00:00L'image que l'on va vous montrer n'est pas représentative de la majeure partie des manifestations du jour,
00:05mais cette image existe, donc on vous la montre.
00:07Le contexte d'abord, cette image provient d'une vidéo filmée avant la manifestation à Marseille.
00:12Elle a été largement partagée sur les réseaux sociaux.
00:14Vous allez voir dans quelques secondes, un policier donner un coup de pied à une manifestante.
00:18Elle tombe, il lui lance « casse-toi » avant que l'un de ses collègues ne la pousse au sol.
00:22Regardez.
00:30La préfecture de police des Bouches-du-Rhône précise que 200 manifestants hostiles, je les cite,
00:48avec du matériel se trouvait sur cette zone.
00:51Et une source policière à l'AFP, l'agence France Presse, dit qu'au regard de cette vidéo que vous venez de voir,
00:57« Rien ne contrevient à la doctrine du maintien de l'ordre », fin de la citation.
01:01Merci Lisa.
01:02Au regard de cette vidéo, « Rien ne contrevient à la doctrine du maintien de l'ordre ».
01:05Vous comprenez qu'on puisse en douter en voyant les images ?
01:08Alors moi, ce que j'aime bien, c'est voir vraiment le début et la fin de l'intervention.
01:14Effectivement, là on voit une image, on va faire la VAR, comme au football, on va demander.
01:18Déjà, je vois qu'elle tombe toute seule.
01:19Après, le collègue, effectivement…
01:21Elle s'est fait un coup de pied aux fesses par un passé.
01:22Non, mais elle est tombée avant toute seule.
01:24Oui, elle tombe toute seule, quand elle est au sol, elle se prend un coup de pied.
01:26Je ne vois pas le policier.
01:27Alors, le coup de pied aux fesses, peut-être, mais enfin, ce n'est pas non plus de tout son élan.
01:31Il la relève, il dit « Casse-toi ».
01:32Enfin, il faut remettre tout, toujours, dans le contexte.
01:34Un petit coup de pied, quoi.
01:35Non, mais attendez.
01:36Et après, il la pousse, pas violemment non plus, il l'emmène comme ça, elle fait 3 mètres et elle tombe toute seule.
01:42Donc, je vous dis, c'est pour ça que je vais voir la VAR.
01:42C'est dommage que vous disiez ça, parce que vous avez un rôle à jouer, je pense.
01:45Mais le rôle à jouer, monsieur…
01:45Comme comme représentant de la force de l'ordre, vous avez un rôle à jouer pour condamner ce type de geste qui…
01:50Je pense que beaucoup de vos collègues ont honte de voir, on sait qu'un policier frapper, insulter une malgestante.
01:58Il faut remettre dans un contexte et après, le policier s'expliquera par rapport à des rapports vis-à-vis de la hiérarchie, etc.
02:06Et on verra après s'il y a une suite ou pas.
02:09Mais vous, en fait, vous immobilisez des images et vous en faites vraiment des choux gras sur plein de choses.
02:13Mais compte tenu du fait que les réseaux sociaux existent…
02:15Pardonnez-moi, j'entends, alors, sincèrement, ce ne sont pas les journalistes.
02:22Il se trouve qu'il y a des réseaux sociaux sur lesquels sont beaucoup les plus jeunes d'entre nous.
02:26Et cette vidéo, elle a buzzé littéralement…
02:29Mais elle a montré d'autres vidéos.
02:30Laissez-moi finir, s'il vous plaît.
02:31Depuis ce matin, on est journaliste, on ne peut pas se permettre de ne pas la montrer.
02:35Ce que je trouve un peu dommage, c'est que j'ai quand même le sentiment qu'à chaque fois, et je ne suis pas la seule,
02:39à chaque fois qu'il y a des images de ce type, et j'entends tout à fait qu'il faut connaître le contexte,
02:43mais le principe de base, c'est d'abord l'ultra prudence de votre côté,
02:46avant la condamnation de se dire, effectivement, si ces images sont avérées, c'est un scandale.
02:51Et ça, je pense que les gens qui sont dans la rue attendent ce genre de réaction de la part du politique et de votre part.
02:57C'est marrant parce que monsieur le politique disait juste à l'heure, tout à l'heure…
02:59Monsieur le député.
03:00Le député, oui.
03:01Disait que les policiers étaient super fatigués, ils étaient à cran, etc.
03:06Donc, excusez-moi…
03:07Ça n'excuse rien.
03:08Ah, ça n'excuse rien, d'accord.
03:09Non, pas des gestes violents sur une manifestante pacifique, ça n'excuse rien, ni les insultes.
03:13Un député qui achète de la drogue à un qui-dame, ça n'excuse rien.
03:16Non, c'est sanctionné d'ailleurs, monsieur.
03:18Oui, justement, justement.
03:19Vous savez, il y a une déontologie pour tout le monde.
03:20Non, mais il y en a pour tout le monde.
03:21Il y a des principes pour tout le monde, il y en a aussi pour la police.
03:23Vous devriez les défendre.
03:24Mais monsieur, je vous l'ai dit,
03:25Il a pris à l'effet d'accepter plutôt que d'accepter la hiérarchie.
03:28Et de justifier des gestes qui sont inaccessibles.
03:29Il peut y avoir des parents.
03:30Vous trouvez que c'est inaccessible.
03:31Sauf que vous êtes dans un contexte bien particulier de maintien de l'ordre.
03:35Franchement, monsieur Covi, sincèrement, je pense quand même qu'il faut qu'il y ait une inspection là.
03:39Il faut qu'on sache d'où ça vient.
03:41Il y en a probablement.
03:41Le minimum, franchement, vous êtes d'accord ?
03:43Moi, ce que je veux savoir, c'est...
03:43Qu'on sache le début et la fin de l'histoire, ça me paraît obligatoire.
03:47Avant de porter des jugements, alors effectivement, je vous le dis,
03:49vous portez un jugement sur une action de police.
03:52Il faut connaître tout le contexte.
03:54Quand vous intervenez avec une foule hostile,
03:56les collègues ont dû se faire caillasser, bombarder, insulter, etc.
03:59Vous intervenez.
04:00Mais je ne dis pas que tout est propre.
04:02Je dis juste qu'à un moment donné, il faut remettre dans un contexte et qu'on est humain.
04:05Et le collègue s'expliquera.
04:06Enfin, excusez-moi, mais encore une fois, c'est facile de juger derrière un canapé.
04:11Heureusement que ce n'est pas comme ça, parce que sinon, il y a les guillotines, elles sortiraient.
04:14Je suis désolé.
04:15Je veux dire, le geste n'est pas très élégant quand même.
04:18Le geste du policier n'est pas très élégant.
04:21Mais si on met ça, si on voit ce que les policiers et les gendarmes ont ramassé,
04:27et encore, ça s'est bien passé.
04:29Aujourd'hui, ça s'est bien passé.
04:30On ramassait, toute l'après-midi à Paris, fin d'après-midi, sur les boucliers, sur les casses.
04:35Je vous rappelle qu'il y a 26 policiers et gendarmes blessés, heureusement, légèrement.
04:40Et que cette dame doit être blessée légèrement aussi.
04:43Je dis juste que le geste n'est pas élégant.
04:45Mais il y a un contexte, effectivement, et c'est important de le dire,
04:47il y a un contexte où toute la journée, les forces de l'ordre se font insulter, traiter de tout.
04:52Donc, c'est vrai qu'à un moment, on peut un peu décabler.
04:55Mais je vais vous dire quelque chose.
04:57Je n'ai pas dit que c'est acceptable.
04:58À Tourscoin, je suis désolé, le collègue, ce n'était pas élégant.
05:01Les gars, ils sont dehors, aujourd'hui.
05:02Il y a une colère policière aussi.
05:04Il y a une inspection générale de la police nationale.
05:05Les voyous et les policiers, je ne parle pas.
05:07Monsieur, je ne parle pas.
05:08Dimanche matin, ça m'a choqué.
05:09Je parle et vous ne m'écoutez pas.
05:10Ça m'a choqué.
05:11Monsieur, je ne parle pas.
05:12S'il vous plaît, s'il vous plaît.
05:13Je ne parle pas.
05:14S'il vous plaît, c'est important.
05:15Mais c'est là une chose.
05:17Je parle et vous ne m'écoutez pas.
05:18Je vous dis qu'il y a une IGP, une inspection générale de la police nationale,
05:22une inspection générale de la police nationale, qui fait son boulot.
05:25Et que si ce policier s'est mal comporté, il sera condamné.
05:29C'est exactement ce que je vous ai dit.
05:30Je trouve ça choquant, cette mise en regard des voyous et des policiers.
05:34Les policiers, justement, ils ont une déontologie.
05:36Justement, il y a des règles.
05:37Ils n'utilisent pas la force de façon indiscriminée comme là.
05:41Il s'expliquera.
05:42Donc, de mettre en rapport les événements de Tourcoing et ceux de Marseille,
05:45c'est absolument choquant.
05:46Plus encore de la part d'un responsable d'un syndicat policier,
05:49qui a un rôle dans notre République.
05:50Et vous, les députés, c'est quoi ?
05:52C'est de dire que les policiers tuent ?
05:53Ils tuent malheureusement, monsieur.
05:55Ils sont regardés en face à cette réalité.
05:57Ils sont regardés en face à cette réalité, s'il vous plaît.
06:00S'il vous plaît, s'il vous plaît.
06:02Merci Jean-Christophe Couy d'avoir été avec nous
06:04pour nous donner un peu de contexte.
06:07Pour nous donner un peu de contexte, évidemment,
06:09après ces images tournées ce matin à Marseille.
06:12Merci à tous les six.
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