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Les meilleurs moments de l'antenne de RMC commentés par Estelle Denis et toute sa bande.
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00:00Est-ce qu'elle midi ? Le zapping RMC.
00:04Et on démarre ce zapping avec un extrait des grandes gueules ce matin sur RMC.
00:08Les casseurs sont nécessaires.
00:10Ce sont des propos de Mathieu Kassovitz, l'invité des GG ce matin.
00:14Ces propos vous choquent-ils ?
00:15L'acteur réalisateur est revenu sur les scènes de pillage et de violence survenu le samedi 17 octobre.
00:20Écoutez.
00:22Les casseurs sont nécessaires.
00:24Ah oui, mon Dieu.
00:25Malheureusement.
00:26Donc alors la violence est légitime.
00:27Les casseurs sont nécessaires parce que les gouvernements ne comprennent que la force.
00:31Et malheureusement, si encore une fois, on revenait à la base des problèmes, au lieu de crier sur les symptômes.
00:40Si on revenait à la base de dire pourquoi ces jeunes étaient fâchés ?
00:43Pourquoi c'est parti en couille comme ça ?
00:45Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:46Il s'est passé que pendant une semaine, ils ont vu des mômes se faire défoncer par des flics sans
00:51aucune raison.
00:52Moi, je ne mets pas le truc sur les flics.
00:55Les flics, ils suivent des horreurs.
00:56Ça vient de là-haut.
00:57C'est le gouvernement qui a décidé, quand il a vu des jeunes se révolter pour pouvoir avoir une éducation
01:04normale,
01:05de dire qu'on va leur tirer dessus à coups de grenade.
01:09Baptiste Démontier, les casseurs sont nécessaires.
01:11Est-ce que vous êtes choqué par ces propos de Mathieu Kassovitz ?
01:13Je ne suis pas d'accord.
01:13Je ne suis pas d'accord avec ces propos.
01:15Je suis d'accord avec quasiment tout ce qu'il a dit derrière.
01:17Juste cette première phrase, elle me gêne.
01:18Elle me gêne.
01:19Je suis éminemment...
01:20Il a évidemment raison sur le rapport de force.
01:23Le rapport de force ne peut pas être incarné uniquement par les casseurs.
01:25Les casseurs décrédibilisent, de mon point de vue, décrédibilisent le rapport de force.
01:30C'est-à-dire que combien de temps on a passé tous à commenter les violences et les pillages, etc.,
01:35et à ne pas s'intéresser à l'ampleur de la manif.
01:37C'est quand il y a eu moins de dégradation sur le deuxième week-end qu'on a commencé plus
01:41à parler des revendications.
01:42Donc oui, il a raison sur le rapport de force.
01:46Que le rapport de force soit incarné par des gens qui pètent des vitrines et qui pillent des magasins
01:50et qui foutent à terre des petits entrepreneurs et des gens.
01:52Non, non, ce n'est pas possible.
01:54Ce n'est pas possible.
01:54Que le rapport de force soit intense...
01:56Donc ils ne sont pas nécessaires alors ?
01:57Pardon ? Non.
01:58Ils ne sont pas nécessaires ces casseurs.
01:59Évidemment.
01:59Les casseurs ne sont pas nécessaires.
02:01Que le rapport de force soit très important, avec des gens dans la rue, avec des blocages,
02:06avec des grèves, avec des choses comme ça, qui vont me pourrir la vie à moi aussi,
02:09qui vont tous nous impacter.
02:11Oui, là je suis d'accord.
02:12Mais en revanche, les dégradations, ça sert à quoi ?
02:14Ça sert juste à détourner...
02:16Enfin, ça a pour conséquence de détourner l'œil des médias et des gens
02:20des réelles problématiques pour focaliser sur des débats nauséabonds bien souvent.
02:27Et vous voyez très bien à quoi je fais référence.
02:28C'est-à-dire, on en arrive à se dire, tiens, qui est en France ?
02:31Qui sont ces casseurs ?
02:32Au lieu de se poser la question de quelle est vraiment la problématique.
02:35Hélène Gabé, alors vous, vous êtes de toutes les manifestations.
02:39Vous avez forcément vu énormément de manifestants et aussi quelques casseurs.
02:43Est-ce que vous jugez aujourd'hui que, pour se faire entendre, il faut casser ?
02:47Je pense qu'il faut simplement observer ce qui s'est passé.
02:49Le lendemain du 17 octobre, on a une prise de parole de Macron qui s'était tue depuis le début
02:53sur les revendications lycéennes.
02:54On a les syndicats qui sont reçus par Emmanuel Macron et par le gouvernement
02:58qui organisent des grandes concertations, qui lâchent 5 milliards.
03:02Donc en fait, c'est triste.
03:04Mais quand on entend ça, on se pose la question.
03:05Et on a des milliers de commerçants qui se retrouvent à mettre la clé sous la porte pendant une semaine.
03:10Moi, évidemment, je ne soutiens pas ça.
03:13Mais quand j'observe, je me pose la question.
03:17Quand j'observe ce qui s'est passé, simplement la chronologie.
03:19On ne peut pas réussir une manifestation et réussir à avoir quelque chose sans casser.
03:23L'objectif d'une manifestation, c'est d'instaurer un rapport de force avec le gouvernement.
03:26Un rapport de force dans l'opinion, un rapport de force dans la rue.
03:29Mais celui qui est impacté, ce n'est pas le gouvernement, c'est les commerçants.
03:32Tu as bien vu que le lendemain du 7 octobre, ils nous envoyaient aux portes de Paris.
03:36Pour justement amoindrir le risque d'un rapport de force.
03:39Et ça s'est bien passé.
03:40Mais dans deux semaines, ils vont nous envoyer à Melun.
03:42Comme ça, il n'y aura plus de rapport de force.
03:44Et pourquoi pas ?
03:44Mais ce n'est pas l'objectif d'une manifestation.
03:45Par contre, vous allez manifester à Melun.
03:46Mais je n'ai pas dit le contraire.
03:47Mais quand je parle de Melun, je parle des gens.
03:49Il y a le RERD.
03:49Évidemment, j'adore Melun.
03:50J'adore les Melunois.
03:53Les habitants de Melun.
03:55Mais ce que je veux dire, c'est que l'objectif d'une manifestation, c'est d'abord d'instaurer
03:59un rapport de force.
03:59L'objectif d'une grève, c'est pareil.
04:01Pour les Melunais.
04:01C'est pareil.
04:02Je les embrasse.
04:03Mais ce que je te dis, c'est que le rapport de force, voilà.
04:17Et on embrasse les Melunais et les Melunaises.
04:19Évidemment.
04:20Juliette Briens, est-ce que vous êtes choquée par ce genre de propos ?
04:25Je ne suis plus choquée.
04:26Ça ne m'étonne pas du tout.
04:27En réalité, la violence dans les rues, je vois qu'elle est relativisée tout le temps et partout.
04:32Et je l'entends très bien.
04:34Il y a peu de gens qui l'expriment aussi clairement et honnêtement que Mathieu Kassovitz.
04:38Mais en réalité, cette petite musique, on l'entend très bien.
04:41Elle est relativisée.
04:42Le rapport de force, etc.
04:44En fait, on nous parle de français, de mouvement français, de solidarité.
04:48Il n'y a zéro solidarité, en fait.
04:49Les commerçants, ils peuvent crever.
04:50Ils peuvent crever parce que vous voulez qu'on augmente le SMIC de 100 euros.
04:53Donc, les commerçants, eux, ils peuvent crever.
04:54Ça fait quatre semaines qu'ils ne peuvent pas ouvrir leur magasin.
04:58Pour ceux qui ne se sont pas fait tout défoncer le 17.
05:00Et vous n'en avez rien à faire de ces gens.
05:03Parce qu'en fait, ils vivent les mêmes crises que vous.
05:05Ils ont les mêmes problèmes de pouvoir d'achat que vous.
05:07Mais vous n'en avez absolument rien à faire.
05:09Et la violence envers eux, elle est relativisée.
05:11Et la violence envers les flics, elle est relativisée.
05:13Et elle est relativisée constamment.
05:15Parce que les flics, ils se font agresser à coup de coquet de molotov.
05:19Rien qu'il y a deux jours, là, on a vu des mecs qui prenaient feu.
05:22Ils sont épuisés par deux ans de manifs gauchistes constantes qui finissent toujours.
05:26Et excusez-moi, je ne mets pas les manifestants dans le même sac.
05:30Mais toutes les manifs de gauchistes finissent dans le même état d'un pays.
05:33Elles finissent en casse.
05:34Mais si !
05:35Mais si !
05:36Ça ne veut pas dire que tous les manifestants cassent.
05:38C'est-à-dire que tous les manifestants, toutes les manifestations à l'origine,
05:41qui sont menées par toujours les mêmes,
05:44que ce soit les syndicats ou les partis de gauche,
05:47elles finissent en caillasse.
05:50Pendant les gilets jaunes, ce n'était pas que des gauchistes ou des syndicats.
05:54Mais qui est venu casser pendant les gilets jaunes ?
05:56Qui est venu casser ?
05:57Il n'y a pas 800 000 gauchistes dans la rue aujourd'hui.
06:00Il y a 800 000 Français.
06:01Mais moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
06:02Mais ça, c'est une erreur.
06:03Je ne suis pas d'accord avec ça.
06:04Je suis désolée.
06:06La colère, elle est partout.
06:08Et tout le monde n'est pas dans la rue aujourd'hui.
06:10Je suis désolée.
06:10Ne confondez pas ce mouvement avec l'ensemble des Français.
06:13La réalité, c'est que la violence...
06:15Si on ne casse rien, on n'obtient rien.
06:16On n'en trouve ça.
06:17Mais c'est relativisé en permanence.
06:22Le petit discours, il est présent sur tous les plateaux.
06:25C'est dit à demi-mot.
06:26Mais oui, c'est relativisé.
06:28Et les violences, elles ont commencé jour 1 du mouvement lycéen.
06:33Jour 1, il y avait des poubelles qui brûlaient.
06:36Avec Bagayoko qui dansait autour.
06:38Bien sûr que si le lycée Nelson Mandela de Nantes,
06:42il a été brûlé par trois étudiants de l'école.
06:45Ce n'est pas les Black Blocs.
06:46Ce n'est pas des forces extérieures, etc.
06:48C'est trois étudiants d'un lycée qui a été flambant neuf
06:50et qui avait coûté 50 millions
06:52et qui sont allés brûler leur lycée alors que c'était des privilégiés.
06:55Donc, je suis désolée.
06:57Cette violence n'est pas légitime en aucun cas, jamais.
07:00Il n'y a pas de force qui compte.
07:02C'est dans les urnes.
07:02Est-ce que tu peux me citer une avancée sociale
07:04qui a été obtenue sans rapport de force ?
07:06Une seule en France.
07:07Mais il n'y en a jamais eu.
07:08C'est comme ça qu'on obtient nos conquêtes sociales.
07:10Il y a des avancées sociales avec la classe bourgeoise.
07:12Sans violence, il y en a énormément.
07:13Laquelle, par exemple ?
07:14Dans l'histoire de France, les droits, les nouveaux droits,
07:16la révolution, elle s'est faite avec des petits bisous.
07:18Mais la révolution.
07:19Le droit des femmes, il a été fait avec des...
07:20C'est une dernière révolution.
07:22Ce n'est pas ce que j'ai dit, mais ce que je dis,
07:24c'est que si tu veux gagner des acquis sociaux...
07:26Ça ne m'étonne pas que tu sois pour la terreur.
07:28Avec la classe bourgeoise, je suis désolée.
07:30Ceux qui sont dans la rue, ce n'est pas des bourgeois,
07:31c'est des pauvres.
07:31On n'aspire pas tous à la terreur en France.
07:35Les commerçants ne sont pas très riches.
07:36Je n'ai pas dit le contraire, mais ce que je dis,
07:38c'est que les pauvres qui sont dans la rue,
07:39ils n'obtiendront rien, rien des ultra-riches,
07:41rien de la classe bourgeoise en haut,
07:42s'ils n'instaurent pas un rapport de force.
07:43C'est comme ça en France.
07:46Je n'ai pas dit qu'il fallait s'attaquer aux commerçants.
07:48Évidemment que je ne s'attache pas le fait
07:50de s'attaquer aux commerçants.
07:51La violence, elle doit s'exercer pour quoi ?
07:53Mais on peut discuter du comment est-ce qu'on instaure
07:55un rapport de force, mais le constat est clair,
07:57on doit instaurer un rapport de force.
07:59Oui, mais pas de violence.
08:00Un rapport de force, mais pas de violence.
08:01Tu peux faire un rapport de force avec de la grève,
08:03mais tu vas me dire que la grève, elle est violente
08:05parce qu'elle casse les profits du petit bourgeois.
08:07Donc si, c'est toujours un rapport de force.
08:09Tu le dis, le petit bourgeois, on s'en fout.
08:12On s'en fout, on peut aller lui péter sa barraque.
08:15On peut aller brûler son jardin.
08:16Ce n'est pas violent le fait que les milliardaires s'engraissent
08:18quand les pauvres dans la rue crèvent de faim.
08:20Le petit bourgeois, ce n'est pas un milliardaire, Ilan.
08:21Ce n'est pas la même chose.
08:23Le petit bourgeois, c'est le notaire, le médecin de campagne.
08:26Il a personne n'est entendu dans ce pays.
08:28Tu crois que moi, à droite, je me sens entendue ?
08:30Je ne me sens pas entendue du tout.
08:31Je ne vais rien brûler.
08:33Tu crois que c'est qu'en faisant des petits bisous
08:34que tu vas avoir des droits ?
08:35Je ne fais de petits bisous à personne.
08:37Mais je ne légitime pas la violence dans la rue.
08:39Ce n'est pas ce que je dis.
08:40Ce que je dis, c'est qu'il faut un rapport de force.
08:42Et que ce rapport de force part parfois par la violence.
08:44Oui, mais un rapport de force, ça peut être un débat.
08:46Mais je n'appelle pas à la violence, évidemment.
08:48Mais c'est pareil.
08:49Je n'appelle pas à la violence.
08:50Mais moi, ce que je dis, c'est qu'en France,
08:51c'est un rapport de force.
08:52Ce rapport de force peut évidemment passer par la grève.
08:54Puisque la grève est une forme d'instauration.
08:57Mais ça ne casse pas les vitrines de la grève.
08:58Mais non, ça ne casse pas les vitrines.
08:59La SNCF, ils obtiennent plein de choses en faisant grève,
09:00mais ils ne cassent pas des trains.
09:02Ils obtiennent plein de choses.
09:03Mais sérieusement, regarde.
09:04Tu as vu là-haut ce qu'ils ont fait ?
09:05Ils ont augmenté de 5 centimes les vacations de nuit, 5 centimes.
09:09Il n'y a jamais eu de conquête sociale sans rien.
09:12Je vais te recentrer un tout petit peu le débat.
09:14La question, c'est est-ce que les casseurs sont nécessaires ?
09:16Je ne crois pas.
09:17Et je ne pense pas que les quelques avancées,
09:18les prises de parole d'Emmanuel Macron,
09:20la prise de conscience de la classe politique
09:22soient dues uniquement à toutes ces dégradations inadmissibles.
09:25Pourquoi elle n'a pas eu lieu avant ?
09:27Il y a aussi du monde dans la rue.
09:29Donc moi, dans un monde rêvé,
09:31et Ilan, je suis d'accord avec toi sur beaucoup de points,
09:33notamment sur l'histoire de la France,
09:36l'histoire de la Révolution, l'histoire des avancées sociales
09:38qui se passent dans une forme de violence sociale.
09:41Il faut bien différencier la violence sociale,
09:43le blocage, les manifestations,
09:45descendre dans la rue et péter des vitrines pour piquer des choses.
09:48Ça n'a rien à voir.
09:49Et encore une fois, on parle beaucoup trop.
09:51Et je suis en totale empathie.
09:53Le lendemain, j'étais avec mon salarié,
09:54je disais, imagine, ça m'arrive.
09:55Moi, ça me serait arrivé, mais c'est terminé.
09:58Je viens d'ouvrir mon local,
09:59j'ai 25 000 balles de matériel à l'intérieur,
10:01j'ai un camion à 35 000 euros à l'extérieur,
10:02ça m'arrive, c'est fini.
10:03Je ne me relève pas.
10:05Et si tu étais sur le chemin de la manie, ça t'arriverait.
10:07Ça n'aurait rien à faire de toi.
10:08Deux secondes, je ne me relève pas si ça m'arrive.
10:12Ça, c'est inadmissible.
10:13Mais il n'empêche que s'il n'y a pas du monde dans la rue,
10:16beaucoup de monde dans la rue,
10:17des blocages, des grèves, etc.,
10:19Emmanuel Macron, il ne bouge pas une oreille.
10:21Mais on est tous d'accord.
10:23Mais tu n'es pas obligé de piller, c'est juste ça.
10:25Pour remettre l'église de Milibia,
10:27il y a le droit en France, il y a un droit de grève,
10:29même si ça dérange certains, ça embête certains quand il y a la grève.
10:31Il y a un droit de manifester.
10:35On peut débattre, d'ailleurs, de la liberté de manifester.
10:37Il y a des restrictions, etc.
10:39Mais il y a un droit de manifester, un droit de faire grève.
10:40Il n'y a pas de droit à la violence.
10:42Il n'y a aucune violence légitime.
10:44Ni au blocus.
10:45Surtout contre des gens qui sont fossiles, en fait.
10:47Comme il n'y a pas le droit à la révolte pour obtenir le droit de vote des femmes.
10:49Il n'y avait pas le droit à l'époque.
10:50Pourtant, ça a été fait et on a obtenu une avancée sociale qui est majeure.
10:53Par la mobilisation, la manifestation.
10:55Pas des pillages.
10:56Pas que.
10:57Ce n'est pas les pillages contre les féminisques.
10:59Les féminisques brûlaient des flics et cachaient des vitrilles.
11:02Tu crois que c'est des gentils qui faisaient des petits bisous pour avoir le droit de vote ?
11:04Arrête avec tes petits bisous.
11:07Ce que je suis en train de te dire, c'est que dans un monde de bisounours, on n'obtient
11:10rien.
11:11Mais rien.
11:12Macron, ça fait 10 ans qu'il est au pouvoir.
11:13On n'a rien obtenu avec les manifs de bisounours.
11:16Mais je ne suis pas sûre qu'on obtienne en pillant des magasins de sport.
11:18La preuve que si, regarde, le 17 octobre, le lendemain, il a fait une réunion.
11:21Il a lâché 5 milliards.
11:22Je ne crois pas.
11:22Ce serait donner trop d'importance.
11:25C'est trop de crédit à toutes ces personnes qui ont fait n'importe quoi et qui ont tout pété.
11:29Je vais leur donner trop d'importance.
11:30Je pense qu'il y a des milliers de personnes qui sont dans la rue.
11:33Et oui, c'est vrai que la concomitance, c'est ça brûle de partout.
11:37Et le patron, il sort de l'Elysée et il dit ok, je prends la parole.
11:40Évidemment qu'on peut se dire tiens, ils ont tout pété, c'est grâce à ça.
11:42Je ne crois pas.
11:43Je crois qu'il y avait beaucoup de gens dans la rue.
11:44Il y a une grogne qu'il ne pouvait plus ignorer.
11:47Je pense que c'est grâce au rapport de force, justement.
11:49Et que c'est une forme de rapport de force qui n'est pas souhaitable, évidemment.
11:52Le Morning RMC ce matin.
11:53Les étudiants pourront-ils passer leurs exams ?
11:55Des partiels reportés sans date.
11:57Des campus toujours fermés.
11:58Les 7 semaines de mobilisation ont des grosses conséquences sur certains étudiants
12:03qui, eux, veulent travailler.
12:04Et ça met en colère Pernelle Richardot, sénatrice du Barin.
12:09Je veux que les présidents d'universités prennent leurs responsabilités.
12:12Les campus sont sous leur responsabilité qu'ils puissent discuter avec les doyens
12:18et les représentants des étudiants et que chacun agisse en responsabilité.
12:24Ce n'est pas responsable de bloquer les examens.
12:26Ça veut dire qu'on ne donne plus de crédit au vote,
12:29qu'on ne donne plus de crédit définitivement au dialogue républicain.
12:33Moi, je suis désolée, je crois encore dans ces valeurs.
12:37Et donc il faut, et ça c'est de la responsabilité du gouvernement,
12:40c'est de la responsabilité des présidents de l'université de reprendre le dialogue.
12:44Les élus locaux le font, ça fonctionne.
12:47Il faut débloquer les campus.
12:50Alors Hélène Gavet, vous êtes en master de droit.
12:52Vous allez passer vos examens à la fin de l'année ?
12:54Alors moi, ce n'est pas à la fin de l'année, c'est à la fin de l'année
12:56civile.
12:59Non, même pas en janvier, en décembre, normalement.
13:01Et en fait, nous, on a des examens blancs, normalement, au milieu du semestre,
13:04donc là, dans une semaine.
13:06Vous n'avez pas beaucoup bossé, quoi ?
13:07Alors si, quand même, j'ai été gentil, mais un petit peu quand même.
13:10Ok, ok, d'accord.
13:11Vous ne faites pas que manifeste, je veux dire.
13:13Tu sais qu'on a des cours en distanciel, c'est l'enfer.
13:16Mais bien sûr que si, en bas, moi, je ne suis pas...
13:19Et les TD, pardon, les TD, parce que pour ceux qui ne savent pas,
13:21il y a des cours obligatoires et pas en distanciel.
13:23Oui, en distanciel, là, c'est un BGTD en distanciel, c'est un peu l'enfer.
13:26Mais on fait comme on peut.
13:27Et puis, de toute façon, les mobilisations, elles sont votées.
13:30C'est-à-dire que nous, on a eu un vote dans notre fac,
13:31qu'il y a 500 personnes qui ont voté pour la poursuite ou l'arrêt du blocage.
13:34On a voté la poursuite.
13:36Mais vous n'êtes pas inquiets pour la suite de vos études ?
13:38Si, quand même.
13:39Mais ce que je veux dire, c'est que cette inquiétude,
13:41je la tempère par le travail.
13:43C'est-à-dire que quand je rentre chez moi,
13:44au lieu d'aller regarder la télé, je bosse mes cours.
13:47Tu ne fais pas que je cassais des vitrines, quoi, en fait.
13:49Je ne casse pas de vitrines.
13:50C'est une blague, évidemment.
13:51Non, mais je préfère le rappeler, voilà.
13:53Il ne casse pas de vitrines.
13:54Moi, je ne suis pas civil.
13:55Vous avez vu, j'ai un petit pull rouge.
13:56Je vais aller en manif avec mon plus de rose.
13:57Exactement, et c'est très bien.
13:59Juliette Briens, est-ce qu'à un moment,
14:01il faut laisser, en tout cas, les étudiants
14:03qui nous souhaitent aller bosser à la fac,
14:05aller passer leurs examens ?
14:07Mais ça devrait être le cas depuis le jour 1 ?
14:09Ma vision des choses, c'est que ça devrait être le cas depuis le jour 1.
14:12On est faiblard dans ce pays.
14:15On a laissé des lycées et des facs se faire bloquer,
14:17alors que c'est illégal.
14:19Encore une fois, solidarité à demi-mesure.
14:22C'est-à-dire qu'en fait, les lycéens manifestent pour leurs droits.
14:28Non, mais en fait, il y en a qui veulent aller bosser.
14:29Il y en a qui veulent aller en cours.
14:31Et personne n'en a rien à foutre de ces gamins.
14:33Rien à faire de ceux qui veulent aller en cours,
14:35qui veulent travailler, qui regardent vers l'avenir
14:37et qui veulent passer leurs examens,
14:39qui ont la rage de réussir
14:40et qui n'ont jamais bloqué un lycée de leur vie.
14:43Eux, ils souffriront des mêmes lacunes,
14:46des manques d'heures qu'on leur a totalement imposées
14:49et que l'État n'a pas pu garantir pour eux.
14:52Est-ce que ça ne va pas, Baptiste Desmontiers,
14:54accroître les inégalités ?
14:55Finalement, vous avez des étudiants
14:57qui peuvent se permettre d'avoir des soutiens,
14:59les parents derrière, etc.,
15:00qui les aident à bosser
15:01et puis d'autres qui sont un peu livrés à eux-mêmes.
15:03Et le fait de ne pas aller à la fac,
15:04d'avoir des cours en distanciel,
15:05c'est plus compliqué pour eux ?
15:06Moi, j'ai été à la fac.
15:07J'ai été à la fac de droit.
15:08J'ai fait 50 droits.
15:09Et les cours magistraux, les cours d'amphithéâtre,
15:13c'est simple.
15:14En fait, vous écoutez un prof,
15:15vous dictez un livre
15:16qui est le livre de référence
15:17du maître de conférence de la matière.
15:19C'est partout pareil.
15:19On en parlait l'autre jour avec Pierre Rondeau.
15:21Il m'a dit qu'il a validé.
15:22Donc, déjà, un amphithéâtre
15:24et un cours magistral,
15:25c'est de la prise de notes.
15:26Donc, de la faire en présentiel
15:27ou en distanciel,
15:28je ne vois pas énormément la différence.
15:30Fermons les facs, alors.
15:31Non, mais ce que je veux dire,
15:31c'est...
15:32Je vais aller au bout de mon truc.
15:33Non, je vais au bout de mon truc.
15:34On a passé...
15:35Les étudiants ont passé des examens.
15:37Le monde ne s'est pas arrêté de tourner
15:38quand il y a eu le Covid.
15:39Pendant le Covid,
15:40ils ont passé des examens.
15:41Est-ce qu'on a dit
15:42que les diplômes de droit
15:45ont été passés pendant le Covid ?
15:46Il n'y a pas eu d'examen au Covid.
15:49On parle des facs.
15:50Est-ce qu'on a dit
15:52que les diplômes de droit
15:53passés pendant le Covid
15:54n'avaient pas de valeur ?
15:55Non.
15:55Si, si, on l'a dit pour le pas.
15:57Il y a des gens qui l'ont dit.
15:58C'était la crainte
15:59de tous les étudiants
15:59et de tous les lycéens.
16:01Vous avez des élèves avocats
16:02aujourd'hui
16:02qui ont passé leurs droits
16:04pendant le Covid.
16:04Ils ne sont pas compétents.
16:05Mais c'était la crainte
16:06qu'ils avaient en tout cas.
16:07C'était une crainte.
16:08Très bien.
16:08Donc là, moi, je pense que
16:10évidemment, l'idéal,
16:11dans le monde des bisons,
16:12l'idéal, c'est
16:12tout le monde peut aller travailler
16:13s'il veut y aller.
16:14Mais je ne suis pas sûr
16:14que pour l'instant,
16:15la mobilisation
16:16et les blocus de certaines facs
16:18mettent réellement en péril
16:20totalement la scolarité
16:21de tous les étudiants.
16:22Ça fait deux mois, là, quand même.
16:23Je ne dis pas le contraire.
16:24Mais moi, j'en ai vécu des blocages.
16:26Estelle, vous avez été à la fac, peut-être ?
16:27Il y en a eu des blocages.
16:27Non, je ne suis pas à la fac.
16:28Moi, j'en ai connu des blocages.
16:29Plein de blocages.
16:30Et je n'ai pas bloqué.
16:31Ça vous étonne ?
16:32Non, mais moi, je ne faisais pas
16:33pas le contraire.
16:34Ceux qui votaient le blocage,
16:35mais il y a eu des blocages
16:35quand j'étais à la fac.
16:36Bon, voilà.
16:37Puis il y en a eu...
16:39C'est une histoire qui se répète.
16:40Je peux me permettre
16:41de rajouter un truc
16:41sur les cours en ligne.
16:42Ce n'est pas du tout pareil.
16:43Vraiment, c'est hyper dur.
16:44Déjà, on n'a pas les mêmes conditions.
16:45On n'a pas le même endroit.
16:47Il y a des bibliothèques
16:48qui sont fermées.
16:48Par exemple, j'ai voulu aller
16:49aux bibliothèques
16:49dans le cinquième arrondissement.
16:50Il y en a plein qui sont pleines.
16:52C'est-à-dire qu'on n'a pas de salle.
16:54Et faire un cours en distanciel,
16:55pour moi, c'est vraiment compliqué.
16:57C'est-à-dire que suivre le cours
16:58pendant trois heures
16:59alors que je suis chez moi dans mon lit...
17:00C'est super dur.
17:00Mais ça apprend les inégalités.
17:02Si tu vis dans un grand appartement,
17:05etc., tu as un bel ordinateur,
17:06tu es tranquille,
17:07tu vas te faire ton café, super.
17:08Mais si tu vis dans une maison
17:10où vous êtes à quatre dans la chambre
17:11pour étudier,
17:12il est évident que ça va accroître
17:13les inégalités.
17:14C'est pas carré que tu vois.
17:15Mais ouais, mais bon...
17:16Genre quatre dans une chambre
17:20même dans un appartement
17:21qui est surchauffé
17:22où il fait froid.
17:22Je suis désolée
17:23si les bibliothèques sont fermées.
17:25Aujourd'hui, normalement,
17:26la fac, elle garantit
17:27l'égalité des chances.
17:28Quand tu as un enseignement
17:29en distanciel,
17:30tu n'as pas d'égalité des chances.
17:31Il n'y a pas d'égalité des chances
17:32non plus parce qu'il n'y a pas
17:33les mêmes moyens.
17:34Parce qu'aujourd'hui,
17:34encore une fois,
17:35on n'a pas tous...
17:36Tout le monde n'a pas
17:36les mêmes logements.
17:37Tout le monde n'a pas
17:37la même qualité de vie.
17:39Donc tout le monde n'a pas
17:40les mêmes accès numériques.
17:43Oui, mais tout le monde
17:50de ne pas avoir à le faire.
17:51Et pourtant,
17:52on était tous les deux
17:52dans le même banffi.
17:53On passait les mêmes examens.
17:54Ce n'est pas la même chose
17:55d'être chez toi
17:56quand tu as une qualité de vie
17:58qui est supérieure
17:59et d'être chez toi
17:59quand tu as des problèmes
18:00pour se loger, etc.
18:01ce n'est pas l'idéal.
18:02Maintenant, est-ce que c'est...
18:03Voilà, je suis d'accord,
18:04ce n'est pas l'idéal.
18:05Je pense qu'il y a des étudiants
18:05pour qui ça va être plus dur
18:06que d'autres aujourd'hui
18:07d'avoir 8 semaines de cours
18:09en distanciation.
18:09Mais au-delà de ça,
18:10on ne va pas débattre
18:12sur le fait que c'est
18:13bien plus facile
18:14pour un individuant
18:14d'être en présentiel
18:15parce que simplement,
18:16déjà, à la fac,
18:16tu es assez livré à toi-même.
18:18C'est à toi de décider
18:19de bosser
18:19parce qu'en fait,
18:20tu peux très bien
18:21ne rien foutre pendant 3 ans.
18:22Personne ne va venir te chercher.
18:23Alors, si en plus,
18:24tu ne vois jamais ton prof,
18:26c'est évidemment
18:28que ça va...
18:28Le taux d'échec...
18:30Moi, j'ai passé des diplômes
18:31en droit, je peux t'assurer,
18:32en droit administratif
18:32en 2ème année.
18:33Moi aussi.
18:34Énorme.
18:34Je n'ai pas été
18:35une seule fois en cours.
18:36Et j'ai eu mes diplômes
18:37parce que...
18:38Un beau message
18:38pour la jeunesse.
18:39Je récupérais les cours.
18:40Je récupérais les cours.
18:42Je travaillais.
18:43Chacun ses méthodes de travail,
18:44ça c'est vrai.
18:45Moi, il y a des gens
18:45qui ne vont pas en cours
18:46qui valident.
18:46Moi, je suis en cours.