00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:02Et merci de nous rejoindre à 12h18, vous êtes bien sur Europe 1, vous écoutez Christine Kelly et vous.
00:07Et vous recevez Christine aujourd'hui, Bruno Caillard, écrivain, ancien enseignant et auteur du livre Blancassé aux éditions La Nouvelle
00:15Librairie.
00:16Et nos auditeurs aussi nous appellent au 0, 1, 80, 20, 39, 21.
00:19Oui, je vous donne la parole dans un instant, Thierry Lou, vous qui appelez, continuez à nous appeler au standard
00:24d'Europe 1
00:25et pour témoigner si vous avez vécu de racisme anti-blanc, si vous avez été témoin de racisme anti-blanc,
00:32puisque on a l'impression que certains veulent taire ce racisme anti-blanc.
00:36Nous avons choisi d'accueillir Bruno Gaillard pour son livre Blancassé, qui n'a entendu nulle part.
00:42C'est votre première interview ou pas sur ce... télé, radio, non ?
00:46Non, j'ai...
00:46Dites-moi où, dites-moi où ?
00:47Chez vous, par téléphone avec Hélène Roué.
00:51Je voulais juste faire une petite précision, je suis toujours enseignant.
00:53Je ne suis pas ancien enseignant, je suis officiellement toujours enseignant.
00:56C'est intéressant. Donc vous êtes enseignant, vous avez écrit ce livre Blancassé,
01:03un livre où vous croisez les destins de Nico, 12 ans, et de Benoît,
01:08un professeur expérimenté dans un collège de banlieue en éducation prioritaire.
01:11Nico subit harcèlement lié au fait qu'il est blanc.
01:15Benoît, l'enseignant, lui se confronte aux violences scolaires, aux défaillances de l'institution,
01:20à travers leur parcours. Votre roman dénonce les humiliations, le communautarisme,
01:25le silence des adultes censés protéger les élèves.
01:28C'est la perspective défendue par votre livre, en tout cas, et sa présentation éditoriale.
01:34Pourquoi l'intituler Blancassé ?
01:36Tout simplement, le Blancassé, c'est Nico, mais c'est aussi Benoît.
01:40À la base, le titre du dossier initial, c'était la triple peine.
01:44La triple peine, pourquoi ? Parce que Nico, il naît déjà dans un environnement pauvre.
01:49Parce qu'il vit dans un environnement pauvre, il est envoyé dans un collège difficile,
01:54dans lequel il va avoir évidemment peu de chances de réussir sa scolarité, malheureusement,
01:59malgré les moyens supplémentaires qui sont alloués au réseau d'éducation prioritaire.
02:03Et la troisième peine qu'il subit, bien entendu, c'est ce racisme anti-blanc,
02:06dont, en plus de ça, il ne peut pas témoigner.
02:09Il ne peut pas témoigner parce qu'au moment où j'écris,
02:12enfin, au moment où se passent les événements de Blancassé, le roman,
02:16le racisme anti-blanc est quelque chose qui n'est pas dissible.
02:19Cela n'existe pas.
02:20J'ai d'ailleurs souvent répondu...
02:22Bruno Gaillat sur Europe 1.
02:23J'ai souvent répondu à des commentaires
02:27sur des réseaux sociaux,
02:29de gens disant, le racisme anti-blanc n'existe pas.
02:31Et j'ai répondu, c'est quand même étrange.
02:33J'ai écrit un livre sur 23 ans d'expérience,
02:37de quelque chose que je suis le seul à avoir vu.
02:39Donc, je suis de toute évidence psychotique, je suis fou.
02:42Qu'est-ce que vous avez vu concrètement, Bruno Gaillat ?
02:44Alors, concrètement, il y a tout ce qu'on connaît,
02:47Salguer, il y a la fameuse expression qui a fait floresse à une époque,
02:50tout fragile.
02:51Et puis, les mots, bien sûr,
02:53mais le problème, c'est que, c'est ce que nous disions hors antenne,
02:55les mots sont suffis de gestes.
02:57C'est ça, la gravité de la chose.
02:58Les mots sont déjà condamnables.
03:00Les mots sont déjà condamnables,
03:02parce que les mots, ils rendent la vie de Nico impossible.
03:04Mais les mots sont suivis de gestes,
03:05ils vont être suivis de moultes balayettes,
03:08ils vont être suivis de faire pipi dans le sac de sport,
03:10ils vont être suivis de chiquettes,
03:12de claques derrière la tête à longueur de temps.
03:15Et tous ces petits exemples, malheureusement,
03:18c'est en s'accumulant qu'ils rendent la vie de Nico totalement impossible,
03:21et en plus de ça, qu'ils l'ostracisent au sein du groupe.
03:24Blanc Cassé, aux éditions de la Nouvelle Librairie,
03:26Bruno Gaillat sur Europe 1,
03:27avant d'avoir Alou et Thierry,
03:29Gabriel Cluzel.
03:30Oui, alors moi, il se trouve que j'ai lu ce livre,
03:32j'ai mis du temps à le lire, je vais être franche avec vous,
03:33parce que j'ai toujours peur des livres,
03:36entre guillemets, démonstratifs,
03:37sur le plan politique.
03:38Je me suis dit, quand on suit une thèse,
03:40parfois les romans sont cousus de fil blanc.
03:43Là, je l'ai trouvé extrêmement bien senti,
03:45ça sent le vécu, bien écrit,
03:47touchant, parce qu'il a des parents qui sont touchants,
03:49qui ne peuvent pas faire grand-chose non plus,
03:50qui sont dans l'adversité.
03:52Je vais utiliser un mot que vous n'aimez peut-être pas,
03:54mais c'est ce qu'on appelle des petits blancs.
03:57Je sais que Trump déteste cette expression.
04:00Je peux vous poser une question ?
04:01Oui.
04:02Vous avez déjà, vous, vécu, Gabriel Cluzel,
04:04le racisme anti-blanc ?
04:05Moi, une fois dans le métro, on m'a dit « sale blanche ».
04:07Voilà, parce que un type était un peu collant,
04:12et c'est ce que j'ai vécu, ça s'est arrêté là.
04:16Voilà.
04:19Donc, c'est vrai que j'ai trouvé ça assez touchant.
04:22Moi, j'ai la chance, parce qu'il ne faut pas se laurer,
04:24de vivre dans un environnement qui m'a permis
04:26de mettre mes enfants dans d'autres écoles,
04:28peut-être plus protégés.
04:29Mais je pense qu'il ne faut pas oublier cette France-là.
04:34En tout cas, ce livre est, je crois,
04:37assez édifiant pour tout le monde.
04:39Si j'ai bien compris, c'est un patchwork,
04:40un peu d'expérience vécue,
04:42comment vous l'avez construit ?
04:43Est-ce que tout a été vécu,
04:44dans ce que vous racontez ?
04:45Oui, vraiment.
04:46Parce que, Nico, il n'existe pas concrètement en tant que tel.
04:49Non, tout à fait.
04:51Et justement, il n'existe pas.
04:52Pourquoi j'utilise la forme romanesque ?
04:54C'est justement pour protéger aussi l'identité
04:56des différents acteurs qui sont présentés.
04:58Mais les anecdotes, les différents éléments saillants du livre
05:01sont tous tirés de mon expérience.
05:03Et ce sont des choses que j'ai vécues,
05:05soit de manière directe, pour 80%,
05:06ou de manière indirecte, mais très proche,
05:09qui m'ont été retranscrits par des collègues
05:10avec lesquels je travaillais.
05:12Donc, effectivement, ça pourrait être écrit docu-fiction,
05:15mais c'est un roman, parce que la forme romanesque
05:17protège les protagonistes.
05:19Bruno Gaillard, en direct sur Europe 1.
05:21Bonjour Lou, vous nous appelez de l'héros.
05:24Vous avez 30 ans.
05:25Dites-nous tout à propos du racisme anti-blanc sur Europe 1.
05:28Bonjour, Christy.
05:29Bonjour à tous.
05:31Moi, j'aimerais revenir sur l'attentat de Trappes
05:34concernant ce meurtre dit raciste.
05:40En fait, je ne me souviens pas avoir entendu autant
05:41parler du meurtre raciste lorsqu'il s'agissait
05:43des victimes blanches.
05:45Dans certaines affaires précédentes, par exemple,
05:48pourtant, le racisme anti-blanc, il existe,
05:49même si certaines personnes ne veulent pas le dénoncer.
05:54Mais j'ai vraiment ce sentiment qu'il y a deux fois deux mesures
05:56dans certains médias.
05:57On va énormément insister sur certains faits,
05:59mais beaucoup moins sur d'autres,
06:01notamment lorsqu'il concerne, par exemple, l'insécurité,
06:03les violences dans certains quartiers
06:05ou les problèmes liés à l'immigration et à l'intégration.
06:08Et je pense aussi qu'il y a une dimension politique
06:10derrière tout ça.
06:11Certains médias donnent le sentiment
06:13de vouloir défendre une certaine vision de la société
06:16plutôt que simplement apporter des faits.
06:19On a parfois l'impression aussi
06:21que les priorités, c'est de ne pas alimenter
06:23certains discours politiques,
06:25notamment à droite,
06:26plutôt que de poser les vraies questions.
06:28Moi, je pense qu'il faut arrêter
06:30de mettre les sujets sous le tapis
06:32parce qu'ils dérangent.
06:33On peut dénoncer le racisme,
06:35quelle que soit l'origine de la victime,
06:37parler d'immigration, d'insécurité, de violence,
06:39sans être automatiquement catalogué à l'extrême droite.
06:44Merci beaucoup, mon cher Lou,
06:45d'avoir appelé en direct sur Europe 1.
06:47Vous êtes pour la dénonciation de tous les racismes
06:51sans être catalogué d'extrême droite.
06:54Merci.
06:55Vous avez 30 ans, vous nous appelez de l'héros.
06:57C'est juste du bon sens.
06:59Dans un instant, on aura Thierry,
07:00qui nous appelle de Seine-et-Marne,
07:02pour pouvoir témoigner.
07:03Parlez aussi de Trappes,
07:05parlez aussi du racisme anti-blanc
07:07afin qu'il puisse s'exprimer.
07:08On lui donne la parole dans un instant.
07:10On abordera aussi dans la dernière partie de Christine Kelly
07:14et vous des mid-terms aux Etats-Unis.
07:16On va recevoir Michel Fayad
07:17et on parlera dans un instant de tous les changements
07:19qu'il y a avec ce vote qui a eu lieu cette nuit aux Etats-Unis.
07:24Beaucoup de choses à dire.
07:25Quel impact sur notre société en France ?
07:28On abordera ça dans un instant.