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  • il y a 6 heures
Le 27 octobre, le Sénat a adopté le projet de loi "casseurs-payeurs". Annoncé par le Premier ministre en mai 2026, après les violences en marge de la finale de la Ligue des champions, le texte vise à “mieux indemniser les victimes de dégradations commises par des groupes violents ou lors de rassemblements”. Il propose ainsi d'instaurer une "responsabilité civile solidaire" qui rend responsables de l'ensemble des dommages commis à l'occasion d'un attroupement tous les individus présents, même s'ils ne les ont pas commis eux-mêmes. Les sanctions peuvent aller jusqu'à 10 000 euros. Autre disposition du texte : la saisie sur les APL et les allocations familiales pour le recouvrement des créances dûes au regard des dégradations, dans la limite d’un reste à vivre. Le Sénat a ajouté la possibilité de saisir le RSA des personnes mises en cause. Année de Production :

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00:00:09Bonjour à tous, bienvenue dans cette nouvelle édition 100% Sénat pour suivre aujourd'hui les débats autour du projet
00:00:16de loi Casseur-Payeur.
00:00:18Le texte a été adopté dans la nuit par le Sénat à 229 voix pour, 105 voix contre.
00:00:24Ce projet de loi met en place une responsabilité collective et permet ainsi d'engager la responsabilité civile des participants
00:00:31à des attroupements violents.
00:00:33Il autorise également la saisie des prestations sociales pour les responsables non solvables, une mesure qui a suscité de vives
00:00:40tensions entre la droite et la gauche.
00:00:43Vous allez le voir, tout au long de la nuit, le Sénat a nettement durci le texte, adoptant de nombreuses
00:00:48mesures sécuritaires, la plupart soutenues par le gouvernement direction l'hémicycle.
00:00:54Trois amendements identiques de suppression. L'amendement numéro 3, le 32 et le 54. L'amendement numéro 3, Madame Souris.
00:01:07Chers collègues, cet amendement vise à supprimer l'article 1er. Il présente un grand risque d'inconstitutionnalité et pose des
00:01:14difficultés majeures d'interprétation et d'application.
00:01:17En effet, la présomption de culpabilité par association contre toute personne participant à un rassemblement sur la voie publique dont
00:01:24certains membres ont commis des dégradations
00:01:26et contraires au principe constitutionnel d'individualisation des peines garanties par la déclaration des droits de l'homme et du
00:01:34citoyen.
00:01:35Rappelons que la participation à un groupement en vue de commettre des dégradations ou un attroupement sont déjà des délits
00:01:41passibles d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende
00:01:45et que les auteurs de dégradations peuvent déjà être condamnés à verser des dommages et intérêts pour celles-ci.
00:01:50Or, ces délits sont mal définis en droit et sont souvent constitués en marge ou dans la continuité de rassemblements
00:01:57légaux.
00:01:58A ce titre, Amnesty International a émis des inquiétudes concernant la dimension floue de la définition des attroupements et des
00:02:05rassemblements en droit français.
00:02:07En effet, faire du non-respect d'un ordre de dispersion, un délit, constitue une restriction disproportionnée du droit à
00:02:14la liberté de réunion pacifique.
00:02:16Par ailleurs, y ajouter un régime de responsabilité solidaire ne changerait en rien à la répression effective des infractions.
00:02:23Elle constituerait un puissant moyen dissuasif pour les personnes souhaitant exprimer pacifiquement des revendications dans le cadre de manifestations ou
00:02:31de rassemblements sur la voie publique,
00:02:33même si ça n'est pas dans l'esprit du législateur actuellement.
00:02:37Ainsi, cet article porte manifestement atteinte aux droits à manifester également garantie par la déclaration des droits de l'homme
00:02:44et du citoyen.
00:02:45Merci.
00:02:46Merci, chers collègues.
00:02:48Amendement numéro 32, Madame la Présidente, Monsieur Guay.
00:02:53Merci, Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, mes chers collègues.
00:02:56Bon, on va essayer d'avancer pas à pas.
00:02:58Vous venez de dire quelque chose qui m'interpelle, Monsieur le Ministre.
00:03:02Vous dites, là, le maintien de l'ordre, c'est pas une science exacte.
00:03:05Et vous avez raison.
00:03:06Très complexe, y compris d'abord quand on est sur le terrain.
00:03:09Et souffrez un peu qu'on est plutôt dans ce camp, souvent en manifestation, et moins dans le cadre d
00:03:16'en face.
00:03:16Et d'ailleurs, pardon de le dire, je ne sais pas depuis quand les rapporteurs n'ont pas été dans
00:03:20une manifestation.
00:03:21Prenons samedi dernier.
00:03:23Prenons samedi dernier.
00:03:25À l'arrivée de la manifestation.
00:03:28Prenons ça.
00:03:28Il y a une nasse, mais la nasse, et d'ailleurs c'est un débat que nous avons régulièrement, Monsieur
00:03:35le Ministre,
00:03:36où il est impossible, pendant plusieurs dizaines de minutes, de pouvoir sortir et d'avoir un accès libéré pour les
00:03:44manifestants
00:03:45qui, en fin de parcours, veulent partir de chez eux.
00:03:49C'est exact.
00:03:50Et c'est plutôt documenté.
00:03:53Et il y a beaucoup de journalistes, d'ailleurs un certain nombre d'élus locaux ou parlementaires,
00:03:58qui ont documenté cela.
00:03:59Donc, à ce moment-là, prenons cela.
00:04:02Vous êtes dans la nasse, arrivé à la fin de la manifestation.
00:04:05Vous voulez en partir.
00:04:06Mais à ce moment-là, ce n'est pas possible parce que les forces de l'ordre,
00:04:09notamment en nation, ça arrive régulièrement, c'était pas le cas ce coup-ci,
00:04:13ont fermé toutes les issues.
00:04:14Il y a une charge.
00:04:15Vous êtes attrapé, vous serez donc reconnu solidaire aux civils, alors que vous n'avez rien fait.
00:04:22Et donc là, il y a un problème, Monsieur le Ministre.
00:04:25Vous pouvez avoir des sommations, dont d'ailleurs, quand vous êtes en fin de cortège
00:04:30et qu'il y a déjà beaucoup de bruit et qu'on y rajoute évidemment un certain nombre de choses,
00:04:35c'est toujours complexe d'entendre les sommations.
00:04:38Et en plus, vous n'avez pas pu en sortir.
00:04:40Comment on fait ?
00:04:41Là, c'est extrêmement concret, vous voyez.
00:04:43Là, on est dans un cas qui arrive toutes les semaines, pas une fois de temps en temps,
00:04:49toutes les semaines.
00:04:50Donc, je veux bien que les rapporteurs nous expliquent comment on fait.
00:04:53Je vous remercie.
00:04:55Merci, chers collègues.
00:04:56Amendement numéro 54, rectifié bis.
00:04:59Madame Delagont-Truy.
00:05:01Merci, Madame la Présidente.
00:05:02Nous avons eu l'occasion, à plusieurs reprises, de préciser
00:05:06pourquoi est-ce que cette responsabilité civile solidaire
00:05:10n'était pas acceptable dans notre droit positif.
00:05:13Mais je suggère tout de même que l'on se rapproche de la lecture précise de l'article premier
00:05:18parce que le ministre pourrait nous éclairer sur ce qu'il attend réellement de l'application de cet article.
00:05:25Pourquoi ?
00:05:26Il est dit que toute personne ayant continué volontairement à participer à un attroupement,
00:05:31etc., malgré les sommations, Fabien Guay vient de rappeler la difficulté,
00:05:36et alors qu'elle avait connaissance du fait que des membres de ce dernier, on parle de l'attroupement,
00:05:41étaient en train de commettre des violences volontaires contre les personnes,
00:05:43des vols ou des destructions, des dégradations, etc.
00:05:47Pouvez-vous m'expliquer comment concrètement l'infraction va être caractérisée ?
00:05:53Qui va être en situation de témoigner de quoi que ce soit ?
00:05:57Est-ce que nous allons avoir tout simplement des affirmations des forces de l'ordre
00:06:02qu'il sera impossible de contester ?
00:06:05Ou comment allez-vous procéder concrètement ?
00:06:10Parce qu'en réalité, ce qu'il nous semble, c'est que cet article va à l'encontre,
00:06:17nous l'avons dit, des principes généraux du droit,
00:06:19mais par ailleurs sera totalement inapplicable, totalement inapplicable, dans la vraie vie.
00:06:25Et donc, en fait, vous faites semblant, c'est une posture,
00:06:31mais il n'y aura finalement, si les forces de l'ordre sont sincères,
00:06:37ce dont on ne doute pas, il n'y aura jamais personne
00:06:40qui pourrait réunir l'ensemble de ces conditions.
00:06:43Et donc voilà pourquoi, au-delà des arguments que nous avons pu développer
00:06:48au fur et à mesure de ce début de débat, et sans y revenir,
00:06:52pourquoi nous sommes défavorables par principe et pour des raisons constitutionnelles.
00:06:56Vous le savez, le Conseil d'État a été extrêmement exigeant
00:06:59sur la version que vous aviez proposée,
00:07:01et pourquoi est-ce que nous sommes défavorables à cet article.
00:07:06Merci, cher collègue. J'ai une demande d'expliquer l'avis de la Commission.
00:07:12Merci, Madame la Présidente.
00:07:13Alors, sur ces trois amendements, évidemment, l'avis de la Commission sera défavorable.
00:07:17Il est, cet avis, défavorable, parce que c'est le cœur du dispositif,
00:07:21et c'est totalement contraire à la position de la Commission.
00:07:23Bien évidemment, je voudrais quand même répondre à ce qu'on entend depuis tout à l'heure
00:07:27sur le fait qu'on ne connaît pas ce qui se passe dans les manifestations, etc.
00:07:30Bon, il se trouve que dans le cadre de notre mission sur l'ordre public,
00:07:33le 1er mai, nous étions ensemble en immersion avec les forces de l'ordre,
00:07:36et qu'on a pu constater très clairement,
00:07:38eh bien oui, on a pu constater, Madame de la Contrie,
00:07:40très clairement, ce que veut dire la violence à l'égard des forces de l'ordre,
00:07:43à qui je veux rendre hommage,
00:07:44la façon dont les attroupements violents se forment,
00:07:47la façon dont les attroupements violents se forment.
00:07:50Nous avons pu le constater également.
00:07:53Vous n'en avez pas le monopole de constater ce qui se passe,
00:07:55et nous avons pu constater le courage et la patience dont ils faisaient preuve
00:07:59lorsqu'ils étaient filmés et insultés,
00:08:01et lorsque les Black Blocs venaient infiltrer les manifestations.
00:08:03Je voudrais préciser aussi,
00:08:06parce que c'est le cœur finalement de notre discussion,
00:08:09ce n'est pas une responsabilité collective dont on parle.
00:08:13Mon collègue Francis Piner l'a très bien expliqué tout à l'heure.
00:08:16Il y a un lien de causalité entre,
00:08:19parce qu'on est dans de la responsabilité civile délictuelle,
00:08:21un lien de causalité entre le fait de se maintenir dans l'attroupement
00:08:24malgré les sommations et les dégradations.
00:08:26Et par ailleurs, il n'y a pas d'inversion de la charge de la preuve.
00:08:29Et c'est aussi dans ces conditions que nous considérons
00:08:33que le cœur de ce dispositif, évidemment, doit être maintenu,
00:08:36et que l'avis est donc défavorable sur ces trois amendements identiques.
00:08:40Merci. Avis du gouvernement.
00:08:44Merci beaucoup, madame la présidente.
00:08:47Ce sera évidemment un avis défavorable,
00:08:48pour les mêmes raisons que monsieur le rapporteur.
00:08:50On est sur le cœur du dispositif.
00:08:53Mais comme j'ai été interrogé,
00:08:54je réponds à monsieur le sénateur et madame la sénatrice.
00:08:58Monsieur le sénateur Gué,
00:08:59je souffrais que, bien que n'ayant pas participé
00:09:03à beaucoup de manifestations, je le concède,
00:09:05j'en ai encadré énormément,
00:09:07vous l'imaginez, énormément,
00:09:09depuis les salles de commandement,
00:09:11et parfois même sur le terrain.
00:09:13Et donc, je peux vous dire que l'exemple que vous avez donné,
00:09:19qui est celui de la place de la nation,
00:09:20où effectivement, beaucoup de manifestations parisiennes se terminent,
00:09:24non, mais je réponds en ce faisant à votre question,
00:09:26sur groupement, attroupement, on se fait interpeller,
00:09:28on va être responsable solidaire ou pas.
00:09:30Non.
00:09:31Sur la place de la nation, généralement, la manif se termine.
00:09:34Vous avez des sorties, elles sont toujours données.
00:09:36Et elles sont toujours données.
00:09:37Vous avez des sorties, et quand il y a des charges,
00:09:39mais quand bien même elles ne le sont pas données,
00:09:42vous avez les forces de l'ordre qui avancent
00:09:44pour évacuer, pour vider la place de la nation,
00:09:47et quand il n'y a pas de prise à partie,
00:09:49il n'y a pas de charge de force de l'ordre.
00:09:50On ne donne la force que quand il y a des prises à partie
00:09:54des policiers ou des gendarmes.
00:09:55Ça n'est que dans ces circonstances.
00:09:57Et les personnes qui se livrent à cela,
00:09:59et quand elles sont interpellées,
00:10:01c'est généralement pour violences sur PADAP,
00:10:03pardon, sur personnes dépositaires d'autorité publique,
00:10:05on n'est pas sur le groupement constitué
00:10:07en vue de commettre des violences.
00:10:08On n'est pas dans une de ces deux catégories.
00:10:11Et puisque vous appelez les NAS,
00:10:12qui vous savez sont interdites,
00:10:14par contre vous avez effectivement des personnes
00:10:15qui sont interpellées parfois,
00:10:17et qui le temps de leur prise en charge sont retenues.
00:10:19C'est souvent ça ce qu'on appelle des NAS
00:10:21de manière inappropriée.
00:10:23Donc voilà, il n'y a pas de risque de ce côté-là.
00:10:25Madame la sénatrice de Lacondrie, rapidement.
00:10:28Oui, je vous rejoins.
00:10:30Je vous rejoins, ce ne sera pas forcément simple
00:10:32à caractériser pour ce qui est de l'attroupement.
00:10:35Le groupement, c'est déjà en droit pénal.
00:10:37Quand vous êtes dans un groupement
00:10:38qui commet des violences,
00:10:40en droit pénal, c'est déjà une faute en soi.
00:10:41Le simple fait d'être dans un groupement
00:10:43et dont on établit qu'il y a des violences
00:10:45qui sont commises, c'est une infraction.
00:10:47Après, il faut les rattacher
00:10:48à une dégradation commise par le groupement.
00:10:50Non, non, mais il faut la rattacher
00:10:51à une dégradation.
00:10:52Et pour ce qui est de l'attroupement,
00:10:55vous avez raison.
00:10:56Les sommations, telles que nous l'avons écrit dans le texte,
00:10:59les sommations deviennent quelque chose
00:11:01d'extrêmement important.
00:11:03Et nous l'avons dit, je crois que je l'ai dit en audition,
00:11:05les rapporteurs l'ont relevé,
00:11:06les sommations vont être revues.
00:11:08Elles doivent être beaucoup plus explicites.
00:11:10Il va falloir qu'on les revoie.
00:11:11Et nous allons le faire.
00:11:12Je crois qu'il y a même des amendements
00:11:13qui le proposent, mais ça ne relève pas
00:11:15du niveau de la loi.
00:11:16Mais il faudra effectivement revoir
00:11:17les sommations pour clarifier clairement
00:11:20la responsabilité qui en découle,
00:11:22pénale d'une part,
00:11:23et le risque de voir sa responsabilité civile engagée.
00:11:26Voilà, donc avis défavorable.
00:11:27Je voulais répondre aux deux questions
00:11:29qui m'ont été posées.
00:11:30Merci, monsieur le ministre.
00:11:31J'ai une demande d'explication de vote
00:11:34de madame la présidente Diaz, s'il vous plaît.
00:11:38Merci, madame la présidente.
00:11:39Notre groupe votera évidemment
00:11:41contre ces amendements de suppression.
00:11:43Donc je rappelle que cet article
00:11:44vise à créer une responsabilité civile solidaire
00:11:47pour toute personne ayant sciemment participé
00:11:49à un groupement violent ou des violences.
00:11:51des vols ou des dégradations ont été commis.
00:11:54Bon, je voudrais indiquer aux collègues de gauche
00:11:56qu'ils sont des législateurs
00:11:58et qu'ils ne sont pas des juges constitutionnels.
00:12:00Et ils invoquent le risque d'inconstitutionnalité
00:12:04du dispositif.
00:12:05Mais si vous étiez si sûr de votre risque
00:12:07d'inconstitutionnalité,
00:12:08eh bien laissez passer le texte
00:12:10et vous aurez peut-être gain de cause
00:12:12si le Conseil constitutionnel s'exprime en votre faveur.
00:12:17Vous alléguez aussi une atteinte grave
00:12:19aux principes fondamentaux du droit français.
00:12:21Eh bien là, du coup, c'est même raisonnement.
00:12:22Laissez passer le texte
00:12:23et puis vous verrez bien
00:12:24s'il sera censuré après.
00:12:26Mais je pense qu'au fond de vous,
00:12:27vous savez que vous racontez n'importe quoi.
00:12:28C'est pour ça que vous essayez
00:12:29en anticipation de supprimer ces articles.
00:12:33En fait, nous, on sait très bien
00:12:34que vos arguments ne tiennent pas
00:12:35et qu'ils sont là
00:12:36juste pour tenter de masquer
00:12:38votre opposition de principe à la sanction.
00:12:41Et j'ai entendu tout à l'heure
00:12:42un orateur dire
00:12:43que quelqu'un sera condamné
00:12:45même pour des faits qu'il n'a pas commis.
00:12:46Mais ce n'est pas vrai, ça n'arrivera pas.
00:12:48Sauf si vous n'avez pas confiance en la police.
00:12:50Sauf si vous n'avez pas confiance en la justice.
00:12:53Sauf si vous n'avez pas confiance
00:12:54en l'état de droit.
00:12:55Donc nous, nous considérons
00:12:57que ce texte est applicable.
00:12:59C'est la raison pour laquelle
00:13:00nous allons gagner du temps
00:13:01et rejeter vos amendements de suppression.
00:13:10Merci, madame la présidente.
00:13:12Mes chers collègues,
00:13:13avec cet article premier,
00:13:14vous vous apprêtez à porter un coup grave
00:13:16à l'efficacité de notre régime
00:13:18de responsabilité civile
00:13:19et avec lui,
00:13:20à plusieurs libertés fondamentales
00:13:22de notre état de droit,
00:13:23celle de manifester,
00:13:24de s'exprimer et de se réunir.
00:13:26En instaurant une responsabilité civile
00:13:28solidaire des simples participants
00:13:29à un attroupement,
00:13:30vous faites peser sur des personnes
00:13:32la menace de devoir répondre financièrement
00:13:34de dommages qu'elles n'ont ni commis
00:13:35ni provoqués.
00:13:37Vous prétendez encadrer ce dispositif
00:13:39par des garde-fous,
00:13:40mais ces garanties,
00:13:41quand elles existent,
00:13:42demeurent insuffisantes
00:13:43pour prévenir les dérives
00:13:45et les injustices.
00:13:46Comment accepter qu'une loi
00:13:48aux contours aussi flous
00:13:49puisse être adoptée
00:13:50sans que l'on soit en pleine capacité
00:13:52de mesurer ses conséquences ?
00:13:53Derrière la notion d'attroupement,
00:13:55qui sera concerné ?
00:13:57Où s'arrête la simple participation ?
00:13:59Où commence la responsabilité ?
00:14:01Votre réponse,
00:14:02monsieur le ministre,
00:14:03reste insatisfaisante.
00:14:04Demain,
00:14:05un supporter venu célébrer
00:14:06la victoire de son équipe
00:14:07pourrait-il se retrouver
00:14:08contraint de payer
00:14:10pour des dégradations commises
00:14:11par d'autres,
00:14:12alors même
00:14:12qu'il n'y aurait pris
00:14:13aucune part ?
00:14:14Devant toutes ces interrogations,
00:14:17il serait bon,
00:14:17avant de créer
00:14:18de nouveaux dispositifs,
00:14:19toujours plus répressifs
00:14:20et toujours plus injustes,
00:14:22de commencer par faire appliquer
00:14:23ceux qui existent déjà
00:14:25par des mécanismes
00:14:27qui sont déjà prévus.
00:14:29Et messieurs les rapporteurs,
00:14:30vous qui êtes aussi rapporteurs
00:14:32de la mission d'information
00:14:33sur l'avenir du maintien de l'ordre,
00:14:35vous le savez,
00:14:36la police manque de moyens.
00:14:38Les dispositifs existants
00:14:40ne sont pas opérationnels,
00:14:43ne sont pas satisfaisants
00:14:44pour permettre
00:14:45de manière simultanée
00:14:48des opérations
00:14:49de rétablissement de l'ordre
00:14:50et des interpellations
00:14:52qui tiennent la route juridiquement.
00:14:54C'est ça,
00:14:54le cœur du problème
00:14:55de l'application du droit actuel.
00:14:58Et donc,
00:14:58tout ce que cet article créera,
00:15:00c'est la peur de manifester,
00:15:02de faire la fête
00:15:03dans l'espace public
00:15:05chez des citoyens
00:15:06qui n'ont rien à se reprocher.
00:15:08Et c'est donc pour cela
00:15:09que nous voterons
00:15:10pour la suppression
00:15:11de cet article.
00:15:13Merci beaucoup,
00:15:14chers collègues.
00:15:14Une demande de parole
00:15:16pour vos explications de vote.
00:15:17Monsieur Spiner.
00:15:20Je suis toujours étonné
00:15:22que vous ne lisiez pas
00:15:23les textes
00:15:24qui vous sont soumis.
00:15:27L'aveu n'est pas une preuve,
00:15:29madame de la Contrie.
00:15:30La question, c'est
00:15:32est-ce que les éléments
00:15:33constitutifs de l'infraction
00:15:35sont expliqués et clairs ?
00:15:37La réponse est oui.
00:15:39La seule question
00:15:40que vous soulevez,
00:15:41c'est la question
00:15:41des sommations.
00:15:43Mais je rappelle
00:15:44qu'à ce moment-là,
00:15:45devant le juge,
00:15:46il appartiendra
00:15:47à celui qui dit
00:15:48que les sommations
00:15:49ont été faites
00:15:50d'en rapporter la preuve.
00:15:52Et que donc,
00:15:53ce n'est pas simplement
00:15:54l'administration
00:15:55qui décide.
00:15:57C'est l'administration
00:15:58qui dit
00:15:58il y a eu sommation,
00:16:00le juge dira
00:16:01rapporter la preuve,
00:16:02la preuve sera rapportée
00:16:04ou elle ne le sera pas.
00:16:05Si elle n'est pas rapportée,
00:16:06nous sommes dans un état de droit,
00:16:08il n'y aura pas d'infraction.
00:16:09Et si elle est rapportée,
00:16:11eh bien,
00:16:11il y aura infraction.
00:16:13Et donc,
00:16:13qu'est-ce qui vous est demandé ?
00:16:14De dire que quelqu'un,
00:16:16c'est un fait objectif,
00:16:17qui participe
00:16:18à un attroupement,
00:16:20c'est-à-dire,
00:16:20ou un groupement,
00:16:22une manifestation
00:16:23non déclarée,
00:16:24qui devient illégale,
00:16:26à qui on a demandé
00:16:26de se disperser
00:16:28et qui reste,
00:16:29si vous me dites
00:16:29que c'est de l'arbitraire
00:16:30et que c'est flou
00:16:31et imprécis,
00:16:32on n'a pas la même notion
00:16:33de ce qu'est le droit pénal.
00:16:35Merci, chers collègues.
00:16:36Explication de vote,
00:16:38M. Gué.
00:16:43Je vous remercie,
00:16:44Mme la Présidente,
00:16:45M. le ministre,
00:16:46mes chers collègues.
00:16:47Merci de votre réponse,
00:16:48mais on est en désaccord complet.
00:16:50M. le ministre,
00:16:51normal,
00:16:52pas les manifestations
00:16:53du même endroit,
00:16:54mais pardon de vous le dire,
00:16:56les NAS existent.
00:16:58Elles sont documentées,
00:17:00plutôt bien documentées,
00:17:02elles ont prouvé
00:17:04et à plusieurs reprises,
00:17:06elles ont eu lieu
00:17:07au cours des dernières manifestations.
00:17:09Elles ont eu lieu samedi
00:17:11et on regardera attentivement
00:17:13si elles ont eu lieu
00:17:14samedi prochain
00:17:14et le 5 novembre
00:17:16et les journées d'après.
00:17:17Et donc là,
00:17:18il y a une question
00:17:19et vous ne répondez pas.
00:17:20S'il y a NAS,
00:17:22et y compris au moment
00:17:23où les forces de l'ordre
00:17:25sont attaquées,
00:17:26la sommation n'est plus obligatoire,
00:17:27ce qui est réel.
00:17:28D'accord ?
00:17:29Donc il n'y aura pas de sommation.
00:17:30Vous êtes sur la place
00:17:31de la nation,
00:17:32en force de l'ordre
00:17:33considère qu'elles sont attaquées.
00:17:34Elles peuvent donc,
00:17:36évidemment,
00:17:36aller au contact
00:17:37sans sommation
00:17:38et donc attraper,
00:17:40évidemment,
00:17:41des gens
00:17:41qui n'auront rien à voir,
00:17:43je le redis,
00:17:44avec le fait
00:17:45de dégrader
00:17:46des biens.
00:17:47Donc là,
00:17:47il y a une question,
00:17:48dans le cas précis,
00:17:50évidemment.
00:17:50Moi, je pense que,
00:17:51de toute façon,
00:17:52on peut avoir le débat juridique
00:17:53sur toutes ces questions.
00:17:54Mais en fait,
00:17:55la question est extrêmement politique.
00:17:57Je prends une déclaration
00:17:58de votre prédécesseur,
00:17:59auquel je crois
00:18:00vous étiez à ses côtés,
00:18:01Christophe Castaner,
00:18:02qui déclarait en 2019
00:18:04« Ceux qui manifestent
00:18:06là où il y a
00:18:08de la casse annoncée
00:18:09savent
00:18:09qu'ils seront complices. »
00:18:11Vous mettez en lien,
00:18:12en application,
00:18:14cela.
00:18:14Et vous parlez qui ?
00:18:15Au mouvement social
00:18:16qui se développe aujourd'hui.
00:18:17Parce que vous n'apportez
00:18:19aucune réponse politique.
00:18:20Et ce que vous ne voulez pas,
00:18:21c'est que ce mouvement social
00:18:22prenne de l'ampleur.
00:18:23Et vous êtes en train
00:18:24de parler aux hésitants
00:18:25qui hésitent.
00:18:26Ne rejoignez pas
00:18:27les manifestations
00:18:28et les justes revendications
00:18:29parce que si vous êtes
00:18:30attrapés,
00:18:31vous paierez.
00:18:32Et donc les hésitants
00:18:32hésitent et restent
00:18:33chez eux.
00:18:34C'est ça la question.
00:18:35Vous voulez enterrer
00:18:35le mouvement social
00:18:37et en réalité
00:18:38dégrader le droit
00:18:39de manifester
00:18:40qui, je le rappelle,
00:18:41est un droit fondamental
00:18:42garanti
00:18:43par notre Constitution.
00:18:46Merci, chers collègues.
00:18:47Prochaine explication de vote,
00:18:48Monsieur Zian.
00:18:52Merci, Madame la Présidente.
00:18:54Quelques mots
00:18:54et dans la continuité
00:18:55des propos
00:18:56qui sont tenus
00:18:56par mes collègues.
00:18:57Avec cet article,
00:18:59ce que nous comprenons,
00:19:00peut-être que nous savons lire
00:19:02aussi un petit peu
00:19:02et je pense que nous avons lu,
00:19:04Monsieur le Sénateur Spiner,
00:19:05le document qui nous était présenté.
00:19:06Ce que nous comprenons,
00:19:07c'est que ce principe
00:19:08de casseur-pére,
00:19:09il existe déjà
00:19:10dans notre droit.
00:19:11Tout fait quelconque
00:19:12de l'homme
00:19:13qui cause à autrui
00:19:14un dommage
00:19:14oblige celui par la faute
00:19:16duquel il est arrivé
00:19:16à le réparer.
00:19:18On a bien lu.
00:19:19Un objectif que nous partageons
00:19:20et nous avons condamné ici
00:19:22les casses
00:19:23et les violences
00:19:24qui avaient été commises
00:19:24ces derniers jours.
00:19:25Mais qu'est-ce qu'on propose
00:19:26de réellement nouveau
00:19:27dans cette perspective ?
00:19:28Demain,
00:19:29et ça a été dit,
00:19:30ce qui nous inquiète
00:19:31et ce n'est pas clair.
00:19:33Quand c'est flou,
00:19:34c'est qu'il y a un loup.
00:19:35Un manifestant
00:19:35pourrait être tenu
00:19:37pour responsable
00:19:37de dommages
00:19:38qu'il n'a pas causé
00:19:38au seul motif
00:19:39qu'il était présent
00:19:40au mauvais endroit,
00:19:42au mauvais moment
00:19:42lors d'un rassemblement.
00:19:44Derrière ce slogan
00:19:45« casseur-payeur »
00:19:46se dessine une autre logique.
00:19:48Moi, j'ai envie de dire
00:19:49qu'il faut changer de titre.
00:19:51Ce n'est pas « casseur »,
00:19:52mais quand même « payeur »
00:19:53qui est en train
00:19:53de se déployer.
00:19:54On se pose la question
00:19:55ici, demain,
00:19:56parce qu'il y a eu des casses
00:19:57ces dernières semaines,
00:19:58le 17 octobre,
00:19:59mais que se passera-t-il
00:20:00quand il y aura
00:20:01des manifestations
00:20:01d'agriculteurs,
00:20:03de pompiers,
00:20:04de dockeurs,
00:20:04qui sont aussi en droit
00:20:06de réclamer des comptes
00:20:07sur ce qui se passe aujourd'hui
00:20:08auprès du gouvernement ?
00:20:09Dernier point.
00:20:11J'ai entendu quelque chose
00:20:12d'assez lunaire.
00:20:14J'ai entendu quelque chose
00:20:14d'assez lunaire sur
00:20:17voter cet article,
00:20:18il ira au Conseil constitutionnel,
00:20:20c'est lui qui dira
00:20:21si celui-ci est acceptable ou pas.
00:20:24Mais non,
00:20:25ce n'est pas comme ça
00:20:26que ça se passe.
00:20:27Nous sommes des parlementaires.
00:20:28Notre travail à toutes et à tous,
00:20:30c'est d'écrire la loi
00:20:31du mieux possible.
00:20:32D'ailleurs,
00:20:32j'ai cru comprendre
00:20:33que le président
00:20:33du Conseil constitutionnel,
00:20:35sa démission avait été demandée
00:20:36par Marine Le Pen
00:20:37il y a quelque temps,
00:20:38alors on se demande aujourd'hui
00:20:39est-ce que c'est lui
00:20:40qui va expliquer
00:20:41si la loi est bien écrite ou pas ?
00:20:43Non,
00:20:43notre responsabilité,
00:20:44c'est ici de l'écrire
00:20:45en bonne et due forme
00:20:46pour permettre justement
00:20:47à l'État de droit
00:20:48de fonctionner dans notre pays.
00:20:50Merci beaucoup,
00:20:51cher collègue.
00:20:51Monsieur Savoldelli.
00:21:01Merci Madame la Présidente,
00:21:02Monsieur le Ministre,
00:21:03mes chers collègues.
00:21:05J'ai senti,
00:21:06Monsieur le Ministre,
00:21:06une vraie sincérité
00:21:08il y a un moment,
00:21:10mais ça m'a éclairé.
00:21:11C'était sur
00:21:12comment va être effectif
00:21:14sur le terrain
00:21:15trois notions.
00:21:17Mais je vais vous dire
00:21:18parce que je pense
00:21:19que ce projet de loi
00:21:20crée une confusion
00:21:22de nature extrêmement politique,
00:21:25c'est tout à fait respectable,
00:21:26mais quand je regarde
00:21:27le fil rouge du débat,
00:21:29on est en train de faire
00:21:30une sorte d'assimilation
00:21:32entre rassemblement,
00:21:35manifestation
00:21:35et attroupement.
00:21:37Et là,
00:21:38il y a un problème.
00:21:40On peut avoir la débat
00:21:41sur les définitions
00:21:42de ces trois concepts,
00:21:44mais moi,
00:21:45je ne comprends pas
00:21:45l'actualité.
00:21:48Aujourd'hui,
00:21:49pour un attroupement,
00:21:52après sommation,
00:21:53on peut avoir
00:21:54un an d'emprisonnement
00:21:55et 15 000 euros
00:21:56d'amende.
00:21:57Et si on est
00:21:58à visage dissimulé,
00:22:00on peut avoir
00:22:00trois ans
00:22:00et 45 000 euros.
00:22:02Ça,
00:22:03c'est maintenant.
00:22:04Donc,
00:22:05je ne comprends pas
00:22:06ce qui se passe là.
00:22:07À part,
00:22:08j'irais dire,
00:22:09mettre une sorte
00:22:10de chape de plomb
00:22:11sur l'article.
00:22:13Un article important
00:22:14de la déclaration
00:22:15des droits d'amende,
00:22:15c'est de résister
00:22:16à l'oppression.
00:22:16Et moi,
00:22:17je vous dis,
00:22:17Monsieur le Ministre,
00:22:18avec des mots
00:22:19très tranquilles
00:22:19et apaisés.
00:22:21Quand on a arrêté
00:22:22autant de mineurs,
00:22:25faits historiques,
00:22:26pour leur dire lundi,
00:22:29oui,
00:22:30vous aviez raison
00:22:30sur Parcoursup,
00:22:31oui,
00:22:32il faut des profs
00:22:32en plus,
00:22:33etc.
00:22:34Vous voyez,
00:22:35il y a quelque chose
00:22:35qui n'est pas clair
00:22:36politiquement là.
00:22:37Il faut assumer
00:22:39des problèmes
00:22:39d'anticipation
00:22:40sur des débordements
00:22:41et des actes
00:22:42que je qualifie
00:22:43inadmissibles,
00:22:44mais il y a une faute
00:22:45d'État,
00:22:46Monsieur le Ministre,
00:22:47une faute d'État
00:22:48politique
00:22:48qui ne relève pas
00:22:49seulement d'ailleurs
00:22:50de votre ministère.
00:22:51Et là,
00:22:52on est en train
00:22:52de débattre,
00:22:53de savoir
00:22:54si en fin de compte,
00:22:55au final,
00:22:56les mineurs,
00:22:57les maubles,
00:22:58les lycéens,
00:22:58les étudiants,
00:22:59etc.,
00:22:59est-ce qu'ils avaient
00:23:00raison ou pas ?
00:23:01Est-ce que demain,
00:23:02il faut aller manifester
00:23:03en ayant la conscience
00:23:06qu'on peut réclamer
00:23:08un droit,
00:23:09une revendication ?
00:23:12Monsieur Gontard.
00:23:14Oui,
00:23:15merci,
00:23:15Madame la Présidente.
00:23:17Moi,
00:23:18d'abord,
00:23:18Monsieur le Ministre,
00:23:19Monsieur le rapporteur,
00:23:21j'aurais envie
00:23:22de vous inviter
00:23:23justement en immersion
00:23:24parmi les manifestants
00:23:25parce que c'est vrai
00:23:26que dans ce que j'ai pu
00:23:27entendre,
00:23:28je pense qu'on n'a pas
00:23:29tout à fait
00:23:29la même vision des choses,
00:23:31effectivement,
00:23:31du côté de là
00:23:32où on peut se placer.
00:23:34Puis peut-être
00:23:34qu'en plus,
00:23:34cette immersion
00:23:35parmi les manifestants
00:23:37vous permettra
00:23:38de mieux entendre
00:23:39justement ces revendications
00:23:40d'écouter
00:23:41ces revendications
00:23:42et peut-être
00:23:42d'y répondre
00:23:43un peu plus tôt
00:23:43parce que peut-être
00:23:44que tout sera
00:23:45aurait pu être évité
00:23:46aussi avec cette écoute,
00:23:48ce dialogue
00:23:49et ces réponses.
00:23:51Mais je voulais revenir
00:23:52sur le fond du texte.
00:23:55Quand un responsable
00:23:56politique fraude,
00:23:58vous êtes les premiers
00:23:58à refuser
00:23:59que l'opprobre
00:24:00soit jeté
00:24:01sur toute la classe politique
00:24:02et à dénoncer
00:24:02les tous pourris.
00:24:04Et pourtant,
00:24:05à travers ce texte,
00:24:06vous nous proposez
00:24:06en réalité
00:24:07la même logique
00:24:08en créant
00:24:09ce nouveau régime
00:24:11de responsabilité civile
00:24:12permettant de tenir
00:24:13responsable
00:24:13en cas de dommage
00:24:15des personnes
00:24:16ayant participé
00:24:17à un rassemblement,
00:24:18quelle que soit
00:24:19d'ailleurs
00:24:19leur responsabilité
00:24:20individuelle.
00:24:21Demain,
00:24:22en fait,
00:24:22avec ce texte,
00:24:23n'importe qui
00:24:24en participe
00:24:24à une manifestation
00:24:25durant laquelle
00:24:26il y aurait eu
00:24:26des dégâts matériels
00:24:28est présumé coupable
00:24:29de ces dommages
00:24:30et se retrouve
00:24:31sanctionné financièrement.
00:24:32Donc en fait,
00:24:33en réalité,
00:24:34à la répression policière,
00:24:36à la répression judiciaire,
00:24:38maintenant,
00:24:38vous ajoutez
00:24:39la répression financière.
00:24:40Donc ça,
00:24:41c'est déjà
00:24:41un premier problème.
00:24:42Et puis ensuite,
00:24:43monsieur le ministre,
00:24:44j'ai entendu vos explications.
00:24:45C'est pour ça
00:24:45que je vous dis
00:24:45peut-être qu'une immersion,
00:24:46moi, des sommations,
00:24:47je n'en ai jamais entendu.
00:24:48J'ai fait quelques manifestations,
00:24:50je n'ai jamais entendu
00:24:52de sommations.
00:24:53Et j'ai l'exemple
00:24:54de samedi dernier
00:24:55à Grenoble,
00:24:57manifestation
00:24:58sur le parcours déclaré,
00:24:59bloquée,
00:25:00gazée d'un côté,
00:25:02gazée derrière,
00:25:02et effectivement,
00:25:04des casseurs
00:25:05qui cassaient,
00:25:05on pouvait les voir.
00:25:06Comment on aurait été
00:25:08défini ?
00:25:09Comment on définit
00:25:10un groupe
00:25:10dans un groupe ?
00:25:12Monsieur le ministre,
00:25:12vous nous dites
00:25:13qu'il ne faut pas
00:25:13participer à un groupe
00:25:14à l'intérieur
00:25:15d'une manifestation
00:25:16qui, en soi,
00:25:18est justement
00:25:18un groupe à part entière.
00:25:20Alors,
00:25:20comment fait-on ?
00:25:21Moi, j'aimerais avoir
00:25:22des explications
00:25:23très clairement,
00:25:24très réalistes
00:25:24sur comment vous avez
00:25:26appliqué votre texte.
00:25:27Merci, chère collègue.
00:25:28Monsieur le ministre,
00:25:28vous avez la parole.
00:25:35Merci beaucoup,
00:25:36Madame la Présidente.
00:25:37Je vais répondre
00:25:38assez rapidement.
00:25:40Sur l'ANAS,
00:25:41monsieur le ministre,
00:25:42sur l'ANAS,
00:25:44il y a aussi parfois
00:25:46des mouvements
00:25:48de foule
00:25:49pendant une manifestation
00:25:50qui conduisent
00:25:51les forces de l'ordre
00:25:51à les retenir
00:25:52un temps
00:25:53pour éviter
00:25:53un trouble
00:25:54à l'ordre public.
00:25:54On a connu ça
00:25:55sous toutes les majorités.
00:25:57Vous vous souvenez
00:25:57de la manif pour tous ?
00:25:58Vous vous rappelez ?
00:25:59Bon.
00:26:01Non, mais je vous le dis
00:26:02pour certaines...
00:26:03Voilà.
00:26:04Ça arrivait aussi.
00:26:05Ça arrivait aussi.
00:26:06Ça arrivait aussi.
00:26:07Donc l'ANAS,
00:26:08c'est une façon...
00:26:08Il y a deux types de NAS.
00:26:10Soit ce que vous appelez
00:26:12l'ANAS,
00:26:12monsieur Gué,
00:26:13soit vous interpellez,
00:26:15soit vous interpellez,
00:26:16soit...
00:26:17Enfin, vous y étiez pas,
00:26:18mais c'était quand même
00:26:18une majorité de gauche
00:26:19qui gérait ces événements.
00:26:21Voilà.
00:26:21Bon.
00:26:22Donc,
00:26:23monsieur le sénateur,
00:26:24l'ANAS,
00:26:25soit vous interpellez
00:26:26les personnes
00:26:26et vous attendez
00:26:27qu'elles soient prises en charge
00:26:28et elles sont retenues.
00:26:29Souvent, on appelle ça
00:26:30improprement l'ANAS
00:26:30et on est déjà
00:26:32sous l'autorité du judiciaire
00:26:33dans ces cas-là.
00:26:34Premier point.
00:26:35Deuxième point.
00:26:36Deuxième point.
00:26:37Il arrive parfois,
00:26:38effectivement,
00:26:38qu'on retienne un groupe
00:26:39qui se dirige
00:26:40et qui va commettre des...
00:26:40Mais la fin de tout ça,
00:26:42la fin de tout ça,
00:26:43monsieur le sénateur,
00:26:44ce n'est pas le délit
00:26:46de groupement,
00:26:46d'attroupement.
00:26:47Ça ne se termine pas comme ça.
00:26:48Donc l'exemple que vous donnez
00:26:49ne se termine pas...
00:26:52La fin,
00:26:53ce n'est pas le texte
00:26:53que l'on vous présente.
00:26:55Bon, j'en profite
00:26:55pour répondre à monsieur Gontard.
00:26:57La différence claire
00:26:57entre une manifestation
00:26:59et la responsabilité civile
00:27:01que nous établissons ici,
00:27:03elle est liée
00:27:03à la responsabilité pénale
00:27:05d'avoir participé
00:27:05à un groupement,
00:27:06à un attroupement.
00:27:07Ce n'est pas quelque chose
00:27:08d'indépendant,
00:27:08ce régime de responsabilité civile.
00:27:10Quand vous allez
00:27:11dans une manifestation,
00:27:12vous n'êtes pas
00:27:12dans un attroupement,
00:27:14vous n'êtes pas
00:27:14dans un groupement
00:27:15constitué en vue
00:27:16de constituer des violences.
00:27:17C'est ça ce que l'on vise
00:27:18pendant le cortège,
00:27:20il arrive effectivement
00:27:21que des attroupements
00:27:21se constituent,
00:27:23commettent des violences
00:27:23et il y a des sommations
00:27:24et quand on se maintient,
00:27:25on est en infraction.
00:27:27Voilà.
00:27:27Donc, ça n'est pas
00:27:28l'ensemble de la manifestation.
00:27:29Bon.
00:27:30Deuxièmement,
00:27:31sur les sommations,
00:27:32monsieur Gué,
00:27:32vous disiez,
00:27:33parfois,
00:27:34il y a des interventions
00:27:35sans sommation.
00:27:36Oui, ça s'appelle
00:27:36la légitime défense
00:27:37ou quand il y a
00:27:38des dégradations,
00:27:39il y a des interventions
00:27:40de police sans sommation.
00:27:43Dans ce cas-là,
00:27:43évidemment que le texte
00:27:44ne sera pas applicable.
00:27:45Évidemment que le texte
00:27:46ne sera pas applicable.
00:27:48Et puis,
00:27:50sur la constitutionnalité,
00:27:52vous répondiez
00:27:53à madame la présidente,
00:27:55madame Diaz.
00:27:56C'est aussi au gouvernement,
00:27:58sur la constitutionnalité,
00:27:59éclairé par l'avis
00:28:00du Conseil d'État,
00:28:01de porter devant vous
00:28:02des dispositions législatives
00:28:04qu'il juge constitutionnelles.
00:28:05Pour nous,
00:28:06elles sont constitutionnelles.
00:28:07Le Conseil d'État
00:28:08a rendu un avis
00:28:08qui est très clair,
00:28:09qui dit que le projet
00:28:11est tout à fait proportionné
00:28:12entre à la fois
00:28:14les principes constitutionnels
00:28:16qui veulent
00:28:18que quand vous commettez
00:28:19un dommage,
00:28:20vous devez en assurer
00:28:21la réparation,
00:28:22surtout quand ce dommage
00:28:24est lié à un comportement
00:28:25fautif.
00:28:26La participation à un groupement
00:28:27ou la participation
00:28:28à un attroupement,
00:28:29c'est un comportement fautif.
00:28:31Il y a bien
00:28:31cette imputabilité.
00:28:32Et par ailleurs,
00:28:33vous avez un autre
00:28:33principe constitutionnel
00:28:35qui est que celui
00:28:35qui est victime d'un dommage
00:28:36doit pouvoir obtenir réparation.
00:28:38Et ce projet de loi,
00:28:39il établit cet équilibre
00:28:41entre ces deux principes
00:28:41constitutionnels.
00:28:42Enfin,
00:28:42dernier élément de réponse,
00:28:44M. Christophe Castaner
00:28:45disait que toute personne
00:28:47qui participe
00:28:47à une manifestation
00:28:48qui reste,
00:28:49il est complice.
00:28:49Mais c'est déjà
00:28:50le droit existant,
00:28:51M. le sénateur.
00:28:52Le groupement...
00:28:53Non, en matière pénale.
00:28:54En matière pénale.
00:28:55En matière pénale.
00:28:57Nous, ce qu'on instaure,
00:28:58c'est une responsabilité civile
00:29:00solidaire.
00:29:00En matière pénale,
00:29:02vous êtes dans un groupement
00:29:03qui est constitué
00:29:04en vue de commettre
00:29:04des violences.
00:29:05C'est déjà un délit,
00:29:06c'est déjà une infraction
00:29:07qui est poursuivie
00:29:08très régulièrement.
00:29:09simplement pour aller
00:29:10chercher la responsabilité civile,
00:29:12il faut qu'on démontre
00:29:13qu'au sein de ce groupement,
00:29:14vous avez commis
00:29:17une dégradation.
00:29:18Le texte que nous proposons
00:29:21prévoit une responsabilité
00:29:22solidaire.
00:29:23Tous les membres du groupement
00:29:24devront pouvoir,
00:29:25civilement,
00:29:26pouvoir répondre
00:29:26des dégradations
00:29:27que le groupement a causées.
00:29:28Voilà ce que dit le texte,
00:29:29ni plus ni moins.
00:29:30Et il préserve bien
00:29:31le droit et la liberté
00:29:32de manifester.
00:29:34Merci, M. le ministre.
00:29:35Demande de parole
00:29:36de Mme la présidente Vaugelle.
00:29:38Merci, M. le ministre.
00:29:40Je suis désolée d'insister,
00:29:42mais pour moi,
00:29:43on n'a pas eu la réponse
00:29:43à la question.
00:29:44Vous nous racontez,
00:29:45on est dans une manifestation.
00:29:48Une manifestation,
00:29:49c'est quand même
00:29:49un groupe de gens,
00:29:51qui est gros,
00:29:52un gros groupe.
00:29:53C'est un groupe de gens
00:29:54qui, généralement,
00:29:55marchent ensemble.
00:29:58Autour de cette manifestation,
00:29:59il commence à y avoir
00:30:01des violences,
00:30:02des casseurs
00:30:03qui pillent.
00:30:04Et là, vous nous dites,
00:30:05mais il n'y a pas de problème.
00:30:06Les manifestants
00:30:07qui passent à côté
00:30:09des casseurs,
00:30:10ils ne sont pas mis en cause
00:30:11par cette loi.
00:30:12Ceux qui sont mis en cause
00:30:13par cette loi,
00:30:14c'est ceux qui participent
00:30:15à un attroupement
00:30:16autour des casseurs,
00:30:17mais qui n'ont rien à voir
00:30:18avec les manifestants
00:30:19qui marchent à côté.
00:30:20Je suis désolée,
00:30:21ça ne veut absolument
00:30:22rien dire.
00:30:22Comment vous faites
00:30:23la différence
00:30:24entre des gens
00:30:25attroupés autour
00:30:26de casseurs
00:30:27et des gens
00:30:29qui marchent
00:30:30à côté des casseurs
00:30:32parce qu'ils manifestent ?
00:30:33Je suis désolée,
00:30:34ça n'a en pratique,
00:30:35ça n'a aucun sens
00:30:36et vous n'avez pas répondu
00:30:38à la manière
00:30:39dont légalement
00:30:40on fait la différence
00:30:41entre les deux.
00:30:42Et la deuxième chose,
00:30:44j'aimerais bien
00:30:44que vous nous éclairiez,
00:30:46on a adopté une loi
00:30:47en 2019
00:30:48qui permet
00:30:49aux casseurs
00:30:50de payer.
00:30:51Est-ce que vous avez
00:30:52un bilan
00:30:53de cette loi ?
00:30:54Parce que
00:30:55l'impression qu'on a,
00:30:56c'est que globalement,
00:30:58elle a peu marché.
00:31:00Et là,
00:31:00ce que vous nous proposez
00:31:01de faire,
00:31:02c'est d'une loi
00:31:03qui finalement
00:31:04n'a pas l'air
00:31:04d'avoir servi
00:31:05à grand-chose,
00:31:06voulait l'élargir
00:31:08à plein de gens
00:31:10qui,
00:31:10et c'est très clair
00:31:12dans la manière
00:31:12dont c'est écrit,
00:31:13ça a été dit
00:31:13par plusieurs collègues,
00:31:14n'ont rien cassé.
00:31:16Rien cassé.
00:31:17Et on sait très bien
00:31:18que les casseurs,
00:31:20ils s'en foutent
00:31:21qu'il y ait des gens
00:31:22à côté.
00:31:23C'est pas ça
00:31:24qui leur permet
00:31:24de casser des vitrines.
00:31:25C'est pas qu'il y ait
00:31:26des gens qui marchent
00:31:27à côté,
00:31:28attroupés à côté
00:31:29ou groupés à côté
00:31:30qui leur permet
00:31:31de casser des vitrines
00:31:32ou d'arrêter.
00:31:33Donc il n'y a pas de lien,
00:31:35il n'y a aucun rapport
00:31:36entre le fait
00:31:37que des manifestants
00:31:38ou des gens
00:31:39qui participent
00:31:40à un attroupement
00:31:41à côté des casseurs,
00:31:44ça n'a pas de lien
00:31:45avec le fait
00:31:45qu'il y ait plus ou moins
00:31:46de casse.
00:31:46Est-ce que vous pourriez
00:31:47être précis sur ce sujet
00:31:48parce que c'est quand même
00:31:48important ?
00:31:51Merci.
00:31:52J'ai été saisie
00:31:53d'une demande
00:31:54de scrutin public
00:31:55sur ces trois amendements
00:31:57identiques.
00:31:57Je les rappelle,
00:31:58le numéro 3,
00:31:5932 et 54
00:32:00rectifié bis
00:32:01par le groupe
00:32:02socialiste,
00:32:03écologiste
00:32:03et républicain.
00:32:05Je rappelle
00:32:06l'avis de la commission
00:32:07défavorable,
00:32:08avis du gouvernement
00:32:10défavorable.
00:32:12Le scrutin est ouvert.
00:32:14Le scrutin est clos.
00:32:19votant 339,
00:32:21exprimé 336
00:32:22pour 96
00:32:24contre 240.
00:32:26Les amendements
00:32:27ne sont pas adoptés.
00:32:30Nous passons
00:32:31à la discussion commune
00:32:32de cinq amendements.
00:32:34Le numéro 68,
00:32:35Madame la Présidente Diaz.
00:32:39Merci,
00:32:40Madame la Présidente.
00:32:41Notre premier amendement
00:32:43vise à porter
00:32:44de 10 000 à 30 000 euros
00:32:45le plafond de réparation
00:32:47dû par chaque participant.
00:32:49Tout le monde
00:32:49a bien compris,
00:32:50le principe
00:32:51qui a minime
00:32:51le RN et l'UDR
00:32:52est très simple.
00:32:53Celui qui casse
00:32:54doit payer.
00:32:55Alors,
00:32:56je vais vous donner
00:32:57un certain nombre
00:32:57de montants
00:32:58qui sont particulièrement élevés
00:33:00et qui justifient
00:33:01cette augmentation
00:33:02de ce plafond.
00:33:04En 2023,
00:33:05la Confédération
00:33:06des buralistes
00:33:06avait estimé
00:33:07une sinistralité
00:33:08à 20 millions d'euros
00:33:09pour 545 bureaux
00:33:11de tabac assaillis
00:33:12et 64 complètement détruits.
00:33:14Dans ma région,
00:33:15la Nouvelle-Aquitaine,
00:33:16le 6 octobre dernier,
00:33:18le Conseil régional
00:33:19a indiqué
00:33:20que les dégradations
00:33:21à l'encontre
00:33:22des lycées
00:33:23s'élevaient
00:33:24à 1 million d'euros,
00:33:25dont 200 000 euros
00:33:26rien que pour le lycée
00:33:27des Iris
00:33:28à Lormont.
00:33:29Nous,
00:33:29nous estimons
00:33:30que pour qu'une sanction
00:33:31soit réellement dissuasive,
00:33:33du coup,
00:33:33pour qu'elle soit réellement efficace,
00:33:35il faut un montant
00:33:37suffisamment important
00:33:38pour que les casseurs,
00:33:40eh bien,
00:33:40avant de passer à l'acte,
00:33:41se posent la question
00:33:42est-ce que c'est vraiment
00:33:43raisonnable
00:33:44de passer à l'acte ?
00:33:46Et à ceux qui nous diront
00:33:47que nous allons
00:33:48prendre l'argent
00:33:50des personnes défavorisées,
00:33:52nous leur répondons
00:33:53ne vous inquiétez pas,
00:33:54nous donnerons
00:33:55la possibilité
00:33:56à ces personnes
00:33:57de payer
00:33:57jusqu'à la fin de leur vie.
00:34:00Merci,
00:34:01chers collègues.
00:34:03Amendement numéro 41,
00:34:04rectifié de terre,
00:34:06M. Foissin.
00:34:09Madame la Présidente,
00:34:11lorsqu'un bâtiment
00:34:12public est incendié,
00:34:13lorsqu'un commerce
00:34:13est saccagé,
00:34:14lorsqu'un équipement
00:34:15collectif est détruit,
00:34:16ce sont toujours
00:34:17les mêmes qui paient,
00:34:19les contribuables,
00:34:20les commerçants,
00:34:21les collectivités territoriales
00:34:22et, au bout du compte,
00:34:23nos concitoyens.
00:34:25Ce sont des années
00:34:25d'efforts
00:34:26qui partent en fumée,
00:34:27ce sont des services
00:34:28publics fragilisés,
00:34:29ce sont des élus locaux
00:34:30qui doivent trouver
00:34:31dans des budgets
00:34:32déjà contraints
00:34:32les moyens
00:34:33de réparer
00:34:34ce qui a été détruit.
00:34:37Notre responsabilité
00:34:37aujourd'hui
00:34:38est de faire en sorte
00:34:39que les victimes
00:34:39ne soient plus
00:34:40les oubliés
00:34:41de ces violences.
00:34:42Le texte prévoit
00:34:43un plafond
00:34:44de responsabilité civile
00:34:45de 10 000 euros
00:34:45par personne
00:34:47concernée par le dispositif.
00:34:48Cet amendement propose
00:34:49de porter ce plafond
00:34:50à 20 000 euros.
00:34:51Pourquoi ?
00:34:51Parce que 10 000 euros
00:34:52ne peuvent pas constituer
00:34:53une réponse suffisante
00:34:54face à des dégradations
00:34:55qui peuvent coûter
00:34:56des dizaines,
00:34:57voire des centaines
00:34:57de milliers d'euros.
00:34:59Je veux être clair
00:35:00avec mes collègues
00:35:00co-signataires,
00:35:01nous ne proposons pas
00:35:02une responsabilité illimitée.
00:35:04Nous ne remettons pas
00:35:05en cause le principe
00:35:06d'un encadrement légal.
00:35:08Nous proposons simplement
00:35:09de relever un plafond
00:35:10qui risque de limiter
00:35:11excessivement
00:35:11les possibilités
00:35:12d'indemnisation
00:35:13des victimes.
00:35:14Merci.
00:35:16Merci, chers collègues.
00:35:18amendements 12 rectifiés.
00:35:20Monsieur Bérat.
00:35:22Oui, d'accord.
00:35:23Madame la Présidente,
00:35:25monsieur le ministre,
00:35:26monsieur le rapporteur,
00:35:27chers collègues,
00:35:28le texte qui nous est soumis
00:35:31aujourd'hui ne prévoyait pas
00:35:32l'événement du 17 octobre,
00:35:34mais montre,
00:35:35cet événement montre
00:35:36à quel point ce texte
00:35:37est pertinent,
00:35:38en fait, aujourd'hui.
00:35:39Le 17 octobre,
00:35:41notre jeunesse inquiète,
00:35:43insatisfaite, défilée.
00:35:45En manifestant,
00:35:46elle témoigne de sa volonté
00:35:47de construire sa place
00:35:48dans la société.
00:35:49Cette jeunesse française,
00:35:50elle est généreuse,
00:35:51sensible à la justice
00:35:52et à l'égalité.
00:35:56Elle a soif d'avenir.
00:35:58Sauf que le 17 octobre,
00:36:00elle a été doublée
00:36:01par une partie
00:36:03de voyous
00:36:06qui sont les délinquants
00:36:07qu'elle a peut-être
00:36:08rejoints parfois.
00:36:10Elle a été également...
00:36:11Certains ont rejoint aussi
00:36:12les casseurs professionnels
00:36:14qui agissent depuis des années
00:36:17dans chacune de ces manifestations.
00:36:20Si la bienveillance
00:36:22est la première réponse
00:36:22que notre société doit apporter
00:36:24aujourd'hui,
00:36:25la fermeté est la seconde.
00:36:27Une fermeté sans faille
00:36:30face aux dérives violentes
00:36:32et injustifiables.
00:36:34La justice doit condamner
00:36:35ceux qui se livrent à la violence
00:36:37et considérer que la responsabilité
00:36:39individuelle de chaque membre
00:36:41d'un groupe est engagée
00:36:42dès lors que ce groupe
00:36:43commet des exactions.
00:36:45La liberté ne peut exister
00:36:47sans ordre républicain,
00:36:49sans sens des responsabilités.
00:36:51Et l'engagement individuel
00:36:52au sein d'un groupe
00:36:53de casseurs
00:36:54est un choix délibéré
00:36:55et implique
00:36:56la responsabilité individuelle
00:36:58qui doit être assumée
00:37:00et donc sanctionnée.
00:37:02Le coût total des émeutes
00:37:04du 17 octobre
00:37:05serait évalué
00:37:06comme d'ailleurs en 2023,
00:37:07je crois,
00:37:08à un milliard d'euros.
00:37:09Je crois qu'on a interpellé
00:37:11à peu près 2 000 personnes.
00:37:12Si on fait la division,
00:37:13on s'aperçoit qu'en fait
00:37:15on arrive à un montant
00:37:16de 500 000 euros.
00:37:17Alors ce n'est pas
00:37:20avec la demande
00:37:21de remboursement
00:37:22de tous ceux
00:37:23qui ont été interpellés
00:37:23qu'on va récupérer
00:37:24notre milliard d'euros,
00:37:25certainement.
00:37:26Pour autant,
00:37:28la responsabilité,
00:37:28on vient d'en parler,
00:37:29c'est quelque chose d'essentiel
00:37:30et en particulier pour nos jeunes,
00:37:32parfois,
00:37:32qui doivent prendre conscience
00:37:33de ce qu'elle signifie
00:37:35pour aussi vivre
00:37:36en liberté dans ce pays.
00:37:37C'est la raison pour laquelle
00:37:38je pense qu'il est raisonnable
00:37:39comme mes prédécesseurs
00:37:40de considérer
00:37:41qu'il faut augmenter
00:37:42cette somme
00:37:43et de la passer
00:37:43de au moins
00:37:44de 10 000 à 20 000 euros
00:37:45pour que le juge
00:37:46puisse évaluer
00:37:48en fonction des circonstances
00:37:49et se donner les moyens
00:37:51d'agir de façon plus efficace.
00:37:54Merci, chers collègues.
00:37:55Amendement numéro 65,
00:37:57M. Bravi.
00:37:58Merci, Mme la Présidente.
00:37:59M. le ministre,
00:38:00M. le rapporteur,
00:38:01chers collègues,
00:38:02c'est un amendement de repli
00:38:04si certains,
00:38:04sur ces bancs juges,
00:38:06calés jusqu'à 30 000 euros
00:38:07par participant
00:38:07seraient excessifs
00:38:08et fragiliseraient
00:38:09la proportionnalité du dispositif.
00:38:11Nous entendrons ces réserves
00:38:13et nous vous proposerons donc
00:38:14une voie plus mesurée,
00:38:15doubler le plafond
00:38:16en le portant à 20 000 euros
00:38:17car si l'on peut discuter
00:38:19du niveau,
00:38:20le statu quo,
00:38:20lui,
00:38:21est intenable.
00:38:22Rappelons l'ampleur des dégâts,
00:38:24800 millions d'euros
00:38:25de dommages
00:38:26assurés lors des émeutes
00:38:27de 2023
00:38:27selon l'étude d'impact,
00:38:30plus de 8 millions
00:38:30réclamés par l'État
00:38:31dans 6 dossiers seulement.
00:38:33Pour vous donner
00:38:33l'ampleur des dégâts,
00:38:34le 17 octobre
00:38:35a entraîné
00:38:36plus de 10 millions
00:38:38de dégâts
00:38:39sur la métropole
00:38:39ex-Marseille.
00:38:41Face à de tels montants,
00:38:4210 000 euros par casseur,
00:38:43c'est une goutte d'eau
00:38:43et ce sont
00:38:44les contribuables,
00:38:45les communes
00:38:46et les commerçants
00:38:46qui paient le reste.
00:38:48Cet amendement vise
00:38:49ceux qui ont rejoint
00:38:50sciemment un groupement
00:38:51formé pour commettre
00:38:52des violences,
00:38:53ils savent ce qu'ils font
00:38:54et ne sont pas
00:38:55des passants égarés
00:38:56au mauvais endroit.
00:38:57Surtout,
00:38:58ils conservent le plafond
00:38:59sur lequel le Conseil d'État
00:39:00a fondé son appréciation
00:39:01de la proportionnalité
00:39:02du dispositif
00:39:03dans son avis
00:39:04du 3 septembre.
00:39:05Il répond ainsi
00:39:06précisément
00:39:07à l'objection
00:39:07qui pourrait être faite
00:39:08tout en renforçant
00:39:09réellement la portée
00:39:10dissuasive et réparatrice
00:39:11du texte.
00:39:12Je vous invite donc
00:39:13à l'adopter.
00:39:16Vous défendez le 66 ?
00:39:18Merci beaucoup.
00:39:19Merci Madame la Présidente.
00:39:20C'est le même raisonnement
00:39:22appliqué cette fois
00:39:22au second cas
00:39:23prévu par l'article,
00:39:24celui de l'attroupement.
00:39:25Pour répondre
00:39:26aux craintes exprimées
00:39:27sur la proportionnalité
00:39:28d'un triplement du plafond,
00:39:30nous proposons ici
00:39:30une hausse plus modérée,
00:39:3120 000 euros,
00:39:32soit un doublement
00:39:33qui reste un effort
00:39:34réel et mesuré.
00:39:36Qui est visé ?
00:39:37Pas le manifestant pacifique
00:39:39et de bonne foi.
00:39:40Le texte est précis.
00:39:41Celui qui reste volontairement
00:39:43dans l'attroupement
00:39:44malgré les sommations
00:39:45en sachant que d'autres
00:39:46sont en train de frapper,
00:39:47de piller ou de détruire.
00:39:49Celui-là a fait un choix
00:39:50en toute connaissance de cause,
00:39:52rester et servir
00:39:53de couverture au casseur.
00:39:55Il doit en assumer
00:39:55les conséquences
00:39:56sur ses propres deniers.
00:39:58Or, 10 000 euros
00:39:59face aux 800 millions,
00:40:00comme je viens de le dire,
00:40:04800 000 euros, pardon,
00:40:05de dommages assurés
00:40:06des émeutes de 2023
00:40:08ou de 8 millions d'euros
00:40:09réclamés par l'Etat
00:40:10dans 6 dossiers seulement,
00:40:11c'est sans commune mesure.
00:40:12Cet amendement ne touche
00:40:13à rien d'essentiel.
00:40:14Le plafond est maintenu
00:40:16conformément à l'avis
00:40:17du Conseil d'Etat.
00:40:18Le droit de manifester
00:40:19est intact.
00:40:20Ceux qui restent
00:40:21pour un motif légitime
00:40:22demeurent protégés.
00:40:24Ce que nous refusons,
00:40:25c'est que l'ordre de dispersion
00:40:26soit ignoré sans conséquence
00:40:28et que la note soit réglée
00:40:29par les victimes
00:40:30et les contribuables.
00:40:31Nous avons fait un pas
00:40:32vers la position
00:40:33de la Commission.
00:40:34Je vous demande
00:40:35d'en faire un
00:40:36vers la juste réparation
00:40:37des dommages.
00:40:37Je vous remercie.
00:40:38Merci, chers collègues.
00:40:40Je vais demander
00:40:40l'avis de la Commission.
00:40:43Chers collègues.
00:40:45Merci, Madame la Présidente.
00:40:48Deux petites précisions.
00:40:51Tout d'abord.
00:40:52D'abord, s'agissant
00:40:53d'avoir une responsabilité
00:40:56plafonnée.
00:40:57Je rappelle,
00:40:57en premier lieu,
00:40:59que l'auteur direct
00:41:00du dommage,
00:41:01lui,
00:41:01n'a aucun plafonnement
00:41:03à sa responsabilité
00:41:04dans le droit commun
00:41:05en dehors
00:41:06de la responsabilité.
00:41:07Lorsqu'on dit
00:41:08que ça ne correspond pas
00:41:09à que les personnes
00:41:10ne sont pas indemnisées,
00:41:11je veux dire,
00:41:12oui,
00:41:13on peut l'évoquer
00:41:15sur la solvabilité,
00:41:16mais en tout cas,
00:41:16dans son principe,
00:41:17la personne auteur
00:41:18directe du dommage
00:41:19n'a pas de responsabilité
00:41:21plafonnée.
00:41:22Il faut le rappeler,
00:41:23là, on met en place
00:41:24un nouveau système
00:41:25de responsabilité
00:41:25qui n'existe pas aujourd'hui
00:41:27avec un lien de causalité
00:41:29entre le fait dommageable
00:41:31et le dommage
00:41:32qui est un peu plus distendu.
00:41:33D'où l'idée de plafonnement.
00:41:36Deuxième élément,
00:41:37ce qu'il faut avoir à l'esprit,
00:41:39c'est que ce n'est pas
00:41:40la victime
00:41:41qui supporte
00:41:43le plafonnement
00:41:43de 10 000 euros
00:41:44puisque,
00:41:45bien souvent,
00:41:46évidemment,
00:41:46c'est l'État
00:41:47qui vient se substituer,
00:41:49évidemment,
00:41:50au nom d'une responsabilité
00:41:51sans faute
00:41:51pour venir indemniser
00:41:53les victimes.
00:41:53Donc, ce plafonnement
00:41:54ne vient pas léser
00:41:56les victimes,
00:41:57mais, effectivement,
00:41:58ne permet pas à l'État
00:41:59de se retourner
00:42:00pour l'intégralité
00:42:01de la somme
00:42:02qui l'est amenée
00:42:03à indemniser.
00:42:04Donc, c'est deux précisions.
00:42:05Donc, l'auteur direct,
00:42:06lui, n'a pas de responsabilité
00:42:07plafonnée
00:42:08et, deuxièmement,
00:42:09ce n'est pas la victime
00:42:10qui subit ce plafonnement
00:42:12de 10 000 euros.
00:42:13Alors, nous en avons discuté
00:42:15en commission
00:42:16et entre rapporteurs,
00:42:17nous en avons beaucoup discuté
00:42:18de ce plafonnement
00:42:19et, finalement,
00:42:19nous avons préféré
00:42:21rester sur le plafond
00:42:23de 10 000 euros
00:42:24pour la seule
00:42:25et bonne raison
00:42:26que cela correspond
00:42:28à ce qui est jugé
00:42:30acceptable
00:42:31par le Conseil d'État
00:42:32qui nous dit
00:42:34l'introduction
00:42:35d'un plafond forfaitaire
00:42:36à hauteur de 10 000 euros
00:42:37par personne
00:42:37réduit significativement
00:42:40le risque
00:42:40de disproportion
00:42:41entre le fait dommageable
00:42:43et le montant
00:42:43de la réparation supportée.
00:42:45C'est-à-dire, concrètement,
00:42:47le Conseil d'État
00:42:48nous indique
00:42:48que, si nous allions au TOLA,
00:42:51il y aurait une question
00:42:51de disproportion
00:42:53avec l'indemnisation.
00:42:54C'est-à-dire, concrètement,
00:42:55que le dispositif principal
00:42:57du texte tomberait
00:42:58et cela veut dire
00:42:59que nous ne ferions pas
00:42:59évoluer le droit.
00:43:01Cela veut dire
00:43:02que je comprends bien
00:43:04l'intention
00:43:04des auteurs
00:43:05des amendements
00:43:05qui consistent
00:43:07à vouloir, évidemment,
00:43:09que l'auteur,
00:43:11la personne mise en cause,
00:43:13paye davantage,
00:43:14mais, concrètement,
00:43:14l'adoption
00:43:15de tels amendements
00:43:18comporte de forts risques
00:43:19de faire tomber
00:43:20l'ensemble du dispositif,
00:43:22c'est-à-dire, concrètement,
00:43:23de ne pas faire avancer
00:43:24l'état du droit.
00:43:26Donc, la Commission
00:43:27a préféré
00:43:28s'en tenir
00:43:29au dispositif
00:43:30proposé
00:43:31par le gouvernement,
00:43:32validé
00:43:33par le Conseil d'État,
00:43:35qui correspond
00:43:36à une avancée
00:43:37que certains,
00:43:39et peut-être nous-mêmes,
00:43:40d'ailleurs,
00:43:40peuvent juger,
00:43:40dans le fond,
00:43:41un peu insatisfaisante,
00:43:42mais, en tout cas,
00:43:43c'est la seule voie
00:43:43que nous avons aujourd'hui
00:43:45pour concrètement
00:43:45avancer sur le sujet.
00:43:48Merci beaucoup.
00:43:49Avis du gouvernement,
00:43:50M. le ministre.
00:43:52Madame la Présidente,
00:43:54même avis,
00:43:55exactement pour les motifs
00:43:56qui ont été donnés,
00:43:57ceux du respect
00:43:58d'une forme
00:43:58de proportionnalité,
00:43:59et le rappel aussi,
00:44:01c'est important,
00:44:01ça a été rappelé
00:44:02par M. le rapporteur,
00:44:03on est,
00:44:04dans la majorité des cas,
00:44:05sur un régime
00:44:05de responsabilité
00:44:06sans faute de l'État.
00:44:07On va chercher
00:44:08la responsabilité de l'État,
00:44:09et c'est l'État,
00:44:10ensuite,
00:44:10qui se retourne
00:44:11contre les débiteurs
00:44:13responsables,
00:44:14solidairement.
00:44:14Voilà,
00:44:15donc,
00:44:15même avis que M. le rapporteur,
00:44:16on reste à 10 000,
00:44:18et donc défavorables.
00:44:21M. Guay.
00:44:27Merci,
00:44:28Mme la Présidente,
00:44:29M. le ministre,
00:44:30mes chers collègues.
00:44:31Juste pour qu'on arrive
00:44:33à visualiser
00:44:34ce que ça représente,
00:44:36donc,
00:44:36la nouvelle responsabilité
00:44:38solidaire,
00:44:39autour de 10 000 euros,
00:44:40pour un foyer
00:44:42qui a le RSA.
00:44:44Le barème de saisie,
00:44:46vous m'arrêtez si je me trompe,
00:44:48prélève 57 euros par mois maximum.
00:44:51À ce rythme,
00:44:53pour rembourser 10 000 euros,
00:44:55il faudra 14 ans de prélèvement.
00:44:57Si on suit les amendements
00:45:00du Rassemblement national,
00:45:0220 000 euros,
00:45:04c'est 29 ans.
00:45:06Et si on va au pire
00:45:07des amendements
00:45:08du Rassemblement national,
00:45:11c'est 30 000 euros,
00:45:1244 ans.
00:45:13Mais d'ailleurs,
00:45:14Mme Diaz a dit,
00:45:15ce n'est pas grave,
00:45:16ils paieront à vie.
00:45:17Moi,
00:45:19je le dis,
00:45:20Mme la Présidente,
00:45:20j'ai fait une erreur,
00:45:21j'aurais proposé
00:45:22un sous-amendement.
00:45:23Qu'on monte le barème
00:45:24jusqu'à 4,5 millions.
00:45:27Vous voyez ?
00:45:27On aurait appelé ça,
00:45:29c'est l'amendement,
00:45:30voleur-payeur.
00:45:31Ceux qui ont piqué
00:45:32dans la caisse,
00:45:32ils devront rembourser à vie.
00:45:40On passe au vote
00:45:41pour l'amendement 68,
00:45:44qui est pour ?
00:45:46Je rappelle les avis,
00:45:48avis défavorable de la Commission,
00:45:50avis défavorable du gouvernement.
00:45:52Qui est pour ?
00:45:54Numéro 68.
00:46:00Qui est contre ?
00:46:04Qui s'abstient ?
00:46:06L'amendement n'est pas adopté.
00:46:08Deux amendements
00:46:09en discussion commune.
00:46:10L'amendement 50
00:46:11de M. Michalet.
00:46:18Merci,
00:46:18M. le Président.
00:46:19C'est un amendement
00:46:20que je vous propose
00:46:20qui avait été porté
00:46:21à l'époque
00:46:21par notre collègue
00:46:23Patrick Chèze
00:46:24et le ministre
00:46:25qui était au banc
00:46:25Jean-Noël Barraud,
00:46:27excellent Patrick Chèze,
00:46:28et qui avait été,
00:46:30c'était plus
00:46:30un amendement d'appel
00:46:31et on avait dit
00:46:32à l'époque,
00:46:32M. le ministre,
00:46:34qu'on allait travailler
00:46:34ce sujet
00:46:35et qu'on allait tous
00:46:35en parler.
00:46:36Je vois que
00:46:37vous vous êtes,
00:46:38vous aussi,
00:46:39intéressé au sujet
00:46:40puisqu'on porte
00:46:41un amendement commun.
00:46:42Il s'agit là
00:46:42de désarmer
00:46:44les délinquants
00:46:45et l'usage
00:46:45qu'ils font
00:46:46des réseaux sociaux.
00:46:48Si vous me permettez,
00:46:49à visage découvert,
00:46:50ces individus
00:46:52diffusent des contenus
00:46:53qui incitent directement
00:46:54à la violence,
00:46:54qui l'organisent
00:46:56et qui la structurent.
00:46:57cet amendement
00:46:58vous propose
00:46:58donc d'élargir
00:46:59le champ d'intervention
00:47:00de Pharos
00:47:01à la lutte
00:47:02contre les contenus
00:47:02qui provoquent
00:47:03directement la commission
00:47:05d'atteinte volontaire
00:47:06à la vie,
00:47:06d'atteinte volontaire
00:47:08à l'intégrité physique
00:47:09de la personne,
00:47:10d'agression sexuelle,
00:47:11de vol,
00:47:12de destruction,
00:47:13de dégradation
00:47:13et de détérioration
00:47:14lorsqu'ils sont susceptibles
00:47:16de créer un trouble grave
00:47:17à l'ordre public.
00:47:18L'autorité administrative
00:47:20pourra donc demander
00:47:21aux éditeurs
00:47:22et aux hébergeurs
00:47:23le retrait de ces contenus
00:47:24dans un délai de 24 heures.
00:47:26En l'absence de retrait,
00:47:27l'autorité administrative
00:47:28pourra solliciter
00:47:29le blocage
00:47:29et le déréférencement
00:47:31des sites.
00:47:32Puis,
00:47:33cet amendement
00:47:34crée également
00:47:34une procédure d'urgence
00:47:35afin d'ordonner
00:47:36le retrait sans délai
00:47:38des contenus
00:47:39qui appellent
00:47:39à un attentat,
00:47:41à l'insurrection
00:47:41ou à l'armement
00:47:42contre l'Etat
00:47:43et ou une partie
00:47:44de la population.
00:47:45A l'absence de ce retrait
00:47:46dans un délai d'une heure,
00:47:47l'autorité administrative
00:47:48pourra solliciter
00:47:49le blocage
00:47:50et le déréférencement
00:47:51des sites.
00:47:52Vous l'avez compris,
00:47:53d'abord,
00:47:54les plateformes,
00:47:55lorsqu'elles deviennent
00:47:56un outil d'organisation
00:47:57de la violence,
00:47:58doivent être en responsabilité
00:48:00et assumer les responsabilités.
00:48:02Et ensuite,
00:48:02ce dispositif
00:48:04que je viens
00:48:05de vous décrire
00:48:06est proportionné
00:48:07et donne donc
00:48:07une possibilité
00:48:08d'intervention exceptionnelle
00:48:10dans un cas exceptionnel.
00:48:12Merci,
00:48:12chers collègues.
00:48:13L'amendement 94
00:48:14rectifié du gouvernement,
00:48:15monsieur le ministre.
00:48:17Merci beaucoup,
00:48:18monsieur le président.
00:48:19Le gouvernement a déposé
00:48:20un amendement
00:48:20qui a été rectifié.
00:48:21Je vais y revenir
00:48:22parce que ça porte
00:48:23justement sur la procédure
00:48:24d'urgence
00:48:24qui prévoit également
00:48:26d'étendre le champ
00:48:26de Pharos
00:48:27à un certain nombre
00:48:29d'infractions,
00:48:29dont effectivement
00:48:30la provocation
00:48:32à la commission
00:48:32d'un certain nombre
00:48:33d'infractions,
00:48:34dont celle
00:48:36notamment
00:48:38qui vise à lutter,
00:48:39donc contre
00:48:39l'autorité obtenue,
00:48:39qui provoque directement
00:48:40à la commission
00:48:41d'atteinte volontaire
00:48:42à la vie,
00:48:42d'atteinte volontaire
00:48:43à l'intégrité physique
00:48:44de la personne,
00:48:45de vol,
00:48:45de destruction,
00:48:46de dégradation,
00:48:47de détérioration,
00:48:48lorsque ces contenus
00:48:49sont susceptibles
00:48:50de créer un trouble grave
00:48:51à leur public.
00:48:51Donc on va exactement
00:48:52dans le sens que vous dites,
00:48:53monsieur le sénateur,
00:48:54c'est-à-dire qu'on voit bien
00:48:55maintenant que sur les réseaux sociaux,
00:48:56il y a des messages
00:48:57d'incitation à passage
00:48:58à l'action violente,
00:48:59y compris jusqu'à
00:49:00l'insurrection.
00:49:01Donc l'idée,
00:49:01c'est d'étendre
00:49:02cela,
00:49:03détendre Pharos,
00:49:04pardon,
00:49:04à ce type d'infractions
00:49:05pour pouvoir les retirer,
00:49:06les faire retirer
00:49:06dans l'année de 24 heures
00:49:07et à défaut,
00:49:08blocage ou déréférencement.
00:49:14Pour la procédure d'urgence,
00:49:16je propose que dans le cadre
00:49:17de la navette,
00:49:18on expertise un peu mieux
00:49:19cette situation.
00:49:20Il y a une crainte quand même
00:49:21de conventionnalité,
00:49:22voire de constitutionnalité.
00:49:23Donc voilà,
00:49:24sur la procédure d'urgence,
00:49:25je pense que pendant la navette,
00:49:26il faut qu'on regarde cela.
00:49:28Donc nous,
00:49:29nous avons déposé
00:49:29un amendement rectifié
00:49:31qui est à peu près identique
00:49:32à celui de monsieur le sénateur,
00:49:33mais qui, à ce stade,
00:49:34supprime la procédure d'urgence
00:49:36et on verra si on le rétablit
00:49:37dans le cadre de la navette.
00:49:38Voilà, monsieur le président.
00:49:41Madame Delagontri,
00:49:41vous avez déposé
00:49:42un sous-amendement,
00:49:43le 111 à l'amendement
00:49:45du gouvernement.
00:49:47Merci, monsieur le président.
00:49:49Alors,
00:49:50c'est vrai que c'est assez
00:49:52préoccupant, monsieur le ministre,
00:49:53qu'un amendement sur un sujet
00:49:55qui est quand même un sujet lourd,
00:49:56très technique,
00:49:58un amendement qui fait deux pages,
00:50:00soit déposé la veille
00:50:01et nous laisse dans une impossibilité
00:50:03quasi totale
00:50:04d'expertiser quoi que ce soit.
00:50:07D'autant que,
00:50:08mais je trouve ça très bien,
00:50:10vous reconnaissez ce soir
00:50:11qu'il a besoin d'être expertisé,
00:50:15c'était légalement dit,
00:50:16et donc vous retirez
00:50:18une partie de cet amendement.
00:50:20Mon sous-amendement
00:50:22porte sur la partie
00:50:23qui n'a pas été supprimée,
00:50:25une chance,
00:50:26parce que je pense
00:50:28que ce premier paragraphe,
00:50:30je le trouve incompréhensible,
00:50:32j'ai envie de dire,
00:50:33indépendamment du fait
00:50:34de savoir ce qu'on pense
00:50:35de ce que vous proposez.
00:50:37puisque, je le dis aux collègues
00:50:38qui ne l'ont peut-être pas
00:50:39sous les yeux,
00:50:41on parle donc de la procédure
00:50:42dite de 24 heures,
00:50:44pas d'urgence,
00:50:44mais de 24 heures.
00:50:46Donc, il est prévu,
00:50:47lorsque nécessité de la lutte
00:50:48contre la provocation
00:50:49des actes terroristes
00:50:50ou de l'apologie de tels actes,
00:50:51bien,
00:50:52contre la diffusion d'images
00:50:53ou de représentations de mineurs,
00:50:54OK,
00:50:54contre la cession
00:50:55et l'offre de stupéfiants,
00:50:56OK,
00:50:57et là,
00:50:58c'est un,
00:50:59comment dire,
00:51:00une formule
00:51:01dont je demande la suppression,
00:51:03contre la provocation,
00:51:05même non suivie des faits,
00:51:06à la commission d'infraction,
00:51:09le justifie.
00:51:10Donc, en clair,
00:51:12c'est tout le code pénal
00:51:14parce que lorsqu'on le lit,
00:51:18je ne sais pas très bien
00:51:19comment on peut comprendre
00:51:20cette portion de phrase.
00:51:23Donc,
00:51:23j'ai fait un sous-amendement
00:51:25demandant que
00:51:25ce soit vraiment ciblé
00:51:27sur ce que vous souhaitez,
00:51:29provocation, terrorisme,
00:51:30apologie,
00:51:31diffusion d'images,
00:51:32représentation de mineurs,
00:51:33cession d'offres de stupéfiants.
00:51:36Et pas la partie provocation,
00:51:37même non suivie des faits,
00:51:38à la commission d'infraction.
00:51:39Ou alors,
00:51:40ne vous embarrassez pas de détails.
00:51:41Dites,
00:51:43toute provocation,
00:51:44même non suivie des faits,
00:51:45à la commission d'infraction,
00:51:47justifie,
00:51:48etc.,
00:51:48inutile d'enrober ça,
00:51:50de référence au terrorisme,
00:51:51etc.,
00:51:52qui sont dès lors inutiles.
00:51:53Donc,
00:51:53voilà pourquoi je souhaite
00:51:54la suppression de cette portion.
00:51:55Merci,
00:51:56madame de la Gontry.
00:51:58Je vais donc demander
00:52:00l'avis de la commission
00:52:01sur ces deux amendements
00:52:02et sur le sous-amendement.
00:52:03Merci,
00:52:04monsieur le président.
00:52:05Alors,
00:52:06monsieur Michelet,
00:52:06nous souhaiterions émettre
00:52:07un avis favorable
00:52:08à votre amendement
00:52:09et ce serait d'autant plus facile
00:52:10s'il était rendu conforme
00:52:12à celui du gouvernement
00:52:13qui vient de te remodifier
00:52:15et pour lequel nous rendons
00:52:16un avis favorable.
00:52:18sur le sous-amendement,
00:52:22monsieur le rapporteur.
00:52:24Et sur le sous-amendement,
00:52:27c'est un avis d'infavorable
00:52:28contraire à la position
00:52:29de la commission.
00:52:34Contraire à l'avis de la commission.
00:52:40Alors,
00:52:41puisque,
00:52:42décédément,
00:52:43nous allons passer
00:52:44la nuit ensemble.
00:52:47Alors,
00:52:47c'est un avis défavorable,
00:52:49madame de la Gontry.
00:52:50Pour ce sous-amendement,
00:52:53celui-ci viderait
00:52:54de sa substance
00:52:55le dispositif proposé
00:52:56par le gouvernement
00:52:57en retirant la possibilité
00:52:58de permettre
00:52:59à l'autorité administrative
00:53:00de demander
00:53:01le retenu du contenu
00:53:02publié en ligne
00:53:03et appelant à commettre
00:53:04certaines infractions
00:53:05telles que des dégradations
00:53:06et des destructions.
00:53:07Nous l'avons constaté
00:53:09très récemment,
00:53:09les 17 et 18 octobre dernier.
00:53:13De nombreuses publications
00:53:14en ligne
00:53:14sur certains réseaux sociaux
00:53:15bien connus
00:53:16tels que TikTok
00:53:17appellent à commettre
00:53:18des dégradations
00:53:19sur la voie publique
00:53:19ou à piller des magasins.
00:53:21Ces appels
00:53:21se diffusent très rapidement
00:53:23et touchent,
00:53:23par leur viralité,
00:53:24un nombre massif
00:53:25de personnes.
00:53:26Il nous apparaît donc,
00:53:27madame de la Gontry,
00:53:28indispensable
00:53:29de permettre
00:53:29le retrait de ces contenus
00:53:31en ménageant
00:53:32une possibilité
00:53:32de recours
00:53:33pour éviter
00:53:33que les appels
00:53:34à commettre
00:53:34des dégradations
00:53:35se diffusent
00:53:36sans contrôle.
00:53:38Oui ?
00:53:39Voilà, c'est 24 heures.
00:53:40Merci.
00:53:41Merci, monsieur le rapporteur.
00:53:43Monsieur Michalet,
00:53:44donc, si vous rectifiez
00:53:47votre amendement,
00:53:48il va devenir identique
00:53:49à celui du gouvernement
00:53:50au vu de la modification
00:53:54proposée par monsieur le ministre.
00:53:56Est-ce que j'ai bien compris ?
00:53:58C'est bien compris
00:53:58et je rectifie.
00:53:59D'accord.
00:54:00Donc, il est rectifié.
00:54:01Donc, monsieur le ministre,
00:54:02je vais vous demander
00:54:03simplement l'avis
00:54:04sur le sous-amendement
00:54:05de madame de la Gontry
00:54:07puisque maintenant
00:54:08l'amendement est identique.
00:54:10Très bien, monsieur le président.
00:54:11Donc, pour répondre
00:54:12à madame de la Gontry,
00:54:13il faut procéder,
00:54:14en fait,
00:54:14à une lecture croisée
00:54:15donc,
00:54:17les mots
00:54:17contre la provocation
00:54:19même non suivi d'effet
00:54:20à la commission d'infraction
00:54:21de la première partie
00:54:22du paragraphe
00:54:23qui concerne
00:54:23les objectifs de Pharos
00:54:24doivent se lire
00:54:25à la lumière
00:54:26des infractions
00:54:26qui sont visées
00:54:27à la fin
00:54:28du paragraphe en question,
00:54:30à savoir celles
00:54:30qui sont mentionnées
00:54:31au 2e et 3e alinéa
00:54:32de l'article 24
00:54:33de la loi sur la presse
00:54:34de 1880
00:54:36sur la liberté de la presse.
00:54:37Alors, je comprends
00:54:38que vous craignez
00:54:39que la rédaction
00:54:39d'une telle mention
00:54:41ne risque d'appréhender
00:54:42l'ensemble des provocations.
00:54:44Bon, en fait,
00:54:44il n'en sera rien.
00:54:45Notre texte
00:54:46fait expressément référence,
00:54:47fait expressément mention
00:54:48aux trois premiers alinéas
00:54:50de l'article 24
00:54:51de la loi de 1881
00:54:53et donc l'autorité administrative
00:54:54pourra agir uniquement
00:54:57contre les contenus
00:54:58qui provoquent directement
00:54:59à la commission
00:54:59des infractions
00:55:00mentionnées
00:55:01à l'article 24
00:55:01de la loi de 1881
00:55:02c'est-à-dire atteinte volontaire
00:55:04à la vie,
00:55:04atteinte volontaire
00:55:05à l'intégrité physique
00:55:06de la personne,
00:55:07vol, destruction,
00:55:07dégradation
00:55:08et détérioration.
00:55:10Voilà.
00:55:10Et ce, uniquement,
00:55:11évidemment,
00:55:12et c'est la fin
00:55:13de ce paragraphe,
00:55:15lorsque ces atteintes
00:55:17sont susceptibles
00:55:17de causer
00:55:18un trouble grave
00:55:19à l'ordre public.
00:55:20Voilà.
00:55:22Je vais redonner brièvement
00:55:23la parole
00:55:24à M. le rapporteur
00:55:25avant de passer
00:55:25aux explications de vote.
00:55:27M. le rapporteur.
00:55:28Pour que l'amendement
00:55:29soit parfait,
00:55:30M. le ministre,
00:55:30il faudrait supprimer
00:55:31la référence
00:55:32à l'article 6-1-1-B
00:55:36qui concernait
00:55:37la seule procédure d'urgence
00:55:38et donc qui n'a plus lieu
00:55:39d'être dans la nouvelle rédaction.
00:55:41Merci.
00:55:42C'est effectivement
00:55:42la rectification proposée
00:55:44par M. le ministre.
00:55:46Voilà.
00:55:46On va passer
00:55:47aux explications de vote.
00:55:48M. Dossu.
00:55:54Merci, M. le Président.
00:55:55Je voudrais saluer
00:55:56le travail
00:55:57de ma collègue de Lagontrie
00:55:58qui a essayé
00:55:59dans l'urgence
00:55:59de border un peu les choses,
00:56:01mais là,
00:56:01on est à la fois
00:56:02dans du bricolage
00:56:04et hors sujet.
00:56:05On n'est plus du tout
00:56:06dans la réparation
00:56:07des dommages
00:56:09résultant
00:56:09de dégradations
00:56:10commises
00:56:11dans l'espace public.
00:56:12Plus du tout.
00:56:13On est sur un serpent
00:56:15de mer habituel
00:56:15qui revient régulièrement
00:56:17dans cet hémicycle
00:56:18et au gouvernement
00:56:19d'avoir des outils
00:56:20de censure rapide
00:56:21des réseaux sociaux.
00:56:24Heureusement,
00:56:25dans quelques minutes,
00:56:28le gouvernement
00:56:29s'est rendu compte
00:56:30qu'il allait être
00:56:30une nouvelle fois censuré
00:56:31comme en 2020
00:56:32sur la loi Avia
00:56:33qui proposait déjà
00:56:34un retrait du contenu
00:56:35en moins d'une heure
00:56:36et le Conseil constitutionnel
00:56:37avait quand même
00:56:38ramené les choses
00:56:39à la bonne mesure.
00:56:40mais là,
00:56:42on a quand même
00:56:43un dispositif
00:56:44qui va permettre
00:56:45d'agir autour
00:56:48de laisser
00:56:48une autorité administrative
00:56:50censurer un certain
00:56:51de contenu
00:56:52sur une base
00:56:52assez difficile
00:56:54à apprécier
00:56:55en réalité
00:56:55puisque la provocation,
00:56:58l'apologie,
00:56:58tout ceci
00:56:59laisse parfois
00:57:01libre cours
00:57:01à l'interprétation
00:57:02et donc on va
00:57:03être sur une forte
00:57:04entrave
00:57:05à la liberté
00:57:06d'expression
00:57:08qui me semble
00:57:10disproportionnée
00:57:10vu les objectifs
00:57:13poursuivis
00:57:13et donc je pense
00:57:14qu'on va encore
00:57:15une nouvelle fois
00:57:16bricoler quelque chose
00:57:17parce qu'on a vu
00:57:19les différents articles
00:57:20d'un Premier ministre
00:57:22qui voulait
00:57:22s'arroger le droit
00:57:24de censurer
00:57:24un certain nombre
00:57:24de plateformes.
00:57:25On a vu
00:57:25un Président de la République
00:57:27nous expliquer
00:57:27que tout le mal
00:57:28qu'il pensait
00:57:29des réseaux sociaux
00:57:30en réalité
00:57:31c'est aussi là
00:57:32que s'exprime
00:57:32une forme de colère
00:57:33c'est aussi là
00:57:34que s'exprime
00:57:35une forme
00:57:35d'organisation
00:57:37et aujourd'hui
00:57:37le gouvernement
00:57:39après avoir
00:57:40refusé d'écouter
00:57:41les lycéens
00:57:42après avoir refusé
00:57:42d'écouter
00:57:43même les gilets jaunes
00:57:44les carnides d'oléances
00:57:45ont été complètement
00:57:46ignorés
00:57:47après avoir
00:57:48refusé d'écouter
00:57:49l'intersyndical
00:57:50par exemple
00:57:50au moment des retraites
00:57:51décide de vouloir
00:57:53censurer les plateformes
00:57:54de réseaux sociaux
00:57:55on est là
00:57:56dans la poursuite
00:57:57de cette dérive
00:57:57sécuritaire et autoritaire.
00:57:59Merci
00:58:00merci chère collègue
00:58:01Madame Suris
00:58:08Oui alors ce week-end
00:58:09le gouvernement
00:58:10a franchi un cap
00:58:12le média Blast
00:58:13nous a appris
00:58:14que monsieur Lecornu
00:58:14a demandé aux opérateurs
00:58:16de se tenir prêt
00:58:17à couper
00:58:18TikTok
00:58:18Instagram
00:58:19Snapchat
00:58:20on se rapproche
00:58:21d'une dérive
00:58:22autoritaire
00:58:23là nous discutons
00:58:25d'un amendement
00:58:26qui permettrait
00:58:26à l'administration
00:58:27d'exiger le retrait
00:58:28d'un contenu
00:58:29en une heure
00:58:30et bloquer la plateforme
00:58:31si elle ne s'exécute pas
00:58:32au nom de la lutte
00:58:33contre l'insurrection
00:58:35une procédure
00:58:36faite pour le terrorisme
00:58:37recyclée
00:58:38pour contrer
00:58:39la contestation sociale
00:58:40une heure
00:58:41sans décision de justice
00:58:42une simple injonction
00:58:43administrative
00:58:44qui décide
00:58:45de ce qui est
00:58:46un appel
00:58:47à l'insurrection
00:58:48soyons clairs
00:58:49ce n'est pas un outil
00:58:50contre les violences
00:58:51c'est la porte ouverte
00:58:52à la censure administrative
00:58:54le seul pays
00:58:55qui le fait
00:58:56vraiment
00:58:56et bien
00:58:57et correctement
00:58:58c'est là une grande démocratie
00:58:59c'est la Chine
00:59:00j'espère que ça ne passera pas
00:59:01merci
00:59:01chère collègue
00:59:02madame Linkeneld
00:59:03merci monsieur le président
00:59:05je voulais moi aussi
00:59:07dire quelques mots
00:59:08sur cet article
00:59:10et ses amendements
00:59:11je rejoins
00:59:12ce qu'ont dit
00:59:13mes collègues
00:59:15sur le glissement
00:59:18supplémentaire
00:59:19encore
00:59:19vers des mesures
00:59:21administratives
00:59:22dont
00:59:22on voit
00:59:24les risques
00:59:25libéristicides
00:59:26qu'elles peuvent
00:59:27comporter
00:59:28dont on voit
00:59:29en tout cas
00:59:30que les choses
00:59:31sont faites
00:59:32de manière
00:59:32un peu floue
00:59:33puisqu'il a fallu
00:59:34corriger en séance
00:59:36sous-amender
00:59:37recorriger
00:59:38pour savoir
00:59:38finalement
00:59:39quelles sont
00:59:40très précisément
00:59:41les infractions
00:59:42qui sont couvertes
00:59:43par ces dispositions
00:59:44je voudrais néanmoins
00:59:45dire que
00:59:46pour le coup
00:59:47je me félicite
00:59:49que nous ayons
00:59:50ce débat
00:59:51autour des réseaux sociaux
00:59:52parce que voyez-vous
00:59:53moi depuis le début
00:59:54de nos échanges
00:59:56je suis quand même
00:59:56un peu surprise
00:59:58de ce que j'entends
00:59:59sur les manifestations
01:00:00et les casseurs
01:00:01parce que moi
01:00:02ça fait 30 ans
01:00:03à peu près maintenant
01:00:04que je manifeste
01:00:05assez régulièrement
01:00:06et ça fait 30 ans
01:00:07que dans ces manifestations
01:00:09je vois des débordements
01:00:11je vois de la cage
01:00:12je vois des pillages
01:00:13je vois ce qu'on appelait
01:00:14à mon époque
01:00:15les totaux
01:00:16qui faisaient que moi
01:00:17jeune socialiste
01:00:18déjà j'avais du mal
01:00:19à finir les manifs
01:00:20parce qu'on était coursé
01:00:21par des gens
01:00:21qui considéraient
01:00:22qu'on n'était pas assez à gauche
01:00:23parce qu'il y avait
01:00:24des échauffourés
01:00:25entre ces mêmes totaux
01:00:27et la police
01:00:27bref je ne crois pas
01:00:28que la casse
01:00:30soit vraiment
01:00:30une nouveauté
01:00:31dans les manifs
01:00:31et d'ailleurs
01:00:32la première loi
01:00:32anticasseur
01:00:33date d'avant ma naissance
01:00:35mais ce qui est nouveau
01:00:36pour le coup
01:00:36et je pense que ça
01:00:37a une incidence
01:00:38sur la manière
01:00:39dont aujourd'hui
01:00:39on doit gérer
01:00:41ces phénomènes
01:00:41c'est probablement
01:00:42leur massification
01:00:44par l'ampleur
01:00:45que peuvent donner
01:00:46les réseaux sociaux
01:00:47et je trouve que là
01:00:48on a un vrai sujet
01:00:49et moi j'aurais préféré
01:00:51qu'on ait un échange
01:00:52sur cette question là
01:00:53non pas au détour
01:00:54d'une disposition
01:00:55un peu floue
01:00:56et administrative
01:00:57mais sur le rôle
01:00:58des réseaux sociaux
01:00:59dans ce qui se passe
01:01:00dans les manifs
01:01:01et aux alentours
01:01:03pardon
01:01:04chers collègues
01:01:04madame Morin de Sailly
01:01:07merci monsieur le président
01:01:09je pense que la lutte
01:01:10contre la violence
01:01:11et la haine en ligne
01:01:12est légitime et nécessaire
01:01:13je crois que nous y souscrivons
01:01:15tous
01:01:15mais elle doit s'applier
01:01:17sur une définition précise
01:01:19un contrôle effectif du juge
01:01:21des mesures proportionnées
01:01:22et de véritables voies de recours
01:01:24je voudrais rappeler quand même
01:01:25que le conseil d'état
01:01:26nous l'a rappelé
01:01:27à propos de la suspension
01:01:28de TikTok
01:01:29en Nouvelle-Calédonie
01:01:30en 2024
01:01:31qu'une telle mesure
01:01:32porte atteinte
01:01:33particulièrement grave
01:01:34aux libertés
01:01:34et ne peut être admise
01:01:35que dans des circonstances
01:01:38exceptionnelles
01:01:38pour une durée limitée
01:01:39et sous réserve
01:01:40d'un contrôle strict
01:01:41de sa nécessité
01:01:43de sa proportionnalité
01:01:44c'est ni plus ni moins
01:01:45ce que dit d'ailleurs
01:01:48le
01:01:48le DSA
01:01:49donc règlement
01:01:50sur les services numériques
01:01:51son article 35
01:01:52et son article 36
01:01:54le titre de l'article 36
01:01:56du DSA
01:01:57c'est
01:01:57mécanisme de réaction
01:01:58aux crises
01:02:00que n'a-t-on fait
01:02:01pour enclencher
01:02:02d'ailleurs
01:02:02ce mécanisme de réaction
01:02:03aux crises
01:02:04dans la crise actuelle
01:02:05que traversent aussi
01:02:05d'autres états membres
01:02:07de l'Union
01:02:07comme par exemple
01:02:08l'Italie
01:02:08il y aurait vraiment
01:02:09là du travail
01:02:10à faire
01:02:10monsieur le ministre
01:02:12et donc le DSA
01:02:13définit bien
01:02:14les conditions
01:02:15dans lesquelles
01:02:15en effet
01:02:16une plateforme
01:02:16doit être suspendue
01:02:18pour des faits graves
01:02:19et on l'espère aussi
01:02:21mesurées
01:02:21dans le temps
01:02:23moi je ne suis pas
01:02:23satisfaite
01:02:24de la définition
01:02:25telle qu'elle est donnée
01:02:26elle est beaucoup
01:02:27trop floue
01:02:27la notion même
01:02:28d'insurrection
01:02:30est pour moi
01:02:31impressive
01:02:32il faudra
01:02:32distinguer clairement
01:02:34qu'est-ce qu'un appel
01:02:35criminel à la violence
01:02:36d'un discours politique
01:02:37radical ou contestataire
01:02:38ce sont deux réalités
01:02:40qui ne sont pas
01:02:41de même nature
01:02:41or dans ce dispositif
01:02:43la qualification
01:02:43du contenu
01:02:44sera déterminante
01:02:45elle pourra
01:02:46entraîner un retrait
01:02:47de la même manière
01:02:48l'absence d'intervention
01:02:49préalable du juge
01:02:51est un véritable sujet
01:02:53qu'il n'y ait pas
01:02:54d'autorité juridière
01:02:55qui ait pu apprécier
01:02:56la nature exacte
01:02:57du contenu
01:02:57sa portée
01:02:58sa proportionnalité
01:02:59est une question
01:03:00que nous devons nous
01:03:01poser
01:03:01enfin le délai imparti
01:03:03dans lequel
01:03:03les plateformes
01:03:05devront agir
01:03:06une heure
01:03:07ça sera dans la précipitation
01:03:08sans mesure de précaution
01:03:09avec toutes les atteintes
01:03:10aux libertés publiques
01:03:11que cela peut supposer
01:03:12alors oui il faut lutter
01:03:13contre la haine
01:03:14la violence
01:03:15l'incitation au crime
01:03:16sur les réseaux sociaux
01:03:17mais faisons-le
01:03:18de manière proportionnée
01:03:20pour que ça soit efficace
01:03:20merci cher collègue
01:03:21monsieur Rochette
01:03:23constitutionnalité
01:03:23de conventionnalité
01:03:24monsieur le ministre
01:03:24madame Morin de Sailly
01:03:25merci
01:03:30merci merci merci
01:03:31merci vous applaudirez après
01:03:33merci monsieur le président
01:03:35écoutez moi je suis à l'origine
01:03:36en commission des lois
01:03:37d'un des amendements
01:03:38qui gratte
01:03:38il semblerait
01:03:39je veux juste dire
01:03:40quelque chose
01:03:41un commentaire
01:03:42sur les échanges
01:03:42qui viennent d'avoir lieu
01:03:43à personne
01:03:43ici au sein de cet hémicycle
01:03:45qui est contre la liberté
01:03:46d'expression
01:03:47et pour la censure
01:03:48c'est pas vrai
01:03:49il n'y a aucun
01:03:49non mais il n'y a aucun groupe
01:03:51il n'y a aucune personne
01:03:52il n'y a aucun sénateur
01:03:53ou sénatrice ici
01:03:53qui porte cela
01:03:55mais on ne peut pas
01:03:57non plus nier
01:03:57mes chers collègues
01:03:58il n'y a pas besoin
01:03:59de s'agacer
01:04:01que le numérique
01:04:03est une arme logistique
01:04:04dans l'organisation
01:04:06des casses
01:04:07et des vols
01:04:08et des débordements
01:04:09qu'on a vu
01:04:09on ne peut pas le nier
01:04:10donc il faut
01:04:12être raisonnable
01:04:13et donner
01:04:14donner au gouvernement
01:04:16et à la République
01:04:17les possibilités
01:04:18de se défendre
01:04:19face
01:04:19à cette nouvelle menace
01:04:21soyons très clairs
01:04:22on ne demande pas
01:04:22de le suspendre
01:04:23en permanence
01:04:23on demande de pouvoir
01:04:24prendre le contrôle
01:04:25quand il y a nécessité
01:04:26mais
01:04:27on a toujours
01:04:28un temps de retard
01:04:29en politique
01:04:30on a toujours
01:04:31un temps de retard
01:04:32et là pour le coup
01:04:33précisément
01:04:34ça fait partie
01:04:35des choses
01:04:36qui aideront
01:04:36à rétablir
01:04:37la situation
01:04:38quand il y a
01:04:38des débordements
01:04:40merci chère collègue
01:04:41madame Goulet
01:04:43monsieur le président
01:04:43monsieur le ministre
01:04:44moi je ne vais pas voter
01:04:45cette disposition là
01:04:46Catherine Morin-Lessay
01:04:47il a dit
01:04:47elle a parlé du DSA
01:04:48il suffit de l'activer
01:04:49en réalité
01:04:50il est très clair
01:04:51lutter contre la propagation
01:04:52de contenu illicite
01:04:53aide les informations
01:04:54produits dangereux etc
01:04:55donc on a déjà
01:04:56une disposition européenne
01:04:57qui permet
01:04:58cette sanction
01:05:00des réseaux sociaux
01:05:01et puis
01:05:02c'est une mesure
01:05:03qui est quand même
01:05:05de mon point de vue
01:05:05extrêmement grave
01:05:06on est à six mois
01:05:07d'élection
01:05:09déterminante
01:05:10et je ne pense pas
01:05:11que ce soit le moment
01:05:11de voter des dispositions
01:05:13comme ça
01:05:15merci madame la présidente
01:05:16Diaz
01:05:19merci monsieur le président
01:05:20alors nous au RN
01:05:22et à l'UDR
01:05:22nous ne sommes évidemment
01:05:24pas favorables
01:05:25pour porter atteinte
01:05:26aux libertés
01:05:26des français
01:05:27et nous voyons
01:05:28différentes mesures
01:05:29dans ce qui est proposé
01:05:30nous ce que nous disons
01:05:32c'est responsabiliser
01:05:33les plateformes
01:05:33oui
01:05:34les fermer
01:05:35arbitrairement
01:05:35et durablement
01:05:36non
01:05:37donc le fait
01:05:38de retirer en 24 heures
01:05:39un contenu
01:05:39appelant à la violence
01:05:40et à retirer
01:05:41en quelques heures
01:05:42un contenu appelant
01:05:43à l'insurrection
01:05:44nous considérons
01:05:45que ça ne fait pas partie
01:05:46de ceux qui pourraient
01:05:47porter atteinte
01:05:48à la liberté d'expression
01:05:49et que ça pourrait
01:05:50au contraire
01:05:51contribuer à la protection
01:05:52des citoyens
01:05:52et en particulier
01:05:54des plus jeunes
01:05:55toutefois
01:05:56il y a quand même
01:05:56des améliorations
01:05:57à apporter à cet amendement
01:05:59le gouvernement
01:05:59l'a déposé
01:06:00quand même un peu
01:06:01à la va-vite
01:06:01c'est pas très sérieux
01:06:02donc nous allons voter
01:06:03en faveur de l'amendement
01:06:05mais en étant très attentifs
01:06:07aux voies de recours
01:06:08qui seront proposées
01:06:10par vos soins
01:06:10au moment de la navette
01:06:13Merci
01:06:13Monsieur Guay
01:06:20Merci Monsieur le Président
01:06:22Monsieur le Ministre
01:06:22mes chers collègues
01:06:24bon on s'éloigne
01:06:25un peu du coeur
01:06:26du sujet
01:06:27on est d'accord
01:06:28parce que la question
01:06:29était comment
01:06:31on rembourse
01:06:32puis là
01:06:33c'est comment on contrôle
01:06:34le mouvement social
01:06:36moi je nous alerte
01:06:37de façon collective
01:06:40on vote un texte
01:06:41pour aujourd'hui
01:06:42mais aussi pour demain
01:06:44je peux être très dur
01:06:45dans la critique
01:06:46et la mienne du gouvernement
01:06:48mais je considère
01:06:49qu'on est encore
01:06:50dans un cadre démocratique
01:06:51et républicain
01:06:52même si je n'enlève pas
01:06:53un mot de ce que j'ai dit
01:06:54tout à l'heure
01:06:54sur la dérive autoritaire
01:06:57et sur un certain nombre
01:06:58de questions
01:06:58où l'on manifeste
01:07:00on pétitionne
01:07:01et on vote
01:07:02et où vous ne respectez pas
01:07:04y compris le vote
01:07:05c'est un problème
01:07:06pour que l'expression
01:07:07y compris démocratique
01:07:09et des oppositions
01:07:11puisse s'exprimer
01:07:12mais imaginons demain
01:07:14si ce texte
01:07:17est à la main
01:07:18d'un régime
01:07:19beaucoup plus autoritaire
01:07:20moins démocratique
01:07:21et plus du tout républicain
01:07:23ça peut arriver
01:07:25chers collègues
01:07:26ça peut arriver
01:07:30franchement
01:07:30il permettra
01:07:32évidemment
01:07:33le contrôle
01:07:34des mouvements sociaux
01:07:36et des revendications
01:07:37légitimes
01:07:38de l'ensemble du peuple
01:07:40voilà
01:07:41et il n'aura même plus besoin
01:07:42de changer la constitution
01:07:43vous monsieur
01:07:45et votre gouvernement
01:07:46aura
01:07:47donné toutes les clés
01:07:49aujourd'hui
01:07:50pour pouvoir diriger
01:07:51ce pays
01:07:52de la façon
01:07:52la plus autoritaire
01:07:54qui soit
01:07:54donc attention
01:07:55évidemment
01:07:56et nos collègues l'ont redit
01:07:57s'il y a des questions
01:07:58à caractère terroriste
01:08:00contrôle du juge
01:08:01etc
01:08:01mais lorsque
01:08:02on parle
01:08:03de pouvoir
01:08:04comme en kanaki
01:08:06pouvoir couper
01:08:07le réseau social
01:08:08pour motiver
01:08:09des revendications
01:08:10légitimes
01:08:10là on bascule
01:08:12sur autre chose
01:08:12je vous alerte en commun
01:08:13si nous votons ça
01:08:15il faudra
01:08:16après
01:08:16regarder bien
01:08:18qu'est-ce qui va pouvoir se passer
01:08:19dans les semaines
01:08:20et les mois à venir
01:08:21merci
01:08:21chers collègues
01:08:22les explications de vote
01:08:23sont terminées
01:08:26monsieur Hervé
01:08:29merci monsieur le président
01:08:30monsieur le ministre
01:08:31mes chers collègues
01:08:32moi je suis très embêté
01:08:33avec cet amendement
01:08:34et chat échaudé
01:08:36craignant l'eau froide
01:08:38je me remémore
01:08:39ça fait un peu vieux
01:08:39sénateur
01:08:40que de dire ça
01:08:41mais quelque chose
01:08:42qui est
01:08:42pour les nouveaux sénateurs
01:08:44qui est très désagréable
01:08:45quand vous êtes rapporteur
01:08:45d'un texte
01:08:46et que vous êtes censuré
01:08:47par le conseil constitutionnel
01:08:48je vous assure que ça fait très mal
01:08:49on a parlé de la loi Avia
01:08:51on a oublié la censure
01:08:52sur un article
01:08:53de la loi Sren
01:08:56sur un délit
01:08:59d'outrage en ligne
01:09:01qu'on avait pourtant construit
01:09:03patiemment
01:09:04et puis il y a eu
01:09:05cette censure constitutionnelle
01:09:06beaucoup plus récente
01:09:07sur l'interdiction
01:09:08des réseaux sociaux
01:09:09au moins de 15 ans
01:09:11c'est pour ça monsieur le ministre
01:09:12que j'aurais été très intéressé
01:09:13de connaître l'avis du conseil d'état
01:09:14sur votre amendement
01:09:16parce que
01:09:18je pense que vos intentions
01:09:20sont louables
01:09:21mais l'écriture
01:09:22que vous choisissez
01:09:25porte en elle-même
01:09:26un péril
01:09:27qui est un péril
01:09:28extrêmement important
01:09:29dans la période politique
01:09:31que nous vivons
01:09:31pour les mois
01:09:32que nous allons vivre
01:09:33et là je m'inscris en faux
01:09:36sur ce que le collègue Rochette
01:09:37a pu dire
01:09:38si on considère
01:09:39un certain nombre
01:09:40de moyens techniques
01:09:41de communication
01:09:42comme des armes
01:09:43mais ma foi
01:09:44il faut couper
01:09:44les réseaux téléphoniques
01:09:47et il faut
01:09:49prendre la main
01:09:49sur bien d'autres choses
01:09:50et sur les messageries
01:09:52parce qu'en fait
01:09:53on a une confusion
01:09:54qui est considérable
01:09:54entre ce que l'on peut publier
01:09:57sur un réseau social
01:09:57comme étant
01:09:59un appel à l'insurrection
01:10:00il faudra d'ailleurs
01:10:01qu'on définisse
01:10:01ce que c'est que l'insurrection
01:10:03en droit
01:10:05pas dans le dictionnaire
01:10:06en droit
01:10:07l'appel
01:10:07à l'insurrection
01:10:08et toute cette phrase
01:10:10complexe
01:10:11avec des virgules
01:10:12et réitérée
01:10:15donc ça
01:10:16c'est quelque chose
01:10:17d'extrêmement
01:10:19préoccupant
01:10:20pour moi
01:10:21et donc moi
01:10:22comme un certain nombre
01:10:23d'entre nous
01:10:23qui avons travaillé
01:10:24sur le DSA
01:10:25sur le DMA
01:10:26sur les textes européens
01:10:27sur SREN
01:10:29moi je serai
01:10:30très vigilant
01:10:31avant que
01:10:32la haute assemblée
01:10:33adopte
01:10:34un article
01:10:36comme celui-là
01:10:37et pour ma part
01:10:38moi je voterai
01:10:38contre
01:10:39cet amendement
01:10:39monsieur le ministre
01:10:41merci
01:10:41merci
01:10:42chère collègue
01:10:42madame
01:10:43merci
01:10:45merci
01:10:46monsieur le président
01:10:47monsieur le ministre
01:10:48mes chers collègues
01:10:48moi aussi
01:10:49je suis très embêtée
01:10:50par cet amendement
01:10:52rappelez-vous
01:10:52quand on a voulu
01:10:53protéger
01:10:54les enfants
01:10:55des films pornographiques
01:10:56gratuits
01:10:56il s'en est suivi
01:10:58une bataille juridique
01:10:59qui n'est d'ailleurs
01:11:00pas tout à fait
01:11:00terminée
01:11:01rappelez-vous
01:11:02l'exploitation sexuelle
01:11:03en ligne
01:11:04avec les plateformes
01:11:05comme MIME
01:11:06et comme OnlyFan
01:11:06on n'y arrive pas
01:11:07il faut des juges
01:11:09il faut de ci
01:11:09il faut de ça
01:11:10et là en 24 heures
01:11:12on va tout couper
01:11:12mais bravo
01:11:13mais faisons-les
01:11:14pour protéger
01:11:14les enfants aussi
01:11:15alors
01:11:17merci chère collègue
01:11:18monsieur le ministre
01:11:19vous souhaitez répondre
01:11:21non
01:11:22pour défendre
01:11:24l'amendement du gouvernement
01:11:25j'ai entendu dire
01:11:26beaucoup de choses
01:11:26la comparaison
01:11:27avec ce qui avait été fait
01:11:28envisagé parfois
01:11:29la décision du conseil d'état
01:11:31de 2025
01:11:32on ne parle pas
01:11:34de fermer
01:11:34les réseaux sociaux
01:11:35on parle simplement
01:11:36d'utiliser
01:11:37le dispositif
01:11:38Faros
01:11:39pour supprimer
01:11:40des contenus
01:11:41ça ne peut être
01:11:41qu'un contenu
01:11:42vous voyez bien
01:11:43fleurir sur les réseaux sociaux
01:11:45des messages
01:11:45qui appellent très clairement
01:11:47à l'insurrection
01:11:48à la commission de violence
01:11:49voire à la commission
01:11:50de pillage
01:11:51c'est ce que nous voyons
01:11:52ces temps-ci
01:11:53c'est là
01:11:53ce que nous visons
01:11:54c'est la possibilité
01:11:55de retirer
01:11:56simplement
01:11:57ces contenus
01:11:58donc dans le cadre
01:11:59de Faros
01:11:59en 24 heures
01:12:00voilà
01:12:00et donc
01:12:03il y a même
01:12:04la notion
01:12:04d'incitation
01:12:05à l'attroupement armé
01:12:07à l'insurrection
01:12:07et autres
01:12:08c'est ça ce qu'on vise
01:12:09il ne s'agit pas
01:12:10de fermer
01:12:10les réseaux sociaux
01:12:11c'est une extension
01:12:12de Faros
01:12:13je crois que
01:12:14dans le cadre
01:12:15de la proposition
01:12:16de loi
01:12:16pour lutter
01:12:17contre les violences
01:12:18sexuelles et sexistes
01:12:19le champ de Faros
01:12:20a aussi été élargi
01:12:21à d'autres types
01:12:22d'infractions
01:12:23voilà
01:12:23il y a forcément
01:12:24une appréciation
01:12:25qu'il y aura
01:12:25de Faros
01:12:28qui permettra
01:12:29d'éviter
01:12:29comme on le voit
01:12:30en ce moment
01:12:30au moment où on se parle
01:12:31il y a des appels
01:12:32qui circulent
01:12:34pour samedi prochain
01:12:35et qui sont des appels
01:12:36à l'insurrection
01:12:37c'est ce genre de contenu
01:12:38que l'on veut retirer
01:12:39uniquement cela
01:12:40à l'article 4
01:12:44madame la présidente Diaz
01:12:45pour une demande de parole
01:12:48oui merci monsieur le président
01:12:50le groupe UNT
01:12:50salue le pragmatisme
01:12:53qui anime cet article
01:12:55que l'on peut résumer
01:12:56ainsi brièvement
01:12:57la solidarité nationale
01:12:58ne doit pas subvenir
01:12:59aux besoins
01:13:00de la casse
01:13:01antinationale
01:13:02concrètement
01:13:03pour que l'on comprenne bien
01:13:04de quoi il s'agit
01:13:04il permet de prélever
01:13:06une partie
01:13:07de certaines allocations
01:13:08pour payer
01:13:08les dommages et intérêts
01:13:10qu'une personne
01:13:10a été condamnée
01:13:11à verser
01:13:11à une victime identifiée
01:13:13ces allocations
01:13:14sont aujourd'hui protégées
01:13:15on ne peut pas
01:13:16les saisir
01:13:17pour ce type de dette
01:13:18et l'article crée
01:13:18une exception
01:13:19à cette protection
01:13:20Marine Le Pen
01:13:21l'a déjà dit
01:13:21il y a 3 ans
01:13:22d'un côté
01:13:23celui qui casse
01:13:24doit payer
01:13:24et toute sa vie
01:13:25s'il le faut
01:13:26et de l'autre côté
01:13:27un foyer
01:13:28qui ne tient pas
01:13:28ses enfants
01:13:29voire qui les incitent
01:13:30au mal
01:13:31ne peut pas continuer
01:13:32à percevoir
01:13:33indûment
01:13:33l'argent des honnêtes citoyens
01:13:34cependant
01:13:35l'article s'arrête là
01:13:37encore au milieu du guet
01:13:38car il sert à réparer
01:13:40mais pas à sanctionner
01:13:40heureusement
01:13:41nos amendements
01:13:42sont là
01:13:43aussi pour taper
01:13:44sur d'autres prodigalités
01:13:46de la solidarité nationale
01:13:47comme le RSA
01:13:48ou encore
01:13:48les allocations familiales
01:13:50et les logements sociaux
01:13:51et nous allons en débattre
01:13:52car les français
01:13:52attendent de la fermeté
01:13:54merci chers collègues
01:13:56amendement numéro 6
01:13:58madame Suiris
01:14:02alors tout est fait
01:14:04à l'inverse
01:14:04de ce que vient de dire
01:14:05madame Diaz
01:14:06cet amendement
01:14:07vise à supprimer
01:14:09l'article 4
01:14:09il crée une forme
01:14:11de punition collective
01:14:12en permettant
01:14:13la saisie
01:14:14des aides personnelles
01:14:15au logement
01:14:15et des allocations familiales
01:14:17pour le recouvrement
01:14:18de dommages et intérêts
01:14:19dus par une personne
01:14:20bénéficiaire
01:14:21de ses prestations
01:14:22ou des enfants
01:14:22dont elle est responsable
01:14:25il s'agit d'une grave atteinte
01:14:27au principe constitutionnel
01:14:28d'individualisation
01:14:29des peines
01:14:30car la saisine
01:14:31de ces allocations
01:14:32ne pénalise pas
01:14:33uniquement la personne
01:14:34qui les perçoit
01:14:35mais entraîne
01:14:36une sanction économique
01:14:37pour l'ensemble
01:14:38de son foyer
01:14:39si les parents
01:14:41peuvent être
01:14:41légalement tenus
01:14:42responsables
01:14:43des actes commis
01:14:44par leurs enfants mineurs
01:14:45la suppression
01:14:46des allocations
01:14:47entraîne des conséquences
01:14:48pour tous les membres
01:14:49du foyer
01:14:50y compris
01:14:51celles et ceux
01:14:52qui n'ont commis
01:14:53aucun délit
01:14:53je pense
01:14:54notamment
01:14:54à la fratrie
01:14:55de plus
01:14:56cet article
01:14:57vise des personnes
01:14:58précaires
01:14:59principales bénéficiaires
01:15:00de ces prestations
01:15:01et qui en dépendent
01:15:02bien plus
01:15:03pour subvenir
01:15:04à leurs besoins
01:15:04élémentaires
01:15:05que les ménages aisés
01:15:06alors que la retenue
01:15:08sur les allocations
01:15:08ne peut représenter
01:15:10que des sommes
01:15:11très faibles
01:15:11et n'aurait donc
01:15:12une incidence
01:15:12marginale
01:15:13sur les comptes publics
01:15:15elle serait lourde
01:15:16de conséquences
01:15:16pour les familles
01:15:17concernées
01:15:18cette disposition
01:15:19vise à dissuader
01:15:20les personnes pauvres
01:15:21de participer
01:15:22à des mouvements
01:15:23sociaux
01:15:24plus globalement
01:15:25nous nous opposons
01:15:26à toute exception
01:15:28au principe
01:15:28d'insaisissabilité
01:15:32des prestations sociales
01:15:34non contributives
01:15:35toute dérogation
01:15:36à celui-ci
01:15:37l'affaiblit
01:15:38et ouvre la voie
01:15:39à une extension
01:15:39de la possibilité
01:15:40de saisine
01:15:41à d'autres prestations
01:15:42et à une précarisation
01:15:43accrue
01:15:44des familles
01:15:45percevant
01:15:45ces aides
01:15:47merci
01:15:48merci
01:15:49avis de la commission
01:15:53pardon
01:15:55madame
01:15:56brillante
01:15:56guillemot
01:15:57c'est un amendement
01:15:59identique
01:16:01oui un amendement
01:16:02identique
01:16:02mais je prendrai
01:16:0330 secondes
01:16:04pour expliquer
01:16:04pourquoi
01:16:05cet amendement
01:16:06est important
01:16:06pour mon groupe
01:16:07puisque c'est
01:16:08l'existence
01:16:09de cet article 4
01:16:10qui fait qu'une partie
01:16:11importante du groupe
01:16:11RDSE
01:16:12si cet article 4
01:16:14est gardé en l'état
01:16:16rejetera majoritairement
01:16:17le texte
01:16:18puisque pour les mêmes
01:16:19raisons que nous avons
01:16:21que notre collègue
01:16:22a évoqué
01:16:23nous considérons
01:16:24qu'il est totalement
01:16:24disproportionné
01:16:25et nous proposons
01:16:27donc la suppression
01:16:28de cet article
01:16:29qui porte en lui
01:16:30le risque d'aggraver
01:16:31la précarité
01:16:31de fragiliser
01:16:33la protection des familles
01:16:34et surtout de nuire
01:16:35à l'intérêt supérieur
01:16:36de l'enfant
01:16:37merci
01:16:38amendement 36
01:16:39identique
01:16:40monsieur Gué
01:16:42oui merci
01:16:43monsieur le président
01:16:44monsieur le ministre
01:16:45mes chers collègues
01:16:46bon
01:16:46après mes deux collègues
01:16:48qui m'ont précédé
01:16:49je sais qu'aucun argument
01:16:51vous fera bouger
01:16:52bien compris
01:16:55c'est une atteinte
01:16:56manifeste
01:16:57et décomplexée
01:16:58au préambule
01:16:59de la constitution
01:16:59de 1946
01:17:01à la convention
01:17:03internationale
01:17:03relative
01:17:04aux droits
01:17:05de l'enfant
01:17:07évidemment
01:17:07l'incessibilité
01:17:09des prestations
01:17:09sociales
01:17:10bon
01:17:11on peut débattre
01:17:12de tout ça
01:17:12mais je sais
01:17:12que tout ça
01:17:14vous le mettez
01:17:14de côté
01:17:15y compris
01:17:16que ça va pénaliser
01:17:17l'ensemble
01:17:18de la famille
01:17:19comme l'a dit
01:17:19ma collègue
01:17:20y compris
01:17:21la fratrie
01:17:22qui n'a strictement
01:17:23rien à voir
01:17:24avec ça
01:17:25on est en plus
01:17:26sur un texte
01:17:26c'est pas casseur-payeur
01:17:28c'est pas casseur
01:17:29mais payeur
01:17:31on a été
01:17:31un certain nombre
01:17:32à vous le dire
01:17:32donc en plus
01:17:33vous voyez
01:17:34comment ça va être
01:17:34vécu dans la famille
01:17:36d'ailleurs
01:17:36on n'a rien fait
01:17:37et en plus
01:17:38on va devoir payer
01:17:39et toute la famille
01:17:40va devoir payer
01:17:42bon
01:17:42on est quand même
01:17:43dans quelque chose
01:17:44on voit
01:17:45d'extrêmement élargi
01:17:46la notion de justice
01:17:48sociale
01:17:49fiscale
01:17:49et écologique
01:17:50est bien loin
01:17:52assez loin
01:17:53d'ailleurs il faudra
01:17:54expliquer aux enfants
01:17:55pourquoi
01:17:56quand on fait quelque chose
01:17:57on est puni
01:17:57mais quand en plus
01:17:58on fait rien
01:17:59on est quand même puni
01:18:00mais en plus
01:18:01ce que vous sous-entendez
01:18:02par cela
01:18:02c'est que forcément
01:18:04celles et ceux
01:18:04qui cassent
01:18:05et qui pillent
01:18:05sont forcément
01:18:06des pauvres
01:18:08mais oui
01:18:09parce que celui
01:18:10ou celle
01:18:11qui a de l'argent
01:18:12pas de problème
01:18:13mais classe laborieuse
01:18:15classe dangereuse
01:18:15je l'ai redit
01:18:16justice de classe
01:18:17là
01:18:19on est au coeur
01:18:20d'un conflit
01:18:20de classe
01:18:21entre nous
01:18:22gauche droite
01:18:22il n'y a pas de doute
01:18:24et gauche
01:18:26droite
01:18:26extrême droite
01:18:28et oui
01:18:28et oui
01:18:29là c'est
01:18:30là la porosité
01:18:31elle est
01:18:31elle est infime
01:18:33bon voilà
01:18:35donc
01:18:35il faudra assumer
01:18:37franchement
01:18:38il faudra assumer
01:18:38merci chers collègues
01:18:40amendement identique
01:18:41madame de la Gontry
01:18:42madame Lincolneld
01:18:44merci monsieur le président
01:18:48comme cela vient d'être dit
01:18:50par mes collègues
01:18:51nous sommes donc là
01:18:52à l'article 4
01:18:53qui est avec l'article 1
01:18:55finalement le coeur
01:18:56de ce projet de loi
01:18:57que nous contestons
01:18:59à la fois dans ses principes
01:19:00et dans son opérabilité
01:19:03et même si
01:19:04les trois groupes de gauche
01:19:06avant moi
01:19:07ont dit les choses
01:19:08je veux leur dire
01:19:08parce que nous sommes
01:19:09en effet sur des questions
01:19:10principielles
01:19:11et que
01:19:13sur ces questions
01:19:14principielles
01:19:15il faudra se souvenir
01:19:16de ceux qui ont
01:19:17voté
01:19:18ces dispositions
01:19:20de ceux qui les ont
01:19:21défendus
01:19:22de ceux qui
01:19:22tout au long de la soirée
01:19:24ont couru
01:19:24après l'extrême droite
01:19:25qui vient de nous
01:19:27le rappeler
01:19:28par la bouche
01:19:28de madame Dias
01:19:29qu'en effet
01:19:30c'est quelque chose
01:19:31qu'elle défend
01:19:32depuis longtemps
01:19:32et puis ceux
01:19:33qui comme nous
01:19:34s'y opposent
01:19:35parce que nous considérons
01:19:37que ces prestations
01:19:39sociales
01:19:39ces allocations
01:19:40logements
01:19:40ces allocations
01:19:41familiales
01:19:42elles ne sont pas faites
01:19:43pour réparer
01:19:45des dommages
01:19:45encore moins
01:19:46quand ces dommages
01:19:48ne sont pas reliés
01:19:49à une personne
01:19:50en particulier
01:19:51puisque nous l'avons dit
01:19:52ce projet de loi
01:19:53ça n'est pas
01:19:54casseur-payeur
01:19:55mais pas casseur-payeur
01:19:57quand même
01:19:57et que nous considérons
01:19:58qu'il est encore
01:19:59plus dommageable
01:20:01que ce soit
01:20:01en effet
01:20:02les plus fragiles
01:20:03les plus pauvres
01:20:03qui puissent
01:20:05payer
01:20:06j'ajouterai
01:20:08un élément
01:20:09qui
01:20:12montre
01:20:12à quel point
01:20:13on l'a dit
01:20:14à la fois
01:20:14on touche au principe
01:20:15mais aussi
01:20:16à des questions
01:20:17d'opérabilité
01:20:18de ce texte
01:20:20ce qui nous est proposé
01:20:21à travers cet article 4
01:20:23ça n'est pas
01:20:23la suppression
01:20:24des allocations
01:20:26pour des personnes
01:20:27ou des enfants
01:20:28qui auraient commis
01:20:29des délais
01:20:29c'est le fait
01:20:30de les saisir
01:20:32ce qui n'est pas
01:20:33tout à fait
01:20:33la même chose
01:20:35car vous nous expliquez
01:20:36depuis le début
01:20:37que ça ne doit pas
01:20:38être l'Etat
01:20:39qui paye
01:20:40que ça ne doit pas
01:20:40être l'argent public
01:20:41qui paye
01:20:42mais les allocations
01:20:43logement
01:20:43et le RSA
01:20:45ça n'est rien d'autre
01:20:46que de l'argent public
01:20:47donc vous vous contredisez
01:20:49vous-même
01:20:49dans les arguments
01:20:50que vous développez
01:20:51et pour toutes ces raisons
01:20:52évidemment nous nous opposons
01:20:54à cet article 4
01:20:54merci chers collègues
01:20:56avis de la commission
01:20:57sur ces quatre amendements
01:20:59identiques de suppression
01:21:01merci monsieur le président
01:21:03ce sera évidemment
01:21:03sans surprise
01:21:04un avis défavorable
01:21:06à la suppression
01:21:07parce que
01:21:08l'idée
01:21:08quand même
01:21:09de ce dispositif
01:21:11il est quand même
01:21:12de faire en sorte
01:21:13qu'aucune personne
01:21:15ne doit se sentir
01:21:16exonérée
01:21:17de sa responsabilité
01:21:19et vous évoquez
01:21:20et vous évoquez
01:21:20monsieur Guay
01:21:21l'idée
01:21:23que ce serait
01:21:23une forme
01:21:24de responsabilité
01:21:25collective
01:21:26dans la famille
01:21:26mais l'enfant
01:21:27du commerçant
01:21:28qui a vu sa boutique
01:21:29saccagée
01:21:30elle supporte aussi
01:21:32les conséquences
01:21:33des auteurs
01:21:34de ces dommages-là
01:21:35donc très franchement
01:21:36je ne comprends pas
01:21:37cette idée
01:21:37qui viserait
01:21:38à exonérer
01:21:39de leur responsabilité civile
01:21:41ceux qui par leur comportement
01:21:43ont contribué
01:21:44à ce que les dommages
01:21:45se causent
01:21:46donc l'idée
01:21:46elle porte plus
01:21:47sur le reste à vivre
01:21:48qui évidemment
01:21:50est maintenu
01:21:51plutôt que le fait
01:21:52d'activer
01:21:53à hauteur parfois
01:21:54de 20, 30, 40 euros
01:21:55par mois
01:21:56on va dire
01:21:57une saisie
01:21:57sur des indemnités
01:21:59personne ne doit se sentir
01:22:01complètement à l'abri
01:22:02quels que soient
01:22:04ses comportements
01:22:05enfin pour moi
01:22:05pour nous
01:22:06c'est quelque chose
01:22:07de relativement
01:22:08élémentaire
01:22:09l'avis du gouvernement
01:22:13l'avis du gouvernement
01:22:14est également
01:22:15défavorable
01:22:15c'était la proposition
01:22:17du projet de loi initial
01:22:18j'y reviendrai
01:22:19ensuite plus tard
01:22:20sur le RSA
01:22:22mais donc défavorable
01:22:23sur cet amendement
01:22:24de suppression
01:22:26Monsieur le ministre
01:22:27Madame Naras-Siguin
01:22:28pour explication de vote
01:22:31Merci Monsieur le Président
01:22:33alors j'étais
01:22:34déjà opposée
01:22:35par principe
01:22:36à cet article
01:22:37à ce type d'article
01:22:39je suis d'autant plus
01:22:40avec l'adoption
01:22:41de l'article premier
01:22:42puisqu'on a instauré
01:22:43une responsabilité collective
01:22:44vous avez instauré
01:22:45une responsabilité collective
01:22:46profondément injuste
01:22:48et vous apprêtez maintenant
01:22:49à faire peser
01:22:50ces conséquences
01:22:51sur le quotidien
01:22:52de famille entière
01:22:53pour des faits
01:22:54qu'elles n'ont pas
01:22:54nécessairement commis
01:22:55ni provoqués
01:22:56comme l'aï déjà souligné
01:22:58mes collègues de gauche
01:22:59comment vous justifieriez-vous
01:23:02auprès de ces familles
01:23:03quand vous leur retirez
01:23:04les allocations familiales
01:23:06leurs aides au logement
01:23:07et désormais le RSA
01:23:08au motif que l'un de leurs enfants
01:23:10aurait été reconnu responsable
01:23:12de dégradation
01:23:13vous créez une exception supplémentaire
01:23:16au principe d'incessibilité
01:23:17de certaines prestations
01:23:19et avec cela une nouvelle brèche
01:23:21dans le principe
01:23:22de protection sociale
01:23:24et il y a une autre question
01:23:26de fond
01:23:27Audrey Lincolnel l'a souligné
01:23:28l'argent destiné
01:23:29à soutenir
01:23:30les ménages
01:23:31les plus modestes
01:23:32pourra désormais
01:23:33servir à financer
01:23:34la réparation de dommages
01:23:35quelle cohérence
01:23:36y a-t-il encore
01:23:37à voter des budgets
01:23:38pour une mission précise
01:23:40si les sommes allouées
01:23:41peuvent ensuite
01:23:42être détournées
01:23:43de leurs finalités
01:23:44Voilà pour ces débats
01:23:45autour du projet de loi
01:23:47à casseurs-payeurs
01:23:48un texte largement adopté
01:23:50dans la nuit
01:23:50par le Sénat
01:23:51N'hésitez pas à lire
01:23:53les décryptages
01:23:53de nos journalistes
01:23:54et à voir les replays
01:23:55de nos émissions
01:23:55c'est sur notre site
01:23:57publicsena.fr
01:23:58très belle suite
01:23:59des programmes
01:23:59sur les chaînes parlementaires
01:24:00Sous-titrage Société Radio-Canada
01:24:04Sous-titrage Société Radio-Canada
01:24:09Sous-titrage Société Radio-Canada
01:24:09Sous-titrage Société Radio-Canada

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