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  • il y a 2 jours
⚠️TW : contenu sensible sur des violences impliquant des enfants ⚠️

Depuis plusieurs mois, différents scandales ont éclaté dans des écoles maternelles de la capitale. À l’école publique Saint-Dominique dans le 7ème, 9 animateurs sur 15 sont visés par des plaintes à caractère se**el.

Depuis 2011, Anne, cofondatrice du collectif SOS périscolaire, dénonce les violences que subissent les enfants sur les temps périscolaires (cantine, garderie et accueil de loisirs) souvent moins bien encadrés et contrôlés que les temps scolaires.

Ces affaires révèlent aussi des défaillances majeures dans la prise en compte des signalements et de la parole des enfants.

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Transcription
00:00Un enfant, on le sait, ne peut pas inventer la description détaillée de faits à caractère...
00:05Bonjour Lou, je suis Anne du collectif SOS Périscolaire et je viens vous parler aujourd'hui du scandale du périscolaire.
00:12Alors aujourd'hui, on s'est rendu compte que dans toute la France et à Paris, le périscolaire, dans sa
00:17grande majorité, dysfonctionne.
00:19Il y a des violences de tous ordres, des abus physiques, psychiques, des punitions disproportionnées.
00:25On a des enfants qui sont violentés, qui sont menacés, qui sont intimidés.
00:31Et ça va aujourd'hui, malheureusement, jusqu'aux abus... et aux... commis par des animateurs.
00:36À Paris, par exemple, quasiment tous les arrondissements sont touchés actuellement, comme en ce moment dans le 7e avec l
00:42'école Saint-Dominique.
00:42On a 9 animateurs aujourd'hui qui sont suspendus sur une équipe de 15 personnes, dont nécessairement les uns et
00:48les autres savaient ce qui se passait.
00:50On peut donc imaginer une organisation, un système. On est quasiment à une trentaine de plaintes.
00:56Pas seulement pour des faits à caractère ***, mais majoritairement. Donc c'est des dizaines d'enfants victimes.
01:01On se rend bien compte, nous qui recevons aussi des témoignages de province, que c'est systémique, que c'est
01:06partout, que c'est tout le monde et que c'est tout le temps.
01:08Un enfant, on le sait, ne peut pas inventer la description détaillée de faits à caractère ***.
01:13Quand un enfant mime ou décrit une ***, quand un enfant mime ou décrit une ***, il ne peut pas
01:20l'inventer.
01:21Donc, soit il l'a vu faire par quelqu'un sur quelqu'un d'autre, soit il le subit lui
01:25-même, soit on lui a montré des images, parce qu'il y a aussi ça.
01:28Nous, évidemment, et comme tous les parents, on est ulcérés quand on voit parfois qu'on met en cause et
01:33en doute la parole des enfants,
01:34qui, pour l'écrasante majorité des parents, ne laisse place à aucun doute.
01:38Alors, les enfants, quand ils sont victimes, que ce soit de violences physiques, morales, de brimades ou à caractère ***,
01:44il y a quand même des points communs, ce qu'on appelle les signaux faibles.
01:47Évidemment, l'enfant ne va plus vouloir aller à l'école, c'est logique.
01:50Ensuite, les signaux les plus classiques, ça va être une régression, donc le fameux pipi au lit.
01:55Quand les séparations se passaient bien, à nouveau le matin, c'est un déchirement.
01:58On va avoir ensuite des signaux un peu plus forts qui vont être, par exemple, de ***.
02:02Quand l'enfant ne veut plus qu'on le touche, qu'on l'habille, qu'on le déshabille, tout ce
02:05qui touche au corps, qu'on le lave.
02:07Quand il y a une crispation sur ces moments-là, ça veut vraiment dire quelque chose.
02:11En France, aujourd'hui, le périscolaire est globalement défaillant à cause d'une chose,
02:15c'est le manque de compétence des agents qui sont embauchés.
02:19Ça va d'aucune compétence, aucun diplôme, aucune expérience, rien, zéro,
02:25à des diplômes de la petite enfance aussi qui existent, mais qui sont minoritaires aujourd'hui dans les équipes.
02:30Ça dit beaucoup de l'importance qu'on accorde aux enfants, du manque de formation et de personnel qualifié
02:35pour encadrer, encore une fois, des enfants parfois dès l'âge de deux ans et demi.
02:39Ça n'est pas suffisant.
02:40C'est par exemple le cas d'un jardinier, donc un employé municipal,
02:43qui fait le jardinage, mais qui après va aussi faire la garderie des enfants.
02:46Donc on confie à ce monsieur les enfants, qu'il va donc emmener aux toilettes.
02:49Malheureusement, il s'est révélé être un agresseur.
02:52Normalement, l'écrasante majorité des accueils périscolaires exigent la vérification du casier.
02:58Et il suffit d'avoir rien sur son casier pour être embauché.
03:02Pour nous, ce n'est pas une garantie.
03:04Quand on laisse nos enfants le matin à l'école, on ne peut pas imaginer qu'il se passe ce
03:10que moi j'appelle des sévices à ce stade.
03:12Ça fait des années qu'on est dans une opacité absolue.
03:14On ne sait pas qui s'occupe des enfants, on ne sait pas ce qu'ils font, on ne sait
03:17pas comment ils le font.
03:19On a des bénévoles, on ne sait pas d'où ils viennent.
03:21Ce n'est pas possible.
03:22À Paris, par exemple, les parents découvrent à posteriori qu'il y a eu dans leurs écoles, comme à Saint
03:27-Dominique, mais dans d'autres écoles aussi,
03:28des plaintes pour des faits à caractère *** contre un animateur qui a été suspendu.
03:33Et là, d'un coup, les parents se disent « Mais enfin, comment est-il possible qu'on ne nous
03:36ait pas informés ? »
03:37Nous, on a tous les jours des animateurs et des animatrices qui nous contactent en disant qu'ils essayent de
03:42signaler un de leurs collègues
03:43et que c'est, comme d'habitude, minimisé, décrédibilisé.
03:46Dans la majorité des affaires parisiennes récentes des 12 derniers mois, il y avait eu des signalements.
03:53Ces signalements n'avaient pas été pris en compte.
03:56On assiste, nous, dans les témoignages qu'on reçoit, à des parents qui nous disent
03:58« Écoutez, dans mon école, moi c'est hier, je crois que j'ai reçu ce message avant-hier,
04:02dans l'école, il y a eu trois plaintes et en fait, les agents ne sont pas suspendus. »
04:06« Qu'est-ce que vous demandez aujourd'hui ? »
04:08« Nous, on veut une refonte totale et nationale du périscolaire.
04:12On a besoin que l'intégralité des enfants soit protégée sur l'intégralité du territoire,
04:16donc de la formation, mais surtout, surtout, au global, une reprofessionnalisation de la filière animation,
04:21des chaînes de signalement qui soient inaliénables.
04:24Nous, on veut des sanctions pour défaut de signalement.
04:26Moi, j'y tiens, ce n'est pas possible qu'on s'assoie dessus.
04:29Et aujourd'hui, on a la problématique à Paris, parce qu'il y a des gens qui vont, là, avec
04:33les municipales,
04:34qui vont partir et leur responsabilité ne sera peut-être jamais engagée.

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