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Avec Emmanuel Pierrat
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NewsTranscription
00:00Le face à face
00:01Vous êtes bien sur Sud Radio en ce 2 novembre 2026, c'est le jour des morts, mais nous allons
00:06vous prouver, je vous le redis, que nous sommes bien vivants sur ce studio.
00:10Nous allons parler d'une institution qui nous est précieuse. Nous savons que l'école est délabrée, que la santé
00:15est morte et moribonde, que l'armée est dépecée,
00:18enfin que la plupart de nos institutions sont très très malades, sans parler de nos finances.
00:22Eh bien nous avons trouvé pire, nous avons trouvé la justice.
00:25Cette précieuse justice rendue au nom du peuple français est dans un état aujourd'hui apocalyptique,
00:31et c'est ainsi que nous le révèle Maître Emmanuel Pierrin, qui est aujourd'hui avec moi sur ce plateau,
00:37auteur du livre noir de la justice.
00:39Alors pour être noir, je peux vous dire qu'il est noir, on se demande.
00:41Et puis alors un petit sous-titre, la deuxième là, on ne sait jamais si on n'aurait pas compris,
00:46les coulisses d'une faillite.
00:47Comme ça vous avez le tableau qui est dressé Maître Emmanuel Pierrin.
00:51Merci d'être à l'antenne avec nous sur Sud Radio, on vous entend de temps en temps, vous étiez
00:54là.
00:55J'ai Jacques Cardo justement pour présenter les 8 autres livres, que j'ai dévorés, je vous ai dit que
00:59j'ai pris 4 Prozac à la sortie,
01:00parce que la justice on se dit, mon Dieu, on peut peut-être tomber entre les mains, mais on n
01:04'a pas du tout envie de y aller.
01:04C'est comme l'hôpital au Moyen-Âge, si on y va on savait qu'on mourrait.
01:07Et là on n'a pas envie de passer dans les tribunaux.
01:09Vous faites un travail considérable, Emmanuel Pierrin vous êtes avocat bien entendu, vous êtes essayiste,
01:15quand on voit la somme de vos écrits, vous êtes aussi écrivain, agitateur public, libre penseur, trubillon, voilà.
01:20Alors, en gros vous foutez le bordel, mais quand vous le foutez, vous êtes documenté et vous avez des arguments
01:26extrêmement précis et douloureux.
01:28On ne va pas pouvoir passer tout en revue, mais je commence tout de suite par la première question,
01:35après vous avoir mercié d'être là.
01:38l'état de la justice française n'est peut-être pas aujourd'hui, alors on est d'accord, il y
01:42a encore des tribunaux qui fonctionnent,
01:44des juges honnêtes et impartiaux, qui sont peut-être même majoritaires,
01:48est-ce que l'état de la justice actuelle n'est pas une menace pour la République et pour la
01:51démocratie telle que vous la décrivez ?
01:54Gains et merci pour cette invitation, je ne voudrais pas que vous fassiez fuir tout le peu de lecteurs qui
02:01va me rester.
02:02Heureusement qu'on ne couvrira donc pas l'intégralité de mon livre.
02:05Il faut savoir, non non, ça me semble extrêmement important parce que vous avez évoqué effectivement les grands services publics,
02:11tous malades, l'éducation nationale, tous le constat qu'il y a quelque chose qui ne va pas budgétairement, de
02:18façon générale.
02:20Ces dernières semaines, nous l'avons malheureusement prouvé.
02:22La santé, on sait que l'hôpital public effectivement meurt, entre guillemets, son mauvais jeu de mots, de son manque
02:27de moyens, etc.
02:29Mais la justice est très particulière parce qu'elle souffre, bien évidemment,
02:33mais elle souffre non pas d'une faillite que budgétaire, mais d'une faillite morale.
02:36C'est-à-dire qu'elle souffre d'un abandon complet de la mission, du sens du service public,
02:42de la part de ceux-mêmes qui en font partie, des magistrats, des greffiers, des procureurs, de nos juges.
02:49Je me permets de préciser, Emmanuel Pirin, que ce tableau apocalyptique que vous dressez,
02:53qui me semble hélas correspondre à la réalité,
02:55il est appuyé, même s'il ne le dise pas, par de nombreux juristes,
02:58bien sûr d'autres avocats que vous, mais des magistrats qui se sont exprimés en public ou en privé
03:02pour dénoncer, en gros, les mêmes choses peut-être sous d'autres formulations
03:06que ce que vous dénoncez dans ce livre.
03:07Non, non, il en reste, heureusement, des magistrats courageux, conscients de leurs devoirs.
03:14Il n'y a pas si longtemps, au mois de juin, j'ai terminé une audience à 4h du matin
03:18avec un magistrat qui était tout seul face à 15 dossiers,
03:21en disant, je suis désolé que 15 dossiers soient devant ma chambre à Bobigny,
03:24avec des affaires importantes, des gens qui étaient détenus,
03:27qu'il fallait soit libérer le jour même, soit garder en prison de façon sérieuse,
03:31c'est-à-dire détenus provisoirement,
03:32et qui disaient, je suis là aujourd'hui avec 15 dossiers
03:34parce que j'ai 4 collègues dans 4 chambres à côté
03:37qui ont décidé qu'ils terminaient à 16h.
03:39Page 31.
03:40Et donc, il était impossible que je laisse la totalité de ces dossiers
03:43avec des gens soit en prison de façon injuste,
03:45soit qu'on libère de toute façon tout aussi délirante.
03:49C'est page 31.
03:49Le matin de 8h30 à 12h45, j'ai enchaîné la présidence de 3 dossiers urgents d'application des peines.
03:54Puis, la rédaction de deux jugements, la gestion d'une trentaine de mailles,
03:57l'établissement du planning du service et le traitement des rapports et courriers papiers.
04:01À 14h, j'ai contribué au service général de la juridiction en qualité de juge et ses soeurs
04:05à l'audience de comparution immédiate qui a duré jusqu'à 0h40.
04:10Voilà, aucune pause.
04:11Et il continue.
04:12C'est terrifiant.
04:13Comment la justice peut-elle être rendue en toute sérénité et en conscience
04:17quand on est soumis à une telle pression ?
04:19Alors la pression, elle est subie par ceux qui ont, encore une fois, le sens du devoir.
04:22Mais ils sont minoritaires.
04:24Vous êtes charitable tout à l'heure, Perico Lagas, en disant qu'ils peuvent être majoritaires.
04:28Il suffit de regarder.
04:29Non, non, non, je dis qu'au contraire.
04:30Non, non, je dis les...
04:30Ils sont minoritaires.
04:31Ils sont minoritaires.
04:32Les juges dévoués, celui qui témoigne là dans ce livre,
04:35celui dont je parle, de Bobigny, qui a présidé l'audience jusqu'à 4h du matin,
04:39et m'a rendu mon client, entre guillemets,
04:41que j'ai rendu à sa maman qui attendait à 94 ans avec un cancer dans la salle d'audience.
04:45C'était délirant.
04:45Bien sûr.
04:46Mais cette humanité-là, elle est rarissime.
04:49C'est là, notre souci et notre principal défi.
04:52C'est-à-dire qu'il y a un abandon général de la conscience de ce qu'elle m'aime
04:55le devoir de juger.
04:57Or, c'est un service public essentiel.
04:58C'est un service public qui, par ailleurs, est douloureux.
05:00C'est-à-dire que personne ne va dans un cabinet d'avocats par plaisir.
05:04Je ne crois pas que les gens viennent me voir uniquement pour mon sourire, mon charme et mes écrits.
05:08Ils viennent me voir parce qu'ils ont un caillou dans la chaussure,
05:10voire un énorme sac de caillou dans le dos.
05:12Et ils ont besoin de se libérer d'un poids.
05:15Ils ne vont pas chez les juges aussi parce qu'ils auraient une manie de justiciables frénétiques touchée par les
05:21Etats-Unis.
05:22Ils y vont parce qu'ils ont perdu foi dans la médiation, dans d'autres techniques, entre guillemets, pour régler
05:28un problème.
05:29Et ils se retrouvent face à une justice qui est désormais aux abonnés absents.
05:33Ou qui leur dit au mieux, vous serez jugé dans 4 ans.
05:35Ou qui au pire, leur disent tout simplement, votre plainte sera classée sans Suisse,
05:39comme c'est le cas de 3,5 millions de plaintes déposées dans les commissaires publics chaque année.
05:43Alors ça, vous racontez que ce qui est envoyé à la poubelle,
05:46et vous avez dû prendre position, vous le disiez quand vous êtes venu chez Jacques Cardoz,
05:50vous avez dû un jour dans un commissariat vous fâcher,
05:53avec l'officier de projet judiciaire,
05:54qui vous a dit, oh ça sera classé parce qu'on n'a pas le temps,
05:58on a trop de dossiers.
05:59Vous vous rendez compte ?
06:00Ça sera classé, et vous avez insisté en disant, non seulement vous allez le prendre,
06:04et dites bien au parquet quand ils vont le traiter,
06:06qu'ils vont le traiter avec sérieux, sans ça ils vont dans le milieu.
06:08Il refusait, Périco Lagas, état commissaire, que j'aime bien par ailleurs,
06:11de police, qui fait normalement son travail,
06:13mais me dit, maître Pira, que faites-vous là ?
06:15Je dis, je suis là parce que mon client va déposer plainte,
06:18et que je veux être sûr que cette plainte va être prise,
06:19et va être traitée.
06:20Il m'a dit, non mais on peut la prendre,
06:22mais vous allez faire perdre du temps d'ailleurs, ne la déposez pas.
06:24En gros, de toute façon elle va être classée.
06:26Elle ira à la poubelle.
06:27Je lui dis, si elle est classée, je vous mets en cause.
06:29Parce qu'à la différence d'un juge,
06:32le juge est impunissable, entre guillemets.
06:34Il sait le seul métier dans lequel,
06:36c'est d'ailleurs une raison de l'abandon moral,
06:38de la faillite générale,
06:39c'est que le juge est le seul citoyen parmi l'ensemble de la population
06:43qui n'est responsable en rien des actes.
06:45De ses erreurs à la outreau,
06:47c'est-à-dire envoyer dix personnes et une légende en prison,
06:49ou simplement rendre un jugement délirant.
06:51Je pense que dans ma vie, j'ai été divorcé quatre fois par erreur.
06:54Parce qu'un juge des affaires familiales
06:56avait confondu mon nom avec celui du justiciable que je représentais.
06:59Alors, ça fait rire quand on reçoit un jugement
07:01en indiquant avec ma consoeur que j'étais divorcé d'elle.
07:03Ensuite, il nous faut huit mois
07:05pour rétablir le vrai jugement
07:06et pour corriger l'ânerie, pardonnez-moi,
07:09faite par distraction, par...
07:10Ou incompétence.
07:12Ou incompétence.
07:13Huit mois.
07:14Pour ensuite, pour des gens qui, par ailleurs,
07:16ont ensuite des problèmes d'un emprunt immobilier,
07:18de garde d'enfants,
07:19de choses sérieuses,
07:20de choses qui les affectent,
07:21leur bouffe le moral,
07:23les mines quotidiennement.
07:24Le juge est infaillible.
07:25Sauf dans la procédure judiciaire,
07:27puisqu'il n'y a pas les cassations.
07:28C'est donc la preuve qu'ils peuvent se planter,
07:30puisqu'ils ont une institution supérieure
07:31qui leur dit
07:31« Tu as fait des bêtises,
07:32je vais le rectifier. »
07:34Mais vis-à-vis du justiciable,
07:36là, il est infaillible.
07:36Ils sont totalement irresponsables.
07:38Et c'est un autre défi.
07:39Une de nos vraies difficultés,
07:41pardonnez-moi,
07:42c'est comment arriver dans quelques temps
07:44à ce que ces magistrats
07:45soient à un moment ou à un autre
07:46susceptibles d'être
07:48véritablement mis en cause.
07:49Vous savez qu'il existe
07:50un conseil supérieur de la magistrature,
07:52qui est une autorité,
07:53comme il en existe en France,
07:54des dizaines de milliers
07:55pour à peu près chaque secteur
07:56ou profession.
07:57La seule nuance,
07:58c'est que celle-ci,
07:59elle est chargée de valider
08:00des nominations de juges,
08:01très bien,
08:01et elle est supposée sanctionner.
08:03Les sanctions,
08:04vous les connaissez ?
08:05Le juge Burgaud,
08:06l'affaire Outreau,
08:07cette enseignée ancienne,
08:07vous direz.
08:08Vous dites, c'est quoi,
08:08cet stage de rééducation ?
08:10Oui, un stage d'affectation
08:13de rééducation à Paris,
08:14à la chancéderie,
08:14place Vendôme.
08:15C'est vrai que c'est un martyr.
08:16Quand vous êtes entre quartier
08:18et l'hôtel Ritz,
08:19dans un quartier aussi difficile,
08:21vous vous dites,
08:21effectivement,
08:22c'est une vraie punition.
08:24Un autre magistrat
08:25qui se masturbait
08:26pendant la moitié des audiences
08:27à Angoulême,
08:29authentique,
08:29il y a trois ans,
08:30a été mis en mi-temps thérapeutique,
08:32c'est-à-dire qu'il est payé
08:33à mi-temps.
08:33Enfin, il est payé temps complet,
08:35pardonnez-moi,
08:35pour venir se masturber
08:36à mi-temps,
08:37en gros,
08:37pour faire simple.
08:38Donc, on croit,
08:39c'est un pays de fous.
08:40Donc, dans lesquels,
08:41vous voyez,
08:41pour commettre une erreur
08:43absolument incroyable
08:44et se retrouver jugé
08:45par ses pairs,
08:45il faut vraiment,
08:47comment dire,
08:47passer des bornes
08:48qui sont de l'ordre
08:49de l'inaudible.
08:50En clair,
08:51vous êtes un mauvais juge,
08:53eh bien,
08:53on ne vous le fera jamais payer.
08:54Vous êtes un juge feignant,
08:55on ne vous le fera jamais payer.
08:56La seule chose
08:57qu'on vous arrivera,
08:58c'est qu'éventuellement,
08:59on ne vous donnera pas
08:59la promotion que vous attendez.
09:01Mais si vous êtes à Nice,
09:02à Versailles,
09:03ou dans un endroit
09:04plutôt agréable,
09:05entre guillemets,
09:05c'est pas très grave,
09:06vous êtes inamovible.
09:07Donc, quoi que vous fassiez,
09:08d'un rire en un rire,
09:10vous êtes susceptibles
09:11de rester.
09:11Et puis, désormais,
09:12les juges,
09:13et c'est un grand point
09:14que je développe
09:15assez longuement,
09:16sont ivres de leur pouvoir.
09:18Moi, je ne crois plus
09:19à la théorie des juges rouges.
09:20Ils existent encore.
09:21Vous faites allusion
09:22au procès Sarkozy,
09:23vous dites que ce n'est pas
09:23une forcement de militante,
09:25elle est ivre de son pouvoir,
09:26elle voulait se le faire,
09:27elle se l'est payée.
09:28Exactement.
09:28S'arrêter Sarkozy,
09:30ça aurait pu être un autre
09:30ancien président de la République,
09:31elle avait envie de montrer.
09:32Alors, il est vrai que Sarkozy
09:33avait pris quelquefois
09:34des positions un peu hostiles
09:35à ses magistrats.
09:36Elle avait le terrain
09:37d'autant plus facile,
09:38entre guillemets,
09:39qu'effectivement,
09:39elle se payait un ancien
09:41président de la République
09:42qui par ailleurs avait...
09:44Elle l'envoie au Nioff.
09:44Mais c'est un procès politique.
09:46Pardon.
09:46Un procès politique,
09:47non pas au sens
09:48d'une opinion politique
09:49qu'elle manifeste.
09:49Elle manifeste l'ivresse
09:51de son pouvoir,
09:52sa capacité
09:53à être non punissable.
09:55Vous voulez dire
09:55que l'incarcération
09:56était abusive ?
09:57Évidemment.
09:57Que Sarkozy ait eu
09:58des responsabilités
09:59qui rendent convaincés ?
10:00Alors que Sarkozy
10:01puisse être condamné
10:02ou innocenté
10:03n'est pas mon sujet.
10:05Et je ne suis ni pro
10:06ni anti-sarkoziste là-dessus.
10:07Ce qui m'intéresse,
10:08c'est simplement
10:08qu'il y a l'utilité
10:09d'envoyer,
10:10étant donné l'état
10:10de nos prisons,
10:11l'état de bazar
10:12de la justice,
10:13d'envoyer un ancien
10:14président de la République
10:14pendant 15 jours
10:15à la maison d'arrêt
10:16de la santé,
10:17ce qui ne sert
10:18strictement à rien
10:19si c'est à montrer...
10:20Ça fait le buzz.
10:21Ça fait le buzz,
10:22évidemment.
10:22Ça veut dire
10:23que vous démontrez
10:24votre capacité
10:25à être plus puissant
10:26que l'Élysée
10:26ou plus puissant
10:27que les puissants.
10:28Et c'est ça
10:28qui traverse l'esprit
10:29des juges aujourd'hui.
10:30Alors il y a d'un côté
10:31l'abandon complet
10:32de leur mission
10:32et de l'autre côté
10:33d'avoir un juge d'instruction
10:35au parquet national financier,
10:37cette idée selon laquelle
10:38il va falloir passer
10:39dix fois plus de temps
10:40pour s'occuper d'un politique
10:41que de s'occuper
10:42d'un pauvre type
10:43qui s'est fait voler
10:44son sac à main.
10:45Une dame
10:45qui s'est fait voler
10:46son sac à main
10:51l'autorité judiciaire
10:52pensée par le général de Gaulle
10:53il ne dit pas pouvoir judiciaire
10:54il tient à la nuance.
10:56Autorité judiciaire
10:57avec des magistrats
10:58qui sont là
10:58pour appliquer la loi.
11:00Comment la République française
11:02alors vous me dites
11:02la preuve
11:03d'autres institutions
11:04sont aussi délabrées, dégradées.
11:06Comment on a pu en arriver là ?
11:07C'est une succession
11:08de renoncements,
11:09d'abandon,
11:09de démissions,
11:10de négligences ?
11:10Oui bien sûr
11:11et puis aussi évidemment
11:12par la tête
11:13par les gardes des Sceaux successifs
11:15qui ont été nommés
11:16dans des hasards
11:17les plus...
11:17Ça peut être nocifs
11:18un garde des Sceaux.
11:19Ça peut être nocif
11:19Bah oui.
11:21Encore une fois
11:22le seul service...
11:22La tête c'est pourrir
11:23la totalité du poisson.
11:24En tout cas
11:24elle n'engage pas
11:25nécessairement
11:26à avancer.
11:27J'ai pas une confraternité
11:30envahissante
11:30pour Éric Dupond-Moretti.
11:32Vous voyez par exemple
11:32mon confrère
11:33qui a été garde des Sceaux
11:34mais il a eu le mérite
11:34de vouloir s'y mettre.
11:35Quand il a voulu s'y mettre
11:36il a amélioré le budget.
11:37Il a amélioré le budget.
11:38Il s'est quand même pris
11:39un procès
11:40de la part des plus hauts
11:40magistrats de France
11:41qui ont voulu le faire tomber
11:43puisqu'il était
11:43à la fois en train
11:44d'améliorer le budget
11:45et en même temps
11:46en train d'essayer
11:47de décanter un peu
11:48le système.
11:49Voilà.
11:49Il s'est fait rattraper
11:50donc par une affaire
11:51il a gagné.
11:52Mais il est ahurissant
11:53que des juges
11:54des plus hauts magistrats
11:54de ce pays
11:55n'aient eu que comme seule idée
11:56de faire tomber
11:57le garde des Sceaux.
11:58La précécesseuse
11:59Madame Nicole Belloubet
12:01remarquable
12:01elle était là
12:02pendant la Covid.
12:03Vous savez que c'est
12:03le seul service public
12:04qui a totalement fermé.
12:05Vous l'expliquez dans le livre.
12:06Je trouve ça...
12:07Fermeture totale.
12:08L'école.
12:09Avec les dossiers.
12:09L'école dont on peut dire
12:11ce qu'elle veut.
12:112 millions de dossiers
12:13qui s'accumulent
12:13pendant ce temps-là.
12:14L'école.
12:15Moi j'ai vu mes filles
12:15se taper, pardonnez-moi,
12:17le travail,
12:18être en télé,
12:19enseignement.
12:20Et les instituteurs,
12:21les professeurs
12:22s'y mettent
12:22avec les moyens du bord.
12:24C'est-à-dire quand même pas
12:24une informatisation
12:26absolument géniale
12:26l'éducation nationale.
12:28Tout le monde s'y est mis.
12:28Tout le monde a trouvé
12:29le moyen de reprendre les cours.
12:31La poste
12:31qui s'était arrêtée
12:32d'un seul coup
12:33s'est mise à refonctionner.
12:34Ce n'est pas un service public
12:35extraordinaire en modèle.
12:36Mais au minimum
12:37le courrier
12:373 fois par semaine.
12:38La justice,
12:39Mme Belloudet
12:40qui est garde des Sceaux
12:41à l'époque a dit
12:41Oh là là,
12:42c'est très dangereux
12:43d'aller au tribunal.
12:44Des fois vous pourriez
12:45vous contaminer entre vous.
12:47Donc,
12:48vous décidez
12:48chaque chef de géoélection,
12:49c'est-à-dire chaque président
12:50de tribunal en France.
12:51Il y en a 167.
12:53Chacun décide
12:54en conscience
12:54de s'il envoie ses troupes
12:55à la mort ou pas.
12:57Qu'ont fait les présidents
12:57de tribunaux ?
12:58Ils ont fermé.
13:00Ils ont fermé
13:00parce qu'à Paris
13:01il y a 9000 personnes
13:02et que le président
13:03des tribunaux a dit
13:06signe en responsabilité médicale
13:07qu'il y a un problème.
13:08C'est sur moi
13:08que ça retombe.
13:09Dixit,
13:10le garde des Sceaux,
13:11la garde des Sceaux.
13:12Donc, 167 tribunaux.
13:13Seuls 3 présidents
13:14dont une présidente
13:15de tribunal
13:16ont eu le courage
13:17de dire
13:18il faut que la justice
13:18soit rendue.
13:19Je ne fais pas un appel,
13:20je ne convoque pas,
13:21je fais un appel au volontariat.
13:22Vous êtes payés.
13:23Merci de venir
13:24pour ceux qui trouvent
13:25qu'il est normal de venir
13:26rendre votre boulot.
13:27Merci d'acheter des masques
13:28qu'on vous les rembourse.
13:29Merci de faire le minimum
13:30de profilaxie.
13:31Merci évidemment
13:32de ne pas être à touche-touche.
13:33Nos salles d'audience,
13:33elles sont géantes.
13:34Et puis,
13:35il n'y avait pas fou
13:35pendant la Covid
13:36pour venir assister aux audiences.
13:37Il n'y a pas le droit de sortir.
13:38Donc,
13:39vous pouviez rendre
13:39des décisions de justice.
13:40Et ce qu'on a fait,
13:41c'est qu'on a choisi
13:41de ne pas ouvrir.
13:42Et de notre côté,
13:43on a vidé environ
13:4420% des prisons
13:45puisqu'on avait peur
13:47que les détenus se contaminent.
13:48Voilà une façon
13:48de traiter le bien
13:49par le mal,
13:50entre guillemets.
13:50Je reçois
13:52Emmanuel Pierrat,
13:53l'avocat,
13:53auteur du livre noir
13:54de la justice,
13:55mise les coulisses
13:55d'une faillite
13:56et puis on continue.
13:57Bien sûr,
13:57on continue.
13:58Emmanuel Pierrat
13:58qui dresse un portrait
13:59sans concession
14:00de la justice française
14:01aujourd'hui
14:01est fait état
14:02d'une situation chaotique.
14:03Il dénonce des juges
14:04ivres de leur pouvoir
14:05et irresponsables parfois
14:06dans l'exercice
14:08de leur fonction.
14:08Et vous,
14:09qu'en pensez-vous ?
14:10Pensez-vous que les magistrats
14:11aujourd'hui
14:11ne remplissent plus
14:12leur mission proprement ?
14:13Racontez-nous
14:14vos propres expériences
14:15avec la justice
14:16au 0826 300 300.
14:19Sud Radio
14:28Vous êtes bien sur Sud Radio,
14:30il est 13h20,
14:31nous recevons
14:31Maître Emmanuel Pierrat,
14:33cet avocat
14:34qui ne part pas en guerre
14:35mais il s'insurge,
14:36il alerte,
14:37c'est un lanceur d'alerte
14:38sur l'état
14:39de la justice française,
14:40le titre de son livre,
14:41le livre noir de la justice,
14:42les coulisses
14:43d'une faillite.
14:44C'est vraiment les coulisses
14:45parce qu'Emmanuel Pierrat
14:46est arrivé
14:47à rassembler
14:48des témoignages
14:48y compris de magistrats
14:49qui racontent
14:49leur journée,
14:50leurs conditions de travail
14:51et c'est au moins
14:52une faillite
14:53parce qu'il s'agit
14:54de la justice française
14:54et que lorsqu'on est
14:56confronté à cette
14:56grande institution,
14:57c'est comme l'hôpital
14:58au Moyen-Âge
14:59et je disais
14:59on sait dans quel état
15:00on y arrive,
15:01on ne sait pas dans quel état
15:02on en ressort.
15:03Anissa,
15:04on sait que le budget
15:05de la justice française
15:06est malheureux
15:06comme tous les budgets
15:08de la République,
15:09quelle est la situation
15:10dans d'autres pays ?
15:11Alors déjà en fait
15:12on va commencer par le chiffre
15:13concernant la France,
15:1477 euros
15:15par habitant en France
15:17contre 136 euros
15:19en Allemagne.
15:19Voilà l'écart.
15:21Ces chiffres viennent
15:22du Conseil de l'Europe,
15:22rapport publié en 2024
15:24sur les dépenses
15:25de 2022.
15:25On compare ici
15:26les tribunaux,
15:27les parquets
15:27et l'aide judiciaire.
15:29Les prisons,
15:29on en parlera
15:30un petit peu plus tard.
15:31Dans le détail,
15:31vous avez 77,20 euros
15:33en France,
15:3496,80 euros
15:35en Espagne,
15:36100,60 euros
15:37en Italie
15:38et 136,10 euros
15:39en Allemagne.
15:40Donc entre la France
15:41et l'Allemagne,
15:41cela fait presque
15:4259 euros d'écart
15:43par personne.
15:44Appliqué à la population
15:45française de l'époque,
15:46cet écart représente
15:47selon notre calcul
15:47environ 4 milliards
15:48d'euros de dépenses
15:49par an.
15:50Mais l'Allemagne
15:50est aussi riche,
15:51elle est même plus riche
15:52que nous.
15:53Ça pourrait expliquer,
15:54mais non.
15:54Regardons justement
15:55l'effort rapporté
15:56à la richesse mondiale.
15:57La France consacrait
15:590,20% de son PIB
16:01à ce système judiciaire
16:02contre 0,30%
16:04en Allemagne
16:05et 0,31%
16:06en Italie.
16:07Donc l'écart subsiste
16:08même avec cet indicateur.
16:10Et derrière les budgets,
16:11il y a les effectifs.
16:12Pour 100 000 habitants,
16:13la France comptait
16:1411,3 juges professionnels
16:16contre une médiane européenne
16:17de 17,6.
16:18Pour les procureurs,
16:193,2 en France
16:20contre 11,2
16:21pour la médiane européenne.
16:23Les systèmes judiciaires
16:24ont des organisations
16:24différentes,
16:25mais ces chiffres
16:26donnent la mesure
16:26du décalage.
16:27Et la justice,
16:27c'est aussi des prisons,
16:28alors comment ça se passe ?
16:29Alors effectivement,
16:29pour vous donner un petit chiffre
16:30en termes de prison,
16:31en 2024,
16:32une journée de détention
16:33représente en moyenne
16:34129 euros par détenu en France.
16:35C'est pratiquement autant
16:36qu'en Espagne,
16:37autour de 128 euros,
16:39mais moins qu'en Italie
16:40à 149 euros
16:41et qu'en Belgique
16:41à 172 euros jour,
16:43selon les coûts déclarés
16:44au Conseil de l'Europe.
16:45Et d'ailleurs,
16:46je crois que Gérald Darmanin
16:47et Maître Emmanuel Perrin
16:48avaient proposé
16:49qu'on facture
16:50à certains détenus
16:51le prix de leur détention.
16:52Oui,
16:53on fait dans certains
16:54pays étrangers,
16:55la Belgique par exemple
16:56délocalise
16:57et sous-traite
16:58en Hollande
16:59ces prisons
17:00et elle facture
17:01effectivement
17:02à certains détenus
17:02les frais de séjour
17:03entre guillemets.
17:04Ce que Gérald Darmanin
17:05avait également suggéré,
17:06on peut aussi délocaliser
17:07les sous-traites.
17:07avoir les yeux lucides
17:08sur ce qu'est l'état de la prison.
17:10C'est indigne
17:12de la patrie
17:13qui se voudrait
17:13celle des droits de l'homme
17:14le fard des libertés.
17:1528 000 places de prison
17:16supprimées par l'âme Tobira.
17:17Évidemment.
17:1728 000 places.
17:19C'était pour améliorer
17:20la condition des prisonniers,
17:21ce n'était pas pour
17:21augmenter la répression.
17:23Non, non, mais il y a...
17:23Comment un humaniste
17:24peut dire...
17:24Je consacre,
17:25cher Perico Légas,
17:27un chapitre à la prison.
17:28Il s'avère que mon prochain livre
17:29chez Fayard
17:30porte uniquement
17:31sur l'état des prisons.
17:32C'est pendant quelques mois.
17:33Il est glaçant,
17:33votre chapitre sur la prison.
17:34Effectivement.
17:34Là, il y a beaucoup à dire
17:35sur la solution
17:37entre guillemets
17:37qu'il faudrait trouver.
17:39Et elle existe.
17:40D'autres modèles
17:41nous le montrent.
17:42Pour ce qui est du budget,
17:43merci, cher Anissa,
17:44d'avoir rappelé les chiffres.
17:45Ils sont consternants.
17:46Nous oscillons globalement
17:47entre la 20e
17:48et la 25e place
17:49au sein de l'Union européenne.
17:51C'est-à-dire que nous sommes
17:52pas loin de la Bulgarie,
17:53derrière la Roumanie.
17:55Alors, je n'ai rien
17:56contre la Roumanie.
17:57Deuxième rang sur 28
17:58en termes de budget.
18:0025e position
18:02pour la juridiction
18:04et 24e position
18:05pour le nombre de magistrats.
18:06Voilà.
18:0724e.
18:08Vous vous rendez compte ?
18:09Et pour la réalité
18:10cruelle,
18:11au-delà des chiffres
18:11ou des euros,
18:13c'est globalement
18:14un tiers de magistrats
18:15en moins en France
18:16qu'en Allemagne.
18:17Alors, comment voulez-vous
18:17ensuite que le délai
18:18effectivement soit amélioré
18:20et que les dossiers
18:20soient traités
18:21en moins de 2, 3, 4 ans ?
18:23Emmanuel Pira,
18:23ça n'a pas toujours été
18:24comme ça.
18:25Dans les années 60-70,
18:27la justice,
18:27elle pouvait avoir
18:28ses défauts.
18:28Mais elle fonctionnait.
18:29Elle fonctionnait.
18:30Mais la dégradation,
18:31ça arrive quoi ?
18:32C'est au moment...
18:33C'est la gauche qui...
18:35Non, pas uniquement.
18:36C'est pour ça que je dis
18:37que ce n'est pas uniquement
18:37une faillite.
18:37Je dis ça sans arrêt de penser.
18:38C'est pour situer de l'époque.
18:39Non, non, non, non.
18:40Je pense que ce n'est pas uniquement.
18:41C'est peut-être sous Giscard déjà ?
18:41C'est déjà un peu un délitement général.
18:44C'est aussi une profession
18:45dans laquelle,
18:45avant, on s'engageait,
18:46entre guillemets,
18:47on avait une vocation
18:49et dans laquelle,
18:50désormais,
18:50on fait une carrière
18:51comme on la ferait d'abord tout.
18:52Alors que quand il y a
18:53effectivement une audience,
18:54eh bien, il n'y a pas d'horaire.
18:55Il y a un délai.
18:57Quand vous avez des gens
18:57qui sont dans un box
18:58ou quand vous avez des familles
18:59en pleurs à la cour d'assises,
19:01heureusement qu'il y a des magistrats
19:03qui ne regardent pas l'heure
19:03et qui disent que pour des débats sereins,
19:05on terminera à 23 heures
19:06si c'est nécessaire
19:07parce que d'un seul coup,
19:08un fait nouveau
19:09appelle un témoignage
19:10ou des pleurs
19:10ou des explications
19:11qui prennent du temps.
19:13Mais pour cela,
19:14combien à côté
19:14regardent leur montre
19:15et disent
19:16nous n'avons pas fait choisir
19:17ce...
19:17Il y en a qui ont la vocation,
19:19la dévotion
19:19qui font leur métier
19:20sans regarder
19:21comme beaucoup d'artisans,
19:22beaucoup de professionnels.
19:23Comme beaucoup de professionnels.
19:23C'est vrai.
19:24Vous voyez un chirurgien
19:25qui quitte la salle d'opération
19:27en disant
19:27j'ai fini mes heures
19:28donc je vous laisse maintenant
19:29avec le ventre ouvert.
19:30Vous êtes dans l'anesthésie.
19:31D'ailleurs, peu importe
19:31que vos viscères soient sur la table,
19:33c'est la fermière qui reprendra.
19:34En justice, ça peut exister.
19:35La comparaison peut être faite.
19:37Elle peut être faite, bien sûr.
19:38C'est terrifiant.
19:40Je pense que par exemple
19:40l'école nationale de la magistrature
19:42ne sert plus à rien.
19:43Elle est dirigée
19:44par une de mes consœurs
19:45qu'on a nommée
19:46pour montrer
19:47qu'il n'y avait pas
19:48que des juges
19:49qui pouvaient encadrer des juges.
19:50En réalité,
19:51elle produit une fabrique.
19:53Elle fabrique, pardonnez-moi,
19:54quelques 200 personnes
19:57totalement obnubilées
19:57par une seule chose.
19:58C'est leur propre personne
19:59et qui n'ont sans rentrer là
20:00par hasard.
20:01Soit parce qu'elles ont loupé
20:02un autre concours.
20:03Soit parce qu'elles ne savaient
20:04pas bien quoi faire.
20:05Et pour une poignée
20:06qui en revanche
20:07sont animées vraiment
20:08par la foi
20:08parce qu'il en faut une
20:09au sens laïque et républicain
20:11qui est de rendre la justice.
20:13Qui est vraiment, pour moi,
20:14le service public
20:15aussi essentiel
20:16mais pour vous aussi
20:17que l'éducation
20:18et que la santé.
20:19Est-ce que pour autant
20:20dans l'échelon
20:21des juridictions
20:23ces défaillances,
20:24ces lacunes,
20:25ces faiblesses
20:26diminuent au fur et à mesure
20:27qu'on monte en grade ?
20:28La Cour de Cassation
20:29est quand même constituée
20:29aujourd'hui de magistrats.
20:31Son premier président,
20:32je me souviens de grandes figures
20:33comme Simon Rosès.
20:35Plus on monte dans la hiérarchie,
20:37plus la magistrature
20:37est solide et sérieuse
20:38ou ça peut toucher
20:39tous les échelons ?
20:40Non, ça peut toucher
20:41beaucoup d'échelons
20:42mais c'est vrai qu'a priori
20:43si vous voulez faire carrière
20:44et monter,
20:44c'est qu'a priori
20:45vous avez quand même
20:46de bonnes notes
20:46entre guillemets
20:47enfin que vous êtes bien vus
20:48et que vous traitez bien
20:49et que normalement
20:50qui note justement ?
20:52Les chefs de juridiction
20:53c'est-à-dire celui
20:54qui préside une cour d'appel
20:55ou un tribunal
20:56donne un avis général
20:57sur ses pairs
20:58et alors sur le traitement
20:59des dossiers
20:59c'est-à-dire la vitesse
21:00à laquelle sont traités
21:01les dossiers
21:01alors il ne faut pas non plus
21:03se retrouver avec la politique
21:04du chiffre
21:04qui est celle de certains juges
21:06il y a des juges
21:07qui d'un seul coup
21:07vous convoquent
21:08au mois de juin
21:08au mois de décembre
21:09parce qu'ils doivent rendre
21:10des chiffres semestriels
21:11et d'un seul coup
21:12vous retrouvez à plaider
21:12en urgence
21:13des affaires
21:14que vous aviez prévues
21:15de plaider dans un mois
21:16ou deux
21:16et on vous dit
21:16maître Pirat
21:17est-ce que vous êtes disponible
21:18pour plaider
21:18de tels dossiers ?
21:19Votre contradicteur
21:20je dis mais
21:21on n'est pas en état
21:22pour des tas de raisons
21:22j'ai besoin de produire
21:23des pièces
21:23vous m'avez dit septembre
21:25et là je comprends
21:26à ce coup
21:26que le magistrat
21:27n'a pas traité
21:28assez de dossiers
21:28il est au chiffre
21:29il est au chiffre
21:30donc il a besoin
21:30de faire rentrer
21:31des jugements
21:32alors évidemment
21:32je ne pouvais pas lui dire
21:33non
21:34comme un policier
21:34qui traite des PV
21:35il est payé à la souche
21:38et puis le reste
21:38il s'en fiche
21:40et donc globalement
21:41on se retrouve
21:41avec des magistrats
21:42qui n'a ce coup
21:42accélèrent
21:43qui ne foutent rien
21:44pendant 5 mois de l'année
21:45il ne faut pas ignorer
21:46non plus
21:46que les juges
21:47sont les seuls
21:48en gros avec l'éducation nationale
21:50à avoir des congés
21:51qui sont ceux
21:53autant les professeurs
21:54peuvent investir du temps
21:55pendant l'été
21:56à préparer leurs cours
21:57autant ils ont des devoirs
21:58à corriger etc
21:59les magistrats
22:00s'arrêtent à Noël
22:00pendant 15 jours
22:01ils s'arrêtent en février
22:02pendant 15 jours
22:03ils s'arrêtent à Pâques
22:03ils sont arrêtés là
22:04tout ça
22:05ils s'arrêtent pendant l'été
22:06pendant un mois et demi
22:07que font-ils ?
22:08pourquoi ce régime ?
22:10pourquoi cette exonération
22:11trésit particulière ?
22:12donc effectivement
22:13on manque de juges
22:14mais on mettrait les juges
22:15au travail
22:16tout simplement
22:17de façon normale
22:18comme le font
22:19la totalité des français
22:20on améliorerait déjà
22:21largement nos chiffres
22:23vous êtes avec Emmanuel Pierrin
22:24nous sommes avec
22:25maître Emmanuel Pierrin
22:26auteur de l'ivre noir
22:27de la justice
22:27les coudises
22:28une fanité édité
22:29chez Fayard
22:30et nous faisons
22:30nous dressons
22:31le tableau
22:32quand même extrêmement inquiétant
22:34alors je suppose
22:34qu'il doit y avoir
22:35des lures d'espoir
22:36à un moment donné
22:36mais là effectivement
22:37on sent que la justice
22:38est très malade
22:39et que c'est un élément
22:40qui est très très mauvais
22:42pour l'image de la république
22:43et de notre démocratie
22:44nous appelons effectivement
22:45tous ceux qui nous écoutent
22:46aussi à exprimer
22:48leur propre expérience
22:49devant un tribunal
22:50est-ce que vous vous êtes
22:51sentis écoutés
22:51respectés
22:52ou peut-être traités
22:53comme un dossier
22:53de plus sur une pile
22:54appelez-nous
22:55et dites-le nous
22:56au 0826 300 300
23:01vous êtes bien sûr
23:02sur cette radio
23:02il est 13h32
23:03je reçois maître
23:04Emmanuel Pira
23:05auteur du livre noir
23:06de la justice
23:06les coulisses d'une faillite
23:08chez Fayard
23:08avec lui nous
23:09brossons le tableau
23:11de cette institution
23:12sinistrée
23:13pourtant essentielle
23:14précieuse
23:14au fonctionnement
23:15de la république
23:16je rappelle que les juges
23:17rendent à justice
23:18au nom du peuple français
23:19et Emmanuel Pira
23:20nous fait un tableau
23:22qui est partiellement
23:23apocalyptique
23:24et on ne met pas
23:25tous les magistrats
23:25dans le même sceau
23:26la majorité
23:27sont certainement
23:28des fonctionnaires
23:29dévoués
23:29compétents
23:29et courageux
23:30mais pour autant
23:31la somme de ceux
23:32qui ne font pas
23:33leur travail correctement
23:34qui n'y croient plus
23:36ou qui négligent
23:36est quand même
23:37trop importante
23:37pour que la justice
23:38puisse être rendue
23:39dans des conditions
23:40dans des conditions
23:41tout simplement humaines
23:43et conformes aux droits
23:44on va parler
23:44de l'état de droit
23:45on va surtout parler
23:46de la politisation
23:47de la justice
23:48c'est une idée
23:48qui revient souvent
23:49au devant de l'actualité
23:50en fonction des verdicts
23:51que l'on entend
23:52dans un sens
23:52ou dans un autre
23:53nous avons tous
23:54en mémoire
23:55le mur des cons
23:55où des magistrats
23:57se sont permis
23:58publiquement
23:58de cataloguer
24:00des personnalités françaises
24:01en fonction
24:02de leur sensibilité
24:03et de leur croyance
24:04de leurs opinions
24:07c'est une réalité
24:08la politisation
24:09de la justice française
24:10Emmanuel Pirat
24:11ou ça touche
24:12à un certain secteur
24:13ça touche
24:14à un certain secteur
24:15mais c'était une réalité
24:16vous savez que
24:18il ne vous a pas échappé
24:19qu'il y a quelques émeutes
24:20en France
24:20et que les samedis
24:22peuvent déborder
24:22il y a quand même
24:23un syndicat de magistrats
24:25un syndicat de la magistrature
24:27qui est considéré
24:27comme le syndicat de gauche
24:29donc qui est quand même
24:30refait entre 30 et 40%
24:31des voix à peu près
24:32chez les magistrats
24:33qui a déclaré
24:33fait un communiqué
24:34qui a jugé bon
24:35de faire un communiqué
24:36au début des émeutes
24:37pour dire qu'il fallait
24:38y aller mollo
24:38et que les violences policières
24:39étaient atroces
24:40mais vous dites
24:41quel que soit votre point de vue
24:43sur ces manifestations
24:44ces émeutes
24:45ces casses
24:46vous n'avez pas
24:47en tant que magistrat
24:49qui allait juger
24:49dans les jours à venir
24:51à prendre position
24:51de façon politique
24:53sur ce point de vue
24:54et sur ça
24:54qu'ont donné les référés
24:56d'ailleurs en ce sens
24:57ils ont plutôt été fermes
24:58ça mélange
24:59le tableau est assez intéressant
25:01il y a des juridictions
25:02à Marseille
25:03par exemple
25:03qui ont été très
25:04normalement répressives
25:05avec des types
25:06qui n'ont aucune excuse
25:07et qui se sont servis
25:08en jogging
25:10en montre de luxe
25:11en tapant dans une vitrine
25:13très bien
25:14ils ont été sanctionnés
25:15envoyés en prison
25:15il y a eu quand même
25:16des gens pour s'émouvoir
25:17qu'ils aillent en prison
25:17moi j'ai envie de dire
25:18pardonnez-moi
25:18je ne vois pas bien
25:20quand même
25:21quelles sanctions
25:22on ne va pas leur mettre
25:23des jours de travaux
25:23d'intérêt général
25:24à ramasser des feuilles
25:25ce qui se fait
25:25de moins en moins
25:27et puis de l'autre côté
25:28il y a des juges
25:28à Paris notamment
25:29pour lesquels
25:30personne n'a été en prison
25:32tout le monde a pris
25:32du sursis
25:33tout le monde a pris
25:34des jours
25:35comme ça
25:35on va dire
25:36sur le papier
25:36les gens avaient déjà
25:37des casiers
25:37avec douze peines
25:38on leur ajoute
25:39une treizième
25:40qu'ils n'effectueront pas
25:41où vont ces détenus
25:42on sait que les prisons
25:43sont sursaturées
25:44quand un tribunal
25:45référé décide d'incarcérer
25:47il sait qu'il va
25:48alors même si ce sont
25:48des peines courtes
25:49il sait qu'il va
25:51sur-encombrer une prison
25:52on est d'accord
25:52alors il faut comprendre
25:53cher Perico Olegas
25:54que ça marche à l'inverse
25:55c'est à dire que
25:56le juge réfléchit
25:57il appelle d'abord
25:58pour savoir s'il existe
25:59une place
25:59et ensuite
26:00il prend sa décision
26:01en fonction
26:01vous plaisantez ?
26:02non je ne plaisante pas
26:03le nombre de fois
26:05vous le marquez dans l'église
26:06vous le voyez en correctionnel
26:08et vous voyez que le magistrat
26:09hésite parce que
26:10les faits sont graves
26:10et il se dit que
26:12effectivement la prison
26:13devrait être
26:14comment dire
26:15prononcée
26:15et vous voyez bien
26:16qu'il va suspendre l'audience
26:17et il va passer
26:18des coups de fil
26:19pendant 20 minutes
26:19pour essayer de trouver
26:20une place
26:21alors s'il trouve une place
26:22le détenu
26:23entre guillemets
26:24provisoire
26:24ou celui qui est jugé
26:25qui est dans le box
26:26va être envoyé en prison
26:27et puis s'il n'y a pas de place
26:28et bien on lui dira
26:29monsieur
26:30ce que vous avez fait
26:31c'est très très grave
26:32mais néanmoins
26:33la justice considère
26:34tatati
26:35le sursis
26:35et c'est délirant
26:37vous me parlez d'un protocole
26:38touristique
26:38je ne pars au voyage
26:39que si j'ai trouvé
26:40une chambre d'hôtel
26:40donc si j'ai pas trouvé
26:41de chambre d'hôtel
26:42j'annule le billet
26:44c'est comme ça que ça marche
26:45et c'est épouvantable
26:47tout simplement
26:47en sachant que par ailleurs
26:49ça dépend aussi
26:49de choses totalement délirantes
26:51on vous dit par exemple
26:51vous apprenez ensuite
26:52par la griffière
26:53c'est la griffière
26:54généralement qui parle
26:54ou quelqu'un qui finit
26:55par vous dire
26:56ce qui se passe
26:57parce qu'au début
26:57vous ne comprenez pas
26:58pourquoi il y a ce moment
26:59de flottement
27:00au bout d'un moment
27:00la griffière finit par vous dire
27:01mais maître
27:02voilà
27:02le président a appelé
27:04pour savoir s'il y a de la place
27:04et puis par ailleurs
27:06là il a décidé de relâcher
27:07parce que l'escorte
27:08l'escorte c'est-à-dire
27:08c'est les policiers
27:10ou gendarmes chargés
27:11d'amener
27:12estiment qu'il sera trop tard
27:13donc il vaut mieux
27:14les mettre dehors
27:15l'escorte n'a pas envie
27:16de repartir vers la prison
27:18parce que ça prend du temps
27:19et que réincarcérer quelqu'un
27:21la mise à l'écrou
27:22ça prend deux ou trois heures
27:24donc en gros
27:25puisque l'escorte en a marre
27:26le président n'a pas envie
27:27de se mettre l'escorte à dos
27:29et puis ça ferait
27:29des heures supplémentaires
27:30à facturer entre guillemets
27:32pour l'état
27:32donc par conséquent
27:33on met quelqu'un dehors
27:34enfin vous marchez sur la tête
27:35mais c'est la jungle
27:35c'est l'ubulande
27:36enfin c'est l'uburroi pardon
27:37nous avons Cathy
27:38qui nous appelle de Toulouse
27:39bonjour Cathy
27:41bonjour
27:41vous avez eu affaire
27:44à la justice déjà Cathy
27:45ou vous
27:45des gens autour de vous
27:47alors oui
27:47moi c'est au niveau
27:48affaire familiale
27:50comment ça s'est passé
27:52très mal
27:54non c'est
27:55très compliqué
27:56déjà
27:56moi j'ai eu
27:58une séparation
27:59pour violences conjugales
28:00de là
28:01mon enfant
28:02m'a été soustrait
28:02par son papa
28:04je me suis heurtée
28:05aux vacances juridicières
28:06parce que voilà
28:07c'était 5 juillet
28:08donc
28:09soustrait
28:09sans votre autorisation
28:11on est d'accord
28:11voilà
28:12il n'y avait pas de jugement
28:13en fait
28:14Jaffe
28:14donc il avait autant de droits
28:16que moi
28:16parce que moi en fait
28:17j'en avais plus du tout
28:19Jaffe
28:19juge des affaires familiales
28:21voilà
28:21c'est ça
28:22donc j'ai pu réinspir
28:23ou deux mois et demi
28:25à avoir un référé Jaffe
28:27donc une audience
28:28en urgence
28:30où on a eu
28:31une enquête sociale
28:32et une expertise
28:33qui demandait
28:34de la part du juge
28:35et de se revoir
28:366 mois après
28:38et il se trouve
28:39que 6 mois plus tard
28:40on est tombé
28:41sur un second juge
28:43où les expertises
28:44de Psy
28:44disaient par rapport
28:45à mon ex-compagnon
28:46qu'il était
28:47personnalité narcissique
28:48qui avait un objectif
28:49de destruction d'autrui
28:50de banalisation
28:51de violences
28:52faites aux enfants
28:53et malgré ça
28:55le juge
28:56lui a donné
28:56un droit de visite
28:57un week-end sur deux
28:58la moitié des vacances
28:59mais en plus de ça
29:00je dois aussi
29:02le supporter
29:02entre guillemets
29:04de tous les jeudis soirs
29:05au vendredi matin
29:06en fait
29:06il vient chercher mon fils
29:08le jeudi soir
29:09il ramène le vendredi matin
29:10donc en tant que victime
29:12de violences conjugales
29:13ça fait beaucoup en fait
29:15ça veut dire que
29:15votre hauteur de violences
29:16vous devez le supporter
29:18toutes les semaines
29:19il vient à votre domicile
29:20toutes les semaines
29:21vous estimez que le magistrat
29:23n'a pas tenu compte
29:25n'a pas compris
29:25n'a pas été sensible
29:27à vos explications
29:29comment ça se fait
29:29qu'on en arrive
29:30tout à fait
29:30alors je ne sais pas
29:31comment il en est arrivé
29:32à faire ça
29:33malgré les expertises de Psy
29:35mais à côté
29:37le procureur
29:37a fait un signalement
29:38au juge des enfants
29:39par rapport aux violences
29:40sur moi
29:41et sur les enseignes
29:42compagnes de monsieur
29:43vous en êtes là
29:44aujourd'hui hein Cathy
29:45dans ces situations
29:46là j'arrive à la fin
29:48d'une aide éducative
29:50renforcée
29:50mandatée par un juge
29:51des enfants
29:52vous imaginez en fait
29:53je suis obligée
29:53de subir ça
29:54en plus des violences
29:55parce qu'un juge
29:56a décidé que mon fils
29:57il fallait qu'il aille voir
29:58son papa
29:59un week-end sur deux
29:59la moitié des vacances
30:00et finalement
30:01on arrive à la fin
30:02de cette mesure éducative
30:03et on nous dit
30:04on arrête la mesure
30:05chez vous madame
30:06tout va très bien
30:07le papa lui
30:08il est violent
30:08le papa ne sait pas
30:09se contenir
30:10mais le juge des enfants
30:11ne peut rien faire
30:12parce que c'est vous
30:13que avez la garde
30:13donc il va falloir
30:14que vous ressédissiez
30:15le juge
30:16et bien
30:17c'est pas simple
30:18Emmanuel Pira
30:19vous entendez
30:19sur une situation
30:20je l'entends surtout
30:21dans ce témoignage
30:22madame
30:23c'est le délai
30:24déjà
30:25vous nous dites
30:26la veille des vacances judiciaires
30:27et qu'il faut un mois et demi
30:28pour ensuite avoir une date
30:29parce que votre enfant
30:30ne vous est pas rendu
30:31entre guillemets
30:32parce qu'il est retenu
30:33entre guillemets
30:33en otage
30:34par votre ex
30:35donc on est là
30:36devant des choses
30:37quand vous dites
30:37vous êtes convoqué
30:38six mois plus tard
30:38au delà même
30:39de ce que ont décidé
30:40ces juges
30:41les délais sont inhumains
30:42ce que je reproche principalement
30:44c'est le manque d'humanité
30:45ce sont des choses urgentes
30:46ce sont des choses
30:47si vous allez à l'hôpital
30:48aux urgences
30:48on se plaint tous
30:49de devoir rester
30:50pendant des heures
30:51aux urgences
30:51ou d'être mis sur un brancard
30:53mais au minimum
30:53vous y êtes soigné
30:54en justice
30:55vous arrivez
30:56avec une blessure
30:57extrêmement grave
30:58on vous dit
30:58on verra
30:59aujourd'hui
31:00je reçois des convocations
31:01les gaz
31:02pardon
31:02et chère madame
31:03avec marqué
31:04l'affaire sera plaidée
31:06en 2029
31:07et c'est souligné
31:08et indiqué
31:09entre parenthèses
31:10il s'agit bien
31:10de 2029
31:11et non pas d'une erreur
31:13c'est la greffière
31:14qui l'écrit
31:14dans 3 ans
31:15dans 3 ans
31:15c'est-à-dire que vous avez
31:16donc là c'est le désespoir absolu
31:18alors on fait du shopping judiciaire
31:20c'est-à-dire que
31:20si moi j'ai la possibilité
31:21d'aller devant un autre tribunal
31:22en fonction des règles de compétence
31:24où je sais que les délais
31:25vont être de 2 ans plus courts
31:27je vais encombrer
31:28un autre tribunal
31:29en espérant de passer
31:31en 2027
31:31plutôt que 2029
31:32alors vous voyez
31:33cette affaire 2029
31:34je vais la retirer
31:35et puis je vais recommencer ailleurs
31:37pour être sûr
31:38d'avoir une date plus rapprochée
31:39vous citez même
31:39une autre aberration
31:40de la justice
31:41c'est page 45
31:42un avocat parisien découvre
31:43que la chambre de l'instruction
31:44chargée de statuer
31:45sur cette voie de recours
31:47avait avant même
31:48qu'il ne plaide
31:48rédigé son arrêt
31:49l'avait signé
31:50et post-daté
31:51confirmant la décision
31:53du premier juge
31:54c'est extraordinaire
31:56pour gagner du temps
31:59c'est un de mes confrères
32:00qui l'a trouvé
32:01parce qu'il est allé
32:02consulter le dossier
32:02avant l'audience
32:03donc l'appel
32:04d'une décision
32:05d'un juge d'instruction
32:06il est allé consulter
32:07le dossier
32:08comme on le fait
32:08juste avant l'audience
32:09pour voir s'il n'y avait pas
32:09des choses qui ont été rajoutées
32:10à la dernière minute
32:11et là il découvre
32:12que la décision
32:13sur laquelle il va plaider
32:14est déjà rendue
32:15le jugement est rendu
32:16signé
32:16et signé
32:17donc vous dites
32:18mais c'est une farce
32:20c'est une
32:21comment dire
32:22quelle est la raison
32:22de cette énormité
32:23un gain de temps
32:24un gain de temps bien sûr
32:25flemme
32:26voilà
32:26et puis de la même façon
32:28qu'ensuite vous attendez
32:28un jugement pendant un an
32:30parce qu'il faut
32:31qu'en réalité
32:31les trois juges
32:32qui ont été présents
32:32le jour de l'audience
32:33plus le bon
32:34ou la bonne greffière
32:35soient présents
32:35pour co-signer
32:37et donc
32:37alors qu'on a
32:39pardonnez-moi
32:39inventé quand même
32:40la signature électronique
32:41de trois éléments
32:42qui permettraient
32:42a priori
32:43de ne pas être obligés
32:44d'attendre
32:44le moment
32:45où par hasard
32:46dans le calendrier
32:47ils vont être réunis
32:47alors que l'un d'entre eux
32:48a été nommé
32:49éventuellement
32:50à la cour d'appel d'Amin
32:50entre temps
32:51ou ailleurs
32:52et donc vous attendez
32:53votre jugement
32:54pendant un an
32:54ce sont des histoires humaines
32:56pourtant
32:56et ces gens sont des humains
32:57qui devraient eux-mêmes
32:58être conscients
32:59de ce qu'il se passe
33:00il y a procédure
33:01dans ces cas-là
33:01ou non ?
33:02votre confrère
33:02qui abuse ce jugement
33:04heureusement
33:04il l'a fait annuler
33:05ensuite
33:05mais alors
33:05c'est deux ans
33:07donc vous expliquez
33:08à votre client
33:09que oui
33:10on aura gain de cause
33:11mais dans deux ans
33:12on repart sur 24 mois
33:13d'élits supplémentaires
33:14parce qu'un juge
33:15a volontairement
33:16j'allais dire
33:16contourné
33:17le protocole
33:18mais comme je vous disais
33:18tout à l'heure
33:19quand j'ai été divorcé
33:19quatre fois dans ma vie
33:20mes clients ont perdu
33:22huit mois à peu près
33:22en moyenne
33:23pour être réellement divorcé
33:24ce que je trouve
33:25totalement délirant
33:26un employé
33:27ou un employeur
33:28qui est au prud'homme
33:28aujourd'hui
33:29il en prend pour
33:29trois ou quatre ans
33:31c'est inhumain
33:32que vous soyez
33:32en train de demander
33:33des heures supplémentaires
33:34que vous soyez l'employeur
33:36abusivement poursuivi
33:37pour tel ou tel
33:38sort net
33:38peu importe
33:39vous êtes un petit commerçant
33:40qui avait un vendeur
33:42ou une vendeuse
33:42qui vous accuse
33:43je ne sais trop quoi
33:44pendant quatre ans
33:45vous avez ça
33:45comme
33:47au-dessus de la tête
33:48comme épée de Damoclès
33:49dans votre comptable
33:50vous demande de provisionner
33:51vous payez des frais d'avocat
33:52et vous avez pendant
33:53quatre ans
33:54éventuellement
33:54l'attente de quelque chose
33:55quel que soit
33:56le côté de la barre
33:57encore une fois
33:57c'est ce manque d'humanité
33:59qui me semble
33:59le plus cruel
34:00et qui est lié
34:02véritablement
34:02à une absence
34:03d'engagement
34:03on a l'impression
34:04que c'est comme si
34:05ces magistrats
34:06appartenaient à un autre monde
34:07moi il y a des jours
34:08où on me dit
34:09il vaudrait mieux
34:10qu'ils ne soient pas
34:10remplacés par des robots
34:11je me pose la question
34:12je n'aimerais pas
34:13une justice inhumaine
34:14et en même temps
34:15la justice humaine
34:16aujourd'hui
34:16elle me fait peur
34:17il est effectivement
34:18des situations
34:19on se demande
34:19s'il n'est pas
34:20sur une autre planète
34:21je reçois
34:21maître Emmanuel Piera
34:22livre noir
34:23de la justice
34:24aux éditions
34:25aux faillards
34:25les coulisses d'une faillite
34:27on continue encore
34:27l'émission
34:28bien sûr Rémin
34:28Emmanuel Piera
34:30met les pieds dans le plat
34:31il dénonce une justice française
34:32en pleine descente aux enfers
34:33et des magistrats
34:34hors sol
34:34très loin des réalités
34:35des français
34:36et de leurs attentes
34:36face à la justice
34:37alors pour vous
34:38qui nous écoutez
34:38les magistrats
34:39rendent des décisions
34:41mais selon vous
34:41rendent-ils suffisamment
34:43de comptes
34:43appelez-nous
34:44au 0826 300 300
34:46et dites-nous
34:47ce que vous en pensez
34:55Vous êtes bien sûr
34:57sur le sud radio
34:57il est 13h46
34:58je reçois
34:59maître Emmanuel Piera
35:00auteur du livre noir
35:00de la justice
35:01les coulisses d'une faillite
35:02aux éditions Fayard
35:03avec lui depuis 45 minutes
35:04nous dressons
35:05ce tableau apocalyptique
35:06de la justice française
35:07tout en rappelant
35:08que la majorité
35:10des magistrats
35:10sont des honnêtes
35:12fonctionnaires
35:12compétents
35:13et courageux
35:14et qui font leur métier
35:15avec passion et dévotion
35:17qu'il y a encore
35:18des juridictions
35:18et des tribunaux
35:19qui fonctionnent bien
35:19mais que le nombre
35:20de dysfonctionnements
35:21que le nombre
35:22de défaillances
35:23est très inquiétant
35:24parce que nous sommes
35:25dans la république française
35:26et qu'un grand pays
35:27de cette nature
35:28ne peut pas se permettre
35:29d'avoir une autorité judiciaire
35:31comme l'a qualifié
35:32le général de Gaulle
35:33d'aussi défaillante
35:34et d'aussi faible
35:36maître Emmanuel Pierrin
35:38vous parlez de Jurassic Park
35:39à la fin
35:40alors vous dites
35:41il y a un espoir
35:42il faudrait un grand
35:42big bang
35:43on conclura là-dessus
35:44Jurassic Park
35:45c'est-à-dire
35:45c'est pas seulement
35:46le fonctionnement
35:47c'est les bâtiments
35:48c'est les...
36:02pour que le télétravail
36:03puisse être organisé
36:04depuis le travail
36:06c'est-à-dire qu'en gros
36:07les ordinateurs
36:07ne pouvaient travailler
36:08à distance
36:09que si vous étiez
36:09au tribunal
36:10vous voyez
36:11c'est une conception
36:11particulière
36:12donc on a investi
36:136 à 7 milliards
36:14c'est celle-là
36:15que Madame Belloubet
36:16qui était garde des Sceaux
36:17a été grandiose
36:18jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive
36:19qu'on finançait
36:20le fait de travailler
36:21à son bureau
36:21sur un ordinateur
36:22ce qui paraît
36:23quand même
36:24le minimum
36:25de technologie
36:26mais que pouvoir travailler
36:27depuis chez soi
36:27et rendre des décisions
36:28était impossible
36:29le système
36:30n'avait pas été pensé pour
36:31et pour des raisons
36:32paraît-il aussi de sécurité
36:33alors moi je pense
36:34que dans d'autres métiers
36:35on arrive à télétravailler
36:36malgré des choses dangereuses
36:37des informations sensibles
36:40heureusement
36:40la police y arrive
36:41des tas de services
36:42de recenseignement
36:43le font
36:43mais la justice
36:44visiblement
36:44en était incapable
36:46quand vous allez
36:46dans un commission de police
36:47et que vous déposez plainte
36:49vous avez ce sketch
36:50absolument ahurissant
36:51où il y a deux ordinateurs
36:52un écran qui est allumé
36:54pour l'officier de police judiciaire
36:55et un autre écran
36:56qui ne s'allume pas
36:56en même temps
36:57pour que vous suiviez
36:57la retranscription
36:58de ce que vous dites
36:59et il est impossible
37:00aujourd'hui
37:01à la carte actuelle du système
37:02partout en France
37:02de faire fonctionner
37:04les deux écrans
37:04en même temps
37:04donc il y en a un qui tape
37:05et ensuite il doit éteindre
37:07et l'autre ensuite
37:08peut rallumer
37:08lire ce qui a été tapé
37:10qu'il vient de dire
37:11pour pouvoir signer
37:12et donc vous passez
37:13deux heures de plus
37:14juste parce que le système
37:15est pensé bêtement
37:16je termine sur l'immobilier
37:17parce que pour moi
37:18c'est quelque chose
37:19qui montre
37:19que le problème du budget
37:21on pourrait augmenter
37:22le budget
37:22évidemment
37:23mais pourquoi faire
37:24si c'est pour construire
37:25comme on l'a fait à Paris
37:26un nouveau palais de justice
37:27qui a coûté 6 milliards d'euros
37:29que l'on loue à Bouygues
37:31donc l'entreprise d'immobilier
37:32dans ce qu'on appelle
37:33un partenariat public-privé
37:35c'est-à-dire qu'on paye
37:36pendant 30 ans un loyer
37:37à hauteur de 6 milliards
37:38à peu près
37:39l'équivalent
37:39au bout de 30 ans
37:40et dans 30 ans
37:40on sera propriétaire
37:41et ce bâtiment a été construit
37:43pour remplacer le palais de justice
37:44de l'île de la cité
37:45même quand on n'est pas parisien
37:46on voit où est Notre-Dame
37:47là ça ne s'appelle
37:48la conciergerie
37:49parce qu'au moment
37:50où on l'a décidé
37:51on n'avait pas pensé
37:53qu'Internet existait
37:53c'était il y a 6 ans
37:54et donc on pensait
37:56qu'il y avait trop de papiers
37:57et que le palais de justice
37:58était encombré
37:59par la masse de volume
38:00des papiers et des dossiers
38:01et en même temps
38:02nous dans les cabinets d'avocats
38:03on était tous mis
38:04comme partout dans la société
38:06à l'informatique
38:07et au numérique
38:08et voilà comment
38:09on a voulu continuer
38:10Madame Taubira
38:11que par ailleurs
38:11j'apprécie plus que vous
38:12Perico Olegasse
38:13mais je vous le dis
38:14à titre personnel
38:15je parlais des places de prison
38:16supprimées
38:17Madame Taubira
38:18qui était garde des Sceaux
38:19à l'époque
38:19pour des raisons
38:21x ou y
38:21m'a consulté parmi d'autres
38:22j'étais membre du conseil d'ordre
38:24du barreau de Paris
38:24et il nous a demandé
38:25combien ça coûterait
38:26de rompre le contrat
38:27avec Bouygues
38:2880 millions d'euros
38:29et il a dit
38:29mais je ne les ai pas
38:30dans la caisse
38:30et Bercy ne les donnera pas
38:31et donc on a continué
38:33un programme à 6 milliards d'euros
38:34qu'on aurait dû arrêter
38:35parce qu'on n'avait pas
38:3680 millions d'euros
38:37pour indemniser
38:37et voilà aujourd'hui
38:39comme un bâtiment
38:41existe
38:41alors il est ce qu'on voudra
38:42mais c'est surtout
38:43ce qui m'intéresse
38:44c'est l'île de la cité
38:45et bien on a la plus grande
38:46emprise immobilière vide
38:47appartenant à l'état
38:48de France
38:49qui est inoccupée
38:50on ne sait pas quoi en faire
38:51il y a 14 kilomètres
38:52de couloirs
38:52et bien voilà
38:54ça fait 6 ans
38:54c'est vide
38:55donc vous dites
38:56pourquoi donner
38:576 milliards de plus
38:58euros à la justice
38:59si c'est pour construire
39:00en permanence
39:00des nouveaux tribunaux
39:01et fermer sur tous
39:02ceux qui sont importants
39:03en province
39:04partout où on a fermé
39:06des tribunaux
39:06dans les petites villes
39:07ou dans les préfectures
39:08ou les sous-préfectures
39:08comme on ferme des postes
39:09comme on ferme
39:10des services publics
39:11essentiels
39:11et pour moi
39:12quand on doit traverser
39:13ou on doit prendre sa voiture
39:14pour faire 4 à 5 heures
39:16de route
39:16pour aller au tribunal
39:17c'est aussi inhumain
39:18quand on est
39:18on doit s'occuper de la tutelle
39:20de sa mère
39:20que les choses
39:21que de devoir aller
39:22dans un 15 kilomètres
39:24pour poster à envoyer
39:24ça fait partie des exaspérations
39:25des français
39:26nous avons Marc
39:26qui vous appelle de Béziers
39:27bonjour Marc
39:29oui bonjour Pirico
39:30bon qu'est-ce que vous pensez
39:31de la justice française
39:34aujourd'hui
39:34bonjour Maître Pierrot
39:36bonjour
39:36alors moi j'ai
39:38il y a un écho
39:39en ligne là
39:42on vous entend bien
39:43on vous reçoit bien
39:44bon
39:44très bien
39:45alors moi j'ai été
39:46c'est un
39:47je vais vous donner
39:48donner mon expérience
39:50encore du JAF
39:52deuxième
39:53des affaires familiales
39:55oui tout à fait
39:57alors effectivement
39:58déjà
39:59quand on est
39:59un honnête citoyen
40:01on ne s'imagine pas
40:02avoir affaire
40:02à la justice
40:03bon
40:04hélas
40:04des fois
40:05on y est confronté
40:07et en plus
40:07là quand on parle
40:08de JAF
40:09en ce qui me concernait
40:10c'était surtout
40:11pour le partage
40:12des droits
40:13de garde
40:14de l'enfant
40:14et donc on touche
40:15des choses
40:15qui sont hyper sentimentales
40:17hypersensibles
40:18et ça c'est encore plus dur
40:20quand on a affaire
40:21à une machine inhumaine
40:22comme celle-là
40:22quand encore on fait
40:23des bêtises
40:24pénalement
40:25on peut comprendre
40:26mais là
40:26quand on y est confronté
40:28parce que
40:28la vie
40:29la vie vous y a confronté
40:30c'est encore plus dur
40:32et puis alors
40:33moi
40:34l'expérience que j'en ai
40:36du juge
40:36des affaires familiales
40:37c'est que
40:39c'est souvent
40:40considéré
40:41comme un règlement
40:41alors quand on parle
40:42du partage
40:43de garde
40:44de l'enfant
40:44c'est souvent considéré
40:45comme un règlement
40:46de compte
40:46entre ex-conjoint
40:47ça doit certainement
40:48être le cas parfois
40:49mais en tout cas
40:50c'était pas le mien
40:51j'en veux pour preuve
40:52que lorsque ma fille
40:54a eu 9 ans
40:56il y a eu une enquête sociale
40:57et cette juge
40:58des enfants
40:58cette fois-ci
40:59qui me l'a confiée
41:00et là alors
41:00pour laisser une note positive
41:02sur la justice
41:03c'est que
41:04en fait
41:05tout ce que j'avais enduré
41:07la juge avait
41:08très bien fait son travail
41:09elle avait énormément
41:10étudié le dossier
41:11et j'avais l'impression
41:12qu'elle déroulait
41:13ma vie depuis la rupture
41:14où elle avait tout compris
41:16et enfin
41:16il y avait une justice
41:17mais pour autant
41:18il y a eu un problème après
41:21non
41:22non
41:22il y avait
41:23non non
41:23après
41:24l'enfant m'a été confié
41:25donc où avez-vous vu
41:26le délitement de la justice
41:27comme vous me le dites
41:28à quel moment
41:29ah ben c'est que
41:30j'ai eu des années
41:31à faire au JAF
41:32avant
41:33qu'un juge
41:35soit sédi
41:35par les services sociaux
41:36bien sûr
41:37et c'est un délai
41:38très long
41:40on sait pas
41:41comment ça fonctionne
41:41donc on s'en remet
41:42à l'avocat
41:43alors
41:44maître Pira
41:45est certainement
41:45très compétent
41:47il y a des avocats
41:48qui sont plus procéduriers
41:49que conseillers
41:51et donc
41:52ça c'est
41:53c'est un monde
41:54très ésotérique
41:55c'est insupportable
41:56et on comprend pas
41:58on sait pas
41:59ce qu'on a à faire
42:00ce qu'on doit faire
42:01je comprends Marc
42:03effectivement
42:03maître Pira
42:03qu'est-ce que vous répondez
42:04à Marc
42:04qui est effectivement
42:05des procédures
42:06qui sont
42:06des affaires familiales
42:08les affaires familiales
42:09sont partie des choses
42:10les plus quotidiennes
42:12enfin traditionnelles
42:12et pas quotidiennes
42:13on divorce pas tous les jours
42:14mais globalement
42:15on va dire que
42:1580% des français
42:16aujourd'hui
42:17rencontrent une affaire familiale
42:19dans leur vie
42:20les familles recomposées
42:21on se marie
42:22on se paxe
42:23on a des enfants
42:23on a un problème de garde
42:25même pour faire trancher
42:26une chose très simple
42:26parce qu'on a besoin
42:27fiscalement
42:28par exemple pour déclarer
42:29le fait qu'on verse une pension
42:31en théorie
42:31on a besoin d'un jugement
42:32d'une ordonnance
42:33sauf que ça prend
42:34effectivement
42:35entre 1 et 2 ans minimum
42:36même quand on est d'accord
42:38sur tout
42:38je trouve ça délirant
42:40là je suis en train
42:40de finir le divorce
42:41d'une de mes amies
42:43elle est d'accord
42:44avec son ex-mari
42:44la gamine a plus de 18 ans
42:46ils nous en s'en sommes
42:47à un an et demi
42:48pour faire ratifier
42:48les documents
42:49sur lesquels tout le monde
42:50est d'accord
42:51que fait la justice
42:52alors
42:53vous me direz
42:53c'est un divorce
42:54c'est à la fois grave
42:55et peu grave
42:56je dis ça
42:56parce que j'ai ouvert le livre
42:58sur
42:59quand j'étais en train
42:59de rédiger
43:00je l'ai ouvert
43:01entre guillemets
43:02sur les premières pages
43:02sur l'affaire Liana
43:04parce que là
43:04on ne me parlera pas
43:05d'un manque de moyens
43:06quand il faut un mois
43:07pour signaler
43:08un assassin
43:09péno-criminel
43:10qui présomit innocent
43:11par un magistrat
43:12un autre magistrat
43:13dans un autre département
43:14et qu'une gamine en meurt
43:16on l'a touché du doigt
43:17vous avez là touché
43:18quelque chose
43:18qui ne relève plus
43:19de l'ordre du budget
43:20mais qui relève vraiment
43:22de ce que j'indique
43:23l'aberration
43:23l'aberration
43:24la faillite morale
43:24l'abandon complet
43:25le sens simplement
43:27du devoir
43:27alors pour conclure
43:29pour conclure
43:29on arrive hélas
43:30à la fin de cette émission
43:31mais vous reviendrez
43:32Maître Emmanuel Pira
43:33il y a Chantal
43:33qui nous appelle
43:34de Bastia
43:35et qui vous pose
43:36la question fatidique
43:39bonjour Chantal
43:41oui bonjour
43:42vous avez une question
43:45très précise
43:46à poser
43:48à Maître Emmanuel Pira
43:49on vous écoute
43:50bon déjà
43:50il y a un devoir
43:52de réserve
43:52chez les fonctionnaires
43:53qu'on soit syndicaliste
43:55ou pas
43:55parce que moi
43:56je suis fonctionnaire
43:57j'ai été syndicaliste
43:58et il y a quand même
44:00un devoir de réserve
44:00bon ça c'est une parenthèse
44:02Chantal il nous reste
44:03très peu de temps
44:03je voudrais que vous
44:04posiez votre question
44:04directement
44:05il s'agit de l'intelligence
44:06artificielle
44:08voilà exactement
44:08je pense qu'il y a des
44:10il y a des choses
44:11sur lesquelles on pourrait
44:12utiliser l'intelligence
44:13artificielle
44:14pour rendre des jugements
44:15on juge un fait
44:18et pas toujours une personne
44:19là on est en train
44:21de faire
44:21de trouver des circonstances
44:23atténuantes
44:23à tout le monde
44:24à qui on donne
44:26on a compris
44:27Chantal je suis désolé
44:28je suis obligé d'écourter
44:29je veux la réponse
44:30de maître Pierrin
44:30est-ce que l'intelligence
44:31artificielle
44:32peut être une partie
44:33de la solution
44:34pour les défaillances
44:35de la justice
44:35une partie en même temps
44:35elle est très dangereuse
44:36pour plein de raisons
44:37d'abord elle invente
44:38aujourd'hui des solutions
44:40judiciaires qui n'existent pas
44:40elle vous invente
44:41des jugements
44:42pour faire jurisprudence
44:43et quand vous vous posez
44:44la question comme avocat
44:45je l'utilise moi évidemment
44:46et je lui demande
44:47quelle fiabilité
44:48accordes-tu à ta réponse
44:5130%
44:51vous voyez
44:53donc j'ai de quoi
44:54être effrayé
44:54non il faut surtout
44:55être très prudent
44:57améliorer évidemment
44:58les moyens numériques
44:59cette règle c'est extrêmement
45:00important
45:00la justice en est très très loin
45:01simplement d'être à jour
45:03je parle même pas de l'IA
45:04je parle simplement
45:05d'être à jour
45:05mais par ailleurs
45:07l'humanisation
45:08la caractérisation
45:09l'individuation
45:10de chaque dossier
45:10me semble capital
45:12sinon alors on vire
45:13tous les fonctionnaires
45:14on vire tout le monde
45:15et on achète un ordinateur géant
45:16dans lequel on rentre
45:17les données de chacun
45:18et ça serait le contraire
45:19de ce que l'on cherche
45:20et bien vous reviendrez
45:22nous en parler
45:23merci
45:23merci maître Emmanuel Pira
45:24pour ce témoignage
45:25et cet ouvrage
45:26le livre noir de la justice
45:28les coulisses d'une faillite
45:29chez Fayard
45:30merci également à Christophe Boutin
45:31politologue
45:32et Arthur Pouliken
45:33essayiste et docteur en sciences politiques
45:34qui était avec nous
45:35un petit peu plus tôt
45:36à suivre
45:37sur Sud Radio
45:38Brigitte Laé
45:39merci à demain
45:39merci à tous
45:39merci à tous
45:40– Sous-titrage FR 2021