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Avec Naïma M’faddel et CococTkt

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##LE_FACE_A_FACE-2026-11-05##

Catégorie

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News
Transcription
00:02Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:09Novembre 1968, j'ai 8 ans.
00:12A la descente de l'avion, collé au hublot, je découvre la France pour la première fois.
00:16Le pays apparaît comme un immense drap blanc jeté sur la terre,
00:19des champs à perte de vue, des routes qui s'effacent sous la neige,
00:22des villages figés dans un silence ouaté.
00:24Au Maroc, on m'avait prévenu que la France était froide.
00:27Personne ne m'avait dit que le froid pouvait être aussi beau.
00:31Merci Naïman Fadel d'être avec nous aujourd'hui pour le peuple sacrifié, la trahison des élites.
00:36On vous a entendu tout à l'heure, c'est pour ça que je ne me suis pas venu de
00:38vous présenter tout de suite,
00:40intervenir quand Gérard nous appelait pour parler de l'état de droit.
00:43Vous êtes là aujourd'hui pour témoigner qu'effectivement, il y a un peuple sacrifié.
00:46Le vôtre était plutôt celui de l'immigration, mais aujourd'hui on voit que c'est la totalité du peuple
00:50qui est sacrifié.
00:51Et en tout cas, le constat, j'allais dire, général, les élites ont trahi.
00:55En tout cas, le peuple français considère qu'il a été trahi par ses élites.
00:59Coïncidence des temps, aujourd'hui 5 novembre, grande manifestation, grande journée de souffrance, j'allais dire nationale, de fracture sociale.
01:08Et dans votre livre, vous abordez justement cette assimilation, cette intégration qui avait si bien commencé.
01:13Et vous en êtes la preuve.
01:15Et vos mots, quand vous décrivez la France de votre enfance en 68, votre papa qui est là, qui va
01:19vous chécher à Orly, on s'est dit, mais pourquoi ça n'a pas continué ?
01:22Pourquoi ça n'a pas continué comme ça, comme l'avait évoqué Devecchio ?
01:25On était côte à côte, on s'est retrouvé face à face, célèbre formule de Gérard Collomb.
01:30Pourquoi aujourd'hui ce pays est fracturé ? Pourquoi ce pays est divisé ? Pourquoi ce pays ne s'aime
01:35plus ?
01:36Oui, pourquoi ce pays ne s'aime plus ?
01:38Écoutez, moi j'ai été le témoin de cette France qui a accueilli mon papa en 62 et ensuite il
01:47est parti chercher sa petite famille.
01:49Je suis arrivée en 68, en fait la France était vraiment une promesse.
01:52Et la France était une invitation à s'agréger à ce qu'elle était.
01:56Parce qu'elle était forte de son identité, de ses racines, etc.
02:01Tout rayonnait de cette culture française et elle ne rugissait pas de ce qu'elle était.
02:11Et moi j'ai eu le bonheur de connaître cette France-là.
02:14Et c'est vrai que le changement que j'ai pu voir, c'était à partir de fin des années
02:1970,
02:20il y a eu le regroupement familial qui a été important et massif.
02:24Et ce regroupement familial, malheureusement, il s'est retrouvé heurté à l'abandon de l'assimilation.
02:31Les années Mitterrand, dès les années 80, enfin en 81 quand il a été élu,
02:38à ce moment-là, le président Mitterrand a voulu vraiment mettre une OPA,
02:44notamment sur les jeunes issus de l'immigration.
02:46Moi, quelque chose dont j'ai souvenir est marquant.
02:50Vous pensez à quoi ? Les soyistes racistes ?
02:52Oui, parce que moi j'ai fait partie des jeunes qui ont reçu les marcheurs dans ma ville.
02:57Donc c'était une marche citoyenne.
02:59Une initiative généreuse, humaniste, il n'y a aucun problème.
03:01Oui, et vous pouvez regarder les images, elles sont belles, des garçons, des filles issues de l'immigration
03:06qui marchaient pour la carte de 10 ans, pour leurs parents, grands-parents.
03:11Et tout de suite, il y a une OPA qui a été faite par le Parti Socialiste,
03:16qu'il a appelée la marche des beurres.
03:18Et moi, je me souviens qu'on n'aimait pas...
03:19Avec Arlem Désir.
03:20Exactement.
03:21Et Julien Dré.
03:22Et donc, voilà, ils ont créé SOS Racisme, cette OPA a été faite.
03:25À ce moment-là, eh bien, il y a eu une ethnicisation,
03:29il y a eu une volonté de faire de nous des Français à part.
03:32Et je me souviens de Toumi Djedja qui avait été le représentant de cette marche
03:38qui est partie des manguettes, qui avait dit
03:39« Mais nous, c'est une marche pour tout le monde, c'est une marche citoyenne.
03:43On ne veut pas qu'on nous ethnicise. »
03:45Et malheureusement, c'est là que ça a commencé.
03:46Vous voulez dire que la formule « Touche pas à mon pote » peut être mal interprétée ?
03:50Ah ben bien sûr, parce que...
03:50À la main jaune ?
03:51Effectivement, parce que c'est...
03:52D'abord, c'est extrêmement condescendant, c'est paternaliste.
03:56Et ça crée, encore une fois même, vis-à-vis de la société, un « nous » et un «
04:00eux ».
04:00Et ça, ça crée aussi tout ce qui a suivi par la suite.
04:05Puisqu'il y a eu tous les discours,
04:07« La France, elle ne peut pas vivre sans mélange. »
04:10Enfin, il y a eu des slogans comme ça qui ont été portés par SOS Raciste.
04:13Et il y a eu l'abandon de l'assimilation.
04:15L'assimilation, c'était dans l'ADN de la France universaliste.
04:20Intégration ou assimilation ? Vous faites une nuance ?
04:22Alors moi, je fais une nuance parce que je sais que ça a été rendu tabou.
04:26Je vais vous dire, quand il y a eu le mot assimilation,
04:27tout de suite, à la gauche...
04:30Donnez la définition de l'un et de l'autre.
04:32L'assimilation, pour moi, s'assimiler, c'est rentrer dans le commun...
04:36En oubliant son passé ou non ?
04:37Pour moi, non.
04:38Vous voyez, moi je suis d'origine...
04:39On dit que c'est l'intégration qui dit...
04:41Oui, mais là...
04:41On s'intègre, mais on n'oublie pas d'où on vient.
04:43Alors, l'intégration, c'est intéressant,
04:44parce qu'on peut être intégré même professionnellement,
04:47mais ne pas être...
04:50dans l'habitus français.
04:51D'accord.
04:52Vous estimez que le processus ne va pas jusqu'au bout ?
04:54Exactement.
04:55Alors qu'on peut être parfaitement...
04:56Moi, je me sens assimilée,
04:57mais je n'ai pas oublié mon identité marocaine.
05:00Vous n'en voyez rien de votre passé, de vos origines.
05:02Mais absolument rien.
05:02Et vous en êtes fière.
05:03Bien sûr.
05:04Vous venez chez moi, je vous fais un excellent couscous marocain,
05:06et je ne veux pas dénigrer le couscous tésir.
05:08Alice, on est très gourmandes,
05:09on ne le redit pas deux fois,
05:10parce que je pense que vous allez être...
05:11Je veux dire que ça n'a...
05:12Mais en fait, vous voyez comment les mots ont été rendus tabous.
05:16Moi, j'avais des amis polonaises,
05:18j'avais des amis italiennes,
05:20j'avais des amis espagnols dans mon quartier.
05:23On était deux familles,
05:24une famille marocaine et une famille tunisienne,
05:25pour vous dire les choses.
05:27Eh bien, on allait chez eux,
05:27ils vivaient, eux aussi,
05:30avec leur gastronomie italienne,
05:32et ça n'empêchait pas qu'on se sentait tous français.
05:34Mais ces migrants-là, vous rappelez que les parents
05:36n'avaient pas été non plus si bien reçus que ça.
05:39C'est vrai.
05:39Les Polonais, les Italiens, les Polacques,
05:42bien sûr, les Tos, vous voyez ?
05:43Et ils sont devenus aujourd'hui, j'allais dire,
05:45des Français plus français que les Français,
05:46mais en passant par cette phase un peu douloureuse,
05:48évidemment, d'une assimilation qui n'est pas toujours évidente.
05:50Oui, mais ils ont eu cet habitus, quand même,
05:52de rentrer dans ce qu'était la France
05:54et de ne pas être, à un moment,
05:57faire l'objet d'une politique à part.
05:59Par exemple,
06:01souvent, je parle des Asiatiques,
06:02excusez-moi, mais c'est un bon exemple,
06:04je dis, heureusement, pour leur bonheur,
06:05ils n'ont pas rencontré la gauche.
06:07Je vous le dis franchement,
06:08c'est comme ça que je le ressens.
06:09C'est-à-dire qu'à la gauche, à un moment,
06:10elle a décidé de faire une politique différenciée.
06:13Moi, vous savez, je le raconte dans mon livre,
06:15quand je suis arrivée en France,
06:17j'avais 8 ans et demi,
06:18je n'avais jamais été scolarisée au Maroc,
06:21et c'était très difficile,
06:22parce que je ne parlais pas le français,
06:24et je me souviens...
06:25Ah, vous parlez en 68,
06:26quand vous descendez de l'avion,
06:27vous ne parlez pas le français ?
06:28Non, je...
06:28Vous ne parlez qu'arabe.
06:29Je parlais le marocain,
06:31le dialecte marocain, bien sûr.
06:33Mais je me souviens,
06:34on était dans un petit village,
06:35à Main-Gournoir,
06:36où tout le monde avait pris,
06:39avec bonheur,
06:39en charge la petite famille.
06:41En Auréloir, je crois.
06:42En Auréloir, exactement.
06:44Ça dépendait de maintenant.
06:45Et ce qui était formidable,
06:47c'est que le professeur,
06:48je me souviens,
06:48je me mettais au fond de la classe,
06:50je vous assure,
06:51parce que j'étais une petite fille
06:53qui était aussi nostalgique
06:54de son Maroc natal,
06:55je me mettais au fond de la classe
06:56et je pleurais,
06:57parce que je ne comprenais rien.
06:58Vous avez quel âge en 68 ?
06:59Ah ben, j'avais 8 ans et demi.
07:018 ans et demi ?
07:018 ans et demi.
07:01D'accord.
07:02Et donc,
07:03le professeur m'a mis devant
07:04et elle me regardait
07:06et ça m'a apaisée,
07:08ça m'aidait à apprendre
07:09rapidement le français.
07:09Vous voulez dire qu'on vous a plongé
07:10tout de suite ?
07:11Mais complètement,
07:12complètement.
07:13Je me rappelle,
07:14moi j'ai été une férouille
07:15vraiment de l'histoire de France
07:16et quand on me disait,
07:18à la classe,
07:18on disait,
07:19nos ancêtres les Gaulois,
07:20mais j'étais hyper contente.
07:22Je savais que mes ancêtres
07:24n'étaient pas Gaulois,
07:25mais j'étais vraiment heureuse
07:27qu'on m'accueille
07:29dans cette France.
07:30Donc, c'est une immersion,
07:31ça s'appelle l'immersion
07:32et elle a marché.
07:33Parce qu'on vous dit,
07:34l'immersion,
07:34quelquefois,
07:35ça peut être un choc violent
07:37comme ça de jeter...
07:38Oui, mais voilà,
07:40excusez-moi,
07:41Péricault,
07:41mais c'est vraiment
07:41tout le discours qu'on a aussi,
07:43tout ce narratif,
07:44mais vous comprenez,
07:45les gens viennent comme ils sont,
07:46ils ont gardé leur culture,
07:48ils vont la garder,
07:49mais accueillez-les.
07:50La France était accueillante
07:52dans le sens
07:52d'agrégée à son habitude.
07:55Votre papa,
07:55qui est arrivé 6 ans avant,
07:56alors lui,
07:57vraiment en premier contact,
07:58il parle un peu le français
07:59ou non plus ?
07:59Non, non, pas du tout.
08:00Comment ça se passe
08:00son intégration à lui ?
08:02Bah écoutez...
08:03Je parle d'intégration d'abord,
08:04assimilation ensuite.
08:05Mon papa, c'est simple,
08:06il est arrivé du Maroc
08:07grâce à un contrat de travail
08:08du Maroc,
08:09puisqu'il y avait
08:10le fameux bureau...
08:10Oui, j'ai appris ça
08:11à Casablanca.
08:12Voilà, à Casablanca,
08:13donc il a fait la...
08:14D'ailleurs, c'est...
08:15Donc l'État français
08:16collaborait avec l'État marocain
08:18pour qu'il y ait déjà
08:19un bureau d'accueil
08:20où on faisait un visa.
08:21Exactement.
08:22En fait, son patron,
08:25c'était un patron,
08:26Herba,
08:27l'entreprise Herba
08:28qui était un maintenon.
08:29Bien sûr.
08:29Et en fait,
08:30il cherchait des travailleurs
08:31et donc ça passait
08:33par le bureau des travailleurs
08:35au Maroc.
08:36Donc immigration choisie.
08:38On ne faisait venir
08:38que les gens
08:39à qui on pouvait assurer
08:40un emploi,
08:41une vie décente
08:41et une intégration sociale.
08:42Voilà, et mon papa,
08:43il avait déjà
08:44un savoir-faire au Maroc
08:45qui était forgeron,
08:46soudeur,
08:47serreurier.
08:48Voilà, excellent forgeron.
08:50Je me souviens
08:50de ses dessins pour...
08:51On en manque
08:51au revenu des forgerons.
08:52Ben voilà.
08:53Et donc il est arrivé
08:54à Main-Gournois,
08:55maintenant,
08:56enfin Main-Gournois,
08:57maintenant il travaille
08:57dans cette entreprise Herba.
08:59Le patron l'a pris en charge
09:01et il lui a mis à disposition
09:02une petite maison
09:03donc avec un loyer, etc.
09:05Vous voyez,
09:05les choses se sont faites
09:07mais elles peuvent se faire
09:08que si...
09:11Enfin, comment dirais-je ?
09:12Si cette France,
09:13elle est toujours
09:14dans cet accueil,
09:15dans son, encore une fois,
09:16de s'agréger à elle...
09:18Vous savez,
09:18le pape Léon XIV
09:19a dit une phrase formidable.
09:21Il a dit,
09:21le migrant doit rentrer
09:23dans l'esprit de la maison.
09:25Et mon papa,
09:25il est rentré
09:26dans l'esprit de la maison.
09:26Il a pris le français
09:27avec ses collègues de travail,
09:32petit à petit.
09:34Mon papa,
09:34par exemple,
09:35je n'ai le mois du Ramadan,
09:36mais je peux vous dire
09:36qu'il ne demandait
09:37jamais la pause.
09:39Il s'organisait.
09:40C'était vraiment...
09:42Et il était heureux
09:43d'être avec ses collègues français.
09:45Il participait
09:46aux différents événements
09:47dans l'usine.
09:48Ma maman,
09:49elle participait aussi
09:50aux différentes rencontres
09:51avec ses voisines
09:52qui ont été formidables.
09:53Elle nous a emmenés
09:53à l'école.
09:54Ma maman,
09:55comme les autres...
09:56Donc, une immigration heureuse.
09:58Ça ne veut pas dire
10:00que vous n'avez pas rencontré
10:01à un moment donné,
10:02Naïma,
10:03un petit peu de racisme
10:04ou un peu d'exégnophobie.
10:05Il y en a toujours eu.
10:07Alors moi,
10:08je crois que c'est vraiment
10:10la manière
10:10dont nos parents nous ont élevés.
10:12On est six enfants.
10:13Ça a été formidable
10:13parce que nos parents
10:14nous ont toujours appris
10:15une chose,
10:16c'est que la France
10:17était une chance.
10:18une chance.
10:19Et il nous disait
10:20mais ce pays
10:21comme le vôtre.
10:22J'ai dû rencontrer
10:25peut-être du racisme.
10:27Oui,
10:27inévitablement.
10:28ma maman nous disait
10:29ne se laisse
10:31monter sur le dos
10:32que celui qui veut bien.
10:33Vous voyez alors.
10:35C'était un racisme
10:36à l'époque
10:36qui quoi ?
10:36On ne se mélangeait pas,
10:37on mettait un peu de côté.
10:39Il n'y avait pas d'agression.
10:40C'est verbal.
10:41Je n'avais pas la...
10:42Vraiment,
10:42je vous assure,
10:43je n'ai pas eu le sentiment...
10:44À l'école,
10:44dans la cour de récréation ?
10:46Non, non.
10:46Toi,
10:46on ne disait pas
10:47laveurette à l'époque.
10:49Moi,
10:49j'ai eu un problème
10:50avec qui je vais vous raconter
10:51parce que je n'ai jamais
10:52ressenti le racisme.
10:53Vraiment,
10:53le problème avec mes camarades
10:55de l'école et tout.
10:56Très grave ce que vous dites.
10:56Et vous l'assumez.
10:57Je n'ai jamais rencontré racisme.
10:59je vous le dis franchement.
11:00Alors après,
11:00peut-être que je ne l'ai pas perçu.
11:02Vous auriez été peut-être
11:02dans une banlieue
11:03sans être plus marquant.
11:06Non, mais c'est sûr
11:06que dans la cour d'école,
11:08quand vous arrivez,
11:09vous ne parlez pas le français.
11:10Bon,
11:10vous essayez de votre coin.
11:12Mais je vais vous raconter
11:12une chose,
11:13c'est qu'il faut que vous sachiez.
11:14Alors,
11:14je ne l'ai pas...
11:15Peut-être que si,
11:16je l'ai mis.
11:16C'est que...
11:18Moi,
11:19ma maman,
11:19elle était arrivée
11:20un an avant moi.
11:21Bon,
11:21c'est une histoire familiale.
11:22J'étais restée avec ma tante.
11:23Ce qui fait que ma soeur
11:24et mon frère
11:25ont appris très bien
11:26le français rapidement.
11:27Ils avaient un peu d'avance
11:28sur vous.
11:28Voilà.
11:29Et dans la cour d'école,
11:30ils ne voulaient pas jouer avec moi
11:30parce que je ne parlais pas le français.
11:32Oh !
11:33Oh !
11:34J'allais dire,
11:34j'allais dire,
11:35pas le racisme,
11:36mais le séparatisme
11:38venait de votre propre famille.
11:40parce que forcément,
11:40ils avaient envie
11:41de jouer avec leurs camarades.
11:42Allucinant.
11:43J'étais un petit peu un boulet.
11:45Allucinant.
11:45Mais après,
11:46j'ai appris très vite.
11:48Moi,
11:48vous savez...
11:49Qu'est-ce qu'au contraire,
11:49il y avait des petites copines
11:50ou c'était une école de filles
11:51qui sont tout de suite
11:52venues vous chercher,
11:53qui sont rapprochées.
11:54Moi,
11:54je me rappelle d'Elisabeth,
11:56vraiment,
11:56qui se mettaient à côté de moi,
11:57qui me regardaient,
11:58qui m'amenaient des bonbons,
12:00qui...
12:00Non.
12:01Franchement,
12:02écoutez,
12:03moi j'ai envie de le dire...
12:04C'était peut-être Elisabeth Lévy,
12:05non...
12:06Non,
12:07c'était pas elle.
12:08Non.
12:08Sincèrement,
12:09Péricault,
12:09moi,
12:09je veux vraiment rendre hommage
12:11à ce peuple de France
12:13qui est un peuple
12:14extrêmement généreux,
12:17extrêmement résilient
12:18et qui a quand même
12:19subi,
12:21je peux le dire,
12:22la trahison de ses élites
12:23parce qu'on a voulu
12:25à un moment,
12:26mais on a voulu,
12:27on l'a fait quand même
12:28depuis 40 ans,
12:29effacer ce qu'il est,
12:30effacer ses racines,
12:31effacer son identité,
12:33déboulonner son histoire,
12:35vouloir qu'il soit flagellé
12:37du fait de la repentance
12:38coloniale.
12:39Moi,
12:39souvent,
12:39avec les jeunes,
12:40je dis,
12:40mais vous savez,
12:40la repentance coloniale,
12:42allons-y,
12:43parlons de nos pays d'origine
12:44aussi,
12:44si ils n'ont pas aussi
12:46commis,
12:47si ils n'ont pas
12:48colonisés,
12:49si ils n'ont pas
12:49commis l'esclavagisme,
12:50etc.
12:51Parlons-en.
12:52Il y a eu des deux aspects.
12:53Bien sûr.
12:55Mais ça fait partie
12:56de l'histoire.
12:57Naïma,
12:57vous restez avec nous,
12:58on va poursuivre
12:59cet échange,
12:59toujours sur cette thématique
13:00du peuple sacrifié
13:01et la trahison des élites.
13:02On va essayer de comprendre
13:03pourquoi aujourd'hui
13:04la non-intégration,
13:05elle n'est pas avec
13:06les gens qui viennent
13:07de loin,
13:08elle est avec
13:09les pauvres enfants
13:09de France,
13:10qui sont sacrifiés,
13:13qui sont trahis
13:13par les élites
13:14et qui n'arrivent pas
13:15ni à s'intégrer
13:16ni à s'assimiler.
13:17Alors qu'ils sont nés là,
13:17ils sont français,
13:18ils n'arrivent pas
13:19à s'assimiler
13:20dans la République française,
13:21on va essayer de comprendre
13:21pourquoi avec vous.
13:22D'accord.
13:23Effectivement,
13:23et puis bon,
13:24alors on va également
13:24se poser une autre question
13:25avec notre prochain invité,
13:27Julien Cocoa,
13:28alias Coco TKT
13:30sur les réseaux sociaux.
13:31Il a connu
13:32les braquages,
13:32la prison
13:33avant de changer de vie.
13:34Il raconte son parcours
13:35dans le chemin du guerrier
13:37aux éditions Le Lisse Bleu.
13:38Il s'est exprimé
13:39sur notre antenne
13:40il y a peu
13:40et aujourd'hui
13:41des responsables politiques
13:42le contactent
13:43pour lui demander
13:44de l'aide
13:44pour communiquer
13:45justement
13:46avec cette jeunesse.
13:47c'est à suivre
13:47sur Sud Radio.
13:48Sud Radio,
13:49la France dans tous ses états,
13:51Péricolegas.
13:53Aurélien.
13:54Vous êtes bien sur Sud Radio,
13:55il est 13h20,
13:56je reçois Naïma Amfadel,
13:58auteur du Peuple Sacrifié,
13:59la Trahison des élites
13:59chez Fayard.
14:00Nous parlons
14:01avec beaucoup d'émotion
14:02de l'arrivée
14:03dans son enfance
14:04de Fayma en France
14:05en 1968,
14:06Naïma en France
14:07en 1968.
14:08Comment cette intégration
14:09s'est bien passée ?
14:10Comment elle a été accueillie ?
14:11La France était un pays d'accueil
14:12et elle,
14:14sa famille
14:14se sont senties français
14:15très rapidement
14:16et les choses se sont bien passées,
14:18on était bien côte à côte
14:18et pas face à face.
14:20Et aujourd'hui,
14:20nous sommes dans une fracture sociale
14:21qui non seulement
14:22crée un problème
14:23d'intégration
14:24et d'assimilation,
14:25on va encore y revenir dessus,
14:26mais à l'intérieur même
14:27de la société française,
14:28nous avons des générations
14:29qui n'arrivent pas
14:30à s'intégrer
14:30et qui n'arrivent pas
14:32à s'assimiler
14:32aux valeurs de la République
14:33qu'on l'a vu
14:33par les scènes récentes.
14:37Anissa,
14:38vous avez un point de vue
14:39là-dessus
14:39sur la situation ?
14:41Sur la situation,
14:42vous voulez dire
14:43de l'assimilation
14:44ou en tout cas
14:45des mouvements généraux ?
14:47Des mouvements ?
14:48Des mouvements d'assimilation justement,
14:49il y a des gens
14:50qui ne s'assimilent pas,
14:50ils manifestent.
14:51Alors il y a des gens
14:52qui manifestent,
14:53alors ceux qui manifestent
14:54ne sont pas tous
14:55nécessairement issus
14:56d'immigration,
14:58il faut quand même le dire,
14:59mais je peux vous parler
15:00des premiers cortèges
15:01qui ont défilé ce matin déjà
15:03pour faire un état des lieux
15:04en temps réel
15:05de la situation.
15:06A Lyon,
15:07la manifestation
15:07s'était lancée
15:08vers 11h05
15:09de la manufacture
15:10des tabacs
15:10en direction
15:11de Jean Masset.
15:12Voilà pour les Lyonnais,
15:13comme ça ils ont le détail.
15:14A Tours,
15:15le défilé a commencé
15:16à 10h30,
15:16à Tarbes,
15:17environ 3000 personnes
15:18ont manifesté
15:19selon le journal
15:20La Dépêche.
15:21Et puis à Paris,
15:21normalement,
15:22le départ est prévu
15:23à 14h
15:23de République
15:25vers Nation.
15:26Des incidents
15:27ont déjà été signalés
15:29à Lyon.
15:30Vers 11h30,
15:30la préfecture a fait état
15:31de tir de mortier
15:32d'artifice
15:33en direction
15:33des forces de l'ordre.
15:35La marche a été
15:35momentanément interrompue
15:37à hauteur de Garibaldi,
15:38précisons-le,
15:39avant de reprendre
15:39à midi
15:40des jets de projectiles
15:41contre des policiers
15:43étaient encore signalés
15:44près de Toulouse
15:46au lycée Françoise
15:47de Tournefeuille.
15:48Des individus cagoulés
15:49ont tiré
15:50des mortiers d'artifice
15:51dès 8h30
15:52provoquant
15:53des départs de feu.
15:54Un drame
15:55qui a donc commencé
15:56déjà très tôt
15:57selon les témoignages recueillis.
15:58L'établissement a été
15:59évacué et fermé.
16:00La mairie confirme
16:01l'intervention des pompiers
16:03à l'intérieur du lycée
16:04et indique que le feu
16:05a été circonscrit.
16:06A Villeurbanne également,
16:07des tirs de mortier
16:08ont entraîné ce matin
16:09l'évacuation du lycée
16:11Brossolette
16:11selon la préfecture.
16:13Enfin,
16:13sur le suivi de la grève,
16:14le ministère de l'Éducation
16:16nationale annonce
16:17à la mi-journée
16:1715,81%
16:19d'enseignants grévistes
16:20avec environ
16:2119% dans les écoles
16:22et 13,5%
16:23dans les collèges.
16:24et lycées.
16:25Ces premières remontées
16:27couvrent les académies
16:28de l'Hexagone
16:29sauf Toulouse
16:29ainsi que la Réunion.
16:30Mais Toulouse,
16:31on aura des nouvelles
16:31tout à l'heure.
16:32Vous voyez bien,
16:32il y a des jeunes français
16:33qui ont du mal
16:34à s'assimiler
16:35au bonheur de la République.
16:36Ils ont besoin
16:36de casser,
16:37de brûler les poubelles.
16:38Mais je pense qu'on aura
16:38une solution.
16:39Et puis on aura tout à l'heure
16:40Christine Bouillot.
16:40Vous l'aurez vous-même.
16:41Effectivement,
16:41pour Toulouse.
16:41On les appellera Toulouse.
16:43Julien Cocoa
16:44est-il en ligne ?
16:48Bonjour,
16:49vous m'entendez ?
16:49Oui, très bien.
16:50Bonjour Julien.
16:51Vous étiez là
16:51il y a quelques jours.
16:52On avait été émus
16:53par votre témoignage.
16:55Allez,
16:55on va dire comme ça.
16:56Un ancien brigand
16:57qui est allé en prison,
16:58il a lu des livres
16:59et il est devenu
17:00un citoyen français exemplaire.
17:02Bravo.
17:03Pour Naïma,
17:04c'est un bel exemple.
17:05Julien,
17:06vous voyez la situation ?
17:07Bon,
17:07la souffrance des banlieues,
17:08elle existe.
17:09La colère des jeunes,
17:10c'est une réalité.
17:12Vous,
17:12vous vous y prendrez...
17:15Manifestez,
17:15c'est normal.
17:17Manifestez sa coulère
17:17et sa souffrance.
17:19La violence,
17:20c'est pas trop votre truc.
17:21C'est plus trop votre truc.
17:24C'est plus trop mon truc,
17:25très bien précisé.
17:28En fait,
17:29moi,
17:29quand j'entends tout ça,
17:31je me mets à la place
17:32un peu de tous ceux
17:34qui foutent un peu le bordel.
17:35Il faut dire les choses
17:35comme elles sont.
17:36Allez,
17:36on peut se permettre.
17:37Et je trouve ça
17:38vraiment très dommage
17:40et j'ai envie
17:42de leur passer un message
17:43à ces gens-là
17:44parce que j'aurais aimé
17:44qu'on me passe un message
17:45à l'époque
17:46où j'étais
17:48dans le bon chemin.
17:49Vous avez été un peu commun.
17:50Allez,
17:50vous avez été un peu commun.
17:51Vous êtes passé par là.
17:52Disons que vous êtes passé
17:53par cette étape.
17:54Disons-le.
17:55Disons-le clairement.
17:57Aujourd'hui,
17:58il faut que ces gens,
17:59ces jeunes en général
18:00et ces autres personnes
18:02soient conscients
18:04de ce que c'est
18:05que d'être enfermés
18:06en prison.
18:07C'est tous les jours
18:08pouvoir supporter
18:099 mètres carrés,
18:11une cour de promenade
18:11grillagée.
18:12Quand on passe
18:13une détention normale,
18:14on ne parle pas
18:14des zones d'isolement
18:15et de mitard
18:16qui se répètent
18:17tous les jours,
18:18tous les jours,
18:18tous les jours.
18:19Et vu ce qui se passe,
18:21vu les incidents,
18:22quand on parle d'agression,
18:25s'il se passe
18:25quelque chose de grave,
18:26c'est-à-dire un policier
18:27blessé,
18:31une professeure agressée,
18:33une professeure agressée,
18:33une dirigeuse agressée.
18:34Ça rentre dans la procédure criminelle.
18:36Du coup,
18:36on parle de peine
18:37pour aller de 10 à 20 ans,
18:39à 15 ans.
18:40C'est très sérieux.
18:41Est-ce que ces jeunes
18:43et ces gens en général
18:45sont conscients
18:46de ce qu'ils encourt ?
18:48Et moi,
18:49c'est pour ça
18:49que j'aimerais vraiment
18:50leur faire passer ce message.
18:51Vraiment,
18:51il vient du cœur.
18:52Il faut vraiment
18:53qu'ils manifestent tranquillement,
18:55qu'ils fassent leur grève
18:56tranquillement,
18:56car ce n'est pas un jeu.
18:59Une fois là-dedans,
19:00on regrette,
19:01c'est trop tard.
19:01Il y a les suicides,
19:02il y a le regret,
19:04il y a la déprime
19:05pour sortir de ce chemin.
19:07Aujourd'hui,
19:07je suis là,
19:08j'ai l'impression que,
19:10je donne l'impression
19:11que tout va bien et tout.
19:13C'est parce que voilà,
19:14j'ai quand même
19:14ma force mentale,
19:15mais je vous le dis,
19:16si c'était à refaire,
19:18jamais de la vie,
19:19je repasserais
19:20par le chemin
19:21dans lequel j'étais.
19:24Aujourd'hui,
19:24on m'appelle le miraculé.
19:26Il faut que ces gens comprennent
19:27que la prison n'est pas un jeu.
19:29Tous les jours,
19:29ils restent leur vie.
19:30Entre les coups de couteau
19:31qui peuvent se prendre en train de l'âne,
19:33tout ce qui peut se passer.
19:34Ils vont vous dire
19:35que leur souffrance,
19:36que leur colère,
19:37que leur indignation
19:38les poussent
19:38à basculer de l'autre côté.
19:40Est-ce que la France
19:41est un pays
19:42où la seule réponse
19:42que l'on peut apporter
19:43quand on est en colère,
19:44quand on est en souffrance,
19:45quand on se sent
19:46soit discriminé,
19:47soit injustement traité,
19:48c'est de casser,
19:49c'est de brûler ?
19:51Je ne suis pas d'accord.
19:52Moi, je pense vraiment
19:53qu'en manifestant
19:56paisiblement,
19:56en sortant dans la rue
19:57et en étant dans le calme
20:00et dans la paix,
20:01en revendiquant leurs droits,
20:03ils pourront obtenir
20:04gain de cause
20:05à un moment donné
20:05par rapport à ce qu'ils réclament.
20:07Et aujourd'hui,
20:08ces personnes
20:09qui ont ce discours-là,
20:10ce sont pour moi
20:11des inconscients.
20:12Ce sont des gens
20:12qui ne connaissent pas
20:13la détention,
20:14qui ne savent pas
20:14ce qu'ils ont cours
20:15et moi,
20:17je suis là
20:17pour les alerter.
20:18J'ai tout expliqué
20:19dans mon livre,
20:20j'ai expliqué
20:20ce que j'ai vécu
20:23de la faute
20:24dû à mes mauvais choix,
20:26j'ai expliqué
20:28le nombre de fois
20:29que j'ai failli mourir,
20:31disons les choses,
20:32à l'intérieur
20:33comme à l'extérieur.
20:35Vraiment,
20:35les choses se passent
20:37par une manifestation
20:38calme,
20:39posée
20:40des propos pour eux.
20:41Je vais vous poser
20:41une question
20:42très délicate
20:43et douloureuse.
20:44Vous répondez
20:44comme vous le voulez,
20:45on est sur le parlant vrai.
20:46Est-ce que c'est
20:46votre passage en détention,
20:48la façon dont vous
20:48vous en êtes sorti,
20:50qui vous a permis
20:50peut-être une intégration
20:52que vous aviez ratée
20:52ou une assimilation
20:53que vous avez ratée ?
20:53Est-ce que c'est là
20:54où vous avez pris conscience
20:55qu'en France,
20:55on pouvait entrer,
20:57je vais lire,
20:58dans ce modèle social
20:59sans passer forcément
21:00par la fracture ?
21:03Le plus franchement possible,
21:05clairement,
21:05on est en plein dedans.
21:06C'est en prison
21:08qu'à force de fruits d'efforts
21:10que j'ai découvert
21:11cette passion pour l'écriture,
21:12d'auto-interprétation.
21:13Aujourd'hui,
21:13j'écris mon livre,
21:14mais ça a commencé
21:15à l'âge de 21 ans,
21:17après un long travail fourni
21:19et tout ce qu'il fallait
21:21assumer à côté.
21:22Rappelez-moi votre délai
21:23d'emprisonnement.
21:24Combien de temps
21:25vous êtes resté ?
21:26J'ai fait plus que 17 ans
21:27de prison
21:27et plus de 12 prisons
21:31dans tout type
21:32de compartiments
21:32de l'État français.
21:34C'est long,
21:35c'est long.
21:35Et vous avez lu
21:36pendant ce temps.
21:37Et vous avez lu.
21:40Moi,
21:40j'étais plus
21:41dans l'auto-interprétation,
21:42c'est-à-dire
21:43grâce à un instrumental
21:45dans la création
21:46de mots
21:47et de rimes.
21:48Aujourd'hui,
21:49je suis l'auteur.
21:50Entre-temps,
21:51j'ai sorti
21:51trois mini-EP
21:53en dix ans.
21:54Je ne lisais pas trop,
21:55j'étais plus
21:56dans la création.
21:57Voilà,
21:57je suis plus dans la lecture
21:58depuis maintenant
21:59plus d'un an,
22:00on va dire.
22:01Aujourd'hui,
22:01en vous entendant,
22:02vous êtes venu ici
22:03sur Sud Radio,
22:04vous vous êtes exprimé ailleurs.
22:05Il y a des politiciens,
22:06des responsables politiques
22:07qui sont venus vous voir
22:08en vous demandant quelque part
22:09vos...
22:10Pas à l'aide,
22:11mais aidez-nous à comprendre
22:13et votre exemple
22:14est formidable.
22:15C'est ce qu'ils vous ont dit.
22:17Vous êtes au courant de tout.
22:18Vous avez de bonnes affaires,
22:19vous faites bien votre travail.
22:21Bah, écoutez,
22:23franchement,
22:24je ne savais pas
22:25qu'un livre,
22:25en fait,
22:26aurait un tel impact.
22:27Je vous dis les choses
22:28le plus clairement possible.
22:31Des membres de l'équipe
22:32de M. Bruno Rotaillot
22:34comme des membres
22:34de l'équipe
22:35de David Guissnard
22:36m'ont approché.
22:37J'ai eu des échanges
22:38avec eux.
22:40Après qu'ils aient lu mon livre,
22:42après que mon livre ait été lu...
22:44Rappelez-nous le titre
22:45de votre livre.
22:46Mon livre,
22:47c'est
22:47Coco t'inquiète,
22:48c'est au C.O.E.
22:48Space TKT,
22:49le chemin du guerrier.
22:51Témoignage autobiographique.
22:52Et, bah voilà,
22:53ils m'ont demandé
22:55des synthèses,
22:56ils m'ont demandé
22:58des renseignements
22:59pour...
23:00Parce qu'ils savent
23:01ce que j'ai vécu,
23:01ils savent
23:03les erreurs que j'ai faites
23:04et aujourd'hui
23:04la résilience dans laquelle
23:05je suis
23:06et les choses
23:07que j'ai affrontées.
23:09Et, euh...
23:10Des échanges,
23:11il y a des échanges
23:11qui ont eu lieu
23:13et qui ont eu lieu
23:14jusqu'à présent
23:14avec ces personnes-là
23:17et d'autres
23:18politiciens également.
23:19Julien,
23:20vous restez avec nous.
23:21Naïma aussi,
23:22bien sûr.
23:22On va continuer
23:23à cet échange passionnant
23:24entre, voilà,
23:26la rencontre
23:26de deux personnalités.
23:28Naïma M. Fadel
23:28est avec nous,
23:29experte en politique
23:30de la ville,
23:31essayiste et auteur
23:32du livre « Le peuple sacrifié,
23:33la trahison des élites »
23:35aux éditions Fayard.
23:37On parle des mouvements
23:38qui ont lieu aujourd'hui
23:39dans tout le pays
23:40et de cette grève nationale.
23:43Vous pouvez témoigner
23:45vos inquiétudes
23:45si vous en avez
23:46au 0826 300 300.
23:4814h, Sud Radio,
23:50la France dans tous ses états,
23:52Péricault-Légas.
23:53Sur Sud Radio,
23:55nous sommes au plus près
23:56du terrain
23:56pour vous faire vivre
23:57cette journée de mobilisation
23:59et tout de suite
23:59direction Toulouse
24:00où la manifestation
24:01doit démarrer
24:02dans une demi-heure
24:03mais un imbroglio
24:04subsiste autour du trajet.
24:05Christine Bouillot,
24:07vous êtes sur place
24:07pour Sud Radio.
24:08Est-ce qu'on sait finalement
24:09par où le cortège
24:10va passer ?
24:11Et puis est-ce que
24:12les manifestants
24:13commencent à se rassembler ?
24:18Christine ?
24:19Est-ce que...
24:21Alors il y a un petit
24:21problème technique.
24:24On reprend Christine
24:25dans quelques instants.
24:27Nainem Fadel,
24:28vous venez d'entendre
24:28Julien Cocoa
24:30qui raconte
24:30son insertion,
24:32c'est faite
24:33par le passage
24:33par la prison
24:34et puis bon,
24:35la lecture,
24:36l'écriture surtout.
24:38Et voilà.
24:38Et les hommes politiques
24:39qui viennent maintenant
24:40le voir,
24:42c'est très bien
24:42que les hommes politiques...
24:44C'est très bien, oui.
24:44Il n'est jamais trop tard.
24:45Bien sûr.
24:45Vous, vous avez connu
24:46une période
24:47où justement
24:48les choses
24:48allaient plus simplement.
24:50Vous dites à la fin
24:51des années 70
24:52que le problème
24:52a commencé à se poser.
24:54Fin des années 70
24:55c'est là où ça a commencé
24:56notamment dans ces quartiers
24:59qui sont devenus
25:01des quartiers
25:02où on a logé
25:04majoritairement
25:04les populations
25:05qui arrivaient
25:06dans le cadre
25:07du regroupement familial.
25:09Petit à petit,
25:09il n'y avait plus
25:10cette mixité sociale
25:11et culturelle.
25:12Moi, je...
25:12Les amis que j'avais,
25:14ils avaient un parcours
25:15résidentiel.
25:16Souvent, même
25:16quand vous étiez ouvrier
25:17en ce temps-là,
25:18vous pouviez construire
25:19votre petite maison.
25:22Mais c'est là,
25:22dans les fins des années 70
25:24qu'on a connues
25:24d'ailleurs les premières émeutes.
25:26Je voudrais juste parler
25:27des émeutes aux manguettes
25:28par exemple.
25:28Je vous reprends
25:29dans quelques instants
25:30parce que nous avons
25:30justement la liaison
25:31qui est rétabillée
25:32avec Toulouse.
25:32Anissa Christine Bouilloux
25:33est en ligne.
25:35Bonjour Christine.
25:36Est-ce qu'on sait
25:36par où le cortège
25:37va passer finalement ?
25:40Alors, je vais vous expliquer.
25:41Le cortège,
25:42pour l'instant,
25:42il est censé partir
25:43dans une demi-heure.
25:44Je vais vous expliquer
25:44le bras de fer
25:45et l'ambroglio juridique
25:47dans lequel
25:47les manifestants toulousains
25:49et tous les syndicats
25:50qui avaient déposé
25:50dès le 26 octobre
25:52un tracé pour cette mobilisation
25:54du 5 novembre
25:55ont vu avec Stupeur
25:57la décision du préfet
25:59tombée il y a 48 heures
25:59qui leur interdisait
26:00ce tracé
26:02dont ils avaient l'habitude
26:03et qui avait été
26:03effectivement utilisé
26:05par trois fois déjà
26:06lors des mobilisations
26:08toulousaines.
26:0948 heures,
26:10les syndicats
26:10ont déposé un recours
26:12devant le tribunal administratif.
26:14La décision du tribunal administratif
26:16est tombée tôt ce matin
26:17et qui donne raison
26:19au préfet
26:20en interdisant
26:21ce tracé
26:21qui passe par les boulevards
26:23extérieurs toulousains
26:24et impose aux manifestants
26:25d'aller vraiment
26:26très à l'extérieur
26:27de Toulouse
26:29qui a mis
26:29l'ensemble des syndicats
26:30je dis bien
26:31l'ensemble des organisations
26:32syndicales
26:32hors d'elle
26:33en disant
26:34on nous empêche
26:35de manifester aujourd'hui
26:36c'est une atteinte
26:37à nos libertés
26:39en tous les cas
26:39aux droits
26:39de manifestation
26:40et nous maintenons
26:42le tracé
26:43que nous avons
26:44déposé
26:44le 26 octobre.
26:46Alors du coup
26:47le rendez-vous est ici
26:48à Saint-Cyprien
26:49un quartier effectivement
26:51très fréquenté
26:52par les manifestants
26:53et qui a l'habitude
26:53d'avoir ce genre
26:54de mobilisation
26:55et je peux vous dire
26:56qu'il y a déjà
26:56énormément de monde
26:57combien sont-ils ?
26:59ça c'est bien la question
27:00qu'il faudra se poser
27:01puisque
27:01a priori
27:02ce rendez-vous ici
27:04à place Saint-Cyprien
27:05est d'ores et déjà
27:07illégal
27:07donc pour l'instant
27:08il y a beaucoup
27:08de manifestants
27:09je ne vois pas
27:10la présence de policiers
27:11sur ce point
27:13de rendez-vous
27:13les policiers sont
27:14positionnés
27:15un tout petit peu
27:16ailleurs
27:16rappelons que
27:18les chiffres
27:18des manifestations
27:20et des mobilisations
27:21à Toulouse
27:21ont toujours été
27:22très importants
27:23le 17 octobre dernier
27:24il y avait près de
27:2635 000 personnes
27:27selon la préfecture
27:2880 000
27:29selon les organisations
27:30syndicales
27:31une mobilisation
27:32qui ne s'est jamais
27:33arrêtée
27:33jamais faiblie
27:34et là actuellement
27:35donc les syndicats
27:36sont en train
27:37de se réunir
27:37sur cette place
27:38Saint-Cyprien
27:39avec un cortège
27:40qui va s'élancer
27:41on ne sait pas comment
27:42on ne sait pas dans quel sens
27:43et pour l'instant
27:44c'est la grande incertitude
27:45mais tout est calme
27:46puisqu'à l'instant
27:47on assiste à un concert
27:48tout simplement
27:49un orchestre symphonique
27:50s'est installé
27:51et propose de la musique
27:52aux manifestants
27:53avec des banderoles
27:54aussi de la part
27:55des organisations
27:57agricoles aussi
27:58on voit effectivement
27:59que la Confédération Paysanne
28:00est venue ici
28:01en renfort
28:02pour cette mobilisation
28:03à Toulouse
28:04donc affaire à suivre
28:05au courant de l'après-midi
28:06merci Christine
28:07voilà vous restez avec nous
28:08Christine
28:08on voit la subtilité
28:11de l'état de droit
28:12d'Aïman Fadel
28:13et Julien Coquois
28:14la subtilité de l'état de droit
28:15un tribunal administratif
28:16à Paris
28:17dément la préfecture de police
28:19et dit non non
28:19les syndicats ont droit
28:20ils iront bien
28:21de Bastille à Nation et autres
28:22le conseil d'état
28:23dans la nuit
28:24dit non pas du tout
28:25c'est le préfet qui a raison
28:26et là à peu près
28:27pour la même configuration
28:27on n'est pas sur le terrain
28:28le tribunal administratif
28:30tout de suite
28:31dit ben non finalement
28:32c'est le préfet qui a raison
28:32il a le droit
28:34de changer le parcours
28:34je comprends
28:35qu'on s'y perde un petit peu
28:36est-ce qu'il y a des codes
28:37est-ce qu'il y a des barèmes
28:38ou est-ce que c'est à l'humeur
28:39du tribunal administratif
28:40on se posera toujours la question
28:42Néaïma vous étiez en train
28:43de nous expliquer justement
28:43j'expliquais juste cette évolution
28:47donc les quartiers ont commencé
28:49quand même à rencontrer
28:50des difficultés sociales
28:51et notamment de dégradation multiple
28:53de délinquance des mineurs
28:55je rappelle juste que le critère
28:56de la politique de la ville
28:57l'un des critères
28:58c'est la délinquance des mineurs
28:59notamment
29:00et je fais rebondisser
29:01sur ce qu'a dit Julien
29:03quand il dit
29:03qu'il aurait certainement voulu
29:05qu'à un moment
29:06on l'alerte
29:07qu'il y ait même une butée
29:08c'est ce dont
29:09le docteur Maurice Berger
29:11dont j'ai eu le plaisir
29:12de faire même une tribune
29:13ensemble
29:14dit
29:14c'est-à-dire que le problème
29:16qu'on a en France
29:17c'est qu'on a une délinquance
29:18des mineurs
29:18qui est extrêmement importante
29:20mais on n'a pas la butée
29:22qui
29:24comment dirais-je
29:25qui arrête
29:25les gardes fous
29:26on peut en parler
29:27des gardes fous
29:27mais oui
29:28c'est-à-dire que
29:28dès le premier acte de délinquance
29:30on peut se dire
29:31la responsabilité des parents
29:32parce que je rappelle
29:33que c'est eux
29:33les premiers responsables
29:35de leur enfant
29:36de mettre en place
29:38d'appliquer en tout cas
29:39un protocole
29:40qui fait qu'à un moment
29:40il y a une butée
29:41je parle moi
29:42il n'y a pas de tabou
29:43chez moi
29:44c'est-à-dire par exemple
29:45les prestations sociales
29:46nous sommes un pays
29:47le plus généreux au monde
29:48on a des droits
29:50mais on a aussi des devoirs
29:52l'État aide
29:53à ce qu'on soit
29:55qu'on élève son enfant
29:56mais à un moment
29:57l'État est en droit
29:57de demander
29:58justement
29:59qu'on en soit responsable
30:00et la butée
30:01ça permet tout simplement
30:03de porter assistance
30:05à enfants en danger
30:05et d'arrêter justement
30:07cette dérive
30:09enfin cette carrière délinquante
30:10parce que j'ai
30:11malheureusement rencontré
30:12trop de gamins
30:13qui ont commencé
30:14par de la petite délinquance
30:16qui se sont ensuite
30:18assis sur une carrière
30:20de délinquants
30:20et parfois
30:21ils en sont même morts
30:23Julien Coquard
30:24vous entendez ce que dit Naïma
30:25vous êtes passé par là aussi
30:26et pas de garde-fou
30:27pas d'avertissement
30:28vous avez découvert le fait
30:30que quand on fait des bêtises
30:31on va en prison
30:34je ne suis pas fait
30:35j'ai vraiment suivi
30:36cette courbe
30:37après bon
30:37le début a commencé
30:38vraiment par une injustice
30:40qui m'a mis dans une haine
30:41contre l'État
30:41mais j'ai eu
30:42beaucoup beaucoup de chance
30:44de me rattraper
30:44j'étais vraiment têtu
30:45et j'étais dans cet engrenage
30:48par contre
30:49le seul point
30:50où je ne suis pas trop d'accord
30:52avec ce que Naïma vient de dire
30:56c'est de mettre
30:58toute la responsabilité
31:00ou peut-être
31:01une grosse partie
31:02sur les parents
31:04personnellement
31:04mes parents faisaient tout
31:05pour que je me calme
31:08ils m'ont donné
31:10beaucoup de billes
31:10pour que je puisse
31:11me réinsérer
31:12mais surtout
31:14quand on est mineur
31:15avec l'engrenage
31:16les potes
31:17à la cité
31:17tout ça etc
31:18et tout ce qui se passe
31:19c'est pas toujours le cas
31:20Julien
31:20c'est pas toujours le cas
31:21vous savez bien qu'il y a des parents
31:22qui ne sont pas au rendez-vous
31:23quelquefois aussi
31:24hélas
31:25bien sûr qu'il y a des parents
31:26qui ne sont pas au rendez-vous
31:28ça c'est une certitude
31:29mais pas tout le temps
31:30moi je pense que
31:31pour aider ces mineurs-là
31:33la meilleure chose à faire
31:34c'est leur montrer
31:35des exemples
31:36qui sont passés
31:36par ce qu'ils sont en train
31:38de vivre
31:38et par ce qu'ils risquent
31:40de vivre
31:41vraiment
31:41après
31:42bien sûr
31:43il faut vérifier
31:44au niveau des parents
31:46de l'éducation
31:46c'est très important
31:47il y a des parents
31:48qui carrément
31:49qui délaissent
31:51ces jeunes
31:52quand on voit les parents
31:53qui ne se lèvent pas le matin
31:54pour ne pas aller travailler
31:55oui
31:55écoutez Julien
31:56je vais vous dire
31:57j'ai beaucoup d'exemples
31:58alors effectivement
31:59il y a des parents
32:00qui peuvent être impuissants
32:01mais pour avoir
32:03travaillé au département
32:04de l'Oreloir
32:04où j'étais chargé
32:05de mission politique
32:06de la ville
32:06je peux vous dire
32:07que tout est fait
32:08notamment
32:09il y a un accompagnement
32:10par l'aide sociale
32:11à l'enfance
32:12l'aide sociale
32:12à l'enfance
32:13ce n'est pas la panacée
32:14aujourd'hui
32:14par rapport
32:15à la prise en charge
32:16malheureusement
32:16des enfants
32:17qui sont placés
32:18mais il y a un accompagnement
32:19qui est fait
32:19avec des éducateurs
32:20donc il y a des choses
32:22il suffit que le parent
32:23quand à un moment
32:24il sent que
32:25malheureusement
32:25il perd son enfant
32:27entre guillemets
32:27il peut aussi s'adresser
32:29à l'aide sociale
32:30à l'enfance
32:31pour avoir cet accompagnement
32:32moi j'ai vu trop de gamins
32:33je vais vous dire
32:34j'ai vu dans une ville
32:35de je tairai le nom
32:37où les gamins
32:38c'était eux-mêmes
32:39qui se levaient le matin
32:40pour aller au centre de loisirs
32:41et le centre de loisirs
32:42était même obligé
32:43d'organiser
32:44des petits déjeuners
32:45pour les enfants
32:46et j'ai vu aussi
32:47des parents
32:48certains bien sûr
32:49évidemment
32:49qui disaient même
32:50vous ne pouvez pas
32:50les garder le midi
32:51pour leur donner le déjeuner
32:52moi je ne dis pas
32:53qu'il faut tomber sur les parents
32:54je dis jusqu'à un moment
32:56un état comme la France
32:57un état providence
32:58doit juste rappeler
32:59le rôle
33:00la place des parents
33:02les parents sont responsables
33:03il y a un devoir
33:05il y a un devoir
33:05il y a un devoir
33:05il y a un devoir
33:06il y a un devoir
33:06vous savez
33:06être parent
33:07c'est facile pour personne
33:09c'est facile pour personne
33:10moi j'ai connu énormément
33:11de familles monoparentales
33:13où les mamans
33:14vraiment
33:15c'était très difficile
33:16elles devaient travailler
33:17en même temps
33:17s'occuper de leurs enfants
33:18et les faire garder
33:19etc
33:20et elle y est
33:21elle y allait
33:22donc moi je regrette
33:23mais on ne peut pas non plus
33:25voilà remettre en cause
33:26encore une fois
33:26c'est dans le sens
33:27de la responsabilité
33:28et encore une fois
33:29c'est une main tendue
33:30pour empêcher que des gamins
33:32des gamins tombent dans la délinquance
33:34et ils en meurent
33:35moi ça me fait mal au coeur
33:36de voir tous les gamins
33:37que j'ai pu voir
33:38qui ont été effectivement
33:39comme vous le dites Julien
33:42embrigadés
33:42dans les différents trafics
33:44moi je ne peux pas
33:44ça m'est insupportable
33:45depuis 40 ans
33:46où je vois dans les différentes villes
33:48où j'ai travaillé
33:48des gamins qui font le chouf
33:50qui font
33:52un gamin de maternelle
33:53qui avait un gamin
33:54qui transportait la drogue
33:55par exemple
33:56et ça c'est avec
33:57les enseignants
33:58qu'on l'avait
33:58vous restez tous les deux
33:59vous restez tous les deux
34:00nous on se retrouve
34:01dans un instant
34:02bien sûr
34:02Naïma Mfadel est avec nous
34:03elle parle d'un peuple sacrifié
34:05est-ce que vous trouvez
34:06que ces mots décrivent
34:07ce que vous vivez
34:08racontez-nous un moment
34:09peut-être
34:09où vous vous êtes dit
34:10ceux qui décident
34:11n'ont aucune idée
34:12de mon quotidien
34:13et puis cette grève
34:14est-ce qu'elle peut faire
34:15bouger les choses
34:16si vous avez déjà fait grève
34:17et obtenu quelque chose
34:18aussi dites-le nous
34:19pourquoi pas
34:19on vous écoute
34:20au 0826 300 300
34:22Perico Légas
34:23il est 13h47
34:24vous êtes bien sûr
34:25ceux de Radio Jeux de Soir
34:26je reçois Naïma Mfadel
34:27auteur du Peuple Sacrifié
34:29La Trahison des Élites
34:30et on est en plein dedans
34:31Naïma Mfadel parle évidemment
34:32de ses immigrations
34:34de ses assimilations ratées
34:36qui provoquent aujourd'hui
34:37la désolation
34:38la tristesse
34:38que l'on sait
34:39alors qu'il y avait des solutions
34:39puisque ça a longtemps
34:40bien marché
34:41nous avons Julien Cocoa
34:42qui est là
34:43qui lui au contraire
34:43après avoir fait des bêtises
34:45il s'est réinséré en prison
34:46par l'écriture
34:48et aujourd'hui
34:49il est là
34:49il est à sa place en France
34:50et tout le monde
34:51est à sa place en France
34:52sauf ceux évidemment
34:52qui ne se retrouvent pas
34:53nous avons Julien
34:55qui nous appelle
34:55de Viry-Châtillon
34:57Julien vous soutenez
34:58la mobilisation d'aujourd'hui
34:59ou vous êtes un petit peu réticent ?
35:02Alors moi je ne sais pas
35:02de ceux qui sont
35:03plutôt réticents
35:04dans le sens où
35:05à 6 mois d'une élection présidentielle
35:07quoi qu'il se passe
35:08de toute façon
35:08ça ne sert à rien
35:10le gouvernement peut promettre
35:11mon zémerveille
35:12il n'aura pas à tenir sa promesse
35:13il s'en fiche
35:14puisque de toute façon
35:14il ne peut pas se représenter
35:15et il laissera
35:16à ceux qui seront élus
35:18le soin
35:19de payer la facture
35:21finalement
35:21des promesses qu'il va faire
35:22et donc je trouve ça
35:23une aberration totale
35:24à 6 mois d'une élection présidentielle
35:25et d'autant plus
35:26qu'on va se retrouver encore
35:28à mettre
35:29Paris à feu et à sang
35:30parce qu'on ne sait plus
35:31faire des manifestations
35:33sans être dans le débordement
35:35sans être dans l'excès
35:36sans être dans la
35:40comment dire
35:42la recherche d'une révolution
35:43une révolution
35:44à 6 mois d'une élection présidentielle
35:45c'est une aberration
35:46la plus totale
35:47et c'est contre-productif
35:48donc pour moi je suis plutôt
35:50réticent à cette idée
35:51de manifestation
35:52Julien
35:52un gouvernement
35:53par définition
35:54dans une démocratie
35:55et dans une république
35:56ça se modifie
35:57ça se change
35:58il y a un chef de l'état
35:59il y a un président de la république
35:59je suggérais dans mon humeur
36:01tout à l'heure
36:01qu'on ne puisse pas aller
36:02dans ces conditions
36:03pendant 6 mois
36:04jusqu'à une élection présidentielle
36:05qui va être essentielle
36:07et qui doit se dérouler
36:08contrement
36:08ce qui s'est passé en 2017
36:10il y avait l'affaire Fillon
36:10en 2022
36:11il y avait la guerre en Ukraine
36:12on a besoin d'une vraie
36:13campagne présidentielle
36:14où on pose les projets
36:15et où les citoyens
36:16et les citoyennes
36:17puissent choisir en conscience
36:18les différents programmes
36:20qu'on va leur proposer
36:21pour savoir ce qu'eux
36:22veulent pour la France
36:23dans ces conditions
36:23c'est pas possible
36:24et je suggérais
36:25que l'on nomme
36:26un nouveau gouvernement
36:26de consensus
36:27ou de conciliation
36:28comme on veut
36:29sans avoir aucune
36:30tentation d'angélisme
36:31pour qu'on puisse arriver
36:32en ordre
36:33et apaisé
36:34à cette élection présidentielle
36:35qu'on résolve tout de suite
36:36le problème des lycéens
36:37et des étudiants
36:38qui ont besoin
36:38le problème énergétique
36:40ces millions de Français
36:41et de Françaises
36:41qui ne peuvent pas
36:42ou vont-ils payer
36:42leur faux-fage
36:43ou leur carburant
36:44il y a des mesures à prendre
36:45et on peut trouver
36:45une formule gouvernementale
36:46si la classe politique
36:47veut bien faire l'effort
36:48de poser le couteau
36:49et le marteau
36:50pendant 10 minutes
36:51et de se mettre autour
36:52de la table
36:52pour dire voilà
36:53on prend les mesures
36:54sur lesquelles
36:54on est tous d'accord
36:55des mesures nationales
36:56et puis on se retrouvera
36:57dans le débat politique
36:58et dans la confrontation
36:58pour l'élection présidentielle
37:00c'est une option
37:00qui vous semble jouable
37:01ou non ?
37:02ça serait une option
37:03qui serait intéressante
37:04effectivement
37:05mais je pense que
37:06c'est pas le couteau
37:07c'est le marteau qu'il faut poser
37:08c'est le marteau
37:09la faucille
37:10il y a tellement les symboles
37:11ah non mais ça
37:12aujourd'hui
37:13c'est plutôt
37:13c'est plutôt
37:14le cocktail molotov
37:16et puis la poubelle cribule
37:17voilà
37:18on est d'accord
37:20Julien merci pour votre témoignage
37:22et évidemment
37:22on comprend
37:23vous compreniez
37:24qu'il y a plusieurs gens
37:25peut-être
37:25que de manifester
37:27vu l'état du fait
37:28Naïma
37:28cette souffrance populaire
37:30ce genre
37:31qui justement
37:32cette jeunesse
37:32qui n'arrive pas
37:33à se retrouver
37:34dans les valeurs de la République
37:35qui ne s'est pas intégrée
37:36qui n'a peut-être pas été accompagnée
37:37qui n'a pas rencontré
37:38les gardes fous
37:39elle est de plus en plus nombreuse
37:40et elle est violente
37:41quelquefois
37:41elle casse
37:43oui alors c'est une minorité
37:44qui est
37:46heureusement
37:46heureusement
37:46comme vous dites
37:47qui casse
37:47qui pille etc
37:49malheureusement
37:49qui jette l'anathème
37:51sur la majorité
37:53qui veut s'en sortir
37:54moi j'ai rencontré
37:56énormément de jeunes
37:57qui avaient
37:57vraiment cette volonté
37:59de s'en sortir
38:00j'ai par exemple
38:01aussi
38:01fait en sorte
38:02qu'il y ait
38:03un accompagnement
38:04vers
38:05les grandes écoles
38:06de jeunes
38:07notamment sur
38:08Mante-la-Jolie
38:09sur l'école militaire
38:10de Saint-Cyr
38:11où les gamins
38:12ils ont travaillé
38:13pendant les vacances scolaires
38:14pour se présenter
38:14au concours
38:15pour rentrer au lycée
38:17militaire de Saint-Cyr
38:18pour vous donner
38:18cet exemple là
38:19donc justement
38:21il n'y a pas eu
38:21cette
38:23comment dirais-je
38:24cette espèce
38:24d'excuse
38:26comme s'il n'était pas
38:27pareil que les autres
38:28les gamins
38:29ils sont aussi
38:30ils peuvent aussi
38:30être dans l'effort
38:32et la méritocratie
38:33à la française
38:33aujourd'hui
38:34nous avons un challenge
38:35c'est-à-dire qu'aujourd'hui
38:36il faut absolument
38:37que
38:38que
38:38que la gauche
38:40s'excuse
38:40du mal
38:41qu'elle a pu faire
38:42à cette jeunesse
38:43parce que justement
38:43en les confortant
38:45dans l'ailleurs
38:46elle n'est pas la seule
38:46elle n'est pas la seule
38:47parce que justement
38:48j'allais dire
38:48elle les a confortés
38:50dans l'ailleurs
38:52malheureusement
38:53et puis la droite
38:54n'a pas su
38:55reprendre la main
38:56notamment
38:57en leur disant
38:57et elle ne l'a pas fait
38:59en leur disant
38:59tout simplement
39:00non vous êtes des français
39:01à part entière
39:01avec des droits
39:03mais aussi des devoirs
39:04et notamment
39:05des devoirs liés
39:06à la citoyenneté
39:07mais ça j'en parle
39:08dans le livre
39:08comment ça s'est passé
39:09ce processus
39:10Julien
39:11message que vous avez
39:12envers de Baudresselle
39:13à cette jeunesse
39:14qui est malheureuse
39:16qui est en fracture
39:17il y a moyen
39:18de s'en sortir
39:19quand même ou non
39:19que de casser
39:20que de piller des magasins
39:21et de brûler des poubelles
39:23bah
39:25clairement
39:26j'ai quoi
39:27j'ai 41 ans
39:28aujourd'hui
39:28j'en suis la preuve
39:30il y a moyen
39:31de s'en sortir
39:31avec effort
39:32la culture
39:33pour moi
39:34la culture
39:34l'ambition
39:36c'est vraiment
39:37la solution
39:37à ce type de problème
39:38pour avoir
39:39un grand pays
39:41pour avoir
39:42des jeunes talentueux
39:44qui veulent
39:44ce qu'ils
39:46obtiennent
39:47ce qu'ils recherchent
39:48plus tard
39:49il n'y a pas 36 solutions
39:50c'est le travail
39:51et croire en ses ambitions
39:53aujourd'hui
39:53j'en suis la preuve
39:54malgré les conditions
39:55infernales
39:57que j'ai vécues
39:59les choses
40:00waouh
40:01impensables
40:01en lisant le livre
40:03les gens
40:03de toute façon
40:04on compare
40:05ce témoignage
40:06autobiographique
40:07à un film
40:08carrément
40:09tellement c'est fou
40:09et ben
40:11clairement la motivation
40:12pour ceux qui ne l'ont pas
40:14vient instantanément
40:15c'est réel
40:16c'est pour tout
40:17vous êtes la démonstration
40:18Julien Cocoa
40:18qu'il y a un espoir
40:20que cet espoir
40:20il peut être mis en oeuvre
40:21et qu'il peut être récupéré
40:23qu'il peut être proposé
40:24à une jeunesse
40:24à Nissa
40:25je voudrais simplement
40:26rebondir sur une chose
40:28parce que là
40:28j'entends
40:29Julien Cocoa dire
40:31qu'il faut travailler
40:32croire en ses ambitions
40:35Naïma qui nous parle
40:36de gauche et de droite
40:37qui ont un peu laissé
40:38à l'abandon
40:39effectivement
40:39depuis quoi
40:4030-40 ans
40:41plus de 40 ans
40:42plus de 40 ans
40:42cette population
40:43et j'entends quand même
40:44Julien
40:45voilà Cocoa
40:45qui explique qu'aujourd'hui
40:47donc en 2026
40:4830 ou 40 ans plus tard
40:49il y a quand même
40:49des politiques
40:50qui viennent toquer
40:51à sa porte
40:51pour lui demander
40:52quelques conseils
40:53de dialectique
40:54et de communication
40:55je me dis que bon
40:56au bout de 30 ou 40 ans
40:57peut-être on peut
40:58s'en féliciter
40:58il n'est jamais trop tard
41:00c'est ce qu'on dit
41:01par exemple
41:01il y a juste une chose
41:02par exemple
41:03que je voudrais donner
41:04comme exemple
41:05dans tous
41:06plus de ces 40 ans
41:07d'expérience
41:09dans les quartiers
41:09j'ai rencontré
41:10beaucoup de jeunes
41:11qui veulent être
41:12entrepreneurs
41:13ils veulent entreprendre
41:14c'est vraiment
41:15dans la majorité
41:17ils veulent entreprendre
41:18j'ai jamais entendu
41:19un politique
41:19à un moment
41:20qui arrête
41:20avec tous ces dispositifs
41:22d'accompagnement
41:22d'autonomie
41:23blablabla
41:24qui ne donne rien
41:25parce qu'il y a rarement
41:27de sorties positives
41:28et jamais
41:28ils n'ont proposé
41:29quelques
41:30comment dirais-je
41:32une opération
41:34autour de l'entrepreneuriat
41:36je vais parler de propagande
41:37d'état
41:37créez votre entreprise
41:38en France
41:38mais quand on commence
41:40quand on voit
41:40les entraves
41:41les normes
41:42les codes obligatoires
41:43administratifs
41:44mais c'est dissuasif
41:45il faut quasiment sortir
41:46100 000 euros
41:46quand vous voulez créer
41:47votre petite boîte
41:48au départ
41:48c'est monstrueux
41:48ils ont même créé
41:49le RSA jeune
41:50vous vous rendez compte
41:51alors qu'il suffit
41:52peut-être de dire
41:53on vous donne
41:54voilà un pactole
41:56enfin je ne sais pas
41:57combien
41:57on vous donne
41:59vous faites votre
42:00entreprise
42:01et puis pourquoi pas
42:02vous pourrez rembourser
42:03par l'asset
42:04on peut même donner
42:05parce que ça vaut le coup
42:07quand des jeunes
42:07veulent entreprendre
42:08en tout cas
42:08Naïma M. Fadel
42:09et Julien Cocoa
42:10les français ont
42:11et en votre terminaire
42:12j'en fais partie
42:13ont de quoi réfléchir
42:14tranquillement
42:15jusqu'au mois d'avril 2027
42:16ils savent exactement
42:17ce qu'il ne faut pas faire
42:18ce qu'il ne faut pas dire
42:19vers où il ne faut pas aller
42:20et quelles sont peut-être
42:21les solutions
42:22qu'on peut envisager
42:22tous ensemble
42:23parce qu'on aime ce pays
42:24que c'est un pays
42:25qui malgré tout
42:26c'est un pays
42:26qui a une capacité
42:27de rassemblement formidable
42:28et par sa sociologie
42:29et par son train de vie
42:30et ceux qui l'ont abîmé
42:31évidemment il faut dire
42:33qu'ils sont allés dans l'erreur
42:34et qu'ils nous font
42:34beaucoup de mal aujourd'hui
42:35mais on est résistants
42:36on est résilients
42:37on est résistants
42:38et on est plein d'espoir
42:39merci Naïma M. Fadel
42:40d'avoir été en studio avec nous
42:41je vous rappelle
42:43le titre de votre ouvrage
42:44le peuple sacrifié
42:45la trahison des élites
42:46chez Fayard
42:47vraiment ce sont deux formules
42:48le peuple sacrifié
42:49la trahison des élites
42:50on est au plein dedans
42:51vous c'était pour l'immigration
42:52mais aujourd'hui on sait
42:53qu'il y a même des français
42:53qui sont sacrifiés
42:55et qui sont traits par les élites
42:56et merci Julien Cocoa
43:00pour ce témoignage
43:00toujours émouvant
43:01de quelqu'un
43:01qui a été dans la mouise
43:02et qui par sa force
43:03de caractère
43:04s'en est sorti
43:05par la lecture
43:06et par la culture
43:07Anissa on se quitte
43:09on va se retrouver lundi
43:10on va remercier Pierre Gattaz
43:11qui est avec nous aussi
43:12un petit peu plus tôt
43:13voilà l'industriel
43:14et ancien patron du MEDEF
43:15merci également à lui
43:16et puis on se retrouve lundi
43:17à suivre Brigitte La Haye
43:19qui va nous parler d'amour
43:21Sud Radio

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