00:00Est-ce qu'il faut promettre aujourd'hui que ces 10 milliards seront sur la table ?
00:04Promettre aux lycéens qu'ils seront sur la table ces 10 milliards ?
00:05Alors il y a des précédents, les gilets jaunes, 17 milliards.
00:10Et pour quel résultat ?
00:11Certes, chacun est rentré chez soi, mais est-ce que le pays va mieux ?
00:15Le contre-coût de ces 17 milliards, c'est une aggravation de nos déficits,
00:20une aggravation de notre dette.
00:22Donc la politique, c'est de ne pas lâcher n'importe quoi,
00:25n'importe comment, à n'importe quel moment.
00:27Non, la politique, c'est l'art justement de choisir et de faire le bon choix.
00:32Aujourd'hui, il y a des revendications légitimes.
00:35Et je pense qu'un plan État-région qui permettrait de rénover les lycées
00:39qui sont les plus en déshérence serait du bon sens.
00:43Et cela ne coûte pas des sommes importantes.
00:47Remettre à plat Parcoursup, voilà encore une nécessité aujourd'hui qui s'impose.
00:51Pas abandonner, pas supprimer.
00:54Supprimer Parcoursup dans l'État actuel,
00:57pour introduire ce qui est absolument nécessaire
01:00et qui est demandé par tous les lycéens,
01:03qu'il y ait une écoute humaine,
01:06qu'il y ait un service d'orientation.
01:09Aujourd'hui, on veut, dès la fin du collège,
01:11orienter les enfants pour toute une vie.
01:13Et nous savons qu'en France, il y a une caractéristique de notre pays,
01:16c'est que l'école, c'est le destin de chacun qui se joue.
01:20Et donc, toute une vie qui se joue dans ces premières années.
01:23Est-ce que quand on a 14 ans, 15 ans, on sait exactement ce qu'on veut ?
01:27Et c'est là où il faut sans doute modifier le parcours.
01:31Je crois que la réforme du lycée est à revoir très amplement.
01:34Et je crois que l'orientation, à travers un mécanisme qui reste à définir,
01:39mériterait d'avoir plusieurs rendez-vous avec des personnes spécialisées,
01:44avec un service d'orientation à l'échelle nationale
01:46qui permettrait de conseiller les jeunes
01:49et qui, à chacune des étapes du parcours lycéen,
01:53leur permettrait de corriger le choix qu'ils ont fait.
01:56J'ai rencontré, il y a quelques jours,
01:58une jeune qui souhaitait devenir diplomate.
02:01Cette vocation lui est venue quand elle avait 16 ans.
02:03À 15 ans, elle a fait un autre choix
02:05et elle ne sait pas comment, aujourd'hui, répondre à cette vocation.
02:08Donc, on voit bien qu'il y a la nécessité de rétablir,
02:13face à cette angoisse extrêmement profonde que ressentent les jeunes,
02:16de rétablir une relation avec notre institution scolaire
02:22et avec le pouvoir politique qui est en situation de décider.
02:27On sait le nombre de ministres de l'Éducation qui se sont succédés.
02:30On sait qu'à chaque ministre, il y a des réformes
02:33et des changements très profonds qui sont faits.
02:36Retrouvons le bon sens.
02:37Moi, je suis, en ce qui me concerne, pour une république des talents.
02:41Je crois qu'il y a des talents très différents.
02:43Il y a certes l'intelligence que l'on peut quantifier
02:46à travers des tests mathématiques ou littéraires,
02:50mais il y a aussi des tas d'autres expressions de ces talents,
02:53la sensibilité, les savoir-faire pratiques,
02:55les savoir-faire technologiques.
02:57Eh bien, il faut trouver le moyen d'ouvrir l'école.
02:59Alors...