00:00Donc on s'assoit à table et là il va m'annoncer que ma mère s'est fait assassiner.
00:03Salut le loup, c'est Louis Poisson.
00:05Quand j'avais 14 ans, ma mère et mon petit frère ont été assassinés
00:07et je suis venu vous raconter mon histoire et comment j'ai pu me reconstruire.
00:10Quand j'ai 14 ans, je prends la décision de vivre chez ma mère
00:14parce que je me sens plus proche d'elle.
00:16Il y a une complicité beaucoup plus forte avec ma mère
00:18alors qu'avec mon père c'était un peu plus rudimentaire dans la relation
00:21mais une façon d'aimer différente on va dire.
00:23Il s'est complètement opposé à ce que je vive chez ma mère
00:26et mon père va rentrer un soir avec une mine un peu grave
00:30et il va me demander si on peut se parler et je sens que c'est important.
00:34Donc on s'assoit à table et là il va m'annoncer que ma mère s'est fait assassiner.
00:38Mon premier réflexe va être de lui demander, et mon petit frère,
00:42il m'a dit ton petit frère aussi.
00:44À partir de ce moment-là, j'ai vraiment une espèce de blackout qui va se faire
00:49où je vais être en pilotage automatique.
00:51À m'imaginer que tout ça ne s'est jamais produit,
00:53à continuer à vivre normalement, à voir mes potes normalement,
00:55à aller, deux jours après, à aller au ski.
00:59Mon père me propose d'annuler et je vais lui dire
01:01non je pense que c'est une bonne idée d'y aller
01:03parce qu'en fait je n'avais pas envie de me retrouver seul avec cette réalité.
01:05Pour moi tout ce qui pouvait me permettre d'éviter d'affronter ça
01:08était bon à prendre.
01:10J'ai un souvenir assez particulier qui répond aussi à ce déni,
01:14c'est d'avoir pendant très longtemps continué d'appeler le numéro de ma mère
01:19pour entendre la messagerie en fait.
01:21en me disant peut-être que ça va, enfin je vais me réveiller en fait,
01:24elle va répondre, elle va décrocher et donc pendant très longtemps,
01:26j'ai composé son numéro je pense pendant six mois, un an peut-être régulièrement quoi.
01:30Les conditions de leur mort, c'est-à-dire le fait d'être assassiné,
01:33c'est quelque chose qui est tellement improbable où on se dit justement ça n'arrive qu'aux autres.
01:36En fait quand ça nous arrive, on est encore dans ce truc de se dire non, ça n'existe pas.
01:41Ça c'est dans les films et moi je ne l'ai pas réellement vécu et donc ça participe aussi
01:46à cette idée de déni.
01:48Et moi j'ai eu la chance en fait d'avoir un père derrière très équilibré qui m'a éveillé,
01:53éduqué et qui m'a rendu curieux.
01:56Et je pense très sincèrement que c'est la raison pour laquelle en grandissant je me suis rendu compte que
02:02c'est cette éducation qui m'a permis de tenir.
02:04Aujourd'hui avec le recul si je me voyais, si je pouvais me parler, m'envoyer un message je lui
02:08dirais arrête de faire la gueule à ton père, arrête de l'en vouloir, il fait tout pour toi.