00:00Les commerçants niçois sur les dents, avant la nouvelle manifestation annoncée demain,
00:04après, vous le savez, les dégradations du 17 octobre, à quoi faut-il s'attendre ?
00:08Comment sécuriser les vitrines, éviter les pillages ?
00:11On reçoit ce matin le président de la Fédération des commerçants niçois et de l'artisanat.
00:15Bonjour Marcel Vidal.
00:16Bonjour.
00:17Alors vous avez enchaîné les réunions hier en mairie, en préfecture, concernant cette journée de demain.
00:22Est-ce que vous êtes rassuré ?
00:24Alors on est rassuré.
00:25Je pense que du côté de la mairie, ils avaient déjà pris conscience de l'ampleur du problème.
00:30On a rencontré le préfet hier soir, il nous a expliqué les moyens qui sont mis en place.
00:34Ça n'a rien à voir avec les moyens qu'il y avait la semaine dernière.
00:37Vous allez avoir la BRI, le GIGN, voilà.
00:39Toutes les forces de police vont être sur Nice, des forces fixes et des forces mobiles.
00:44La manifestation est interdite et ils ne vont pas la laisser, parce que la semaine dernière c'était interdit,
00:49et ils ont laissé quand même une manifestation se créer.
00:51Là, ils ne vont pas laisser la manifestation se créer.
00:54Les commerçants ont pris pour beaucoup des sociétés privées pour protéger leur commerce.
00:59Et ça justement, qu'est-ce que vous en pensez de ça ?
01:02Le fait de prendre des sociétés privées, est-ce que ce n'est pas dangereux aussi ?
01:05Les sociétés privées, c'est les gardiens que vous avez quand vous allez d'habitude à Nice étoile.
01:10Donc ce n'est pas des combattants.
01:11Ils sont là pour rassurer.
01:12Pour rassurer qui ? Pour rassurer le commerçant, les salariés du commerçant.
01:15Parce que souvent, quand vous avez des chaînes comme JD, c'est que des salariés à l'intérieur.
01:20Ils pensent que c'est des riches.
01:21Non, c'est des salariés comme vous et moi.
01:24Et rassurer les clients.
01:26Parce que si on ouvre nos magasins, mais qu'on n'a pas de clients, c'est la double peine.
01:29Alors là, vous parlez effectivement de sociétés privées.
01:31Mais il y a d'autres commerçants aussi qui sont prêts à se défendre eux-mêmes, avoir des armes non
01:35létales.
01:36Qu'est-ce que vous dites à ces commerçants-là qui sont prêts à s'auto-défendre ?
01:39J'ai discuté avec ces commerçants.
01:41C'est juste au début.
01:42Quand ça vient de vous arriver, vous êtes sous le coup de l'émotion.
01:45Vous dites, la prochaine fois, je les tape.
01:47Après, le temps passe.
01:49Tout le monde s'apaise.
01:50En plus, moi, j'ai été sur l'avenue Jean Médecin le samedi après-midi.
01:53C'est des jeunes de 12, 13, 14 ans, 15 ans.
01:55Des jeunes filles, des jeunes hommes.
01:57Les personnes qui ont été arrêtées, beaucoup de jeunes.
01:59Vous n'allez pas taper un jeune de 12 ou 13 ans.
02:01Ça, c'est ce qu'on dit.
02:02C'est ce qu'on dit.
02:03Mais est-ce qu'on ne le fait pas, finalement, quand on est face à tout ce monde ?
02:06Aucun commerçant n'a vraiment fait.
02:07Est-ce qu'on arrive à reconnaître qu'ils ont 12 ou 13 ans ?
02:09Puisqu'ils ont souvent, on sait, des cagoules.
02:12Vous le voyez, c'est Disneyland.
02:14Ils sont les cagoules, mais dès qu'ils sortent de la rue derrière, ils ont leur téléphone.
02:18Vous voyez que c'est vraiment des jeunes.
02:19On le voit.
02:19Et ils ne sont pas tous cagoulés.
02:21Croyez-moi, au début, ils arrivent cagoulés.
02:22Après, dans l'euphorie, ils enlèvent leur masse pour pouvoir se faire voir au téléphone.
02:27C'est comme ça qu'on les attrape aussi, heureusement.
02:29On en parlait hors antenne.
02:30Vous me disiez que ce qui s'est passé la semaine dernière, vous n'aviez jamais vécu ça.
02:34C'est vraiment un moment incroyable, mais dans le mauvais sens du terme, qui s'est passé.
02:39Exactement.
02:39Et c'est là qu'on voit qu'il y a un problème au niveau de la société.
02:41La société est de plus en plus sauvage.
02:43Il n'y a pas de limite.
02:45Regardez, hormis ce qui s'est passé, les commerçants, aujourd'hui, sont volés.
02:48Mais ils ne sont pas volés par les pharmaciens.
02:50Ils ne viennent pas voler un produit.
02:51Ils leur vident le rayon d'un seul coup.
02:52Donc, il n'y a plus de limite, en fin de compte, dans ce qui se passe aujourd'hui.
02:55Il y a un sacré nombre de commerces qui ont été fermés.
02:58Est-ce qu'ils ont rouvert depuis ?
02:59Est-ce que vous êtes allé à la rencontre des commerçants qui ont été touchés directement
03:02par ces pillages et par ces attaques samedi dernier ?
03:05Alors oui, dès le dimanche matin, j'ai été voir ces commerçants pour les soutenir.
03:09Non, rouvrir c'est long.
03:11Les magasins ont été vraiment saccagés.
03:13Il faut nettoyer, réorganiser, commander de la marchandise, la remettre en place.
03:17Donc, il faut compter au moins une dizaine de jours.
03:19Et vous avez pu chiffrer avec eux les dégâts, le manque à gagner peut-être, de samedi dernier ?
03:24Non, c'est tellement énorme qu'il a fallu qu'il fasse venir des équipes supplémentaires
03:27pour chiffrer exactement.
03:29L'ordre des avocats s'est proposé de les aider dans leur dépôt de plainte.
03:32Donc voilà, tout est en train de se mettre en place aujourd'hui.
03:34C'est quoi le ressenti ?
03:36Qu'est-ce que vous ressentez auprès de ces commerçants ?
03:38De la colère, de la lassitude ?
03:39Est-ce qu'ils veulent passer à autre chose ?
03:41Comment vous voyez les choses ?
03:42Alors, au début, c'était plus de la tristesse mélangée à de la colère.
03:47Ils ne veulent pas passer à autre chose.
03:48Même au début, ils disaient, bon, je vais partir du pays, faire du commerce ailleurs.
03:52C'est plus tranquille.
03:52En fait, on ne sait pas plus tranquille ailleurs.
03:55Donc, aujourd'hui, ils se remettent.
03:56C'est toujours pareil.
03:57Et ils sont combattants.
03:58Un commerçant démarre de zéro.
04:00Et quelque part, c'est sa ville, son commerce.
04:02Donc aujourd'hui, ils sont tous combattants.
04:03Ils veulent tous repartir.
04:04Donc, ce 17 octobre, c'était un jour à part.
04:08Et vous vous dites, là, effectivement, le 24.
04:09Donc, demain, ça sera totalement différent.
04:11Vous nous l'avez dit tout à l'heure, avec plus de force de police,
04:13ce sera totalement différent selon vous.
04:15Exactement.
04:15Mais nous, on ne vise pas que le 24.
04:17La semaine suivante, vous avez Halloween.
04:19Vous êtes naturellement masqué dans les rues.
04:21Donc, ça va être compliqué.
04:23David Gisnard, notamment le maire de Cannes, lui, à Cannes,
04:26évoque une journée très particulière pour Halloween.
04:28Il dit que ça va être très tendu.
04:30Je pense que ça va être une journée charnière, en effet.
04:33Et après, il faut que ça passe bien pour Halloween.
04:35Et ensuite, jusqu'à la fin de l'année,
04:37que les gens puissent se faire plaisir, venir consommer.
04:39Mais on arrive dans les périodes de fin d'année, c'est Noël.
04:41On est plutôt dans un esprit joyeux que dans un esprit de combat.
04:45Donc, les magasins resteront ouverts demain, malgré tout.
04:47C'est ce qu'on demande.
04:48Merci beaucoup, évidemment, d'être avec nous.
04:50Marcel Vidal, président, je le rappelle,
04:51de la Fédération des commerçants niçois et de l'artisanat.
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