Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 minute
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00– Europe 1, Europe 1, 11h-13h, Christine Kelly et vous.
00:07– Il est 12h33 sur Europe 1, dans un instant nous aborderons les méditerranes américains,
00:12l'arge défaite de Donald Trump, les démocrates qui prennent le congrès,
00:17les démocrates qui remportent la Chambre et le Sénat.
00:20On va essayer d'analyser tout cela avec Michel Fayad sur les conséquences en France,
00:25sur les conséquences pour Israël, les conséquences pour l'avenir de Donald Trump,
00:28les conséquences sur la guerre en Iran, beaucoup de questions à se poser.
00:31Appelez-nous d'ailleurs aux standards d'Europe 1 si vous voulez interroger Michel Fayad sur ce sujet d'abord.
00:36On reste sur ce racisme anti-blanc que beaucoup taisent et pourtant qui infuse dans la société française.
00:42– Venez témoigner et réagir au 01-80-20-39-21, 12h33, vous écoutez Christine Kelly, bienvenue sur Europe 1.
00:50– Christine Kelly et vous sur Europe 1.
00:54– Bruno Gaillat, vous avez écrit Blancassé aux éditions La Nouvelle Librairie,
01:00vous êtes enseignant et vous dénoncez en fait, à travers ce roman très bien écrit,
01:05ce racisme que beaucoup veulent taire.
01:07– Oui, tout à fait. Non seulement ils veulent le taire, mais c'est vraiment une politique.
01:14Il faut bien comprendre que c'est le fameux hashtag pas de vagues.
01:18– Alors on a pu croire, malheureusement on a été tous un petit peu optimistes,
01:23il reste jusqu'à dire on a été tous un petit peu naïfs,
01:25en pensant que suite à l'assassinat de Samuel Paty ou à l'assassinat de Dominique Bernard,
01:32il allait y avoir un léger soulèvement de la chape de plomb du hashtag pas de vagues.
01:37Mais en fait, l'administration d'éducation nationale, c'est vraiment, elle ne vit que pour ça.
01:42– Souvent on a dénoncé le pas de vagues pour beaucoup de sujets, mais pas sur le racisme anti-blanc.
01:46– Ah bah le racisme anti-blanc ne risquait pas de dénoncer le pas de vagues dessus,
01:49puisqu'il n'existait pas.
01:50Madame Kayy, je vous rappelle que jusqu'à très récemment, juste, c'est simple, il n'existait pas.
01:54Comme je le disais dans un autre article aussi, c'est simple,
01:56quand on ne veut pas voir le réel, c'est simple, on a qu'à crever les yeux de tout
01:59le monde,
01:59ils ne verront plus le réel, ils ne verront plus les pillards.
02:02Le problème c'est qu'en fait on sera toujours dans le réel,
02:04mais en plus on sera aveugle.
02:05D'ailleurs c'est ce qui se passera s'ils arrivent un jour à fermer ces news par exemple.
02:08On aura effectivement crevé les yeux des gens, ils seront toujours dans le réel,
02:11mais ils seront aveugles.
02:12Et bien quand il s'agit du racisme anti-blanc, effectivement il n'existait pas.
02:14Donc Nico souffrait en silence, Nico se faisait faire pipi dans son sac de sport,
02:19il se prenait des tartes, il se faisait insulter, sale blanc, face de craie,
02:22« Oh t'es tout blanc, t'es tout rose »,
02:24c'était toute la gamme des injures et des attaques qu'on peut faire sur un pauvre gamin
02:31qui est en minorité, parce que n'oublions pas que ce que j'explique dans le livre,
02:35on est bien d'accord que si Nico, qui est un élève fictif,
02:39mais qui est un conglomérat de beaucoup de cas que j'ai pu voir dans mes 23 ans de carrière,
02:44si Nico est attaqué c'est parce qu'il est en minorité.
02:47Et d'ailleurs il n'est pas le seul.
02:48Et je rappelle dans mon livre que les Asiatiques subissent exactement la même forme de racisme que Nico.
02:54Ils sont mis exactement dans le même sac.
02:56Et pourtant ils sont extra-européens aussi.
02:58Mais pourquoi on n'en parle pas non plus de ce racisme anti-asiatique ?
03:01Alors le racisme anti-asiatique, on en parle vraiment extrêmement peu.
03:04J'ai la chance d'échanger beaucoup et d'avoir rencontré...
03:07Bruno Gaillat sur Europe 1.
03:09...une personne qui est assez influente sur cette question,
03:13entre autres sur Twitter, Lorraine,
03:15et on a pu échanger dessus.
03:17Et c'est assez simple.
03:19L'Asiatique est considéré, et dans mon expérience c'est vraiment extrêmement clair,
03:24c'est explicite, il est considéré comme le mauvais exemple.
03:27Parce qu'il prouve qu'en tant qu'extra-européens, on peut s'assimiler,
03:31on peut acquérir les codes,
03:33on peut suivre les règles de l'école,
03:36on peut respecter le professeur,
03:38et on est pourtant extra-européens.
03:42Et c'est donc le mauvais exemple qui est donné.
03:44Bruno Gaillat en direct sur Europe 1.
03:46Bonjour Nathalie, vous nous appelez Dara,
03:48si vous voulez témoigner.
03:501996, vous avez été victime du racisme anti-blanc.
03:54Vous aviez peut-être quel âge ? 25 ans ?
03:55Racontez-nous.
03:56J'avais 25 et 26 ans, oui.
03:59Bonjour Christine.
04:00Bonjour Nathalie.
04:01J'en ai oublié des bonnes manières.
04:03Non, je vous en prie.
04:04Oui, j'avais 26 ans,
04:06et je me trouvais un samedi soir à Strasbourg avec ma sœur,
04:10et nous voulions rentrer chez nous.
04:12Et nous attendions donc un taxi à un endroit bien précis de Strasbourg,
04:17quand d'un coup, une bande de jeunes maghrébins est arrivée,
04:23et s'est approchée de nous en nous disant que,
04:28en nous disant, voilà, sale blanche, je te préviens,
04:31le prochain taxi qui arrive, c'est pour nous.
04:33Et bon, je ne suis pas du genre à me laisser faire,
04:38donc j'ai répondu que non, quoi, ce n'était pas normal.
04:43Et là, il m'a carrément dit, toi, tais-toi,
04:47les femmes chez nous, on leur classe la gueule par terre.
04:50Donc, voilà.
04:52Comment vous avez réagi, Nathalie ?
04:55Vous avez porté plainte, vous avez intériorisé peut-être cela ?
05:01Parce que j'ai l'impression, Nathalie, que vous avez 56 ans,
05:05à cette époque, on n'en parlait pas, comme nous disait Bruno Gaillard,
05:09comme si peut-être à l'époque, on intériorisait tout ça.
05:12Comment vous avez réagi à ce moment-là ?
05:14À ce moment-là, je ne sais pas.
05:18Comme j'ai dit à votre collaboratrice,
05:21heureusement, les deux taxis sont arrivés,
05:23et donc l'histoire s'est passée très vite.
05:26Mais je pense que me connaissant, j'aurais voulu répliquer.
05:31Ma sœur a essayé de temporiser un peu la chose.
05:34On est partis tout de suite, on a pris chacun nos taxis,
05:36et l'histoire s'est bien terminée.
05:39Et heureusement.
05:40Et heureusement, oui.
05:42J'ai gardé tout ça en moi, rien que le fait d'en parler.
05:45Je sens ça, oui, je sens votre émotion.
05:4930 ans plus tard, je ressens votre émotion.
05:51Oui, oui, tout à fait.
05:52Parce qu'avec tout ce qu'on entend maintenant,
05:54je me dis que ça aurait pu peut-être mal se terminer.
05:59Et non, je n'ai pas porté plainte.
06:02Je n'ai pas porté plainte.
06:03À ce moment-là, c'est vrai qu'on n'en parlait pas beaucoup.
06:07Je ne suis même pas sûre non plus qu'aujourd'hui,
06:09il y aurait peut-être des suites.
06:10Je ne sais pas ce que vous en pensez.
06:12Par porté plainte, c'est tellement compliqué,
06:14c'est tellement encombré quand vous faites insulter aujourd'hui.
06:18C'est un parcours du combat, on a les porté plainte.
06:20Au niveau scolaire, je peux vous dire ce qui se passe.
06:23La plupart du temps, au niveau scolaire,
06:25quand l'enfant enfin parle,
06:28parce qu'évidemment, on le menace,
06:29c'est l'omerta, c'est si tu parles, ce sera pire,
06:31si tu parles, on t'en prendra à ta sœur,
06:33on s'en prendra à ta sœur, etc.
06:35Mais quand enfin l'enfant parle,
06:37moi ça, je l'ai vu,
06:38qu'est-ce qu'on va faire ?
06:39On va lui faire remplir un petit document officiel
06:42dans le bureau de la CPE,
06:44où on va lui poser des questions à charge
06:45pour que finalement,
06:47ils finissent par avouer que non, en fait,
06:48il n'est pas harcelé.
06:49Après tout ce qu'il a subi,
06:50moi j'ai vu des gamins qui ont subi vraiment des horreurs,
06:52qui étaient médicalisés,
06:53qui étaient suivis par un médecin,
06:54qui étaient suivis par un psy,
06:55et on a réussi à leur faire remplir un petit document
06:57pour que finalement, on dise non
06:58sur le document officiel.
07:00Nico, tu n'es pas harcelé.
07:02Et ça, c'est vrai en plus pour plusieurs sujets.
07:04Merci beaucoup, Bono Gaïa,
07:07on sent dans son regard effectivement
07:09que c'est dévécu.
07:10Merci beaucoup ma chère Nathalie
07:11d'avoir appelé en direct sur Europe 1.
07:13Je partage votre émotion,
07:16je vous embrasse,
07:17je vous serre fort dans les bras,
07:18même si à 25 ans plus tard,
07:20vous ressentez encore cette violence
07:22que vous avez ressentie
07:23lors de cette agression verbale.
07:25Excellente journée sur Europe 1.
07:26Merci encore d'avoir appelé au Standard Europe 1.
07:29Bruno Gaïa, merci pour votre livre.
07:31Merci d'avoir été notre invité.
07:33Merci.
07:33Merci.

Recommandations