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  • il y a 5 semaines
« Face au fléau de la violence et du harcèlement, nous avons aussi besoin de votre implication personnelle en tant que parent ». Le 12 février dernier, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a a envoyé une lettre aux parents d’élèves de France pour appeler à un « sursaut collectif » pour préserver l’école publique de la « banalisation de la violence », autant entre les élèves que celle à l’égard du personnel.

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Transcription
00:00Ce courrier, moi je le prends vraiment comme une insulte, moi je suis parent d'élève.
00:03Il vient nous faire la morale alors qu'il nous supprime des postes.
00:06L'école peut faire beaucoup mais elle ne peut pas tout.
00:09C'est le message de cette lettre envoyée par le ministre de l'Éducation, Edouard Gepré,
00:13le 12 février dernier aux parents d'élèves.
00:16Le contexte, la banalisation des violences à l'école, entre les élèves et à l'égard du personnel.
00:21Et pour lutter contre ce fléau, il se tourne en particulier vers les parents d'élèves
00:25à qui il demande de s'impliquer personnellement.
00:28La lutte contre la violence, chacun détient une parcelle de la solution.
00:33Et que si on considère que l'école doit tout faire contre la violence,
00:37alors qu'elle est à l'extérieur et que les parents effectivement ne transmettent pas à leurs enfants
00:42ni le respect de l'institution ni le respect des personnels, alors nous avons effectivement un problème.
00:46Il leur demande de signaler bien sûr tout fait de harcèlement ou de violence,
00:50mais aussi de rappeler aux enfants l'autorité de l'école
00:53et d'être eux-mêmes des exemples de respect envers le personnel.
00:56À l'occasion d'une journée de grève dans l'éducation nationale contre des suppressions de postes,
01:01je suis allé voir comment est reçue cette lettre.
01:03Bonjour madame, est-ce que je peux vous embêter une minute ?
01:05D'abord, vous vous interrogez sur cette lettre qui a été envoyée à tous les parents d'élèves récemment par
01:10le ministre.
01:10Je ne sais pas si vous l'avez lue.
01:11C'est une catastrophe.
01:12C'est une catastrophe. Je peux vous demander ce que vous en avez pensé ?
01:15C'est d'un cynisme intolérable en fait.
01:19Ce courrier, moi je le prends vraiment comme une insulte.
01:22Moi je suis parent d'élève.
01:23Il vient nous faire la morale alors qu'il nous supprime des postes, de l'argent.
01:27On l'a trouvé complètement déplacé cette lettre.
01:30Et au contraire, c'est plutôt de créer un dialogue ensemble et pas de diviser les professeurs contre les parents.
01:36Vous, les quelques pistes qui sont évoquées là, rappeler l'autorité de l'école aux enfants, ce genre de choses,
01:40ça vous paraît ?
01:41Ça nous paraît totalement à côté en fait.
01:44La co-éducation se construit avec les parents d'élèves.
01:47Elle ne se décrète pas par un courrier.
01:49J'avais l'impression que le ministre se défaussait de sa responsabilité
01:53et sur un mode qui est déjà assez étrange de s'adresser aux parents d'élèves.
01:58Ce n'est pas le ministre des parents d'élèves, c'est le ministre de l'Éducation nationale.
02:02Plusieurs drames ont meurtri l'Éducation nationale ces dernières années.
02:05Le dernier a eu lieu à Saint-Narré-sur-Mer le 3 février.
02:08Une professeure d'art plastique a été poignardée par un élève de 14 ans.
02:12Elle a survécu de peu.
02:13En janvier, Camélia, 17 ans, s'est suicidée en Seine-et-Marne après avoir dénoncé un harcèlement scolaire.
02:18L'affaire a été classée sans suite faute d'éléments suffisants.
02:21En 2023, c'est le suicide dans les Vosges de Lucas, 13 ans, qui avait aussi marqué les esprits.
02:26Dans cette affaire, la cour de cassation a récemment annulé la relaxe de 4 adolescents
02:30et ordonné un nouveau procès pour harcèlement.
02:32En fait, nous, ce qu'on demande, c'est beaucoup plus de moyens.
02:35Donc, bien sûr qu'il y a de la violence.
02:36Mais pour ça, il faut aussi qu'il y ait des structures derrière du personnel
02:41pour que, justement, il y ait un climat scolaire qui soit plus apaisé.
02:44Aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est qu'il manque de tout.
02:47Les infirmières scolaires, nous, dans notre département,
02:50elles ont été redéployées, mutualisées.
02:52Alors, nous, à Paris, on a particulièrement été choqués
02:54parce qu'on a quand même été très touchés à Paris depuis cet été
02:57sur des problèmes de violence envers les enfants.
03:00On a des situations régulières qui sont connues depuis 4-5 ans.
03:05Et quand on en parle et quand on le dit, on ne nous écoute pas, les parents.
03:09Donc, ça nous a fait quand même très mal, là, cette lettre.
03:11Ce serait bien qu'ils se bougent, en fait, qu'ils viennent dans les établissements,
03:13qu'ils viennent voir vraiment les difficultés réelles des gens.
03:17Est-ce qu'il est au courant de la précarité de la plupart des gens dans notre pays
03:22qu'une grande partie des familles sont gérées par des femmes seules,
03:29très souvent, qui ont plusieurs enfants,
03:31qui galèrent pour terminer les fins de mois ?
03:34Oui, c'est sûr que l'école, elle ne peut pas tout.
03:37On fait une partie du travail à l'école.
03:39Il y a une partie du travail qui se fait à la maison, évidemment.
03:41Mais on doit travailler ensemble.
03:43Moi, je suis dans l'établissement où les classes sont déjà à 28, à 29, 30 élèves,
03:4732 dans certains cours.
03:49Et effectivement, ça va exploser.
03:51Ça ne marche pas comme ça.
03:52En 2022, la loi Balanant a fait du harcèlement scolaire un délit.
03:56Forcément, cela entraîne une judiciarisation de ces faits
03:59et permet de mieux les quantifier.
04:01Entre 2022 et 2024, par exemple,
04:03les parquets ont enregistré 10 000 faits de harcèlement scolaire en France.
04:07Dans près de la moitié des cas, une réponse pénale a été apportée.
04:10La plupart du temps, des mesures alternatives,
04:12comme une exclusion de l'établissement.
04:14Et en tout, 240 condamnations pour harcèlement scolaire
04:17ont été prononcées par la justice.
04:23Pour les cas de violences qui sont passées,
04:25moi, je pense que c'est davantage la faute des parents
04:27que de la faute des profs ou la faute des encadrants.
04:29Les parents doivent prendre leurs responsabilités.
04:31On doit élever nos enfants.
04:32Et quand des élèves mettent vraiment le boxon dans une classe
04:35ou dans une école, il faut pouvoir les renvoyer.
04:37Et aujourd'hui, ce n'est pas possible.
04:38Il y a des tensions en ce moment dans les écoles,
04:41entre les parents et les équipes éducatives.
04:45Et donc, il faut essayer d'apaiser au maximum,
04:48de redonner confiance aux familles en l'école publique,
04:51de nous donner les moyens aussi de le faire.
04:55On va quand même saluer le geste.
04:58Après, c'est toujours pareil entre les mots
05:00et ce qui est fait derrière.
05:02Voilà, pour réellement apaiser les tensions,
05:04on verra ce qu'il en est.

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