00:00Un enfant, on le sait, ne peut pas inventer la description détaillée de faits à caractère...
00:05Bonjour Lou, je suis Anne du collectif SOS Périscolaire et je viens vous parler aujourd'hui du scandale du périscolaire.
00:12Alors aujourd'hui, on s'est rendu compte que dans toute la France et à Paris, le périscolaire, dans sa
00:17grande majorité, dysfonctionne.
00:19Il y a des violences de tous ordres, des abus physiques, psychiques, des punitions disproportionnées.
00:25On a des enfants qui sont violentés, qui sont menacés, qui sont intimidés.
00:31Et ça va aujourd'hui, malheureusement, jusqu'aux abus... et aux... commis par des animateurs.
00:36À Paris, par exemple, quasiment tous les arrondissements sont touchés actuellement, comme en ce moment dans le 7e avec l
00:42'école Saint-Dominique.
00:42On a 9 animateurs aujourd'hui qui sont suspendus sur une équipe de 15 personnes, dont nécessairement les uns et
00:48les autres savaient ce qui se passait.
00:50On peut donc imaginer une organisation, un système. On est quasiment à une trentaine de plaintes.
00:56Pas seulement pour des faits à caractère ***, mais majoritairement. Donc c'est des dizaines d'enfants victimes.
01:01On se rend bien compte, nous qui recevons aussi des témoignages de province, que c'est systémique, que c'est
01:06partout, que c'est tout le monde et que c'est tout le temps.
01:08Un enfant, on le sait, ne peut pas inventer la description détaillée de faits à caractère ***.
01:13Quand un enfant mime ou décrit une ***, quand un enfant mime ou décrit une ***, il ne peut pas
01:20l'inventer.
01:21Donc, soit il l'a vu faire par quelqu'un sur quelqu'un d'autre, soit il le subit lui
01:25-même, soit on lui a montré des images, parce qu'il y a aussi ça.
01:28Nous, évidemment, et comme tous les parents, on est ulcérés quand on voit parfois qu'on met en cause et
01:33en doute la parole des enfants,
01:34qui, pour l'écrasante majorité des parents, ne laisse place à aucun doute.
01:38Alors, les enfants, quand ils sont victimes, que ce soit de violences physiques, morales, de brimades ou à caractère ***,
01:44il y a quand même des points communs, ce qu'on appelle les signaux faibles.
01:47Évidemment, l'enfant ne va plus vouloir aller à l'école, c'est logique.
01:50Ensuite, les signaux les plus classiques, ça va être une régression, donc le fameux pipi au lit.
01:55Quand les séparations se passaient bien, à nouveau le matin, c'est un déchirement.
01:58On va avoir ensuite des signaux un peu plus forts qui vont être, par exemple, de ***.
02:02Quand l'enfant ne veut plus qu'on le touche, qu'on l'habille, qu'on le déshabille, tout ce
02:05qui touche au corps, qu'on le lave.
02:07Quand il y a une crispation sur ces moments-là, ça veut vraiment dire quelque chose.
02:11En France, aujourd'hui, le périscolaire est globalement défaillant à cause d'une chose,
02:15c'est le manque de compétence des agents qui sont embauchés.
02:19Ça va d'aucune compétence, aucun diplôme, aucune expérience, rien, zéro,
02:25à des diplômes de la petite enfance aussi qui existent, mais qui sont minoritaires aujourd'hui dans les équipes.
02:30Ça dit beaucoup de l'importance qu'on accorde aux enfants, du manque de formation et de personnel qualifié
02:35pour encadrer, encore une fois, des enfants parfois dès l'âge de deux ans et demi.
02:39Ça n'est pas suffisant.
02:40C'est par exemple le cas d'un jardinier, donc un employé municipal,
02:43qui fait le jardinage, mais qui après va aussi faire la garderie des enfants.
02:46Donc on confie à ce monsieur les enfants, qu'il va donc emmener aux toilettes.
02:49Malheureusement, il s'est révélé être un agresseur.
02:52Normalement, l'écrasante majorité des accueils périscolaires exigent la vérification du casier.
02:58Et il suffit d'avoir rien sur son casier pour être embauché.
03:02Pour nous, ce n'est pas une garantie.
03:04Quand on laisse nos enfants le matin à l'école, on ne peut pas imaginer qu'il se passe ce
03:10que moi j'appelle des sévices à ce stade.
03:12Ça fait des années qu'on est dans une opacité absolue.
03:14On ne sait pas qui s'occupe des enfants, on ne sait pas ce qu'ils font, on ne sait
03:17pas comment ils le font.
03:19On a des bénévoles, on ne sait pas d'où ils viennent.
03:21Ce n'est pas possible.
03:22À Paris, par exemple, les parents découvrent à posteriori qu'il y a eu dans leurs écoles, comme à Saint
03:27-Dominique, mais dans d'autres écoles aussi,
03:28des plaintes pour des faits à caractère *** contre un animateur qui a été suspendu.
03:33Et là, d'un coup, les parents se disent « Mais enfin, comment est-il possible qu'on ne nous
03:36ait pas informés ? »
03:37Nous, on a tous les jours des animateurs et des animatrices qui nous contactent en disant qu'ils essayent de
03:42signaler un de leurs collègues
03:43et que c'est, comme d'habitude, minimisé, décrédibilisé.
03:46Dans la majorité des affaires parisiennes récentes des 12 derniers mois, il y avait eu des signalements.
03:53Ces signalements n'avaient pas été pris en compte.
03:56On assiste, nous, dans les témoignages qu'on reçoit, à des parents qui nous disent
03:58« Écoutez, dans mon école, moi c'est hier, je crois que j'ai reçu ce message avant-hier,
04:02dans l'école, il y a eu trois plaintes et en fait, les agents ne sont pas suspendus. »
04:06« Qu'est-ce que vous demandez aujourd'hui ? »
04:08« Nous, on veut une refonte totale et nationale du périscolaire.
04:12On a besoin que l'intégralité des enfants soit protégée sur l'intégralité du territoire,
04:16donc de la formation, mais surtout, surtout, au global, une reprofessionnalisation de la filière animation,
04:21des chaînes de signalement qui soient inaliénables.
04:24Nous, on veut des sanctions pour défaut de signalement.
04:26Moi, j'y tiens, ce n'est pas possible qu'on s'assoie dessus.
04:29Et aujourd'hui, on a la problématique à Paris, parce qu'il y a des gens qui vont, là, avec
04:33les municipales,
04:34qui vont partir et leur responsabilité ne sera peut-être jamais engagée.