00:08Et un pas de plus à 7h12 sur RMC, dans la crise politique.
00:12Quand les appels à la démission viennent du cercle proche du Président.
00:15Et si Emmanuel Macron ne terminait même pas son mandat ?
00:17Alors bien sûr, Macron démission, c'est un slogan qu'on entend dans la rue, sur les ronds-points.
00:21Mais c'est aussi un message que reçoit le Président lui-même dimanche.
00:24Bonjour Jean-Baptiste Moreau.
00:25Bonjour.
00:25Vous êtes un marcheur de la première heure, ancien député La République en marche de la Creuse.
00:29Parmi les tout premiers investis de 2017 d'ailleurs.
00:31Et vous avez encore aujourd'hui l'oreille du Président.
00:34Votre parti pris ce matin est assez simple.
00:36Emmanuel Macron doit démissionner maintenant.
00:38Et vous avez écrit au chef de l'État pour le lui dire.
00:41Emmanuel, il faut partir. C'est comme ça que vous avez écrit ?
00:43Non, je lui ai dit, je lui ai dit, et je le répète, je suis un macroniste historique.
00:48Mais je serai le dernier macroniste sur cette terre.
00:49Donc c'est absolument pas contre lui.
00:51C'est justement pour lui et pour le pays.
00:53Si je lui ai dit ça, dimanche avant son allocution.
00:55Parce que j'ai dit que s'il faisait une allocution pour annoncer finalement pas grand-chose,
00:59je pense qu'il allait une fois de plus cristalliser la colère.
01:01Il faut voir que la haine et la colère est dirigée tout entière contre lui.
01:04De façon, à mon avis, complètement irrationnelle.
01:06Parce que certes, on a fait des erreurs, et lui aussi.
01:09Mais ça mérite pas le torrent de haine qui se prend à chaque manif.
01:13Et aujourd'hui, vu l'état d'éruptivité du pays, il y a un moment, il va falloir renverser la
01:18table.
01:18Il l'a fait, et je l'ai soutenu d'ailleurs.
01:20Quand il a fait la dissolution, pour le coup, je suis un terrain en France à avoir soutenu cette idée.
01:24Parce qu'il a redonné la parole aux Français.
01:27Dites « retour aux urnes » quoi.
01:28Voilà, « retour aux urnes ».
01:29Retour aux urnes.
01:30Vous l'avez répondu ?
01:31Il m'a dit jamais, c'est pas le moment de reculer.
01:33Et c'est son tempérament, je sais que...
01:35Mais c'est un arrache-cœur s'il démissionne, et c'est une catastrophe pour le pays.
01:38Parce que je suis persuadé que dans les dix ans qui viennent passer,
01:41tous les autres auraient fait bien pire que ce qu'il a fait.
01:43Et le pire, c'est que je suis persuadé que les deux favoris des sondages pour les prochaines présidentielles,
01:48à savoir les deux extrêmes, feront bien pire et vont entraîner notre pays dans le chaos.
01:52Mais il faut remettre en plein de main les électeurs.
01:54Non, jamais.
01:55C'est le mot qu'il a employé.
01:56Oui, oui, oui, le mot c'est « on recule jamais ».
02:00Mais attendez, déjà pour commencer, cette décision, elle n'appartient pas à Emmanuel Macron en réalité,
02:03car Emmanuel Macron, ça n'est plus Emmanuel Macron, c'est le président de la République.
02:06Et en France, c'est une fonction qui ne peut pas être touchée de cette façon.
02:11Si Macron démissionne, ça veut dire que le prochain président, on pourra aussi lui demander sa démission.
02:14Or, ce n'est pas à vous que je vais apprendre que le président de la République
02:17est le garant de la continuité des institutions.
02:19C'est tout ce qui nous reste quand il y a de l'instabilité politique,
02:21donc ça serait un précédent dangereux.
02:23Deuxièmement, beaucoup plus grave, cette idée en plus ne mènerait strictement à rien,
02:26puisque premièrement, si vous cumulez tous les délais qu'il faut pour convoquer une nouvelle élection présidentielle,
02:31dissolution, nouvelle assemblée législative, nouvelles élections,
02:33on arriverait en gros avec une nouvelle assemblée fin février, et je suis très généreux.
02:37Donc on gagnerait un mois et demi par rapport à l'élection...
02:40Ah si !
02:40Non, non, parce que c'est juillet, c'est juillet.
02:42Non, mais si vous prenez les mêmes délais avec les législatives, c'est juillet.
02:44Donc on gagne six mois.
02:46Non, non, pas du tout.
02:46Parce que là, vous parlez du départ du président.
02:48Non, je parle des législatives.
02:49Vous parlez des législatives, je parle des législatives, c'est six mois.
02:52Oui, mais parce qu'un nouveau président ne sert à rien, son nouvelle assemblée.
02:54Oui.
02:54Dernier point, tous les sondages dont on dispose prouvent qu'à ce stade,
02:58la nouvelle assemblée élue par les Français ressemblerait exactement à celle qu'on a aujourd'hui.
03:02Donc on ne réglerait aucun problème.
03:04Non, mais c'est nul, oui.
03:05C'est nul.
03:06Est-ce que c'est nul ?
03:06Non, mais c'est vous qui êtes nul.
03:08Je t'ai nul.
03:08Non, mais attendez, c'est quand même dingue.
03:10Vous n'avez aucun argument et c'est moi qui suis nul.
03:12D'abord, un...
03:14C'est l'espace de ce stade qui font les élections.
03:16C'est l'intérêt du pays, pas l'égo du président de la République.
03:18Je te rappelle que même les papes démissionnent aujourd'hui.
03:20Donc je ne vois pas pourquoi un président de la République ne démissionnerait pas.
03:23Mais par contre, moi ce qui m'a...
03:24Alors je comprends bien l'intérêt de...
03:26Ça résout à court terme, finalement, la crise sociale.
03:30C'est un débouché à la colère sociale.
03:31C'est une façon de donner un horizon aux entreprises, aux marchés financiers.
03:35Oui, les 5% dans le taux d'interview.
03:37Pardon, Emmanuel, sur cette question-là, ça ne fait pas instabilité d'un seul coup ?
03:40On n'a pas les marchés qui vont s'affoler si on a le président qui...
03:43Non, parce que les marchés se disent
03:44« Mais qu'est-ce qu'il ne va rien se passer pendant les 6 mois qui viennent ? »
03:47Et on a besoin d'une trajectoire claire, quelle qu'elle soit.
03:51Quelle soit mauvaise ou bonne, oui.
03:53Mais il faut de la clarification.
03:54Non, mais clairement, il faut de la clarification.
03:57Et en même temps que vous dites, ce sera pire après.
03:59Ça sera pire après, mais je suis persuadé que les Français vont le regretter très vite.
04:03Maintenant, ils le haïssent, mais je suis sûr qu'ils vont le regretter très vite.
04:05Et moi, je souhaite qu'ils reviennent plus tard.
04:06Parce que je suis sûr que...
04:08Pour les connaître tous un dimanche, j'ai été pendant 5 ans à leur côté.
04:12Et je suis sûr qu'il n'y en a aucun aujourd'hui sur la ligne de départ qui le
04:16vaut.
04:16Donc voilà, je suis persuadé qu'il faudra qu'ils reviennent.
04:19On peut aussi arrêter de penser à 2032 et penser à aujourd'hui.
04:21Non, mais je ne pense pas en 2032, justement.
04:22Parce que je pense que si les extrêmes arriveront au pouvoir demain, ça ne tiendra pas 5 ans.
04:26Ça ne tiendra pas 5 ans parce que chaque fois qu'on les a essayés au XXe siècle,
04:29ça a été des catastrophes et des catastrophes très rapides.
04:32Et ça sera une catastrophe.
04:33Ils ont des réformes économiques qui sont absolument ineptes.
04:35Que ce soit la réforme des retraites de Marine Le Pen ou celle de Jean-Luc Mélenchon,
04:38c'est absolument hors des clous par rapport aux besoins du pays.
04:41Moi, j'ai un regret.
04:42C'est qu'on n'a pas fait les réformes structurelles qu'il fallait.
04:44On n'a pas fait la retraite par point et on aurait dû la faire en 2019.
04:47Donc voilà.
04:47Et je suis persuadé que les extrêmes n'ont aucune solution pour notre pays.
04:50C'était Edouard Philippe, le Premier ministre à l'époque.
04:52Pour ceux qui s'en souveillent, cette semaine, le pays a besoin d'être commandé,
04:56dit l'ancien Premier ministre.
04:57Quand on entend lui, quand on entend Gabriel Attal qui fait tout ce qu'il peut
05:01pour se désolidariser du Président, après 10 ans, qu'est-ce qui reste de votre projet ?
05:04Je suis tranquille là-dessus, c'est que je ne soutiens aucun candidat.
05:07Je ne sais même pas, et c'est la première fois de ma vie, à 6 mois des élections,
05:09pour qui je vais voter au présidentiel l'année prochaine.
05:11Donc, je veux dire, ma parole n'engage que moi et n'engage absolument pas les candidats.
05:16Je suis redevenu un simple citoyen, je suis prof en lycée agricole.
05:19Je suis très heureux et je n'aspire à aucune fonction et aucune responsabilité.
05:22Je ne suis pas candidat à la présidentielle, je suis peut-être le seul.
05:24Vous pensez quoi de ces anciens premiers ministres, vous qui n'êtes pas candidat à la présidentielle ?
05:28Ce n'est pas un peu ingrat ?
05:29C'est assez ingrat, oui, oui.
05:30Parce que le président de la République, ils sont là grâce au président de la République,
05:33que ce soit l'un ou l'autre.
05:34Donc oui, c'est ingrat, mais après, c'est le jeu de la politique.
05:38Jean-Baptiste Moreau, le premier qui avait appelé à avancer la présidentielle,
05:42c'était quand même Édouard Philippe.
05:43Oui, mais c'était trop tôt.
05:44Il y a un an, ça aurait créé plus de désordre que ça aurait solutionné de choses.
05:48Aujourd'hui, on peut très bien avoir un intérim du président du Sénat,
05:51qui fait passer un budget, parce qu'il faut un budget pour le pays avant la fin de l'année,
05:53et d'avoir des élections qui sont programmées au début de l'année prochaine.
05:56Vous vous rappelez de la République en marche en 2017 ?
05:57Pardonnez-moi, j'ai rarement entendu un député LRM avec une parole aussi libre.
06:00Moi, je ne suis pas langue de bois.
06:01Moi, je me permets, du coup, vous allez me répondre franchement.
06:03Le Pen Mélenchon, second tour, vous votez qui ?
06:05Je ne vote pas, je vais à la pêche.
06:06Vous allez à la pêche ?
06:07Ah oui, oui, pour la première fois de ma vie,
06:08je n'irai pas voter à une élection présidentielle et à un deuxième tour d'élection présidentielle.
06:11Alors, est-ce qu'il faut accélérer les élections ?
06:13C'est la question que vous posez.
06:15Merci, Jean-Baptiste Moreau, d'être venu mettre cet élément dans le débat.
06:17Vous avez vu, ça fait débat.
06:18Ici, en plateau, je suis sûr que chez vous, vous étiez en train de parler dans votre voiture tout seul.
06:22Dites-le au 3216, appelez-nous, on va échanger ensemble.
06:25Jean-Baptiste Moreau, d'ancien député LRM, et pas candidat à la présidentielle.
06:28Voilà, je suis un des seuls en France.