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  • il y a 19 minutes
Emmanuel Grégoire, maire "Parti Socialiste" de Paris, était l'invité du Grand Oral 2027, ce dimanche 1er novembre. 

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00:03Générique
00:05...
00:11Bonsoir à tous, vous regardez le grand oral BFM TV, le Figaro, le nouveau rendez-vous politique de BFM TV.
00:18Bonsoir Emmanuel Grégoire.
00:19Bonsoir.
00:19Et merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:21Vous êtes, évidemment, s'il fallait le rappeler, le maire de Paris, le maire socialiste.
00:25Et on rappelait aussi que votre parole était rare, attendue aussi dans ces moments, comment les qualifier d'inflammables.
00:32Avec nous pour vous interroger ce soir, Marc Fauvel, évidemment.
00:35Et Loris Boichot, le journaliste politique du Figaro.
00:38Bonsoir Emmanuel Grégoire.
00:39On va parler évidemment de ces week-ends de manifestations à répétition, des dégâts qui ont été commis à Paris.
00:43Mais on voulait tout simplement vous demander tout d'abord de nous raconter de l'intérieur ce que vous avez
00:48vécu il y a deux semaines.
00:50Maintenant, les week-ends des 17 et 18 octobre qui ont sidéré la France, ces images d'émeutes et de
00:55pillages à Paris.
00:57D'abord, est-ce que vous vous souvenez précisément du moment où vous vous êtes dit, où on vous a
01:01dit peut-être, il est en train de se passer quelque chose de grave ?
01:05Disons que j'ai commencé à avoir des inquiétudes en fin de matinée, pour être très clair.
01:09Donc, un, on savait qu'il y avait une mobilisation.
01:11Deux, il y avait des alertes, mais pas du tout à la hauteur de ce qui s'est produit sur
01:16le fait que ça fait quand même des années que les mobilisations sociales peuvent donner l'occasion à des casseurs
01:21de se greffer dessus.
01:23Et j'ai une expérience très intime et au cœur de l'action des Gilets jaunes.
01:27Donc, j'en ai vu beaucoup au cours de ces dernières années.
01:30Et la physionomie de fin de matinée du samedi 17 octobre n'était pas très bonne.
01:36D'abord parce que les rassemblements ont commencé un peu plus tôt que prévu.
01:39Et on a vu que la physionomie ne ressemblait pas à ce qui se passait d'habitude.
01:44Et je le dis d'un souvenir très personnel, autour de 11h, 11h30 le samedi matin, lorsque j'étais en
01:50cellule de crise de notre police municipale.
01:53On a accès à toutes les caméras.
01:55Et puis, une expérience personnelle plus simple, c'est que j'avais…
01:59Voilà, en cellule de crise à ce moment-là.
02:01J'avais déambulé une bonne partie de l'heure de la fin de matinée, matinée, fin de matinée, déjeuner.
02:06Et en fait, ça a tourné vinaigre très tôt.
02:08Et ce sera des questions.
02:10J'ai eu l'occasion d'en parler avec le ministre de l'Intérieur, avec le préfet de police.
02:13Mais la NAS très tôt de République, aux alentours de 12h30, incontestablement, fait déraper les choses très rapidement.
02:20Et dans un secteur surtout très élargi.
02:21C'est-à-dire, ils ont dû gérer…
02:23Pourquoi ça fait déraper les choses ?
02:23Parce que, moi j'en ai été témoin, parce que je me suis retrouvé moi-même nassé à l'extérieur
02:28de République.
02:28Et il se trouve que l'anecdote fait que j'habite dans ce coin-là, donc je connais bien.
02:32Assez tôt, ils ont fermé République.
02:34Alors, ils auront des éléments à expliquer ça, parce qu'ils m'ont dit qu'ils avaient dû intervenir
02:38parce qu'il y avait des premiers casseurs sur le secteur République.
02:41Mais ils ont fermé la place de la République.
02:43Et des milliers, des milliers de personnes, manifestant de bonne foi pour l'immense majorité d'entre eux,
02:47se sont retrouvées coincées à l'extérieur du périmètre, sur trois secteurs.
02:51Le secteur 10e, Strasbourg-Saint-Denis, Canal Saint-Martin.
02:54Le secteur Avenue de la République et tout ça, prolongé vers l'axe 19e, 20e.
03:00Et puis, tout le secteur Paris-Centre, arrêt métier.
03:02Et en fait…
03:03C'est-à-dire, là où il y a eu de la casse.
03:04Exactement.
03:05Et en fait, ils ont dû gérer, de facto, non pas une grosse manifestation à République,
03:09mais qui, elle, je le rappelle, s'est plutôt bien passé dans son déroulé qu'elle est jusqu'à la
03:13place de Clichy.
03:13Mais ils ont dû gérer trois contre-manifestations avec des manifestants qui n'étaient pas contents,
03:18et je les comprends, de ne pas pouvoir rejoindre le cortège officiel.
03:22Et puis, parce que je l'ai vu de mes yeux, donc c'est une réalité,
03:25assez rapidement, des fauteurs de troubles qui ont vu l'opportunité d'une manifestation aussi éclatée,
03:31sur un périmètre aussi large que la police ne serait manifestement pas capable de gérer.
03:36Mais on va revenir, Emmanuel Magouar, sur le profil, justement, de ces individus,
03:39juste pour reprendre la question de Marc, aller dans le détail de ce que vous avez vécu.
03:44On vous voit dans cette cellule de crise.
03:46Est-ce que vous, le maire de Paris, en lien avec le préfet de police,
03:49en lien peut-être aussi avec le ministre de l'Intérieur,
03:52vous dites, vous êtes en capacité de dire, ça dérape, attention peut-être,
03:56ce n'est pas la bonne manière de gérer ce qui est en train de se passer ?
03:59Oui, mais d'abord, il faut comprendre que, non, elle ne porte pas,
04:03et il faut comprendre que la police s'est elle-même saisie.
04:05Ce qui est flagrant sur cette journée, et je crois que le ministre de l'Intérieur l'a reconnu lui
04:09-même,
04:10ils ont été débordés.
04:12Beaucoup de commerçants ont dit, où était la police, se sont demandé où était la police.
04:16Est-ce que vous avez la réponse à cette question ?
04:18Non, je n'ai pas la réponse, mais j'ai quatre questions.
04:19Vous ne savez pas où était la police ?
04:21Il y a quatre questions à poser lors de la commission d'enquête au Parlement.
04:25Je les ai déjà évoquées, et c'est normal que ce soit dans le débat public.
04:28Surtout qu'encore une fois, l'idée, ce n'est pas d'accuser, etc.
04:31L'idée, c'est comment faire mieux, comment protéger les manifestants
04:34qui se sont retrouvés mis en danger dans cette situation-là,
04:38protéger les forces de l'ordre aussi, et ne pas les exposer de façon inconsidérée,
04:43et empêcher les forces qui infiltrent le mouvement social
04:46pour perturber, casser et piller.
04:49La première, c'est pourquoi il y a eu une sous-évaluation
04:52du nombre de profils à risque.
04:54Le préfet de police a lui-même reverbalisé plusieurs jours après,
04:57donc documenté, 10 000 casseurs.
04:5910 000 casseurs, on n'a jamais vu ça à Paris.
05:01Jamais.
05:02Et ils ont reconnu d'ailleurs une sous-estimation.
05:04Oui, la première, c'est un sujet de renseignement,
05:07parce que la deuxième, c'est, et elle est très liée à la première,
05:10y avait-il assez de policiers sur le terrain ?
05:13Ma réponse est non.
05:14Oui, mais il faudra obtenir la transparence
05:17sur les chiffres de mobilisation réels.
05:19Et on le voit d'ailleurs, dans les deux samedis
05:21qui viennent de s'écouler, le chiffre des forces mobilisées
05:24nationalement avait été annoncé, 70 000 forces de police.
05:2870 000 et c'était 60 000 pour le 17 octobre.
05:30Oui, mais ce n'était pas annoncé, pardon.
05:31Je rappelle qu'à l'époque, il n'y avait pas eu de transparence
05:34sur le chiffre mobilisé, et c'est généralement le signe
05:37que le dispositif n'est pas aussi serré qu'on le souhaiterait.
05:41Troisième chose, pourquoi y a-t-il eu la NAS à République
05:44parce qu'ils ont dû gérer toute l'après-midi un secteur éclaté
05:48qui représentait quasiment un tiers de la surface de Paris ?
05:51Et la quatrième question, je l'ai dit publiquement,
05:54donc je le redis devant vous, à un moment donné,
05:56je crois que les autorités ont craint pour la sécurité
06:02et l'inviolabilité d'un certain nombre de lieux
06:04de pouvoirs stratégiques, l'Élysée, Matignon, Sénat,
06:08Assemblée nationale, et donc c'est un secteur très élargi,
06:11rive droite, rive gauche, autour de Concorde, etc.,
06:14qui a, je le pense, nécessité un rapatriement massif
06:17des forces de police de l'est de Paris vers l'ouest de Paris.
06:20Donc en quelque sorte, si je lis ce que vous dites dans vos propos,
06:23on a laissé faire les casseurs pour ne pas qu'ils prennent l'Élysée.
06:27On a voulu protéger les institutions,
06:29et donc il y a eu un redéploiement de force,
06:31c'est vraiment mon institution.
06:32Au détriment de certains quartiers.
06:33Au détriment réel, et tout ça est corroboré,
06:36mais je crois que le ministre de l'Intérieur l'a reconnu lui-même.
06:39On a des quartiers dans lesquels on est attesté,
06:41et moi je l'ai vu, parce que vous me demandez
06:42comment j'ai vécu cette journée.
06:43Cette journée, je l'ai vécu de deux façons.
06:45La moitié, grosso modo, à plusieurs moments de la journée,
06:48dans le PC de sécurité, qui nous permet d'avoir un accès à tout,
06:51de parler à tout le monde, réunir toutes les directions,
06:54c'est ce qu'on appelle la gestion de crise.
06:56Et la deuxième, c'est sur le terrain,
06:57parce que je déambulais partout, etc.
07:00Je me suis retrouvé 40 fois nassé au milieu de tirs de gaz lacrymogènes, etc.
07:07Mais pour autant, vous n'avez pas cassé de vitrine.
07:09Non, ce n'est pas mon genre, Marcel.
07:11Je ne vous ai pas vu non plus.
07:12Je fais ça sous forme d'humour.
07:14Non, mais il faut le dire,
07:15l'immense majorité des gens ne cassent pas de vitrine.
07:18Et c'est un peu le côté que moi je veux dénoncer
07:20avec la plus grande clarté.
07:22Il y a deux types de profils à risque dans ces circonstances.
07:25Il y a ceux qui veulent profiter, entre guillemets,
07:29de la mobilisation sociale pour déstabiliser l'État.
07:32Et on peut se dire, mais qu'est-ce que ça veut dire cette phrase ?
07:34Il y a des gens qui aiment ça,
07:36ils sont convaincus qu'il faut renverser le système,
07:38renverser l'État,
07:39et que casser est un moyen d'établir du rapport de force
07:42et de la peur médiatique et de la pression médiatique.
07:44C'est les Black Blocs, c'est ce que certains appellent l'ultra-gauche,
07:48qui est une galaxie assez obscure et en fait que l'opinion publique
07:53connaît assez mal, parce que ce sont des théoriciens très engagés,
07:58très militants, très préparés, très coordonnés.
08:00Et puis à côté de ça, il y a le phénomène qu'on peut observer
08:04dans tous les rassemblements de masse,
08:06dès lors que la police n'assure pas un contrôle un peu serré des dispositifs,
08:10qui se disent, mais les gars, c'est open bar,
08:12on va en profiter méthodiquement avec une immense agilité,
08:15avec des groupes qui étaient constitués de 10 à 50 personnes,
08:19parfois un peu plus sur les groupes de Black Blocs
08:21qui pouvaient monter jusqu'à 200-300 personnes,
08:23et on les voyait, on les voyait sur les écrans,
08:25et je l'ai dit aux forces de police,
08:27je l'ai dit après, à chaud et à froid,
08:29quand vous avez des profils qui sont ultra jeunes,
08:33mobiles, pas mineurs, c'est plutôt des profils majeurs,
08:37très jeunes, mais pas mineurs.
08:39Après, tout ça, on le dit aussi avec l'expérience de ce qu'on a vu,
08:42qu'ont été les gardes à vue, etc.,
08:44qui sont extrêmement mobiles, coordonnées avec des outils numériques
08:47que chacun dans la pièce ici comprend,
08:49donc chacun comprend l'efficacité.
08:50Et qu'en face, vous avez des groupements,
08:53peu importe les termes techniques,
08:54mais ça peut être des compagnies de CRS,
08:56ça peut être des compagnies de gendarmes mobiles,
08:58il y a plusieurs forces qui participent à ça,
08:59qui sont équipées en gros casques,
09:01qui sont essentiellement motorisées,
09:03qui se déplacent dans les convois
09:05que malheureusement on connaît désormais tout le temps à Paris,
09:06où il y a 20, 30 camions les uns derrière les autres,
09:09il y en a qui sont très rapides,
09:11et d'autres qui sont extrêmement lents.
09:13Et ils ont profité, en fait,
09:15de l'absence de force de police sur le terrain,
09:18avec des témoignages particulièrement touchants et troublants,
09:23et c'est ce qui fait que moi j'ai vu des gens le dimanche,
09:25notamment, qui ont dit qu'ils avaient eu tout simplement peur,
09:28et ça va du commerçant.
09:28Est-ce que ça a été votre cas ?
09:30Est-ce que vous, Emmanuel Grégoire,
09:31à un moment, on a tous été stupéfaits devant les images de ces groupes
09:35qui faisaient ce qu'ils voulaient pendant des heures,
09:37qui cassaient, qui pillaient ?
09:37Est-ce que vous, à un moment, vous avez eu peur ?
09:40Non, moi je n'ai pas peur.
09:42Ce serait un aveu de faiblesse ?
09:43Heureusement, je n'ai pas peur.
09:44Non mais...
09:44Non mais pas peur pour vous,
09:45mais quand la situation est grave ?
09:47Je vais vous donner un exemple.
09:48Moi, le dimanche soir,
09:49qui a été un deuxième effet de saisissement,
09:51parce qu'en fait, la police ne s'y attendait pas,
09:53et là, il y a des groupes opportunistes et des casseurs
09:55qui sont revenus tester.
09:56Ils ont vu que c'était encore un peu...
09:59Le contrôle était quand même encore un peu lâche.
10:02Et moi, ce n'est pas que ça m'a fait peur,
10:04c'est que ça m'a rendu triste.
10:05J'ai reçu au moins une quarantaine d'appels de gens en pleurs,
10:07me disant, des commerçants, des riverains,
10:11en me disant, ça recommence, ils sont en bas de chez moi,
10:13ils essayent de taper à la porte, etc.
10:15Avec des tentatives d'intrusion dans des immeubles d'habitation.
10:18Il y en a eu, il y en a eu.
10:18Ce sera documenté.
10:20Moi, je vais vous dire, j'ai vu de mes yeux des choses
10:22qui m'ont profondément choqué,
10:23qui fait que je n'ai pas la moindre indulgence,
10:26pas la moindre indulgence pour ceux qui font ça.
10:28J'ai vu des gens jeter des objets incendiaires,
10:31des cocktails Molotov.
10:31Ailleurs, à l'image de celui ou de celle, je ne sais pas,
10:35qui a commis ça hier contre une force de police hier,
10:38jeter des cocktails Molotov dans des commerces,
10:42en pied d'immeuble, au-dessus, ce sont des familles.
10:44Avec des gens qui étaient au-dessus.
10:45Des familles qui habitent au-dessus.
10:46Et en vrai, on est nombreux à se dire,
10:49plein de choses à améliorer,
10:50mais on s'est dit, il y aurait pu y avoir un drame.
10:55Un drame, c'est-à-dire des morts,
10:57du côté des forces de police,
10:58du côté des manifestants de bonne foi,
10:59du côté de ceux qui habitent dans les immeubles
11:01qui n'ont rien demandé
11:01et qui ne sont pas tellement responsables
11:03de la précarité du monde.
11:06On a eu des incendies déclenchés volontairement
11:09par des gens au pied des immeubles d'habitation.
11:11Et ils ne pouvaient pas ignorer
11:12que c'était des immeubles d'habitation.
11:14Parce qu'on voyait les habitants.
11:16Juste deux compléments quand même là-dessus,
11:17parce qu'il faut aussi rassurer les gens
11:20en disant la vérité sur ce qui s'est passé.
11:23Il y a eu des intrusions,
11:24des tentatives d'intrusions
11:25sur des immeubles d'habitation.
11:26Oui, pas tellement,
11:27mais il y en a eu pour deux motifs
11:28qui nous ont été remontés.
11:30C'était le cas dans mon immeuble.
11:32Dans mon immeuble,
11:33il y a un roux qui est rentré.
11:34Il y a des gens qui sont dû tracturer la porte cochère.
11:35Ils sont introduits dedans pour monter dedans.
11:37Je ne vous donne pas l'adresse précise.
11:38Ça évitera que vous veniez me dire des choses en bas.
11:42Non, non, mais vous ne cassez pas de vitrine
11:43et je ne m'introduis pas au domicile.
11:45Parce qu'ils sont venus deux explications.
11:47La première, c'est que certains
11:49y ont vu l'opportunité d'accéder au toit
11:51pour en fait cheminer par les toits
11:53pour essayer de lancer des trucs
11:54ou en tout cas de déborder le système policier,
11:57la NASE policière,
11:58par l'accès au toit.
11:59Et certains y ont réussi.
12:01Et ont réussi, ont jeté des chemidés,
12:03des tuiles, des machins.
12:04Et la deuxième raison,
12:06c'est que parfois,
12:07il y avait des scènes de pillage
12:08où des riverains filmaient
12:10les scènes de pillage d'en haut.
12:11Il y a eu des invectives.
12:13Et en gros, c'était,
12:14pardonnez-moi d'être un peu cash,
12:16mais c'était,
12:17on va venir chercher ta vidéo,
12:20efface la vidéo,
12:21on va venir la chercher.
12:22Il n'y a pas eu d'intrusion
12:22au domicile de certains particuliers ?
12:25Non, je ne suis prudent parce que,
12:26mais à ma connaissance,
12:27il n'y a eu aucune intrusion
12:29dans un appartement.
12:30Mais je suis prudent
12:31parce qu'on peut toujours
12:32découvrir des choses après.
12:33Et à ma connaissance,
12:34il y a eu des intrusions
12:35dans des parties communes.
12:36Il n'y a pas eu d'intrusions
12:37dans des appartements.
12:39Vous évoquiez ces lieux de pouvoir,
12:41raison pour laquelle,
12:42selon vous,
12:43et la commission d'enquête
12:44aussi le déterminera,
12:45que les forces de l'ordre
12:46se soient redéployées
12:47vers l'Elysée,
12:47vers Matignon,
12:48vers l'Assemblée nationale.
12:49Des lieux de pouvoir
12:50durant cette journée,
12:51ailleurs qu'à Paris,
12:52ont été visés.
12:53Je pense à la mairie de Marseille,
12:54je pense à la mairie de Limoges,
12:55à la mairie de Lille.
12:55Est-ce qu'à un moment donné
12:56dans cette journée,
12:57au vu de ce qui vous remontait
12:59d'informations,
12:59vous vous êtes dit
13:00que la mairie de Paris elle-même
13:02pourrait être attaquée ?
13:03Je veux le transport avec vous,
13:04j'ai eu une inquiétude
13:04le dimanche soir,
13:07puisque après être
13:08toute la journée
13:09sur le terrain,
13:09je rentre chez moi
13:11et on m'informe
13:12d'une avancée,
13:13d'un groupe
13:14vers le secteur
13:15de l'hôtel de ville,
13:17avec des slogans
13:18laissant à penser
13:19qu'ils ne sont pas indifférents
13:20au fait que l'hôtel de ville
13:21y soit.
13:22Et pour tout vous dire,
13:24j'ai pris mon petit bagage
13:25et je suis retourné
13:26dans ma mairie.
13:29Oui, j'ai vu ça,
13:31mon gilet jaune,
13:31on a vu ça le 17 octobre,
13:33il y a une partie
13:34des gens
13:36qui se greffent
13:36au mouvement
13:37qui veulent
13:39vraiment
13:40attaquer,
13:42déstabiliser
13:42et on le voit,
13:43tout peut servir
13:44de cible,
13:45alors c'est
13:45les mairies
13:46à Lille,
13:47à Limoges,
13:47à Marseille,
13:48c'est la résidence
13:50de la préfète
13:51à Bordeaux,
13:52c'est un peu opportuniste,
13:54mais d'où la nécessité
13:55d'avoir des forces
13:55de police mobiles.
13:57Parce que je le redis,
13:59on sait très bien
14:00qu'on reparle de ça
14:00parce que c'est important
14:01qu'on tire tous les enseignements
14:02du 17 octobre,
14:03mais je n'oublie pas
14:04qu'il n'y a pas de casseur
14:06si le gouvernement
14:07sait répondre
14:08aux revendications
14:09du mouvement social.
14:10Et ce qui m'inquiète,
14:11nous avons eu deux samedis
14:12plutôt calmes,
14:13d'abord parce que
14:14nous avons collectivement
14:15bénéficié d'un très haut niveau
14:16de mobilisation
14:17des forces de police,
14:18mais ce n'était pas non plus
14:19très agréable
14:20d'avoir les fouilles partout,
14:21d'avoir 10%
14:22des stations de métro
14:23de fermés,
14:23c'est aussi des quartiers
14:24qui se sont mis en tension
14:25avec des mesures.
14:25Ça peut durer comme ça ?
14:27On sait que ça ne peut pas
14:27durer comme ça.
14:28On sait qu'on ne peut pas
14:29maintenir un aussi haut niveau
14:31de mobilisation
14:31des forces de police
14:32pendant des semaines
14:33ou des mois et des mois.
14:34Et je le dis notamment,
14:35on ne peut pas attendre
14:36l'échéance présidentielle
14:38en se disant
14:39« bon, on va faire le doron
14:40et on va gérer tout ça ».
14:41Donc, je le redis,
14:42il y a les sujets
14:43de maintien de l'ordre,
14:44il y a les sujets
14:44d'ordre public
14:45et de tranquillité publique
14:47qui doivent permettre
14:48à chacune et à chacun
14:49de manifester
14:50avec conviction,
14:51avec volontarisme,
14:53avec aussi régularité
14:54de le faire en sécurité
14:55pour les manifestants
14:56mais aussi de le faire
14:57en sécurité pour les villes
14:58qui accueillent ces manifestants.
14:59Vous avez évoqué
15:00un sous-dimensionnement
15:01des forces de l'ordre,
15:02ça a été reconnu
15:03par le gouvernement.
15:04Qu'en est-il de la police
15:05municipale de Paris ?
15:07Est-ce qu'il est vrai
15:09qu'il a été demandé
15:10à la police municipale
15:11de ne pas aller sur le terrain
15:13comme certains élus
15:14de l'opposition de droite
15:14ont pu l'affirmer ?
15:16C'est faux et je vais
15:17clarifier ce point.
15:18C'est faux et c'est une insulte
15:19aux agents qui,
15:20je veux vous dire,
15:21je le crois,
15:22les met beaucoup plus en colère
15:23eux que moi.
15:24Vous l'avez lu dans la presse,
15:25le maire adjoint
15:26LR du 15e arrondissement
15:27de Paris
15:27qui a parlé d'un ordre donné
15:29de ne pas sortir
15:32pour la police municipale.
15:33C'est plutôt un retour,
15:34alors s'il a dit ça
15:35en plus,
15:36il fait une douleur.
15:36Il y a eu un ordre samedi
15:37passé à toutes les divisions
15:38territoriales de la police
15:39municipale de faire rentrer
15:41leurs équipages dans les bases,
15:42de ne pas sortir.
15:44La consigne globale
15:44de l'état-major,
15:45de la direction
15:45de la police municipale
15:46et de la prévention
15:47est la suivante,
15:48ne pas prendre de risque
15:49et cela a été reconduit
15:50dimanche 18.
15:51Vous dites c'est faux.
15:52Non, je vais être précis.
15:54D'abord,
15:55ce n'est pas de ne pas sortir,
15:56c'est de rentrer
15:57quand les incidents
15:58ont explosé.
15:59Nos agents de police municipale
16:01et ça,
16:02c'est valable à Paris
16:02comme partout ailleurs,
16:03peut-être même encore
16:04un peu plus à Paris
16:05puisque la police municipale
16:06à Paris
16:07n'a même pas exactement
16:08les mêmes pouvoirs
16:09qu'une police municipale
16:10ailleurs.
16:10Je vous rappelle
16:10que ça fait qu'en grosso modo
16:13cinq ans
16:13qu'on a la police municipale
16:14à Paris.
16:15C'est très récent.
16:16Et qu'elle n'a pas
16:16d'armes létales.
16:17Elle n'a pas d'armes létales.
16:18Ce n'est pas la seule.
16:19Il y a d'autres police municipales
16:19qui n'en parlent pas.
16:20Ça vous fait changer d'avis ?
16:21Non, pas du tout.
16:22D'ailleurs, je vais vous dire,
16:23on a vécu
16:23un samedi 17 octobre
16:25quand même effroyable
16:27sur le plan
16:28de la sécurité publique.
16:29Heureusement que
16:30les forces de l'ordre
16:30n'ont pas tiré
16:31à armes réelles.
16:32Donc,
16:32toutes nos forces de l'ordre
16:33qui étaient là,
16:34ils étaient tous armés.
16:35Ça n'a pas franchement aidé
16:37à mettre en œuvre
16:38leur mission
16:38de maintien de l'ordre
16:39et de sécurité publique.
16:41Et heureusement
16:41qu'ils n'ont pas tiré.
16:42Donc,
16:42ceux qui utilisent
16:43cet argument-là
16:44vraiment sont idiots
16:45sur le plan du raisonnement.
16:47Et je le dis encore plus
16:48quand vous avez
16:48un agent de police municipale
16:50qui n'est pas habitué à ça,
16:52pas formé à ça,
16:53le mettre dans une situation
16:54de risque,
16:55de confrontation
16:56et de le doter
16:57d'une arme létale
16:58au point d'ailleurs
16:59qu'il prenne un risque
17:00pour lui-même.
17:01Pourquoi ?
17:01Il y a des formations possibles
17:02Emmanuel Grégoire.
17:03Mais un policier normal,
17:06ça sort son arme
17:08deux fois dans sa carrière
17:09et c'est rare
17:10que ça tire une seule fois
17:11dans sa carrière
17:11en situation réelle.
17:12Il faut arrêter
17:13de faire de l'arme létale.
17:14L'alpha et l'oméga
17:15de la tranquillité publique,
17:16je le redis,
17:17mais ça,
17:18pardon,
17:18ça c'est un sujet de conviction.
17:20Après,
17:20je comprends que des gens
17:21le pensent.
17:21Moi,
17:22je ne le pense pas.
17:22Et d'ailleurs,
17:23dans tous les pays
17:24où il y a des mesures
17:26de libéralité
17:27sur la possession d'armes,
17:29qu'est-ce que ça fait ?
17:29Eh bien,
17:30ça augmente les bavures,
17:31tout simplement,
17:31beaucoup plus que la sécurité.
17:33Mais qu'est-ce qui a été dit
17:33à ces équipages ?
17:34Ces équipages-là,
17:34ils étaient sur le terrain.
17:36Ils sont 2800,
17:38ils étaient 500 mobilisés
17:39ce jour-là,
17:41quand il y a eu
17:42l'acmé du bazar.
17:45Assez vite dans la journée.
17:46Assez vite dans la journée.
17:47Il leur a été demandé,
17:48après qu'il y ait eu
17:49deux véhicules détruits,
17:50mais regardez les images,
17:52les images
17:52de ma police municipale,
17:54je dis ma,
17:54parce que je veux endosser
17:55cette responsabilité
17:56et pas le leur faire porter
17:57sur eux,
17:58de leur véhicule
17:59caillassé
18:00à coups de barres de fer
18:01avec une de leurs collègues
18:02qui se retrouve
18:03avec des blessures
18:05liées au verre
18:05et des blessures à l'œil
18:06parce que la vitre,
18:08des bouts de bris de verre
18:09sont venus dans l'œil.
18:10À ce moment-là,
18:11on leur a demandé
18:11de se retirer
18:13de la zone...
18:14Tous ou uniquement ceux-là ?
18:14Non, tous.
18:15Tous de se retirer
18:16de la zone de confrontation.
18:18Tout simplement
18:19parce qu'ils ne sont pas
18:20plus formés
18:20que vous et moi
18:21et ils ne disposent pas
18:22de prérogatives légales
18:24plus que vous et moi.
18:26Si la droite n'est pas contente,
18:27et d'ailleurs,
18:28c'est ce qu'elle avait en partie fait,
18:29elle change la loi.
18:30C'est ce qui était prévu,
18:32notamment dans le cadre
18:33du projet de loi Retailleau,
18:34dit le Beauvau
18:35des polices municipales.
18:37Ce texte est encore une fois
18:39au limbe.
18:40On ne sait même pas
18:41où il est dans le tuyau
18:41législatif.
18:41De nombreuses associations
18:42d'élus demandent
18:43de renforcer le pouvoir
18:45des polices municipales
18:46dans le cadre du projet de loi.
18:47Moi, je demande surtout
18:49de clarifier les règles.
18:50Et en l'occurrence,
18:51le Beauvau des polices municipales
18:52permettait de bien clarifier
18:53qui fait quoi.
18:54La police municipale,
18:55elle est chargée.
18:55Elle le fait déjà beaucoup,
18:57mais je lui demande
18:58de le faire plus.
18:59Les cyclistes qui grillent
18:59les feux rouges,
19:00elle n'est pas chargée
19:01d'empêcher les gens
19:02qui ont des cocktails Molotov
19:03de les envoyer sur les gens.
19:05Ce n'est pas sa mission légale.
19:06Et donc, je dis,
19:07c'est particulièrement juste.
19:08C'est comme si vous accusiez,
19:10pardon,
19:10mais un gardien de square
19:12de ne pas intercepter
19:14un trafiquant de drogue.
19:15Ce n'est pas son métier.
19:16Ce n'est pas sa formation.
19:18Et donc,
19:19la police municipale,
19:20elle était évidemment,
19:21je le rappelle d'abord,
19:22présente encore
19:22sur le terrain à Paris
19:24où il y a ces missions courantes
19:25parce qu'on oublie
19:26que pendant qu'il y a
19:26le 17 octobre
19:27et les manifestations violentes,
19:29il y a aussi
19:30toute la vie quotidienne
19:32qui continue,
19:32notamment ce qu'il y a.
19:33Il y en avait un peu moins
19:34ce jour-là.
19:35Non, mais pardon,
19:35il n'y en a pas.
19:36C'est-à-dire que quand vous avez
19:3770 000 forces de police
19:38qui sont concentrées
19:40à organiser le mouvement
19:41et à encadrer
19:42les mobilisations,
19:44c'est des policiers
19:44qui ne sont pas
19:46pour les missions de proximité
19:47et de sécurité du quotidien
19:49partout nationalement
19:50sur le territoire.
19:50On a entendu votre réponse.
19:51Je voudrais revenir
19:52sur ce que vous avez dit
19:52il y a quelques minutes
19:53au début de cet entretien.
19:54Vous vous avez demandé
19:54est-ce que vous saviez
19:55où étaient les policiers
19:56à Paris le 17 octobre ?
19:58Vous avez dit
19:58non, je ne sais pas
19:59où était la police.
20:00Est-ce que ça veut dire
20:00que le maire de Paris,
20:012 millions d'habitants,
20:03siège de l'Elysée,
20:05Matignon,
20:05je passe là-dessus,
20:06n'est pas,
20:06la tour Eiffel,
20:08je pourrais continuer,
20:09n'est pas tenu informé
20:10dans les jours précédents.
20:12Vous ne saviez rien.
20:13Vous êtes comme nous.
20:14Non, peut-être pas comme vous,
20:16notamment parce que j'ai accès
20:17au réseau de vidéosurveillance
20:19qui me permet d'avoir...
20:19Mais vous ne savez pas
20:20où il y a une compagnie
20:21de CRS ?
20:22Je peux le regretter
20:23à titre personnel,
20:24mais ce n'est pas contraire
20:24au texte.
20:25Ce n'est pas le maire de Paris.
20:26Il y aurait une révolution
20:28à souhaiter de ce point de vue-là ?
20:30Je crois beaucoup
20:31au couple maire-préfet
20:33pour faire fonctionner
20:34ce pays correctement.
20:34Mais dans un couple,
20:35il faut se parler.
20:35Dans un couple,
20:36il faut se parler.
20:36Mais d'ailleurs,
20:37nous l'avons fait mieux
20:38après le 17 octobre
20:39qu'avant le 17 octobre.
20:41Les textes, aujourd'hui,
20:42c'est qu'en matière
20:43de sécurité publique,
20:44il peut y avoir un dialogue,
20:46mais en réalité,
20:48c'est une prérogative
20:49exclusive de l'État.
20:51Et dans l'acmé de la crise
20:53dans les moments chauds,
20:54on ne m'appelle pas
20:55pour demander
20:56quoi que ce soit
20:57sur les patrouilles,
20:58sur ce qu'il faut faire,
20:58etc.
20:59Nous, on passe des coups de fil
21:00en disant
21:01attention, secteur signalé.
21:02On est utile quand même.
21:04Sur la remontée de terrain.
21:06Vous évoquiez la commission d'enquête.
21:08Laurent Nunez,
21:09le ministre de l'Intérieur,
21:10sera auditionné mardi.
21:11Est-ce que vous pourriez l'être ?
21:13Est-ce que vous pourriez
21:13aller à l'Assemblée nationale ?
21:14J'ai demandé à l'être.
21:15Vous avez demandé à l'être.
21:17J'espère.
21:17Mais comme j'espère
21:18que tous les maires
21:19qui ont été confrontés à ça,
21:21pas pour recevoir tous les maires,
21:22mais il faut trouver
21:23un format collectif.
21:24D'abord, je me plierai
21:25à ce que souhaiteront
21:26les députés
21:26parce que c'est eux
21:27qui décident.
21:27Mais moi, je dis
21:28ma disponibilité
21:29et même mon souhait
21:30d'être entendu.
21:32Non pas encore une fois
21:33seulement pour éclairer
21:34ce qui s'est passé
21:34le 17 octobre,
21:35mais pour faire en sorte
21:36que cela marche mieux
21:37dans l'avenir.
21:38Donnez un autre exemple
21:39qui est illustratif
21:40des différences.
21:41Et pardon,
21:41mais ça fait un peu
21:43picaillat
21:44et je comprends
21:45que ça lasse nos concitoyens,
21:46mais après,
21:47c'est les textes
21:47et il faut les faire évoluer.
21:48À Paris,
21:50la vidéoprotection
21:50est une compétence
21:51exclusive du préfet de police.
21:53Exclusive.
21:53Alors que dans les autres villes,
21:55c'est la mairie
21:56qui a la main
21:56sur les réseaux
21:57de vidéos surveillance.
21:58Moi, par exemple...
21:59Vous demandez d'avoir la main.
22:00Je demande
22:01à mieux coordonner les choses.
22:03Et en l'occurrence,
22:04moi, je ne demande pas des...
22:05Moi, j'essaye
22:06de faire correctement
22:07mon travail.
22:08Je ne demande pas
22:09de compétences en plus,
22:10mais je demande
22:10à ce qu'on puisse avoir
22:11des cadres de discussion
22:12et de préparation.
22:13Par exemple,
22:14vous donnez un autre exemple
22:14sur le parcours des manifs
22:16qui est un peu au cœur du débat.
22:17Je comprends
22:18que ça lasse un peu
22:19les manifestants
22:20d'être contraints
22:21d'aller dans des endroits
22:21qu'ils n'ont pas choisis.
22:22En même temps,
22:23je pense que les organisations
22:25qui sont au cœur des manifs
22:27comprennent
22:28qu'il peut y avoir
22:29une forme de lassitude
22:30quand c'est toujours
22:31le même endroit
22:31et la même rue
22:32qui est utilisée
22:33et donc éprouvée
22:34semaine après semaine.
22:35Mais je pense que
22:36trouver un cadre de dialogue
22:37dans lequel les maires
22:38seraient plus impliqués,
22:40et moi en particulier
22:41avec les maires d'arrondissement,
22:43pour discuter
22:44des parcours de manifs...
22:45Vous soutenez les parcours
22:46de manifs à l'extérieur
22:47de la ville,
22:48en périphérie,
22:48comme ça a été le cas
22:49de la dernière semaine ?
22:50Je ne les soutiens pas.
22:51D'abord,
22:51ce n'est pas mon rôle.
22:52Je rappelle que la règle,
22:53c'est que ce sont
22:54les organisations syndicales
22:55qui choisissent leur lieu.
22:58Mais la réalité,
23:00je vais vous la donner,
23:01moi,
23:01parce que je la connais,
23:01j'y habite,
23:02c'est qu'il y a
23:04une histoire sociale
23:05dans notre pays.
23:05Et une histoire sociale
23:06et une histoire de mobilisation
23:08qui est très concentrée
23:09sur un triangle
23:10qui est République-Bastine-Nation.
23:11Pour Paris,
23:12oui,
23:12en effet.
23:12En vrai,
23:12les organisations,
23:13on me dit,
23:13pourquoi les manifs
23:14ne sont pas organisées
23:15porte-d'auteuil ?
23:16Réponse,
23:16parce que les organisations
23:17ne veulent pas organiser
23:18les manifs porte-d'auteuil.
23:19Mais aussi,
23:20parce qu'il y a eu une tendance
23:22à regrouper tout
23:23au même endroit.
23:24Moi,
23:24qui habite à République,
23:26juste à côté,
23:28il y a quatre manifs par jour
23:29à République,
23:29toutes les manifs sont...
23:30Donc,
23:31il y a eu une tendance aussi
23:32à dire non partout ailleurs
23:33pour concentrer
23:34dans les mêmes endroits.
23:35Et ça ne vous choque pas
23:36plus que ça
23:37qu'on demande,
23:38vu ce qui s'est passé
23:39ces dernières semaines,
23:40que les cortèges
23:41évitent les centres-mêmes.
23:41Moi,
23:42je pense que si on arrive
23:43à trouver un point d'équilibre
23:44qui est celui d'avoir
23:45des manifestations spectaculaires
23:46et j'ai trouvé
23:47que la manifestation d'hier
23:49était une très belle manifestation,
23:50mais celle du samedi d'avant,
23:52qui est la première
23:52qui a été organisée
23:53là entre Port d'Italie
23:54et Port de Vincennes,
23:55elle était spectaculaire
23:57sur le plan des images,
23:58etc.
23:59Si on arrive à allier
24:00la liberté de manifester
24:02en sécurité
24:03et en même temps
24:04préserver certains quartiers
24:05qui sont tout le temps
24:06soumis à ces pressions,
24:08à ces pressions,
24:09je pense au commerce,
24:11mais je pense aussi
24:11aux riverains,
24:12etc.
24:13Personnes à mobilité réduite
24:14qui sont toujours,
24:15il y a des secteurs
24:16qui sont embolisés
24:17pendant extrêmement longtemps,
24:18mais moi,
24:19en tout cas,
24:19je veux dire,
24:20je suis attaché au fait
24:21que les manifestations,
24:23c'est un droit constitutionnel
24:24et que ce sont les organisateurs
24:26qui doivent prioritairement
24:27choisir leur lieu
24:27de manifestation
24:28et peut-être que
24:29plutôt que de se faire
24:30des trucs en TA,
24:32conseil d'État
24:32dans la nuit,
24:33parce que j'ai vu là
24:33dans une stratégie.
24:34Voilà,
24:35ça aussi,
24:35c'est une conséquence opérationnelle
24:38que chacun doit mesurer.
24:39Moi, derrière,
24:40je dois mettre en œuvre
24:41des mesures de prévention.
24:42Soit on dit
24:43on arrête tout
24:43et on ferme Paris
24:44complètement pendant
24:45X mois
24:46et donc on interdit
24:47la vie sociale.
24:48Enfin,
24:48c'est insoutenable
24:49pour l'économie du pays,
24:50ce n'est pas seulement
24:51pour l'économie de Paris,
24:52c'est pour l'économie du pays
24:53que ce sera insoutenable.
24:55Et du coup,
24:56quand on a les choix
24:57trop tardivement,
24:58comment voulez-vous
24:58que moi,
24:59je fasse correctement
24:59mon boulot derrière
25:00en matière de mesures préventives
25:02pour retirer les trucs,
25:03les mises en sécurité ?
25:04Là,
25:05ce qu'on a eu,
25:05c'est que le 17 octobre,
25:08le choix de la manifestation
25:09n'a été pris
25:09que le vendredi après-midi.
25:11Alors,
25:12on a bossé comme des dingues
25:14pour que le lendemain,
25:15ce qui fait que sur le trajet,
25:16ça s'est plutôt bien passé
25:16sur le trajet de la manif,
25:17mais la semaine d'après,
25:19rebelote.
25:19Là,
25:20saisine du Conseil d'État
25:21avec décision à 4h du matin,
25:23ce n'est pas une paille.
25:25La différence,
25:25c'est que vous avez
25:26un secteur
25:26Porte-de-Bagnolet,
25:28Maréchaux
25:28jusqu'à Porte-de-Charenton
25:29et l'autre secteur,
25:30c'était Bastille Nation,
25:32République Nation,
25:32ça aurait pu être discuté.
25:34Donc moi,
25:34je pense que l'une des bonnes mesures,
25:36ce serait au moins
25:36de prévoir les trajets
25:37plusieurs jours avant,
25:39en concertation
25:41des maires,
25:42des autorités de police
25:43et des organisateurs,
25:45pour que d'ailleurs,
25:46on puisse ranger les choses
25:47et faire en sorte
25:48que ça se passe
25:48du mieux possible.
25:49Vous parliez il y a quelques instants
25:50des violences commises
25:51contre les forces de l'ordre
25:52et notamment de ce gendarme mobile
25:54qui hier a été visé à Paris,
25:56pas très loin du cortège
25:57par un cocktail Molotov
25:58qui s'en est sorti heureusement
25:59avec une blessure assez légère
26:01grâce à son équipement.
26:03Il y a une enquête aujourd'hui
26:03qui a été ouverte
26:04pour tentative d'homicide.
26:06Est-ce qu'il y a une haine
26:07aujourd'hui chez certains
26:08contre les forces de l'ordre ?
26:10D'abord,
26:11oui.
26:11Je le pense évident
26:13de la part d'un certain nombre
26:14d'individus
26:14qui viennent pour faire mal
26:16quand vous jetez un cocktail Molotov
26:17sur quelqu'un.
26:19Vous ne pouvez pas vous dire
26:20c'est pour rigoler, etc.
26:23Donc il y a le cas
26:25de la violence manifeste
26:26de la part d'un certain nombre
26:28d'individus contre la police
26:29mais qui est une forme
26:31de violence physique
26:32qui traduit une violence
26:33sur une confrontation institutionnelle.
26:34Ils veulent casser du flic,
26:36pardon de le dire ainsi,
26:37mais c'est ça.
26:38Après, il y a le sujet différent.
26:39Est-ce que vous mettez
26:40sur le même plan
26:42cette affiche qu'on voit
26:43beaucoup dans les cortèges
26:44aujourd'hui,
26:45Aqab,
26:46All Cops are Bastards,
26:47tous les policiers,
26:48tous les flics sont des bâtards,
26:50je traduis littéralement,
26:51est-ce que vous considérez
26:52que ces mots-là
26:53mènent à cette violence-là
26:55ou est-ce que vous dites
26:56comme Jean-Luc Mélenchon
26:56c'est de la liberté d'expression ?
26:58Non, je ne suis pas à l'aise
27:00du tout évidemment
27:01avec ce que dit
27:01Jean-Luc Mélenchon
27:02là-dessus
27:03parce que j'entends
27:05sa petite musique
27:05sur le folklore de gauche
27:07et dans l'histoire.
27:08Didi Brassens a dit
27:09des choses bien pires.
27:10Oui, là-dessus factuellement
27:12il a raison,
27:12il va dire
27:13prenez des chanteurs
27:14dans le folklore de gauche.
27:16Le Renaud,
27:16le Renaud d'avant,
27:17pas celui qui embrasse
27:18les flics.
27:19Je l'aime beaucoup
27:20mais comme quoi
27:22on peut faire
27:23plein de choses paradoxales
27:24et je me rappelle,
27:25je connais des gens
27:26qui sont très durs
27:26contre la police
27:27et en même temps
27:27qui étaient très en soutien
27:28de la police
27:29au moment des attentats,
27:30etc.
27:31Il y a une partie
27:32de la jeunesse
27:32et honnêtement
27:33entre nous
27:34ça a été mon cas
27:34quand j'étais jeune.
27:36Vous avez dit
27:36des slogans
27:37contre les policiers ?
27:38Non, jamais.
27:38Je n'ai jamais dit ça
27:40parce que d'abord
27:41j'essaie de faire
27:41un truc qui est simple
27:42c'est que je me projette
27:43dans la tête de celui
27:43qui est en face de moi
27:44y compris quand c'est
27:45un adversaire
27:46et je me dis
27:46que c'est un humain,
27:47je me dis que c'est
27:48un père, une mère,
27:49un frère, une soeur,
27:50peu importe
27:51et j'ai beau avoir
27:52de grandes différences
27:53avec lui,
27:53rien ne justifie
27:54l'insulte
27:55et encore moins
27:56la menace physique
27:57mais en gros
27:57il y a cette partie
27:58de folklore
27:59de la gauche
27:59etc.
27:59Ce n'est pas ma cam,
28:00ce n'est pas ma tasse de thé
28:01je ne dis pas ça
28:02et je ne dirai pas ça
28:04mais en même temps
28:06il faut prendre conscience
28:07que dans la violence verbale
28:09il y a quelque chose
28:10qui initie aussi
28:11de la violence physique
28:11dans la dureté
28:13et c'est la raison
28:13pour laquelle
28:14je vais inverser
28:14votre propos
28:15dans lequel
28:16le ministère de l'Intérieur
28:18devrait montrer
28:19une exigence
28:20beaucoup plus forte
28:21sur la question
28:21des violences policières
28:22Des enquêtes IGPN
28:23ont été ouvertes
28:24Oui, enfin pardon
28:25Très nombreuses
28:26On fera le bilan
28:27à la fin
28:27de combien aboutissent
28:28parce que
28:29d'accord
28:29le sujet
28:30c'est des enquêtes
28:31il y en a
28:31je ne sais pas
28:32d'abord
28:32je n'en sais rien
28:33combien il y en a
28:33plus d'une trentaine
28:34Non mais je lis le journal
28:35comme vous
28:35qu'est-ce qu'on en sait
28:36moi je n'en sais rien
28:37donc il faudrait
28:38à la fin
28:38aller vérifier
28:39combien ont été
28:40formellement engagés
28:41combien ont été
28:43je vais vous donner
28:43mon sentiment
28:44mais on verra
28:45ce que je veux dire
28:47à la fin
28:48on verra l'aboutissement
28:49je vous le dis
28:50comme je le pense
28:51je crois que le ministère
28:53de l'Intérieur
28:53ce n'est pas une personne
28:54c'est l'institution
28:55devrait être
28:56beaucoup plus exigeant
28:58sur la question
28:59des violences policières
29:00vous voulez dire
29:01que tous les policiers
29:01sont violents
29:02Non
29:02Je ne crois pas
29:03ce qu'on a dit
29:03Vous allez cédir jusqu'au bout
29:05Ce que je veux souligner
29:07par là
29:08Marc
29:09vous le savez
29:09il y a dans le débat public
29:10une injonction permanente
29:12à choisir son camp
29:12comme si
29:14vouloir
29:14comme je le fais
29:15défendre les policiers
29:16signifierait être indulgent
29:18avec les violences policières
29:19ou à l'inverse
29:20comme si
29:20comme je le fais
29:21je soutiens le mouvement social
29:23consisterait
29:24à en excuser
29:25les dérives
29:26ou les excès
29:27La réponse est non aux deux
29:28et je ne me tombe pas
29:29dans ce piège là
29:30Je suis très ferme
29:31La France insoumise
29:32est émiplégique sur ce sujet là
29:33ou le Rassaut national
29:34de qui parlez-vous ?
29:35La France insoumise peut parfois
29:36s'y laisser piéger
29:36L'extrême droite
29:38le fait pareil
29:39et pour vous le dire
29:40en étant maire
29:41d'un conseil de Paris
29:42quand j'entends les débats
29:43au conseil de Paris
29:44sur ces sujets là
29:46je trouve
29:46qu'il y a une dérive
29:47de posture
29:48qui consiste à
29:50se ranger dans un camp
29:51en oubliant
29:53tout sens de la nuance
29:54Moi je soutiens
29:55les mobilisations
29:56des manifs
29:56j'en ai fait
29:57des manifs
29:58où je me suis fait
29:59bousculer par la police
30:00j'en ai fait un paquet
30:00j'ai arrêté depuis longtemps
30:01maintenant
30:02mais je l'ai fait longtemps
30:03et on est beaucoup
30:04dans ce cas là
30:05on a d'autres armes
30:06que la manif pourrait y arriver
30:07et deuxième chose
30:10je suis intransigeant
30:11mais aussi
30:12avec le respect
30:13de l'institution
30:14avec le respect
30:14des forces de l'ordre
30:15on a besoin d'eux
30:17il n'y a pas de république forte
30:18sans des autorités
30:19de tranquillité publique
30:20et de sécurité publique forte
30:21et donc je veux tenir
30:23cet équilibre là
30:24et donc je dis
30:25aux manifestants
30:26qui sont sincères
30:28et je me mets dedans
30:30soyons intransigeants
30:30vis-à-vis des casseurs
30:31et je dis au ministère
30:33de l'intérieur
30:33soyez intransigeants
30:35avec les violences
30:35dans lesquelles
30:36je mets deux exemples
30:37la complicité
30:38d'un certain nombre
30:38de forces de l'ordre
30:39avec des mouvements
30:40et des groupuscules
30:41d'extrême droite
30:42qui est documenté
30:43qui est documenté
30:44parler de complicité
30:45il certain
30:45oui oui pardon
30:47de ce que j'ai observé
30:48encore une fois
30:49il faut les vérifier
30:49faire des enquêtes
30:50de ce qu'on a observé
30:51dans certaines villes
30:52c'est pas le cas à Paris
30:53de deux poids
30:53de deux mesures
30:54c'est-à-dire
30:54de policiers
30:55il faut être intransigeants
30:56avec tout le monde
30:57si on veut que
30:58entre guillemets
30:59l'ordre tienne
31:01si on veut que
31:01la concorde républicaine
31:03tienne
31:03il faut être intransigeant
31:05avec les excès
31:06et les dérives
31:07d'où qu'elles viennent
31:08et pas seulement
31:09celles qui sont générées
31:10seulement par ses opposants
31:11il faut qu'on avance
31:11Emmanuel Grégoire
31:12évoquait aussi
31:13vous l'avez dit
31:14les conséquences économiques
31:16parfois insoutenables
31:17il y a ces commerçants
31:18il y a ces pillages
31:19très nombreux
31:203000 commerces
31:21sur toute la France
31:21un peu plus de quoi
31:221500 sur la capitale
31:24les conséquences
31:25et des images aussi
31:27qui vont rester
31:28j'aimerais
31:29et on aimerait
31:30vous soumettre
31:30cette vidéo
31:31fabriquée en intelligence
31:32artificielle
31:33qui a circulé
31:34sur tous les réseaux
31:35d'une certaine image
31:37de ce qu'est la capitale
31:38aujourd'hui
31:38regardez
31:39et on en parle ensuite
32:04ces images encore une fois
32:05fabriquées en totale
32:07d'intelligence artificielle
32:08au lendemain
32:09de ce week-end de violence
32:10à Paris
32:10ça vous fait sourire
32:12vous vous dites
32:12ça va quand même
32:13laisser des traces
32:15indélébiles
32:15d'abord je ne les aurais
32:16pas diffusées
32:17moi si j'avais
32:18cette responsabilité
32:19parce qu'en fait
32:20vous relayez
32:21d'une certaine manière
32:22une image
32:22avec toutes les prudences
32:23d'usage
32:23encore une fois
32:24d'accord
32:25mais d'accord
32:26ça montre la puissance
32:27de l'image
32:28ça montre la puissance
32:29de l'image
32:30ce sont des vidéos
32:31et ça c'est un des aspects
32:33que la commission
32:33dans laquelle j'espère
32:34abordera
32:35sur lequel je n'ai pas
32:36par définition
32:37pas d'information
32:38il y a incontestablement
32:40des mesures
32:40de déstabilisation
32:42extérieure
32:42qui viennent nourrir
32:43tout ça
32:44dans l'algorithmie
32:46dans l'algorithmie
32:48dans les vidéos
32:49je l'avais
32:50effectivement vu
32:51celle-ci
32:52et je vais vous dire
32:53déconnectée
32:54de ce que j'ai vécu
32:55elle aurait pu me faire sourire
32:56vu ce que j'ai vécu
32:57elle ne me fait pas sourire
32:58du tout
32:58d'abord parce qu'elle est injuste
33:00elle est injuste
33:01rien dans ce qu'on a vu
33:02dans ces images-là
33:03ne reflète la réalité
33:04il y a une différence
33:05entre faire un gros plan
33:06sur un commerce qui brûle
33:08les commerces qui brûlent
33:09à Paris
33:09on n'a pas eu tant que ça
33:10le 17 octobre
33:11il y a un bar
33:12que je connais très bien
33:14dans le 10e arrondissement
33:15et je pense
33:16à ses propriétaires
33:18qui ont beaucoup souffert
33:19parce que non seulement
33:19ils se sont fait brûler leur bar
33:20mais en plus
33:20ils se sont fait casser la figure
33:23il y a eu
33:23d'autres tentatives
33:25que j'évoquais
33:25mais grâce à nos pompiers
33:27extraordinaires
33:28ils ont pu
33:29à chaque fois intervenir
33:31mais il y a un effet
33:32amplificateur
33:33et ce n'est pas anodin
33:34cette vidéo-là
33:35elle a un écho
33:37avec ceux qui s'en saisissent
33:39au nom d'un combat politique
33:41et dans lequel je mets
33:42à la fois
33:43l'extrême droite française
33:45dans lequel je mets
33:46l'extrême droite
33:47ou le champ
33:48de l'extrême droite internationale
33:50ce n'est pas anodin
33:51que Donald Trump
33:52ait à ce point
33:52repris le truc
33:53il l'a repris
33:54parce que c'est un élément
33:55narratif
33:56dans sa propre campagne électorale
33:58pour expliquer que si les américains
34:00avaient la mauvaise idée
34:01de voter démocrate
34:02et bien les Etats-Unis
34:03ressembleraient à cela
34:04d'une forte ingérence
34:05de votre point de vue
34:06bien sûr
34:06on le sait
34:08notamment en utilisant
34:09de l'algorithmie
34:10et probablement
34:11du sponsoring
34:12et de la manipulation
34:14de comptes
34:14de réseaux sociaux
34:15pour pousser ces contenus
34:17d'abord dire
34:18que ce n'est pas
34:18à l'image du pays
34:19et peut-être vous dire
34:21là-dessus
34:21ça me préoccupe
34:22évidemment beaucoup
34:22la conséquence économique
34:24je veux le dire
34:25d'abord
34:25y compris aux irresponsables
34:27qui provoquent ça
34:28brûlé
34:29ça ne touche pas
34:30le grand capital mondial
34:31ce n'est pas le grand capital
34:32international
34:32qui a été déstabilisé
34:33le 17 octobre
34:34ce sont des petits commerçants
34:36ce sont des salariés modestes
34:38qui gueulent le SMIC
34:39ou à peine plus que le SMIC
34:40pour l'immense majorité
34:41d'entre eux
34:42et qui se sont retrouvés
34:43au chômage technique
34:43ce sont des gens
34:45qui avaient mis
34:45toutes leurs petites économies
34:47vous avez les grandes franchises
34:48on fera la bonne
34:50oui d'accord
34:50d'abord généralement
34:51derrière ces franchises
34:52il y a un franchisé
34:53et franchisé
34:54vous avez une idée
34:54aujourd'hui
34:55trois semaines après
34:56du montant global
34:57des dégâts
34:57on a vu circuler des chiffres
34:59on parle de plusieurs centaines
35:00de millions d'euros
35:01et ce chiffre
35:02ne m'étonnerait pas
35:03ce chiffre ne m'étonnerait pas
35:05et est-ce que vous avez
35:05des indications
35:06sur une éventuelle baisse
35:07de la fréquentation touristique
35:08déjà de premier indicateur
35:09on a une première indication
35:10qui n'est pas très bonne
35:11il y a eu immédiatement
35:13des annulations
35:14qui ont suivi
35:14c'est pas dramatique
35:16c'est difficile de la chiffrer
35:17mais les américains
35:20étant assez sensibles
35:20à ce genre d'enjeux
35:21et en plus Paris
35:22c'est un petit week-end bonbon
35:24comme on dit
35:24on vient pour passer
35:26un grand week-end
35:27deux, trois, quatre, cinq jours
35:28donc c'est assez facile
35:29à annuler
35:29ce qui n'est pas très grave
35:30c'est que c'est facile
35:31de le reprogrammer
35:32mais il ne faut pas
35:33que ça dure trop longtemps
35:34et je le dis
35:35ça ne déstabilise pas
35:37l'ordre établi
35:37ce qui s'est passé
35:38le 17 octobre
35:39ça déstabilise d'abord
35:40des milliers et des milliers
35:42de salariés modestes
35:43de petits commerçants
35:44qui ne demandaient pas grand chose
35:45si ce n'est à faire leur boulot
35:46comment vous faites revenir
35:48les touristes après ça
35:49est-ce que vous leur dites
35:50ce soir
35:50profitant de cette interview
35:52sur le Figaro
35:53et sur BFM TV
35:54revenez
35:55soyez sûrs
35:56que tout va bien se passer
35:57les violences c'est fini
35:58je vais vous dire
35:58ils viennent beaucoup
35:59tout le paradoxe de Paris
36:01et peut-être
36:02c'est le paradoxe
36:03que vous voulez souligner
36:04de façon humoristique
36:07cette vidéo
36:07c'est que notre pays
36:09est coutumier
36:09de cette image
36:11de mouvements sociaux
36:12éruptifs
36:12peut-être pas à ce point-là
36:13deuxième chose
36:14deuxième chose
36:15vous avez observé
36:16que ce n'est pas parisien
36:17comme phénomène
36:18ce phénomène
36:19de ras-le-bol
36:20contre la cherté de la vie
36:21la crise du pouvoir d'achat
36:22la crise de valeur
36:24la question des angoisses
36:25sur l'avenir
36:26qui saisit la jeunesse
36:27qui saisit tout le monde
36:29et qui est bien légitime
36:30et auquel je pense
36:30qu'on devrait avoir
36:31tous l'obsession
36:32de répondre
36:33je parle de la classe politique
36:35ça s'est vu à Milan
36:37j'ai parlé beaucoup
36:37avec mes homologues
36:38à Rome
36:38à Milan
36:39mais plus rare
36:40à six mois
36:40d'une élection présidentielle
36:41ça c'est le diagnostic
36:42du président de la république
36:43qui dit
36:43il n'est pas normal
36:45que le pays
36:46soit dans cet état
36:47d'ébullition
36:47à six mois
36:48de l'élection suprême
36:49est-ce que c'est un
36:50six mois de la fin
36:50de son mandat
36:51pardon d'être un peu
36:52oui
36:52ça peut
36:54les deux coïnciment
36:54peut-être
36:55je voudrais insister là-dessus
36:56parce que c'est
36:57ce que je veux vous dire
36:58sur cette analyse-là
36:58oui
36:59non
36:59oui on a un climat
37:01irrespirable
37:02de fin de mandat
37:03je le dis
37:03tout le monde le sait
37:04on ne parle que de ça
37:05les uns les autres
37:05entre journalistes
37:06personnalités politiques
37:07de tous bords d'ailleurs
37:08il y a un climat
37:09irrespirable
37:10et on se dit
37:10ça ne pourra pas tenir
37:12comme ça
37:13jusqu'à la prochaine
37:14échéance électorale
37:16mais vous entendez quoi
37:18je sous-entends
37:19qu'on peut être parti
37:20pour des semaines
37:22de mobilisation sociale
37:23moi je vous donne
37:24mon avis
37:25je connais bien ma ville
37:26demain matin
37:27c'est reparti
37:28demain matin
37:29c'est reparti
37:30dans les lycées parisiens
37:31de nouveaux blocus
37:31ailleurs je ne sais pas
37:32Emmanuel Macron a dit
37:34pourtant que la jeunesse
37:35a été entendue
37:35il fait référence
37:36aux réponses aux revendications
37:38il dit ça doit se calmer
37:39c'est votre analyse
37:40alors pardon
37:40je ne parlerai pas comme ça
37:41à la jeunesse
37:42en tout cas je ne parle pas
37:43comme ça à mes enfants
37:45la première chose
37:45c'est que quand il y a
37:46une mobilisation sociale
37:48il y a des demandes
37:48il y a des revendications
37:49on ne peut sans doute
37:50pas céder à tout
37:50mais les manifestants
37:52ont le droit d'estimer
37:52qu'on n'a pas obtenu assez
37:54mais en même temps
37:54vous dites qu'ils font
37:55que ça ne peut pas
37:56continuer comme ça
37:57non mais le problème
37:58qu'a le gouvernement
37:59il est simple
37:59c'est qu'il y a
38:01une coagulation
38:02de mouvements sociaux
38:02qui n'ont pas forcément
38:04exactement les mêmes causes
38:05ou en tout cas
38:06les mêmes façons de sortir
38:07de la crise
38:08quand je pense évidemment
38:08à la crise agricole
38:09qui est gravissime
38:11et notre pays
38:11a un devoir de solidarité
38:13avec les agriculteurs du pays
38:14quand je pense
38:15à la crise de tous ceux
38:16qui économiquement
38:17dépendent beaucoup
38:19de l'essence
38:20et donc
38:20d'activité de logistique
38:22activité à fort déplacement
38:23etc
38:24sur la question
38:25de l'augmentation
38:26des prix des hydrocarbures
38:27etc
38:28je pense à la jeunesse
38:29sur la question
38:30de parcours sub
38:30des moyens dans les lycées
38:31les lycéens doivent retourner
38:32en cours demain
38:34c'est la rentrée
38:36je vous pose la question
38:37différemment
38:37vous lycéens
38:39est-ce que vous retourneriez
38:40en cours demain
38:40est-ce qu'il manque
38:41moi je vais vous dire
38:42moi lycéens
38:43tel que je me connais
38:44quand j'avais cet âge là
38:45non
38:46vous continueriez
38:47à bloquer votre lycée
38:48mais oui j'aurais bloqué
38:49parce que
38:50le maire social
38:51l'homme de gauche
38:51que vous êtes
38:52encore une fois
38:52on parle de la campagne
38:53présidentielle
38:54on parle du rassemblement
38:55du 5 novembre prochain
38:56à l'appel de nombreux
38:57sadicats
38:57et finalement
38:58peut-être une succession
39:00de manifestations
39:01jusqu'au mois d'avril prochain
39:03l'homme de gauche
39:04qui est face à nous ce soir
39:06souhaite
39:07que ces manifestations
39:08se continuent
39:11se perdurent dans le temps
39:12comme lycéen
39:13j'aurais bloqué mon lycée
39:13mais comme responsable politique
39:15ça ne peut pas durer
39:16il faut qu'il y ait
39:18une réponse politique
39:18mais pardonnez-moi
39:19je voudrais quand même
39:20soulever deux questions
39:21et une reprise des cours demain
39:22pour être très précis
39:23sur ce point là
39:23vous appelez les lycéens parisiens
39:25non
39:25je n'ai pas de conseils
39:27à leur donner
39:27c'est ridicule
39:28si je leur dis
39:28vous êtes maire de Paris
39:30je ne vais pas
39:32ni leur demander
39:33de reprendre les cours
39:33ni leur demander
39:34de ne pas reprendre les cours
39:35d'abord
39:35je vais vous dire un truc
39:36je pense qu'ils ne m'écoutent pas
39:38ils se moquent un peu
39:39de savoir ce que je vais dire là
39:39moi ce que je veux dire
39:41c'est comment je pense
39:42qu'on peut sortir de la crise
39:43c'est plutôt ça
39:44qui est important
39:44et ça ne concerne pas
39:45que les lycéens
39:45ça concerne aussi
39:46les enseignants
39:47la demande de pouvoir d'achat
39:48les salariés modestes
39:49la question de l'augmentation
39:50du SMIC
39:51la question du soutien
39:53d'abord
39:53il faut que le gouvernement
39:54clarifie une chose
39:55qui est fondamentale
39:56elle est un peu technique
39:56mais c'est important
39:57parce que c'est dans le flou total
39:59nous avons un budget
40:01initial
40:02là
40:02l'Assemblée
40:03vous connaissez ça
40:04moi j'étais deux ans député
40:06donc j'ai fait ça deux ans
40:07c'est horrible
40:08ça ne sert à rien
40:09passer des centaines d'heures
40:09en séance
40:10pourquoi ?
40:10parce que soit un budget
40:11il est adopté
40:12soit il part en 149.3
40:14soit il y a la voie
40:15des ordonnances
40:15votre intuition ?
40:16mon intuition
40:17c'est qu'il faut aller
40:18aux ordonnances
40:18pourquoi ?
40:19parce que le 49.3
40:20c'est organiser
40:21une succession
40:22de motions de censure
40:23qui ne fera pas avancer
40:24le schmilbic
40:26et qui au contraire
40:27je pense
40:27renforcement
40:28aura la crise
40:29sans offrir de perspective
40:31le gouvernement
40:32a une copie initiale
40:32du budget
40:33qui est totalement inacceptable
40:34il ne fait pas de doute
40:35là-dessus
40:35et en fait
40:36il est coincé
40:37soit le budget est adopté
40:38soit il passe en 49.3
40:40sans que le gouvernement
40:41tombe par motion de censure
40:44mais ça veut dire
40:44qu'on a un truc horrible
40:45qui à l'évidence
40:46ne pourra satisfaire
40:47personne dans l'opinion publique
40:48donc je pense
40:49que le gouvernement
40:49doit faire un budget
40:51par ordonnance
40:52mais qu'il doit prendre
40:53maintenant
40:53l'engagement
40:54de faire
40:56soit une loi ordinaire
40:57portant diverses mesures
40:59pour compiler
41:00les réponses
41:01au mouvement social
41:02il doit le faire
41:03dans le dialogue
41:04avec l'ensemble
41:04des formations politiques
41:05qui composent
41:06l'Assemblée nationale
41:06soit
41:07de faire
41:08un projet de loi de finances
41:09rectificative
41:10qui viendrait
41:10immédiatement après
41:11pourquoi je dis
41:12peu importe le véhicule
41:13mais en gros
41:14il doit dire
41:15au mouvement social
41:17ce qu'il entend faire
41:19en prenant des mesures
41:21catégorielles
41:21en fonction de tous ceux
41:22qui ont des revendications
41:24urgentes
41:24en ce moment
41:25une mesure sur le SMIC
41:27qui peut passer
41:28par décret
41:29et puis
41:30je le pense
41:32dialoguer avec
41:32les forces politiques
41:33qui doivent ensuite
41:34voter cette loi ordinaire
41:36portant diverses mesures
41:37s'il ne fait pas ça
41:38pour l'instant
41:39on est dans un flou
41:40total
41:41les annonces
41:42qui sont faites
41:42sur les lycéens
41:43ou les lancéments supérieurs
41:45c'est de la poudre
41:46de parler
41:46pour reprendre une expression
41:48chère au président
41:48parce qu'on ne sait pas
41:49dans quel texte législatif
41:51ça prendra pas en forme
41:52il peut faire croire
41:53que c'est dans des amendements
41:54budgétaires
41:54mais ce budget
41:55n'ira pas au bout
41:55de toute façon
41:56et ce flou
41:57les organisations syndicales
41:58elles en sont parfaitement informées
42:00toutes les grandes confédérations
42:02ou organisations professionnelles
42:03elles savent parfaitement de ça
42:04il faut clarifier le véhicule
42:05et clarifier ce qu'on veut dire
42:06Marie Chantret
42:07le temps file
42:08sur un tout autre sujet
42:09mais qui a aussi profondément
42:10marqué le pays
42:11la semaine dernière
42:12à Trapp
42:13un homme
42:14a été tué
42:15un attentat terroriste
42:17raciste
42:17vous étiez à ce rassemblement
42:19ce vendredi soir
42:20une semaine après
42:21donc ce drame
42:22la droite
42:24Valérie Pécresse
42:25ou encore Edouard Philippe
42:26étaient eux
42:26à la verrière
42:27vous vous étiez avec
42:28Marine Tondelier
42:30Olivier Faure je crois
42:31Jean-Luc Mélenchon
42:31était également présent
42:32ça veut dire que
42:33sur ces sujets là
42:34aujourd'hui
42:35l'union nationale
42:36est absolument impossible
42:38oui et je vous le dis
42:40c'est triste
42:40effectivement j'étais attrapé
42:42je vous assure
42:42je ne suis pas passé
42:43à autre chose
42:43ce qui s'est passé
42:44est un traumatisme
42:45pour le pays
42:47qui est profond
42:48qui est profond
42:48l'idée que
42:49en raison de supposer
42:51haine contre des races
42:53déjà le concept en soi
42:54mériterait une émission entière
42:56on puisse avoir des gens
42:57qui fauchent la vie
42:59à la mitraillette
43:00et c'est absolument
43:02insupportable
43:03les crimes racistes
43:04les crimes antisémites
43:05me sont tout autant
43:06insupportables
43:07et c'est vrai que
43:08j'ai été surpris
43:09et je l'ai regretté
43:11qu'il n'y ait pas
43:12eu de représentants
43:13de droite
43:14je le cite
43:15je le dis quand même
43:16des conseillers de Paris
43:18de centre droit
43:20de Paris
43:21notamment
43:22Abdoulaye Kanté
43:26et j'étais très surpris
43:28qu'il ne soit pas là
43:28et le policier
43:30d'une certaine manière
43:31je vais en relayer
43:32une autre chose
43:33qui m'a troublé
43:33dans la semaine
43:34j'étais moi-même
43:35à un premier rassemblement
43:36le lundi
43:37à Paris
43:37à l'appel
43:38d'associations antiracistes
43:39à l'appel
43:40SS raciste
43:41du MRAP
43:41où vous avez essuyé
43:42c'était plutôt
43:43pour simplifier
43:44un rassemblement de gauche
43:45où vous avez essuyé
43:46vous des sifflets
43:47qui vous a sifflé ?
43:49mais les mêmes
43:49qui crient
43:50tout le monde déteste
43:51la police
43:51ont crié
43:52tout le monde déteste
43:53le PS
43:53il y avait une partie
43:54de LFI
43:55puisque j'ai bien
43:56identifié un certain
43:56nombre d'entre eux
43:57j'ai cru comprendre
43:58d'ailleurs que LFI
43:59s'était désolidarisé
44:00de cela
44:01parce que vraiment
44:02je n'ai pas beaucoup
44:04pourquoi est-ce que LFI
44:05vous sifflent
44:06à un rassemblement
44:06contre le racisme
44:07et vous leur dites quoi ?
44:08je pense qu'il y a deux raisons
44:09et elles sont
44:10toutes les deux mauvaises
44:11la première
44:11c'est que
44:14l'EPS
44:15leur apparaît
44:16comme une forme
44:17d'ultime obstacle
44:19à leur stratégie
44:20d'hégémonie à gauche
44:21pour un certain
44:21nombre d'entre eux
44:22je le dis
44:23avec un petit sourire amère
44:25parce que
44:25beaucoup de ceux
44:26qui sont les cadres
44:27de LFI
44:28ont été plus longtemps
44:29adhérents du parti
44:29socialiste que moi
44:30mais c'est une autre histoire
44:32et la deuxième
44:33raison
44:34c'est le fait
44:36de ne pas pouvoir
44:36s'abstraire
44:37de ces médiocres
44:38intérêts particuliers
44:39dans des moments historiques
44:40qui le nécessiteraient
44:41et là en l'occurrence
44:43ce qui s'est passé
44:44à Trappes
44:44est un drame
44:45et je veux saluer
44:46le maire de Trappes
44:47à l'Irabé
44:47qui a fait un très beau discours
44:48un discours républicain
44:49un discours que je considère
44:51courageux
44:51parce que justement
44:52il ne cédait pas
44:53à la facibilité
44:54de la confrontation
44:55ou
44:57de la haine de l'autre
44:59dénonçant
44:59des paroles racistes
45:00dénonçant
45:01le rassemblement national
45:02et un maire assoumis
45:03Bali Bagayoko
45:04qui dénonce
45:06une normalisation
45:07je le cite
45:07du racisme
45:08et qui veut
45:09interdire le RN
45:10dans les médias
45:11est-ce que vous considérez
45:13que c'est une atteinte
45:13à la liberté d'expression ?
45:14je partage les mots
45:15de Bali Bagayoko
45:15sur le fait
45:16qu'il y a un problème
45:17systémique
45:17avec le racisme
45:18dans notre pays
45:19et je vais vous dire
45:21un message de vérité
45:22parce que c'est celui
45:23que je ressens
45:23tous les jours
45:24c'est un racisme
45:27qui est d'origine
45:28parfois culturelle
45:29mais c'est un racisme
45:30économique
45:31je veux dire
45:31c'est un racisme
45:32aujourd'hui
45:33il y a des classes
45:33de petits blancs
45:34il y a des classes
45:34de petits noirs
45:35il y a des métiers
45:36qui sont quasiment
45:36tous racisés
45:38etc
45:39non je veux dire
45:40il faut qu'on se regarde
45:41dans le miroir
45:41et notre miroir
45:43n'est pas beau
45:44ce n'est pas le péché
45:45original de la gauche
45:45peut-être aussi
45:46non mais si
45:47alors que la gauche
45:47des responsabilités
45:48là-dedans
45:49c'est sûr
45:49notamment parce que
45:50la gauche a toujours
45:50plaidé que c'était
45:51la question sociale
45:52et les politiques sociales
45:54qui permettraient
45:54de lutter contre
45:55la discrimination
45:56contre l'assignation
45:57à résidence
45:58ça ne suffit pas
45:59ça ne suffit pas
46:00pardon vous n'avez pas répondu
46:00sur l'interdiction du RN
46:01dans les médias
46:02non je ne suis pas favorable
46:03c'est la partie
46:04que j'avais une nuance
46:05avec Bali Bagayoko
46:06je ne suis pas pour interdire
46:07tout simplement
46:08moi je veux vous dire
46:08y compris
46:10on va tout faire
46:11contre cela
46:12mais dans la perspective
46:13malheureuse
46:13où l'extrême droite
46:14gagnerait le pays
46:15il ne faut jamais
46:16que les démocrates
46:17mobilisent des outils
46:18qui pourraient être
46:19mis en place
46:19à leur défaveur
46:20lorsqu'ils sont dans l'opposition
46:22on n'interdit pas les gens
46:23parce qu'on ne les aime pas
46:24parce que sinon un jour
46:25il y a des gens
46:25qui vont t'interdire
46:26parce qu'ils ne t'aiment pas
46:27et donc les démocrates
46:28ils sont peut-être
46:29moins efficaces parfois
46:30mais parce qu'ils doivent
46:31utiliser plus de nuances
46:33et plus de gravité
46:35dans les outils
46:35qui sont à disposition
46:36c'est la raison
46:36ça rejoint le sujet
46:37des manifs
46:38pour lesquels il faut
46:39gagner tous les outils
46:40avec subtilité
46:43nuance
46:44et entre guillemets
46:46intelligence
46:46il nous reste trois minutes
46:47Emmanuel Grégoire
46:48votre famille politique
46:49s'est choisi un candidat
46:50d'une primaire
46:50c'est Raphaël Glucksmann
46:51est-ce que vous avez voté pour lui ?
46:53j'ai voté à la primaire
46:54mais je n'ai pas rendu plus
46:55je n'ai pas compris
46:56vous posez les questions
46:57que vous souhaitez
46:58et j'ai la liberté
46:58de répondre de la façon
47:00dont je souhaite
47:00vous le savez
47:01en fait pourquoi j'ai
47:02moi j'ai voté à la primaire
47:03évidemment
47:04mais je n'ai pas voulu
47:05rendre public mon vote
47:06pour deux raisons
47:07le premier
47:07c'est que
47:08je viens d'être élu
47:09maire de Paris
47:10en mars
47:11et j'ai qu'une obsession
47:12c'est de dire aux parisiennes
47:13aux parisiens
47:13que j'aime mon mandat
47:15que j'y passe 20 heures par jour
47:16et ne pas me laisser
47:18happer
47:18par les débats nationaux
47:20mais c'est votre temps
47:21parce que là
47:21je ne vote pas à la primaire
47:22ça vous évitez la question
47:24on a le droit
47:25il y a des journalistes
47:26j'ai sûrement
47:26il y a même des journalistes
47:28qui ont voté à la primaire
47:28ils ont le droit
47:29de ne pas le dire
47:30bien sûr que c'est mon candidat
47:31et la deuxième raison
47:32c'est votre candidat
47:34vous avez voté à la primaire
47:34donc vous avez voté pour lui
47:35et deuxième chose
47:38non non
47:38je ne me suis pas dit ça
47:39vous avez bien saisi la nuance
47:40j'essaie de traduire
47:41deuxième chose
47:42j'ai pensé que
47:44ma parole
47:44je ne suis pas sûr
47:45que les militants de gauche
47:46attendaient ma parole
47:46sur le choix à la primaire
47:47en revanche
47:48je sais qu'ils attendent
47:49que je m'engage aux côtés
47:50du candidat de ma famille
47:52et vous le ferez ?
47:52je le ferai totalement
47:53je le ferai totalement
47:54en soutien
47:56à Raphaël Glucksmann
47:58il ne finira pas
47:59comme Anne Hidalgo
48:00en 2022
48:001,75% des voix
48:02c'est le miracle
48:02de la démocratie
48:03c'est les électeurs
48:03qui en décideront
48:04pas moi
48:05et donc
48:06à nous d'être convaincants
48:07et on sait bien
48:08quel est le piège
48:09convaincants
48:09ou participer peut-être
48:11à une coalition plus large
48:12pense à Gabriel Attal
48:13qui propose une grande primaire
48:14je ferme la porte à ça
48:16je pose beaucoup de choses
48:16pour Gabriel Attal
48:17etc
48:17mais ce n'est pas ma famille politique
48:19ce n'est pas ce qu'on veut
48:20il y a suffisamment
48:21de confusion
48:22dans la vie politique
48:24pour qu'il y ait de la clarté
48:25dans les moments démocratiques
48:26essentiels
48:27donc je pense
48:28que ce serait une très mauvaise idée
48:29d'avoir une candidature commune
48:31avec le socle commun
48:32nous ne pensons pas
48:32la même chose
48:32ce qui n'interdit pas
48:34quand on sait
48:35que de toute façon
48:36personne n'est assez fort
48:37pour gouverner le monde
48:38tout seul
48:39de s'imposer après
48:40des négociations intelligentes
48:42mais de la même façon
48:43qu'il faudra sans doute le faire
48:46avec la gauche LFI
48:49écologiste
48:49communiste
48:50avec le bloc central
48:51parce que
48:52ce que je vois moi
48:53dans les sondages
48:53je vous le dis
48:54avec gravité
48:54m'inquiète beaucoup
48:55c'est que la seule force
48:56qui aujourd'hui
48:57a une puissance suffisante
49:00ou en tout cas
49:01bien plus importante
49:01que les autres
49:02c'est l'extrême droite
49:02donc les autres
49:03je pense qu'ils devraient être
49:04sérieux dans leur sincérité
49:06et dans leur façon
49:07de présenter leur programme
49:09les électeurs choisiront
49:10et après un peu d'intelligence
49:11pour protéger les sens
49:12une minute
49:12la dernière minute
49:13Emmanuel Grégoire
49:14pour le petit oral
49:14ce sont des questions
49:15et des réponses plus courtes
49:16elles ont intérêt à être courtes
49:17parce que sinon la minute
49:18va filer vite
49:18c'est Marie qui vous pose la première
49:19réponse courte également
49:21est-ce que vous avez
49:22Emmanuel Grégoire
49:22des nouvelles d'Anne Hidalgo
49:24est-ce que vous avez
49:25cherché à en avoir
49:26j'en ai
49:27elle va bien
49:27elle va bien
49:28est-ce que vous avez
49:29des nouvelles de Rachida Dati
49:30votre opposante
49:31je n'en ai pas
49:32mais j'espère qu'elle va bien
49:34Kylian Mbappé
49:35a provoqué un tollé en Chine
49:36pour avoir qualifié
49:37Mao de dictateur
49:38il a dû présenter
49:39ses excuses
49:40face aux annonces
49:40de boycott en série
49:42est-ce qu'il a eu tort
49:43de s'excuser ?
49:45d'abord c'est mon ballon
49:46d'or de coeur
49:46je le dis
49:47parce que je l'aime énormément
49:48ce joueur
49:48c'est pas la question
49:50mais le reste
49:51je vais vous raconter
49:51une anecdote
49:52qui explique la difficulté
49:53de ce propos
49:53réponse courte
49:55sur Napoléon
49:56qui est un personnage
49:57que j'aime beaucoup
49:58et je disais
49:58quand même
49:59Napoléon c'est un grand homme
50:00et un ami allemand
50:01me répondait
50:02mais non
50:02c'est un dictateur
50:04qui a massacré
50:05les peuples d'Europe
50:06il y a
50:07des circonstances historiques
50:08dans lesquelles
50:09les héros de quelques-uns
50:10sont souvent les dictateurs
50:11de quelques autres
50:12et donc la réalité
50:13dans quelle catégorie
50:14vous vous rangez
50:14Mao dictateur ou pas ?
50:16il est un peu des deux
50:17il est un peu des deux
50:18un peu un grand homme
50:19un peu un dictateur
50:20mais bien sûr
50:20mais c'est toute la difficulté
50:22c'est comme vous me demandiez
50:23de juger Robespierre
50:24Napoléon
50:25etc
50:26de l'art de la subtilité
50:27également
50:28c'est ça aussi
50:28et d'arrêter
50:30de se mettre
50:32dans des casques
50:33comme ça
50:33Mao Zedong
50:34a été un leader
50:36de la modernisation
50:36de la Chine
50:37et on comprend
50:37que pour la Chine
50:38et pas pour le régime chinois
50:40pour les Chinois eux-mêmes aussi
50:41avec respect
50:42il représente
50:43un moment
50:44de dynamisme
50:45et d'expansion
50:45et de renaissance
50:48une réponse courte
50:49Emmanuel Grégoire
50:50c'est pas possible
50:50on ne répond pas
50:51à ce sujet
50:52de la dictature
50:53et des valeurs
50:53avec une réponse courte
50:54ou alors elle est forcément mauvaise
50:55peut-être dernière question
50:57on vous se souvient
50:58de cette image
50:58de vous à votre victoire
51:00pour la mairie de Paris
51:01traversant les rues
51:02à Vélib
51:02vous l'utilisez toujours
51:03un peu
51:04le Vélib
51:04vous êtes venu ce soir avec
51:05ou pas ?
51:06non je ne suis pas venu
51:06au Vélib
51:07et pour tout vous dire
51:07je n'utilise pas énormément
51:08le Vélib
51:09j'utilise beaucoup
51:09mon vélo personnel
51:10j'ai un vélo électrique personnel
51:12moi mon mode de déplacement
51:14je prends beaucoup
51:14le métro
51:15pour être transportant avec vous
51:17parce que c'est mon bureau
51:17je fais mes mails
51:18et tout ça
51:18sinon le soir
51:19quand on pédale
51:20on n'a pas le droit
51:21je le rappelle
51:21de lire ses mails
51:22et de répondre au téléphone
51:23et donc j'utilise un peu de touche
51:25comme un Parisien
51:26je pense de base
51:26des fois c'est la voiture
51:28des fois c'est le vélo
51:30souvent
51:30très souvent
51:31c'est le métro
51:32et le plus souvent
51:33en réalité
51:33il ne faut pas l'oublier
51:34c'est je marche
51:36merci Emmanuel Grégoire
51:37d'être venu ce soir
51:37au Grand Oral
51:38merci au public
51:39qui nous a fait l'amitié
51:40de participer ce soir
51:41pour vous inscrire
51:42pour le Grand Oral
51:43ça se passe sur wiclap.fr
51:44merci beaucoup Emmanuel Grégoire

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