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  • il y a 4 mois
Le collectif SOS Périscolaire, reçu lundi 30 mars par Emmanuel Grégoire, alerte depuis des années sur de nombreux cas de violences sexuelles, psychologiques ou physiques commises sur des enfants par des animateurs du périscolaire.

Alors que les affaires se multiplient, à Paris notamment, la cofondatrice de "SOS Périscolaire" explique la lourde omerta qui règne à l'école, réclame des changements profonds et précis, et livre des clefs pour aider les parents inquiets.

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Transcription
00:00Un enfant, quand il dessine, quand il décrit un acte sexuel, ça ne s'invente pas.
00:05Bonjour, je suis Anne, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire.
00:08Dès 2021, on a énormément de témoignages de parents, mais aussi d'animateurs qui sont en souffrance.
00:14Les parents dénoncent des violences de tous ordres.
00:17Donc il y a des violences psychologiques, des insultes, des menaces, de l'intimidation, la terreur.
00:22Tes parents ne viendront plus jamais te chercher.
00:23Des enfants enfermés seuls dans le noir quand ils ne veulent pas faire la sieste.
00:27Contraints physiquement, on les tient par les épaules.
00:29Les enfants qui ont des bleus, avec évidemment aussi des faits à caractère sexuel.
00:32Les animateurs, de leur côté, soit ils ne savent pas à qui signaler, soit quand ils le font, ça reste
00:37l'être mort.
00:38Le sous-effectif chronique vient du fait qu'en fait il n'y a que très peu de candidats et
00:43encore moins de candidats formés.
00:44On en est venu à prendre des gens sans diplôme, sans formation, sans compétence, sans expérience.
00:49Et forcément, quand quelqu'un a un geste que parfois l'administration considère comme un minime,
00:54au lieu de le suspendre, voire de le virer, on le déplace.
00:58Et là, évidemment, c'est une problématique parce que ça sous-entend qu'on accepte cette violence.
01:03Dans les témoignages qu'on reçoit, il y a quand même un fil rouge.
01:05C'est l'omerta, le fameux pas de vague.
01:07On voit bien que les signalements ont du mal à sortir, comme on dit, de l'école.
01:10À Saint-Dominique, par exemple, au mois de mai, le responsable est suspendu pour des faits à caractère sexuel avec
01:16une plainte.
01:17Les parents élus ne disent rien.
01:19Les parents ne sont pas au courant.
01:21Signaler, ce n'est pas dénoncer.
01:23Signaler, c'est protéger l'enfant.
01:24Quand les parents arrivent chez nous, généralement, ils sont désemparés, démunis, ils ont peur.
01:30On va expliquer un espèce de protocole pour parler à son enfant sans justement teinter sa parole.
01:36Poser des questions ouvertes, par exemple, ne jamais suggérer la réponse, ne pas donner de prénom, ne pas donner de
01:41lieu.
01:41Juste dire, continue à me parler de ça.
01:43Comment ça se passe à la cantine ?
01:44Un secret n'a pas à être gardé, surtout s'il te rend malheureux.
01:48Les seuls secrets que tu peux avoir, c'est des secrets qui te rendent heureux,
01:50comme on fait un anniversaire surprise pour mamie, mon corps et ton corps.
01:54Un adulte n'a pas le droit et de lister ce qu'un adulte n'a pas le droit de
01:58faire.
01:59Exiger de l'école, ce que nous, on essaye de déployer massivement,
02:03c'est-à-dire réunion de rentrée avec présentation de l'équipe,
02:06un trombinoscope avec les vrais visages et pas des avatars, comme c'est le cas encore actuellement,
02:10pour que les enfants, en cas de problème, puissent identifier.
02:12Ce que les gens ne savent pas, c'est que tant que les enfants n'ont pas été entendus,
02:16ils n'ont pas accès aux UMJ, Urgences Médico-Judiciaires.
02:19Par exemple, il y a une petite fille, elle avait des lésions,
02:22elle a été entendue un mois et demi après,
02:24donc évidemment, quand elle est arrivée aux UMJ, il n'y avait plus rien sur son corps.
02:28Très jeune, il y a des moments aussi de grande vulnérabilité,
02:32que sont la sieste, le change quand on a des accidents,
02:35et ça sur des tout-petits, ce sont des moments à haut risque,
02:38pour des faits à caractère sexuel, mais aussi pour de la violence,
02:41c'est-à-dire qu'à la cantine, il règne une violence dans la gestion des petits,
02:46c'est censé être un moment convivial, et donc ils intègrent ça,
02:48et donc normaliser la violence, déjà, ça fait ensuite des enfants violents.
02:52Quand on a trois babysitting à son actif,
02:54on ne peut pas gérer un groupe d'enfants de trois ans
02:57qui mangent et qui renversent sa purée, c'est évident.
02:59C'est pour ça qu'on veut reprofessionnaliser cette filière.
03:02Tout le monde n'est pas fait pour ça, c'est pas un job, ça devrait être un métier.
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