00:06C'est votre émission, vous le savez, vous pouvez nous appeler et donner votre avis.
00:11Il y a des gens qu'on voit une fois dans l'année, le Père Noël par exemple,
00:14et puis M. Caton, il est président de la Fédération Nationale du Funéraire.
00:19Bonjour M. Caton, Pascal Caton, président de cette Fédération Nationale,
00:24parce que c'est le week-end de la Toussaint, vous allez peut-être vous recueillir sur les tombes de
00:28vos proches.
00:28On en a parlé tout à l'heure, on avait imaginé qu'on en parlera un peu plus tard,
00:31mais Laurent Tessier, il y a beaucoup d'appels.
00:33Vous attendez à nous appeler au standard d'Europe 1 exactement.
00:35Est-ce que la mort vous fait peur ?
00:36Alors ça c'est assez intéressant d'ailleurs, il y a des gens qui ne supportent pas l'idée qu
00:40'on parle de la mort.
00:41Comme il y a des gens qui ne supportent pas qu'on parle de la maladie.
00:44Je vois, c'est des sujets absolument parfois qui sont tabous.
00:47C'est vrai que ces deux choses-là, j'en parle assez librement.
00:5130% des Français ressentent que leurs proches décédés veuillent sur eux,
00:5520% les perçoivent toujours présents à leur côté,
00:5742% des Français déclarent se recueillir sur les tombes de leurs proches,
01:0245% préfèrent le choix de la crémation.
01:04Et M. Caton est là pour nous parler, c'est vrai, des nouvelles pratiques,
01:10des nouveaux rites funéraires.
01:11Je crois qu'en 1980, il y avait 1% des gens qui demandaient la crémation.
01:17Vous avez commencé, je crois, votre société en 1988, c'est cela ?
01:21Mais vous étiez assistant funéraire, stagiaire en 1975 déjà ?
01:251975, oui.
01:27Mais vous aviez quel âge ?
01:28Bonjour, j'avais à peine 18 ans.
01:30Ah oui ?
01:30Et là j'en ai à peine 69, ça fait 51 ans.
01:34Ça fait 50 ans que je pratique cette profession.
01:36Qui est une profession, alors est-ce qu'elle est arrivée d'ailleurs naturellement,
01:41parce que tout le monde doit vous poser cette question ?
01:44Moi, dans ma famille, je suis la quatrième génération à faire ce métier.
01:47Vous êtes de croque-mort, de père en fils.
01:47Mon père le faisait, mon grand-père, mon arrière-grand-père.
01:50Ah oui ?
01:50Et maintenant mon fils Gautier reprend la suite de mon entreprise.
01:54Je précise évidemment que vous êtes arrivé avec un costume noir,
01:57une chemise blanche et une cravate noire.
01:59C'est votre costume quotidien.
02:01C'est le costume, voilà, c'est mon bleu de travail, comme je le dis souvent.
02:05Mais, et vous disiez que vos enfants vont être, vont perpétuer la tradition,
02:11vont être la cinquième génération.
02:13Oui, oui, absolument.
02:14Mon fils prend les rênes de l'entreprise actuellement.
02:17Et ma fille, elle, est plus sur la partie des fleurs naturelles
02:20et l'aménagement de nos chambres funéraires et crématériums.
02:24Donc, c'est quelque chose de naturel dans votre famille,
02:27c'est la mort est au cœur de votre vie.
02:30La mort fait partie de notre vie, fait partie de la vie en général,
02:33mais elle fait partie de notre vie intégralement.
02:35Bon, comment vous expliquez ces nouveaux rites funéraires
02:38et notamment l'importance de la crémation ?
02:41Alors, quand j'ai commencé, moi, en 1975, le fait était,
02:44on était à 1% de crémation.
02:46Aujourd'hui, on est à 47-48% de crémation.
02:50Au début, c'était surtout le fait de laisser de la place pour les vivants,
02:53ne pas occuper des places dans les cimetières.
02:56C'était souvent le motif.
02:58Et avec l'évolution, c'est devenu un mode différent.
03:04Au lieu que le corps soit sous terre,
03:08à continuer, j'irais, d'évoluer,
03:10les gens peuvent faire une évolution plus rapide.
03:13Quand vous dites que vous avez une entreprise,
03:14cette entreprise est basée à Orléans, c'est cela ?
03:17Notre siège est à Orléans, on est à Paris,
03:19on est sur toute la région centre,
03:20et également sur d'autres départements limitrophes.
03:23Donc ça, c'est une entreprise que vous avez montée,
03:25vous choisissez des directeurs de magasins,
03:28je ne sais pas comment on dit d'ailleurs ?
03:29C'est tout à fait ça, oui.
03:31C'est l'entreprise qu'on a créée avec mon épouse en 1988,
03:34et depuis, on a développé.
03:36Notre fils développe également,
03:37et on cible des directeurs, des professionnels
03:42qui exercent dans ce métier depuis 15, 20, 30 ans,
03:45et on forme beaucoup de nouvelles personnes.
03:48On a beaucoup de jeunes qui s'intéressent à cette profession,
03:52parce que c'est un métier qui a du sens,
03:54qui a des valeurs,
03:55et on a un retour des familles
03:58qui est extraordinaire sur leur attitude,
04:02sur leur comportement,
04:03et qui les remercie.
04:05Est-ce que vous savez combien d'enterrements,
04:07par exemple, vous avez réalisé depuis le 1er janvier 2026 ?
04:10Depuis le 1er janvier 2026,
04:12on doit être de l'ordre de 5 000 enterrements.
04:14On fait à peu près 6 000 enterrements par an sur nos entreprises.
04:19Est-ce que vous savez le prix le moins élevé
04:21que vous avez facturé,
04:23peut-être le prix le plus élevé que vous avez facturé ?
04:26Alors, le moins élevé,
04:27on doit être dans les 2 000 euros à peu près,
04:29et le plus élevé pour des cérémonies importantes
04:32où il nous faut beaucoup de personnel,
04:34beaucoup de monde, beaucoup de salariés,
04:35on peut dépasser 10 000, 12 000 euros.
04:39Lorsqu'on voit, par exemple, dans des enterrements,
04:41des voitures de prestige,
04:43avec effectivement du personnel,
04:45tout cela, c'est vous qui donnez ce service-là ?
04:47C'est nous qui offrons ce service-là.
04:50Nous, on utilise très souvent
04:51ce qu'on appelle des véhicules type limousine.
04:55On a des corbillards classiques,
04:57camionnettes,
04:58et on a une dizaine de véhicules type limousine,
05:02parce qu'on trouve que le deuil est tellement important,
05:05et on ne surfacture pas ces véhicules-là.
05:08Pour nous, le deuil est tellement important,
05:09l'hommage est tellement important,
05:11que beaucoup de familles nous remercient
05:13d'utiliser, de mettre à disposition un véhicule.
05:18La plupart sont des Mercedes,
05:20des limousines.
05:21On a une Tesla électrique également,
05:24où on a été un peu critiqués quand c'est sorti,
05:26parce qu'elle est arrivée au mauvais moment.
05:30Mais les gens,
05:31le logo Mercedes représente quelque chose,
05:34et très souvent, les familles disent,
05:36voilà, papa aurait été heureux
05:37de partir dans une voiture aussi belle.
05:40Pascal Caton est avec nous,
05:41il est président de la Fédération Nationale du Funéraire,
05:43il est 16h38,
05:44vous êtes sur l'antenne d'Europe 1.
05:45Géraldine parlait tout à l'heure de préparation,
05:48des gens qui préparent leur enterrement.
05:50Sur ces 5000 enterrements
05:52que vous avez fait depuis le 1er janvier,
05:55combien de gens étaient venus vous voir avant,
05:58et avaient anticipé cette mort,
06:00et avaient préparé cet enterrement ?
06:02Sensiblement une vingtaine de pourcents.
06:05On a en moyenne
06:0715 à 20% de familles
06:10par rapport au nombre d'opérations funéraires
06:11que nous on réalise,
06:1315 à 20% de familles
06:14qui préparent leur cérémonie par avance
06:16pour éviter cette charge
06:17à leurs enfants,
06:19à leurs proches,
06:19parce que quand papa s'en va,
06:21on ne sait pas,
06:22il avait dit qu'il voulait passer à l'église ou pas,
06:25il voulait des fleurs.
06:26Donc là, ils viennent vous voir,
06:27c'est des gens forcément
06:27qui ont un certain âge ou pas d'ailleurs ?
06:29C'est tous les âges
06:30ou c'est des gens qui quand même avancent ?
06:32C'est plus particulièrement passé les 60 ans.
06:35Ah oui, 60 ans, c'est jeune quand même.
06:36C'est jeune.
06:37Je vous remercie de le signaler.
06:39Donc là, ils viennent vous voir,
06:40il dit, bon, voilà,
06:41M. Caton,
06:42je voudrais qu'on organise
06:44la cérémonie,
06:45si par malheur,
06:46je suis en pleine forme,
06:46mais si par malheur,
06:47bon, alors qu'est-ce qui se passe
06:50dans ces cas-là ?
06:51Ils payent la cérémonie d'avance ?
06:53Alors, ils font tous leurs choix
06:54comme si les obsèques
06:55avaient lieu demain,
06:57l'église, le cimetière,
06:59l'accrématérium.
07:00Le cimetière,
07:01on peut choisir son cimetière ?
07:02Non,
07:03c'est obligatoirement la commune
07:05où on est décédé,
07:06ou alors où on est domicilié,
07:09ou alors c'est qu'on a déjà
07:10des membres de la famille
07:11qui sont dans le cimetière,
07:12c'est un cimetière de famille.
07:15Et donc,
07:15on ne peut pas choisir
07:16le cimetière
07:17où on doit,
07:19où on souhaite reposer.
07:20à Paris,
07:20il y a encore de la place ?
07:22Il y a encore quelques places
07:23à Paris.
07:24Mais à Montparnasse,
07:25il y a de la place,
07:26par exemple ?
07:26Au Père-Lachaise,
07:27il y a de la place ?
07:28À Montmartre,
07:29il y a de la place ?
07:29Oui,
07:30on a fait récemment
07:30les obsèques à Montmartre,
07:32il y a de la place.
07:33Mais de quelqu'un
07:34qui est un anonyme,
07:35par exemple ?
07:36Là,
07:37ce n'était pas le cas,
07:37c'était quelqu'un de connu,
07:39mais malgré tout,
07:41voilà,
07:41on fait des inhumations
07:42au Père-Lachaise,
07:43alors très souvent,
07:44les familles ont
07:45un caveau familial,
07:47donc qui se perpétue
07:48et on inhumme
07:49dans des concessions existantes.
07:51Mais on peut acheter
07:52des concessions nouvelles,
07:53aussi bien à Montmartre,
07:56à Montparnasse.
07:57Il y a des cimetières
07:58que vous préférez à d'autres ?
08:00Oui,
08:01moi j'aime beaucoup
08:02les cimetières style américain,
08:04c'est-à-dire où il n'y a pas
08:05de pierre tombale,
08:06pourtant j'en vends,
08:07je devrais,
08:08mais moi,
08:10rentrer dans un cimetière
08:12où on voit
08:13en série
08:14des pierres tombales
08:15en granit,
08:16pour moi,
08:17la pierre tombale
08:18en granit,
08:18c'est une matière
08:19qui est morte,
08:19le granit,
08:20c'est brillant,
08:22c'est beau,
08:22il n'y a pas d'entretien,
08:24mais voir les tombes
08:25alignées blancs,
08:27roses,
08:27vertes,
08:28bleues,
08:29je préfère
08:30un cimetière paysager
08:31ou un cimetière
08:32comme le Père-Lachaise,
08:34avec des chapelles
08:35et des beaux monuments.
08:36Bon,
08:36c'est vrai
08:37qu'il y a des cimetières,
08:38alors je pense
08:39aux cimetières
08:40extraordinaires
08:41en Corse,
08:42je ne sais pas
08:42si vous allez
08:43parfois en Corse,
08:44le cimetière
08:44d'Ajaccio
08:45qui est sur la route
08:46des Sanguinaires,
08:47qui est quasiment
08:47sur l'eau,
08:48c'est absolument sublime
08:49et ça,
08:50c'est intéressant
08:50parce que
08:51le rite funéraire
08:52fait que le cercueil
08:54n'est pas enterré,
08:55il est posé
08:56sur une étagère
08:58dans une petite chapelle,
08:59par exemple,
09:00lorsque vous voyez
09:01la chapelle
09:02de Tino Rossi,
09:03alors il y a une clé
09:04que la famille
09:05garde pour elle
09:06et vous pourrez
09:08entrer dans une
09:08toute petite chapelle
09:09qui doit faire,
09:10je ne sais pas,
09:105 mètres carrés,
09:11c'est vraiment tout petit,
09:13mais il y a
09:14sur un étagère
09:16Tino Rossi,
09:17puis il y a son fils
09:17Laurent Rossi,
09:18puis il y a sa
09:19bonne épouse
09:20qui est là,
09:21donc le cercueil
09:22n'est pas mis
09:23dans la terre.
09:24Non,
09:24alors ça dépend
09:24des régions,
09:26très souvent les régions
09:26du sud-est,
09:28entre autres,
09:29je pense au
09:29Sainte-Marie-de-la-Mer
09:30où on ne peut pas
09:31travailler
09:31en sous-sol,
09:32donc les caveaux
09:34sont ce qu'on appelle
09:35en en-feu,
09:36au-dessus du sol,
09:37les régions de montagne
09:38où la roche
09:39est trop dure,
09:41où là on fait
09:41les caveaux
09:42en hauteur,
09:43en extérieur,
09:44et les inhumations
09:45dans ce cas-là
09:45sont en extérieur,
09:47enfin l'extérieur,
09:48au-dessus du sol.
09:49Bon,
09:50Pascal Caton
09:50est avec nous,
09:51président de la Fédération
09:52nationale du funéraire
09:53et c'est vrai
09:54que les chambres funéraires
09:56sont un moment,
09:57je trouve,
09:59qui donne
10:00une quiétude
10:01à la famille,
10:03c'était des
10:04chambres qui n'existaient pas
10:05me semble-t-il
10:06il y a 50 ans
10:07et je trouve
10:08qu'il y a une douceur
10:10si tant est que ce mot
10:10soit adapté
10:11avec une préparation
10:13d'humor
10:14dans une pièce
10:15où chacun peut venir
10:16se recueillir,
10:18écrire un mot,
10:19la pièce est généralement
10:20assez large,
10:22c'est une pièce
10:23qui peut faire
10:23une vingtaine
10:24de mètres carrés
10:25et il me semble
10:26que c'est des moments
10:28importants
10:28pour la famille
10:29de venir
10:30dans cet endroit-là.
10:3216h43 tout de suite.
10:33Avec Pascal Praud
10:34de 16h à 18h
10:35sur Europe 1
10:36et avant de retrouver
10:36Pascal Praud,
10:37vous pouvez d'ailleurs
10:38réagir au 0,
10:391, 80, 20, 30, 9, 21.
10:41Je vous rappelle
10:41que ce soir
10:42de 20h30 à 21h30
10:43dans le studio
10:44des légendes
10:44Jacques Vendroux
10:45reçoit Gilles Moréton,
10:46président de la Fédération
10:47française de tennis.
10:48Demain de 17h à 18h,
10:49William Lémergie
10:50vous fait découvrir
10:51le cimetière du Père Lachaise
10:52à travers des visites
10:53théâtralisées.
10:54Dimanche,
10:55de 17h à 18h,
10:56Nicolas Carreau
10:57reçoit Bernard Werber,
10:58l'un des écrivains français
10:59les plus lus au monde.
11:01C'est le programme
11:01de votre week-end
11:02sur Europe 1.