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  • il y a 7 semaines
Donald Trump a organisé ce mercredi et ce jeudi une convention exceptionnelle du Parti républicain, à sept semaines des élections de mi-mandat. Un scrutin qui pourrait potentiellement bouleverser l'équilibre politique des États-Unis et contraindre Donald Trump à devenir un président de cohabitation. Les sondages ne sont, en effet, pas favorables pour le parti présidentiel. Alors, à Dallas, Donald Trump s'est lancé dans une opération séduction pour remobiliser ses électeurs. 


Dans cet épisode, Thierry Arnaud reçoit Garret Martin, professeur à l'American University de Washington, et Antoine Heulard, envoyé spécial de BFMTV à Dallas.

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Transcription
00:00« Nous allons faire l'Amérique de nouveau, avec feu et fure. »
00:08Un président, démocrate ou républicain, ne gagne presque jamais les élections de mi-vendat.
00:15Nous devons changer ça, parce que ce que nous avons lancé est tellement positif qu'on ne peut pas laisser
00:20cette série s'arrêter.
00:25Alors je vous demande de faire comme si j'étais sur le bulletin de vote.
00:28Je suis sur le bulletin. Je suis sur le bulletin.
00:33Bonjour à tous, je suis très heureux de vous retrouver pour cette seconde saison du Monde selon Trump,
00:37qui s'annonce évidemment aussi passionnante, au moins aussi passionnante que la précédente.
00:42Vous venez d'entendre le président américain au premier soir de cette convention exceptionnelle
00:48qu'il a organisée tout spécialement pour ses élections en mi-mandat, c'est Mitter.
00:52Nous sommes à peine plus de sept semaines de ce scrutin du 3 novembre désormais,
00:56qui pourrait potentiellement bouleverser l'équilibre politique des Etats-Unis,
01:00contraindre Donald Trump à devenir un président de cohabitation,
01:04un lame dumb president, comme disent les Américains, un président canard boiteux.
01:08Mais ne nous emballons pas, il va se battre jusqu'au bout de toutes ses forces,
01:12vous l'avez entendu, et surtout, et surtout, ça n'est pas surprenant de sa part,
01:16il entend bien faire de ses élections en mi-mandat un référendum sur sa présidence et sur sa personne.
01:22Bonjour Antoine Hollard.
01:24Salut Thierry, salut à tous.
01:26Très heureux de te retrouver, tu es justement au cœur de cette convention républicaine à Dallas,
01:31on va revenir vers toi dans une toute petite seconde, après avoir salué Gareth Martin.
01:35Salut Gareth.
01:37Salut Thierry, comment vas-tu ?
01:38Très bien, professeur à l'Université de Washington,
01:41très heureux de te retrouver aussi pour cette nouvelle saison.
01:44Alors, tout de suite, deux questions pour toi Antoine, évidemment.
01:46Pourquoi cette convention ? Et pourquoi précisément là où tu te trouves, à Dallas, au Texas ?
01:53Alors, pourquoi cette convention ?
01:54Tout simplement pour remobiliser les électeurs républicains.
01:57C'est vrai que c'est mid-term, elle s'annonce plutôt compliquée pour le camp de Donald Trump.
02:02Les sondages ne sont pas bons.
02:04Quand on parle avec les Américains, on sent qu'ils sont assez excédés, finalement,
02:07par le fait que Donald Trump n'a pas tenu ses promesses sur le pouvoir d'achat.
02:12excédés aussi par cette guerre en Iran qu'il a lancée, qui rajoute encore des difficultés au quotidien,
02:17parce que ça a fait exploser les prix de l'essence à la pompe.
02:20Et donc, pour essayer de reconquérir, remobiliser son camp, remobiliser ses électeurs qui sont déçus,
02:26Donald Trump a décidé d'organiser cette convention qui est inhabituelle.
02:30D'habitude, ce genre d'événement, c'est uniquement pour les campagnes présidentielles.
02:34Et il le fait à Dallas parce que cet état du Texas, où je me trouve, est devenu l'un
02:42des enjeux de ces élections.
02:43Notamment, il y a un poste de sénateur qui est en jeu et les démocrates rêvent de le remporter,
02:48ce qui serait une première depuis plus de 40 ans, je crois.
02:51Et c'est donc pour cette raison que Donald Trump est venu ici, au Texas,
02:56ce qui signifie l'importance de cet état dans ces élections.
03:00Et elle est évidemment très intéressante, effectivement, cette campagne au Texas.
03:04Tu as raison, Antoine, avec cette compétition entre le démocrate James Tallarico et le républicain Ken Paxton.
03:10On va y revenir, mais je me tourne vers toi, Gareth.
03:13Est-ce qu'il faut croire les sondages ?
03:14Est-ce que Donald Trump et les républicains sont si mal partis que ça ?
03:19Je rappelle au passage que les sondages, et si on y ajoute les sites de Paris en ligne,
03:24qui sont toujours intéressants à suivre, nous disent, en gros,
03:26que les démocrates ont à ce stade une chance sur deux de décrocher le Sénat.
03:31Il faut qu'ils arrivent à faire basculer quatre sièges pour conquérir la majorité.
03:35Ils n'ont besoin que de trois sièges à la Chambre des représentants.
03:38Là, ça s'annonce beaucoup plus facile, toujours selon les mêmes sources,
03:4270, 80%, même davantage de chances pour eux de conquérir la Chambre des représentants.
03:48Ils sont vraiment bien partis pour faire basculer le Congrès, ces démocrates, Gareth ?
03:54Oui. Là, les sondages, je pense qu'il y a une certaine répétition des sondages.
03:59On ne voit pas une grande variation.
04:01On voit aussi une tendance qui se dessine depuis plusieurs mois et qui ne change pas,
04:04qui ne bouge pas fondamentalement.
04:06Il y a l'impopularité du président lui-même.
04:08Un président Trump qui est souvent dans les 30 à seulement 30 à 40 % de soutien,
04:13ce qui est quand même assez faible, même par rapport à son premier mandat.
04:16Et puis, historiquement, les élections du mandat sont souvent un référendum sur le parti au pouvoir.
04:20Donc, certainement, ce n'est pas forcément, on va dire, un attachement aux démocrates en tant que tels,
04:25mais c'est plutôt un rejet ou une vraie déception par rapport à l'inhabilité des Républicains
04:31et du président Trump à vraiment, on va dire, faire face aux problèmes économiques,
04:35aux problèmes de l'inflation, qui avait été vraiment clé pour son élection en 2024.
04:40Un petit mot sur l'ambiance à Dallas de ton côté, Antoine.
04:44Est-ce qu'ils sont enthousiastes ? Est-ce qu'ils y croient ?
04:47Et puis, j'ai envie de se demander, est-ce qu'ils sont tous là ?
04:50Parce qu'on a vu pas mal d'images, nous, ici à Paris, de gradins vides dans cette enceinte à
04:54Dallas.
04:57Non, ils ne sont pas tous là.
04:59Et ce qui était frappant hier, c'est que pendant le discours de Donald Trump,
05:02il y avait effectivement des rangs très clairsemés sur les étages inférieurs de la salle
05:06et sur les étages supérieurs, sur le troisième anneau.
05:09C'était complètement vide, il y avait des centaines et des centaines de sièges vides,
05:12des gradins, des tribunes entières désertes.
05:16Contrairement à ce que Donald Trump affirme, il a encore fait un message ce matin
05:19pour expliquer que c'était un énorme succès populaire, cette convention,
05:23qu'il y avait des gens qui étaient restés à l'extérieur,
05:25qui n'avaient pas pu rentrer tellement il y avait de monde.
05:26Ce n'est pas le cas du tout.
05:27En fait, il y a beaucoup de délégués ou de candidats à cette élection de mi-mandat
05:31qui ne sont pas venus à Dallas.
05:33Alors, ils ont tous trouvé une bonne excuse.
05:35Ils expliquent notamment qu'ils sont en campagne à leur circonscription,
05:37qu'ils n'ont pas le temps de venir jusqu'au Texas.
05:40Mais en réalité, ils boycottent l'événement,
05:41tout simplement parce qu'ils ne veulent pas s'afficher aux côtés de Donald Trump.
05:45Donald Trump, vous l'avez dit, est ultra impopulaire.
05:48Il bat des records d'impopularité.
05:50Et pour ces candidats, Trump est devenu une sorte de boulet
05:53qui risque de plomber leur campagne.
05:54Et donc, c'est pour cette raison qu'ils prennent leur distance avec le président
05:57et qu'ils ne sont pas présents aujourd'hui à cette convention.
06:00Alors, pour essayer de combler un peu le vide,
06:01le parti républicain du Texas a envoyé ces derniers jours des textos
06:07à tous ces militants pour les faire venir et essayer de remplir les gradins.
06:10Mais ça n'a pas suffi à remplir la salle.
06:14C'est vrai que c'était vraiment marquant hier.
06:15Moi, je suis monté justement sur les étages supérieurs
06:17pour faire des images de ces gradins vides.
06:19J'étais pris à partie par quelqu'un du public
06:22qui m'a dit que j'étais biaisé,
06:24que je voulais montrer une réalité qui était tronquée.
06:28Fake news, Antoine, fake news.
06:30Voilà, fake news, exactement.
06:33Et bon, je lui ai expliqué que c'était une réalité qui existait
06:35et que moi, je filmais la salle sous tous ces aspects,
06:37là où il y a du public, mais là aussi où il n'y en a pas.
06:39Et manifestement, c'était cette réalité-là
06:40que les supporters Trumpistes ne voulaient pas vraiment qu'on montre.
06:43En tout cas, il assume évidemment sa présence au premier plan.
06:46Le président américain, il a parlé le premier soir,
06:48il parle le deuxième soir.
06:50Cette convention, on l'a baptisée,
06:52je vais essayer de prononcer ça correctement,
06:54la Trump-Papalooza, c'est ça, Antoine ?
06:56Tu me confirmes.
06:57Et il y a fait, bien sûr, une proposition particulièrement spectaculaire.
07:05Parce que nous avons obtenu d'excellents résultats
07:07et que notre pays gagne énormément d'argent,
07:10je suis le seul à pouvoir vous faire cette promesse.
07:13Et voici ma promesse.
07:16Si les Républicains remportent la Chambre des représentants
07:18et le Sénat des États-Unis, tous les deux,
07:23grâce à notre extraordinaire réussite économique,
07:26dans l'histoire, nous n'avons jamais rien eu
07:27comme ce qui est en train de se passer,
07:29mais grâce à notre puissance
07:30et à notre formidable succès économique,
07:37je verserai un dividende à chaque citoyen adulte des États-Unis d'Amérique
07:42pour 5 000 dollars.
07:485 000 dollars par Américain, ça va marcher ?
07:53Écoute, je ne sais pas.
07:54Franchement, ça sent un petit peu le désespoir,
07:56quand même, cette proposition.
07:59Il ne faut pas sortir le carnet de chèques
08:00pour essayer de remobiliser les électeurs qui sont déçus
08:03et notamment sur les questions de pouvoir d'achat.
08:06Je ne sais pas vraiment si ça peut fonctionner.
08:09En tout cas, il faut rappeler que ce n'est pas la première fois
08:11que Donald Trump fait le coup.
08:13L'année dernière, déjà, il avait promis un chèque
08:14de 2 000 dollars par habitant.
08:17À l'époque, il expliquait que c'était de l'argent
08:18qu'il pourrait redistribuer grâce aux droits de douane
08:22qu'il avait imposés à la Terre entière.
08:24Finalement, Donald Trump n'a pas donné suite à cette idée.
08:26Les Américains n'ont jamais vu la couleur de ces 2 000 dollars.
08:29Là encore, cette promesse semble un peu irréaliste.
08:33Trump, d'ailleurs, n'a pas dit comment il voulait la financer.
08:35C'était une mesure qui coûterait par ailleurs extrêmement cher.
08:38Les médias américains ont fait le calcul.
08:39On parle de plus de 1 300 milliards de dollars.
08:44Hier soir, quand j'ai parlé avec les quelques militants
08:46après le meeting, ils expliquaient que c'était une bonne idée,
08:50que c'était une bonne façon de redistribuer les richesses.
08:53Il m'expliquait que l'économie américaine est tellement florissante
08:56que ce serait une bonne chose de pouvoir un peu redistribuer
08:59comme ça les dividendes.
09:02Mais ceux qui sont déçus par Donald Trump,
09:03je ne suis vraiment pas sûr que ça puisse les faire changer d'avis.
09:06En tout cas, Garrett, il ne se cache pas derrière son petit doigt.
09:09Donald Trump, il achète les votes, appelons les choses par leur nom.
09:12Il dit, si vous votez pour moi et si je gagne,
09:14vous aurez chacun 5 000 dollars.
09:16Alors, Antoine rappelait juste titre qu'il y a ce précédent.
09:18On attend toujours ce chèque de 2 000 dollars
09:20qui devait être financé par les droits de douane.
09:22Là, apparemment, on parle aussi d'aller chercher l'argent
09:25qui, selon Donald Trump et son entourage,
09:28notamment le vice-président J.Livans,
09:31qui s'est exprimé à ce sujet,
09:32c'est là qu'on va aller chercher l'argent.
09:34Il y avait déjà eu aussi, ce faire de ma part,
09:36la promesse d'un premier chèque de 5 000 dollars.
09:39À l'époque, on allait chercher du côté du DOJ,
09:42ce ministère qui avait été mis en place
09:45provisoirement, partiellement, confié à Elon Musk
09:47pour chasser le gaspillage dans les dépenses publiques.
09:50Alors, même question pour toi, Gareth.
09:52Est-ce que ça peut marcher, cet achat des votes,
09:545 000 dollars par Américain ?
09:58Écoute, j'en suis très sceptique.
10:00J'attends toujours le premier chèque de l'année dernière,
10:02donc j'ai du mal à croire que cette fois-ci,
10:05ça va se matérialiser.
10:06Ça sent plutôt le désespoir pour moi
10:08qu'une mesure vraiment sérieuse.
10:10Déjà, le coup, déjà la manière.
10:14Et je pense qu'aussi, il y a une fatigue
10:15qui commence à se dessiner par rapport à Donald Trump.
10:19Je pense qu'un des aspects de la convention,
10:21c'est de dominer l'espace médiatique.
10:24Mais déjà, même le timing qui a été choisi
10:26pour cet événement hier et aujourd'hui,
10:28déjà était en train de faire face
10:30au lancement de la nouvelle saison de football américain.
10:33Donc, on sent même qu'il y a un désespoir.
10:34On sent aussi qu'il y a une stratégie
10:35qui ne marche pas vraiment
10:36parce que le public, je pense,
10:38est de moins en moins en train
10:40à croire ce que dit Donald Trump
10:41parce qu'il y a trop de promesses
10:43qui ont été faites sur de nombreux sujets
10:45et les résultats ne suivent pas.
10:46Donc, j'ai du mal à croire
10:47qu'une mesure comme ça
10:48va vraiment être vue comme convaincante.
10:51Et puis bon, on peut aussi dire
10:52que même 5 000 dollars aujourd'hui,
10:54quand on pense à l'impact de l'inflation
10:57et au coût de l'essence,
10:58peut-être que ça ne va pas forcément
11:00beaucoup aider les Américains
11:02qui font face à des vrais défis
11:03du pouvoir d'achat.
11:04C'est l'occasion de souligner aussi,
11:05de rappeler, Gareth,
11:06qu'une convention pour des élections
11:09à mi-mandat, ça n'a jamais eu lieu
11:10dans l'histoire politique des États-Unis.
11:12C'est la première fois
11:13qu'un parti organise un événement
11:15comme celui-là.
11:16Ce qui est très clair, en tout cas,
11:17sur le fond, Antoine,
11:18c'est que les républicains,
11:20Donald Trump,
11:21ont choisi leur angle d'attaque
11:23face à l'adversaire démocrate
11:25et c'est de les dénoncer
11:27comme des dangereux gauchistes,
11:29des communistes.
11:31Tu confirmes que c'est la ligne
11:32des discours que tu as entendus
11:34depuis que tu es à Dallas ?
11:36Oui, ce qui était très frappant hier,
11:37c'est que tous les intervenants
11:38qui sont succédés à la tribune
11:40ont eu un message, finalement,
11:42pour dire aux électeurs
11:44« Attention, si vous ne votez pas pour nous,
11:46vous allez avoir au pouvoir
11:48de dangereux communistes. »
11:49C'est le péril rouge
11:50qui va déferler sur l'Amérique.
11:52En fait, on a l'impression
11:53qu'il y avait une sorte un peu
11:54de stratégie de diversion.
11:57Personne n'a parlé
11:57des questions de pouvoir d'achat,
11:58personne n'a parlé de l'Iran
12:00et le seul message qu'ils avaient,
12:02c'était un message négatif, finalement.
12:03« Si vous ne votez pas pour nous,
12:05attention, c'est le communisme
12:06qui va prendre le pouvoir. »
12:09C'est un peu la stratégie
12:09de diaboliser les démocrates,
12:11de les faire passer
12:12pour de dangereux radicaux.
12:14C'est notamment le discours
12:15qu'a tenu Steve Scalise.
12:17Lui parle carrément
12:18de révolution bolchevique
12:19qui serait en cours.
12:21Écoutez.
12:21« Ce n'est pas le parti démocrate
12:27de votre père.
12:28Le parti démocrate
12:29a été complètement pris d'assaut
12:31par des communistes
12:32complètement cinglés.
12:33Moi, j'appelle ça
12:35la révolution bolchevique
12:36au sein du parti démocrate.
12:37Et s'ils reprennent le pouvoir,
12:39laissez-moi vous dire
12:40ce qu'ils feront.
12:41Vous savez ce qu'ils feront ?
12:43La première chose,
12:44ce sera de destituer
12:45le président Trump
12:46et son cabinet.
12:47Ils supprimeront.
12:48Ils l'ont dit,
12:49ils supprimeront
12:49l'exonération fiscale
12:51sur les heures supplémentaires
12:52et sur les pourboires.
12:55Ils ont dit
12:55qu'ils augmenteraient
12:56les impôts
12:57de tous les Américains
12:58qui travaillent dur.
12:59Ils veulent revenir
13:00aux frontières ouvertes
13:01et permettre aux immigrés
13:02clandestins de voter.
13:04Tous, sans exception,
13:05veulent supprimer l'ICE
13:06et désarmer la police.
13:13Mais ils ne comptent pas
13:14s'arrêter là.
13:15Maintenant,
13:16ils veulent abolir les prisons.
13:18Ces gens sont complètement fous.
13:22Voilà ce qu'on veut dire
13:23quand on parle de bon sens
13:24contre des communistes cinglés.
13:25Mais c'est ce qui arrivera
13:27si les Républicains
13:27restent chez eux.
13:32Allez-vous les laisser faire ?
13:35Je sais que non.
13:37Alors, c'est vrai, Gareth,
13:38que pendant que le Parti républicain
13:40s'est trumpisé,
13:41le Parti radical,
13:42en tout cas pour une partie
13:44de ce Parti démocrate,
13:46donc,
13:47a basculé vers une gauche
13:48plus radicale
13:49qui est incarnée
13:49par de nouvelles figures
13:50comme le maire de New York,
13:52Zoran Mamdani,
13:53comme Alexandria Ocasio-Cortez,
13:55l'élu du Bronx,
13:56également à New York.
13:58Et on voit bien,
13:59on sent bien
13:59que c'est là-dessus,
14:01sur cette radicalisation
14:02que naturellement,
14:03ils exagèrent,
14:04ils caricaturent
14:06que les Républicains
14:07semblent pouvoir
14:09miser leur attaque
14:10contre les démocrates.
14:12Oui, mais bon,
14:13si on a un petit peu
14:14de mémoire
14:14et un peu de sujet
14:15par rapport
14:16à la politique américaine,
14:17cette utilisation
14:17d'épithètes
14:18comme socialistes
14:19ou communistes
14:19est vieille.
14:20Elle n'est certainement
14:21pas nouvelle,
14:22elle a été répétée
14:22à maintes et maintes élections,
14:24c'était le cas
14:25quand ils parlaient même
14:25de Barack Obama
14:27en 2008.
14:28Donc, certainement,
14:29ce n'est pas nouveau.
14:29Après, la deuxième chose,
14:30je pense qu'une des limites
14:31d'une attaque
14:32de cette nature,
14:33c'est que les élections
14:34de mes mandats
14:35sont pleines d'élections
14:35qui vont se jouer
14:36sur des enjeux
14:37très locaux
14:38et très différents.
14:39C'est-à-dire que ça peut
14:40marcher dans certains cas,
14:41mais dans beaucoup
14:41d'autres circonstances,
14:43ça ne reflète pas vraiment
14:44la réalité du Parti démocrate.
14:45Il y a certainement
14:46une aile qui est plus progressiste,
14:47il y a certainement
14:48une aile qui est peut-être
14:49plus radicale
14:50à certains égards,
14:51mais je ne suis pas sûr
14:52que c'est un message
14:53qui va vraiment marcher.
14:54Et troisièmement,
14:56ce qui est aussi
14:56fondamentalement important,
14:58c'est que d'une part,
14:59les Républicains ont besoin
15:00que certains électeurs
15:01qui n'ont pas tendance
15:03à voter dans ces zones
15:04du mi-mandat
15:05puissent sortir
15:06et aller aux urnes,
15:06ce qui n'est pas joué.
15:08Et deuxièmement,
15:09les élections vont aussi
15:10beaucoup se jouer
15:10sur les indépendants.
15:11Et je pense que pour eux,
15:13ce message n'a pas
15:14vraiment d'impact
15:15parce qu'ils ont
15:15un certain scepticisme
15:16par rapport aux deux parties.
15:18Donc, ce n'est pas un message
15:19en soi qui puisse vraiment
15:21être gagnant,
15:21à mon avis,
15:22à l'échelle nationale.
15:23Oui, c'est évidemment
15:24un enjeu et la raison d'être
15:25aussi au fond de cette
15:26convention républicaine
15:27à Dallas.
15:28La mobilisation,
15:29c'est très important.
15:30On vote assez peu
15:31aux Etats-Unis,
15:32autour de 60-65%
15:34de taux de participation
15:35sur les présidentielles.
15:36C'est seulement 50%
15:38environ pour les midterms
15:39depuis les dernières.
15:40C'était même,
15:41je crois en 2014,
15:42environ 40%.
15:43C'est dire que,
15:45là encore,
15:45il y a eu un effet
15:46Donald Trump
15:46sur la participation
15:47à un président
15:48qui est capable
15:48de mobiliser à la fois
15:49pour lui
15:50et contre lui.
15:51Et comme à chaque élection
15:53à laquelle il s'est présenté
15:54au fond depuis 2016,
15:56la question est de savoir
15:56de quel côté
15:57va pencher la balance.
15:59est-ce qu'il va
16:00mobiliser davantage
16:01pour lui,
16:01pour son camp
16:02ou davantage
16:03contre lui ?
16:04Je voulais me tourner
16:05à nouveau vers toi,
16:06Antoine,
16:07parce qu'on attaque
16:09les démocrates
16:09pas seulement
16:10sur le front économique,
16:12même s'il est
16:12évidemment prioritaire.
16:14Il y a un nom
16:16qui est beaucoup revenu,
16:17me semble-t-il,
16:18dans les discours
16:19qui ont été tenus
16:21à Dallas
16:22ces dernières heures
16:23et ça n'est pas par hasard.
16:24C'est celui
16:24d'Abdoul Al-Sayed
16:25qui est le candidat
16:27démocrate
16:28au poste
16:28de sénateur
16:29dans le Michigan.
16:31Oui,
16:32exactement.
16:32Et c'est quelqu'un
16:33qui est très charismatique,
16:36dont on parle beaucoup
16:37aux États-Unis,
16:38qui fait beaucoup
16:38de bruit
16:39et ça,
16:40évidemment,
16:40ça dérange
16:41Donald Trump,
16:41cette popularité
16:42de ce candidat
16:44et donc,
16:44il concentre un peu
16:45toutes les attaques.
16:46Alors,
16:47il est à la fois,
16:47il fait partie
16:48de l'aile gauche
16:48du parti démocrate,
16:50donc il est accusé
16:51d'être un dangereux radical,
16:52un rouge
16:54et il est aussi,
16:55c'est quelqu'un
16:55qui est de confession musulmane,
16:57donc on a vu
16:58que Donald Trump,
16:59au départ,
16:59quand il parle de lui,
17:01il l'attaque
17:01sur son programme économique
17:03et puis,
17:04comme ça ne marche pas très bien
17:05parce que
17:06ces histoires de communistes,
17:07de bolcheviques,
17:09etc.,
17:09très franchement,
17:10ça ne parle pas du tout
17:10aux jeunes électeurs,
17:11c'est vraiment des arguments
17:12qui sont un peu bloqués
17:13dans les années 80.
17:13Donc Donald Trump
17:14a un peu changé
17:15son fusil d'épaule
17:15et désormais,
17:16lorsqu'il parle de lui
17:17ou quand il parle de Mandani,
17:19c'est des attaques
17:19finalement,
17:21carrément islamophobes
17:22qui sont dirigés
17:24contre lui
17:26parce que,
17:27en fait,
17:28Donald Trump,
17:29son bilan économique
17:30n'est pas bon,
17:31on en a parlé,
17:31il y a toujours l'inflation,
17:32il y a les problèmes
17:33de pouvoir d'achat
17:34et donc on voit
17:34qu'il y a une tentative
17:36de Donald Trump
17:36de recentrer le débat
17:37sur les questions
17:38d'immigration,
17:39sur les questions
17:39d'identité nationale
17:41et donc ces attaques
17:43islamophobes
17:43qui visent
17:44à la fois le maire de New York
17:45et Al Sayed,
17:46le candidat dans le Michigan.
17:47Et ça c'est intéressant
17:48à relever Al Sayed
17:49qui est un brillant
17:50médecin épidémiologiste
17:52qui a fait des études
17:53à Oxford
17:54et dans les grandes
17:56universités américaines
17:57aussi,
17:57qui est un spécialiste
17:58de la santé publique
18:00avant de se lancer
18:01en politique
18:02il y a quelques
18:03années maintenant.
18:04Mais globalement,
18:05Antoine,
18:06comment est-ce que
18:07les démocrates
18:08répondent-ils
18:09à ces attaques ?
18:10Quelle est de leur côté
18:11la stratégie de campagne ?
18:13Je crois que tu as pu
18:13échanger à Dallas
18:15avec le président
18:16des démocrates
18:17du Texas.
18:19Oui,
18:19en fait,
18:21vous l'avez dit tout à l'heure,
18:22une convention
18:23c'est en fait
18:24pendant 2-3 jours
18:25ou pendant la durée
18:26de l'événement
18:27une sorte de publicité géante
18:29pour le parti
18:29qui l'organise.
18:30C'est très suivi
18:32par les médias.
18:33Par exemple,
18:34ici,
18:34dans la salle
18:34où je me trouve,
18:35au beau milieu de l'arène,
18:36il y a Fox News
18:37qui a installé
18:37un studio.
18:38Ils font énormément
18:39de directs
18:40sur cette convention.
18:41Le discours de Trump
18:42a été diffusé
18:43hier,
18:44etc.
18:44Et donc,
18:45pour contrer
18:46finalement cette publicité,
18:48les démocrates
18:48ont organisé
18:50leur propre
18:52rendez-vous médiatique
18:53dans un hôtel
18:54qui est situé
18:54juste de l'autre côté
18:55de cette grande salle
18:57où je me trouve.
18:58Et ce qui est très frappant,
19:00c'est qu'ils ont fait finir
19:01plusieurs figures du parti
19:02et notamment
19:03Pritzker,
19:04le gouverneur du Michigan
19:05qui était là
19:06et également
19:07le patron
19:08des démocrates
19:10du Texas
19:12qui a tenu
19:13un discours
19:13vraiment très
19:14offensif
19:14contre
19:16les républicains
19:16et contre
19:17cette convention.
19:18Écoutez
19:18ce qu'il m'a confié.
19:20C'est un spectacle.
19:22Le père de Donald Trump
19:23ne l'a pas assez
19:24pris dans ses bras.
19:25Alors,
19:25il n'a jamais reçu
19:26les encouragements
19:26dont il a besoin
19:27pour bien commencer
19:28sa journée.
19:28Parce que c'est ça
19:29le problème
19:30de Donald Trump.
19:30Il a donc décidé
19:31de se célébrer lui-même
19:32dans un palais des congrès
19:34en invitant
19:34tous ses lèche-bottes
19:35à venir lui baiser les pieds.
19:36Voilà de quoi il s'agit.
19:37C'est franchement écœurant.
19:40Ce qui est assez frappant
19:42dans cette interview,
19:44c'est vraiment
19:45le langage
19:46très musclé
19:48qui est utilisé
19:48par ce chef de file
19:50des démocrates
19:51au Texas.
19:52Ça nous change vraiment
19:54du ton un peu
19:55lénifiant
19:56de Kamala Harris.
19:58On a vraiment
19:58l'impression
19:59que là,
20:00les démocrates
20:01sortent les gants
20:02et vaut au combat
20:03face à Donald Trump.
20:05Ils sont un peu
20:05sur le même niveau
20:06de rhétorique que lui.
20:07et rendent coup pour coup.
20:09C'est assez intéressant
20:10finalement
20:10cette façon
20:12de communiquer
20:13aujourd'hui.
20:13Je me permets
20:14une toute petite correction
20:15si tu m'y autorises,
20:16Antoine.
20:16J.B. Pritzker,
20:17c'est le gouverneur
20:17de l'Illinois
20:18et pas du Michigan
20:19sauf erreur de ma part.
20:21Est-ce que
20:22c'est la bonne stratégie
20:23pour les démocrates
20:24de ton point de vue,
20:25Garen Partonine ?
20:27Je crois que
20:28ce qui est difficile
20:29et le problème
20:30que Donald Trump
20:31pose et a posé
20:32aux démocrates
20:33depuis dix ans,
20:33c'est-à-dire
20:34que c'est vraiment lui
20:34qui met en scène
20:35les débats
20:36et qui décide
20:36un petit peu
20:37de la couverture médiatique
20:38et un peu des thèmes.
20:39Donc ça,
20:40c'est un vrai problème.
20:41Et on sent le parti
20:42qui est vraiment divisé
20:43dans deux approches
20:43très différentes.
20:44Il y a une approche
20:45qui est plus combative.
20:46On l'a vu aussi
20:47qui a été adoptée
20:48par le gouverneur
20:48de la Californie,
20:49Gavin Newsom,
20:50qui a évidemment
20:51aussi des aspirations
20:52présidentielles.
20:53Mais on a vu aussi
20:54d'autres approches.
20:55Je dirais par exemple
20:56quelqu'un comme
20:57Zoran Nandani
20:57et d'autres
20:58qui vraiment
20:59essaient de garder
20:59un message
21:00qui est très discipliné,
21:01qui vraiment se concentre
21:02sur les questions économiques
21:04et les questions
21:04du pouvoir d'achat.
21:05Donc on sent que ça,
21:06ça va être un vrai défi
21:07pour le Parti démocrate
21:09dans les deux années
21:09qui viennent,
21:10même dans un cas de figure
21:11où ils prennent le contrôle
21:12de une ou deux
21:14des chambres du Congrès.
21:16C'est quel est leur message ?
21:18Est-ce qu'il y a
21:18un message positif ?
21:19Est-ce qu'il y a un message,
21:20une réponse au America First
21:21qui essentiellement domine
21:23vraiment les débats
21:24depuis dix ans ?
21:25Et donc ça,
21:25ça va être un vrai problème.
21:27Je pense qu'il y a
21:27une vraie question,
21:29c'est est-ce que l'objectif
21:30va être un inventaire
21:31des deux dernières années
21:33ou est-ce qu'ils vont commencer
21:34déjà à se poser
21:35dans l'optique
21:37d'une campagne présidentielle
21:38en 2028
21:38qui va être extrêmement intéressante
21:41où il n'y a pas forcément
21:42un cheval de bataille
21:43évident pour l'instant
21:44pour le Parti démocrate ?
21:45Oui, c'est clair
21:46et cette capacité
21:47à délivrer un message
21:49convaincant sur le fonds,
21:51sur le pouvoir d'achat
21:51il va être évidemment crucial
21:52dans cette campagne.
21:54De même qu'il va falloir
21:55faire émerger,
21:56confirmer l'émergence
21:58de ces nouvelles figures
21:59du parti
21:59qui sont potentiellement
22:01des présidentiables.
22:02On a parlé du Texas,
22:03on va y revenir.
22:04Très intéressant de suivre
22:05ce qui va se passer
22:06en Géorgie aussi
22:07avec la candidature
22:08de John Oshoff
22:09qui est l'un des grands espoirs
22:11du parti aussi.
22:13Le Sénat,
22:14c'est absolument crucial,
22:16c'est la chambre de loin
22:16la plus importante,
22:17la plus puissante.
22:19Je le disais tout à l'heure,
22:20peut-être une chance sur deux
22:21de parvenir
22:22à y conquérir
22:23une majorité
22:24pour les démocrates.
22:25C'est loin d'être gagné,
22:26ce serait évidemment
22:26une victoire fondamentale
22:28pour eux
22:29si jamais
22:29ils devaient y parvenir.
22:31Ça va se jouer
22:32sans doute
22:32à très peu de choses
22:33et c'est la raison
22:33pour laquelle
22:34il faut s'arrêter
22:35un instant
22:36sur un message
22:37qui a été délivré
22:38à cette convention républicaine
22:40de Dallas.
22:40Il était inattendu
22:41parce qu'il est venu
22:42d'un sénateur
22:43démocrate,
22:45atypique certes
22:45mais quand même.
22:46Écoutez John Fetterman.
22:48Oui, je suis le sénateur
22:52John Fetterman
22:53de Pennsylvanie.
22:54Oui, je suis démocrate.
22:55Pourquoi suis-je ici
22:56aujourd'hui pour vous parler ?
22:58Parce que je suis
22:58un démocrate pragmatique,
23:00attaché au bon sens.
23:01Je défendrai toujours
23:02l'Amérique.
23:02Je rejetterai toujours
23:03les extrêmes,
23:04le socialisme
23:05et ce mode de vie
23:06anti-américain.
23:08Dave McCormick
23:10est le genre de sénateur
23:11qui obtient des résultats
23:12et il se battra
23:13pour la Pennsylvanie.
23:14Je suis fier
23:14de le compter
23:15parmi mes amis.
23:19Alors on le disait,
23:19Antoine,
23:20John Fetterman
23:20c'est vraiment
23:21un sénateur
23:21très particulier.
23:22On voit son allure,
23:23ce hoodie là,
23:25ce sweat avec capuche
23:26dont il a fait
23:27l'une de ses marques
23:28de fabrique.
23:29Si j'ose dire,
23:30c'est un démocrate
23:31atypique aussi
23:32à tel point
23:32qu'on se demande
23:33jusqu'à quel point,
23:34pendant combien de temps
23:35il va rester
23:36au sein de son parti.
23:37Mais quand même,
23:38incontestablement,
23:39il est là
23:39par vidéo interposée
23:41et dans son état
23:42de Pennsylvanie,
23:43il annonce
23:44qu'il soutient
23:46le candidat républicain
23:47à l'autre poste
23:48de sénateur.
23:50Ça forcément,
23:50c'est un bon coup
23:51pour les républicains
23:52et un coup dur
23:53pour les démocrates.
23:55C'est un coup de poigneur
23:56pour les démocrates
23:57et effectivement,
23:57un bon coup
23:58pour les républicains.
23:59D'ailleurs,
23:59Fetterman a été
24:00largement applaudi
24:02par la salle hier
24:03après ce message vidéo.
24:05En fait,
24:05Fetterman,
24:06c'est vrai que c'est
24:06un peu un électron libre
24:07depuis qu'il est élu au Sénat.
24:10Il prend des positions
24:10parfois opposées
24:12à celles du Parti démocrate.
24:14Il est régulièrement
24:15aussi invité sur Fox News
24:16qui l'aime beaucoup.
24:17Et la question
24:18qui se pose désormais,
24:18c'est la question
24:19de son avenir politique.
24:20Est-ce qu'il fait encore
24:20vraiment partie
24:21du Parti démocrate ?
24:22Est-ce qu'il va rester
24:22au sein du parti ?
24:24Et c'est une question
24:25fondamentale
24:26parce que comme tu l'as expliqué,
24:27la majorité au Sénat
24:28est très courte
24:29et les démocrates,
24:30s'ils veulent reprendre
24:31le Sénat,
24:32ils vont devoir vraiment
24:32compter sur toutes les voies.
24:34Ça va se jouer
24:35à vraiment quelques sièges près.
24:36Et donc, si Fetterman
24:37leur échappe,
24:39c'est peut-être le siège
24:40qu'il leur manquera
24:41pour avoir la majorité
24:43dans cette chambre.
24:44Donc, évidemment,
24:45c'est un coup très dur
24:46pour eux,
24:47cette espèce de défection
24:48de John Fetterman
24:52qui, à la surprise générale,
24:53a fait ce message hier.
24:55Ce n'était pas du tout attendu.
24:56Oui, ils n'avaient pas besoin
24:57de ça, les démocrates.
24:59Ils jouent très gros,
25:00évidemment,
25:00Gareth au Sénat.
25:02Oui, parce que, bon,
25:02évidemment,
25:03comme tu disais, Thierry,
25:04il y a une chance sur deux.
25:05C'est-à-dire qu'ils vont
25:06devoir défendre
25:07deux sièges
25:08qui ne sont pas
25:08forcément faciles.
25:09Bon, en Georgie,
25:11la situation semble
25:11un peu plus favorable.
25:12Au Michigan,
25:13ça ne va pas être facile.
25:15Et après,
25:15il faut qu'ils puissent
25:16gagner quatre sièges
25:17quand même,
25:17ce qui ne va pas être
25:18forcément évident.
25:19Et dans seulement
25:20un de ces sièges potentiels,
25:22dans le Maine,
25:22c'est un siège
25:23que Kamala Harris,
25:24pardon,
25:25un état
25:25que Kamala Harris
25:26avait emporté en 2024.
25:28Donc,
25:28ils vont devoir gagner
25:29dans des territoires
25:30qui avaient récemment
25:32soutenu le Parti républicain
25:33et dans Trump.
25:34Oui,
25:35juste pour dire aussi
25:36quelques mots
25:36sur Ferdinand,
25:37c'est sûr.
25:38Bon,
25:38il est coutumier
25:39d'avoir parfois
25:40des positions
25:40qui sont différentes
25:41du parti,
25:42mais là,
25:42on sent quand même
25:43qu'une certaine ligne rouge
25:44a été franchie
25:45et on se pose vraiment
25:46des questions
25:46sur son avenir politique.
25:47Lui jure
25:48qu'il ne va pas
25:49changer de parti,
25:50mais on peut imaginer
25:52la difficulté
25:53que lui poserait
25:53une réélection en 2028
25:55s'il voulait être
25:55candidat de nouveau.
25:56Donc,
25:56c'est un peu
25:57une approche
25:58un peu surprenante
25:58d'être un peu
25:59indépendant
26:00en électron libre.
26:01Bon,
26:01ça arrive,
26:02il y a d'autres sénateurs
26:03qui ont fait la même chose,
26:04mais là,
26:05ça semble quand même
26:05une certaine provocation
26:06par rapport
26:06à son propre parti.
26:08Allez,
26:08pour boucler la boucle,
26:10un dernier mot du Texas
26:10quand même
26:11et de cette compétition
26:12qui oppose James Talarico,
26:14on le disait
26:14à Ken Paxton.
26:16Ken Paxton
26:16qui a été soutenu
26:17de manière un peu étrange
26:18par Donald Trump
26:19à l'occasion
26:19de cette convention républicaine
26:21à Dallas,
26:22qui nous expliquait
26:23qu'il ne savait pas s'habiller,
26:24qu'il était plutôt moche,
26:25qu'il ne parlait pas très bien,
26:27mais que ce n'était pas grave
26:28et qu'il fallait quand même
26:28voter pour lui au fond.
26:30Ken Paxton,
26:31ce candidat républicain
26:32qui traîne par ailleurs
26:33toute une série
26:34de casseroles
26:35d'accusations de corruption
26:37opposées à James Talarico.
26:39Alors,
26:39si vous êtes un fidèle
26:42du monde selon Trump,
26:43vous vous souvenez peut-être
26:43qu'on parlait déjà
26:44de James Talarico
26:46il y a quelques mois.
26:46C'était en février dernier.
26:48Il y a eu cette affaire
26:49qui avait été provoquée
26:50par le fait
26:50que James Talarico
26:51devait participer
26:52à une grande émission
26:53du soir de télévision,
26:55l'émission de Stephen Colbert.
26:57Il avait été finalement
27:00écarté par la FCC,
27:02la Commission de la Communication
27:03aux Etats-Unis,
27:04l'équivalent de notre
27:05ARCOM,
27:06et Colbert avait expliqué
27:08ça à l'antenne,
27:09finalement diffusé
27:11l'interview de Talarico
27:12sur Youtube
27:13où elle avait été regardée
27:14par plus de 5 millions
27:15de personnes,
27:15et puis il était parvenu
27:17à nouveau
27:18à diffuser cette interview
27:21dans son émission.
27:21Et la raison pour laquelle
27:22j'évoque cet épisode,
27:24c'est parce qu'il vient
27:24de se reproduire,
27:26non pas avec Colbert,
27:27dont l'émission
27:28a disparu
27:29sur la chaîne CBS
27:30assez largement
27:31en raison de la pression
27:32exercée par Donald Trump
27:33et ceux qui l'entourent.
27:34Cette fois-ci,
27:34c'est l'émission
27:35de Jimmy Kimmel.
27:36Kimmel,
27:37à nouveau une cible
27:38de Donald Trump,
27:38souvenez-vous,
27:39son émission avait été
27:40suspendue quelques semaines
27:41il y a quelques mois
27:42aussi à nouveau
27:43sous la pression
27:44des Républicains.
27:45Et là encore,
27:46bis repetita,
27:47James Talarico
27:48est invité
27:49et mercredi soir
27:51à l'antenne,
27:51Kimmel prend la parole
27:52pour expliquer
27:53qu'il ne pourra pas
27:54diffuser cette interview
27:55en raison des règles
27:57que lui impose
27:57la FCC,
27:59qui sont des règles
28:00nouvelles,
28:00un peu en quelque sorte
28:01sorties nulle part
28:02et que lui aussi
28:03va devoir se résoudre
28:05à diffuser
28:06cette interview
28:07sur YouTube.
28:09On a quand même
28:09l'impression,
28:10Antoine,
28:10quand on raconte
28:11tout ça,
28:12que Talarico
28:13est la victoire
28:14d'un démocrate
28:16au Texas
28:17qui serait effectivement
28:18la première
28:18depuis la fin
28:19des années 80.
28:21J'ai envie de le dire
28:22un peu familièrement,
28:23ça leur fout un peu
28:23les jetons aux Républicains.
28:26Oui,
28:27complètement.
28:27Il y a une dynamique
28:28en faveur de Talarico
28:29et ça inquiète
28:30très fortement
28:32les Républicains.
28:33Alors,
28:34tu l'as dit,
28:34Talarico a été privé
28:35d'antenne
28:36sur Kimmel
28:37hier soir,
28:38mais ça ne l'a pas
28:39empêché de se rattraper
28:40sur tout un tas
28:41d'autres émissions.
28:43Il a fait hier
28:4519 interviews
28:46télévisées
28:47dans des JT,
28:48sur des chaînes
28:48d'info en continu.
28:49Il a été sur Fox News
28:51notamment pour aller
28:52parler justement
28:53aux électeurs
28:54qui ne sont pas forcément
28:54des électeurs démocrates
28:55et qui regardent
28:56Fox News.
28:57Donc,
28:57c'est vraiment
28:58l'homme du moment,
28:59l'homme qui monte
28:59et effectivement,
29:01face à lui,
29:01Paxton semble être
29:02un très mauvais candidat.
29:03C'est le candidat
29:03qui a été choisi
29:04par Donald Trump.
29:05C'est ça qui lui a permis
29:06de gagner la primaire.
29:08Mais là,
29:09dans l'élection générale,
29:10on voit qu'il est
29:10en difficulté
29:11et notamment
29:12en raison de tous
29:13ces problèmes,
29:14tous ces casseroles
29:14qu'il traite derrière lui,
29:15ces accusations
29:16de corruption,
29:17etc.
29:18Il mène une campagne
29:20particulièrement difficile
29:21et donc les démocrates,
29:22et ça m'a été confirmé
29:24lorsque j'ai discuté
29:25avec le patron
29:25des démocrates
29:26ici au Texas,
29:27rêvent vraiment
29:28de remporter ce siège.
29:29Ce serait une victoire
29:30symbolique extrêmement
29:32forte pour eux.
29:33Et ça sera une campagne
29:34particulièrement intéressante
29:35à suivre pour cette raison.
29:36Allez, un mot pour terminer
29:37quand même
29:38de ce moment d'émotion
29:40dans la vie des Américains
29:41cette semaine
29:42et pas seulement.
29:43Le 11 septembre 2026,
29:4625 ans après
29:47le 11 septembre 2001,
29:50c'est un événement
29:51qui est abondamment couvert
29:53aux Etats-Unis
29:53depuis quelques jours maintenant.
29:56Donald Trump
29:57ne sera pas à New York
29:58pour participer
30:00aux commémorations.
30:01Il parlera au Pentagone,
30:03il a expliqué
30:03ne pas vouloir
30:04se rendre à New York
30:05pour diverses raisons logistiques,
30:06mais aussi parce que
30:07la tradition
30:08depuis 2001
30:09aux Etats-Unis,
30:10c'est que lorsqu'on va
30:11à New York,
30:12on y va pour rendre hommage
30:13aux victimes
30:14et donc on ne prend pas
30:15la parole,
30:16on ne parle pas.
30:17Donc malheureusement,
30:18un peu de controverse
30:19quand même,
30:20mais un moment
30:21qui sera évidemment
30:22un moment très fort
30:24cette semaine
30:24aux Etats-Unis,
30:25Gareth Martin.
30:27Oui,
30:28ça donne un coup de vie
30:30de penser que c'était
30:31il y a 25 ans
30:31et puis je pense aussi
30:33ce qui est frappant
30:34et je le vois
30:34dans ma profession
30:35en termes de professeur
30:36d'université,
30:38une grande majorité
30:39de mes élèves
30:40maintenant sont nés
30:41des années après.
30:42Je crois qu'un tiers
30:42de la population américaine
30:44actuelle n'était pas née
30:45au moment du 11 septembre
30:46en effet,
30:46à peu près.
30:46Si on prend peut-être
30:48ceux qui n'étaient nés
30:49mais qui étaient trop jeunes
30:50pour vraiment comprendre,
30:51c'est-à-dire qu'on est
30:51peut-être proche,
30:52pas tout à fait,
30:53mais proche ou pas loin
30:54de la moitié des Américaines
30:56pour eux,
30:57c'est l'histoire.
30:58C'est quelque chose
30:58qu'ils peuvent rechercher
30:59avec l'intelligence artificielle
31:01ou d'autres outils.
31:02Donc quelque part,
31:04maintenir cette mémoire,
31:06maintenir ou essayer
31:06de trouver
31:07quelles sont les leçons,
31:08quelles sont les conséquences
31:10est un moment très important
31:12et surtout parce que
31:13il y a évidemment
31:14toute l'émotion
31:15par rapport à l'événement même
31:16et tout ce qui après a suivi
31:17l'étendue de la transformation
31:19de la société américaine
31:21et l'étendue des changements
31:23que cet événement a provoqué aussi
31:25dans la politique étrangère américaine
31:27aussi n'ont pas forcément,
31:28on va dire,
31:29un verdict unanime
31:30au sein de la population américaine.
31:31Et c'est vrai,
31:32ça a changé tellement de choses
31:34et celui qui vous en parle
31:35habitait New York
31:36le 11 septembre 2001
31:38et s'en souvient évidemment
31:39aussi avec beaucoup d'émotion
31:4125 ans après.
31:42On en a parlé beaucoup
31:43de ce 11 septembre
31:44autour de toi,
31:45Dallas, Antoine ?
31:46Moi, ce qui me frappe
31:47en fait sur ces commémorations,
31:49c'est que ce qui doit être
31:51normalement un grand moment
31:52d'unité nationale
31:52pour commémorer ce drame
31:55qui a vraiment marqué
31:56la vie des États-Unis,
31:57aujourd'hui,
31:57ces commémorations,
31:58elles sont rattrapées
31:59par la division.
32:01Il y a donc Donald Trump
32:02qui a décidé de boycotter
32:03les commémorations
32:03à New York
32:04parce qu'on ne le laissait pas
32:06parler
32:06et que Donald Trump
32:07voulait être un peu
32:08comme d'habitude
32:08le personnage principal
32:10de l'événement.
32:11Il y a Rudy Giuliani
32:12dans sa mère de New York
32:13qui dit que l'actuel maire,
32:16Zoran Mandani,
32:16ne devrait pas participer
32:17à ces commémorations
32:18parce que selon lui,
32:20c'est un islamiste,
32:21en tout cas,
32:21il fait le jeu
32:22de l'islamisme.
32:24Donc, on voit
32:24qu'il y a ce clivage
32:26à nouveau
32:27sur un événement
32:28qui normalement
32:28devrait rassembler
32:29les Américains.
32:30J'étais à New York
32:31la semaine dernière
32:32pour faire un reportage
32:32justement sur les 25 ans
32:35des attentats
32:36et j'ai parlé
32:38avec des victimes
32:39ou des proches
32:40de victimes
32:40qui étaient assez choqués
32:42finalement que Donald Trump
32:42ne devienne pas sur place
32:44et un peu déçus
32:46que ces commémorations
32:47soient un peu gâchées
32:48par l'attitude du président
32:50qui par ailleurs
32:51a en plus,
32:53on va peut-être en parler après,
32:54mais il y a quelques jours,
32:56il y a avant-hier,
32:57je crois,
32:57fait des déclarations
32:58complètement mensongères
32:59sur ce qui lui est arrivé
33:01ce jour-là
33:02et sur l'aide
33:02qu'il aurait pu apporter
33:04au secours.
33:05On va l'écouter justement
33:06Donald Trump
33:06qui nous raconte
33:08son 11 septembre,
33:10en tout cas celui
33:10qu'il pense avoir vécu.
33:14Je n'oublierai jamais
33:15deux pompiers.
33:16On pensait que ça allait
33:17nous tomber dessus
33:17et deux pompiers,
33:19deux grands gaillards costauds
33:20et je ne suis pas
33:21le plus petit gars du monde,
33:22m'ont attrapé sous les bras
33:23et m'ont dit
33:24il faut partir d'ici
33:25et ils m'ont littéralement soulevé.
33:27Ce n'est pas facile à faire,
33:28je suis un grand gaillard.
33:29Ils m'ont soulevé
33:29et ils se sont mis
33:30à courir en me portant.
33:32Je leur ai dit
33:32les gars,
33:33je peux courir seul
33:34mais ils ont été incroyables.
33:35Ils pensaient vraiment
33:36que ça allait s'effondrer.
33:37Ça ne s'est pas effondré,
33:38l'acier américain.
33:40Oui,
33:40il parle d'un bâtiment
33:41qui ne sont pas
33:42les deux tours jumelles
33:42mais qui se trouve à côté.
33:45Donald Trump
33:45n'était pas sur les lieux
33:46le 11 septembre 2001.
33:49Aucun de ceux
33:49qui étaient à New York
33:50ce jour-là
33:52ne vous le dira.
33:53Il s'y est rendu
33:54simplement
33:54quelques jours plus tard
33:56et dans des conditions
33:57qui ne semblent
33:59à ne rien avoir
34:00avec celles que vous venez
34:01de l'entendre décrire.
34:03En tout cas,
34:03évidemment,
34:04cette fausse note
34:04elle est regrettable
34:06à quelques heures
34:07de ces commémorations
34:08qui sont évidemment
34:08très attendues
34:09et qui seront
34:10une nouvelle fois
34:11bien sûr
34:11très émouvantes.
34:13Et c'est sur cette note
34:14pas très joyeuse
34:15qu'on reste quitté
34:16et refermé
34:19ce premier épisode
34:20du Monde selon Trump
34:21de la saison.
34:21Vous voyez que
34:22cette campagne
34:23elle s'annonce passionnante
34:24qu'elle démarre
34:25sur les chapeaux de roue.
34:26Merci beaucoup
34:26Antoine Nelard
34:27depuis Dallas
34:28Gareth Martin
34:29depuis Washington
34:30d'avoir été à mes côtés
34:31pour cette nouvelle saison
34:33du Monde selon Trump
34:34et cette campagne
34:35qui va être évidemment
34:36fascinante à suivre
34:37au cours des prochaines semaines.
34:39Merci Alexandre Foucault
34:40pour la réalisation
34:41et la préparation
34:42de cet épisode.
34:43Vous continuez
34:44à vous abonner
34:44et à le suivre
34:45sur toutes les plateformes
34:46d'écoute.
34:47Salut à tous
34:48et à toutes
34:48et à très bientôt.
34:51Sous-titrage Société Radio-Canada

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