- il y a 10 heures
Retrouvez le replay de l'épisode 3 de Trimarans Ultim : au-delà des limites du 24/10/2026.
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00:10On constate qu'on ne va pas très vite depuis quelques minutes
00:13et que Banque Populaire, qui est troisième à ce moment-là, revient assez fort sur nous.
00:20Il faut essayer de ne pas s'énerver et évacuer le problème sereinement.
00:26On cherche un peu d'abord, et puis on en vient quand même à inspecter,
00:30de savoir si on n'est pas en train de traîner quelque chose,
00:32si on n'a pas pris quelque chose dans les appendices.
00:38On a un truc au milieu de la dérive.
00:40Oui, au milieu, il y a un petit truc là.
00:42Il y a un truc ?
00:43Je ne sais pas si c'est une petite algue finalement.
00:49On voit grâce aux caméras qui éclairent nos appendices qu'on a sans doute quelque chose.
00:55C'est là que la nuit peut avoir un peu d'impact,
00:58c'est que c'est plus dur de voir dans les appendices quand il fait noir.
01:03Il faudrait quelqu'un qui filme, quelqu'un qui regarde et qui éclaire la dérive.
01:10Quand on prend ce morceau de filet et de cordage dans la dérive,
01:13de toute façon la course, elle est entre parenthèses.
01:16On sait qu'il va falloir résoudre ce problème-là avant de penser à la suite.
01:19Donc on se met directement dans l'action, il faut arrêter le bateau
01:23et puis résoudre le problème.
01:27Pour faire une marche arrière, on n'a pas le droit d'utiliser le moteur en courte.
01:32Il faut essayer de se rapprocher face au vent,
01:35essayer de réduire la vitesse du bateau jusqu'à une vitesse nulle
01:39et commencer grâce au vent à repartir en marche arrière.
01:43Comment faire ralentir ?
01:45Et tout ça forcément de nuit.
01:48Donc il faut être très précis dans un environnement très incertain.
01:51Donc c'est toujours un petit peu stressant.
01:56Ok, j'ai le bateau. C'est bon.
01:59Pendant ce temps-là, les petits copains continuent d'avancer.
02:01Donc c'est dommageable, mais il n'y a pas le choix.
02:10Le temps perdu, ça ne se rattrape jamais en mer.
02:13Chaque seconde de perdu, c'est une seconde de perdu et ça ne se rattrape jamais.
02:17Bateau pour un temps.
02:19Le vainqueur d'une course en bateau,
02:21ce n'est pas celui qui a fait une route parfaite et qui n'a jamais perdu de temps.
02:25C'est celui qui a fait le moins d'erreur.
02:32Bilan de la manœuvre, on a réussi à s'en dépatouiller de ce filet de pêche.
02:40Le but, c'est d'essayer de tout de suite oublier ça,
02:43aller de l'avant et tout de suite essayer de se réunir,
02:47faire le même objectif pour la suite.
02:55Vous êtes prêts ?
02:57Transfert.
03:07Après cette première nuit, on est au coude à coude avec Banque Populaire,
03:11qui est bien revenu sur nous.
03:13Du coup, après un début de course, ils étaient plutôt derrière.
03:17SVR Lazartig, c'est enfui.
03:19Et puis Sauvé-Baud, pas très loin derrière, en quatrième position.
03:24On monte en mer celtique,
03:26donc entre la Cornouaille anglaise et les côtes irlandaises.
03:29On a une zone sans vent qui nous barre un peu la route.
03:34On était vraiment dans des conditions de vent très chaotiques, très faibles.
03:41Mais savoir quelle est la suite du vent,
03:46c'est pas simple, c'est se creuser les méninges.
03:53Et le but, c'était d'essayer de se positionner le mieux possible
03:57pour récupérer le futur vent.
04:023, 2, 1, maintenant !
04:07Avant le Fastnet, oui, il y a plein de virements de bord
04:10long de la côte irlandaise.
04:12Le vent est très instable près des côtes, il y a des îles.
04:15Il y a du courant aussi, qui peut être à notre avantage
04:18ou aussi en notre défaveur.
04:20Donc c'est important de bien se placer, d'avoir le bon rythme.
04:24D'essayer de faire le moins de chemin possible,
04:27d'y arriver le plus rapidement possible.
04:31C'est vrai qu'on est presque tous à vue à ce moment-là,
04:34avec les concurrents.
04:37Donc on essaye de faire au mieux,
04:39pour concéder le moins de distance,
04:40puisque après, derrière ça, il y a forcément un petit effet d'accordéon,
04:43puisqu'on part au portant, qui est au vent arrière,
04:46avec des bateaux qui accélèrent beaucoup.
04:48Et donc le premier qui passe, forcément,
04:51rentre sur l'autoroute en premier,
04:53et la distance, ça croît.
04:55Donc c'est pas le moment de laisser démettre en chemin.
05:13L'approche du Fastnet, c'est toujours un moment émouvant, un peu spectaculaire.
05:20C'est quand même un phare qui est perdu sur un caillou au large de l'Irlande.
05:27Un peu tout seul, isolé,
05:29il y a toujours une atmosphère un peu glauque, angoissante,
05:33un peu magique à la fois.
05:37Et ce caillou, c'est un immeuble posé dans l'eau, quoi.
05:39Tu peux le contourner en bateau en passant très près.
05:42Du coup, c'est devenu la marque de la course du Fastnet,
05:46qui a pris son nom.
05:48C'est un peu mythique dans l'histoire de la course au large.
05:55Il y a des courses qui sont mythiques,
05:57et qui ne sont pas forcément les plus grandes,
05:59ou les plus longues, ou les plus dures.
06:01Je pense à Paris-Roubaix dans le vélo,
06:04ou le Grand Prix de Monaco.
06:05C'est un Grand Prix comme un autre, mais personne ne le considère comme un Grand Prix comme les autres.
06:13On a toujours été bercé par les histoires du Fastnet plus jeunes des l'optimiste.
06:18Et puis aussi ce caillou qui est atypique, qui est différent, toujours un sentiment un peu angoissant.
06:29Et ce rocher du Fastnet est devenu mythique dans l'imaginaire collectif des gens qui naviguent.
06:35Donc contourner le Fastnet, c'est jamais tout à fait neutre.
06:37Et c'est quand même en mer d'Irlande.
06:39Et dans l'histoire de la course du Fastnet qui a lieu tous les deux ans,
06:43il y a eu l'édition 1979, dont tout le monde se rappelle,
06:47où il y a eu malheureusement une hécatombe qui a vraiment marqué la mémoire de la course au large.
06:56Tous les concurrents sont encore en mer et la tempête fait rage ce soir en Irlande.
07:01Une forte dépression est en train de semer le chaos parmi les voiliers qui disputent la course.
07:06Ces images ont été tournées en fin de matinée au large de la Cornweige,
07:10sur les 54 bateaux qui ont pris le départ de Côte pour gagner Plymouth,
07:1425 sont naufragés ou portés manquants.
07:18Je m'appelle Jacques Caress, j'ai une carrière de navigateur
07:23et ensuite je me suis attaché à la direction de course d'épreuve océanique.
07:28Mon premier Fastnet, c'était en 1979, donc il y a bien longtemps.
07:31Et moi j'avais juste 20 ans, donc la fleur au fusil pour aller faire ces belles régates,
07:38qui étaient quand même une course engagée.
07:41Le Fastnet a toujours été marqué par un départ qui a été donné dans toutes les circonstances.
07:48Selon les organisateurs de la course, le bilan total pourrait bien s'élever à 30 morts.
07:52On a beaucoup polémiqué à propos des conditions dans lesquelles s'est effectuée cette course.
08:02L'Angleterre et la France, c'est quand même deux nations avec une histoire maritime importante.
08:07Mais il y a vraiment deux approches différentes dans ce sport.
08:13En Angleterre, il y a plus cette culture de la responsabilisation.
08:17La direction de course va donner des informations météo et c'est au skipper de décider si oui ou non
08:23il le sent, si oui ou non il en est capable.
08:26La course, elle part à une date donnée point barre.
08:29En France, on a tendance à décaler le départ des courses, à l'avancée ou à le décaler de plusieurs
08:37heures, de plusieurs jours,
08:38pour garantir la sécurité des coureurs.
08:48On devait être au moins 200 bateaux. C'est vrai que c'est une course multiclasse. Il y a toutes
08:53les catégories.
08:56On était parti depuis 2-3 jours pour nous. On n'est pas très rapide avec nos petits monocoques à
09:01l'époque.
09:02Et donc, on était pris en plein milieu de la mer d'Irlande, la mer celtique.
09:07Et là, ça s'est rapidement corsé avec un système dépressionnaire qui s'est creusé sur place, très violent,
09:12avec une mer très forte et contrariée par le vent, ce qui a fait beaucoup de déferlantes et des mers
09:18assez importantes.
09:21On était à peu près à 30-40 nautiques du phare à laisser à bâbord.
09:27Et malheureusement, on a été coiffé avant de passer ce fameux phare.
09:30Et là, effectivement, on n'a pas le temps d'esquiver.
09:33On est pris dans le phénomène qui n'est pas forcément annoncé non plus par l'organisateur,
09:37parce qu'on n'a pas les moyens de communication à bord des bateaux.
09:45Ça s'est passé de nuit, donc c'est difficile d'avoir une image exacte,
09:48mais on a parlé de mer supérieure à 9-10 mètres.
09:52On s'était mis à un cap sèche, c'est-à-dire sans toile, pour essayer d'esquiver le plus
09:57gros des vagues.
09:58On s'est fait rouler par une déferlante, et c'est ça qui nous a fait faire un tour complet,
10:03qui nous a fait démater, ouvert le pont.
10:06Et on a été malheureusement obligés d'évacuer le bateau, puisqu'il était entre deux eaux.
10:11Et donc, on est partis sur notre bip de survie dans les déferlantes,
10:13avec une mer très très très mauvaise, très forte.
10:18On est dans un moment de survie, et dans la survie, on n'a pas trop le temps de philosopher.
10:23On entend les vagues, on entend les déferlantes qui arrivent sans les voir, puisqu'on est sous la bâche.
10:28Et parfois, il y en a une qui est plus forte que l'autre, et c'est là où on
10:31se dit, on va encore se retourner.
10:34Ça s'est hyper mal passé, surtout pour les concurrents les plus lents derrière, donc les plus vulnérables.
10:40Il y a eu un nombre d'interventions, les cause-garde anglais, enfin on en parle encore, ce Fasnet 79.
10:48Il y avait 303 bateaux qui étaient au départ de cette course, il n'y en a que 86 qui
10:53seront classés à l'arrivée.
10:5525 bateaux seront abandonnés en pleine mer, 125 marins secourus, 15 morts.
11:01Donc voilà, il y a quand même un lourd bilan.
11:08La course au large a été marquée vraiment par cette année 79, je crois qu'il n'y a pas
11:13eu d'autres événements aussi dramatiques.
11:32Quand on approche du Fasnet, on est encore dans des conditions très agréables, il y a du vent.
11:37On doit tirer des bords le long de la côte irlandaise et puis on a ce DST, cette zone de
11:41trafic qui nous a été interdite en course, qui sert pour le trafic maritime.
11:47Actuellement, on est à 800 mètres de la DST.
11:51Elle est vraiment pile sur la route, donc on doit la contourner.
11:56Il y a un peu de jeu stratégique autour de ça, à l'aller et au retour.
12:00Voilà, c'est virement dans 3 minutes. Dans 2,30 virements.
12:06Il va falloir manœuvrer parce qu'on arrive en tirant des bords face au vent et on repart au portant.
12:11Donc du rythme à bord, des changements d'allure, de voile et pas mal de manœuvres, donc c'est assez
12:15dense.
12:17On se perd dans 3, 2, 1, maintenant.
12:22C'est aussi l'endroit où on met le clé autour de la gauche et on retourne vers l'arrivée.
12:28Enfin, c'est un objectif.
12:32On veut essayer de faire le moins de chemin possible, donc en rasant le phare le plus proche possible, tout
12:37en faisant attention au bateau qui est autour.
12:45À ce moment-là, tout l'équipage est sur le pont et à fond en train de manœuvrer, chacun à
12:51son poste.
12:55Il y a un peu l'effervescence à bord à ce moment-là.
12:58Et surtout, on sait très bien que les conditions sont parfaites pour avoir des vitesses géniales au portant, des grandes
13:06glissades à une vitesse élevée et que ça va être surtout aussi le kiff.
13:10En fait, à bord, on va être tout le temps à plus de 35 nœuds, que le bateau va voler
13:15en permanence.
13:20Ce bord-là, il est vraiment fabuleux.
13:22Je barre pendant 3 heures d'affilée, tout le temps autour de 40 nœuds et le bateau très facile, donc
13:30hyper plaisant.
13:34À ce moment-là, on sait ce qu'il a dans le ventre, mais on le découvre réellement.
13:41On découvre sa puissance, sa hauteur de vol, sa stabilité.
13:51Il y a du sourire dans le regard de chaque équipe qui a bord à ce moment-là.
14:09Nous, on regarde ça en disant, ça va bien se passer. Et à ce rythme-là, les bateaux vont arriver
14:15dans un mouchoir à Cherbourg.
14:17Donc, on est quand même très excités et très focus sur la progression des bateaux.
14:25Et dans le même temps, effectivement, comme on a les bateaux les plus rapides du monde, l'ensemble de la
14:29flotte, elle est à peu près au niveau de la pointe de Cornouailles des îles Silly, en train de monter
14:35vers le Fasnet.
14:48Le moment où tu as les quatre ultimes qui descendent plein de balles à 35 ou 40 nœuds, ils croisent
14:55les 200, 300 bateaux qui sont, eux, en train de remonter vers le Fasnet.
15:01Donc, ça fait quand même une belle grappe de bateaux à croiser.
15:06Forcément, avec le Formule 1 des mers, on passe le Fasnet avant tout le monde et donc on recroise toute
15:10la flotte.
15:10Et nous, on est tout le monde lancé à plus de 35 nœuds à pleine vitesse, avec toutes nos voiles
15:15déployées, donc avec une visibilité qui est un peu moindre.
15:20Et puis, une collision à ces vitesse-là, je ne sais pas ce que ça peut donner comme dégâts, mais
15:24ça doit être catastrophique.
15:30Ça va durer 24 heures et pendant 24 heures, il faut être au focus, il faut être dessus.
15:38Dans toute la descente entre Fasnet et Cherbourg, au moment où les bateaux rentrent dans la Manche, la flotte est
15:44un peu comprimée.
15:46C'est comme si on lâchait un peu les deux côtés d'élastique et puis ça revient.
15:50Donc, on se dit, super, si ça va sur ce rythme, à l'arrivée à Cherbourg, ils vont être tous
15:55dans un mouchoir de poche et tout est possible.
16:02Là, il faut aller vite. Et donc là, on se relaie à la barre, on essaie de mener le bateau
16:06à 105 % de son potentiel.
16:14Après l'empallage dans le bord, dans la Manche, pour aller vers Cherbourg, en fait, cette élastique-là, il s
16:19'est retendu.
16:20C'est-à-dire que les conditions étaient devenues plutôt un poil plus favorables aux bateaux de devant, qui ont
16:26été plus vite.
16:36On a un peu à distance surveillé notre niveau de performance par rapport aux bateaux de devant.
16:41Mais globalement, les écarts sont un peu figés et on est en troisième position, derrière Banque Populaire seconde et SVR
16:49Lasertig assez nettement en tête.
16:51Et puis, on se dirige vers une arrivée à Cherbourg, dans la matinée.
17:01C'est quand même une belle course pour Actuel. Ils finissent pas premiers, mais voilà, ils ont quand même un
17:06podium.
17:07Donc, c'est un bon début pour eux avec ce nouveau bateau.
17:18C'est-à-dire qu'il y a quelques heures, on va accueillir Actuel qui franchit la ligne d'arrivée.
17:23C'est-à-dire qu'il y a quelques heures.
17:32C'est-à-dire qu'il y a quelques heures.
17:53Pour l'instant, on est dans le cadre de l'objectif qu'on s'est fixé.
17:57Notre objectif, c'était d'être au départ. Donc, faire un podium, c'est bien.
18:03Il y a un petit casier rouge, tu le vois, Julien ?
18:05Il y a un petit casier rouge.
18:07Il y a un peu de quelques heures.
18:08Il y a un peu de quelques heures.
18:09Droit, même ça.
18:12Il est beau.
18:14Trois.
18:16Deux.
18:18Un.
18:19Encore un peu.
18:23Allez, c'est bon.
18:24Bravo la team.
18:25Bravo.
18:26Trop cool.
18:29C'est le bon Alain.
18:30Bravo les gars.
18:30Bravo Alain.
18:32Bravo Juju.
18:34Actuel, franchi la ligne d'arrivée, troisième.
18:38Troisième, c'est pas premier.
18:42Bravo les gars.
18:43Bien joué.
18:44Ouais.
18:44On veut toujours faire mieux.
18:45Par contre, on est vraiment contents quand même parce que c'est la première course avec Actuel Team 4.
18:53Ça va Alain ?
18:54Bravo les gars.
18:55Le podium, c'est bien parce que ça montre qu'on est au rendez-vous.
18:58C'est forcément un podium déceptif parce qu'on se dit qu'il y a deux qui sont devant.
19:02Ça nous donne le reste à faire pour pouvoir continuer de progresser.
19:07Super.
19:07Bravo.
19:08Bravo les gars.
19:09Bien joué.
19:12Merci à tous.
19:13A tout à l'heure.
19:17Là où Fastnet était quand même un objectif à court terme pour toute l'équipe et tout l'équipage,
19:23là d'un coup on change de mode et notre objectif c'est la Transat Café-Lore.
19:28C'est un petit côté égoïste parce qu'on a passé des super bons moments avec l'équipage mais on
19:33est programmé pour la Transat Café-Lore.
19:40On peut monter un peu de GV.
19:44Loucement.
19:45Encore un peu.
19:46Top.
19:48Ce qui est chouette, c'est sur la navigation Lorient-La Trinité.
19:51Pour ramener le bateau à la Trinité, c'est qu'on l'a fait avec Samuel.
19:57Ce sera plus simple maintenant que le bateau retrouve la Trinité.
20:01La Trinité, c'est à la maison.
20:03Donc le fait de ramener le bateau à la Trinité, c'est le ramener à la maison.
20:08C'est vraiment important pour moi d'associer Samuel Thual à ce moment-là parce que l'histoire de la
20:16course au large actuelle,
20:17elle a démarré à la Trinité sur mer avec un petit bateau que je portais et avec Samuel.
20:25Et on est plus de 20 ans après à continuer d'écrire l'histoire avec un nouveau bateau.
20:34Bon, la Trinité, c'est par là.
20:39Il n'arrive pas à être loin du boy.
20:51Dans la bête qui brombe, il y avait suffisamment de vent pour commencer à voler un petit peu.
20:57Et donc, on donne la barre à Samuel.
21:07C'est la première fois que je prends la barre.
21:10Ouais, là, ça volait bien.
21:11Ça a duré quelques minutes et c'est vrai que ça a été une sensation assez incroyable.
21:16C'est-à-dire un kiff incroyable de voler avec ce bateau tout nouveau.
21:21J'avais le sentiment de conduire un quart. C'est très réactif.
21:24On bouge un tout petit peu la barre et le bateau réagit instantanément.
21:28C'est une navigation qui était belle, qui était chouette, une navigation de partage.
21:34Il y a une forme de satisfaction avec ceux qui sont là et Anthony et Yves à mes côtés.
21:39C'est vrai que symboliquement, c'est assez fort parce que c'est le fruit tout simplement de toutes ces
21:42années de travail.
21:43Maintenant, il va falloir prouver qu'on est capable de réussir.
21:49C'est fort ce retour à la Trinité parce que c'est quelque chose qui aurait pu ne jamais arriver.
21:56En fait, l'histoire d'Actuel avec la course au large, elle aurait pu se terminer bien plus tôt.
22:02Je pense notamment à l'épisode du chavirage d'Yves Le Blévesque en 2017 au large du Cap Horn.
22:10À ce moment-là, l'Actuel aurait très bien pu arrêter parce qu'ils sont passés pas très loin de
22:16la catastrophe quand même.
22:20On vient d'accéder à la catégorie ultime.
22:22Et donc, à l'époque, le bateau que nous avions racheté à Sodebo était un bateau robuste, fiable,
22:29mais qui, au niveau technologique, était une génération en retard par rapport aux autres.
22:34Le projet, pour nous, ça consistait à exister et être présent dans cette classe et avoir la visibilité de la
22:40classe.
22:40Et c'est comme ça qu'avec Yves, qui est un garçon courageux, on a eu cette idée de faire
22:45un tour du monde à l'envers.
22:47Voilà, on voit la terre derrière et on est rendu au bout du monde.
22:52C'est le Cap Horn.
22:54On savait que le Cap Horn était un premier point de passage très sensible, très difficile.
23:00Et on me signale qu'il a finalement passé le point Cap Horn.
23:03Et alors que depuis quinze jours, je dormais avec le téléphone allumé sur mon chevet,
23:08ce soir-là, je me dis, il a passé le Cap Horn, c'est bon, j'éteins mon téléphone.
23:11Et puis, à quatre heures du matin, je rallume mon téléphone.
23:16Et là, dix minutes après, je reçois un message.
23:19Le bateau a eu un accident.
23:23On savait que le bateau était perdu, mais le seul objectif qu'on avait, c'était de récupérer Yves, évidemment,
23:27le plus tôt possible.
23:29Et dans les situations où il était, là où il était, les secours étaient très longs à organiser.
23:37Pendant ce moment, cette douzaine d'heures, là, sur un bateau cassé, cherviré, dans les mers du Sud,
23:42enfin, dans des situations très inconfortables, je me suis quand même trouvé confronté à une forme de finitude,
23:49enfin, tu vois, de me dire, moi, là, Yves, là, je suis quand même dans une situation bien moisi dans
23:53laquelle je me suis mis.
23:55Il faudrait peut-être qu'avant d'aller renaviguer, j'y réfléchisse un peu parce que tu fais quand même
23:59pas très le malin.
24:00Voilà. Donc, forcément, cette confrontation-là, elle laisse forcément des traces.
24:04Dans ma sensation qu'il ne pouvait rien m'arriver de grave, cette espèce d'insouciance, elle s'est brisée.
24:11Quand on l'a eu au téléphone, il m'a posé la question, c'est comment on va venir à
24:15mon contact.
24:16Je ne lui ai pas donné la réponse directement, je lui ai posé la question, tu penses pouvoir tenir combien
24:21de temps ?
24:22Il va 4-5 heures. Et puis, avec l'armée chélienne, on a réussi à trouver une solution à l
24:27'éporter.
24:31L'armée chélienne a accepté d'envoyer un hélicoptère.
24:35Et on a réussi à le sauver. Ça a été une expérience évidemment terrible.
24:46À l'issue du Tour du Monde 2017, Samuel aurait pu décider d'arrêter.
24:51En fait, il prend la décision de continuer.
24:54À partir du moment où on décide de continuer, c'est Samuel qui est le plus fort, qui prend la
25:00main et qui emmène le projet malgré les difficultés.
25:04Repartir, ça a passé par acheter un nouveau bateau.
25:06Si on n'avait pas eu cette situation très compliquée, on n'en serait peut-être pas là où on
25:11en est aujourd'hui.
25:12Les échecs, ça peut arriver.
25:15Le plus important, c'est qu'est-ce qu'on en fait, finalement.
25:21Ça, c'est une autre zone qui arrive.
25:23C'est vrai que quand on revient à la Trinité, on a envie de le faire savoir.
25:27Ça fait six mois que le bateau est dans un hangar, qu'on ne communique pas.
25:31Donc là, on a une première course, puis c'est arrivé.
25:34On essaye de l'événementialiser pour enfin dire, regardez notre bateau, c'est le plus beau et c'est le
25:38meilleur.
25:47Et autour de nous, il y a même l'école de voile qui est là avec des optimistes.
25:50Et c'est vrai qu'on se dit qu'il y a peut-être un des petits qui est sur
25:54cet optimiste et qui regarde le bateau comme ça.
25:56C'est vrai qu'on aurait pu être moi, il y a 25 ans, quand je voyais les courses de
26:00grands multicoques dans le port de la Trin.
26:02J'imaginais bien qu'un jour, ce serait moi qui arriverais sur l'un des plus gros des multis du
26:07port.
26:07Le plus gros multi du port.
26:09Aujourd'hui, d'avoir une place de skipper, ça a forcément quelque chose de l'ordre du rêve.
26:13Si je repense un mois quand j'avais une dizaine d'années, j'aurais signé direct pour faire ce rêve
26:20-là.
26:29On avait juste annoncé localement que le bateau allait revenir.
26:33Donc il y a eu une forme de spontanéité dans l'événement.
26:36Et ce qui a été très surprenant, c'est de voir la quantité de personnes qui sont venues voir le
26:41bateau arriver
26:42et qui vont assister à l'événement.
26:44Merci encore si vous venez de revenir le talentueux jeune et généreux Anthony Marchand, merci beaucoup.
26:53Le public considère à juste titre que nos marins sont plus que des sportifs de haut niveau.
26:58Il y a une dimension aussi un peu héroïque avec un imaginaire autour de tout ça qui est juste incroyable.
27:02Et donc on ressent ça à ce moment-là, l'admiration sur les visages, les sourires, les regards des uns
27:07des autres,
27:07sur tout ça, sur le bateau, sur les marins et c'est très intéressant.
27:17Le monde était plein, il y a beaucoup d'enfants.
27:20C'était une belle fête populaire en fait, très simple.
27:23Et on se sentait chez nous en fait.
27:26La course au large, elle est imprégnée partout en Bretagne Sud.
27:31La Mecque historique, ça a été la Trinité.
27:33À l'époque, la Trinité accueillait des maxis multicoques énormes,
27:37des bateaux qui partaient faire le tour du monde.
27:41Je considère que c'est partie des communes mythiques de la course au large, la Trinité.
27:53C'est pas par hasard si les cinq ultimes sont dans cet endroit concentré de la région lorientaise.
27:58C'est parce qu'il y a tout pour les accueillir.
28:01Ils ont des beaux bâtiments, ils ont une belle structure.
28:03Ils ont tout le côté technologique industriel autour de tout ça, que ça soit des boîtes de mécanique, que ça
28:09soit des voiliers.
28:11On a là les cinq ultimes qui sont quand même les bateaux de course au large les plus rapides du
28:16monde.
28:16Et ces cinq bateaux-là sont regroupés entre la Trinité sur mer et Concarneau,
28:23qui borne à peu près ce qu'on appelle la Selling Valley, qui va, on va dire, de Vannes à
28:28Quimper.
28:29C'est 150 kilomètres de littoral.
28:35Sur la côte atlantique, on parle de Selling Valley, c'est pour se rappeler la Silicon Valley, mais c'est
28:40vrai, c'est exactement ça.
28:41On a une façade atlantique incroyablement merveilleuse pour la course au large et pour les coureurs au large d'aujourd
28:48'hui.
28:49Elle est mondialement reconnue aujourd'hui, c'est une vraie carte de visite aussi pour l'extérieur, pour nous.
28:57Aujourd'hui, il y a tous les marins ou les acteurs de la course au large qui viennent sur cet
29:03espace de la Bretagne Sud
29:04de chercher un peu cette densité de bateaux et tout cet écosystème, parce que c'est là qu'on y
29:09trouve les savoir-faire.
29:12Tu n'as pas d'équivalent dans le monde entier où tu peux trouver le meilleur architecte, le meilleur ingénieur,
29:19le meilleur chantier.
29:20Tu as tous les corps de métier qui te permettent d'avoir le meilleur bateau de course au large au
29:27monde,
29:27qui sont regroupés sur une bande de 100 kilomètres.
29:31Le monde entier nous envie cette techno-là.
29:37C'est vrai qu'on a la chance de pouvoir construire un ultime volant de 32 mètres par 23 dans
29:45la Selling Valley.
29:46Ça passe par les voiles, par le carbone, la construction.
29:50Nos bateaux sont quasiment 100% français.
29:54Moi, je suis Australien passionné de course au large.
29:57Je peux essayer de m'entraîner à Sydney. Il y a plein de gens très bien à Sydney.
30:01Mais si je veux aller là où est le niveau, aussi bien en technique que en sportif,
30:08je vais m'installer à Trinité-sur-Mer, Concarneau, Lorient. Je vais venir là.
30:13C'est là où je vais être au plus haut niveau mondial.
30:23Le 1er août, on arrive à la Trinité. C'est une grosse étape de franchise.
30:30Symboliquement, le bateau revient à son port d'attache.
30:36Et donc, il dit que le bateau revient, il y a toute l'équipe aussi qui revient.
30:39Donc, ça va du bureau d'études jusqu'au technicien.
30:43Donc, on a besoin de cette base pour se rassembler et puis avoir les outils à disposition
30:48pour continuer à travailler sur le bateau, le faire évoluer et puis préparer la transat qu'il y a fait
30:54l'heure.
30:56En distance au bâtiment, c'est bien ?
30:58On est bien là, oui.
31:01Le team actuel, c'est grosso modo une vingtaine de personnes
31:04où tu as 4 ou 5 ingénieurs qui sont les plus faciles à déplacer
31:09parce qu'ils ont besoin d'un ordi et un écran.
31:12Donc, c'est pas compliqué.
31:14Mais t'as 3 ou 4 techniciens composites où il faut qu'ils redéploient leur affaire.
31:19T'as 2 techniciens grémants à Castillages qui réinstallent leur poste de travail.
31:26Enfin, chacun réinvestit son espace
31:29de façon à être le plus rapidement possible opérationnel à bord du bateau.
31:34Je m'appelle Sandrine Berthaud.
31:36Je suis actuellement sur un poste de direction et de logistique pour le team actuel.
31:42Et je travaille dans le projet depuis 2009.
31:46Donc, on réinstalle les ordinateurs, le simulateur.
31:51Chaque pôle de travail, en fait, va se réorganiser en très peu de temps.
31:57L'avenir, c'est toujours la train de café-l'or, en ligne de mire.
32:00Sauf qu'à ce moment-là, il faut faire sa qualif, il faut s'entraîner le plus possible.
32:08Sur cette vitesse-là, on va tous le défoncer après.
32:1255-10 ans ?
32:13Ouais.
32:13Ben là, c'est sûr, avec ce qu'on a trouvé, là.
32:17Le simulateur, il a plusieurs fonctions.
32:19C'est un jumeau numérique du bateau.
32:21L'idée, c'est de pouvoir utiliser le bateau
32:24ou tester des choses sur le bateau dans le virtuel.
32:27Donc, un peu comme dans un jeu vidéo.
32:30Le simulateur, aujourd'hui, il se rapproche un petit peu de la vérité,
32:33mais c'est quand même pas de la navigation.
32:35Donc, il faut toujours prendre les données avec parcimonie
32:39et un peu avec recul.
32:40Il faut essayer de venir à des réglages un tout petit peu plus sur le fil.
32:45Tu vas trouver où est le fil, justement.
32:47On peut facilement se contenter de voler sur ce bateau-là.
32:50Mais voler, ça veut pas dire aller vite.
32:52C'est assez nouveau pour le Team Actual de travailler avec un simulateur.
32:55On a commencé à le faire avec Actual Team 3
32:58et avec Actual Team 4, ça fait partie du bateau.
33:03C'est-à-dire qu'on a acheté le bateau et le simulateur en même temps.
33:06Ça faisait partie du paquet.
33:09Et là, en foil, on est pas à 100% là.
33:12Forcément, nous, c'est très instructif.
33:14Après, le simulateur est plutôt utile sous pilote automatique
33:17pour essayer de comprendre comment fonctionne en fait le bateau
33:20et continuer de faire des essais quand le bateau navigue pas.
33:24Je pense que déjà, on était à 80% en bordure.
33:26On est monté à 95.
33:27Et c'était beaucoup mieux déjà.
33:29On peut vite l'oublier un peu aussi, la bordure.
33:32Avant la qualif, on a déjà des éléments en disant
33:34bah dans le simulateur, ça, ça fonctionne.
33:36C'est ces réglages-là qu'il faut se forcer à aller chercher sur l'eau.
33:51Le prochain objectif, c'est de valider notre qualification
33:54pour la Transat Café-Lor avec Antoine.
33:56Donc, c'est un parcours de mille mille qu'on doit effectuer en double.
34:02Dans la vie de course, qui est le contrat qu'on passe avec chacun des teams
34:06et chacun des marins, il est spécifié qu'avant une Transat Atlantique,
34:10on doit faire une qualification.
34:13Ça, c'est le G1-4.
34:15Pour la Transat Café-Lor, c'est mille mille avec le bateau sur lequel ils vont courir,
34:21mais surtout avec la personne, le coastkeeper avec lequel ils vont partir.
34:26Le but, c'est au final de vérifier, un, ça paraît un peu étrange,
34:31mais que le duo va bien s'entendre.
34:35La deuxième, c'est de s'assurer que tous les deux ont pris en main le bateau
34:40et plus le bateau est neuf ou plus le projet est nouveau
34:43et plus on est attentif à cette qualification
34:46de façon à ce qu'au moment où ils vont arriver au Havre,
34:50toute cette partie soit absolument derrière eux.
34:56Néanmoins, cette qualif, au-delà d'une contrainte, c'est un super exercice.
34:59Il faut commencer à sentir ce que c'est que d'être en double,
35:02Antoine et moi, sur ce bateau, prendre nos marques.
35:04On se projette plus facilement dans ce que va être la Transat Café-Lor.
35:09La mise en situation dans la qualification pour Antoine et Julien,
35:11ça change les choses parce qu'on est plus rassurés quand ils sont nombreux à bord,
35:15surtout en ce qui concerne tout l'électronique, le pilote automatique.
35:19Mais quand même, si vous avez un crash,
35:21vous serez peut-être content de passer sur l'ordinateur numéro 2,
35:24qui peut avoir une position GPS.
35:26Et ça, il suffit qu'on fasse une restauration de paramètres,
35:29c'est vraiment pas compliqué.
35:30On sait que quand ils sont deux,
35:31ils comptent beaucoup plus sur les systèmes du bord.
35:34Donc on a cette pression qui monte un petit peu
35:36à envoyer juste deux marins sur cette machine pendant un peu plus de 48 heures.
35:44Là, le départ, déjà la décision est prise par Antoine et Julien,
35:49qui font un schéma de parcours qui va permettre de naviguer dans différentes conditions,
35:56dans différentes allures, différentes manœuvres avec le bateau.
36:01On prend la première occasion. Pourquoi ? Parce qu'on est en plein mois d'août.
36:05Et que pour faire 1000 000, il faut quand même aller assez loin.
36:09Et qu'à cette période-là, on est en plein été, il peut souvent y avoir peu de vent.
36:17Donc on voit qu'il y a cette situation météo-là qui est propice,
36:21juste comme il faut en termes d'intensité de vent et de ce qu'on va trouver.
36:25Ça va les gars ?
36:26Donc c'est le bon moment.
36:34On se fait.
36:37Ok.
36:393, 2, 1.
36:41Parti.
36:44Et avec Julien, on est vite dans le vif du sujet.
36:49On a une navigation un peu ingrate.
36:51Et dès que tu navigues dans des conditions un peu dures, un peu rudes,
36:54il y a tout qui ressort.
36:56Stop, stop !
36:59Ah, tour dans la drisse.
37:01Ça n'a pas été pris bien au pied de moi.
37:04C'est là où on voit les choses à travailler ou pas dans un binôme.
37:13Il faut border devant, je pense, c'est un peu mal à border.
37:17C'est un super entraînement, ça permet vraiment de se rendre compte
37:19de l'exercice du double à bord que moi, je n'avais pas fait.
37:23Il faut bien augmenter la target speed.
37:25Si tu mets la mode perf,
37:28pas qu'on soit trop bas en target speed.
37:30Il faut schématiser, Julien, il est cartésien.
37:33Le dernier dessus, on est à 1 degré au-dessus.
37:36Et moi, je fonctionne beaucoup au feeling.
37:37Et on a appris l'un et l'autre à essayer de réfléchir
37:41comment l'autre fonctionne.
37:43Et on se rend compte qu'on arrive souvent à la même idée,
37:45au même constat, par nos chemins différents.
37:48Et ça coule de source.
37:50Je me dis direct que je suis content d'avoir choisi Julien
37:53et que c'est la bonne personne pour m'accompagner
37:56pour être en date qui a fait l'heure.
37:58Il y a le danger isolé du là où est nous, mais ça passe partout.
38:03Et il est où, il est à ta gauche ?
38:05Une course en double, c'est très particulier.
38:10Il passe le relais l'un à l'autre en se faisant confiance à 200%.
38:16Donc la question de la confiance, c'est juste la base de la course en double.
38:20Et donc la question, c'est est-ce qu'ils étaient bien ensemble ?
38:23J'avais pas de doute, vu les profils des deux avant.
38:26Je voulais juste avoir la confirmation que ça se passait bien à bord.
38:30Ils vont très vite rassurer.
38:34Avec l'ancien bateau, on aurait mis plus de temps pour faire cette qualif.
38:40Et on est content.
38:41Voilà, on voit que c'est une machine qui fonctionne très bien
38:45dans du gros temps, dans de la grosse mer, qu'on se sent en sécurité et qui est puissante.
38:49Par contre, c'est un bateau qui est beaucoup plus physique.
38:52Tu vas plus vite pour faire le même parcours.
38:54Par contre, t'es rincé et épuisé à l'arrivée.
38:58C'est bon, Fabienne ?
39:00Ça va bien ?
39:02Ça va ?
39:02Oui, ça va.
39:04Quelqu'un ?
39:05Quelqu'un ?
39:05Quelqu'un ?
39:06Quelqu'un !
39:06Quelqu'un !
39:07Quelqu'un !
39:07Et ça a été musclé, quand même ?
39:14Ça va ?
39:15Ça va ?
39:17La qualification pour nous, honnêtement, c'est une formalité.
39:20J'avais pas de doute sur le fait que cette qualification est positive.
39:22Donc là, ce qui est intéressant, c'est comment Anthony et Julien, ensemble,
39:27ont fait cette qualification de façon engagée, en situation réelle,
39:32comme s'ils étaient en course.
39:34À l'arrivée du bateau, ce qui est vraiment important pour moi,
39:37c'est de voir les sourires d'Anthony, de Julien,
39:41et de voir à quel point ils fusionnent.
39:44Ils fusionnent ensemble en tant que coéquipiers,
39:46ils fusionnent avec le bateau.
39:47Enfin, il y a quelque chose qui est en train de se construire
39:49et qui va exactement dans le sens de notre objectif,
39:53qui est de mettre au départ, pour la Transat Café-Lore,
39:56le bateau avec le binôme d'équipage au top de sa forme.
40:00Là, il faut que l'équipe ait le bateau pendant une dizaine de jours
40:03pour refaire tout ce qu'on doit refaire.
40:05Puis repartir naviguer avec toutes les nouvelles petites modifs.
40:09Il n'y a jamais de temps mort, que ce soit en mer ou à terre.
40:13On a besoin d'immobiliser le bateau pour faire certaines réparations,
40:16dont la réparation de la gomme, et on a aussi couplé cette immobilisation-là
40:20pour travailler sur les appendices et d'autres systèmes.
40:24Ça nous permet d'aller un petit peu plus loin dans ce qu'on veut faire.
40:26Donc ça va prendre une semaine.
40:28Le côté négatif, c'est que le bateau, pendant une semaine, il n'évite pas.
40:34Néanmoins, on est conscient quand on est skippeur d'un ultime
40:37qu'on navigue sur des machines très techno,
40:40avec beaucoup de systèmes embarqués.
40:42Il y a forcément des phases où le bateau doit être à disposition de l'équipe technique,
40:46sinon, eux, ils ne peuvent plus bosser non plus.
40:49Il ne faut pas prendre non plus la moindre petite fissure à la légère.
40:52Il faut sécuriser tout ça, parce qu'on peut vite avoir l'effet boule de neige.
40:56Si la boum, elle est mal réparée et que là, elle s'ouvre vraiment en deux,
40:59là, ce n'est plus huit jours de bateau à quai.
41:02C'est vite un mois, un mois et demi.
41:06Ah, ils vont vite quand même, non ?
41:09C'est tout de suite ! C'est tout de suite !
41:12C'est tout !
41:16Rupture de la chape de la guette.
41:19Ce n'est pas la croisière, c'est musel.
41:22C'est tout de suite !