00:00Il est 16h45 et nous sommes toujours avec Augustin Yvan, directeur du développement de la Fondation pour l'école.
00:06Moi j'ai l'impression qu'on dit toujours la même chose, ça fait plusieurs fois aussi que je le
00:08répète,
00:09moi-même je dis toujours la même chose, et qu'on a tous le même constat, et manifestement ça n
00:13'avance pas.
00:14Et notamment sur la sélection. Et c'est pas la sélection demain, elle sera pas là demain.
00:17Parce que Parcoursup, on peut, comment dire, résoudre le problème en deux minutes.
00:24C'est-à-dire que vous mettez un bac infiniment plus rude, sans doute, ou infiniment plus exigeant, et puis
00:34voilà.
00:36Le problème c'est que les gens vont venir se fracasser contre ça, parce que ça se prépare.
00:40Il y a eu tellement une dévaluation des savoirs qu'aujourd'hui les élèves sont fragiles.
00:46C'est Jérôme Fourquet qui en parle dans son livre qui est sorti récemment.
00:49C'est très intéressant de se dire, il y a un nouveau régime psychique en place,
00:52ce qui fait qu'ils ne savent pas assumer la contradiction.
00:55Alors après, pour avoir été professeur de collège en point de vue...
00:58Pardonnez-moi, mais dans le domaine du sport, il l'accepte très bien.
01:01Il faut arrêter ça.
01:02Pourquoi il l'accepte dans le domaine du sport de haut niveau ?
01:05Je pense que l'objectif est très clair.
01:08C'est une école de dépassement de soi, et c'est quelque chose de très concret, le sport.
01:11Là où les apprentissages, le passage à l'abstraction, c'est plus flou, et ils ont plus de mal.
01:16Par ailleurs, c'est beaucoup moins valorisé, on en parlait tout à l'heure.
01:18Le sport, c'est extrêmement valorisé, et une de mes collègues qui est professeure dans le public me disait,
01:24les élèves, ils en ont marre de leurs emplois du temps, parce qu'en fait, sur les réseaux sociaux,
01:28ils voient la culture du sport, ils veulent tous sortir faire du sport, aller à la salle, se développer,
01:32et donc ils râlent dès qu'ils ont des options, dès qu'ils ont des spécs sur telle ou telle
01:35heure.
01:35Donc, je vous rejoins sur le fait que le sport est très valorisé par la société,
01:39donc ils ont envie de le faire, l'école ne l'est pas.
01:41Pourquoi ? Parce qu'on l'a bien vu, tout ce qui est de l'ordre de la transmission des
01:44savoirs,
01:45on a parlé du salaire des professeurs, on pourrait parler du caractère très éphémère et matérialiste des réseaux sociaux.
01:53Les élèves ne sont pas du tout encouragés à développer l'intellect, l'esprit critique,
01:57toutes ces choses qui font qu'ils réussissent dans la vie plus tard.
02:00Je remercie Sylvie, Sylvie qui était à Bordeaux.
02:04Merci Sylvie, vous êtes en vacances en ce moment ?
02:06Oui, je suis en vacances, mais je voulais rajouter une chose.
02:09Moi, ce que je pense, c'est deux choses.
02:12D'une part, l'école est devenue bienveillante, mais vraiment sur-bienveillante, d'une part.
02:18Tant mieux, ça, qu'elle soit bienveillante.
02:20Il faut mieux qu'elle soit bienveillante.
02:22Ah non, non, non, sur-bienveillante.
02:25Écoutez, moi, par exemple, lorsque je fais passer le bac,
02:30mes épreuves, l'inspectrice me demande de rajouter,
02:32si j'ai une moyenne de 7, il faut que je passe à une moyenne de 8.
02:36Si j'ai une moyenne de 8, il faut que je passe à une moyenne de 9.
02:38Voilà.
02:39Les commissions d'harmonisation, c'est la catastrophe.
02:41Oui, voilà.
02:43Et donc, la deuxième chose que vous vouliez rajouter ?
02:45Et les parents, et les parents surprotecteurs,
02:49et négociateurs, négociateurs, ce sont des négociateurs,
02:53ils négocient la note de leurs enfants auprès des profs.
02:57Voilà, donc on a affaire, en fait, à un manque de repères,
03:02un manque de repères qui fait que l'école, c'est un espèce de fourre-tout
03:09où on n'a que des droits.
03:10On n'a plus d'obligations, on n'a que des droits.
03:12Voilà, les élèves ont des droits, que des droits,
03:15les parents n'ont que des droits vis-à-vis de l'école,
03:18et c'est une école, et c'est une école qui ne fonctionne plus.
03:23Le sujet des manifestations, ce n'est pas tellement Parcoursup,
03:28enfin, Parcoursup est derrière,
03:29mais ce que veulent avant tout les manifestants, les lycéens,
03:32c'est passer à la fac,
03:35passer à la fac, voilà, sans sélection,
03:38on n'accepte plus, on n'accepte plus de challenge,
03:41on n'accepte plus la compétition,
03:42on n'accepte plus de mériter,
03:44de mériter, de mériter des études supérieures,
03:49et donc on se retrouve avec une fac de toute façon
03:53qui ne peut plus accueillir autant d'étudiants,
03:55voilà, donc bien sûr que Parcoursup peut connaître des défaillances,
04:01mais voilà, et bien voilà, et bien merci, merci à vous.
04:05Je vous presse un peu Sylvie, je vais vous dire pourquoi,
04:07c'est parce qu'Emma est là, et Emma voulait prendre la parole,
04:10et Emma habite l'Indre-et-Loire.
04:12Bonjour Emma !
04:14Bonjour !
04:15Et comme il nous reste simplement quelques minutes,
04:17vous appelez d'où en Indre-et-Loire ?
04:18Je vais faire vite, près de Tours,
04:21et je voulais intervenir en fait,
04:23parce qu'il faut quand même être un petit peu optimiste,
04:26et je me dis qu'en fait, on a beau mettre les profs,
04:30les meilleurs profs du monde, les meilleurs outils,
04:33et en fait on accompagne le pain d'élèves,
04:35à la fois en 3ème, en 6ème,
04:37pour lui expliquer ce qu'est le monde du travail,
04:39quels sont les métiers en tension,
04:41pourquoi c'est bien de faire du travail manuel,
04:44et bien c'est comme quand vous allez au restaurant,
04:46si vous n'avez pas le menu,
04:47vous n'avez pas forcément envie de travailler,
04:48d'y aller, et bien c'est pareil,
04:50je pense qu'il faut susciter l'envie,
04:52et accompagner ces jeunes à découvrir quels sont les métiers,
04:55et je pense qu'il y aurait moins de problèmes,
04:58et on aurait moins de personnes qui veulent passer le bâche.
05:00Vous avez des enfants ?
05:01Oui, absolument !
05:03Et qu'est-ce qu'ils font comme études ?
05:05Alors moi j'ai ma fille aînée qui a fait de la gestion hôtelière,
05:08qui est gouvernante générale,
05:11et puis ils vont s'installer bientôt prendre un hôtel,
05:14et puis j'ai mon fils qui a fait un parcours en terminale,
05:19il voulait faire orthophonie,
05:23et puis à la fin il a fait poncée de Paris,
05:27et puis aujourd'hui il a fini sa formation de soudeur.
05:31– Le plus important c'est d'avoir un job,
05:34et un métier plus exactement,
05:35pas un job, un métier.
05:37– Un métier !
05:38– Voilà, un métier,
05:38moi je vous assure c'est le plus important.
05:40Et alors là vous avez parfaitement raison,
05:42parce qu'être premier tout ça c'est des bêtises,
05:44on s'en fiche d'être premier, d'être machin, d'être bidule,
05:47ce qu'il faut c'est,
05:50voilà, pardonnez-moi,
05:51il faut faire ce qu'on a envie.
05:54– Voilà.
05:54– Ça n'a pas de prix,
05:56c'est trop dur de traverser la vie
05:57avec quelque chose qui ne nous plaît pas,
05:59et vraiment je comprends des gens parfois
06:01qui ont envie de partir à la retraite
06:02si vraiment leur métier ne leur plaît pas.
06:04Et je comprends moins ceux qui ne veulent pas partir,
06:07parce que leur métier leur plaît trop.
06:09Non mais c'est vrai, par exemple dans nos métiers,
06:11personne ne veut…
06:11– Nous on a de la chance de faire un métier passion.
06:13– Évidemment, personne ne veut partir dans nos métiers,
06:15c'est pas toi qui décides,
06:17c'est toujours où tu meurs, où t'es viré.
06:20Je le dis sans arrêt, mais c'est la base,
06:21c'est la base de nos métiers,
06:22où tu meurs, où t'es viré.
06:23– C'est une longue vie alors.
06:24– Je ne sais pas ce qu'il faut, ce qui est préférable.
06:27– Mais j'ai vu que Michel Drucker, c'est formidable d'ailleurs,
06:30on lui a posé la question,
06:31quand est-ce que vous voulez partir ?
06:33Je crois que c'est dans un des derniers numéros
06:36de Vivement Dimanche,
06:37il a dit, maintenant il a dit, je ne partirai pas.
06:39– Maintenant, les choses sont claires,
06:41je ne partirai pas.
06:43Il a raison.
06:44Bon, il est 16h52, merci Emma.
06:46C'est un joli prénom Emma.
06:48– Eh, Emma.
06:51– Qu'est-ce que vous faites dans la vie Emma ?
06:51– Ah oui, je me suis tombée de vous sentier un peu.
06:53– Qu'est-ce que vous faites ?
06:54– Moi, j'ai travaillé dans un grand groupe
06:56en tant que RH, Développement RH.
06:59Et j'ai monté ma boîte.
07:00– Eh bien, écoutez, les RH, nous, on aime ça les RH,
07:04les ressources humaines.
07:06Et je vois qu'Anissa Dali est en régie,
07:07elle est en train de s'entraîner,
07:09de se préparer pour le match,
07:10parce qu'elle est venue à Anissa,
07:12qui a dû se lever à 2-3h du matin,
07:14et qui est encore là à 17h.
07:16Et elle est avec Olivier Guenet,
07:17et Olivier Guenet qui va exploser face au puzzle,
07:20je pense, face à...
07:22Et puis de toute façon, moi je serai avec Anissa.
07:23Donc comme ça...
07:26Merci beaucoup Emma !
07:27Catherine ou Jean-Luc,
07:29peut-être avant de nous dire au revoir
07:31dans cette première partie d'émission,
07:33est-ce que Catherine et Jean-Luc, non ?
07:35Non ?
07:35Alors on termine avec Augustin, Yvan.
07:38Est-ce que vous pensez que tout ça est possible ?
07:39Parce qu'une fois qu'on a dit ça,
07:42par exemple, la sélection,
07:44l'examen à la fin de la 6ème,
07:45bon, c'est peut-être trop tôt,
07:47examen à la fin du CM2,
07:49c'est peut-être trop tôt là,
07:51mais à la fin de la 3ème,
07:52t'as 14 ans,
07:53tu sais tout à 14 ans de ton niveau,
07:56hélas ou pas,
07:58tu peux revenir bien sûr,
08:00mais tu sais si tu ne peux pas faire
08:02des études supérieures sans doute.
08:05Mais ça ne veut pas dire que t'es pas intelligent d'ailleurs.
08:07C'est tout à fait possible,
08:08ça a d'ailleurs longtemps existé,
08:09le certificat d'études c'est une réalité,
08:11quand on voit les cahiers de nos grands-mères,
08:12je peux vous dire,
08:12elles écrivaient beaucoup mieux que nous.
08:14Donc je pense que c'est tout à fait possible,
08:15il faut réintroduire une culture de l'évaluation progressive
08:18pour que l'enfant différencie ma note et ce que je suis,
08:21ça évitera les traumas et puis les difficultés avec les parents.
08:24Et puis surtout, il faut encourager la société civile.
08:27Je vous donne un exemple,
08:27la Fondation pour l'école,
08:29pour laquelle je travaille,
08:30encourage les 2000 écoles indépendantes de France.
08:32Elles, elles choisissent leur pédagogie,
08:34c'est les parents qui viennent,
08:35il n'y a pas un euro de l'État,
08:36et pourtant il y a des écoles à très bas coût
08:38pour les familles en difficulté.
08:39Elles développent des pédagogies sport, nature,
08:43bilinguisme, HPI, dyscalculitis, dyspraxie, etc.
08:46Bref, une diversité pédagogique qui est approuvée,
08:49on l'a vu dans un sondage IFOP qu'on a commandité,
08:51par 64% des Français.
08:52En fait, ce qui tue l'éducation nationale,
08:54c'est l'éducation nationale,
08:56c'est le monopole étatique
08:58de ce qu'on veut être une éducation.
09:00La réalité, c'est qu'il faudrait un ministère de l'instruction publique
09:03qui rende aux parents la première place,
09:05ce sont les premiers éducateurs,
09:06l'école est déléguée à l'instruction sur le temps scolaire.
09:09Parce que j'en veux beaucoup à l'État
09:11qui oppose les familles, les élèves, les professeurs.
09:14En réalité, si on remettait tout le monde à sa place,
09:16ce que ces écoles font,
09:18elles sont issues de la société civile,
09:20il y aurait un climat beaucoup plus pacifique.
09:21Et pour en avoir dirigé une, une école comme ça,
09:23j'ai constaté que le lien avec les familles
09:24était beaucoup plus clair,
09:25parce que c'est contractuel.
09:26Moi, je les ai accueillis, je leur disais
09:27voilà notre projet,
09:29vous êtes d'accord, vous n'êtes pas d'accord,
09:30ok, vendu, et on avance.
09:31Il faut construire un projet ensemble,
09:32pour son enfant.
09:34Tout à fait.
09:35Non mais oui, c'est la base.
09:37Il n'y a plus qu'à.
09:38Tout à fait.
09:38Eh bien, je vous remercie beaucoup,
09:40c'était comme toujours,
09:41c'est toujours intéressant ces sujets
09:44évidemment sur l'école.
09:46Alors que je suis en train de ramasser mes feuilles
09:48qui sont en train de tomber par terre,
09:50et on va marquer une pause,
09:51puisqu'il va y avoir ce débat
09:54qui va nous passionner.
09:55On va parler de ça pendant une longue demi-heure,
09:57sans doute.
09:58En fonction des échanges.
10:00Oui, et puis je pense qu'il y aura des gens
10:01qui vont vouloir intervenir.
10:03Oui, appelez-nous.
10:05Faites l'arbitre, pourquoi pas.
10:06Là, nous sommes en train d'enjamber,
10:09disons-le.
10:09Jusqu'à 17h.
10:10Jusqu'à 17h,
10:11puisque nous allons parler,
10:13restez vraiment avec nous,
10:14parce qu'on va parler du ballon d'heure.
10:17Est-ce que c'est une honte
10:18de ne pas l'avoir donné à Mbappé,
10:21comme le dit Olivier Guenet,
10:23qui est particulièrement agacé,
10:25ou est-ce que ça correspond ?
10:26Choqué, choqué, choqué.
10:27Choqué, bon.
10:28Non, est-ce que vous aimez le football ?
10:31Alors, je suis un éneur en la matière.
10:33Bon, moi aussi, paraît-il,
10:36mais il ne faut pas le dire.
10:37Il est 16h56, je blague.
10:38A tout de suite.