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Arrêter de fumer ne se joue pas en quelques jours : le risque de rechute nécessite un accompagnement dans la durée. Avec Quitoxil, la start-up française Klava Innovation mise sur une thérapie numérique pour soutenir les patients tout au long de leur sevrage. Son cofondateur, Didier Adda, était l'invité de la Pépite Santé.

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00:04Arrêter de fumer demande souvent un accompagnement sur plusieurs mois avec des
00:08moments où le risque de rechute est plus important. Pour aider les patients au
00:12quotidien, la start-up française Clava Innovation développe Quitoxil, une
00:17thérapie numérique dédiée au sevrage tabagique. Pour en parler je reçois son
00:21co-fondateur et président Didier Hadda. Bonjour, bienvenue dans Santé Futur.
00:24Bonjour, merci de me recevoir. Didier, comment fonctionne Quitoxil ?
00:28Alors Quitoxil, on a entendu parler tout à l'heure sur le plateau, en fait c'est
00:32basé essentiellement sur des approches cognitives et comportementales, ça veut
00:36dire qu'aujourd'hui le traitement de première intention qui est recommandé
00:39par l'AHAS, c'est essentiellement les substituts
00:42nicotiniques qui aident à la dépendance physique liée au manque de nicotine dans
00:47l'organisme. Nous on intervient essentiellement sur la dépendance
00:50comportementale et psychologique qui est ce qu'on appelle pour nous une
00:55combothérapie associée aux substituts nicotiniques multiplierait par deux les
00:58chances d'arrêt au tabac. Et qu'est-ce qui différencie finalement Quitoxil des
01:02autres applications d'aide à l'arrêt du tabac ? Alors nous on se définit d'abord
01:06comme un médicament numérique donc ça veut dire qu'on suit exactement le même
01:10parcours que les médicaments et donc l'approche que nous avons est une approche...
01:15Donc ça a été conçu par des médecins ? Ça a été conçu en partie par des médecins,
01:18également par des ingénieurs, au travers de comités de patients avec lesquels nous
01:24avons mis au point cette technologie. On n'a rien inventé de plus que ce qui est
01:29déjà utilisé par les tabacologues qui sont les approches cognitives et
01:32comportementales. Après pour le parcours réglementaire et clinique nous menons et
01:40nous avons mené plusieurs études qui d'après la réglementation permettra
01:45ensuite un accès au marché et son remboursement par l'assurance maladie.
01:47C'est-à-dire que c'est conçu pour être utilisé entre deux consultations par
01:51exemple ? Oui ça n'a pas vocation à remplacer le professionnel de santé, en
01:57revanche c'est pas du suivi, c'est vraiment une thérapie, on est vraiment une
02:00molécule médicamentale, enfin une molécule numérique qui traite vraiment le
02:04patient comme un médicament ordinaire. Vous développez un système qui permet
02:08d'adapter l'accompagnement à chaque patient, comment déterminez-vous le bon
02:13moment pour intervenir ? Alors déjà il faut savoir que le premier ennemi
02:17du sevrage tabagique c'est pas le manque de nicotine, c'est tout simplement
02:22l'abandon. En fait les problématiques essentielles que l'on rencontre dans le
02:27numérique c'est ce qu'on appelle la loi d'attrition, c'est à dire l'abandon du
02:30patient, l'abandon du patient sur son traitement. Avant même qu'il ait réussi à
02:37arrêter la cigarette, le problème c'est l'abandon. Et comment nous le traitons ? Nous avons
02:41développé une brique, une brique d'IA, intelligence artificielle propriétaire, qui
02:45s'appelle le DPO, c'est à dire l'optimisation de la personnalisation dynamique, qui permet
02:50que pour chaque patient à un traitement différencié et différenciant. Donc si ces
02:55approches cognitives et comportementales sont un programme d'accompagnement de trois mois,
02:59cette personnalisation permet d'adapter un traitement pour chaque patient totalement
03:03différencié. Vous annoncez qu'un patient sur deux a réduit sa consommation après 30 jours
03:07d'accompagnement, comment est-ce que vous avez mesuré ces résultats ? Alors d'abord on
03:11s'appuie sur des études en vie réelle et puis sur une étude que nous avons menée au sein du
03:16centre
03:16hospitalier Paul Brousse. Il faut savoir qu'aujourd'hui le tabac est très difficile à s'en sortir
03:22puisqu'on a un taux de rechute qui est de l'ordre de 90%. Ça c'est un chiffre extrêmement
03:27élevé. En fait
03:29ce que nous visons nous aujourd'hui c'est de multiplier par deux les chances d'arrêt en
03:32accompagnement aux substituts nécotiniques. Donc aujourd'hui effectivement l'usage de
03:38cutoxyles sur la première étude permettait de démontrer qu'on avait une efficacité x5 par
03:43rapport à une personne qui est simplement motivée. Donc ça n'a pas une grande valeur scientifique.
03:47Aujourd'hui la preuve scientifique c'est de démontrer que la combinaison de ces
03:52thérapies cognitives et comportementales au travers cutoxyles et du substitut nécotinique
03:58soit deux fois plus importante que le substitut nécotinique tout seul. Et c'est dans ce cadre que
04:02nous allons mener. Nous avons déposé aux autorités une nouvelle étude, une étude extrêmement robuste,
04:08puisqu'elle va toucher sur 600 patients exactement, qu'on appelle une RCT, une étude randomisée.
04:16Et donc on va mesurer véritablement le taux de succès de cette application.
04:22Et dernière question, vous préparez une levée de fonds de 5 millions d'euros. Quelles sont vos priorités pour la
04:26suite ?
04:28Alors nous en fait on cherche à développer cutoxyles à l'échelle nationale évidemment mais à l'échelle
04:34internationale. On a commencé par l'addiction au tabac et on va développer les autres addictions
04:42puisqu'elles sont toutes plus ou moins liées les unes avec les autres avec les mêmes. Exactement ça peut être
04:46l'alcool. On voudrait travailler également sur l'addiction au
04:49sucre qui est un véritable problème de santé publique. Et notamment le fait qu'on a exactement la même problématique
04:55que pour le tabac. On a développé une nouvelle
04:57molécule qui est le JLP1 pour justement les troubles de l'obésité et autres. On aimerait développer également une combothérapie
05:05entre une approche
05:06cognitive et comportementale associée au JLP1. Merci beaucoup Didier Hadda, cofondateur et président de Clava Innovation. Merci à vous de
05:15nous avoir suivis. A très bientôt sur Bismarck.

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