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Commission des affaires européennes : Crise climatique à l’échelle européenne

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09:36commission sur les questions de climat, d'environnement, d'énergie et de transport, sur la crise
09:41climatique aussi, en lien avec les épisodes caniculaires survenus cet été à l'échelle
09:46européenne. Le texte de la communication a été adressé, je crois, hier aux membres
09:51de la commission. Je propose, chers collègues, Madame la députée, que vous puissiez nous
09:55présenter votre communication. Président, collègues, l'été 2026 a constitué un nouvel
10:05avertissement sur l'accélération du dérèglement climatique en Europe. Ce moment nous pose
10:10une question politique urgente. Sommes-nous réellement préparés à vivre dans une Europe
10:15où les canicules deviennent plus longues, plus fréquentes et plus meurtrières ? C'est à cette
10:20problématique que cette communication tente de répondre en dressant le bilan des événements
10:25de 2026 et en examinant les conséquences sanitaires, économiques et sociales que ces événements
10:32ont induit, ainsi qu'en analysant les politiques publiques mises en œuvre dans les différents
10:39pays européens. Car le dérèglement climatique concerne désormais l'ensemble du continent,
10:46mais les réponses apportées restent souvent très inégales. Or, des expériences existent,
10:53des solutions sont connues et nous pouvons en tirer un certain nombre d'enseignements.
10:57A l'appui des recherches et des auditions menées, ma conviction est qu'il faut sortir d'une logique
11:03de gestion des catastrophes pour construire une véritable politique européenne de prévention,
11:08de protection et de planification écologique. Nous avons vécu le troisième été le plus chaud
11:17jamais enregistré en Europe et le plus chaud en Europe de l'Ouest. Près de 480 millions d'Européens
11:25et européennes ont été exposés à au moins une journée dépassant 35 degrés et 80 millions
11:31à des températures supérieures à 40 degrés. Après une année 2024 qui était déjà particulièrement
11:38éprouvante en Europe de l'Est, ce sont notamment la France, le nord de l'Espagne, la Grande-Bretagne
11:44et l'Ouest de l'Italie qui ont été les plus touchées cette année. En Espagne, plus de 7 millions
11:50de personnes
11:50ont connu au moins 50 jours dépassant 35 degrés. En France, les vagues de chaleur
11:55se sont succédées pendant 53 jours. Au-delà des températures, il y a le bilan humain, dramatique.
12:03On dénombre environ 35 000 décès liés à la chaleur, tout en sachant qu'il y a des difficultés
12:09à établir des comparaisons fiables entre pays, faute de méthodes, de calculs harmonisés.
12:14Ce chiffre constitue donc un bilan non définitif. Pour la seule France, les canicules auraient
12:21provoqué au moins 8 000 décès en excès. Et les conséquences sanitaires vont encore plus loin.
12:30Les fortes chaleurs aggravent les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Elles affectent
12:35les grossesses et la santé des enfants. Elles provoquent des troubles du sommeil, une dégradation
12:40des capacités cognitives et une augmentation des problèmes de santé mentale. Elles peuvent
12:45également contribuer à accentuer des violences, notamment au niveau des familles.
12:51Autrement dit, ces canicules ne constituent pas seulement un problème météorologique.
12:56Elles sont devenues un enjeu majeur de santé publique pour l'ensemble de nos pays.
13:01Leurs conséquences économiques et environnementales sont également considérables.
13:07Les sécheresses ont affecté les productions agricoles, les ressources en eau et les
13:11écosystèmes. La baisse du niveau du Rhin et du Danium a ainsi perturbé la navigation
13:16et les approvisionnements. Et les incendies ont frappé plusieurs pays en mobilisant les
13:21mécanismes européens de protection civile.
13:24En France, les dommages économiques de cet été sont provisoirement estimés à plus
13:29de 16 milliards d'euros. A l'échelle européenne, les pertes de productivité liées aux
13:33fortes charrelleurs pourraient représenter jusqu'à 0,5% du PIB lors des années particulièrement
13:39chaudes. Nous faisons donc face à une crise systémique qui touche simultanément la santé,
13:45l'économie, les vrais invraques structures, l'agriculture et les services publics.
13:50Le deuxième enseignement de ce travail est que nous ne sommes pas toutes et tous égales
13:57et égaux face au dérèglement climatique. Les populations les plus modestes, qui contribuent
14:02d'ailleurs le moins aux émissions de gaz à effet de serre, sont les plus exposées
14:07aux conséquences du réchauffement. Elles vivent davantage dans des logements
14:11moins isolés, dans des quartiers moins végétalisés et exercent plus fréquemment
14:15des métiers physiquement exposés à la chaleur. En France, les habitants et habitantes
14:19des quartiers les plus défavorisés ont ainsi neuf fois plus de risques d'être
14:23surexposés à la chaleur que celles et ceux des quartiers plus favorisés.
14:27Et ces inégalités se retrouvent à l'échelle européenne.
14:33Les capacités de protection sanitaire, les normes de construction, les dispositifs
14:37de protection des travailleurs et travailleuses ou encore les moyens des collectivités
14:42varient considérablement d'un pays à un autre.
14:46On peut donc adopter une approche de l'adaptation qui ne ferait reposer la responsabilité que
14:55sur les comportements individuels face à ces événements. Demander à des familles
15:01vivant dans des logements surchauffés de simplement fermer leur volet ou de boire
15:05davantage d'eau. Demander à des salariés travaillant en extérieur de continuer leurs
15:09activités dans des conditions dangereuses ne sont pas des réponses adéquates.
15:14L'adaptation climatique doit être une politique de justice sociale qui garantisse
15:19à chacune et à chacun le droit à un logement habitable, à des conditions de travail
15:23sûres et à un accès effectif aux soins.
15:27Or, les politiques publiques demeurent largement insuffisantes et trop souvent centrées sur
15:32la réaction aux crises.
15:35Certes, depuis la canicule de 2003, des progrès ont été réalisés.
15:38Mais les réactions politiques consistent encore trop souvent à déclencher les alertes,
15:42fermer des établissements ou mobiliser des moyens d'urgence sans transformer suffisamment
15:47les infrastructures et les conditions de vie. Pourtant, les expériences européennes montrent
15:53que d'autres approches sont possibles. La France, par exemple, dispose d'un système national
15:59de surveillance et d'alerte chaleur santé relativement développé depuis 2004. Mais cette
16:05avance en matière de prévention sanitaire contraste avec le retard pris pour l'adaptation
16:10des logements, des écoles et des infrastructures, ainsi qu'avec le manque de moyens et de coordination
16:15des politiques publiques.
16:16L'Italie a développé une expérience importante des systèmes d'alerte adaptés à chaque
16:21ville, ainsi que du suivi rapide de la mortalité. Cette approche territorialisée permet de
16:27mieux prendre en compte les vulnérabilités locales. L'Espagne offre des exemples intéressants
16:33en matière de protection des travailleurs et travailleuses avec des obligations de prévention
16:37renforcées lors des fortes chaleurs et des dispositifs de congés climatiques payés.
16:42Plusieurs villes espagnoles, comme Barcelone, ont également développé des réseaux de
16:47refuges climatiques accessibles à la population. Le Portugal et la Grèce disposent quant à
16:54eux d'une expérience importante dans la gestion combinée des canicules, des sécheresses
16:59et des incendies. La Grèce développe ainsi une meilleure articulation entre prévision
17:04météorologique, protection civile, santé publique et mesures professionnelles. Deux autres
17:11exemples ont particulièrement attiré notre attention lors de nos travaux. En Suisse,
17:17l'adaptation agricole repose sur une stratégie coordonnée entre l'État fédéral, les cantons
17:22et les exploitations. Elle accompagne la diversification des cultures, notamment le développement de
17:28l'oléiculture et soutient financièrement les changements de pratiques. Il ne s'agit donc
17:33pas seulement d'indemniser les pertes agricoles après les catastrophes, mais d'anticiper les
17:38transformations des territoires et des productions. Aux Pays-Bas, le programme Delta constitue un
17:44exemple de planification sur plusieurs décennies avec des scénarios climatiques, une programmation
17:49des investissements et un débat public sur les choix d'aménagement. Ces expériences sont
17:54particulièrement instructives. Elles montrent que nous pouvons combiner une stratégie nationale
17:58ambitieuse, des financements pérennes, l'autonomie des collectivités et la participation des
18:04populations. Mais elles révèlent aussi une faiblesse majeure, le fait que des bonnes pratiques existent
18:11en Europe sans être suffisamment partagées, coordonnées et généralisées. L'UE doit donc jouer un rôle
18:18beaucoup plus important, non seulement dans la gestion des catastrophes, mais aussi dans l'anticipation
18:24et la prévention. Cette transformation est d'autant plus urgente que les perspectives scientifiques sont
18:30particulièrement inquiétantes. Même si le réchauffement mondial était limité à 1,5 degré, ce qui n'est pas le
18:38cas dans la dynamique qui est la nôtre, plus de 100 millions de personnes dans l'Union européenne et au
18:45Lyon muni, pourrait être exposé chaque année à une vague de chaleur extrême d'ici la fin du siècle. Or,
18:51les
18:51politiques actuelles, mises en oeuvre à l'échelle mondiale, nous conduiraient plutôt vers un réchauffement
18:59proche de 2,8 degrés. Les conséquences seront majeures pour l'ensemble du continent. Dans le sud
19:05de l'Europe, les sécheresses et les chaleurs extrêmes menaceront de plus en plus les ressources en eau,
19:11les productions agricoles et l'habitabilité de certains territoires. Dans le nord et le centre
19:17de l'Europe, les bâtiments, les infrastructures et les populations devront faire face à des
19:22températures auxquelles ils ne sont pas préparés. Et l'agriculture européenne connaîtra des
19:28transformations profondes avec un déplacement progressif de certaines cultures vers le nord.
19:33Il est donc essentiel de rappeler que l'adaptation ne peut pas remplacer l'atténuation. Plus nous tardons
19:40à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, plus les dommages seront graves et plus les
19:45mesures d'adaptation deviendront coûteuses, voire insuffisantes. Ces constats m'ont amené à
19:53formuler quatre recommandations principales. Premièrement, la nécessité d'évaluer
19:59systématiquement les politiques d'adaptation. Nous devons savoir ce qui fonctionne réellement,
20:04mesurer les effets des dispositifs sur la modernité et la santé et réviser régulièrement
20:10les stratégies publiques. L'exemple de la Suisse montre justement l'intérêt d'une évaluation
20:16périodique. Deuxièmement, il faut renforcer la recherche publique et la coopération scientifique
20:23européenne. Nous avons besoin de données harmonisées, notamment sur la mortalité, les conséquences
20:29sanitaires et les coûts économiques, ainsi que le renforcement de réseaux européens
20:36pérennes. Troisièmement, nous devons construire une stratégie cohérente à toutes les échelles.
20:44L'Union européenne doit définir un cadre commun, les États garantir la continuité des politiques
20:50et les collectivités disposer des moyens nécessaires pour agir. Les expériences néerlandaises
20:57et Suisses démontrent l'intérêt justement d'une planification de long terme. Quatrièmement,
21:03il y a urgence à augmenter massivement les investissements climatiques. En 2025, l'Union
21:09européenne a investi 544 milliards d'euros dans le climat, alors que les besoins annuels
21:15pour atteindre les objectifs de 2030 sont estimés à 878 milliards. Cela représente un déficit
21:21de 344 milliards d'euros par an, les seuls besoins d'adaptation étant estimés à environ
21:2770 milliards chaque année. Une proposition telle que celle de créer un fonds européen
21:34consacré à l'adaptation thermique des bâtiments publics, des écoles et des hôpitaux et qui
21:39seraient financés par des contributions ciblées ou des taxes sur les super-profits des grandes
21:44entreprises fossiles, me semble de ce point de vue aller dans le bon sens. Elle est portée
21:50par de nombreuses organisations non gouvernementales au niveau national et au niveau européen.
21:57Ces recommandations s'accompagnent de cette priorité opérationnelle. Il s'agit de relier
22:05les prévisions climatiques à des mesures de prévention déclenchées automatiquement,
22:11de créer une surveillance européenne chaleur santé en tant qu'asie réelle, d'identifier et
22:17d'accompagner systématiquement les personnes les plus vulnérables, d'adapter durablement
22:22les bâtiments et les quartiers aux fortes chaleurs, d'instaurer des normes contraignantes
22:27de protection des travailleurs et travailleuses, de garantir la résilience des hôpitaux, des
22:32écoles et des établissements médicaux sociaux et enfin de planifier conjointement les risques
22:40cumulés de canicules, sécheresses, incendies et tensions sur les infrastructures. Je voudrais
22:45insister sur deux enjeux fondamentaux. Le premier consiste en la reconnaissance de la
22:56précarité énergétique estivale pour garantir à toutes et tous des conditions de logement
23:01digne. Et le second porte sur la réorientation de la politique agricole commune vers une forme
23:08d'agroécologie qui permettrait d'accompagner les agriculteurs et les agricultrices dans
23:14l'adaptation de leur production. Le constat que je tire de ces travaux est à la fois préoccupant
23:21et en même temps porteur d'un certain nombre de perspectives. Il est préoccupant parce que
23:29les canicules deviennent des catastrophes sanitaires, économiques et sociales de plus en plus graves
23:33et parce que les politiques publiques restent très en deçà des besoins. Mais il est porteur de
23:39perspectives parce que nous savons, nous connaissons des solutions actuellement mises en œuvre. En
23:46Espagne, en Italie, en Grèce, en Suisse, aux Pays-Bas et même en France, dans de nombreuses villes
23:52européennes et françaises, des politiques sont expérimentées, des protections sont renforcées
23:57et de nouvelles formes de planification sont effectivement mises en œuvre. L'enjeu n'est
24:02donc plus seulement de savoir comment réagir aux prochaines canicules, mais comment transformer
24:07durablement nos sociétés pour protéger les populations. Cela suppose de sortir d'une logique
24:13de réaction permanente. Il faut renforcer nos services publics et garantir les droits sociaux
24:20protecteurs en mobilisant les investissements importants mais nécessaires. Cela suppose aussi
24:28de faire contribuer davantage celles et ceux qui portent une responsabilité importante dans
24:33ce dérèglement climatique, que ce soit au niveau individuel ou au niveau collectif, je
24:38pense notamment aux grandes entreprises. Et puis surtout, il est impératif de mener de
24:44front, l'atténuation et l'adaptation, réduire rapidement les émissions tout en préparant
24:50nos territoires au bouleversement désormais inévitable. L'Union européenne dispose des
24:55ressources scientifiques, techniques et économiques pour relever ce défi. Il ne manque plus, comme
25:01souvent, que la volonté politique pour répondre à la hauteur de l'urgence. Notre responsabilité
25:08est de faire, je crois, de la protection climatique un droit pour toutes et tous et de construire
25:14une Europe capable non seulement de faire face mais de prévenir les catastrophes.
25:19Merci.
25:22Merci beaucoup Madame la députée pour votre communication sur un sujet important et merci
25:27d'avoir fait des propositions et de l'avoir détaillé de la sorte. On en passe maintenant
25:31aux orateurs de groupe en commençant par Mathilde Inier pour le groupe de la France insoumise
25:35et pour 2 minutes 30.
25:37Merci Monsieur le Président, Madame la rapporteure, collègues. Déjà Madame la rapporteure, merci
25:42pour ce travail qui est vraiment d'actualité et qui répond effectivement à ce qu'on a pu vivre
25:50cet été. Bon, moi, je vais vous parler agriculture, sans surprise, et commencer par dire que la
25:59transition agroécologique, aujourd'hui, ce n'est plus un débat, ce n'est plus une question
26:04de choix, en fait, elle est indispensable à la survie de l'agriculture française. Oui,
26:11on fait tous le constat que le climat change et que les politiques agricoles, elles doivent
26:15aussi changer. Peut-être dire qu'aujourd'hui, les agriculteurs et les agricultrices, ils sont
26:20prêts à faire la transition. C'est au pouvoir public aussi d'agir pour les soutenir. Selon
26:26le Shift Project, 90% des agriculteurs sont prêts à s'engager ou à accélérer la transition
26:33écologique, mais 87% d'entre eux estiment ne pas être suffisamment aidés financièrement
26:39dans cette transition. Et c'est vrai qu'au lieu de cet accompagnement financier massif,
26:45on a un plan quasi de la ministre Genevard qui a fait des pansements sur un modèle agro-industriel
26:53qui est à bout de souffle et qui est inadapté aux défis climatiques. La mission flash de
26:58la Commission des finances de l'Assemblée nationale a estimé à 10 milliards d'euros
27:02le coût de l'été 2026 rien qu'en agriculture. Et pourtant, 4 agriculteurs sur 5 ne bénéficient
27:08pas des aides face à la sécheresse. 9 fermes françaises sur 10 sont en risque de faillite.
27:15Donc nous, en fait, nous refusons de voir disparaître ces fermes. Et donc à la France
27:19Insoumise, on a des propositions concrètes pour donner aux agriculteurs et aux agricultrices
27:23les moyens de faire la transition agroécologique. Alors d'abord, effectivement, il y a l'enjeu
27:29de faire face à l'urgence. Mais pour ça, il faut sortir du système assurantiel privé
27:33et mettre en place un fonds mutualisé, puisque le système assurantiel privé ne répondra
27:40pas. C'est même le PDG d'AXA qui disait qu'un monde à plus 4 degrés n'est pas
27:43assurable.
27:44Donc on doit mettre en place un fonds mutualisé qui serait abondé par l'ensemble de la
27:51chaîne alimentaire, donc des producteurs, industriels, distributeurs et transformateurs.
27:56Et puis enfin, je pense qu'il faut pour accélérer la transition agroécologique, il faut mettre
27:59en place des contrats de transition en agroécologie, augmenter les aides à l'agriculture biologique
28:04qui stagnent depuis des années, développer les circuits courts. Et puis je pense qu'une des
28:09propositions que nous faisons aussi, c'est la mise en place d'une caisse de défaisance
28:12qui reprendrait la dette, une partie de la dette des agriculteurs qui voudraient s'engager
28:16dans la bisturcation agroécologique, puisqu'on sait que les fermes qui sont endettées ont
28:22plus de mal aussi à effectuer les transitions. Simplement aussi pour terminer sur le fait
28:26qu'il y a 48 milliards d'argent public aujourd'hui qui sont consacrés au système
28:30agricole et alimentaire. Et donc on peut réorienter ces fonds vers la transition, à commencer
28:35par les aides de la PAC.
28:37Merci beaucoup Madame la députée, Madame la rapporteure.
28:41Oui, merci beaucoup
28:43collègue Igné de votre intervention, puisque ça a été un des points
28:47dans nos auditions
28:49les plus frappants
28:51et les plus intéressants aussi dans les perspectives
28:53justement. Et donc ça a été
28:56notamment une des auditions
28:58où
29:00Serge Zaka, qui a
29:01beaucoup travaillé sur la question
29:03agricole et climatique, a pu
29:05nous présenter les changements
29:07qui sont déjà en cours, en fait, dans l'agriculture du fait de l'impact climatique
29:13et cette inévitabilité de transformation de l'ensemble de notre système agricole, alimentaire et industriel.
29:23Et effectivement, un des enjeux, je crois, qui doit être beaucoup plus présent dans les discussions, notamment en matière de
29:30politique agricole commune,
29:31parce que c'est quand même le sujet, le budget aussi, qui est extrêmement discuté et qui nécessite en fait
29:42que cette vision de transition agroécologique soit beaucoup plus inscrite pour permettre l'accompagnement des agriculteurs et agricultrices.
29:53Mais ce qui nous a été dit, c'est aussi qu'en fait, beaucoup d'acteurs et actrices de la
29:57filière sont prêts à engager cette transition.
30:01Ils ont simplement besoin à la fois de moyens, mais aussi d'une vision et d'une stratégie, parce que
30:06ce sont des engagements qui commencent maintenant et qui vont prendre plusieurs années, en fait, à être mis en œuvre.
30:11Et donc là, c'est effectivement de la responsabilité politique au niveau national et au niveau européen, étant donné l
30:17'importance notamment des financements de la PAC et de ses politiques,
30:21d'anticiper, de prévoir et de proposer à l'ensemble des acteurs de la filière, producteurs et productrices, industrielles et
30:29l'ensemble du monde économique,
30:35de leur fournir en fait les garanties économiques et politiques pour cette transition qui est un énorme chantier, mais auquel
30:43nous devons nous atteler au plus vite.
30:48Merci beaucoup. La parole pour la droite républicaine est à Emeline Ré-Ranchier.
30:55Merci, M. le Président, de m'accueillir au sein de votre commission.
30:59Madame la rapporteure, entendre les Insoumis donner une leçon en matière d'écologie me laisse toujours perplexe,
31:07car il y a vos discours et il y a l'archéologie de vos votes.
31:11La loi pour une alimentation saine et durable, vous avez voté contre.
31:15La loi relative à l'énergie et au climat, contre.
31:18La loi contre le gaspillage et pour l'économie circulaire, contre.
31:23La loi de programmation relative au développement solidaire, abstention.
31:27La loi climat et résilience, contre.
31:29La loi d'accélération des énergies renouvelables, toujours contre.
31:34Madame la rapporteure, il y a donc une contradiction que j'aimerais vous entendre expliquer.
31:38Vous appelez à agir face à l'urgence climatique, mais vous avez rejeté chacun de ces textes.
31:43Et cette contradiction relève au fond deux visions profondément différentes de la transition écologique.
31:51Vous défendez une écologie punitive, nous défendons une écologie incitative,
31:56qui mise sur l'investissement, l'innovation, la croissance verte, la croyance dans la science, le progrès technique.
32:04Vous voyez d'abord ce qu'il faut interdire.
32:07Nous cherchons d'abord ce qu'il est possible d'inventer.
32:11Je vais prendre l'exemple du nucléaire en Allemagne.
32:13Le bilan de vos alliés est une catastrophe écologique.
32:17Pour notre part, nous considérons que la transition écologique doit s'appuyer sur la technique, la recherche et l'innovation.
32:24Nous n'opposons pas l'écologie à l'économie.
32:27Nous voulons faire de la transition écologique un moteur de croissance, de compétitivité et de souveraineté.
32:33Vous écrivez dans votre rapport que de ne rien faire coûtera plus cher qu'agir.
32:38Sur ce point, nous sommes entièrement d'accord.
32:41Mais agir ne signifie pas nécessairement interdire.
32:44C'est aussi investir, expérimenter, industrialiser et permettre aux innovations de changer d'échelle.
32:50Ma question sera simple.
32:51Comment expliquez-vous que vous vous êtes toujours contre tout,
32:55mais que dans votre rapport, vous appelez, je cite,
32:57« à plus de volonté et de continuité politique » ?
33:01Je vous remercie.
33:02Merci Madame la députée.
33:03Madame la rapporteure.
33:07Merci, chers collègues, de vos remarques qui me permettent précisément de vous renvoyer au contenu de ce rapport,
33:15puisque le constat et le bilan fait précisément sur l'enjeu de l'adaptation et de l'atténuation,
33:22c'est que nous sommes loin d'être préparés à faire face,
33:26et ça sur tout un ensemble de secteurs.
33:29Et c'est précisément ce constat qui explique pourquoi, pour ce qui est de la France insoumise,
33:35nous votons contre des politiques dont nous considérons qu'elles ont produit la situation dans laquelle on est,
33:40c'est-à-dire que ce soit au niveau du manque d'anticipation,
33:45que ce soit au niveau du manque de financement,
33:47ou que ce soit y compris au niveau du soutien,
33:50puisque c'est aussi une bonne partie des propositions et des recommandations,
33:54donc ce n'est pas simplement des interdictions,
33:56pour le coup ce n'est pas du tout l'objet de mon rapport,
34:00au contraire ce sont des propositions qui sont mises en œuvre,
34:02et qui manquent du soutien politique.
34:05On a évoqué à l'instant la question de l'agriculture,
34:08qui je pense que vous serez d'accord,
34:10est un des chantiers majeurs en matière d'adaptation au niveau climatique,
34:16et précisément vous évoquez des sujets de technologie, etc.,
34:22mais c'est là où le bas blesse en la matière,
34:26puisque rien n'est développé à ce niveau,
34:29que ce soit au niveau français ou au niveau européen.
34:33Les travaux qui nous ont été transmis et présentés montrent des expérimentations,
34:38il y a l'exemple notamment de la Suisse,
34:40où il y a au niveau local des initiatives,
34:43mais c'est un débat qui est totalement inexistant,
34:47par exemple dans notre pays en France,
34:48et c'est précisément ce constat qui nous amène à pointer les errements de cette politique
34:54qui est au mieux du verdissement et du discours,
34:59et au pire une inaction qui est criminelle.
35:04Donc je vous invite vraiment à vous attarder sur les propositions qui sont faites,
35:10qui ne sont pas y compris directement issues de notre propre programme,
35:14mais qui ont été présentées par un ensemble de chercheurs,
35:19de spécialistes du climat, du spécialiste du GIEC,
35:24et qui indiquent la nécessité notamment d'investissements importants
35:28pour la rénovation des logements,
35:30des propositions que nous nous portons,
35:32que nous avons défendues et que nous défendons régulièrement,
35:34et qui sont pour le coup rejetées souvent par la majorité dans votre groupe.
35:39Et peut-être un dernier point sur l'évocation du nucléaire,
35:43c'est intéressant que vous le posiez,
35:45parce que précisément une des leçons des canicules 2026,
35:50de notre point de vue,
35:51et d'un certain nombre de chercheurs et d'associations sur le sujet,
35:56c'est que ces épisodes extrêmes montrent l'extrême vulnérabilité de cette ressource,
36:04puisque les centrales, dans des conditions d'extrême chaleur, doivent s'arrêter,
36:10et ce qui pose un problème d'approvisionnement,
36:15et qui peut amener à poser un certain nombre de problèmes.
36:18Et on voit bien que, par exemple, en matière de gestion de la ressource en eau,
36:22on se retrouve avec des problèmes de choix stratégiques
36:28quand on dépend autant de l'énergie nucléaire.
36:32Donc au contraire, je crois précisément
36:34qu'une des leçons des canicules en la matière,
36:39et en matière de politique d'atténuation et d'adaptation,
36:43c'est plutôt de sortir progressivement des énergies nucléaires et fossiles
36:49pour avoir plus de résilience en la matière et de durabilité
36:55dans les politiques à venir,
36:58que ce que vous vous défendez,
36:59c'est la poursuite de ce modèle qui nous mène, je crois, dans l'impasse.
37:04Merci beaucoup.
37:05Pour le groupe des écologistes, Nicolas Bonnet.
37:08Merci, M. le Président.
37:11Donc, je tiens à saluer le travail que vous venez de faire, Mme la rapporteure.
37:15Je ne sais pas si le terme rapporteur s'applique quand c'est une communication,
37:17mais en tout cas, on va dire Mme la rapporteure au bon nom.
37:18Voilà, on va l'utiliser.
37:20Oui, on va l'utiliser.
37:21Sur un sujet éminemment important,
37:23cet été, quand on s'est retrouvé face à ces longues périodes,
37:26d'ailleurs, cet été, même ce printemps,
37:27puisque c'est quand même dès la fin du printemps,
37:28ces périodes fortes de canicule et de sécheresse, les deux cumulées,
37:32j'ai cru comprendre que quelqu'un nous avait dit qui aurait pu prévoir.
37:34Je pense qu'en fait, ça fait des années qu'on pouvait le prévoir,
37:36ça fait des années que certains le prévoient,
37:38ça fait des années qu'on ne veut pas écouter ce qu'ils prévoient.
37:41Et aujourd'hui, ça nous est vraiment retombé de façon flagrante sur le coin du museau
37:44et on se rend compte qu'on n'est absolument pas préparé.
37:47D'où l'importance, en tout cas, d'avoir ce travail collectif.
37:50Je l'espère au maximum consensuel sur l'ampleur du problème,
37:53le constat, en tout cas, que le problème est bien présent
37:55et qu'il n'est pas résolu
37:56et que pour l'instant, on a encore beaucoup de choses à faire pour améliorer la situation.
37:59Si on veut être capable, lors des futurs étés,
38:01qui risquent fort d'être plus chauds que l'été que nous venons de connaître,
38:06de mener les actions nécessaires que vous évoquez dans ce rapport,
38:10y compris de les mener avec une approche européenne,
38:12puisqu'aujourd'hui, on a la chance quand même d'être dans l'Union européenne,
38:15de pouvoir démultiplier nos politiques,
38:19en tout cas, quand on les mène à cette échelle-là.
38:21Et les problématiques s'opposant, je pense, pour tous les pays européens,
38:24sans doute avec des nuances selon le secteur géographique,
38:26mais globalement, tout le monde a connu des chaleurs beaucoup plus fortes.
38:29Donc, le simple fait, déjà, de regarder aussi,
38:32de faire un peu de parangonnage pour regarder ce qui se passe dans d'autres pays
38:35qui avaient déjà l'habitude d'avoir des périodes de plus forte chaleur,
38:37c'est très important.
38:38Donc, vous l'avez bien souligné sur la question des conditions de travail,
38:41notamment des personnes.
38:42Donc, il faut qu'on s'en inspire.
38:43Voir, évidemment, si ça peut être généralisé au niveau européen,
38:45ce serait encore mieux.
38:46Mais déjà, que nous, en France, on regarde ce qui se fait à l'étranger,
38:49avec l'humilité nécessaire de regarder ce qui est bien à l'étranger.
38:54Et aussi, sans doute, bien sûr, de faire connaître auprès de l'étranger
38:57ce qui serait bien en France, mais vraiment, ça marche dans les deux sens.
39:00D'avoir aussi l'humilité de regarder qu'aujourd'hui,
39:03la plupart de nos bâtiments, que ce soit des bâtiments publics
39:06où on avait directement la charge ou des bâtiments privés,
39:08ne sont pas adaptés aux périodes de forte chaleur
39:10et que certains sont même des bouilleurs thermiques
39:12où il devient difficile de vivre.
39:14Donc, il faut évidemment traiter en priorité les bâtiments
39:16des services publics là où il y a les personnes les plus fragiles.
39:18Donc, bien sûr, les hôpitaux, les écoles, les crèches.
39:21Et accompagner fortement la rénovation du bâti privé
39:24en priorisant évidemment les plus grosses bouleurs thermiques.
39:27Aujourd'hui, on ne doit plus pouvoir faire des travaux de rénovation
39:30sans prendre en compte la question de l'été, des périodes caniculaires.
39:35C'est évidemment important de rénover pour consommer moins d'énergie en hiver,
39:38mais un bâtiment rénové doit aussi aujourd'hui être efficace en été
39:42pour ne pas avoir besoin de systèmes de climatisation
39:45ou en tout cas, le moins besoin possible
39:47pour que ça consomme le moins d'énergie possible.
39:50Il y a peut-être, pour conclure, un élément que je voulais souligner,
39:52que vous avez dit, c'est la nécessité d'évaluer nos politiques publiques.
39:55Et je pense que si on avait davantage évalué
39:57toutes les politiques, soi-disant, en faveur du changement,
40:00enfin, en faveur de la lutte contre le changement climatique
40:02depuis des années, on se rendrait compte qu'aujourd'hui,
40:03on n'est pas à la hauteur et qu'aujourd'hui,
40:05chaque politique publique, que ce soit pour l'atténuation
40:07ou l'adaptation, doit être évaluée.
40:09Merci.
40:09Merci beaucoup, Madame la rapporteure.
40:12Oui, merci, chers collègues, de vos propos
40:15qui me permettent de pointer un élément
40:19qui nous a été beaucoup rapporté.
40:23Vous évoquez le niveau européen,
40:26mais il y a aussi l'articulation à faire
40:29entre le niveau européen, le niveau national et le niveau local.
40:32Par exemple, les expériences de plusieurs villes en Europe,
40:36en France et dans un certain nombre de pays,
40:39j'évoque le cas de la Suisse,
40:43montrent que là, il y a une déconnexion,
40:45y compris le fait que les villes se sont beaucoup auto-organisées
40:50sur ces sujets-là, on fait beaucoup à leur initiative.
40:56Et donc là, il y a des réseaux qui se sont mis en place.
41:01Mais voilà, il y a cette coordination
41:05et cet accompagnement qui nécessiterait, je pense,
41:09d'être approfondi.
41:12Et également au niveau des régions,
41:14donc on a eu l'occasion d'auditionner
41:16des responsables d'un comptant suisse
41:19et qui montraient justement comment c'est aussi
41:22à ces échelles-là que doivent s'organiser démocratiquement
41:26et matériellement les réponses,
41:30ce qui me permet d'appuyer, d'introduire
41:34la proposition que nous faisons justement des éco-régions
41:37et du fait qu'il faut un périmètre d'intervention institutionnelle
41:42et géographique qui corresponde justement aux réalités,
41:46au plus près des réalités de terrain.
41:49Et je crois que ça fait partie des sujets
41:51à introduire aussi dans ce débat au niveau européen.
41:57Merci beaucoup. La parole est à Pascal Lecan
41:59pour le groupe démocrate.
42:01Merci, M. le Président.
42:02Oui, j'interviens pour essayer d'équilibrer
42:06peut-être avec une version centriste, en tout cas du modem,
42:09le sujet.
42:10Le sujet, c'est bien de l'avoir traité
42:12parce qu'il y a eu une canicule, tout le monde l'a vue.
42:14Et la conclusion, je retiendrai de ce que vous avez dit,
42:16c'est que ça va devenir systémique.
42:18Et donc là, je crois qu'on peut être d'accord sur ce point.
42:21Et je voudrais revenir un peu en arrière
42:23pour répondre à ma lignée
42:24parce qu'il y a deux ans, trois ans, quatre ans,
42:26pendant presque deux ans,
42:27on a travaillé une loi d'orientation agricole
42:29sur le sujet de l'agriculture
42:31qui a réussi à mettre des objectifs
42:33qui étaient très précis
42:34en termes aussi de réchauffement climatique,
42:37en termes de transition bio,
42:40de transition de manière générale.
42:42Et on n'arrête pas de mettre des sparras sur sparras.
42:44Moi, j'ai donné, et vous savez que j'étais chargé
42:46avec M. Potier,
42:47d'une mission sur la fiscalité agricole
42:48que je ne vais pas dévoiler,
42:49je ne l'ai pas encore remis au Premier ministre,
42:52mais il y a deux chiffres qui sont importants.
42:53En France, ça a été dit tout à l'heure,
42:56le chiffre d'affaires de l'agriculture
42:57est plus ou moins de 47-48 milliards d'euros.
42:59Et sur ces 47-48 milliards d'euros,
43:01il y a 26 milliards d'euros
43:03qui sont de la dépense publique,
43:04tout confondu,
43:05PAC incluse.
43:06Donc, à 55%,
43:08l'agriculture française est sous perfusion.
43:10Et dans les objectifs
43:11qu'on s'était fixés dans les lois,
43:13et ce qu'on a essayé de faire
43:14dans cet exercice de rapport
43:15sur la fiscalité agricole,
43:16c'est comment on met une fiscalité
43:18qui colle aux objectifs qu'on s'est fixés.
43:20Et ça, c'est du systémique.
43:22On sait où on veut aller
43:23en termes de nombre d'exploitations,
43:24de transitions,
43:25en termes de transitions agroécologiques,
43:27en termes de production bio.
43:29Tout ça, on l'a bien fixé.
43:30Mais aujourd'hui,
43:31crise après crise,
43:33pour le secteur lélier,
43:34pour l'élevage,
43:35on n'arrête pas de mettre
43:36des bouts de sparada
43:37qui font qu'on continue
43:37à faire de la dépense.
43:39Je prends un exemple concret.
43:40Aujourd'hui, on dépense 1,6 milliard
43:42sur les 26 milliards
43:43uniquement sur la subvention au GNR,
43:45par exemple.
43:46Et ça ne va pas dans le sens
43:47qu'on veut aller.
43:47Ça ne veut pas dire
43:48qu'il faut mettre les agriculteurs
43:49en difficulté demain.
43:50Non.
43:50Mais il faut voir comment
43:51on peut atteindre un objectif
43:53qui correspond à ce...
43:54Et le mot transition agroécologique
43:56dont vous parlez,
43:56qui était finalement
43:57dans le Code de l'environnement
43:58de 2012,
43:59du temps de l'Eufol,
44:00il a été interdit
44:01pour arriver à une CMP conclusive,
44:04interdit,
44:05pour échanger contre l'objectif bio
44:06par le sénateur Duplomb.
44:07Donc on a mis trois lois après,
44:09alors qu'on a une loi d'orientation
44:10qui donne des vrais objectifs,
44:12où je pense qu'on peut
44:13collectivement se mettre d'accord.
44:14Oui, il y a une canicule.
44:15Oui, c'est systémique pour arriver
44:17à atteindre ces objectifs.
44:18Donc de manière raisonnable
44:19et raisonnée,
44:20vous avez raison,
44:20madame Réachet,
44:21ça ne sert à rien
44:22de voter toujours contre.
44:23Au contraire,
44:23il y a des moments
44:24où il faut voter pour,
44:25pour justement voir
44:26quels moyens on met
44:27sur ce qu'on a voté
44:28en termes d'orientation de la loi.
44:29Et moi, je suis désolé,
44:31j'arrêterai là,
44:32de dire qu'on a des objectifs
44:33qui sont fixés
44:34dans une loi d'orientation
44:35qui a des horizons 2035 et 2050,
44:37à nous de la reprendre
44:38et d'y mettre
44:38les moyens correspondants.
44:40Merci, monsieur le député.
44:41Madame la rapporteure.
44:43Je note qu'en fait,
44:44nous faisons le même constat,
44:47mais nous n'arrivons pas
44:48aux mêmes conclusions.
44:49Y compris, je trouve que
44:50c'est des contradictoires
44:52dans ce que vous dites,
44:52puisque vous reconnaissez vous-même
44:54que la série de lois
44:56sont en fait des paradraps
44:57qui sont mises
44:58sur un problème
44:59de fonds structurels.
45:00Et là, nous nous sommes d'accord.
45:01Et c'est la raison
45:02pour laquelle nous nous sommes opposés
45:04et nous avons présenté régulièrement
45:07des propositions alternatives,
45:08parce que nous ne faisons pas
45:10que voter contre.
45:10nous avons aussi
45:12un autre projet
45:13qui, nous semble-t-il,
45:16porte précisément
45:17sur les racines du problème.
45:19Et la nature,
45:20y compris aujourd'hui
45:21de ce qu'est l'agriculture
45:22en France et en Europe,
45:24est telle qu'elle est financée,
45:25c'est-à-dire une agriculture
45:28extrêmement extensive,
45:29productiviste,
45:29et qui ne correspond plus
45:30en fait à la réalité
45:34du changement climatique
45:35et de ce qui est déjà
45:36en train de se faire.
45:37C'est-à-dire que
45:37cette agriculture-là,
45:39telle qu'elle est structurée,
45:40telle qu'elle est organisée
45:41structurément
45:42et telle qu'elle est financée,
45:43et telle que
45:44tous les textes
45:45qui ont été votés
45:46ces dix dernières années,
45:48pour ma part,
45:48depuis que je suis à l'Assemblée,
45:50continuent à accompagner
45:51dans ce sens.
45:52Et pour le coup,
45:53on n'était pas d'accord
45:54sur les conclusions,
45:56mais le constat
45:57que ces lois-là
45:58ne portent pas
45:59sur la refonte structurelle
46:01qui serait adaptée
46:03à ce à quoi
46:04nous faisons face.
46:04ce qui nous a été présenté,
46:06c'est quand même
46:07la fin
46:08de tout un ensemble
46:09de secteurs
46:11agricoles,
46:11de cultures
46:12qui ne seront plus
46:14tenables,
46:14tout simplement.
46:15Et on pourra mettre
46:16autant d'argent
46:17que l'on veut
46:17à travers des budgets
46:18de la PAC,
46:19d'ultra-subvention,
46:20de grandes exploitations
46:22selon le modèle
46:23qui nous semble être
46:24problématique de la PAC.
46:25Ça ne survivra pas.
46:28Les chiffres,
46:29je ne les ai pas donnés là,
46:30mais des pertes
46:32que ce soit
46:33pour le bétail
46:34et pour les cultures
46:36de cet été
46:36montrent que
46:37c'est intenable
46:39en fait
46:39sur ce modèle-là.
46:40Donc nous sommes d'accord
46:42qu'il faut des réformes
46:43structurelles.
46:43C'est pour ça
46:44que j'évoquais la question
46:44d'une nouvelle politique
46:47agroécologique commune
46:47et d'en finir
46:48avec le modèle actuel.
46:50Et il y a
46:51des secteurs
46:54y compris
46:55scientifiques,
46:55techniques
46:56qui sont à disposition
46:57pour travailler
46:58et je crois que c'est ça
46:59qu'il faut financer.
47:00Je terminerai
47:01sur la question
47:01du financement.
47:03Effectivement,
47:03c'est un enjeu.
47:04Actuellement,
47:05nous sommes en dessous,
47:06je l'ai indiqué,
47:08des objectifs
47:10et c'est à la fois
47:11en termes de montant
47:12et de la nature
47:13de ce que l'on doit financer
47:15qu'il faut revoir
47:17de notre point de vue
47:17la copie,
47:18raison pour laquelle
47:19nous nous proposons
47:20une alternative
47:21à ce qui est fait
47:22et qui a été fait
47:23jusqu'à présent.
47:25Merci beaucoup
47:26Madame la rapporteure.
47:27On a terminé
47:27les expressions
47:28des orateurs de groupe.
47:29Il me reste deux orateurs
47:30inscrits
47:31pour une minute
47:32en commençant par
47:33Ercidia Soudet.
47:35Merci Monsieur le Président.
47:37Cet été a été un fiasco
47:38et notamment
47:39pour nos pompiers
47:40qui se sont retrouvés
47:41surmobilisés
47:41et avec des moyens
47:43dérisoires.
47:44Surmobilisés
47:45grâce notamment
47:46à un non-respect chronique
47:48celui des directives européennes
47:49et à un système
47:51de sécurité civile
47:52qui est problématique
47:53notamment parce qu'il permet
47:54d'enchaîner les heures
47:55jusqu'à plus soif.
47:56Des moyens dérisoires aussi,
47:58je pense notamment
47:58aux canadaires
47:59qui n'ont pas été commandés,
48:00je pense aussi
48:01aux cagoules
48:02qui ont été imposées
48:03aux pompiers
48:03pour faire face
48:04aux feux de forêt
48:04alors que ça ne permet pas
48:05de filtrer le CO2
48:07correctement.
48:07Je pense aussi
48:08aux formations
48:09qui sont insuffisantes
48:11puisqu'en fait
48:11les formations
48:12aux feux de forêt
48:13notamment
48:13ne sont en fait
48:14rendues obligatoires
48:15par aucun texte.
48:17Et donc
48:18Madame la rapporteure,
48:19j'aurais voulu savoir
48:20qu'est-ce que vous pensez
48:21du fait
48:21est-ce que vous pensez
48:22qu'il faudrait
48:23refonder complètement
48:24notre système
48:25de sécurité civile ?
48:26Est-ce que vous ne pensez pas
48:27qu'il faudrait profiter
48:28aussi des débats budgétaires
48:29pour recruter massivement
48:30des pompiers professionnels
48:31pour investir largement
48:33dans du matériel adéquat ?
48:35Et que pensez-vous aussi
48:36d'un élargissement
48:36de la formation
48:37relative aux feux de forêt ?
48:40Merci beaucoup
48:40Madame la rapporteure.
48:42Oui, merci collègue Soudé
48:44sur la question
48:46de la sécurité civile.
48:47C'est un aspect
48:47qu'on a abordé
48:49dans ce rapport
48:51autour des structures
48:53qui existent
48:53au niveau européen
48:54et on a vu
48:55y compris
48:55qu'il n'y a pas eu
48:57autant de sollicitations
48:59qu'on aurait pu penser
48:59justement
49:00des ressources communes.
49:03J'appuie bien évidemment
49:04ce que vous venez
49:05de présenter
49:06à la fois sur le constat
49:07et sur la nécessité
49:09de renforcer ces structures.
49:11Ça fait partie
49:11des recommandations
49:12en fait
49:12que nous avons
49:16que j'ai
49:17porté
49:17et que nous avons
49:18élaboré
49:19avec l'ensemble
49:20de l'équipe
49:21sur le fait
49:22de renforcer
49:23tous les réseaux
49:24et donc notamment
49:25ceux de la sécurité
49:26civile.
49:27Il y a des moyens
49:28de mutualisation
49:29qui existent
49:31y compris
49:32quand par exemple
49:33des Canadaires
49:34font défaut
49:35en France
49:36et il y a
49:38un enjeu
49:39à financer
49:41beaucoup plus
49:42ces réseaux
49:45de coopération
49:47au niveau
49:47européen
49:48y compris
49:49en s'aspirant
49:50de ce que font
49:51d'autres pays
49:53et qui sont
49:53avancés
49:54en la matière
49:56mais ça passe
49:57aussi par des moyens
49:58effectivement
49:59budgétaires
50:00et je pense
50:00qu'on va avoir
50:01l'occasion
50:01de revenir là-dessus
50:03en France
50:04et aussi
50:05au niveau
50:05du budget européen
50:06parce que
50:06c'est aussi
50:07des fonds
50:08qui peuvent être
50:09mobilisés
50:10pour cela.
50:11Merci beaucoup
50:12et enfin
50:13la parole est
50:14à Béranger Cernon
50:14pour le groupe
50:15de la France Insoumise.
50:16Merci monsieur le président,
50:18madame la rapporteure,
50:19chers collègues.
50:19Votre communication
50:20souligne à juste titre
50:21que les infrastructures
50:22de transport
50:23et notamment
50:24le réseau ferroviaire
50:24ont été conçues
50:25selon des conditions
50:26climatiques
50:26qui ne correspondent plus
50:27à celles que nous
50:28connaissons aujourd'hui.
50:29Les fortes variations
50:30de température
50:30provoquent des déformations
50:31de rails,
50:32des ralentissements,
50:33des interruptions
50:33de circulation
50:34et dégradent
50:35les conditions
50:36de transport
50:36des usagers.
50:37Mais les transports
50:38ne sont pas seulement
50:38des infrastructures
50:39à protéger,
50:40ils sont aussi
50:41un service public
50:41essentiel,
50:42indispensable à la
50:43mobilité quotidienne
50:44et à la transition
50:45écologique.
50:46Or, les populations
50:46les plus modestes
50:47qui dépendent davantage
50:48des transports collectifs
50:49sont aussi celles
50:50qui disposent du moins
50:51d'alternatives
50:52en cas de perturbation.
50:53Comment serait-il possible
50:54pour vous d'intégrer
50:55pleinement l'adaptation
50:56climatique dans la planification
50:57et le financement
50:58de nos infrastructures
50:59de transport,
51:00notamment ferroviaires ?
51:01Comment garantir
51:01que cette adaptation
51:02ne se limite pas
51:03à la sécurisation
51:04technique du réseau
51:05mais permettent aussi
51:06d'assurer la continuité
51:07et l'accessibilité
51:08du service public
51:09de transport
51:09pour toutes et tous,
51:10y compris lors
51:11des épisodes caniculaires ?
51:13Et enfin,
51:13M. Tabarou,
51:14ministre des Transports,
51:15a annoncé le lancement
51:16d'une mission
51:17visant à renforcer
51:17la prévention
51:18des risques systémiques
51:19et l'adaptation
51:20au changement climatique
51:21des infrastructures
51:22de transport.
51:23Comment espérer
51:23que ce rapport
51:24ne serve pas
51:24à caler des armoires
51:25alors que nos réseaux,
51:27aussi bien ferrés
51:27que routiers
51:28et fluviaux,
51:28sont en extrême souffrance ?
51:30Je vous remercie.
51:30Merci, M. le député.
51:31Mme le rapporteur.
51:33Merci, chers collègues.
51:36C'est vraiment
51:36de pointer
51:37cette dimension
51:38que je n'ai pas eu
51:39l'occasion
51:40d'approfondir
51:42dans le cadre
51:43de ce travail
51:45et je pense
51:46que ça nécessiterait
51:49une communication
51:50particulière
51:51parce que c'est un enjeu.
51:52On l'aborde
51:53un petit peu
51:54en y faisant référence
51:56sur l'impact
51:59sur les infrastructures.
52:00Vous évoquez aussi
52:01le réseau fluvial
52:03et on a noté
52:05et il nous a été rappelé
52:07à quel point
52:08les perturbations
52:09sur la baisse
52:10du niveau des fleuves
52:11et y compris
52:12les interconnexions
52:13ont eu des difficultés
52:17et du coup
52:18l'approvisionnement
52:21a été aussi impacté.
52:23Donc c'est effectivement
52:24une question centrale.
52:25Je dirais qu'il y a
52:26un enjeu
52:28de sorte
52:29sur le financement
52:31des infrastructures
52:32et ça me permet
52:33d'évoquer
52:35ça fait partie
52:36des propositions
52:37qui sont mises
52:37en avant
52:38sur le fait
52:38que pour financer
52:39et rénover
52:41un certain nombre
52:42d'infrastructures
52:42on pourrait
52:44utiliser le principe
52:46pollueur-payeur
52:47et je pense
52:47notamment
52:48par exemple
52:49en matière
52:50de compagnies
52:53aériennes
52:53ou de compagnies
52:56des industries
52:56fossiles
52:57j'évoquais
52:59la question
53:00des taxations
53:01des profits
53:02et sur l'aérien
53:05par exemple
53:06il y a le sujet
53:07des niches
53:08pour ce secteur-là
53:11qui pourraient permettre
53:12justement
53:12d'aider
53:15le secteur
53:16ferroviaire
53:17à rénover
53:19ces infrastructures
53:20et à anticiper
53:21justement
53:21des périodes
53:23qu'on sait
53:24qui vont être
53:24plus fréquentes
53:26et donc
53:26la question
53:27c'est comment
53:28on adapte
53:28y compris
53:29au niveau
53:31européen
53:32en termes
53:32d'interconnexion
53:33des différents
53:35réseaux
53:35et comment
53:36on les renforce
53:37ça se pose
53:38d'ores et déjà
53:40et ce qui manque
53:41comme pour un certain
53:43nombre d'autres sujets
53:44c'est le fait
53:45d'avoir une évaluation
53:46claire
53:47en fait
53:47du maillage
53:49et d'avoir
53:50un budget
53:51pour financer
53:53les travaux
53:54importants
53:55à la fois
53:55de rénovation
53:56et puis aussi
53:56de développement
53:57en termes
53:58d'alternatives
54:00aux moyens
54:01plus consommateurs
54:03en énergie
54:03et notamment
54:04en énergie
54:05fossile
54:06donc c'est un chantier
54:08que je n'ai pas eu
54:08l'occasion
54:09d'approfondir
54:11mais qui
54:12me semble
54:13essentiel
54:14effectivement
54:14et qui montre
54:15justement
54:16toutes les dimensions
54:17de l'impact
54:18des épisodes
54:19extrêmes
54:19météorologiques
54:19parce qu'on a vu
54:21des retards
54:22de train
54:22voire des
54:23dessertes coupées
54:24parce que
54:25les effets
54:27des chaleurs
54:28sur
54:29les infrastructures
54:30ça nécessite aussi
54:31de penser
54:32technologiquement
54:33la recherche
54:34pour avoir
54:35justement
54:36des outils
54:37des matériaux
54:38adaptés
54:39à ces changements
54:41de température
54:43aussi bien
54:43celles extrêmes
54:44en été
54:44mais aussi
54:45du coup
54:45des pics
54:47en hiver
54:47bref
54:48tout un chantier
54:50je ne sais pas
54:50ce que donnera
54:51le rapport
54:51du ministre
54:52mais je pense
54:53que ça doit être
54:54l'occasion
54:54justement
54:55d'ouvrir
54:56ce débat
54:56et d'apporter
54:58des propositions
54:59de réformes
55:01structurelles
55:02dans le secteur
55:04merci beaucoup
55:05madame la rapporteure
55:05s'il n'y a pas
55:06d'autres demandes
55:07de prise de parole
55:07à terminer
55:08avec notre réunion
55:09de ce jour
55:09je vous remercie
55:10à nouveau
55:10pour votre travail
55:11et cette communication
55:13importante
55:13prochaine réunion
55:14mardi 10 novembre
55:15à 17h30
55:16pour une audition
55:17conjointe avec la commission
55:18des affaires étrangères
55:19du premier ministre
55:20de la république
55:21du Kosovo
55:22voilà
55:22et si vous voulez
55:23écouter un mot
55:24allez-y
55:24un dernier mot
55:25de remerciement
55:27à l'ensemble
55:28de l'équipe
55:29qui m'a accompagnée
55:30donc en premier lieu
55:31notre administratrice
55:33madame Brouwer
55:34et ma collaboratrice
55:35Sarah Mouem
55:36qui ont largement
55:39contribué
55:39à la production
55:40de cette communication
55:41merci beaucoup
55:42pour ces mots
55:43et pour les équipes
55:44c'est toujours très important
55:45merci beaucoup
55:45et à la semaine prochaine
55:46et à la semaine prochaine
56:16Merci.

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