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  • il y a 12 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:06C'est votre émission, vous le savez, vous pouvez nous appeler et donner votre avis.
00:11Il y a des gens qu'on voit une fois dans l'année, le Père Noël par exemple,
00:14et puis M. Caton, il est président de la Fédération Nationale du Funéraire.
00:19Bonjour M. Caton, Pascal Caton, président de cette Fédération Nationale,
00:24parce que c'est le week-end de la Toussaint, vous allez peut-être vous recueillir sur les tombes de
00:28vos proches.
00:28On en a parlé tout à l'heure, on avait imaginé qu'on en parlera un peu plus tard,
00:31mais Laurent Tessier, il y a beaucoup d'appels.
00:33Vous attendez à nous appeler au standard d'Europe 1 exactement.
00:35Est-ce que la mort vous fait peur ?
00:36Alors ça c'est assez intéressant d'ailleurs, il y a des gens qui ne supportent pas l'idée qu
00:40'on parle de la mort.
00:41Comme il y a des gens qui ne supportent pas qu'on parle de la maladie.
00:44Je vois, c'est des sujets absolument parfois qui sont tabous.
00:47C'est vrai que ces deux choses-là, j'en parle assez librement.
00:5130% des Français ressentent que leurs proches décédés veuillent sur eux,
00:5520% les perçoivent toujours présents à leur côté,
00:5742% des Français déclarent se recueillir sur les tombes de leurs proches,
01:0245% préfèrent le choix de la crémation.
01:04Et M. Caton est là pour nous parler, c'est vrai, des nouvelles pratiques,
01:10des nouveaux rites funéraires.
01:11Je crois qu'en 1980, il y avait 1% des gens qui demandaient la crémation.
01:17Vous avez commencé, je crois, votre société en 1988, c'est cela ?
01:21Mais vous étiez assistant funéraire, stagiaire en 1975 déjà ?
01:251975, oui.
01:27Mais vous aviez quel âge ?
01:28Bonjour, j'avais à peine 18 ans.
01:30Ah oui ?
01:30Et là j'en ai à peine 69, ça fait 51 ans.
01:34Ça fait 50 ans que je pratique cette profession.
01:36Qui est une profession, alors est-ce qu'elle est arrivée d'ailleurs naturellement,
01:41parce que tout le monde doit vous poser cette question ?
01:44Moi, dans ma famille, je suis la quatrième génération à faire ce métier.
01:47Vous êtes de croque-mort, de père en fils.
01:47Mon père le faisait, mon grand-père, mon arrière-grand-père.
01:50Ah oui ?
01:50Et maintenant mon fils Gautier reprend la suite de mon entreprise.
01:54Je précise évidemment que vous êtes arrivé avec un costume noir,
01:57une chemise blanche et une cravate noire.
01:59C'est votre costume quotidien.
02:01C'est le costume, voilà, c'est mon bleu de travail, comme je le dis souvent.
02:05Mais, et vous disiez que vos enfants vont être, vont perpétuer la tradition,
02:11vont être la cinquième génération.
02:13Oui, oui, absolument.
02:14Mon fils prend les rênes de l'entreprise actuellement.
02:17Et ma fille, elle, est plus sur la partie des fleurs naturelles
02:20et l'aménagement de nos chambres funéraires et crématériums.
02:24Donc, c'est quelque chose de naturel dans votre famille,
02:27c'est la mort est au cœur de votre vie.
02:30La mort fait partie de notre vie, fait partie de la vie en général,
02:33mais elle fait partie de notre vie intégralement.
02:35Bon, comment vous expliquez ces nouveaux rites funéraires
02:38et notamment l'importance de la crémation ?
02:41Alors, quand j'ai commencé, moi, en 1975, le fait était,
02:44on était à 1% de crémation.
02:46Aujourd'hui, on est à 47-48% de crémation.
02:50Au début, c'était surtout le fait de laisser de la place pour les vivants,
02:53ne pas occuper des places dans les cimetières.
02:56C'était souvent le motif.
02:58Et avec l'évolution, c'est devenu un mode différent.
03:04Au lieu que le corps soit sous terre,
03:08à continuer, j'irais, d'évoluer,
03:10les gens peuvent faire une évolution plus rapide.
03:13Quand vous dites que vous avez une entreprise,
03:14cette entreprise est basée à Orléans, c'est cela ?
03:17Notre siège est à Orléans, on est à Paris,
03:19on est sur toute la région centre,
03:20et également sur d'autres départements limitrophes.
03:23Donc ça, c'est une entreprise que vous avez montée,
03:25vous choisissez des directeurs de magasins,
03:28je ne sais pas comment on dit d'ailleurs ?
03:29C'est tout à fait ça, oui.
03:31C'est l'entreprise qu'on a créée avec mon épouse en 1988,
03:34et depuis, on a développé.
03:36Notre fils développe également,
03:37et on cible des directeurs, des professionnels
03:42qui exercent dans ce métier depuis 15, 20, 30 ans,
03:45et on forme beaucoup de nouvelles personnes.
03:48On a beaucoup de jeunes qui s'intéressent à cette profession,
03:52parce que c'est un métier qui a du sens,
03:54qui a des valeurs,
03:55et on a un retour des familles
03:58qui est extraordinaire sur leur attitude,
04:02sur leur comportement,
04:03et qui les remercie.
04:05Est-ce que vous savez combien d'enterrements,
04:07par exemple, vous avez réalisé depuis le 1er janvier 2026 ?
04:10Depuis le 1er janvier 2026,
04:12on doit être de l'ordre de 5 000 enterrements.
04:14On fait à peu près 6 000 enterrements par an sur nos entreprises.
04:19Est-ce que vous savez le prix le moins élevé
04:21que vous avez facturé,
04:23peut-être le prix le plus élevé que vous avez facturé ?
04:26Alors, le moins élevé,
04:27on doit être dans les 2 000 euros à peu près,
04:29et le plus élevé pour des cérémonies importantes
04:32où il nous faut beaucoup de personnel,
04:34beaucoup de monde, beaucoup de salariés,
04:35on peut dépasser 10 000, 12 000 euros.
04:39Lorsqu'on voit, par exemple, dans des enterrements,
04:41des voitures de prestige,
04:43avec effectivement du personnel,
04:45tout cela, c'est vous qui donnez ce service-là ?
04:47C'est nous qui offrons ce service-là.
04:50Nous, on utilise très souvent
04:51ce qu'on appelle des véhicules type limousine.
04:55On a des corbillards classiques,
04:57camionnettes,
04:58et on a une dizaine de véhicules type limousine,
05:02parce qu'on trouve que le deuil est tellement important,
05:05et on ne surfacture pas ces véhicules-là.
05:08Pour nous, le deuil est tellement important,
05:09l'hommage est tellement important,
05:11que beaucoup de familles nous remercient
05:13d'utiliser, de mettre à disposition un véhicule.
05:18La plupart sont des Mercedes,
05:20des limousines.
05:21On a une Tesla électrique également,
05:24où on a été un peu critiqués quand c'est sorti,
05:26parce qu'elle est arrivée au mauvais moment.
05:30Mais les gens,
05:31le logo Mercedes représente quelque chose,
05:34et très souvent, les familles disent,
05:36voilà, papa aurait été heureux
05:37de partir dans une voiture aussi belle.
05:40Pascal Caton est avec nous,
05:41il est président de la Fédération Nationale du Funéraire,
05:43il est 16h38,
05:44vous êtes sur l'antenne d'Europe 1.
05:45Géraldine parlait tout à l'heure de préparation,
05:48des gens qui préparent leur enterrement.
05:50Sur ces 5000 enterrements
05:52que vous avez fait depuis le 1er janvier,
05:55combien de gens étaient venus vous voir avant,
05:58et avaient anticipé cette mort,
06:00et avaient préparé cet enterrement ?
06:02Sensiblement une vingtaine de pourcents.
06:05On a en moyenne
06:0715 à 20% de familles
06:10par rapport au nombre d'opérations funéraires
06:11que nous on réalise,
06:1315 à 20% de familles
06:14qui préparent leur cérémonie par avance
06:16pour éviter cette charge
06:17à leurs enfants,
06:19à leurs proches,
06:19parce que quand papa s'en va,
06:21on ne sait pas,
06:22il avait dit qu'il voulait passer à l'église ou pas,
06:25il voulait des fleurs.
06:26Donc là, ils viennent vous voir,
06:27c'est des gens forcément
06:27qui ont un certain âge ou pas d'ailleurs ?
06:29C'est tous les âges
06:30ou c'est des gens qui quand même avancent ?
06:32C'est plus particulièrement passé les 60 ans.
06:35Ah oui, 60 ans, c'est jeune quand même.
06:36C'est jeune.
06:37Je vous remercie de le signaler.
06:39Donc là, ils viennent vous voir,
06:40il dit, bon, voilà,
06:41M. Caton,
06:42je voudrais qu'on organise
06:44la cérémonie,
06:45si par malheur,
06:46je suis en pleine forme,
06:46mais si par malheur,
06:47bon, alors qu'est-ce qui se passe
06:50dans ces cas-là ?
06:51Ils payent la cérémonie d'avance ?
06:53Alors, ils font tous leurs choix
06:54comme si les obsèques
06:55avaient lieu demain,
06:57l'église, le cimetière,
06:59l'accrématérium.
07:00Le cimetière,
07:01on peut choisir son cimetière ?
07:02Non,
07:03c'est obligatoirement la commune
07:05où on est décédé,
07:06ou alors où on est domicilié,
07:09ou alors c'est qu'on a déjà
07:10des membres de la famille
07:11qui sont dans le cimetière,
07:12c'est un cimetière de famille.
07:15Et donc,
07:15on ne peut pas choisir
07:16le cimetière
07:17où on doit,
07:19où on souhaite reposer.
07:20à Paris,
07:20il y a encore de la place ?
07:22Il y a encore quelques places
07:23à Paris.
07:24Mais à Montparnasse,
07:25il y a de la place,
07:26par exemple ?
07:26Au Père-Lachaise,
07:27il y a de la place ?
07:28À Montmartre,
07:29il y a de la place ?
07:29Oui,
07:30on a fait récemment
07:30les obsèques à Montmartre,
07:32il y a de la place.
07:33Mais de quelqu'un
07:34qui est un anonyme,
07:35par exemple ?
07:36Là,
07:37ce n'était pas le cas,
07:37c'était quelqu'un de connu,
07:39mais malgré tout,
07:41voilà,
07:41on fait des inhumations
07:42au Père-Lachaise,
07:43alors très souvent,
07:44les familles ont
07:45un caveau familial,
07:47donc qui se perpétue
07:48et on inhumme
07:49dans des concessions existantes.
07:51Mais on peut acheter
07:52des concessions nouvelles,
07:53aussi bien à Montmartre,
07:56à Montparnasse.
07:57Il y a des cimetières
07:58que vous préférez à d'autres ?
08:00Oui,
08:01moi j'aime beaucoup
08:02les cimetières style américain,
08:04c'est-à-dire où il n'y a pas
08:05de pierre tombale,
08:06pourtant j'en vends,
08:07je devrais,
08:08mais moi,
08:10rentrer dans un cimetière
08:12où on voit
08:13en série
08:14des pierres tombales
08:15en granit,
08:16pour moi,
08:17la pierre tombale
08:18en granit,
08:18c'est une matière
08:19qui est morte,
08:19le granit,
08:20c'est brillant,
08:22c'est beau,
08:22il n'y a pas d'entretien,
08:24mais voir les tombes
08:25alignées blancs,
08:27roses,
08:27vertes,
08:28bleues,
08:29je préfère
08:30un cimetière paysager
08:31ou un cimetière
08:32comme le Père-Lachaise,
08:34avec des chapelles
08:35et des beaux monuments.
08:36Bon,
08:36c'est vrai
08:37qu'il y a des cimetières,
08:38alors je pense
08:39aux cimetières
08:40extraordinaires
08:41en Corse,
08:42je ne sais pas
08:42si vous allez
08:43parfois en Corse,
08:44le cimetière
08:44d'Ajaccio
08:45qui est sur la route
08:46des Sanguinaires,
08:47qui est quasiment
08:47sur l'eau,
08:48c'est absolument sublime
08:49et ça,
08:50c'est intéressant
08:50parce que
08:51le rite funéraire
08:52fait que le cercueil
08:54n'est pas enterré,
08:55il est posé
08:56sur une étagère
08:58dans une petite chapelle,
08:59par exemple,
09:00lorsque vous voyez
09:01la chapelle
09:02de Tino Rossi,
09:03alors il y a une clé
09:04que la famille
09:05garde pour elle
09:06et vous pourrez
09:08entrer dans une
09:08toute petite chapelle
09:09qui doit faire,
09:10je ne sais pas,
09:105 mètres carrés,
09:11c'est vraiment tout petit,
09:13mais il y a
09:14sur un étagère
09:16Tino Rossi,
09:17puis il y a son fils
09:17Laurent Rossi,
09:18puis il y a sa
09:19bonne épouse
09:20qui est là,
09:21donc le cercueil
09:22n'est pas mis
09:23dans la terre.
09:24Non,
09:24alors ça dépend
09:24des régions,
09:26très souvent les régions
09:26du sud-est,
09:28entre autres,
09:29je pense au
09:29Sainte-Marie-de-la-Mer
09:30où on ne peut pas
09:31travailler
09:31en sous-sol,
09:32donc les caveaux
09:34sont ce qu'on appelle
09:35en en-feu,
09:36au-dessus du sol,
09:37les régions de montagne
09:38où la roche
09:39est trop dure,
09:41où là on fait
09:41les caveaux
09:42en hauteur,
09:43en extérieur,
09:44et les inhumations
09:45dans ce cas-là
09:45sont en extérieur,
09:47enfin l'extérieur,
09:48au-dessus du sol.
09:49Bon,
09:50Pascal Caton
09:50est avec nous,
09:51président de la Fédération
09:52nationale du funéraire
09:53et c'est vrai
09:54que les chambres funéraires
09:56sont un moment,
09:57je trouve,
09:59qui donne
10:00une quiétude
10:01à la famille,
10:03c'était des
10:04chambres qui n'existaient pas
10:05me semble-t-il
10:06il y a 50 ans
10:07et je trouve
10:08qu'il y a une douceur
10:10si tant est que ce mot
10:10soit adapté
10:11avec une préparation
10:13d'humor
10:14dans une pièce
10:15où chacun peut venir
10:16se recueillir,
10:18écrire un mot,
10:19la pièce est généralement
10:20assez large,
10:22c'est une pièce
10:23qui peut faire
10:23une vingtaine
10:24de mètres carrés
10:25et il me semble
10:26que c'est des moments
10:28importants
10:28pour la famille
10:29de venir
10:30dans cet endroit-là.
10:3216h43 tout de suite.
10:33Avec Pascal Praud
10:34de 16h à 18h
10:35sur Europe 1
10:36et avant de retrouver
10:36Pascal Praud,
10:37vous pouvez d'ailleurs
10:38réagir au 0,
10:391, 80, 20, 30, 9, 21.
10:41Je vous rappelle
10:41que ce soir
10:42de 20h30 à 21h30
10:43dans le studio
10:44des légendes
10:44Jacques Vendroux
10:45reçoit Gilles Moréton,
10:46président de la Fédération
10:47française de tennis.
10:48Demain de 17h à 18h,
10:49William Lémergie
10:50vous fait découvrir
10:51le cimetière du Père Lachaise
10:52à travers des visites
10:53théâtralisées.
10:54Dimanche,
10:55de 17h à 18h,
10:56Nicolas Carreau
10:57reçoit Bernard Werber,
10:58l'un des écrivains français
10:59les plus lus au monde.
11:01C'est le programme
11:01de votre week-end
11:02sur Europe 1.

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