46Ah bah si,
15:47ah bah si.
15:48Ah bah bien sûr que si.
15:49Pourquoi ?
15:49Ah bah bien sûr que si.
15:50Parce que déjà,
15:51on est à six mois
15:52d'une élection
15:53dont les sondages
15:54prédisent que
15:55le Rassemblement National
15:57et l'extrême droite
15:57peuvent arriver au pouvoir.
15:59Ça c'est les Français
15:59aussi qui se décident.
16:00Mais surtout...
16:01C'est pas M. Macron
16:02qui va l'imposer.
16:03Mais surtout,
16:04et d'ailleurs on le voit aussi
16:05en partie aux Etats-Unis,
16:06c'est qu'on est dans une crise
16:08d'un modèle économique
16:09et social,
16:09mais je m'en suis expliqué ici
16:10de multiples fois à chaque fois.
16:12D'ailleurs,
16:12vous leviez un peu
16:13les yeux au ciel,
16:14mais on est dans une crise
16:15systémique,
16:16d'un système de croissance
16:17productiviste.
16:19Oui, mais une crise
16:21extrêmement profonde,
16:22peut-être même sa fin.
16:23Et donc face à ça,
16:24il y a deux options sur la table.
16:25Il n'y en a pas 50,
16:26il y en a deux.
16:26Il y a un ré-ensauvagement
16:27du capitalisme
16:28où on va...
16:29C'est la loi du plus fort.
16:31On va aller extraire
16:34les ressources
16:34là où elles sont.
16:35C'est la loi du profit
16:36au-dessus de tout, etc.
16:38Et il y a une autre société
16:39qui se lève.
16:39Et donc en fait,
16:40le Rassemblement National
16:41tient la première hypothèse
16:43qui est l'hypothèse
16:44de l'extrême droite
16:45partout dans le monde
16:45qui est de ré-ensauvager
16:47le système libéral.
16:49Et là, en fait,
16:49ce qui se dit là,
16:50c'est qu'il y a tout un peuple
16:52qui refuse ça
16:53et qui veut une autre société
16:54faite de justice
16:54et d'égalité,
16:55faite aussi de capacité
16:58à vivre,
16:59de dignité,
16:59mais aussi de sobriété.
16:59Le Rassemblement National
16:59et le libéralisme,
17:00ce n'est pas vraiment,
17:01ça ne va pas ensemble.
17:02Contrairement à ce que vous pensez,
17:04ils ont voté.
17:04Le fascisme allait
17:05avec le libéralisme.
17:07Ça, c'est une erreur historique.
17:09C'est une erreur historique.
17:10Mais non, mais en fait,
17:12à chaque fois,
17:12c'est très bien allé
17:13avec les affaires
17:14et avec les conditions
17:15de la formation du profit.
17:17Et que d'ailleurs,
17:18ça n'est pas pour rien
17:18que les grandes entreprises,
17:19au moment des bascules,
17:22rencontrent avec beaucoup
17:23d'avidité et de complaisance
17:24les leaders de l'extrême droite
17:27partout dans le monde.
17:28Parce qu'en fait,
17:29les leaders de l'extrême droite
17:30leur promettent
17:31les conditions
17:31de la réalisation
17:32de leur profit.
17:33Et là, ce que disent les gens,
17:33c'est qu'en fait,
17:34on veut vivre avant
17:35de s'assurer
17:37les conditions
17:37de la réalisation
17:38du profit des plus riches.
17:40Voilà.
17:40Mais en fait,
17:40c'est quelque chose
17:42de la survie.
17:43C'est de l'ordre de la survie
17:44en fait,
17:44ce qui est en train de se jouer.
17:46Et c'est beau et c'est fort.
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