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Transcription
00:00Je pense très souvent à Ken. J'adore cette série qui, je pense, est une forme de métaphore de la
00:06vie qui est extrêmement pertinente.
00:08T'es fasciné par les odeurs.
00:09Ouais, j'adore, j'avoue. On apprend énormément de choses en reniflant les gens.
00:13Tous mes potes, j'aime bien leur odeur, en fait, en vrai. Quand ils prennent pas de douche. J'adore
00:17Patrick Sébastien, de toute façon, c'est vrai.
00:18Voilà, c'est dit, c'est le multivers, c'est en action.
00:21Ses chansons sont très souvent très efficaces. J'ai eu une magnifique discussion avec une intelligence artificielle.
00:27Je lui ai demandé vraiment de m'expliquer extrêmement scientifiquement qu'est-ce qui s'était passé d'un point
00:31de vue génétique pour que mes cheveux passent d'une blondeur comme ça à ce qu'ils sont.
00:35L'intelligence artificielle m'a expliqué, il m'a dit, mais le processus est vraiment mystérieux. On ne sait pas
00:40encore qu'est-ce qui se passe dans les gens.
00:42Je lui ai mis l'accent québécois, parce que j'adore l'accent québécois.
00:45Il y a des gens qui sont romantiques, toi, t'es bromantique.
00:47Oui, c'est vrai que je vénère l'amitié. Tu vois, par exemple, dans Tintin, une chose qui m'avait
00:51marqué, c'était la relation des personnages Tintin, Haddock, Tournesol.
00:55Ils étaient liés par l'amitié et ils faisaient des choses hyper importantes.
00:58Je rêvais de grandir et d'avoir ce type de relation.
01:02Moi, je trouve que j'ai glow-up. De toute façon, on peut dire ça aux jeunes, mais ils s
01:05'en foutent complètement.
01:06Mais quand on est jeune, on ne s'aime pas. Et en fait, on est beaucoup, beaucoup mieux que ce
01:10qu'on croit qu'on est.
01:11Salut, c'est Ria de Satouf, dans Clique. Alors, cliquez, likez et abonnez-vous. Ça va être trop bien.
01:16Bienvenue dans Clique. Eh bien, qui c'est qui est là ? C'est Ria de Satouf.
01:21On est fans tous les deux de la traîne Patrick-Sébastien.
01:23Oui, oui, oui. Moi, j'adore Patrick-Sébastien, de toute façon, c'est vrai.
01:26Voilà, c'est dit, le multiverse est en action. Il y a une incursion entre les univers.
01:29Qu'est-ce qui te fascine dans cette traîne de Patrick-Sébastien ?
01:32Ce qui est très drôle, c'est que c'est le côté, comment dire, surprenant d'une chanson ou d
01:39'un artiste considéré comme un peu ringard en France
01:44et en même temps qui fait des chansons qui ont une sorte de viralité.
01:49J'ai vu que le plus gros groupe de K-pop coréen vient de faire une chorégraphie avec la chanson
01:56de Patrick-Sébastien.
01:57C'est quand même extrêmement marrant.
01:58C'est-à-dire, quand un phénomène d'un lieu devient mondial, elle est hyper bien, en fait, en vrai,
02:05sa chanson, si on l'écoute bien.
02:07Et c'est ça, est-ce que le Riyad Satouf musicien valide la musique ?
02:09Ah non, mais franchement, ses chansons sont très souvent très efficaces.
02:13Oui, c'est un très bon personnage. J'aime beaucoup Patrick-Sébastien.
02:16Est-ce que tu pourrais le dessiner de tête, Patrick-Sébastien ?
02:19Non, je n'y arriverais pas trop. Je ferais quelqu'un qui lui ressemble à peu près, mais j'aurais
02:23du mal à le...
02:24Je l'avais rencontré une fois dans le... Quand je tournais mon deuxième film, « Jackie, homme des filles »,
02:29on tournait dans un studio et il enregistrait son émission juste à côté.
02:33Et j'étais allé lui serrer la main. Je lui avais dit « Ouais, quand j'étais ado, je vous
02:39adorais, j'étais fan. Je regardais vos émissions et tout, le plus grand cabaret et tout. »
02:44Et puis, il était hyper sympa. Il m'avait dit « Oh, c'est eux, mets-toi dans le public.
02:46Si tu veux, je te tue mon premier rang, si tu veux. »
02:49Hyper sympa.
02:49C'est la meilleure imitation.
02:55Et si on faisait une trend après la trend Patrick-Sébastien pour que les gens passent le casting du film
02:59Les Cahiers d'Esther ?
03:01Parce que moi, j'ai vu pour l'instant, ce n'est pas encore une trend trend, mais il y
03:04a quand même des petits TikToks là-dessus.
03:05Non, mais je pense qu'il n'y a plus besoin parce que c'est vrai qu'il y a
03:08eu énormément de candidatures.
03:10Donc, on va faire les Cahiers d'Esther en film live.
03:14Et c'est vrai que j'ai mis sur les réseaux sociaux que je recherchais Esther à deux âges et
03:20on a reçu 10 000 candidatures.
03:22Donc là, actuellement, il y a plusieurs personnes extrêmement stressées en train de regarder les 10 000 vidéos qu'on
03:29a reçues.
03:30Et j'en ai regardé quelques-unes déjà. Je vais toutes les voir là bientôt.
03:34On rappelle que les Cahiers d'Esther, c'était adapté d'une ado qui a grandi dans ton entourage.
03:39Qu'est-ce qu'elle dirait, Esther, sur ce qui se passe aujourd'hui avec le mouvement des lycéens ?
03:43Je pense qu'elle serait à fond avec les lycéens. Non, non, oui, tout à fait.
03:48J'y pense souvent d'ailleurs. Je me dis, si je devais faire les Cahiers d'Esther aujourd'hui, qu
03:53'est-ce que j'en raconterais ?
03:57C'est vrai que c'est...
03:58Alors, dans les bandes dessinées, elle a eu la chance d'être dans des lycées, des collèges privilégiés.
04:04C'était ça aussi le sujet des Cahiers d'Esther, c'est de raconter comment une jeune fille d'un
04:09milieu pas forcément privilégié se retrouvait par la force des choses dans les beaux quartiers.
04:15Mais je pense que non, non, elle soutiendrait à fond les collégiens et les lycéens.
04:18J'ai vu des pancartes de lycéennes, collégiènes qui avaient dessiné Esther et tout le monde.
04:23Elle serait à fond avec eux.
04:25Et ce qui est dingue, c'est de voir que des lycées plutôt huppés, maintenant, soutiennent les quartiers populaires.
04:30Oui, bien sûr. C'est vrai que c'est...
04:34Enfin, c'est émouvant quand on voit ce qu'ils demandent et le fait qu'on les a abandonnés comme
04:41ça pendant des années,
04:42qu'on ne prenne pas en compte toutes les difficultés qu'ils peuvent avoir dans leurs établissements qui s'effondrent,
04:51etc.
04:52Et c'est à la fois dans les beaux quartiers et dans les quartiers défavorisés.
04:55C'est vrai que c'est aux quartiers favorisés de soutenir aussi les gens qui ont moins de moyens.
05:00Donc, Riyad Satouf soutient les lycéens ?
05:03Ah oui, complètement, bien sûr.
05:05J'ai été lycéen moi-même, j'ai été collégien moi-même.
05:09Je me rappelle déjà, à mon époque, les trucs s'effondraient et on commençait hyper tôt.
05:15C'est vrai que, par exemple, sur cette histoire d'emploi du temps,
05:20c'est vrai qu'on se moque des lycéens ou des collégiens en disant qu'ils ne veulent plus travailler,
05:24etc.
05:24Mais c'est vrai qu'on sait depuis des années qu'en fait, les ados ne sont pas beaucoup plus
05:29efficaces si la journée commence plus tard.
05:32Il y a des pays qui ont mis ça en application, qui se sont dit que la science dit que
05:36c'est comme ça,
05:37donc on va changer et en France, ça n'est jamais arrivé.
05:40C'est vrai que c'est étonnant.
05:41On sait ce qui est le mieux pour l'apprentissage et ça ne semble pas être mis en application.
05:46Je pense qu'il y a un énorme problème d'organisation.
05:48Mais bon, je ne suis pas manager de l'éducation nationale, mais je crois qu'il y a un...
05:54Pas manager, mais observateur.
05:56Là, la vie secrète des jeunes d'eux ressort.
06:00Et ce qui est génial dans cette ressortie, c'est les annotations.
06:04Parce que c'est des remises en contexte.
06:07Pourquoi est-ce qu'il fallait remettre les choses en contexte ?
06:09Est-ce que la jeunesse a tant changé ou c'est les mœurs de la société
06:12ou la capacité à prendre de l'humour qui a changé ?
06:14Le concept, entre guillemets, n'avait jamais été vraiment expliqué.
06:18En fait, c'était publié toutes les semaines dans Charlie Hebdo.
06:21Et c'était une bande dessinée qui était réalisée d'après des choses que j'avais vues
06:25dans mon quotidien, dans le métro, dans le bus.
06:29Et c'était sorti une première fois en album il y a vraiment une quinzaine d'années.
06:35Et je trouvais que c'était pour cette réédition, je trouvais ça rigolo d'expliquer le concept
06:42et de remettre ça en effet en scène dans la chronologie de l'époque
06:48avec l'arrivée de Facebook, d'Instagram.
06:52Parce qu'on ne se rend pas compte, mais sur une durée de huit ans comme ça,
06:55le monde a complètement changé.
06:56Et je trouvais ça rigolo de le placer dans une temporalité
06:59qui remette la bande dessinée en contexte,
07:03qui l'explique un petit peu plus.
07:05Parce que c'est vrai que juste les pages comme ça, c'était un petit peu abscond.
07:08Et La Consécration, un livre d'entretien avec Numa Sadoul.
07:12Numa Sadoul, je le rappelle, c'est une référence dans le monde de la bande dessinée.
07:16Il a fait un livre d'interview avec Hergé qui s'appelle Tintin et moi.
07:19Donc c'est une référence directe à ce livre, L'Arabe du futur et moi.
07:23On a l'impression que tu t'es fait un immense kiff.
07:25Numa Sadoul, pour le coup, c'était un journaliste
07:29qui avait été hyper important dans mon adolescence.
07:31Parce qu'à l'époque où il n'y avait pas Internet,
07:33il était impossible de savoir comment vivaient les auteurs
07:36ou les autrices de bande dessinée.
07:37Ça, c'est trois de ses classiques.
07:38Avec Moebius, Suderzo et Hergé.
07:41Et ses livres à Numa Sadoul étaient les seuls,
07:44quasiment les seuls témoignages,
07:46si on rêvait de faire de la bande dessinée,
07:50il y avait ces livres qu'on pouvait lire
07:52avec des entretiens très longs,
07:53avec des auteurs où ils abordaient tout un tas de sujets, etc.
07:56Et je sais que ces livres-là m'ont extrêmement marqué
07:59quand j'étais ado.
08:00Est-ce que tu penses avoir un destin ?
08:02Non, pas du tout.
08:02Pas du tout ?
08:04Même quand tu racontes ton histoire à travers L'Arabe du futur,
08:08on a l'impression qu'il y a un destin.
08:09Entre ça, le jeune acteur,
08:11il y a quelque chose d'assez hors norme.
08:13Mais alors, c'était, je ne sais plus si c'est Saint-Exupéry
08:18qui racontait ça, je pense que c'est lui,
08:20c'est lui ou c'est Joseph Kessel, je ne sais plus.
08:23Il y en a un des deux qui disait
08:24« Si je n'écris pas ma propre légende,
08:27qui donc le fera ? »
08:28Et donc, c'est extrêmement modeste comme truc.
08:31Mais c'est vrai que quand on devient auteur
08:38ou autrice de bande dessinée,
08:39c'est dur d'accepter qu'il y a une immense part de hasard
08:43et de chance.
08:44Après, la chance se multiplie.
08:47Si vous faites beaucoup de dessins
08:48et que vous rencontrez beaucoup d'auteurs de bande dessinée,
08:50beaucoup d'éditeurs,
08:51vous avez plus de chance d'être publié
08:55ou de faire des livres que si vous ne dessinez jamais.
08:58Mais il y a quand même énormément de hasards.
09:01Les hasards des rencontres, etc.
09:03Et donc, c'est vrai qu'on peut penser parfois
09:05qu'il y a un destin,
09:06mais moi, vraiment, je n'y crois pas.
09:07Et contrôler son narratif,
09:09ça passe par 20h24 de conversation
09:12où tout a été relu et annoté.
09:15Oui, bien sûr.
09:17Ça, de toute façon, c'est le travail de Numa.
09:21Il a une façon très marrante de procéder.
09:24Il est hyper déstabilisant.
09:26Déjà, il est extrêmement grand.
09:28Il est extrêmement beau.
09:30Il a 80 ans, mais il est hyper musclé.
09:32Il fait de la musculation.
09:34Moi, personnellement, je voudrais être comme lui à son âge.
09:36Et puis, franchement, les gens
09:39qui ont été extrêmement bons amis
09:41de Georges Brassens,
09:43il n'y en a plus beaucoup à notre époque.
09:47C'est un lien direct.
09:49Il a quand même traversé
09:50tout un pan majeur de la culture
09:53en rencontrant les gens.
09:55Enfin, je ne sais pas,
09:55j'ai pu lui poser des questions
09:56sur l'odeur corporelle d'Hergé, par exemple.
09:59Il se rappelait parfaitement de son parfum.
10:01Il est fasciné par les odeurs.
10:02Oui, j'adore.
10:03Oui, j'avoue.
10:04On apprend énormément de choses
10:06en reniflant les gens.
10:07C'est quoi la différence
10:08entre une bonne odeur
10:08et une mauvaise odeur ?
10:11Pour toi,
10:12qu'est-ce qui fait une bonne odeur ?
10:13C'est difficile.
10:14Je ne saurais pas.
10:15Il y a un truc très animal,
10:16en fait,
10:16très instinctif.
10:18Parce qu'il va y avoir des gens
10:19qui ne vont pas forcément mettre du déo,
10:22mais ils vont avoir
10:22une odeur corporelle sécurisante.
10:25Il y a des gens
10:26qui vont mettre
10:26un petit parfum
10:27très recherché
10:28et on va se sentir
10:29un petit peu menacé
10:30ou un petit peu...
10:31Je ne sais pas.
10:33Non, je pense que j'ai
10:35des récepteurs à phéromones
10:36dans le nez qui...
10:37Je me rends compte
10:38que tous mes potes,
10:39j'aime bien leur odeur,
10:40en fait, en vrai.
10:41Même quand ils ne prennent
10:41pas de douche.
10:42C'est marrant.
10:42Je suis sûr que les gens...
10:44Mais tu les sens
10:45ou juste tu restes autour ?
10:47Non, mais quand on est côte à côte,
10:48moi, je sens quand même
10:49des odeurs.
10:50Oui.
10:51Là, le studio,
10:52il y a une bonne odeur.
10:53C'est un...
10:54Je sens un petit peu ton parfum.
10:56Oui, un petit peu...
10:57Non, ça va.
10:57Ça va, c'est pas trop technique.
10:59T'as pris une douche.
10:59Toujours.
11:00C'est sympa.
11:03Tu caches un peu
11:04ta vraie odeur, mais...
11:08On passe à l'instant photo.
11:09Ça devient chelou.
11:24Riyad Satouf,
11:25qu'est-ce que tu as à dire
11:26à ce petit garçon sur la photo ?
11:28Est-ce que tu peux lui expliquer
11:29ce que tu es devenu ?
11:30Ah oui, tout à fait.
11:31Oui, alors, c'est rigolo
11:33parce que j'ai eu
11:33une magnifique discussion
11:35il y a quelque temps
11:37avec une intelligence artificielle.
11:40Je lui ai demandé vraiment
11:41de m'expliquer
11:42extrêmement scientifiquement
11:43qu'est-ce qui s'était passé
11:45d'un point de vue génétique
11:46dans mes gènes
11:47pour que mes cheveux passent
11:49d'une blondeur comme ça
11:51à ce qu'ils sont...
11:52Mais ça m'est arrivé aussi.
11:53Bah putain, tu vois.
11:54Et alors, figure-toi
11:55qu'il n'y a pas vraiment
11:57de réponse.
11:58Il n'y a pas
11:58une explication scientifique.
12:00Alors, je lui ai demandé
12:03de me faire un truc
12:04comme s'il était médecin
12:05avec tous les noms des gènes
12:06impliqués dans les cheveux
12:07et tout.
12:07Donc, il m'a tout sorti.
12:08Alors, il a le gène
12:10NCH 234.
12:11Et à un moment,
12:14l'intelligence artificielle
12:15m'a expliqué,
12:15il m'a dit
12:15mais le processus
12:16est vraiment mystérieux.
12:18On ne sait pas encore
12:20qu'est-ce qu'il se passe
12:20dans les cheveux.
12:22Donc, j'aurais aimé
12:23avoir ces cheveux-là
12:24encore aujourd'hui.
12:25Pourquoi est-ce que
12:25ton hier a un accent québécois ?
12:27C'est vrai, je lui ai aimé
12:28l'accent québécois
12:29parce que j'adore
12:29l'accent québécois.
12:32Mais non, non,
12:32la seule chose,
12:33je trouve que je n'ai pas
12:34tant changé que ça
12:35à part les cheveux.
12:35Qu'est-ce que tu en penses ?
12:37Moi, je trouve que
12:38déjà, tu te décrivais
12:39dans les BD
12:39comme étant beau gosse petit.
12:40Je suis mignon quand même, non ?
12:41Mais toujours.
12:42Ouais.
12:42T'es toujours mignon.
12:43Ouais.
12:44Non, non, à l'époque,
12:45je dessinais déjà.
12:46Je ne saurais pas quoi
12:47de dire d'autre
12:47sur cette image.
12:48J'étais déjà
12:50un peu vaguement persuadé
12:51que je serais auteur de BD,
12:52je pense, peut-être.
12:53Déjà ?
12:54Non, mais parce que
12:54je me rendais compte
12:55que ce que j'aimais le plus,
12:55c'était regarder des dessins.
12:57La BD, c'était une fenêtre.
12:58La BD, c'était une fenêtre
12:59et puis tu n'avais pas accès
13:00à des milliards de dessins,
13:01des milliards d'images vidéo,
13:04des milliards de trucs
13:05et donc, c'était plus facile
13:07de faire des fixettes.
13:09Tu te souviens
13:09de tes premières fixettes en BD,
13:11les premiers chocs visuels ?
13:12Oui, oui, c'était...
13:13Alors, moi, c'était très, très simple.
13:15Ce n'est pas très original,
13:16mais c'était Tintin.
13:17C'était le trésor de Rackham le Rouge,
13:22le secret de la licorne et tout.
13:24Et c'est dans ces livres
13:25que je l'ai vu pour la première fois,
13:27par exemple,
13:27une île tropicale,
13:28avant de les voir en photo,
13:30ce qui semble aberrant aujourd'hui
13:32qu'on peut voir vraiment
13:34tout endroit sur Terre
13:35en deux secondes.
13:37Mais je me souviens tout à fait
13:38de mes Dimes, c'est étrange,
13:39cette espèce de montagne.
13:40Ça semblait être réel.
13:43Et comme il n'y avait
13:44qu'un seul livre,
13:45j'ai eu ce livre-là
13:46pendant un an, deux ans,
13:47n'en ayant pas d'autre,
13:48on le relit frénétiquement
13:50et ça rentre dans la tête.
13:52Quand tu rentrais de l'école,
13:54tu avais le droit à des BD ?
13:56Eh bien, quand j'habitais en Syrie,
13:57dans un petit village,
13:58pas vraiment,
13:59parce que c'était ma mamie bretonne
14:00qui m'envoyait des bandes dessinées.
14:03Donc, j'en recevais très rarement
14:04et je relisais.
14:05Voilà, c'était vraiment le principe.
14:07Une fois que je suis revenu en France,
14:09j'allais à la bibliothèque.
14:11Et là, j'ai découvert
14:12Moebius,
14:13Druillet,
14:14Bilal,
14:16Gottlieb,
14:16Goussin,
14:17Sédica,
14:17enfin, toute la bande dessinée
14:19qui m'a...
14:20Il y a eu un coup d'accélérateur
14:21par rapport à...
14:21Les BD punk,
14:22les BD rock.
14:23Voilà.
14:23Il y avait Tintin
14:24qui était l'espèce de monument
14:26de 7 à 77 ans,
14:28extrêmement...
14:29Qui pouvait paraître inoffensif,
14:31mais en même temps
14:31qui était extrêmement chargé inconsciemment.
14:34Histoire.
14:34C'est une œuvre très puissante.
14:36Et soudain,
14:36avec Moebius,
14:37avec Bilal,
14:38il y avait du sexe,
14:39de la violence,
14:41des choses surprenantes
14:45que je n'aurais pas eu l'idée de dessiner.
14:46Est-ce que Tintin,
14:47ça a été dépassé en BD ?
14:50Non, tu ne peux pas me dire ça.
14:52Moi, après, bien sûr,
14:53on aime ou on n'aime pas.
14:53Il y a des gens qui haïssent Tintin,
14:54qui préfèrent Franquin, etc.
14:56Moi, je trouve qu'il n'y a pas...
14:58Il n'y a pas plus puissant...
14:59Parce qu'en fait,
15:00ce qui me plaît énormément avec Hergé,
15:03c'est que c'était quelqu'un
15:05qui avait une profonde noirceur en lui.
15:08Il était extrêmement doux,
15:11extrêmement...
15:11Mais voilà,
15:12il avait eu des problèmes
15:13pendant la Seconde Guerre mondiale
15:14parce qu'il avait travaillé
15:15pour un journal collaborationniste.
15:17Il était...
15:18Il buvait énormément d'alcool.
15:20Le capitaine Haddock
15:21est inspiré de lui.
15:22Il avait des côtés très alcooliques,
15:24très déprimés, dépressifs.
15:25Il avait une peur phobique du sexe.
15:28Par exemple,
15:28il avait...
15:29Avec sa première femme,
15:30il avait divorcé,
15:31il la désesté.
15:32Enfin, il avait une...
15:34Il ne pouvait pas raconter ça
15:35dans son œuvre,
15:37consciemment,
15:38parce que je pense
15:38que son surmoi
15:39lui interdisait de le faire.
15:40Il avait son petit costume,
15:42sa petite mèche sur le côté.
15:43Il ne pouvait pas parler
15:44de ses souffrances,
15:45mais inconsciemment,
15:46elles se sont mises
15:47dans ses bandes dessinées.
15:49On passe à la conversation.
16:06Dans ce livre,
16:06L'Arabe du futur et moi,
16:07il y a plein de...
16:10de quotes,
16:11de citations,
16:12de takes,
16:12comme on dit,
16:13assez épatantes.
16:15Heureusement,
16:15quelque part,
16:15j'ai acquis au Royaume Défi
16:16n'a pas du tout marché.
16:18Et après cet échec,
16:19je me suis retrouvé
16:19sans projet.
16:20Mon téléphone ne sonnait plus.
16:22Je me suis rendu compte
16:23à quel point j'aimais
16:23la bande dessinée,
16:24que c'était mon objet
16:25transitionnel à moi.
16:27C'est mon doudou,
16:28peut-être, oui.
16:30Oui, c'est vrai.
16:32J'ai eu la chance
16:33de faire deux films.
16:34Mon premier avait eu
16:35beaucoup de succès,
16:36c'était Les Beaux Gosses.
16:37Et suite à ça,
16:39j'ai fait du cinéma
16:42grâce à la bande dessinée,
16:43parce que la productrice
16:44de ses films,
16:44Anne-Demise Toussaint,
16:45elle m'a aidée,
16:46et donc elle m'a facilité
16:47le fait de pouvoir
16:48faire un film.
16:49Je ne me serais pas battu
16:50comme un lion
16:51pour faire du cinéma.
16:53C'est un univers
16:53très différent
16:54de la bande dessinée.
16:56Mais en me retrouvant
16:58dans le cinéma,
16:58je me suis rendu compte
16:59que je m'étais battu
17:01de toutes mes forces
17:02pour faire de la bande dessinée,
17:03pour le coup,
17:04et que je l'avais un petit peu
17:05abandonnée en cours de route.
17:06Parce que le mirage du cinéma,
17:08c'est un petit peu
17:09l'île dans le Pinocchio,
17:12où on y va,
17:13et on l'île des ânes un petit peu,
17:15on oublie un peu
17:16qui on est,
17:17c'est fascinant,
17:17on a des équipes,
17:19etc.
17:20Mais j'ai adoré faire ça,
17:21mais c'est vrai que
17:22quand mon second film
17:23n'a pas du tout marché,
17:24c'était comme une gifle glacée.
17:26Oui, mais ça ne veut pas dire
17:27qu'il n'est pas bien.
17:28Pas forcément,
17:29oui, oui,
17:30c'est vrai,
17:30mais avec le recul,
17:33mais quand on est dans le moment,
17:34on se dit,
17:36si ça se trouve,
17:37bon là,
17:38je ne pourrais pas refaire de film,
17:39ce n'est pas si grave,
17:40mais j'espère que
17:41je pourrais toujours faire
17:42des bandes dessinées.
17:43C'est un moment,
17:44donc c'est vrai
17:45qu'il a été très important,
17:46ce film,
17:47parce qu'il m'a dégagé du temps
17:49pour me lancer
17:50dans l'arabe du futur.
17:51Oui, c'est vrai.
17:52Il y a des citations comme
17:52« Ils rêvent qu'ils vont faire
17:53un chef-d'oeuvre
17:54et du coup,
17:54ils préfèrent ne rien faire
17:55plutôt que ne pas faire
17:56de chef-d'oeuvre. »
17:57Oui.
17:57Celle-là,
17:58il faut l'afficher,
17:58pour tous les gens
18:00qui n'osent pas se lancer.
18:01Oui, c'est vrai.
18:02C'est une grande constante
18:04et je pense que c'est
18:05dans tous les domaines
18:06en fait, en vrai.
18:07Moi, je sais que
18:07quand j'étais étudiant en art,
18:09j'ai rencontré vraiment
18:10tous les gens
18:11qui étaient avec moi,
18:11la plupart,
18:12surtout aux Gobelins,
18:13c'était vraiment des...
18:15C'était le top gun,
18:16c'était de l'élite
18:17du dessin.
18:18Et souvent,
18:22ça pêchait parfois
18:23par la peur peut-être
18:25de se mettre en avant,
18:27de dire je vais moi aussi
18:28tenter quelque chose,
18:29je vais dessiner,
18:30je vais prendre le risque
18:32d'être jugé.
18:34C'est David Lynch
18:35qui disait cette phrase,
18:37il disait
18:37« Mais toutes les histoires
18:38ont déjà été racontées,
18:39mais pas par toi. »
18:40Donc, je trouve ça
18:41hyper bien.
18:41Ou Aurelson qui disait
18:42« Si tu veux faire un film,
18:43il te suffit d'un truc
18:44qui filme. »
18:45Oui, c'est plus direct,
18:47plus simple.
18:49Tu parles de ta grand-mère
18:50qui t'a pas mal encouragée
18:51et tu dis finalement
18:52elle voyait en moi
18:53à la fois un génie intersidéral
18:55que je voyais aussi
18:57et potentiellement SDF.
18:58C'est exactement ça.
18:59En fait,
19:00elle était une bretonne,
19:03je pense qu'elle avait connu
19:03la Seconde Guerre mondiale,
19:04elle avait beaucoup souffert
19:05comme pour tous les gens
19:07qui avaient vécu l'occupation
19:09et elle était insatisfaite,
19:12je pense,
19:13de sa vie
19:14à la fois sentimentale
19:15et professionnelle.
19:17Mais c'était quelqu'un
19:17de très brillant,
19:18qui avait une grande sensibilité,
19:20une grande intelligence,
19:22inexploité,
19:23en fait,
19:23quelque part.
19:26et je me rappelle vraiment
19:27un des premiers cadeaux
19:30qu'elle m'avait fait,
19:30c'était une encyclopédie
19:32de Larousse
19:33reliée en cuir.
19:35Je me rappelle,
19:35j'avais 6 ans,
19:37elle m'avait offert
19:38les 12 tomes
19:39qu'elle avait achetés,
19:40c'était payé une fortune.
19:42C'était complètement écrasant,
19:43c'est-à-dire qu'elle m'avait dit
19:44tu liras ça
19:44et après tu réussiras ta vie,
19:46c'est sûr.
19:46Quand on voit cette photo,
19:47on se demande
19:47est-ce que t'es l'arabe du futur
19:49ou le breton du futur ?
19:50Je suis les deux,
19:50je suis les deux,
19:51bien sûr.
19:52Je suis...
19:53C'est...
19:54Non, non, c'est...
19:56C'est vrai que c'était
19:57un étrange mélange,
19:58mais c'était...
19:59Voilà, pile à cette époque,
20:01sur cette photo,
20:01j'étais déjà auteur de BD,
20:03ça c'est sûr.
20:03J'attendais d'avoir un éditeur,
20:04ça je m'en rappelle très très bien.
20:06Et tu dessinais déjà ?
20:07Je me dessinais,
20:08je me disais,
20:08il est possible
20:09que d'un moment à l'autre,
20:10un éditeur me contacte
20:11et que je devienne
20:12le plus jeune auteur
20:13de BD de France
20:14et que je puisse quitter l'école
20:16parce que j'en avais marre
20:17d'aller à l'école.
20:20Tu dis aussi,
20:21ça c'est du riad dans le texte,
20:23je suis émerveillé
20:24par la faculté
20:26qu'à chaque nouvelle génération
20:27d'êtres humains,
20:29de trouver des coiffures ridicules
20:30est complètement hilarante,
20:32mais pas pire qu'à mon époque.
20:33Non, non, mais alors,
20:34je ne sais pas toi
20:35si ça te fait cet effet-là,
20:36mais au bout d'un moment,
20:37plus on vieillit,
20:38évidemment,
20:39c'est un lieu commun,
20:40ce que je vais dire,
20:40mais on commence à voir
20:42les générations se renouveler
20:44et recommencer,
20:45et c'est un peu
20:46toujours la même chose.
20:47C'est très, très drôle.
20:47C'était Platon,
20:48je crois,
20:49qui racontait
20:49comment il se plaignait
20:51des jeunes de son époque
20:52en disant qu'ils ne respectaient
20:53plus rien,
20:53qu'ils avaient des coiffures
20:54ridicules
20:55et qu'ils s'habillaient
20:55n'importe comment
20:56et qu'ils n'allaient
20:58certainement pas préserver
21:00la glorieuse culture
21:02de l'époque.
21:03Donc chaque génération
21:04pense la même chose
21:05des jeunes
21:05et je trouve ça
21:05très, très, très marrant.
21:06Est-ce que quand on commence
21:07à critiquer les jeunes,
21:09ce n'est pas le début
21:10de la fin ?
21:11Oui, mais en même temps,
21:12je pense que c'est
21:12un processus naturel
21:13parce que les deux
21:14sont liés,
21:16c'est-à-dire la nouvelle génération.
21:17Les vieux,
21:18ils sentent bien
21:18qu'ils viennent
21:19pour les remplacer,
21:21donc ils leur font
21:22un peu quelques difficultés.
21:23C'est un peu comme
21:23dans la tribu des gorilles,
21:26c'est-à-dire
21:27il y a les dominants
21:29et les jeunes générations
21:30arrivent et grandissent,
21:31sont plus en forme
21:31et à un moment,
21:32ils vont se confronter
21:35aux anciens dominants
21:36et les mettre à terre
21:36et prendre leur place
21:37et les autoriser peut-être
21:39encore à vivre
21:39un peu à côté.
21:41Donc je pense
21:41que c'est tout à fait normal,
21:44c'est la loi des primates,
21:45je crois vraiment.
21:46Parce que là,
21:47je pense à la nouvelle génération,
21:49plein de gens
21:49les ont affublés
21:51de génération testique roustille,
21:53génération TikTok,
21:54ils ont prouvé
21:55qu'ils étaient bien plus que ça.
21:57Moi, quand j'étais ado,
21:59c'était l'explosion du grunge
22:01avec Nirvana et compagnie
22:03et c'est difficile
22:03de se remettre à l'époque
22:05dans ce que ça pouvait signifier,
22:07mais à l'époque,
22:08il n'y avait absolument,
22:09quasiment pas de rap.
22:10Tout était un peu rock,
22:12hard rock, rock, etc.
22:13Et donc,
22:14il y a le grunge qui est arrivé
22:15et Kurt Cobain, etc.,
22:17ils ne prenaient pas de douche,
22:18ils ne se lavaient pas,
22:19ils laissaient leurs cheveux,
22:20ils faisaient des chansons,
22:21ils parlaient de la crasse
22:22qui a sous les doigts, etc.
22:24Et je me rappelle,
22:25moi j'avais 14, 15 ans à l'époque,
22:27les commentateurs étaient horrifiés
22:29de cette génération
22:29de déglingos
22:30qui débarquaient,
22:32qui allaient tout détruire,
22:34qui étaient intéressés par rien,
22:35qui avaient des références de merde
22:37et c'était trois accords
22:38pour faire une chanson, etc.
22:40Donc voilà,
22:40c'est toujours la même chose,
22:41je pense.
22:42Mais des sacrées odeurs.
22:43Mais des voilà.
22:46Tu parles aussi
22:46de l'enlèvement de ton frère.
22:49Tu dis,
22:49tu peux faire le deuil,
22:51mais avoir quelqu'un
22:52dont tu ne sais pas
22:52ce qui lui arrive tous les jours,
22:53qui est prisonnier quelque part
22:55et dont tu n'as pas de nouvelles,
22:56c'est une torture.
22:59Oui, c'est vrai
23:00que cet événement familial
23:02qui est le centre
23:03de l'Arabe du futur
23:05a été très marquant.
23:08Et c'est vrai que la vie,
23:09on est agressé un peu par la vie.
23:11Il faut essayer
23:13d'en faire quelque chose.
23:14Moi, je sais que l'enlèvement
23:15de mon frère
23:15m'a fait prendre conscience
23:18de plein de choses
23:19sur la famille,
23:21sur l'amour
23:23que les parents
23:23pouvaient porter à leur enfant
23:24ou ne pas le porter,
23:27attirer mon attention
23:27sur l'importance
23:28de la psychologie,
23:29de ce qui avait été découvert
23:30par la science
23:31sur la façon
23:33dont les êtres humains
23:34géraient leurs émotions,
23:35etc.
23:36J'ai essayé de comprendre
23:37les choses que je ressentais,
23:39pourquoi ma famille
23:41n'avait que des problèmes
23:42depuis le paléolithique,
23:44que ça se reproduisait
23:46tout le temps
23:46et des deux côtés.
23:47Ça aide à progresser aussi.
23:50Il faut trouver dans le malheur
23:51quelque chose
23:52qui peut être constructif.
23:54C'est drôle que tu parles
23:55du paléolithique
23:56parce que dans ton expression
23:57en général,
23:58il y a tout le temps
23:59la préhistoire
24:01et la science-fiction
24:03qui se mélangent.
24:04Oui, c'est vrai.
24:06C'est très lié.
24:07Tu as un champ lexical
24:09préhistoire-science-fiction.
24:10C'est limité.
24:13Cette notion du futur,
24:14moi, je trouve ça
24:14extrêmement intéressant.
24:16C'est pour ça, d'ailleurs,
24:16que j'ai appelé
24:17ma maison d'édition
24:18les livres du futur
24:19parce qu'on est toujours
24:20dans le futur
24:22de notre passé.
24:23Mais en même temps,
24:24c'est le présent.
24:26Si je me replace
24:30l'ado que j'étais à 14 ans
24:32et était persuadé
24:32que je serais là aujourd'hui.
24:34Est-ce que je me persuade
24:36aujourd'hui
24:36que l'ado de 14 ans
24:37le savait
24:39ou est-ce que c'était
24:39un vrai rêve
24:40de l'ado de 14 ans ?
24:41On ne sait pas.
24:43Le futur est passé,
24:45ce mélange.
24:46et on peut se dire
24:47que le futur
24:49est riche de promesses.
24:50Moi, je sais
24:50que je suis assez optimiste,
24:52en fait, en vrai.
24:52Tu parles d'amour
24:53mais aussi d'amitié.
24:55Il y a des gens
24:56qui sont romantiques.
24:57Toi, tu es bromantique.
24:58Tu aimes la bromance.
25:00Tu dis
25:01« J'ai eu, je pense,
25:02de vraies histoires d'amour,
25:03disons platoniques,
25:04mais de vraies histoires
25:05d'amour avec des garçons.
25:06C'est-à-dire qu'on s'est rencontrés
25:08que c'était presque
25:08plus que de l'amitié.
25:10On ne se quittait plus
25:11mais ça ne débouchait pas
25:11sur un autre plan.
25:13Je pense vraiment
25:13que la sexualité
25:14ou l'attirance,
25:15ce n'est pas quelque chose
25:16de définitivement
25:17inscrit en soi,
25:17en fait.
25:18C'est une forme
25:19de construction aussi,
25:20quand même un peu. »
25:23Oui, c'est vrai
25:23que je vénère l'amitié
25:26et tu vois,
25:29par exemple,
25:30dans Tintin,
25:31c'était une chose
25:32qui m'avait marqué
25:34très fortement
25:34quand j'étais enfant.
25:35C'était
25:37toute leur relation,
25:38la relation des personnages
25:39Tintin,
25:40ad hoc,
25:41tournesol,
25:42ils étaient liés
25:42par l'amitié
25:43et ils faisaient
25:43des choses
25:44hyper importantes,
25:46hyper dures,
25:47ils se sauvaient mutuellement
25:49uniquement par amitié.
25:50Il n'y avait rien d'autre.
25:51Ils n'avaient pas
25:52de lien financier,
25:53ils n'avaient pas
25:54de lien familial,
25:55d'obligation familiale.
25:56Ils s'entraidaient mutuellement
25:58parce qu'ils s'aimaient
25:59en tant qu'amis.
26:00Je sais que je rêvais
26:03de grandir
26:04et d'avoir ce type
26:05de relation.
26:06Tu parles évidemment
26:07de ton père
26:08et de la relation
26:08que tu avais avec lui.
26:09Tu dis à un moment,
26:11je ne vais plus
26:12pouvoir parler
26:13à mon père,
26:13je ne parle pas arabe,
26:15ça va devenir
26:15un étranger complètement.
26:16j'ai oublié l'arabe
26:17et lui,
26:18il est en train
26:18d'oublier le français.
26:20Oui,
26:20c'est vrai.
26:23D'ailleurs,
26:24c'est drôle
26:24que tu parles de ça
26:24parce que je pense
26:25que je vais reprendre
26:26des cours d'arabe.
26:26J'aimerais bien.
26:28C'est le moment
26:29pour voir
26:30si j'arriverai
26:31à le reparler.
26:32Parce que je trouverais
26:33ça assez classe
26:33que tu me réinvites
26:35un jour dans une émission
26:36et qu'on la fasse
26:36en arabe.
26:39et qu'il y ait
26:39une traduction
26:42en même temps.
26:43Tu peux aussi faire
26:43un Tchadjpt arabe
26:44avec l'accent québécois.
26:46c'est vrai.
26:47Ceci étant,
26:48Tchadjpt,
26:49il parle très bien
26:49le syrien,
26:50il parle très bien
26:51même le dialecte
26:51de mon village
26:52et tout,
26:52c'est stupéfiant.
26:53Et tes enfants,
26:54ils ont des envies
26:56de connaître cette culture
26:57depuis que tu as publié
26:58l'arabe du futur ?
27:00Ils n'ont pas exprimé
27:02ça plus que ça.
27:03Non,
27:03pas tellement.
27:04Non,
27:04non.
27:05Mais en même temps,
27:08ils ont lu les BD,
27:09c'est vrai,
27:10ils ont lu les BD,
27:10mais ils n'arrivent pas
27:11vraiment à faire le lien
27:11avec notre vie
27:14d'aujourd'hui.
27:15Ça leur semble complètement...
27:16Déjà,
27:16ils n'arrivent pas
27:17à capter
27:17ce que c'est que la vie
27:18sans Internet.
27:20Donc,
27:20tous les codes
27:21d'une époque
27:22où il n'y avait
27:23pas Internet,
27:24où il y avait
27:24des cassettes vidéo,
27:25où il n'y avait
27:26même pas d'électricité
27:27dans les maisons,
27:27ils ne voient même pas
27:29comment c'est possible.
27:31Tu parles aussi
27:32de ta nature timide
27:34et introvertie.
27:35tu donnes des clés.
27:37Tu fais le lien
27:38avec les violences
27:39dont tu as été témoin
27:40quand tu étais enfant.
27:41Tu dis,
27:41alors tu te violentes
27:42toi-même,
27:43tu retournes la violence
27:43contre toi.
27:44Je pense que c'est
27:44ce que j'ai fait.
27:45Je suis devenu timide
27:46et introvertie.
27:47Il y a beaucoup
27:48de dessinatrices
27:49et de dessinateurs
27:50qui ont le même parcours.
27:51Franchement,
27:52si on passe
27:53la majeure partie
27:54de notre journée
27:56penchée sur une feuille
27:57de dessin
27:58à remplir des petites cases
27:59et à faire des petits traits
28:01et à faire des...
28:04C'est l'illustration absolue
28:06de l'introversion.
28:07Moi, je ne connais pas
28:08d'autrices
28:10ou d'auteurs de BD
28:10qui sont extrêmement
28:15extravertis, détendus.
28:17Enfin, pardon,
28:18il y en a certainement,
28:19mais c'est d'abord
28:21un truc solitaire,
28:22un peu d'enfermement,
28:24de vie avec soi-même.
28:27Mais de faire le lien
28:27avec la violence,
28:28il n'y en a pas beaucoup
28:28qui le font.
28:30La violence,
28:31elle est intrinsèque,
28:33je crois,
28:33à notre nature
28:34de singe.
28:35On ne peut pas faire...
28:37Ou on la reporte
28:39sur les autres
28:40ou on la reporte
28:41sur soi.
28:42Il faut en faire
28:43quelque chose.
28:45On en fait
28:46quelque chose
28:46d'artistique,
28:47de la musique,
28:50mais on ressent
28:51en tant que...
28:53C'est un lieu
28:54commun de dire ça,
28:54mais la violence
28:55fait partie
28:56de la vie
28:57en permanence.
28:59On sait tout
29:00ce qu'on va mourir,
29:01on sait tout ce qu'on a mal,
29:03quand on se cogne,
29:04quand il y a un...
29:05Elle est partout,
29:06donc il faut en faire
29:06quelque chose.
29:07On ne peut pas
29:08se reposer.
29:10J'aimerais qu'on parle
29:11de Vincent Lacoste
29:12qui a un témoignage
29:13hyper marrant,
29:14où il dit qu'au début,
29:15quand il a commencé
29:16à être acteur,
29:16il te faisait lire
29:17les scénarios
29:18et que comme
29:18tu étais jaloux,
29:21tu lui disais
29:22refuse, refuse, refuse
29:23et qu'il a commencé
29:23à tourner
29:24quand il a arrêté
29:24de t'écouter.
29:25Oui, c'est vrai,
29:26bien sûr.
29:27J'ai essayé
29:29de manipuler
29:29son début
29:30de carrière.
29:32Moi, j'aurais aimé
29:32qu'il ne tourne
29:34des films
29:34qu'avec moi.
29:37C'est vrai
29:38que je lui disais
29:38de...
29:40Plusieurs fois,
29:40je lui ai dit
29:40de ne pas faire
29:41des films.
29:42Il les a faits,
29:43c'était d'incroyables
29:44nanars.
29:45Il y en a certains
29:46que je lui ai conseillés
29:47de faire
29:47et il les a refusés.
29:49C'est devenu
29:50des super chefs-d'oeuvre,
29:51mais je ne le dirai pas
29:52parce que je ne dirai pas
29:53les films connus
29:53qu'il a refusés.
29:55Donc, il aurait peut-être
29:56dû m'écouter
29:56de temps en temps.
29:57Tu ne lâches pas
29:58l'affaire, en fait.
29:58Je ne lâche pas l'affaire.
30:00Non, non, c'est vrai
30:00que j'étais très jaloux.
30:01T'es l'ex-toxique
30:02de votre...
30:02Oui, c'est ça.
30:04On se voit encore,
30:06mais...
30:06Non, non, mais c'est vrai
30:07que...
30:07Ah, mais ton nouveau mec,
30:08il est claqué.
30:08Oui, c'est ça,
30:09exactement.
30:10Et c'est un des thèmes,
30:11justement, du tome 2
30:12du jeune acteur
30:13qui est à la bande dessinée
30:13que je fais avec lui.
30:14Je suis en train de terminer
30:15là, actuellement.
30:17Et on parle de ça,
30:18justement, de ce moment.
30:20Mais je pense qu'il y avait
30:20quelque chose
30:21de très paternel
30:22que j'avais avec lui aussi.
30:25Je le voyais un peu
30:26comme mon enfant
30:30par hasard.
30:31C'est-à-dire, je l'avais pris
30:32pour jouer le rôle
30:33dans Les Beaux Gosses.
30:34Il n'était pas intéressé
30:35par faire du cinéma.
30:36Il s'est pris de passion
30:37pour ça.
30:38Et soudain, j'ai eu
30:39très, très peur pour lui
30:40de me dire
30:40je ne veux pas
30:41qu'il meure d'une overdose
30:43ou qu'il est dans
30:44un accident de voiture
30:45parce qu'il a pété un câble.
30:48Donc, j'étais en effet
30:49très envahissant.
30:51Mais ses parents
30:51étaient super.
30:52Ils étaient très proches
30:53d'eux.
30:53Il n'a pas du tout
30:54pété de câble.
30:56Mais je crois
30:56que j'étais très possessif.
30:57Et à un moment,
30:58il m'a évidemment largué
30:59comme on largue
31:00des parents trop envahissants.
31:01Est-ce que toi,
31:02tu es envahissant
31:02avec tes enfants ?
31:03Oui, bien sûr.
31:05Oui, je pense qu'ils vont avoir
31:09un bon challenge
31:09de se débarrasser de moi.
31:11Ça va être...
31:12Impossible.
31:13Non, c'est toujours possible.
31:14La mort ou la prison.
31:15C'est toujours possible.
31:17On peut trouver un moyen.
31:19Non, non, je suis très envahissant.
31:21Je profite de ta présence.
31:23J'aimerais qu'on clique
31:23ensemble sur Les Beaux Gosses.
31:25Je le redis,
31:26vraiment,
31:26c'est dans mon top 5
31:28des comédies françaises.
31:29C'est un chef-d'oeuvre,
31:31en fait,
31:31tout simplement.
31:33C'est un miracle,
31:33ce film.
31:34On clique sur cette scène
31:35avec la talentueuse
31:37Noamilovski.
31:41Tu me laisses
31:41et ta musique de rap, là.
31:42Mais putain,
31:43frappe, merde, là.
31:43Dans ta chambre,
31:44je frappe.
31:44La salle de bain,
31:45c'est pour nous deux.
31:50Tu faisais quoi ?
31:52Tu te masturbais ?
31:53Tu pensais à quoi ?
31:54À toi.
31:55Non, c'est bon,
31:56on a t'imité la pudeur,
31:57si tu connais, là.
31:58Oh là là.
31:59Je t'ai porté là,
32:00alors c'est pas à moi
32:01que tu aies affaire
32:01à la complexe,
32:01on a t'imité entre les gens.
32:03Mais tu me fais chier.
32:04Tu me fais chier.
32:05Tu me fais chier.
32:07J'en ai marre, là, OK ?
32:08Putain,
32:09tu m'emmerdes,
32:10OK ?
32:11Putain.
32:12Moi, si ça continue,
32:13j'appelle aux fausses maltraitées.
32:15Eh ben, appelle-les.
32:16Appelle.
32:17Tu vas te retrouver dans un foyer,
32:18tu seras bien content.
32:20Tu m'emmerdes.
32:21Tu m'emmerdes.
32:22Oui, je serai bien content.
32:24Parce que toi,
32:25tous les jours,
32:25tous les jours,
32:26tu me casses les couilles
32:27avec ta branlette.
32:28Tu m'emmerdes.
32:29Tu m'emmerdes.
32:30Putain,
32:31on peut même plus loin
32:31et tranquille dans cette maison.
32:35Faut m'expliquer.
32:36Tu sais,
32:36quand j'ai sorti
32:37le premier tome
32:38du jeune acteur,
32:39on a fait une projection
32:40des Beaux Gosses
32:42dans un cinéma à Paris
32:43avec Vincent
32:44et c'était une projection
32:44dédicace.
32:45Et ça faisait des années
32:46que je ne l'avais pas vue.
32:47Enfin, ça faisait bien dix ans
32:48que je ne l'avais pas vue.
32:50Et j'ai été limite traumatisé
32:52de me dire
32:53que j'ai osé écrire
32:55des trucs pareils
32:56et que...
32:57Non, je pense que c'était
32:58vraiment une crise d'adolescence
32:59ce que j'ai faite
32:59à cette époque-là.
33:00J'étais hyper content
33:02de faire un film
33:03avec plein de gros mots,
33:04des trucs choquants,
33:05des trucs comme ça.
33:06C'était une sorte
33:07de revanche
33:07sur l'adolescence
33:08et sur les mauvaises années
33:10de cette époque-là.
33:12C'est assez rigolo.
33:13Je ne pense pas
33:14que je serais capable
33:14de réécrire un truc
33:15comme ça
33:15de cette façon-là.
33:16Et tu te souviens
33:17de la mise en scène
33:18de ce moment ?
33:19Combien de prés il a fallu ?
33:21Oui, on en a fait plein.
33:22Oui, oui, on en a fait plein.
33:24Et l'idée était...
33:25Je me disais
33:25est-ce que je faisais le montage
33:29en coupant,
33:30c'est-à-dire en se rapprochant,
33:32en changeant de plan
33:33ou en laissant tout
33:34le truc dans la durée.
33:35Et on avait une prise
33:36qui était celle-là.
33:37Alors, il y a un petit moment
33:38qui est un petit peu flottant,
33:39je trouve,
33:39mais qui est quand même rigolo
33:40parce qu'il y a vraiment
33:41une façon de bouger
33:42qui est hyper bizarre.
33:43En fait, Vincent Lacoste
33:45s'était blessé au genou
33:46avant le tournage
33:47et donc, il boitait.
33:49Et en fait,
33:49il avait tout un truc
33:50quand il marchait comme ça
33:51et je l'avais quand même
33:52gardé boiteux.
33:54Et je trouve que ça donne
33:55vraiment un côté désarticulé
33:57qui était très rigolo
33:58à regarder.
34:00On clique sur une scène
34:01dont tu vas révéler le mystère
34:03parce qu'elle est mystérieuse.
34:05C'est celle du coude.
34:18Ça va, Louis ?
34:18Qu'est-ce que c'est ?
34:19Je me suis fait mal au nez.
34:21Ça va.
34:22Mon frère,
34:22t'as un double coude.
34:29Hé, madame,
34:29il y a un problème, là.
34:31Viens, fais pour ta gueule !
34:34Oh, merde.
34:35Oh, le bordel.
34:37Il y a deux coudes.
34:39Mais t'as deux coudes.
34:40Oh, putain,
34:41nom de Dieu de merde.
34:42Bordel à queue.
34:43Mais qu'est-ce que c'est
34:43que ce bordel de merde ?
34:44Pas mal.
34:46Le niveau de gratuité.
34:49Oui, parce que c'était
34:49le personnage
34:50qui se casse le bras.
34:52C'était l'harceleur
34:53de la classe.
34:55Et je me rappelle
34:56quand j'étais au collège,
34:58il y avait un ado
34:59qui s'était pété le bras
35:01comme ça.
35:02Ça s'était passé
35:02un peu exactement comme ça.
35:04Il regardait son bras
35:05et il avait un autre coude.
35:07Il avait pas mal.
35:08Il ne comprenait pas
35:09ce qu'était.
35:11Et j'étais très content
35:12de tourner cette scène.
35:13C'était une vengeance.
35:14Oui, puis c'est
35:15c'est rigolo.
35:16Je me rappelle,
35:17il y avait tout un effet spécial
35:18qui était...
35:21On le voit, d'ailleurs,
35:22le comédien,
35:23quand on revoit la scène,
35:24il a une épaulette
35:26parce qu'il est dans son faux bras
35:27et accroché comme ça.
35:28Il a son bras dans le...
35:29C'était une sorte
35:30d'effet spécial
35:33de film d'horreur.
35:34J'ai adoré faire ce truc-là.
35:36Ça a fait un gros effet
35:37dans la salle.
35:38Mais à chaque fois
35:39qu'on entend le bien fait
35:40pour ta gueule,
35:40tout le monde est mort de rien.
35:41ça, c'était Mahmoud,
35:44le mec maltraité de la classe.
35:46Qui d'ailleurs,
35:47aujourd'hui,
35:47est devenu un...
35:49Il est devenu très beau.
35:51Je l'avais pris
35:52parce qu'il a une drôle de tête.
35:53Ils sont tous devenus très beaux,
35:55d'ailleurs,
35:55les acteurs des beaux gosses.
35:56C'est très rigolo.
35:57Il y a quelques années,
35:58j'ai été invité
36:00dans une émission
36:01et je vois un espèce
36:02de grand gars arriver
36:03et me dire
36:04« Salut, Ria,
36:04tu vas bien ? »
36:05Je ne le reconnais pas du tout.
36:07En fait,
36:07c'était un des acteurs,
36:08des beaux gosses
36:09que j'avais pris
36:10parce qu'il a vraiment
36:10une tête
36:12trop marrante
36:13et c'était devenu
36:14quelqu'un de l'hyper...
36:15L'adolescence,
36:16ça dure vraiment
36:16quelques mois.
36:17Ça, c'est rigolo.
36:19Ria de Satouf,
36:19on passe à l'interview en musique.
36:36Ria de Satouf,
36:37est-ce que quand tu penses
36:38à ton père,
36:38ça t'arrive de te dire ?
36:45Non, je ne pense pas vraiment
36:46à un truc comme ça
36:47parce que là,
36:48dans la chanson,
36:48il y a quelque chose
36:49d'un petit peu d'affectueux.
36:50Non, je ne dirais pas...
36:52Je pense que mon père
36:54était...
36:55Je pense que c'était quelqu'un
36:57qui était extrêmement complexé,
37:04extrêmement mal dans son corps,
37:06dans sa...
37:07Alors, qu'est-ce qu'il avait vécu
37:08dans son enfance ?
37:09Certainement des traumatismes.
37:10Mais je pense qu'il est important
37:12pour se construire
37:14quand on est adulte
37:15de bien analyser
37:19et voir
37:21qui sont ses parents.
37:22Je crois que la plus grande difficulté
37:28pour devenir adulte,
37:29c'est de penser
37:30que ses parents nous aiment
37:32alors qu'en fait,
37:33en vrai,
37:35ils peuvent très bien
37:36ne pas nous aimer
37:37et on prend ça pour de l'amour.
37:38Et en fait,
37:39ça nous empêche d'aimer après.
37:40Je ne sais pas comment dire.
37:40Moi, très clairement,
37:41je pense que mon père
37:42ne nous aimait pas.
37:44Alors, je dirais que si,
37:46parce que...
37:48On aime toujours ses enfants,
37:49mais en fait,
37:50ce sont des actes.
37:51C'est-à-dire,
37:52être méchant avec ses enfants,
37:53c'est ne pas les aimer.
37:54Ce n'est pas de l'amour
37:56dissimulé sous...
37:57Je crois que c'est quelque chose
37:58de très...
38:00Il faut avoir la maturité
38:01de le voir en face.
38:02Est-ce que pour faire le deuil,
38:03il faut pardonner ?
38:06Oui ou pas forcément,
38:07en fait, en vrai.
38:08Moi, je sais que
38:08quand j'ai fait
38:09l'Arabe du futur,
38:11j'ai transformé
38:11les membres de ma famille
38:12en personnages
38:14comme des Playmobil
38:15et je les ai affublés
38:18des souvenirs chacun.
38:19Et c'est marrant
38:20parce que tu vois,
38:21par exemple,
38:22quand je repense
38:23à mes années d'enfance,
38:24etc.,
38:24et quand j'avais retrouvé
38:26des documents
38:26pour le livre de Numa Sadoul,
38:28des photos,
38:29j'avais complètement oublié
38:30le vrai visage des personnes.
38:33Je me disais,
38:33mais ça, c'est mon père,
38:34ça, je ne me rappelle pas du tout.
38:36Parce que dans ma tête,
38:37il a été remplacé
38:37par les dessins.
38:38Ça permet de les mettre
38:40à distance
38:41et de se libérer
38:43de l'influence
38:43des trucs psychologiques
38:46qui nous hantent, etc.
38:47Est-ce qu'en te regardant
38:49dans le miroir,
38:49ça t'arrive de te dire ?
38:55Je ne sais pas,
38:55qu'est-ce que tu en penses ?
38:57Moi, je trouve que
38:57tu es un beau gosse.
38:58Moi, je trouve que
38:59j'ai glow-up.
39:00Je ne suis plus détendu
39:02là, maintenant.
39:05Quand j'avais 16 ans,
39:06j'étais très, très mal
39:07dans ma peau.
39:07Non, là où c'est vrai,
39:08et je pense que c'est un truc,
39:09mais de toute façon,
39:10on peut dire ça aux jeunes,
39:11mais ils s'en foutent complètement.
39:12Mais quand on est jeune,
39:14on ne s'aime pas.
39:15Et en fait,
39:16on est beaucoup,
39:17beaucoup mieux
39:17que ce qu'on croit qu'on est.
39:19Ça, c'est un...
39:20Là, si vous vous trouvez moche,
39:22quand vous regarderez
39:23les photos de vous
39:26à votre âge,
39:27à 16 ans,
39:27à 17 ans,
39:28si vous n'aimez pas
39:28votre corps,
39:29votre tête, etc.,
39:30quand vous aurez 35 ans,
39:31vous vous regarderez
39:32votre photo
39:32et vous direz
39:32mais j'étais tellement mignon,
39:34j'étais tellement mignonne
39:35et je ne me rendais pas compte
39:36à l'époque.
39:37Donc, ça m'arrive
39:38de me voir des photos
39:39de moi jeune,
39:40de me souvenir
39:41d'à quel point
39:42je me haïssais
39:42et j'haïssais mon corps
39:43et je m'enfermais
39:45dans le dessin
39:46pour oublier
39:47que j'étais ce que j'étais,
39:48alors qu'en fait,
39:49j'étais BG.
39:49Qui est-ce que tu as
39:50envie de dire ?
39:59C'est marrant
39:59parce que tu vois
40:00en fait,
40:00la personne en fait
40:01en vrai,
40:03les gens que je n'aime pas,
40:06j'ai plutôt envie
40:07de leur conseiller
40:08des livres par exemple,
40:09les gens qui me détestent
40:10ou qui ont,
40:11il n'y en a pas énormément
40:12mais les gens
40:14que je ne peux pas supporter,
40:15je ne souhaite pas
40:16qu'ils meurent
40:17ou qu'ils,
40:18non,
40:19je préférais qu'ils progressent,
40:21je ne suis pas dans un sens
40:22qu'ils m'arrangeraient,
40:23je ne suis pas radical,
40:27je ne crois pas.
40:29Qu'est-ce que ça t'évoque,
40:30le fait de...
40:43C'est génial,
40:45j'adore cette série.
40:46tu penses souvent à Ken ?
40:48Hein ?
40:48Je pense très souvent à Ken,
40:50à l'univers de Ken
40:52qui je pense
40:53est une forme
40:54de métaphore de la vie
40:55qui est extrêmement pertinente
40:57dans le...
41:00J'avais eu la chance
41:01il y a quelques années
41:02d'avoir mes bandes dessinées
41:04traduites en japonais
41:05et donc,
41:07j'étais allé au Japon
41:08et il m'avait demandé,
41:10il m'avait dit
41:10mais est-ce que
41:13vous souhaiteriez rencontrer
41:14des auteurs
41:16ou des autrices
41:16de mangas
41:17et donc,
41:18j'avais demandé
41:19à rencontrer
41:20Charles Buronson
41:21qui était
41:22un des auteurs de Ken
41:23et en fait,
41:23ce n'était pas possible
41:24parce qu'il était trop âgé
41:25mais vraiment,
41:26j'admire
41:26cette façon
41:28de faire de la BD
41:30c'est un...
41:33C'est complètement
41:34ce qu'on en parlait
41:35tout à l'heure
41:35mais c'est un objet
41:36traditionnel,
41:37on sent bien
41:37les auteurs de Ken
41:39étaient tout petits,
41:39tout chétifs
41:40et ils ont fait
41:41ces personnages
41:42monstrueux,
41:43hyper libres
41:45qui s'enfoncent
41:46des doigts
41:47et qui se font exploser
41:48mutuellement.
41:48Et cette réplique culte,
41:49tu ne le sais pas encore
41:50mais tu es déjà mort.
41:50Oui, alors ça,
41:51mais ça c'est...
41:52Je le pense tellement souvent
41:54des fois en rencontrant
41:54des gens
41:55dans le...
41:57Moi aussi.
41:58Quand ils touchent
41:58quelqu'un
41:59et l'autre...
42:01Je recommande vraiment
42:02aux jeunes générations
42:03de regarder Ken.
42:04À quel moment,
42:05à partir de quel moment
42:06quand on parle d'un sujet
42:07tu n'entends plus que...
42:19C'est pas facile
42:20de répondre à ça.
42:23Parce qu'il y a des sujets
42:24un peu comme tout le monde
42:25je pense qu'ils ne m'intéressent
42:26absolument pas.
42:30Et en même temps,
42:31je n'ai pas envie
42:31de dire un truc
42:32un peu bateau
42:32du genre les politiques.
42:34Mais pourtant,
42:35c'est quand même
42:35un peu le cas
42:36parce qu'on se rend bien compte
42:37qu'ils ne semblent pas
42:37avoir conscience
42:38du monde
42:38dans lequel on arrive.
42:42Moi, je crois que c'est aussi
42:43la critique
42:45contre la science.
42:46Peut-être que c'est un défaut
42:47que j'ai
42:48mais je fais énormément
42:49confiance à la science
42:51et je trouve
42:51qu'on relativise
42:53un peu trop.
42:54On ne se rend pas compte
42:55de l'importance
42:58fondamentale
42:58que ça va avoir
42:59pour les êtres humains
42:59pour qu'on puisse vivre
43:00d'investir
43:01dans la recherche
43:03scientifique.
43:06et qu'on va laisser ça
43:08aux Etats-Unis
43:09et aux Chinois
43:10parce que ce sont eux
43:12qui vont faire
43:12toutes les grandes découvertes
43:13grâce à l'intelligence artificielle
43:15et qu'en France,
43:17on ne se rend pas compte.
43:18On ne veut pas voir la chose
43:21mais je ne sais pas
43:22si tu as vu
43:23un chercheur en mathématiques
43:25qui a été dépassé
43:26par une IA.
43:27Oui,
43:28et qui a été interviewé.
43:30Il a raconté
43:31que j'ai oublié son nom
43:33mais il a eu
43:34la Medal Fields
43:35et en fait
43:36il a passé une journée
43:37à pleurer
43:37devant ses enfants
43:38parce qu'il s'est rendu compte
43:40que
43:41Chad GPT
43:42avait résolu
43:43400 problèmes mathématiques
43:45qui étaient le cœur
43:45de son travail
43:46depuis des années
43:48et on ne se rend pas compte
43:49je crois
43:49du changement
43:52que ça va être
43:53pour le quotidien
43:55il va y avoir des pays
43:56qui vont découvrir
43:56des choses
43:58et ils n'en feront pas
43:59profiter tout le monde
44:00je pense.
44:02je crois qu'on devrait
44:02mettre toute l'énergie
44:03là-dessus moi
44:04mais bon
44:05c'est vrai que c'est un sujet
44:06qui est complètement
44:06passé sous silence
44:07en France
44:09on n'a pas
44:09c'est un peu
44:10le don't look up
44:11actuel en fait
44:12un peu
44:12exactement
44:12ouais tout à fait
44:14Riyad
44:16t'es venu avec ton petit sac
44:17à Malice
44:17et une recommandation
44:19un clic
44:20c'est le clic
44:21de Riyad Zatouf
44:28tu as choisi de cliquer
44:29sur la série culte
44:30de David Lynch
44:31Twin Peaks
44:32qui est disponible
44:33sur Paramount Plus
44:34via Lab Canal
44:35pourquoi Twin Peaks
44:36et pourquoi est-ce que
44:36cette série
44:37elle est toujours
44:38aussi importante
44:39écoute
44:40le temps a passé
44:41j'ai rencontré
44:42beaucoup de lectrices
44:43et de lecteurs
44:43et qui deviennent
44:44de plus en plus jeunes
44:45et je me suis rendu compte
44:46que Twin Peaks
44:48n'est plus vraiment
44:49tellement connu
44:50dans les jeunes générations
44:51parce que ça a été remplacé
44:53par toutes les séries
44:55actuelles de Netflix
44:56qui sont produites
44:58d'Amazon Prem
44:58etc
44:59et cette série
45:00est quand même
45:01la mère
45:02de toutes les autres séries
45:04la grande
45:05le grand chef-d'oeuvre
45:06et on peut la revoir
45:08la grande matriarche
45:10on peut la revoir
45:11facilement
45:11en streaming
45:12et c'est un chef-d'oeuvre
45:14moi je trouve
45:14qui est indépassé
45:16qui a été fait
45:18consciemment
45:18mais il y a aussi
45:18une forte part
45:19d'inconscient
45:19je pense qu'ils n'étaient
45:20pas complètement conscients
45:21de ce qu'ils faisaient
45:22quand ils ont
45:23un mélange d'humour
45:24de terreur
45:27de perfection
45:29de narration
45:29et je pense que
45:31quand on écrit une histoire
45:32ou quand on veut écrire
45:33une histoire
45:33c'est hyper bien
45:34de revoir Twin Peaks
45:35parce qu'il y a
45:36un ensemble
45:37d'ingrédients
45:40qui sont
45:40parfaitement agencés
45:42et qui créent
45:42un équilibre parfait
45:43et je sais que
45:44quand je fais une bande dessinée
45:45j'essaie de regarder Twin Peaks
45:46une fois par an
45:47comme un truc religieux
45:49je me l'ai fait
45:50etc
45:51et je me dis
45:52mais c'est incroyable
45:52la façon dont les personnages
45:55sont écrits
45:55donc le pitch de Twin Peaks
45:57c'est dans un petit village
45:59une petite ville
46:00sans trop de problèmes
46:01une jeune fille
46:02est retrouvée assassinée
46:05enroulée dans un sac plastique
46:07et on ne sait pas
46:08évidemment
46:08qui l'a tué
46:09et il y a un agent
46:10du FBI
46:10qui a envoyé là-bas
46:11qui s'appelle Dale Cooper
46:12et qui va enquêter
46:13et donc c'est un mec
46:15qui est incroyable
46:15joué par Kyle McLachlan
46:18et
46:20il est à la fois
46:21hyper marrant
46:21à la fois hyper fort
46:22à la fois
46:23c'est un
46:24c'est un vrai chef-d'oeuvre
46:27moi je suis très pressé
46:27de le regarder
46:28avec mes enfants
46:28alors je pense là
46:29ils ont 12 ans
46:29c'est un petit peu
46:30c'est un petit peu tôt
46:31mais je pense
46:32il faut le voir très tôt
46:34pour être traumatisé
46:35et après s'en rappeler
46:36toute sa vie
46:37parce que c'est vraiment
46:37c'est un immense chef-d'oeuvre
46:40on clique sur l'arrivée
46:40de Dale Cooper
46:43on clique sur l'arrivée
47:06de Dale Cooper
47:34non mais David Lynch
47:35c'est le grand génie
47:37l'irruption du surréalisme
47:39au milieu d'un film
47:41d'une série policière
47:43comme ça
47:43et de garder l'attention
47:44garder l'attention
47:46je l'avais rencontré
47:47une fois David Lynch
47:48à une exposition
47:49il était exactement
47:50comme ses films
47:51dans la vie
47:53il faisait des gravures
47:54dans un atelier parisien
47:57il venait exprès
47:58pour faire ses trucs
48:00il avait une chemise
48:02qui fermait jusqu'au bout
48:04comme ça
48:04il avait des énormes chaussures
48:05il était vraiment un personnage
48:06d'un de ses films
48:08c'est un très très bon modèle
48:10vous avez parlé de quoi ?
48:11quasiment
48:12non on n'a quasiment pas parlé
48:13en fait il m'a servi du vin
48:14c'est le seul truc
48:16il est arrivé
48:17c'était un vernissage
48:20et personne ne savait
48:21qu'il serait là
48:22c'est le vernissage
48:22de ses gravures
48:23moi j'étais venu
48:24vraiment j'y vais jamais
48:24à aucun vernissage
48:25mais j'y suis allé que
48:26parce que j'adore David Lynch
48:28et il est arrivé
48:28dans une voiture noire
48:29comme dans ses films
48:30comme dans Mulho Land Drive
48:31là il est sorti
48:32tout le monde a fait
48:33il est entré comme ça
48:35il était déjà très âgé
48:37personne n'ose à lui parler
48:38et il est venu
48:39juste à côté de moi
48:40comme ça
48:41vers le buffet
48:42il a pris une bouteille
48:43de vin blanc
48:44et il s'est tourné vers moi
48:45et puis il m'a dit
48:45do you want some white wine ?
48:48j'ai dit oui
48:49il m'a servi comme ça
48:50et à ce moment là
48:51il y a une femme incroyable
48:52qui est arrivée vers lui
48:55c'est une grande femme
48:56hyper belle
48:57avec des grandes lunettes
48:59et qui le regarde comme ça
49:00elle est beaucoup plus grande
49:01que lui
49:01et elle arrive comme ça
49:02elle fait
49:06complètement traumatisée
49:07par sa rencontre
49:08et il la regarde comme ça
49:10il lui prend les deux mains
49:11comme ça
49:12et il lui dit
49:13comme son personnage
49:14dans Twin Peaks
49:14il la prend comme ça
49:16et il lui dit
49:17everything is gonna be alright
49:19it's ok
49:20calm down
49:21il était hyper habitué
49:23à créer des trucs comme ça
49:25vraiment un être unique
49:26vraiment regarder Twin Peaks
49:28c'est incroyable
49:29est-ce que moi je peux te conseiller
49:30de cliquer sur quelque chose
49:31ouais vas-y
49:33sur canal il y a le SNL
49:34le Saturday Night Live
49:36émission mythique
49:37et cette semaine
49:38il y a une performance
49:39qui va rentrer dans l'histoire
49:40c'est Rosalia
49:42qui est arrivée sur scène
49:43et qui nous a donné
49:45un bijou
49:45je sais pas si t'as mon Rosalia
49:46si t'as aimé la langue
49:58et qu'est-ce que je sais pas si t'as aimé la langue
50:02et une autre vie
50:03il y a l'écou
50:04dans le soule
50:05dans le temps
50:05dans le temps
50:08La chanson
50:12n'a jamais sa lieu
50:14n'a jamais sa lieu
50:15n'a jamais sa lieu
50:16n'a jamais sa lieu
50:16n'a jamais sa lieu
50:42Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment, Yann ?
50:44J'écoute des vieux trucs, je réécoute Nick Cave.
50:47« Henry's Dream », par exemple, qui était un album que j'écoutais quand j'étais là.
50:51Oui, hyper bien.
50:52Que Nick Cave déteste, d'ailleurs.
50:54Pourquoi ?
50:54Je trouve que c'est un de mes préférés.
50:56Est-ce que c'est celui qui a le plus marché ?
50:57Non, oui, puis aussi, il ne s'est pas entendu avec le producteur et il a horreur, alors que je
51:01trouve que c'est un de ses meilleurs albums.
51:03Et est-ce que toi, il y a des œuvres que tu détestes alors que c'est celles que les
51:05gens aiment le plus ?
51:07Oui, il y en a, mais j'essaye de ne pas dire du mal non plus.
51:10Je trouve que ce n'est pas très positif de se vautrer dans la négativité.
51:14Mais évidemment, il y a énormément de choses que je ne peux pas supporter, qui m'irritent au plus haut
51:19point.
51:19Mais bon, j'essaie de travailler sur moi et de devenir une meilleure personne et je me concentre sur les
51:25trucs que j'aime bien.
51:26T'en es où dans ton rapport avec toi de GPT ?
51:28De quoi vous parlez en ce moment ?
51:30Oui, écoute, là, j'ai Claude aussi. Moi, j'adore, personnellement, j'avoue, j'adore, mais je ne l'utilise
51:35pas de manière productive.
51:38Alors peut-être que j'ai tort. Je ne l'utilise pas pour écrire ou pour... Je l'utilise comme
51:43une sorte de copain robot très intelligent.
51:47C'est-à-dire, je passe du Coqalan, je lui ai demandé, mais à ton avis, qui étaient les premiers
51:54ingénieurs qui avaient transmis le savoir mathématique à Imhotep lorsqu'il a construit sa première pyramide ?
52:00D'où venaient ces... Est-ce que c'est un savoir d'ingénierie qui a été...
52:03Alors il y a tout un... Et comme il a accès à toute une espèce d'encyclopédie, je découvre par
52:10exemple sur la Syrie, notamment, j'avais des grandes discussions sur le village de Termalais, le sens de son nom.
52:18Parce qu'en fait, quand j'habitais en Syrie, il y avait une légende qui disait que c'était à
52:26l'origine une sorte de corps de garde romain.
52:30Et donc, il m'a refait toute l'histoire de l'Empire romain sur la côte syrienne, etc. Je trouve
52:35ça hyper bien.
52:36C'est comme un prof. Moi, je l'utilise comme un professeur.
52:38Peut-être qu'il raconte n'importe quoi aussi.
52:41Es-tu sûr de ce quotidien ? Ah, tu as raison. Je ne sais pas vraiment.
52:45Non, non, j'adore. J'adore cette JPT.
52:47Merci, Riyad. Merci d'être venu dans Clique.
52:49La vie secrète des jeunes, la réédition et l'arabe du futur et moi de Numa Sadoul, c'est aux
52:55éditions Livres du Futur.
52:57J'espère que tu reviens bientôt.
52:58C'est toujours un bonheur d'avoir regardé cette vidéo.
53:00With great pleasure.
53:01Merci beaucoup.
53:02Merci beaucoup.
53:02Et merci à vous d'avoir regardé Clique.
53:04Merci.
53:05Merci.
53:05Merci.
53:13Merci.
53:14Merci.
53:15Merci.
53:15Merci.
53:16Merci.
53:16Merci.
53:17Merci.
53:17Merci.
53:18Merci.
53:18Merci.
53:19Merci.
53:19Merci.
53:20Merci.
53:20Merci.
53:20Merci.
53:20Merci.
53:21Merci.
53:21Merci.
53:21Merci.
53:22Merci.

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