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  • il y a 3 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:0116h, 18h, Pascal Proulx et vous.
00:03L'école, l'école, l'école, l'école, mais on en parle matin, midi et soir.
00:07J'ai l'impression vraiment qu'on n'avance pas sur ce sujet.
00:11Augustin Yvan est avec nous, est directeur du développement de la fondation pour l'école.
00:16Je ne sais combien de livres sont écrits chaque année.
00:19Alors j'ai reçu l'autre jour, je ne sais pas s'il est venu à Europe 1 d'ailleurs,
00:22je crois qu'il est venu qu'à CNews,
00:23et c'était formidable.
00:24C'est un polytechnicien, chef d'entreprise, qui a eu une expérience de 2 ans, 3 ans, comme prof.
00:31Il a dit, je veux être prof pour savoir ce qui se passe.
00:33Il avait 55 ans, 60 ans, il expliquait qu'il avait des revenus confortables,
00:37il était à l'abri de l'argent, donc il a dit, je voudrais, par expérience, savoir comment ça se
00:42passe.
00:44Et il a réfléchi sur l'école, et il a dit, une fois qu'on a tout dit sur l
00:48'école,
00:49les systèmes, les enseignements, les heures de cours, etc.
00:54La chose la plus importante, c'est le prof.
00:57Et j'ai trouvé ça lumineux, parce que c'est très simple.
01:01Une fois qu'on dit ça, on met l'effort maximum sur les profs.
01:06Vous savez qu'à Singapour, par exemple, les profs sont tout en haut de l'échelle sociale.
01:10C'est-à-dire qu'ils sont peut-être payés l'équivalent de 6 ou 7 000 euros.
01:14Oui, mais attention, attention, il y a sélection.
01:20C'est-à-dire que je ne suis pas sûr que l'ensemble des profs qui nous écoutent
01:25aimeraient peut-être le salaire, bien sûr, mais est-ce qu'ils ont la compétence pour être les meilleurs ?
01:32Parce qu'après, tu vas attirer une nouvelle sociologie, si tu payes plus les profs,
01:37et peut-être des gens plus performants.
01:39Et peut-être que cette compétition ou cette émulation entre profs,
01:45elle va aussi poser des problèmes.
01:47Mais j'ai trouvé que ce qu'il disait était très intelligent.
01:49Je ne sais plus comment il s'appelle, De Bédié,
01:51si on peut retrouver son nom d'ailleurs, ça serait intéressant.
01:55Et en son temps, Jean-François Chemin avait fait le même parcours.
01:57C'est assez fréquent, des hauts profils comme ça qui veulent se reconvertir
02:01et qui se confrontent à l'absurdité du système.
02:04Donc en général, il ne reste pas quand même, parce que c'est dur.
02:07Donc ce qui est très intéressant dans ce que vous dites,
02:09c'est que le professeur a une place centrale,
02:11puisqu'il est le transmetteur de l'autorité et du savoir.
02:15Et c'est pour ça qu'il a sa légitimité.
02:17La réforme annoncée hier par le gouvernement
02:22est intéressante en ce sens qu'elle propose moins d'élèves par classe
02:26et donc à ce titre, un lien plus fort.
02:29Je suis très dubitatif quant à la façon dont ça va être mis en œuvre,
02:33si c'est mis en œuvre bien sûr,
02:34mais toujours est-il que l'idée, qui est d'ailleurs très présente
02:37dans les écoles indépendantes,
02:38de petits effectifs pour avoir un vrai lien maître-élève,
02:41cette idée-là est très forte
02:43et on a tous le souvenir autour de cette table
02:44d'un professeur qui nous a marqués de manière indélébile
02:47parce que c'est un passeur de savoir.
02:49Et plusieurs à la plupart du temps.
02:50Et plusieurs, et on était 30 dans la classe.
02:52Moi je peux vous les citer,
02:53mademoiselle Raboteau,
02:55monsieur Terroitin, professeur de maths,
02:58à Saint-Stal, il était formidable,
02:59monsieur Terroitin,
03:00mademoiselle Raboteau, évidemment.
03:04Monsieur Bernard, il est mort le pauvre,
03:06il est mort il n'y a pas longtemps.
03:06Monsieur Bernard, c'était une véritable star,
03:08prof de français à Saint-Stan,
03:10Saint-Stan à Nantes,
03:11Saint-Stanislas à Nantes.
03:12Mais tout le monde adorait monsieur Bernard,
03:14hélas il est mort, Bruno Bernard.
03:15Et c'est souvent les plus autoritaires d'ailleurs,
03:17parce qu'ils ont quelque chose à transmettre,
03:19ils sont passionnés,
03:19et donc ils ont envie d'y aller,
03:21et prière de ne pas les déranger en chahutant.
03:23Et il y avait un problème,
03:24moi je pense que l'autorité,
03:25il y a un problème aussi de menuiserie,
03:27c'est-à-dire qu'il faut rétablir d'urgence l'estrade.
03:31Oui, évidemment, d'urgence l'estrade.
03:34Parce que là aussi, c'est très fort.
03:36Mais bien sûr, on est avec Sylvie,
03:37bonjour Sylvie.
03:39Bonjour Pascal Praud,
03:40bonjour à toute l'équipe.
03:41Vous habitez où Sylvie ?
03:43Alors j'habite à Brie,
03:45mais là je suis à Bordeaux,
03:46dans la rue,
03:47j'espère qu'il n'y a pas trop de bruit.
03:48Ah non, ça passe très bien à Bordeaux,
03:50exceptionnellement,
03:51il n'y a pas de manifestation,
03:52et de casseur dans la rue,
03:53donc tout va bien.
03:54Vous êtes professeur depuis combien de temps ?
03:57Depuis près de 40 ans, 39 ans.
04:00Ah oui, quand même,
04:00donc vous êtes plus proche de la fin que du début ?
04:03Tout à fait, tout à fait.
04:04Professeur de quoi ?
04:06Alors je suis professeur d'éco-droit
04:08et de sciences économiques et sociales.
04:10Voilà.
04:11En cycle bac.
04:12En cycle bac.
04:13En cycle bac.
04:13Alors quelles sont vos conclusions
04:15et votre analyse sur le système ?
04:18Alors, moi on m'a demandé d'intervenir
04:20sur Parcoursup particulièrement,
04:22et donc ce que je pense de Parcoursup,
04:24c'est que c'est un outil qui n'est pas parfait,
04:26en soi,
04:26mais qu'il a le mérite de faire une sélection
04:29qui devrait être faite beaucoup en amont,
04:32en fait.
04:33Voilà.
04:34C'est-à-dire que la sélection que fait Parcoursup,
04:36elle devrait être faite
04:38d'abord pour l'entrée en sixième
04:41et après à la fin troisième,
04:43pour le passage en seconde.
04:44Donc en fait,
04:45Parcoursup fait le travail
04:47plus ou moins bien,
04:48bien sûr, c'est pas parfait,
04:49mais qui mériterait d'être fait avant
04:52de façon à ne pas envoyer
04:55en enseignement supérieur
04:56des élèves,
05:01des futurs étudiants
05:03qui auront peut-être les diplômes,
05:11oui, bien sûr,
05:12mais qui n'auront pas les compétences suffisantes
05:14attendues sur le marché.
05:15Mais on est tous d'accord là-dessus,
05:16mais alors rien ne change.
05:17On est tous d'accord sur le constat,
05:20c'est-à-dire qu'il faut faire
05:21un examen à la fin de la troisième,
05:24un examen de passage.
05:25Si tu rates ton examen,
05:26tu redoubles.
05:27Si tu le rates la deuxième année,
05:29tu redoubles encore,
05:30tu as le droit de redoubler jusqu'à...
05:32Si tu veux redoubler dix fois,
05:33tu redoubles dix fois.
05:34Mais si tu penses
05:36qu'il faut mieux faire une voie à côté,
05:39et c'est pas forcément une voie
05:40dite de garage,
05:41c'est ça qu'il faut.
05:43Mais, je le répète,
05:44il va falloir convaincre les parents,
05:46vous allez avoir un problème
05:47avec les parents.
05:48Parce que les parents,
05:49ils ne veulent que leur protéger.
05:51Parce que moi,
05:51je les entends, les parents.
05:53Ils ont tous des HPI.
05:55Les élèves ont 2 sur 20,
05:56mais c'est parce qu'ils sont
05:57trop géniaux qu'ils sont 2 sur 20.
05:59C'est des petits génies,
06:01maintenant, qu'il y a.
06:02Augustin Yvan,
06:03directeur du développement
06:04de la Fondation pour l'école,
06:05est avec nous.
06:06Alors, si on est tous parents,
06:07on est tous convaincus
06:08d'avoir des petits génies.
06:08En tout cas, moi, je le suis.
06:10Non, d'ailleurs,
06:11on n'est pas...
06:12Non.
06:12En tout cas, je vous rejoins
06:13sur le fait que c'est des enfants merveilleux.
06:15Voilà, ce sont des enfants merveilleux
06:16et le meilleur service
06:17qu'on peut leur rendre,
06:17c'est de leur dire la vérité.
06:19Moi, je suis d'accord avec ça.
06:20La vérité, c'est-à-dire que
06:21c'est ce qu'on ne fait pas
06:22avec les lycéens aujourd'hui.
06:23Aujourd'hui, on leur dit,
06:24allez-y, de toute façon,
06:25vous êtes super en tout
06:26et vous arriverez en tout
06:28et allez jusqu'aux études supérieures.
06:29La réalité, c'est de dire à l'enfant
06:31tes points forts, c'est ça,
06:32tes points faibles, c'est ça
06:33et dès le début,
06:34et vous parliez du collège,
06:35je pense que dès le primaire,
06:36il y a un ensemble de...
06:38Un dispositif qui a été mis en place
06:39sont les évaluations nationales.
06:40Il y en a chaque année
06:40jusqu'au CM2.
06:41C'est un très bon dispositif.
06:43En soi, à la fin,
06:44moi, quand j'étais professeur,
06:45j'avais un visuel très net
06:46sur où en est l'élève
06:48en maths, en français.
06:49Mais simplement,
06:50on n'en tire pas les conséquences
06:51parce qu'on se refuse
06:53à discriminer, entre guillemets.
06:54Ça, c'est le terme à la mode.
06:56En fait, discriminer,
06:57c'est dès que vous posez un jugement.
06:59Oui, l'adulte pose un jugement
07:01sur le travail de l'enfant,
07:02pas sur ce qu'il est,
07:03mais sur ce qu'il a fait.
07:04Et si on ne le fait pas,
07:05on ne permet pas à l'enfant
07:07de progresser.
07:07C'est pourquoi,
07:07à la Fondation pour l'école,
07:08nous souhaitons soutenir
07:11le fait que les évaluations nationales
07:13soient validantes.
07:14Si vous avez un mauvais niveau
07:16en CM2,
07:17eh bien, vous redoublez,
07:18vous ne passez pas au collège.
07:19Parce qu'après,
07:19on ne fait que monter le problème
07:21et ce problème enfle.
07:22Donc, je rejoins complètement
07:23ce que madame a dit
07:24dès le début de la scolarité
07:26et même on s'est paie
07:27si l'enfant n'est pas
07:28un bon lecteur.
07:29Ça arrive,
07:31maturation des savoirs.
07:32C'est comme ça.
07:32La nature est inégale.
07:33Si on ne le dit pas,
07:35on fait passer un enfant
07:36qui arrive en CE2
07:37et est toujours incapable
07:38de déchiffrer certains mots,
07:39surtout avec certaines méthodes
07:40semi-globales
07:40qui sont le plus répandues.
07:42Donc, il faut absolument
07:42cesser ça
07:43et dès le CP dire,
07:44voilà, on va dire à l'enfant
07:46qu'il est un trésor,
07:47mais on va lui expliquer
07:48comment faire fruitifier ses talents
07:49et corriger
07:50ce qu'il n'a pas encore.
07:52Sinon, on lui ment
07:52et c'est contre ça,
07:53je pense que les lycéens
07:54pour lesquels j'ai beaucoup
07:55d'empathie en réalité
07:57se révoltent
07:58parce qu'on ne leur dit
07:59pas la vérité.
08:00Je ne dis pas
08:00qu'ils se révoltent bien,
08:01je ne dis pas
08:01qu'ils ont raison
08:02de faire ce qu'ils font,
08:03mais je dis qu'au fond,
08:04il y a un malaise très profond.
08:05J'en parlais avec des étudiants
08:07d'une université
08:08dans laquelle j'intervenais
08:09et ils me disaient
08:09mais moi,
08:10je n'ai pas eu le choix,
08:11je n'ai rien compris
08:11à ce qui m'est arrivé.
08:12D'un coup,
08:13il y a eu un jugement
08:14sur mon travail
08:14qui est arrivé
08:15quand j'avais 17 ans
08:16et avant ça,
08:17on ne m'avait rien dit.
08:18Forcément, c'est cruel.
08:20Il est 16h43,
08:21on marque une pause,
08:22à tout de suite.
08:23Et avant de retrouver
08:23la suite de Pascal Praud
08:24et vous,

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