- il y a 14 minutes
C’est un revers cinglant pour Donald Trump. Les démocrates ont remporté les élections de mi-mandat aux États-Unis en prenant le contrôle de la Chambre des représentants, mais aussi du Sénat, où ils ont obtenu 54 sièges, contre 44 pour les républicains. Ces nouveaux élus démocrates auront désormais la capacité de fixer l’agenda législatif, de peser sur le budget fédéral, mais aussi de lancer des enquêtes parlementaires visant le président républicain et ses proches. Donald Trump a affirmé qu’il acceptait le résultat des élections, mais refuse d’en assumer la responsabilité et garde en main sa menace du véto présidentiel.
Dans cet épisode du Monde selon Trump, Thierry Arnaud, à Washington, décrypte l’actualité avec deux envoyés spéciaux de BFMTV: Antoine Heulard, depuis la Floride, et Jérémy Normand, depuis le Michigan.
Un épisode préparé et réalisé par Alexandre Foucault et Agathe Vanhoutte, avec Baptiste Keita et Dorine Jarnias.
Dans cet épisode du Monde selon Trump, Thierry Arnaud, à Washington, décrypte l’actualité avec deux envoyés spéciaux de BFMTV: Antoine Heulard, depuis la Floride, et Jérémy Normand, depuis le Michigan.
Un épisode préparé et réalisé par Alexandre Foucault et Agathe Vanhoutte, avec Baptiste Keita et Dorine Jarnias.
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00:00Nous allons faire l'Amérique de nouveau, avec feu et fure.
00:08Je refuse d'accepter que mes deux petites filles grandissent dans un monde aussi sombre,
00:14aussi dangereux et aussi cruel que celui qui menace de devenir le nôtre.
00:19Je refuse d'accepter qu'Eva et Lila grandissent avec des amis et des enseignants artificiels,
00:23dans une société où les malades meurent, non pas parce qu'il n'existe aucun remède,
00:27mais parce qu'ils n'ont pas les moyens de se soigner.
00:30Un monde où nous possédons assez d'armes nucléaires pour détruire la planète mille fois,
00:34mais où nous refusons de garantir des soins de santé à chaque citoyen.
00:38Sur une planète empoisonnée qui se réarme pour une guerre mondiale,
00:41où la vie humaine ne vaut plus grand chose et où la force fait loi.
00:46Vous voyez, quand Eva sera assez grande pour me demander pourquoi j'ai laissé tout cela arriver,
00:52je suis déterminé à lui répondre honnêtement, je ne l'ai pas laissé faire.
01:00Bonjour à tous et bienvenue dans cet épisode spécial du Monde selon Trump.
01:04On vous l'avait promis et on y est ici à la Maison-Blanche.
01:07C'est le jour d'après, le jour d'après ce véritable tremblement de terre dans le Monde selon Trump.
01:12Un monde dans lequel il va falloir s'attendre désormais à entendre de nouvelles voix.
01:16Des voix qu'on avait tendance à ignorer, à écarter, à laisser un peu de côté,
01:19mais qui désormais vont peser lourd, à l'image de celles que vous venez d'entendre.
01:24John Ossoff, qui vient d'être réélu triomphalement sénateur de Géorgie avec à peu près 60% des voix,
01:31c'est l'un des visages qui va incarner dans les mois et dans les années qui viennent le renouveau
01:35de ce parti démocrate.
01:37On en parle déjà comme un possible candidat à l'élection présidentielle de 2028,
01:41même s'il lui promet sur tous les tons qu'il va exercer jusqu'au bout son mandat de sénateur
01:46de 6 ans.
01:47Mais encore une fois, il est l'un des symboles de ce tremblement de terre, de ce tsunami bleu,
01:53comme on l'a appelé ici, dont on va regarder ensemble la portée et les conséquences.
01:58Et pour m'accompagner aujourd'hui, je salue l'ami Antoine Hollard qui est en Floride aujourd'hui du côté
02:02de Boca Raton.
02:03Salut Antoine.
02:04Salut Thierry.
02:05Et puis dans le Michigan, où on parlera d'un candidat qui a beaucoup pesé dans cette campagne aussi,
02:10on retrouve l'ami Jérémy Normand qui a suivi cette campagne du Michigan ces trois derniers jours.
02:15Salut Jérémy.
02:16Salut Thierry, bonjour à tous.
02:17Alors avant d'entamer la conversation avec vous les amis, je pense qu'il faut faire quand même un état
02:21des lieux
02:21pour mesurer l'ampleur de ce qui s'est produit, cette élection qui a été complètement historique
02:28avec une majorité qui s'annonce pléthorique du côté de la Chambre des représentants.
02:32C'est sept sièges au Sénat et ça évidemment c'était très important.
02:36C'est là que se trouve le pouvoir politique législatif ici aux Etats-Unis
02:39qui ont basculé des républicains vers les démocrates.
02:42Je vous les rappelle, il y a l'Ohio, le Maine, l'Iowa,
02:45les deux Carolines, en particulier la Caroline du Sud qui est vraiment un état républicain
02:51et puis deux états dont on a beaucoup parlé et dont on va reparler.
02:54Le Kansas qui envoie un sénateur démocrate à Washington pour la première fois depuis 1932
02:58et le Texas où la campagne a été évidemment très suivie.
03:04Et d'ailleurs dans quatre de ces états, on a aussi fait basculer le poste de gouverneur
03:08et ça c'est très important aussi pour voir comment ce paysage politique américain
03:13est en train d'être complètement redessiné dans l'Ohio, en Géorgie, dans l'Iowa et au Texas.
03:20Et bien les gouverneurs qui étaient républicains vont être désormais démocrates.
03:23Et puis j'ajoute parce que c'est important de le comprendre dans ce pays décentralisé
03:27qu'il y a les parlements des états, ce qu'on appelle les state legislatures
03:32où il y a eu des élections aussi et où là encore la liste est absolument incroyable.
03:37Le Wisconsin qui fait basculer les deux chambres du côté démocrate,
03:40la Pennsylvanie qui fait basculer le Sénat,
03:42le Michigan qui fait basculer la chambre basse de la même que la Géorgie,
03:46que la Caroline du Nord, que le Minnesota.
03:48Il y a désormais cinq états dans lesquels on se trouve en situation de ce que les Américains appellent le
03:53trifecta.
03:54Le trifecta c'est lorsque le gouverneur et les deux chambres du Parlement de l'État sont du même parti,
04:00le Michigan, le Nevada, le Wisconsin, le Minnesota, la Pennsylvanie.
04:04Il ne vous a pas échappé que dans tous les cas, ces états ce sont des swing states,
04:09ces fameux états qui font basculer l'élection présidentielle.
04:13Alors pourquoi je parle dès maintenant de l'élection présidentielle ?
04:15Parce qu'on est aux États-Unis et aux États-Unis, quand une campagne se termine,
04:19c'est une autre campagne qui commence.
04:21Et depuis ce 4 novembre, ici à Washington, comme partout ailleurs dans le pays,
04:25on ne pense plus qu'à une chose dans ce monde politique,
04:28à la prochaine échéance, à ces élections de 2028.
04:31Alors je le disais, on a beaucoup parlé du Texas,
04:34où il y avait une compétition particulièrement suivie, emblématique pour le poste de sénateur.
04:39Alors tu es en Floride, Antoine, aujourd'hui,
04:41mais le Texas, tu t'y es rendu à plusieurs reprises, tu as suivi cette campagne,
04:46et tu as pu constater hier que cette montée que l'on sentait venir du côté de James Salarico,
04:51elle est allée au-delà, sans doute, de ce que le candidat démocrate lui-même pouvait espérer.
04:56Oui, en fait, moi je m'étais rendu au Texas,
04:58notamment pour suivre la question des data centers,
05:02qui s'est invité dans la campagne électorale.
05:04J'ai tourné un reportage dans les zones rurales,
05:07des zones qui sont vraiment acquises aux Républicains.
05:09On vote là-bas pour Donald Trump et pour les Républicains à plus de 60%.
05:13Mais j'ai rencontré plusieurs électeurs républicains qui se sont retournés,
05:17parce que du jour au lendemain, un data center s'est installé à côté de chez eux,
05:20un site géant, notamment à côté d'une dame qui s'appelle Cheryl,
05:24que j'ai rencontrée, avec 65 000 ventilateurs qui tournent H24 à plein régime,
05:29ça fait un bruit absolument infernal.
05:31Et cette dame me racontait que lorsqu'elle est allée voir les autorités locales
05:34pour essayer de réguler ce data center,
05:36pour lui imposer des limites, des limites de bruit notamment,
05:38elle a trouvé porte-close partout.
05:40Et donc, elle était très remontée contre les autorités locales,
05:43c'est-à-dire contre les autorités républicaines,
05:46que ce soit le gouverneur notamment,
05:48ou les échelons un peu inférieurs.
05:50Et du coup, pour la première fois de sa vie,
05:52elle m'a dit qu'elle a voté pour le parti démocrate.
05:54Et j'en ai raconté d'autres comme ça,
05:56qui se sentaient un peu méprisées par les Républicains et par Donald Trump.
06:00Parce que Donald Trump, sur le sujet des data centers,
06:02avait expliqué que ceux qui refusaient un data center à côté de chez eux
06:05allaient finir pauvres et arriérés.
06:07C'est une petite phrase qui a vraiment choqué les gens.
06:09Et il y a eu comme une prise de conscience, en fait,
06:11chez tous ces Républicains, vraiment pur jus.
06:14On est dans la campagne du Texas,
06:16que Donald Trump, finalement, n'était pas l'un des leurs,
06:19qu'il n'était pas un vrai Américain,
06:22c'est ce que m'a dit une dame,
06:22qui travaille dur, qui doit payer ses factures,
06:25et qu'il était du côté des milliardaires,
06:26qui ont besoin de construire ces data centers
06:28pour faire tourner l'intelligence artificielle.
06:30Donc il y avait vraiment une cassure entre ces électeurs-là,
06:34pourtant vraiment profondément conservateurs,
06:36et Donald Trump.
06:37Et ça, Donald Trump, c'est quelque chose qu'il n'a pas du tout senti.
06:40Lui qui a un instinct politique d'habitude,
06:41il n'a pas du tout senti cette colère qu'il montrait contre les data centers.
06:44Alors c'est un sujet parmi d'autres,
06:46ce n'est pas ce sujet-là seulement qui a fait basculer le Texas,
06:48mais c'est un sujet quand même qui s'est imposé dans la campagne,
06:50qui était très important.
06:52Et au final, voilà, c'est Talarico qui l'a emporté,
06:55et la gouverneure, et également la candidate pour le poste de gouverneur,
06:58Gina Enarosa.
07:01Enarosa d'ailleurs, qui a pris le temps pendant la campagne
07:04d'aller rencontrer les riverains qui avaient un data center à côté chez eux.
07:07C'est un geste qui a été beaucoup commenté dans cette communauté
07:09d'électeurs républicains qui se mobilisaient contre les data centers.
07:15Ce qui est marquant aussi dans cette campagne de Talarico,
07:17c'est que, tu sais, Talarico, il a fait des études de séminariste,
07:21il met souvent en avant sa foi, sa foi chrétienne,
07:26et l'un de ses messages pendant la campagne,
07:28ça a été les valeurs de l'amour en politique,
07:31et c'est un message qu'il a à nouveau répété hier soir
07:34lors de son discours de campagne.
07:35On l'écoute.
07:38Je pense qu'on peut le dire sans risque,
07:40nous en avons assez d'être dressés les uns contre les autres.
07:44Nous en avons assez qu'on nous dise de nous haïr.
07:46Cela fait dix ans que cette politique dure.
07:52Une politique vécue comme un combat à mort,
07:54une politique du troll et de l'humiliation,
07:56une politique digne du catch professionnel.
08:00Elle déchire les familles.
08:02Elle brise les amitiés,
08:03et elle nous laisse tous avec un sentiment permanent de malaise.
08:07Partout sur l'échiquier politique,
08:09les gens aspirent à une autre forme de politique.
08:12Pas une politique de haine,
08:15pas une politique de peur,
08:18pas une politique de division,
08:19mais une politique d'amour.
08:32Ma foi m'enseigne que l'amour est la force la plus puissante de l'univers.
08:37L'amour n'est pas passif,
08:39l'amour n'est pas neutre,
08:41l'amour n'est pas faible.
08:44L'amour exige que nous nous tenions entre les brutes et leurs victimes.
08:49L'amour exige que nous regardions le mal droit dans les yeux,
08:53sans détourner le regard.
08:55Cet amour-là a toujours été une menace pour les puissants.
09:00Ils ont beaucoup évoqué ce sujet,
09:02les Américains,
09:03lorsqu'on les interrogeait à la sortie des bureaux de vote.
09:06Il fallait arrêter, disait-il,
09:07de nous dresser les uns contre les autres.
09:09Manifestement, ça a fonctionné dans une certaine mesure
09:11lorsqu'on a décidé de parler au cœur des Américains.
09:14Mais on peut se dire aussi,
09:16Jérémy, en tout cas,
09:17il me semble que c'est toi ce que tu as constaté
09:19du côté du Michigan,
09:21c'est que les Américains ont aussi
09:22beaucoup voté avec leur portefeuille.
09:25Oui, exactement,
09:26parce qu'il y a un lieu vraiment plus que les autres
09:28où l'élection s'est jouée
09:30et où cette débâcle républicaine
09:33a trouvé racine,
09:34c'est dans les stations-service.
09:35Je suis justement dans une station-service du Michigan,
09:38vous l'apercevez peut-être derrière moi,
09:39je suis ici à Détroit.
09:41Et ici, vraiment, en fait,
09:42chaque fois que les Américains,
09:44les automobilistes viennent faire le plein,
09:45ils voient les conséquences de la guerre
09:48initiée par Trump en Iran
09:50parce que les prix à la pompe ont bondi.
09:52Plus 40% pour l'essence,
09:54ça frôle même les plus 70%
09:56pour le diesel.
09:57Et dans ce pays où chacun aime conduire
09:59de grosses voitures,
10:01de gros pick-up,
10:01très gourmands en carburant,
10:03ça pèse très lourd sur le portefeuille
10:04à la fin du mois.
10:05Donc, c'est effectivement d'abord
10:06avec leur portefeuille
10:07que les Américains ont voté.
10:09Là, justement,
10:10j'en ai interrogé plusieurs d'entre eux
10:11qui ont vu que,
10:13suite à la débâcle républicaine,
10:15le prix du cours du Brent
10:17avait commencé à baisser,
10:18à repasser sous les 100 dollars.
10:19Donc, ils espèrent pour certains
10:21que Trump va être entravé
10:23grâce au contrôle des démocrates
10:25de la Chambre haute
10:26et de la Chambre basse du Congrès,
10:28que la guerre en Iran s'arrête
10:29et que tout ça se calme
10:30et qu'il y a un retour à la normale
10:32pour les prix.
10:32Et c'est vraiment ça,
10:33vraiment que Trump et Evans
10:36ont peut-être sous-estimé.
10:38C'est la perception des Américains
10:40que la guerre en Iran,
10:42initiée par Trump,
10:43décidée tout seul par Trump,
10:44est aujourd'hui à la base
10:45des mots qu'ils connaissent au quotidien.
10:48Alors, on a quand même,
10:49on s'est éloigné des trois
10:50et quand on est allé
10:51dans les territoires plus ruraux
10:52du Michigan,
10:53notamment il y a quelques jours
10:54avec Baptiste Keïta
10:55qui m'accompagne,
10:56on est allé voir un agriculteur,
10:57c'est un vétéran de l'armée
10:59qui avait servi en Irak,
11:00en Afghanistan,
11:01un fervent supporter de Trump
11:02et qui est aujourd'hui
11:03un chef d'entreprise,
11:04un exploitant agricole
11:05à la tête de plus de 320 hectares
11:07de champs,
11:08notamment de maïs.
11:09Donc, vraiment,
11:09un businessman
11:09qui voit en Trump un businessman.
11:11Il avait beau,
11:12je l'interrogeais
11:12dans sa moissonneuse bateuse
11:13en train de faire
11:14les récoltes de maïs,
11:15il avait beau me dire
11:16qu'il travaillait à perte,
11:16qu'il allait gagner
11:17zéro dollar avec sa récolte
11:18à cause des prix des carburants,
11:20à cause de la guerre commerciale
11:20qu'avait commencé Trump.
11:21Pour autant,
11:22impossible pour lui
11:23de mettre un bulletin démocrate
11:25dans l'urne
11:25et il est quand même
11:26allé voter pour Trump
11:27mais avec beaucoup moins
11:28d'alent que d'habitude.
11:29D'ailleurs,
11:29on a vraiment vu
11:30ici dans le Michigan,
11:30mais ça se voit
11:32dans tout le pays,
11:33même dans les territoires
11:34où Trump fait d'ordinaire
11:3655, 60, 65%,
11:38il y a eu vraiment
11:39une surreprésentation
11:40du vote démocrate.
11:41Alors, est-ce que
11:41les électeurs républicains
11:42se sont moins déplacés
11:44aux urnes
11:44ou est-ce qu'il y a eu
11:45vraiment de nombreux
11:46électeurs républicains
11:46qui, vraiment,
11:47on flippe,
11:48comme on dit ici,
11:49se sont retournés
11:49et sont allés mettre
11:51un bulletin démocrate ?
11:52En tout cas,
11:52ce qui est sûr,
11:52c'est qu'il y a vraiment
11:53eu un effet pouvoir d'achat
11:55dans cette campagne
11:56et pour avoir accompagné
11:58les candidats démocrates
11:59dans la ligne droite
12:00qui faisaient du porte-à-porte
12:01pour essayer de convaincre
12:02les derniers indécis,
12:03vraiment,
12:04il n'y avait même pas besoin
12:06de défendre le programme
12:07défendu par,
12:08présenté par le Parti démocrate.
12:10Il y avait un mot
12:11qui ressortait aussitôt,
12:12c'était le prix à la pompe,
12:13le fait de faire ses courses
12:16sans pouvoir s'en sortir
12:18et c'est vraiment
12:19l'argument massue
12:19qui, en tout cas,
12:20moi, dans ce que j'ai pu voir,
12:22faisait mouche
12:23auprès des électeurs
12:24et notamment des indécis.
12:25Et puis, Jérémy,
12:26tu es aussi allé
12:27dans le Michigan
12:28parce que, potentiellement,
12:29on imaginait
12:30qu'il pouvait y avoir
12:31un moment historique
12:32avec l'élection
12:33pour la première fois
12:34d'un sénateur musulman
12:36dans un État des États-Unis
12:37Abdoul el-Sayed
12:38qui a été un candidat
12:39véritablement emblématique
12:41de cette campagne
12:42brillante,
12:43charismatique,
12:44bête noire
12:45de Donald Trump
12:46et pas seulement
12:47Donald Trump,
12:47d'ailleurs d'une grande partie
12:48de l'establishment républicain
12:50face au républicain
12:51Mike Rogers.
12:53Il a finalement
12:54gagné cette élection
12:56et disons les choses,
12:58il a choisi
12:58hier soir
12:59un peu
12:59lors de son discours
13:01pour se féliciter
13:03de cette victoire
13:03un peu
13:03de se payer
13:04ses adversaires.
13:05Oui,
13:06exactement Thierry.
13:07En fait,
13:07la bataille
13:08pour les mid-terms
13:09ici dans le Michigan,
13:10elle est emblématique
13:11du climat politique,
13:14j'allais dire délétère
13:15ou toxique
13:16pour reprendre les mots
13:16de certains responsables démocrates
13:18avec qui j'échangeais hier
13:19lors de la soirée électorale
13:20parce qu'elle a été
13:21d'une rare violence.
13:23En fait,
13:24Abdoul el-Sayed
13:24c'est effectivement
13:25désormais
13:26le premier sénateur musulman
13:27des États-Unis.
13:28Il y a encore quelques mois,
13:29c'était un parfait inconnu,
13:30c'était un médecin spécialiste
13:32de santé publique
13:32qui travaillait ici
13:34à Détroit
13:35et en quelques mois,
13:36grâce à une campagne
13:37notamment très efficace
13:38sur les réseaux sociaux
13:38axée sur le pouvoir d'achat,
13:40axée sur la couverture sociale,
13:42il s'est fait un non,
13:43il a gagné difficilement
13:45contre son adversaire démocrate
13:48à la primaire,
13:48Hailey Stevens
13:49qui était plutôt
13:49la candidate de l'establishment
13:51qui était elle
13:52notamment massivement soutenue
13:53par l'IPAC,
13:55l'association pro-israélienne
13:56qu'il avait quand même
13:57financée à autant
13:58de 40 millions de dollars.
13:59Il a gagné d'une courte tête
14:01et ensuite,
14:01dans la dernière ligne droite,
14:02ça a été une bataille
14:04vraiment d'une rare violence.
14:06En fait,
14:06Donald Trump,
14:06il est venu ici dans le Michigan
14:08faire campagne
14:09sans prendre quasiment
14:10personnellement
14:11à Abdoul El Sayed,
14:12détournant toujours
14:12la conversation du fond
14:15et du pouvoir d'achat
14:15sur la personne.
14:17Pourquoi ?
14:17Parce que Abdoul El Sayed,
14:18il a des origines égyptiennes,
14:20il est de confession musulmane
14:21et ça pour Trump,
14:22c'est suffisant
14:23pour en faire de lui
14:24le parfait djihadiste.
14:26Et pourquoi j'utilise ce mot ?
14:27Parce que Trump n'a ni plus ni moins
14:29accusé d'être un djihadiste.
14:31Jake Evans,
14:31il s'est même accusé
14:32d'être un psychopathe.
14:34Et en fait,
14:34il y a eu ces accusations.
14:35Trump n'a cessé d'ironiser
14:37sur son nom.
14:38Il s'appelle Abdoul.
14:39Trump l'appelait Mohamed
14:40parce que c'est son deuxième prénom.
14:41Et je me souviens d'une phrase,
14:42mais vraiment,
14:43d'une violence intense.
14:44En France,
14:46un politicien,
14:47un candidat
14:47qui parlerait comme ça,
14:49mais ça signerait
14:50sa mort politique
14:50à l'instant même
14:51où il prononcerait cette phrase.
14:52Trump disait,
14:53moi je peux l'appeler Mohamed
14:53parce que je suis le président,
14:55je l'appelle comme je veux.
14:57Et c'est un djihadiste.
14:58Et rien n'était fondé.
14:59Il n'y avait aucun fondement.
15:00Mais ça a vraiment parasité,
15:02pollué,
15:03imprégné cette campagne
15:04avec,
15:05on le sait ici aux Etats-Unis,
15:06ces spots publicitaires
15:07à la télévision,
15:08ces centaines de millions de dollars
15:10qui sont dépensés
15:11chaque jour.
15:12Les spots publicitaires
15:12non pas pour défendre
15:14le programme du candidat
15:15que l'on soutient,
15:16mais pour attaquer
15:17et mettre plus back-ter
15:19parfois l'adversaire.
15:20Ici au Michigan,
15:21c'était quand même
15:21plus de 300 millions de dollars
15:22qui ont été dépensés
15:23dans cette campagne.
15:24C'est le record historique.
15:25Jamais il n'y a eu autant
15:26d'argent de dépensé
15:27dans une campagne.
15:27Et ça dit tout vraiment
15:28de ce duel qui a été mené.
15:31Et donc effectivement,
15:32après sa victoire,
15:33Abdoulaye El-Sayed
15:33a décidé de rendre les coups.
15:35On peut l'écouter
15:36et je vais expliquer ensuite
15:37pourquoi il a asséné ses flèches
15:39aux uns et aux autres.
15:39nous avons gagné.
15:43Alors Mike,
15:45profite bien de ta retraite.
15:48Je sais que tu as une maison
15:50en Floride et deux yachts.
15:53Tu as choisi la haine
15:55et le Michigan a choisi l'espoir.
15:57JD.
16:01Habibi.
16:03Habibi.
16:05Il y a une délicieuse ironie
16:07dans le fait que tu sois
16:09constitutionnellement obligé
16:10de me faire prêter serment
16:11en janvier.
16:15Alors on l'entend,
16:16c'est une saillie très calculée.
16:19Il se délecte de décocher ses flèches
16:21ainsi à ses adversaires.
16:22Il commence par Mike Rogers,
16:24ancien agent du FBI.
16:25C'était son adversaire républicain
16:26dans cette campagne.
16:28Et il pointe ici,
16:29en parlant de sa maison en Floride
16:31et de ses yachts,
16:31il pointe évidemment sa richesse
16:34et donc sa déconnexion supposée
16:36avec le peuple.
16:37Lui, Abdoulaye El-Sayed,
16:38se faisant le candidat du peuple
16:39parlant sans cesse
16:40du pouvoir d'achat.
16:42Il s'en prend ensuite
16:42à Jake Levens
16:43parce qu'aux Etats-Unis,
16:44le vice-président dirige
16:46la chambre haute, le Sénat
16:47et donc effectivement
16:48lorsqu'il va être intronisé sénateur
16:50en janvier prochain,
16:51Abdoulaye El-Sayed,
16:52il sera face à Jake Levens
16:53qui le fera prêter serment.
16:55On imagine déjà le sourire
16:56qu'il abordera ce jour-là.
17:00Et enfin sa dernière flèche
17:01pleine de venin,
17:02elle est pour Donald Trump
17:04qui n'a cessé de s'en prendre à lui.
17:06Et ça a été une campagne
17:07encore une fois
17:07mais extrêmement violente ici
17:08et au sein de la communauté
17:10arabo-américaine
17:11très présente ici
17:12dans la banlieue de Détroit
17:12où je me trouve,
17:13ça a vraiment été très mal vécu.
17:15Ça a été une souffrance
17:16pour les électeurs
17:18et c'est pour ça
17:19que ce candidat,
17:21que ce nouveau sénateur
17:21a vraiment décidé
17:22de s'en prendre
17:23à Donald Trump
17:24en disant ainsi
17:25qu'il n'a pas besoin
17:25de se souvenir de son nom.
17:28Il peut simplement
17:28l'appeler monsieur le sénateur.
17:30Voilà, ça dit quand même
17:31beaucoup de choses
17:32du climat qu'on a vécu.
17:34Et une dernière chose, Thierry,
17:35ça dit aussi quelque chose
17:36de ce qui va se passer
17:37pour la suite
17:38dans cette recomposition
17:39du paysage politique américain
17:41parce qu'Abdoul el-Sayed
17:42il représente vraiment
17:42l'aile gauche
17:43du Parti démocrate.
17:45Vous vous souvenez évidemment
17:45de Bernie Sanders,
17:46ce vieux routier
17:47de la politique américaine,
17:48ce socialiste revendiqué
17:49qui est déjà sénateur
17:52et qui lui siège
17:53avec les indépendants.
17:54Il a cessé de dire
17:55dans cette campagne,
17:55Bernie Sanders
17:56en venant au chevet
17:56d'Abdoul el-Sayed
17:58de dire qu'il se sentait seul
17:59au Sénat
18:00et qu'il avait besoin
18:01de quelqu'un
18:02qui a part des idées politiques
18:04qui sont vraiment
18:04à l'aile gauche du parti.
18:06Et donc Abdoul el-Sayed
18:07à l'inverse,
18:09vraiment il est quand même
18:09assez éloigné
18:10sur le plan politique
18:11et notamment économique
18:13du nouveau sénateur texan
18:14dont on parlait
18:15un petit peu plus tôt.
18:16Lui, il est vraiment
18:16très à gauche
18:17et donc ça pose la question
18:18de ce qui va se passer
18:19pour 2028.
18:20Est-ce que c'est
18:21cette frange gauche
18:22avec Alexandre Ocasio-Cartez
18:24par exemple
18:24qui va prendre le dessus
18:26avec une façon de communiquer
18:27beaucoup plus tranchante ?
18:28Par exemple,
18:29là c'est une campagne
18:30vraiment menée
18:30beaucoup sur les réseaux sociaux
18:32avec des saïs.
18:33Là on vient de l'entendre
18:33encore une fois.
18:34Il y a quand même aussi
18:34de la violence
18:35qui émane
18:36de ce camp-là.
18:37Est-ce que c'est
18:38cette aile gauche
18:40qui va prendre le dessus
18:41et qui va réussir
18:41à s'imposer
18:41au sein du Parti démocrate
18:43ou est-ce que ce sont
18:44plutôt des modérés
18:45comme le sénateur
18:46John Ossoff
18:47en Géorgie
18:48ou le sénateur texan
18:50qui vont plutôt
18:51l'emporter
18:51et pouvoir représenter
18:52le Parti démocrate
18:53en 2028 ?
18:54En tout cas,
18:55c'est vraiment la suite
18:56de ce qui s'est passé
18:57ces derniers jours
18:58qui va nous intéresser
18:59aussi dans cette prochaine
19:01course à la Maison-Blanche.
19:02En tout cas,
19:03effectivement,
19:03ce sera un enjeu crucial
19:05pour les démocrates.
19:06Est-ce que ces nouveaux visages,
19:07ils vont arriver
19:07à faire la synthèse
19:08entre eux,
19:08les John Ossoff,
19:09les James Talarico,
19:11les Abdul El-Sayed
19:12pour porter un projet
19:14susceptible
19:15de les mener
19:16à nouveau
19:16à la victoire
19:16en 2028 ?
19:18Parmi ces nouveaux visages,
19:19il y en a d'autres
19:20qui sont importants
19:21à relever aussi
19:22parce que cette élection,
19:24elle a permis
19:25une émergence
19:26de visages
19:27issus des minorités.
19:28Antoine,
19:28tu évoquais
19:29il y a quelques instants
19:29le fait que la gouverneure
19:31du Texas
19:31soit une Latina,
19:32c'est la première fois,
19:34Gina Inorosa,
19:35mais il y aura également
19:36pour la première fois
19:38gouverneur de Géorgie
19:39une femme noire
19:41descendante d'esclaves
19:42qui s'appelle
19:43Kishalansbottoms
19:44et pour la petite histoire,
19:45il se trouve
19:45que son arrière-arrière-grand-père,
19:48elle est descendante
19:49d'esclaves,
19:49a fait partie
19:50de ceux
19:50qui ont construit
19:51la bâtisse
19:52qui abrite aujourd'hui
19:53la résidence
19:53du gouverneur de Géorgie
19:55dans laquelle
19:55elle va aller s'installer
19:57dans quelques semaines
19:58maintenant
19:58en tant que patronne
19:59de l'exécutif
20:00de cet état de Géorgie.
20:01Il y a un Latino
20:03pour la première fois
20:03gouverneur
20:04de l'état de Californie,
20:05un Afro-américain
20:06gouverneur
20:07pour la première fois
20:08du Wisconsin,
20:09donc toute une série
20:10de ces visages
20:11emblématiques.
20:13Alors là-dedans,
20:13il y a quand même
20:14une bonne nouvelle
20:14pour Donald Trump,
20:16une qu'il faut
20:17mettre en relief,
20:18le gouverneur de Floride,
20:19le prochain gouverneur
20:20de Floride
20:21sera comme son
20:21prédécesseur républicain,
20:23là encore,
20:23c'est un Afro-américain,
20:24il s'appelle
20:25Byron Donalds
20:26et évidemment
20:27sa victoire
20:28a fait chaud au cœur
20:29à Donald Trump
20:30qui en avait bien besoin,
20:31Antoine.
20:31Oui, exactement.
20:33Brian Donalds
20:34devient le premier
20:35Afro-américain
20:36à accéder
20:37au poste
20:37de gouverneur
20:38en Floride.
20:39C'est un protégé
20:40de Donald Trump,
20:41c'est d'ailleurs
20:41bien pour cette raison
20:42qu'il a pu
20:44concourir en Floride
20:45puisque Donald Trump
20:45avait placé vraiment
20:46des fidèles
20:47et des proches
20:48dans toutes les compétitions
20:49quasiment
20:50de ces élections
20:51de mi-mandat.
20:52Ce qui est intéressant
20:53c'est que
20:53Brian Donalds
20:55il a fait campagne
20:57sans Donald Trump,
20:58il a pris ses distances
20:59discrètement
21:00avec le président américain,
21:02notamment,
21:02il a progressivement
21:04effacé le visage
21:05de Donald Trump
21:05de tout son matériel
21:06de campagne.
21:07Lorsqu'il s'est lancé
21:07dans la course,
21:08il y avait de Donald Trump
21:09partout,
21:09sur son site internet,
21:10sur ses tracts,
21:11sur ses affiches
21:11et puis progressivement,
21:12Donald Trump
21:13a disparu
21:14de tout cela
21:15parce que
21:16Donald Trump
21:17impopulaire
21:18risquait de plomber
21:19sa campagne,
21:20c'est en tout cas
21:20le pari qu'a fait
21:22Brian Donalds
21:23qui pouvait faire
21:24campagne
21:24sans Donald Trump,
21:25qui valait mieux
21:25faire campagne
21:26sans Donald Trump
21:27considéré un peu
21:28comme un boulet.
21:29Et d'ailleurs,
21:29quand on regarde
21:30les résultats en Floride,
21:31alors effectivement,
21:32la Floride reste
21:33un bastion républicain
21:35et le poste de gouverneur,
21:37le siège de sénateur
21:38reste aux mains
21:39des républicains
21:40mais ces courses-là
21:41ont été bien plus serrées
21:43que prévues.
21:43Les démocrates ont fait
21:44des scores plus élevés
21:45que ce qui était attendu.
21:46Ce qui est intéressant aussi,
21:48c'est qu'en Floride,
21:48il y avait eu
21:48un sacré tripatouillage
21:51électoral.
21:51En fait,
21:52on avait redessiné
21:53certaines circonscriptions.
21:54Enfin,
21:54quand je dis on,
21:55c'est le gouverneur
21:56et le gouvernement local
21:57qui avaient redessiné
21:58certaines circonscriptions
21:59afin d'avantager
21:59les candidats républicains.
22:01Sauf que cette stratégie
22:02n'a pas fonctionné du tout.
22:03Dans les trois circonscriptions
22:04qui avaient été redessinées,
22:05les démocrates
22:06ont réussi
22:07à conserver leur siège.
22:08Donc ça,
22:09mine de rien,
22:09c'est aussi
22:10une belle performance
22:11pour les démocrates
22:11en Floride
22:12et ça montre aussi,
22:13de certaines façons,
22:14l'effritement
22:15du vote
22:16pour les républicains.
22:17Alors malgré tout,
22:18donc les républicains
22:19gardent la Floride,
22:21c'est la seule bonne note
22:22finalement hier soir
22:24pour Donald Trump.
22:25Donald Trump,
22:26dont on attendait
22:27évidemment les premiers mots
22:28après cette défaite
22:28historique pour lui.
22:30Alors hier soir,
22:30il a fait comme il en a l'habitude
22:32un certain nombre
22:33de déclarations
22:34en téléphonant
22:35à des journalistes,
22:36en mettant des messages
22:37sur des réseaux sociaux.
22:38Mais je vous le disais,
22:39on est ici à la Maison Blanche.
22:40Si vous êtes avec nous
22:41sur YouTube,
22:41vous apercevez derrière moi
22:42ce bâtiment
22:43qui est la fameuse West Wing,
22:45l'aile ouest
22:46de cette Maison Blanche
22:47où se trouve
22:47tout au bout du couloir
22:48le bureau aval
22:49du président américain.
22:51Est-ce qu'il allait reprendre
22:52la parole aujourd'hui
22:53pour dire quoi ?
22:53Pour dire comme hier
22:54de manière un peu magnanime
22:55qu'il acceptait
22:57la victoire des démocrates,
22:58qu'il était prêt
22:59à travailler avec eux
23:00mais en même temps
23:00à être vigilant
23:01et à exercer son droit de veto
23:03autant que nécessaire.
23:04Et avant même
23:05la prise de parole
23:06de Donald Trump,
23:07on a été surpris
23:08par une autre expression
23:10qui est celle
23:10du vice-président
23:11J.
23:12qui a choisi
23:13par un long message
23:14sur les réseaux sociaux
23:16de mettre les pieds
23:17dans le plat.
23:17Et que dit J.
23:18Il dit
23:18il faut être clair
23:21c'est la guerre
23:22qui est responsable
23:23de ce conflit.
23:25La raison pour laquelle
23:26nous avons perdu
23:26c'est la guerre.
23:27Le président l'a dit
23:28lui-même hier
23:30et il en tire
23:31des conséquences concrètes
23:32le vice-président américain.
23:34Il considère
23:34un,
23:35qu'il faut terminer
23:36cette guerre
23:36deux,
23:37qu'il faut désormais
23:38se concentrer
23:39exclusivement
23:39sur les sujets
23:40du coût de la vie
23:41et de l'inflation
23:42aux Etats-Unis
23:42trois,
23:43mettre toujours
23:44l'Amérique en premier
23:45et quatre,
23:46et c'est un point intéressant
23:47sur lequel on aura
23:48l'occasion de revenir
23:49dans le monde
23:50selon Trump,
23:50changer notre relation
23:52avec Israël.
23:54Alors,
23:55une fois cela dit
23:56et on sait
23:57combien J.
23:57Levence avait été réticent
23:59à l'idée
23:59d'entamer ce conflit
24:00en Iran.
24:01Tout le monde
24:01attendait ici
24:01de savoir
24:02quelle va être
24:02la réponse
24:03du président américain.
24:05Eh bien,
24:05elle est tombée
24:05tout à l'heure
24:06quand on était là
24:06l'où les journalistes
24:07un peu avant 13h
24:09où il a convié
24:10le pool
24:11des journalistes
24:12qui l'accompagnent
24:13à se rendre
24:14devinez où
24:14sur le chantier
24:16de cette salle de balle
24:17qui est en construction
24:18à la Maison Blanche
24:19et dont sur ma droite
24:20on aperçoit
24:20les grues
24:21qui sont en train
24:21de tourner
24:22et de continuer à bâtir
24:23parce que nous a expliqué
24:24Donald Trump
24:25pendant une vingtaine
24:26de minutes
24:26les travaux avancent
24:28et de manière cérémoniale
24:30on allait assister
24:31à la mise en place
24:32de la dernière poutre
24:33au sommet du toit
24:34de cette salle de balle.
24:37Voilà,
24:37il en a décrit
24:38les détails
24:38pendant à peu près
24:39une vingtaine de minutes.
24:41Je vais vous le dire
24:41parce que j'ai échangé
24:42avec certains d'entre eux
24:43sous les yeux
24:44un peu médusés
24:45de mes confrères américains
24:46qui se demandaient
24:47pourquoi ils continuaient
24:49à parler de ce sujet
24:50alors que les électeurs
24:51lui avaient envoyé
24:52un message
24:52assez clair hier
24:53et que son dernier
24:55discours de campagne
24:56devant le bassin
24:57réfléchissant à nouveau
24:58consacré à ces histoires
24:59de rénovation
25:00de construction
25:01avait été très mal perçu.
25:02Bref,
25:03il a fini par parler
25:04du sujet du jour
25:06le président américain
25:07pour dire quoi ?
25:08Pour dire qu'il assumait
25:09complètement le fait
25:11d'avoir mené
25:12cette guerre contre l'Iran
25:13qu'il savait
25:13que les prix allaient monter
25:15mais qu'il ne pouvait pas
25:16prendre le risque
25:19de permettre à l'Iran
25:20de se doter
25:21de l'arme nucléaire.
25:22Mais on voit bien
25:24que dans ce Washington nouveau
25:26qui est en train
25:26de se dessiner
25:28le président américain
25:29emploie ton nouveau
25:30et puis en face
25:30en face Antoine
25:31il y a des démocrates
25:33qui ont déjà l'intention
25:34d'agir sur ce sujet
25:35de la guerre en Iran.
25:36Oui, exactement.
25:38En fait,
25:38il faut rappeler
25:39que le Congrès
25:40a des pouvoirs
25:42pour voter le budget
25:43en fait.
25:43C'est l'une de ses principales missions.
25:45Lorsque le nouveau Congrès
25:46va s'installer
25:46à Washington
25:47Trump ne pourra plus dépenser
25:49le moindre centime
25:50le moindre dollar
25:50sans le feu vert
25:51du Congrès.
25:52Et ça, mine de rien
25:53ça donne quand même
25:53un sacré pouvoir
25:55aux démocrates
25:55pour influencer
25:56la politique de Donald Trump
25:58et en particulier
25:59la politique en Iran
26:00tu sais qu'il y a
26:01un déploiement militaire
26:02absolument considérable
26:03au Moyen-Orient
26:04avec trois porte-avions
26:05désormais sur zone
26:06des dizaines de milliers
26:07de soldats
26:08qui sont déployés
26:09ça coûte extrêmement cher
26:10et si Donald Trump
26:11veut maintenir
26:11ce dispositif en place
26:12à un moment ou à un autre
26:14il va être obligé
26:15de demander une rallonge
26:16budgétaire supplémentaire
26:18au Congrès
26:19et cette rallonge
26:20les démocrates
26:20ne sont pas du tout
26:21prêts à lui donner.
26:23Ça c'est Chuck Schumer
26:24qui l'a dit tout à l'heure
26:25Chuck Schumer
26:25c'est le patron
26:26des démocrates au Sénat
26:28il a dit très clairement
26:29la guerre doit s'arrêter
26:30nous allons faire en sorte
26:31que ça s'arrête
26:32et comment ?
26:33Eh bien en utilisant
26:35l'arme budgétaire
26:36c'est nous désormais
26:37qui tenons les cordons
26:38de la brousse
26:38voilà en substance
26:39ce qu'il a déclaré
26:40je te propose de l'écouter.
26:43Écoutez
26:44nous allons mettre fin
26:45à cette guerre
26:46certains républicains
26:47se sont joints à nous
26:47pour y mettre un terme
26:48et les pères fondateurs
26:49avaient confié au Congrès
26:50le pouvoir budgétaire
26:51notamment pour empêcher
26:53un président de faire la guerre
26:54sans le consentement
26:55du peuple américain.
26:59Voilà alors
26:59en plus des démocrates
27:01on sent qu'il y a
27:02de coups-ci
27:02des règlements de comptes
27:03qui sont en train
27:03de se jouer
27:03entre les républicains
27:06tu l'évoquais tout à l'heure
27:07avec J.D. Vance
27:07qui prudemment
27:09un peu prend ses distances
27:09avec Donald Trump
27:11avec toujours
27:12cette idée de 2028
27:13l'élection présidentielle
27:14ça va être intéressant
27:15de voir si finalement
27:16ces élections
27:17marquent la fin
27:18du trumpiste
27:19du trumpisme
27:19moi hier soir
27:20j'étais avec des militants
27:22sympathisants de Donald Trump
27:23des fans absolus
27:24de Donald Trump
27:25vraiment les irréductibles
27:26ceux qui le soutiendront
27:27jusqu'au bout
27:28et ce qui était intéressant
27:29c'est que
27:30face à l'ampleur
27:32de la défaite
27:32eux évidemment
27:33ne pointent pas du tout
27:33du doigt
27:34la responsabilité de Donald Trump
27:35ils s'attaquent plutôt
27:36aux mauvais républicains
27:37entre guillemets
27:37ceux qui ont voté
27:38pour les démocrates
27:39ou ceux qui se sont
27:40abstenus
27:40donc on sent qu'il y a
27:41une espèce de règlement
27:42de compte
27:42qui est en train
27:42de se jouer
27:43en coulisses
27:44entre les sympathisants
27:46les partisans
27:47de Donald Trump
27:47et à plus haut niveau
27:48entre les responsables
27:49politiques
27:50chacun essaye un peu
27:51de se positionner
27:53pour 2028
27:55il reste que quand même
27:56il y a un socle électoral
27:58pour Donald Trump
27:58qui reste très important
27:59avec ses militants
28:00purs et durs
28:02et le prochain candidat
28:04va devoir faire
28:04un peu le grand écart
28:05entre d'un côté
28:06cajoler ces militants
28:07qui présentent un poids
28:08électoral important
28:09et en même temps
28:10essayer de proposer
28:11autre chose
28:12donc ça va être intéressant
28:13à suivre
28:14et bien c'est précisément
28:15à cet exercice
28:16un peu de dialectique
28:18relativement compliqué
28:19auquel s'est livré
28:20Mike Johnson
28:21qui est un élu
28:22de Louisiane
28:23qui était jusqu'ici
28:23à la chambre des représentants
28:24le patron
28:25de cette majorité
28:27républicaine
28:27et qui a expliqué
28:28qu'il fallait désormais
28:30tout à la fois
28:31comme tu l'expliquais
28:31Antoine
28:32être un peu
28:33à l'écoute
28:33du message
28:34qu'avaient voulu
28:35faire passer
28:35les américains
28:36sans rien lâcher
28:38de leur combativité
28:40face à ce qui est
28:41désormais
28:41une majorité démocrate
28:43qui elle aussi
28:44va chercher
28:44à s'imposer
28:45on écoute Mike Johnson
28:48on l'avait dit
28:48cette élection
28:49c'était le choix
28:50entre le bon sens
28:51et la folie
28:51et je maintiens
28:52que c'est exactement
28:53ce que c'était
28:54d'accord
28:54dès le premier jour
28:55j'ai dit que je donnerais
28:56tout dans ce combat
28:57sans rien retenir
28:58et je suis fier
28:59de pouvoir dire
28:59que c'est exactement
29:00ce qu'on a fait
29:01nous allons continuer
29:02à défendre
29:02notre programme
29:03de bon sens
29:03et notre vision
29:04pour rendre à l'Amérique
29:05sa grandeur
29:06et en 2028
29:07nous reprendrons la chambre
29:08et nous irons
29:09jusqu'au bout
29:10d'accord
29:10voilà ce qu'on pouvait dire
29:14à J plus 1
29:15ce mercredi 4 novembre
29:16ici à la Maison Blanche
29:17à Washington
29:18des premiers enseignements
29:20de ce raz-de-marée démocrate
29:22ce que sans doute
29:23ce parti
29:23même dans ses rêves
29:24les plus fous
29:24n'espérait pas
29:25ils sont à quelques semaines
29:27maintenant
29:27à partir du 3 janvier
29:29de prendre le contrôle
29:30de ce congrès
29:31d'essayer d'imposer
29:32leur volonté
29:32à Donald Trump
29:34de l'autre côté
29:35le président américain
29:36ici à la Maison Blanche
29:38n'a aucune intention
29:39de les laisser
29:40tranquillement
29:40démonter
29:41défaire
29:42tout ce qu'il a cherché
29:43à imposer
29:44depuis 2 ans
29:45et depuis son retour
29:46à la Maison Blanche
29:46il sait qu'il y a
29:47quelques semaines
29:48devant lui
29:49jusqu'au 3 janvier
29:50pour faire en sorte
29:51qu'il puisse verrouiller
29:53les choses
29:53puisqu'il a encore
29:55ce congrès majoritaire
29:56de son côté
29:57pour les prochaines semaines
29:59mais c'est véritablement
30:00un monde selon Trump
30:02nouveau
30:02auquel il va falloir
30:04s'habituer
30:04à partir du début
30:05de l'année prochaine
30:07et effectivement
30:08ce paysage politique
30:10totalement nouveau
30:11pour les Etats-Unis
30:12il va compter
30:12pour les Américains
30:13et peut-être
30:14pour nous aussi
30:15de l'autre côté
30:16de l'Atlantique
30:17voilà donc
30:17pour cet épisode spécial
30:18je vous remercie
30:19de l'avoir écouté
30:20Le Monde selon Trump
30:21c'est un podcast
30:22que vous pouvez suivre
30:22sur toutes vos plateformes
30:24d'écoute
30:24sur Youtube
30:25je remercie bien sûr
30:26Antoine Hollard
30:27du côté de la Floride
30:29Jérémy Normand
30:29qui était accompagné
30:30de Baptiste Keïta
30:31du côté du Michigan
30:33à Detroit
30:34Dorine Jernias
30:35qui était avec moi
30:36ici à Washington
30:36de l'autre côté
30:37de la caméra
30:38Alexandre Foucault
30:39et Agathe Vonout
30:40pour la préparation
30:41pour la réalisation
30:41de cet épisode
30:43à tous et à toutes
30:44je vous souhaite
30:45une excellente semaine
30:46et je vous donne rendez-vous
30:47à Paris
30:48pour le prochain épisode
30:49du Monde selon Trump
30:50avec nous
30:51salut à tous
30:52à toutes
30:52et à très bientôt