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  • il y a 2 jours
Télématin reçoit l’humoriste Mathieu Madénian, à l’affiche de son spectacle "À pleurer de rire" à l’Olympia le 30 avril 2027, et à l’occasion de la sortie de son livre "C’est que du bonheur". L’émission accueille également Daphné Rotcajg, petite-fille de Régine, qui rend hommage à sa grand-mère artiste dans son livre "À tout de suite".

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Transcription
00:00On accueille Mathieu Madagnon sur les Poétic Lovers.
00:02C'est une de mes chansons préférées.
00:04Évidemment, il n'y a pas de hasard, on sait recevoir Mathieu Madagnon.
00:06J'ai rencontré mes parents, c'est le sens.
00:08C'est vrai ?
00:09Oh là là, qu'est-ce que c'est émouvant.
00:11Vous allez bien Mathieu ?
00:12Très bien.
00:13On est très content de vous recevoir, évidemment.
00:14C'est vrai qu'on a des espions, dont votre sœur, je vous le dis directement,
00:18qui nous a dit en fait, c'est un grand romantique,
00:21il adorait les boys band, il regardait des séries genre Dawson.
00:25Exactement.
00:25C'est le fleur bleu en fait.
00:26Oui, oui, je regardais.
00:27Ah, tu me mets coup de fou d'un Notting Hill ?
00:30C'est bon goût quand même.
00:32Ah mais oui, mais Dawson ?
00:33Dawson, très grande série.
00:34Oui, j'aimais bien, oui.
00:35Vous savez que vous avez en face de vous Benoît,
00:37qui est quand même le maître S-série de Télématin.
00:40Il sait tout sur tout.
00:41D'accord, ok.
00:42Donc quand il vous dit Dawson, c'est bien,
00:44même si vous ne le pensez pas, vous dites ah oui, oui.
00:46Non, mais moi j'adore Dawson.
00:48Mathieu, vous serez sur scène en janvier
00:50avec une grande date à l'Olympial, 30 avril.
00:52Ce sera donc 30 avril en 2027,
00:54avec votre spectacle qui s'appelle « A pleurer de rire ».
00:58Il porte bien son nom ?
00:59Oh là là.
00:59Emma avait honte tellement elle a riait.
01:01Vraiment, je riais tellement que vraiment,
01:04vous savez, c'est cette dame à qui on dit
01:05« Ah, c'est vous qui rigolez ».
01:06C'était moi.
01:07Oui, c'est ça.
01:08La dame à qui on dit « Chut, vous pouvez écouter ».
01:09Arrêtez, j'étais, mais je n'en prouvais plus.
01:12Je pleurais de rire, mais vraiment,
01:14le spectacle porte très bien son nom.
01:15Je ne sais pas ce qui me fait dire ça,
01:16mais je pense qu'on en a bien besoin en ce moment.
01:18Donc n'hésitez pas à aller voir Mathieu.
01:19Et puis vous sortez aussi ce livre que j'ai adoré,
01:22parce que ça me parle beaucoup.
01:24C'est que du bonheur.
01:25Là, vous parlez de votre vie de papa.
01:27C'est chez Kéros.
01:28Mathieu, vous n'êtes pas sans savoir
01:30que pendant 9 ans,
01:31j'ai donné beaucoup de conseils quand même aux parents.
01:33J'étais un peu la PDG des bébés en France.
01:36Maintenant, c'est Marie Portolano.
01:37Et donc, je passe 9 ans à dire aux parents
01:40« Pas d'écran avant 3 ans ».
01:42Et là, qu'est-ce que je lis ?
01:43Je lis à ceux qui disent « Pas d'écran avant 3 ans »,
01:46« Allez vous faire cuire le cul ».
01:49Oui, quand il est né,
01:50on lui a donné les codes Wi-Fi déjà.
01:51Tu vois, sur le truc pour qu'il le mette.
01:53Non, il n'est pas écran,
01:55mais il y a des dessins animés qui sont bien quand même.
01:57Tu sais, quand il a fait sa rentrée…
01:58« Peppa Pig », ça va, c'est pas pire.
01:59« Peppa Pig », « Tchoupi » rentre à la maternelle.
02:02Ça nous a aidés, avec ma femme,
02:03à le faire imaginer son rentrée et tout.
02:07Non, et puis on regarde l'OM, les matchs.
02:09Oui, c'est la base de votre éducation.
02:11Et là, c'est dur.
02:11Là, je t'avoue qu'en ce moment, c'est un peu compliqué.
02:13Je préfère pas encore.
02:14J'adore quand vous dites « La base de mon éducation, c'est l'OM ».
02:18Oui, c'est ça.
02:19C'est ça.
02:20Non, mais en tout cas, ce qui est génial,
02:21d'abord, évidemment, c'est très drôle et tout,
02:23mais surtout, c'est l'anti-parent parfait.
02:26Et ça, ça fait du bien, ça va vous déculpabiliser.
02:28Mathieu, avant de revenir sur votre parcours,
02:30de parler de votre spectacle et de votre livre,
02:32on est allé demander aux Français ce qu'ils pensaient de vous.
02:35Non.
02:36Ah oui, oh là là, ça fait mal.
02:39Marrant, Arménie.
02:39Il est pour l'OM, donc ça me plaît beaucoup.
02:41Qu'est-ce qu'il vous ferait chez lui ?
02:44Ce côté à la fois blasé et colérique.
02:46Un comic sympa, maintenant qu'il est un peu en perte de vitesse.
02:49Un homme sympathique, ouvert sur l'actualité.
02:52Récemment, sur Instagram, il fait pas mal de petites vidéos
02:54où il tacle un peu des personnalités politiques
02:56et j'avoue que c'est très très marrant.
02:57Très authentique aussi, je trouve qu'il parle de choses vraies.
02:59Père de famille récemment, je crois.
03:01Moi, ça me parle beaucoup,
03:01parce que je suis parent de deux jeunes enfants
03:03et je suis un peu dans la même sauce que lui en ce moment.
03:06Il n'est pas déconnecté de la réalité.
03:09Merci de prendre parti, de vous engager.
03:11Merci de montrer à tout le monde qu'on est tous dans le même bateau.
03:16Merci de nous faire rire.
03:17Je suis en perte de vitesse.
03:18En perte de vitesse avec un livre et un nouveau spectacle.
03:20Ça veut dire qu'il faudrait embrayer.
03:22Non, à mon avis, il vous a confondu avec un autre.
03:24C'est pas possible.
03:25En tout cas, pas de perte de vitesse
03:26quand on voit la carrière et les chiffres qui sont liés à cette carrière.
03:29Oui, on va commencer, Mathieu, avec le chiffre 66.
03:33Bien évidemment, pour quelles raisons ?
03:34Celui de votre département, les Pyrénées-Orientales.
03:37Vous y êtes né il y a 50 ans.
03:39Alors, je vous propose de prendre la route 66.
03:41J'ai pris un coup de vieux.
03:43Je suis né.
03:44Moi, je suis né à mon avis, il ne les fait pas.
03:45Vous en parlez dans le spectacle.
03:49Oui, c'est vrai.
03:50Mais là, quand c'est quelqu'un d'autre qui le dit, ça fait bizarre.
03:52Ça fait bizarre.
03:53Vous êtes né il y a 50 ans.
03:54Oui, c'est vrai.
03:56Donc, on va prendre, Mathieu, votre route 66.
03:59entre Saleille et Perpignan.
04:02Saleille, là où vous avez grandi.
04:04Perpignan, vous êtes né.
04:07C'est à côté du terrain de pétanque de mon père.
04:10Mon père est président du club de pétanque.
04:12J'embrasse.
04:13Oui, oui.
04:13Je continue un peu la route.
04:15Et tu as le terrain de mon papa.
04:17Pardon, excusez-moi.
04:18Vous étiez quel enfant, justement, à Saleille ?
04:20Studieux, sérieux.
04:22Enfant modèle, ce qu'on dit partout, c'est vrai.
04:24Enfant modèle, j'ai jamais fait une...
04:25Vraiment, mes parents, là-dessus.
04:27J'ai fait ma crise d'adolescence quand je suis parti à Paris
04:30pour essayer d'être saltimbank.
04:32Mais sinon, j'ai bossé à l'école.
04:35J'ai vraiment été un gars sérieux.
04:37Je faisais du sport.
04:38J'étais vraiment...
04:38Mes parents, vous le diront, j'étais un gamin.
04:40Le rêve, quoi.
04:42Vous l'écrivez dans le livre.
04:43Aujourd'hui, vous vivez à Bagnolet.
04:44Mais vous avez gardé l'accent des Pyrénées-Orientales.
04:47Pour quelles raisons ?
04:48C'est naturel ?
04:49Ou vous ne vous forcez pas ?
04:50Je sais qu'il y a des cours de comédie à Paris
04:53qui te permettent de casser ton accent.
04:54Non.
04:55Oui, bien sûr.
04:56Je crois qu'Alexandre Alamy, par exemple,
04:58à Edalès, dès qu'elle lâche, son accent revient.
05:01Parce que là, tu me parles l'accent.
05:03Mais pour moi, c'est toi qui as l'accent.
05:05Moi, j'ai un peu l'accent de Toulouse.
05:06Tu as un peu l'accent de Toulouse.
05:07Mais on est tous l'accent de quelqu'un.
05:09Donc, c'est très relatif, l'accent.
05:12Moi, ça fait partie de moi.
05:14Si je me l'enlève, c'est bizarre, non ?
05:16Non.
05:16Et là, j'apprends l'accent à mon fils aussi.
05:18Sur certains trucs, je dis non, on dit du peigne.
05:21On dit jaune, on dit rose.
05:23On dit jaune, on dit télématheigne.
05:26Moi, ma fille, elle dit année.
05:28C'est bien.
05:28Voilà.
05:28Pour ne pas avoir à dire année.
05:29Année.
05:30C'est bien.
05:31Elle amortit tous les trucs.
05:32C'est très bien.
05:33On poursuit avec le chiffre 11
05:34qui renvoie au 11e arrondissement de Paris
05:37où vous êtes monté sur scène, je crois,
05:38pour votre premier one-man show
05:40au Paname Art Café.
05:42Déjà avec l'aide de Kader Aoun.
05:45Quel souvenir vous gardez de ce premier spectacle
05:47et de cette scène-là ?
05:48C'est mes premières fois sur scène.
05:52C'est là où tu te lances et tu te dis
05:53mais en fait, c'est génial.
05:54C'est là où tu vis en fait.
05:55On a chacun un endroit où on se dit
05:58on est fait pour ça, mais je suis à ma place.
06:01Voilà.
06:01Pas fait pour ça, mais je suis à ma place.
06:02Et moi, sur scène, je suis à ma place.
06:04Il ne peut rien m'arriver.
06:05Même si je ne suis pas marrant, ça va très bien.
06:08Et puis, c'est...
06:09Non, mais c'est prendre le recul de me dire
06:10que je fais un métier.
06:11Je fais partie des gens privilégiés en France quand même.
06:13Je fais un métier passion.
06:14Tu vois, je m'amuse.
06:16Il y a des gens qui s'intéressent à moi.
06:17On ne se connaît pas.
06:18Tu me dis que j'ai 50 ans.
06:19Je t'attends la sortie.
06:21Mais moi aussi.
06:22Mais voilà.
06:22Et donc, c'était le début.
06:23Le début de mon aventure qui dure depuis...
06:27Quand je suis monté à Paris,
06:28je me suis accordé une année sabbatique.
06:29Et j'ai l'habitude de dire que cette année sabbatique
06:31dure depuis maintenant 25 ans.
06:33Voilà.
06:33Si ça s'arrête demain, je ne regretterai rien
06:35parce qu'il ne m'arrivait que des bons trucs.
06:36Il n'y a jamais le cafard du dimanche soir
06:38dans ces métiers-là.
06:39C'est ça qui est bien.
06:43Je suis libre, en fait.
06:44J'ai voulu faire ça parce que j'étais libre.
06:45Si je fais des blagues et ce soir, je joue,
06:47je les écris et ce soir, je les fais.
06:48Il n'y a personne pour me dire
06:49que tu n'as pas le droit de les faire.
06:50Je m'éclate.
06:51Alors, pour terminer,
06:52j'aimerais qu'on regarde une suite de chiffres.
06:55Et à vous de deviner à quoi ça renvoie.
06:57Si je vous dis 26, 5, 93, 43, 1, 0.
07:0326, 5, 93, 43, 1, 0.
07:06Ça ne serait pas...
07:07Ah, mais oui.
07:08Ça serait la victoire de l'OM en 93, 1, 0.
07:1126 mai 93 à la 43e minute.
07:13Minute 1, 0.
07:14Vous étiez à Munich.
07:15Oui, oui, oui.
07:16J'ai jeté des merguez sur Enrico Macias.
07:18Non.
07:19Attention, vous allez perdre ma...
07:20Pourquoi ?
07:21Parce qu'en fait, de Chavannes,
07:22il faisait une émission qui s'appelait
07:23Coucou, c'est nous.
07:24Oui.
07:24Et ils se mettent en haut du virage
07:25où il y avait les supporters marseillais.
07:27Et nous, on arrive et ils lancent l'émission.
07:29Et avec mes copains et tous les supporters,
07:32on attendait le match.
07:33Et on voit Enrico Macias,
07:34supporter du Paris Saint-Germain.
07:35Ah non.
07:36Et il y avait mon père,
07:37il y avait toute ma famille,
07:38il y avait mes meilleurs potes et tout.
07:39Qu'est-ce qu'on peut faire ?
07:40Et on n'avait que du pain et des merguez.
07:42On lui dit, vas-y, on essaie d'en voir.
07:43Et donc, ils ont arrêté l'émission.
07:46Et si tu regardes,
07:48De Chavannes en a parlé et tout,
07:49tu nous vois derrière,
07:50on en tient très...
07:51Il ne faut pas le faire.
07:52Mais des fois, ça soulage.
07:53Non, mais sur Enrico Macias,
07:56c'est très dur pour elle
07:57parce qu'il faut savoir
07:57qu'Emma Guessel est fan.
07:59Ah, c'est toi ?
08:00Je l'aime.
08:00Vous l'avez déjà rencontrée, Emma, ou pas ?
08:02Bien sûr, je suis allée chez lui
08:03pour Télématin, en direct, en été.
08:05C'était exceptionnel.
08:05Vous avez pleuré ?
08:06Ah, mais j'étais plus qu'émue.
08:07Je l'aime.
08:08Je l'aime.
08:09Elle l'aime.
08:11Et nous, on aime Mathieu Madénian
08:12et on aime aussi les rencontres
08:14chaque matin dans Télématin.
08:15On va vous présenter quelqu'un aujourd'hui, Mathieu.
08:18Elle s'appelle Daphné Rotcage.
08:21Et c'est la petite fille
08:22de la reine de la nuit, Régine,
08:24la reine des nuits parisiennes.
08:25C'est comme ça qu'on la surnommait.
08:27On l'accueille tout de suite.
08:32Bonjour, Daphné.
08:33Vous n'expliquez pas d'arriver.
08:35Bonjour, pardon.
08:37Bonjour, c'est parti.
08:37Vous allez être là.
08:38Non, pas du tout.
08:40Mathieu Madénian.
08:41Bonjour, Mathieu.
08:42Alors, votre grand-mère, Daphné,
08:44elle a chanté « Je te survivrai »,
08:45qu'on entend.
08:46C'est la version française de « I will survive ».
08:49Elle est encore très, très présente dans votre vie.
08:51On peut dire ça.
08:52Est-ce que même morte,
08:53elle prend toute la place ?
08:54Donc oui, non, je suis très, très contente.
08:57Très fière d'avoir une grand-mère comme elle.
08:58Très fière d'avoir une grand-mère comme elle.
09:01Et en effet, elle est encore très présente.
09:05J'ai longtemps eu envie qu'elle me laisse tranquille,
09:10parce qu'elle était aussi un peu une emmerdeuse.
09:13On va en parler,
09:14parce que je crois que c'est la définition de la véritable diva.
09:17Vous en parlez dans votre livre,
09:19qui s'appelle « À tout de suite ».
09:20C'est aux éditions Grasset.
09:22Vous êtes née, vous, à la fin des années 80.
09:25Donc à cette époque,
09:26Régine, elle est au sommet de son empire.
09:28Il y a 22 discothèques à son nom dans le monde,
09:31250 chansons,
09:32une douzaine de rôles dans des films.
09:35Elle ressemblait à quoi dans votre enfance ?
09:37Cette grand-mère, c'était qui pour vous ?
09:39Elle était…
09:40Tout avec Régine est complètement extravagant.
09:43Donc c'était une grand-mère
09:46qui était très gaga.
09:49Elle était gâtisse de ses petits-enfants.
09:50Elle était très tendre,
09:51mais aussi complètement…
09:55Elle m'a gâtée.
09:56Elle faisait tout dans la boulimie.
09:59Donc ce n'était pas une robe,
10:01c'était dix robes,
10:02que ce soit pour moi dans ma garde-robe
10:04ou dans la sienne,
10:05où j'allais justement jouer à me déguiser.
10:09C'est un peu une enfance
10:12avec une grand-mère comme ça incroyable,
10:14parce qu'on a envie,
10:15quand on est petit,
10:16de mettre des plumes et des paillettes.
10:18C'était extraordinaire.
10:19Quand on ouvrait sa garde-robe,
10:21il n'y avait pas plein de boas ?
10:22Plein de boas,
10:23plein de robes,
10:25plein de chaussures,
10:26des milliers de chaussures
10:27et elle se déguisait avec moi.
10:30C'était ce genre de personnage.
10:32Tout ce que je voulais.
10:33Je pouvais tout mettre,
10:34tout toucher,
10:35tout porter
10:36et elle était extrêmement drôle
10:41et excentrique
10:41de ce côté-là.
10:44C'était merveilleux
10:45d'avoir une grand-mère comme ça.
10:46C'est une petite fortune.
10:48En plus,
10:49elle vous faisait vivre
10:49la grande vie,
10:50petite.
10:51Je pense qu'elle vivait la grande vie.
10:54Elle a,
10:54comme vous l'avez dit,
10:55elle a eu un empire
10:56de boîtes de nuit,
10:5822 boîtes de nuit
10:58simultanément
10:59dans le monde entier.
11:01Pour une femme,
11:02à cette époque,
11:02c'était extraordinaire.
11:05Unique.
11:05et unique
11:06et elle a réussi sa vie
11:11jusqu'à ce qu'elle...
11:12Elle a dû rencontrer
11:13des gens incroyables,
11:13non ?
11:14Je pense qu'elle a rencontré
11:15tout le monde.
11:16Elle connaissait tout le monde.
11:18Si tu lui demandais,
11:19elle les a tous élevés.
11:20Elle a fait la carrière
11:21de tous.
11:23Pas la mienne,
11:24je dis.
11:25Et la tienne,
11:25d'ailleurs,
11:26elle t'a élevée,
11:26non ?
11:26Mais non,
11:27même pas.
11:27Elle a dîné
11:28dans sa cuisine.
11:29Peut-être.
11:30Oui, c'est ça.
11:30C'est qu'en fait,
11:31il y avait aussi
11:31une légende autour d'elle,
11:33mais aussi une légende
11:34qu'elle construisait elle-même
11:35et ça,
11:36on va en parler,
11:36mais est-ce qu'elle était
11:38très mamigato ?
11:39Est-ce qu'elle était
11:39très caline quand même ?
11:41Oui.
11:42Très tendre ?
11:42Elle était très tendre.
11:44Alors,
11:44elle voulait être
11:45la meilleure partout,
11:46donc tout était pensé
11:48dans les moindres détails,
11:49dans ses clubs et tout.
11:50Pour entrer,
11:51il fallait tirer
11:52à quatre épingles.
11:53Ça,
11:53ça s'est un petit peu perdu.
11:55C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
11:56bon,
11:56si on a des tongs,
11:57on peut se faire jeter,
11:58mais enfin,
11:59a priori,
11:59ce n'est pas aussi chic
12:01que les fêtes de Régine
12:02à l'époque,
12:03on le voit d'ailleurs
12:03sur ces images,
12:05c'était quand même
12:05une époque exceptionnelle.
12:07Les femmes étaient
12:08enroulées dans des manteaux
12:10de fourrure et tout.
12:11Bon,
12:11aujourd'hui,
12:11on mettrait de la fosse,
12:12ce n'est pas plus mal.
12:13À l'intérieur des clubs,
12:15il y avait du velours,
12:17des miroirs dorés,
12:18c'était ultra rococo,
12:19la moquette panthère,
12:21les boules à facettes,
12:22son portrait géant aussi
12:24sur les murs.
12:25Et puis alors,
12:25elle a même inventé
12:26les réginettes.
12:27Les réginettes,
12:28c'était des pizzerias
12:28qui étaient au-dessus
12:30des clubs.
12:31Mais ça,
12:32c'est génial.
12:32C'est-à-dire qu'à tout moment,
12:34les clubbers pouvaient...
12:35Pour faire dîner
12:35les fêtards à la fin,
12:36à 4 heures du matin.
12:38Et d'où lui venaient
12:38toutes ces idées ?
12:39Mais je pense que
12:40chaque fête
12:41était une sorte
12:42d'anniversaire
12:43qu'elle,
12:43elle n'avait jamais eu.
12:45Et elle a créé
12:46un monde
12:47dans lequel
12:47elle avait envie
12:48d'appartenir,
12:49dans lequel elle avait
12:50envie de vivre.
12:51Et comme elle a détesté
12:53la solitude...
12:54Qui vient de son enfance.
12:56Oui.
12:57Elle a été abandonnée
12:59par sa mère.
13:00Elle a grandi
13:01pendant la Deuxième
13:02Guerre mondiale
13:03dans une société
13:07qui a envie
13:08de l'exterminer.
13:09Et donc,
13:09elle décide très jeune
13:10qu'elle va être quelqu'un,
13:12qu'on va la voir
13:14et qu'on va se rappeler
13:15d'elle.
13:16Et voilà.
13:17Et donc,
13:18elle invente
13:18ses soirées.
13:20Elle est dans ce monde
13:21où elle n'est jamais seule
13:23et où elle est entourée
13:25de gens qui l'adorent
13:26et qui l'idole.
13:27et elle devient
13:29cette icône
13:30et elle construit
13:31sa légende.
13:33Et justement,
13:33parler de légende,
13:34Mathieu,
13:34vous disiez
13:35qu'elle avait dû rencontrer...
13:35Je crois que t'allais dire
13:36que c'était une légende.
13:37Mais c'est le cas.
13:37Je suis déçu.
13:38C'est le cas,
13:38contrairement à ce que dit
13:40le badaud de tout à l'heure.
13:42C'est le cas.
13:43Non, mais vous parliez,
13:44Mathieu,
13:44de toutes les stars
13:45qu'elle avait dû rencontrer.
13:46Il y a tout le monde,
13:48mais Grace Jones,
13:49Andy Warhol,
13:50Dali,
13:51Mathieu Madénian,
13:53Michael Caine,
13:54les Rolling Stones,
13:55Liza Minnelli.
13:56Pour n'en nommer
13:57que certains.
13:57Et vous,
13:58vous êtes déjà allé faire la fête
13:59dans un club de régime,
14:00non ?
14:00Je ne sors pas,
14:01moi, trop.
14:01Quand je danse,
14:01on dirait que j'ai perdu mes clés.
14:04Donc,
14:04je ne suis pas un mec
14:05de la nuit.
14:05Elle s'aurait adoré
14:06vu qu'elle n'aimait
14:07que les excentriques
14:09et les misfits.
14:12Pour elle,
14:12tous ceux qui ont été...
14:14Pour elle,
14:15elle a créé un endroit,
14:16enfin,
14:17elle a créé des endroits
14:18où tous les rechenés
14:19quelque part de la société
14:21avaient une place.
14:22Se créer une famille.
14:23Se créer une famille.
14:24Et vous sortiez
14:25dans ces boîtes de nuit ?
14:26J'étais un peu jeune,
14:27mais j'ai fait un peu...
14:28Alors,
14:28quand j'étais très petite,
14:29oui,
14:29j'allais dans les boîtes bébé
14:31et j'allais dans les cuisines
14:33et on me gardait
14:34pendant que les parents
14:36faisaient la fête
14:36et elle.
14:38Mais...
14:38Ce qui est très intéressant
14:39dans la vie d'origine,
14:40c'est que la nuit,
14:41et c'est ça qui est très significatif
14:43par rapport à son enfance,
14:44la nuit,
14:45les milieux sociaux,
14:47les codes sociétaux
14:49tombent,
14:50en fait,
14:50et tout le monde est uni
14:51et c'est vrai qu'il n'y a plus
14:52de différence
14:53et donc j'imagine
14:54que c'est ça
14:54qu'elle aimait beaucoup.
14:55En revanche,
14:56ses employés disaient d'elle
14:57qu'elle n'était pas facile
14:58à vivre.
14:58Regardez.
15:05Une femme très entreprenante
15:06qui part...
15:31C'était la vraie représentation
15:35de la diva
15:36avec tout ce que ça implique,
15:38donc l'exigence,
15:40un côté peut-être
15:41un peu décalé aussi,
15:42mais enfin,
15:42c'était une sacrée personnalité.
15:44Alors,
15:44on parle de diva,
15:45elle a fait chanter aussi
15:46tout le monde
15:47avec ses petits papiers,
15:48notamment.
16:06Mon père,
16:06il adorait Régine
16:08par rapport à cette chanson
16:09parce qu'elle disait
16:10« papier d'Arménie »
16:11dans cette chanson.
16:12Et nous,
16:13je suis arménien
16:14et dès qu'on parlait de nous,
16:16on ne parlait tellement pas de nous
16:17qu'elle a chanté,
16:19ça a été une des premières
16:19à parler de l'Arménie
16:20dans une chanson.
16:21Et mon père,
16:22il te dira
16:23« papier d'Arménie »
16:24et on mettait cette chanson
16:26parce qu'on avait l'impression
16:27qu'elle nous parlait à nous.
16:28Elle fait tellement partie
16:29de toutes nos vies,
16:30elle fait vraiment partie
16:31de la culture populaire.
16:32C'est quoi votre chanson préférée
16:33de Régine ?
16:34Je crois que c'est « Azoï »
16:36parce qu'elle dit
16:38« Azoï »,
16:38ça veut dire comme ça.
16:42Un jour,
16:43tu t'en viens
16:43et l'autre,
16:44tu t'en vas.
16:45Azoï,
16:45la vie,
16:45c'est comme ça.
16:46Il y a toujours
16:47des hauts et des bas
16:47et je pense que
16:50ça représente sa vie
16:51et ça représente
16:52toutes les vies
16:53de tout le monde,
16:53je pense.
16:54Et j'adore cette chanson.
16:56Mais en ce moment,
16:57je dirais que c'est
16:58« Vanille et chocolat »
16:59parce que mes enfants
17:00l'écoutent en boucle
17:01à la maison.
17:02Il y a la transmission.
17:03C'est beaucoup plus…
17:05Je pense que c'est
17:06une chanson peut-être
17:07un peu plus fun pour eux
17:08et donc ils l'adorent
17:09et ils la chantent.
17:11Tu vous en connaissais
17:12d'autres
17:12à part les petits papiers ?
17:13Il y avait
17:14« Tu m'oublieras »
17:15qui a été remis
17:17au bout du jour
17:17par la Rousseau
17:18et je connais ça.
17:19C'est vrai que c'est
17:20une chanson aussi.
17:21On a tendance
17:21à oublier
17:22que c'était Régine.
17:23Alors en 1995,
17:24Daphné,
17:24c'est l'hécatombe
17:25pour votre grand-mère
17:26parce que le palace
17:27ferme.
17:27Il y a eu
17:28une affaire judiciaire
17:29qui a été liée
17:30à la découverte
17:31de drogue.
17:32La direction
17:32conteste les raisons
17:33de cette fermeture
17:34mais après,
17:34il y a les dettes
17:35qui s'accumulent,
17:36les clubs commencent
17:36à fermer.
17:37Comment Régine
17:38a vécu
17:38cette chute
17:40véritable ?
17:41Je pense que ça a été
17:42très dur pour elle
17:43parce que ce n'était
17:44pas seulement
17:44la chute de son empire
17:47mais aussi
17:52de ce personnage
17:53qu'elle avait créé.
17:56Et donc,
17:58je pense qu'elle a mal vécu.
18:00Elle trouvait ça
18:01très injuste
18:02mais en même temps,
18:03elle avait tellement
18:03de résilience
18:04qu'elle s'est réinventée
18:06et re-réinventée
18:07et encore réinventée.
18:08et donc du coup,
18:09finalement,
18:12ça lui a permis aussi
18:13de se détacher
18:14de ce titre
18:14de la Reine de la Nuit
18:15et de revenir
18:16à ses chansons
18:17et de revenir
18:17à ce qu'elle aimait
18:20faire encore plus,
18:22c'est-à-dire
18:22être sur scène
18:23et voilà,
18:24de toute façon,
18:25elle n'a jamais arrêté
18:25d'être le centre
18:26de l'attention,
18:27peu importe
18:27qu'elle soit
18:28dans sa boîte de nuit.
18:29Elle restait une star.
18:30Elle restait une star
18:31et oui,
18:33elle savait très bien
18:35où elle méritait d'être
18:36et il y a une anecdote
18:39assez rigolote
18:39quand elle est venue
18:42à Londres
18:42et je l'avais invitée
18:44à Londres
18:44et elle restait
18:45dans un hôtel
18:45qu'elle avait décidé
18:46qui n'était pas du tout
18:47à la hauteur
18:48de qui elle était
18:49et donc elle voulait
18:50aller absolument
18:51dans un grand palace
18:53londonien
18:54et évidemment
18:55arriver là-bas
18:56en croisant
18:57Tony Hopkins
18:57dans le grand hall
18:59de Marbe
18:59comme ça
19:00et elle enlève
19:01ses lunettes de soleil
19:02et elle enlève
19:03ses lunettes de soleil
19:04comme ça
19:05en ralenti
19:06et elle dit
19:07enfin
19:07je suis dans mon monde
19:09donc je pense
19:10qu'elle savait très bien
19:11où elle avait envie d'être
19:13et comment elle avait envie
19:14de vivre
19:15sa vie même
19:15En tout cas, personne ne lui dictait
19:16ce qu'elle devait faire
19:17ça c'est sûr
19:18on le sent très très bien
19:19Il y a plein d'anecdotes
19:20dans votre livre
19:21qui je le rappelle
19:22s'appelle
19:22A tout de suite
19:24chez Grasset
19:25notamment on apprend
19:26qu'elle a quand même
19:27refusé l'entrée
19:28d'un de ses clubs
19:28à Mick Jagger
19:29Mick si tu nous écoutes
19:31if you come to my place
19:32I will say yes
19:35Ça sent la poire
19:36Loïc
19:37C'est bizarre de dire
19:38ça sent la poire
19:39et de mettre cette photo
19:40plus de Mike Jagger
19:40Ah oui
19:42Le lancement
19:43n'est pas une
19:43très mal faute
19:45Allez justement
19:46je vous emmène en cuisine
19:47Allez
19:48On est parti
19:48Alors
19:49là je vous rappelle
19:50on est justement
19:52avec notre chef
19:53on est avec
19:54cette idée
19:55de réaliser
19:56une poire pochée
19:58Exactement
19:59C'est ça ?
19:59Là on est en train
20:00de
20:01C'est ça ?
20:01Elles sont pochées
20:02on voit bien
20:02elles sont un peu translucides
20:03donc on voit qu'elles sont cuites
20:04Très bien
20:05Et là on vous rappelle
20:06que dans le sirop
20:06on a mis du sucre
20:07et du poiret
20:08L'alcool s'est évaporé
20:10on a mis un peu de vanille aussi
20:11je vois
20:11il y a une petite bousse de vanille
20:12Voilà
20:13Et là maintenant
20:14on va réaliser
20:15le crumble
20:15Le crumble c'est ça
20:16Voilà
20:17Pour réaliser le crumble
20:18on a un beurre qui est pommade
20:20Oui
20:20On va rajouter notre cassonade
20:22Oui
20:22Très bien
20:26Le sucre
20:26Et particularité de ce crumble
20:28c'est que normalement
20:29dans le crumble
20:29on y rajouter de la farine
20:30On est d'accord ?
20:31Évidemment
20:31C'est le premier truc
20:32que je me suis dit
20:32Mais à cette farine
20:33on va y ajouter
20:35Un peu de flocons d'avoine
20:36Pour gagner en quoi ?
20:37En légèreté ?
20:38En légèreté c'est ça
20:38et un peu en goût
20:39En tout cas l'avoine
20:40c'est assez doux en saveur
20:41mais ça accompagne bien la poire
20:43Magnifique
20:43Alors
20:44moi j'avais une petite astuce
20:46Agathe
20:47pour la poire
20:49pour justement
20:49réveiller votre poire
20:51Regardez
20:52On prend une poire crue
20:53et vous allez faire
20:54des fines tranches
20:55comme ça
20:55et vous allez l'associer
20:57avec un bleu
20:58une pâte persillée
20:59Et là
21:00c'est assez magique
21:01parce que
21:01le bleu
21:02et le gras du fromage
21:03va matcher avec le sucre
21:04et vous faites
21:05un petit millefeuille
21:06comme ça
21:06Alors ça
21:07je ne l'ai pas inventé moi-même
21:09je l'ai piqué
21:09à Michel Troigros
21:11qui faisait ça
21:11à Rouen
21:12En toute simplicité
21:14Oui oui
21:14Pas mal
21:15Je vous fais goûter
21:15Bruno Madédian
21:16Allez
21:16On vous retrouve
21:18Allez un petit peu de bleu
21:20et sur un carpaccio de poire
21:22Faites ça peut-être
21:22pour le déjeuner
21:23Pas mal
21:24En attendant
21:25on va se retrouver
21:26avec Daphné Rodcache
21:27dans quelques instants
21:28et Mathieu Madédian
21:30bien entendu
21:31je vais y arriver
21:31On va revenir Mathieu
21:33sur quelques rencontres
21:33qui ont changé
21:34votre vie
21:35sur votre haleine aussi
21:36après avoir mangé
21:37du bleu
21:37Je passais à ça
21:39Ça marchait bien
21:40Mais écoute
21:40je viens de perdre
21:41mes sourcils
21:42Bon bah restez avec nous
21:43on voit s'il va pouvoir
21:44les remettre
21:45pendant la pôle
21:46A tout de suite

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