- il y a 8 heures
Avec Mathias Nirman, Philippe Coy, Mehdy Raïche
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NewsTranscription
00:0010h midi, Sud Radio, à vous de le dire, Stéphanie Demiru.
00:04Avec aujourd'hui Mathias Nierman, Philippe Coye et Mehdi Raich, la suite des émeutes urbaines de ce week-end.
00:13Et on parle des réponses maintenant. Quelles réponses ? Avec ces couvre-feux qui ont été annoncés,
00:20Lille, Douai, Ouattini dans le nord, mais aussi Bordeaux et puis Paris.
00:24Certains secteurs ont également été interdits la nuit aux adultes, avec des exceptions notamment pour les habitants et les professionnels.
00:29Est-ce que c'est la bonne réponse ? Alors que les commerces ont été attaqués en plein jour, on
00:34le rappelle quand même.
00:35Et que c'est sûr que ça ne va pas arranger leur chiffre d'affaires pour ceux qui restent.
00:38En tout cas, je m'adresse aux commerçants que vous êtes, Philippe Coye, couvre-feu, bonne ou mauvaise réponse ?
00:44Écoutez, dans la situation où on est, on attend des réponses de l'État.
00:47L'État fait cette première proposition, je parle en termes de sécurité, pas sur le volet économique, on y reviendra
00:54tout à l'heure.
00:55Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise mesure.
00:58En tous les cas, c'est celle que le gouvernement a pris, que les préfets vont faire appliquer en accord
01:02avec les maires.
01:03Vous faites bien de rappeler que les pillages ont démarré samedi aux alentours de 14 heures.
01:07Mais ils ont duré toute la nuit de samedi.
01:10Ils ont été à nouveau le cas dimanche soir.
01:14Donc, il est important de peut-être prendre des mesures.
01:17Mais j'ai une interrogation quand même.
01:19Les gens qui ont fait ces exactions tout le week-end, ne respectez pas la loi.
01:23Pourquoi vont-ils respecter cette consigne du couvre-feu ?
01:27Puisqu'ils ne respectent plus rien, ni les biens, ni les personnes, et encore moins la République.
01:32Il y a eu des retours d'expérience, apparemment, ça a calmé les choses dans certaines villes.
01:36Je le souhaite, je le souhaite.
01:38Notamment dans le Nord.
01:39Je le souhaite.
01:40Mais je me dis, quand vous ne respectez plus rien, pourquoi respecter cette consigne ?
01:45En tous les cas, ce que je peux penser, c'est que les forces de l'ordre auront là aussi
01:49un cadre réglementaire
01:50pour agir, sanctionner et interpeller certainement.
01:54Oui, ce qui a peut-être fait défaut le week-end dernier.
01:56Vous, c'est une bonne ou mauvaise réponse, Mathias Nierman ?
01:59Oui, en tout cas, on voit que la réponse s'est faite en deux temps,
02:02puisque la locution du Président de la République, dont on a dit qu'elle était assez vide de contenu,
02:08a été suivi hier par l'instauration de ces couvre-feux,
02:11puisqu'on l'a vu le dimanche soir, on a assisté de manière ahurissante
02:16à des scènes de pillage, notamment dans le quartier de Châtelet à Paris.
02:22Donc, la priorité aujourd'hui, je crois que c'est de rétablir l'ordre
02:26et tout doit être mis en œuvre dans le respect de l'État de droit, bien sûr, pour y parvenir.
02:31Je pense que c'est quelque chose d'assez fondamental, car nos institutions,
02:37la démocratie aussi, a été attaquée à travers ces violences, à travers ces exactions.
02:43Et ce qui est fondamental, et surtout à six mois d'une élection présidentielle très incertaine aujourd'hui,
02:49c'est que l'État de droit garantisse à tout un chacun l'ordre, la sécurité.
02:55Et le droit de manifester ou pas ?
02:56Et le droit de manifester, évidemment.
02:58C'est une question qu'on peut se poser, là.
02:59Le droit de manifester, je le rappelle, constitutionnel, il doit être garanti.
03:03Et se posera la question, dans les tout prochains jours, du dispositif de maintien de l'ordre,
03:07de la concertation aussi avec les organisations qui accompagnent ces mouvements,
03:12je pense notamment aux organisations syndicales, dont on sait que depuis dix ans,
03:16elles n'ont pas toujours été écoutées, et je m'adresse à une organisation patronale en face de la table,
03:21pas toujours considérée au plus haut sommet de l'État.
03:25Mais en tout cas, je pense, pour terminer là-dessus,
03:27qu'il faut absolument que l'État de droit soit restauré,
03:30car sinon, je le crains, un certain nombre de nos concitoyens,
03:34à six mois d'une échéance cruciale,
03:36pourraient être tentés par une bascule dans un schéma autoritaire.
03:42Et donc ça, je ne souhaite pas qu'on arrive là.
03:44En tout cas, la question se pose pour les appels à manifester ce week-end.
03:49Les Gilets jaunes veulent manifester dès samedi,
03:53appels à la manifestation.
03:58Ce n'est pas le cas du président de CCI France, Alain Di Crescenzo,
04:02qui demande l'interdiction de manifester son autentène ce matin.
04:07C'est-à-dire ?
04:08Pas de manifestation la semaine prochaine.
04:10Vous demandez que les manifestations soient interdites.
04:13C'est ça, clairement.
04:14Parce que les conditions ne sont pas réunies.
04:16Parce qu'on va ajouter de la souffrance à la souffrance.
04:17et puis parce que, je crois que vous l'avez vu aussi,
04:20on en a parlé, les commerçants fatigués commencent à s'armer.
04:23Et ça, ce n'est pas bon.
04:25Alain Di Crescenzo, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie,
04:27vous nous annoncez sur Sud Radio ce matin
04:29que vous demandez au gouvernement
04:31de faire une pause,
04:32d'interdire toutes les manifestations le week-end prochain.
04:35C'est une pause que je demande.
04:36Alors, je veux être clair,
04:38il y a un droit constitutionnel à manifester,
04:39mais les conditions ne sont pas requises.
04:43C'est quand même le président du CCI, du Commerce.
04:46Pour qu'il demande une interdiction de manifester,
04:49c'est qu'il estime que les conditions ne sont pas réunies.
04:52Est-ce que c'est souhaitable ?
04:53C'est vrai que nous sommes en démocratie.
04:55C'est vrai aussi que les gens ne se sentent plus en sécurité.
04:59Bonjour Nelly.
05:01Bonjour.
05:01Vous nous appelez de Marseille.
05:04Est-ce que vous...
05:05De la région de la banlieue marseillaise, oui, tout à fait.
05:08Oui, vous avez été beaucoup touchée à Marseille.
05:11Est-ce que vous avez envie qu'on manifeste, samedi ?
05:14Non, justement, moi, je voulais intervenir là-dessus.
05:18Je pense qu'au stade où on en est,
05:20il faudrait interdire toute manifestation,
05:22même si, effectivement, c'est un droit.
05:25Mais là, vu les conséquences qui se passent,
05:28le président de la République devrait donner ordre de suspendre
05:32parce que c'est le seul moyen de se faire cesser les casseurs
05:35parce que les casseurs se mélangent aux étudiants,
05:37ce qui est dramatique et grave pour eux
05:39puisqu'ils ne peuvent plus porter leur revendication.
05:43Et moi, je dis que oui, là, momentanément,
05:45il faudrait certainement demander l'assustation de toute manifestation.
05:50C'est le seul moyen qu'ils ne puissent plus intervenir
05:52parce que s'ils viennent casser,
05:54au moins, la police aura beaucoup moins de mal à faire tri quand même.
05:58Parce que moi, je suis d'accord, j'ai écouté toute notre émission,
06:02les policiers sont vraiment des héros.
06:04Moi, je le dis aussi.
06:05Merci à eux parce que ce sont des pères de famille aussi.
06:10C'est vrai que vous faites partie, Nelly,
06:13de ceux qui préfèrent annuler un petit peu de leur liberté.
06:19Oui, mais oui, parce que de toute façon,
06:21bientôt, on n'en aura peut-être plus de liberté.
06:23Les gens ne peuvent plus aller en ville tranquillement en ce moment.
06:25Donc, vous voyez, moi, j'ai 75 ans.
06:27Non, j'avais 17 ans, 68.
06:31Hormis un peu Paris, mais sinon, en province,
06:35il n'y avait pas cette violence.
06:37Il y a une violence, mais c'est une violence nouvelle
06:39et c'est peut-être dû justement au réseau, à tout ça.
06:43Oui, il y a une violence qu'il n'y avait pas avant, c'est sûr.
06:48Oui, allez-y, allez-y.
06:50Moi, je pense que oui, ça serait peut-être pas mal de cesser les manifestations
06:56et puis de reprendre dans quelques temps.
06:58Mais malheureusement, à chaque manifestation maintenant,
07:00il y a des casseurs, je pense que c'est un peu politisé.
07:04À se demander quels partis politiques sont là pour financer les casseurs.
07:10Mais Nelly, je me fais l'avocat du diable.
07:12Ça veut dire que les casseurs font la loi, les casseurs ont gagné.
07:16C'est un aveu terrible d'impuissance de l'État.
07:19Oui, oui, oui.
07:21Là, moi, je dis carrément, c'est une impuissance de M. le Président de la République
07:26qui devrait donner ordre aux préfets et sous-préfets
07:28de faire cesser toutes les manifestations.
07:30Les couvre-feu, ça ne suffira pas.
07:34Malheureusement, moi, c'est intéressant ce que nous dit Nelly.
07:36Restez en ligne, Nelly.
07:37Merci Nelly, c'est très intéressant.
07:40Vous avez lancé le sujet sur l'intervention du président de CCI France, Alain Descrescenzo,
07:44qui demandait à l'autorité d'arrêter le droit à manifester
07:49qui est un droit constitutionnel.
07:50Moi, j'appelle plutôt un pacte républicain.
07:53Pour une fois, je serai divergent du point de vue d'Alain Descrescenzo
07:56et saluer le travail remarquable de toutes les chambres de commerce et d'industrie
08:00sur le territoire au plus près des commerçants.
08:02Comme le sont les entrepreneurs.
08:04Moi, j'en appelle à la responsabilité de chacun,
08:07de ceux qui portent la voie de la revendication,
08:11la voie des propositions.
08:12Je suis un militant engagé pour l'économie auprès des entrepreneurs.
08:16Je milite depuis 35 ans pour le commerce,
08:20pour le bien-vivre ensemble dans les territoires.
08:22Et je dis aujourd'hui, faisons un pacte républicain.
08:24Parce que les revendications, peut-être légitimes,
08:27et certainement pour certaines d'entre elles,
08:29qui doivent être exprimées, sont brouillées.
08:31On n'en parle plus.
08:33Elles sont bafouées par ces actes de violence,
08:36ces scènes de barbarie.
08:38Donc je me dis, dans un pacte républicain,
08:40si nous aimons notre pays,
08:41si nous avons des choses à proposer,
08:43si nous avons des choses à revendiquer,
08:45je dis que ceux qui appellent à manifester
08:46doivent retirer cet appel
08:49pour que l'apaisement revienne.
08:51Pas besoin d'interdiction de l'État.
08:54Parce que sinon, on va dire qu'on a encore un État
08:57qui va opprimer le peuple,
09:00qui va opprimer le droit de revendiquer.
09:02Et si on est des responsables politiques,
09:04d'où que vous soyez,
09:05comme obédience, comme idée,
09:08soyons unis,
09:09faisons ce pacte républicain,
09:10pour qu'il y ait de l'apaisement,
09:12et viendra le temps du débat.
09:13Au-delà de ça, moi je voulais demander à Nelly.
09:16Nelly, vous êtes avec nous ?
09:18Nelly ?
09:18Nelly n'est plus avec nous ?
09:21L'auditrice ?
09:22Nelly Raïch,
09:24c'est intéressant ce débat,
09:26parce qu'on en arrive à se demander
09:28jusqu'où accepter de restreindre nos libertés
09:30pour retrouver la sécurité.
09:32Alors on rappelle que l'interdiction de manifester,
09:34elle doit être soumise à un contrôle judiciaire très strict.
09:37Il faut qu'il y ait des conditions,
09:39troubles adaptés nécessaires, proportionnés.
09:42Il faut aussi que les moyens policiers soient disponibles.
09:45On a quand même vu nos policiers en grande difficulté ce week-end,
09:48et ils nous ont clairement confié
09:51qu'ils n'avaient pas les moyens nécessaires de lutter ce week-end.
09:55La question, je pense qu'elle n'est pas aussi simple
09:58qu'on doit tout interdire.
10:00Déjà, il y a une question de territoire.
10:02C'est très différent d'interdire ce qui s'est passé à Paris,
10:05où effectivement, à Paris, il y a une concentration des violences,
10:07du reste de la France, dans certaines grandes villes de Provence.
10:10Marseille, Limoges...
10:11Limoges, vous allez dire à Limoges...
10:14Je ne conteste pas du tout, mais...
10:16Tout le monde vous est tombé dessus pour me dire que c'est vrai.
10:18Je suis d'accord.
10:19Parfois, on ne peut pas que focaliser sur Paris,
10:21parce que la France a été victime.
10:22Mais Paris concentre une exceptionnelle violence,
10:25parce que ça a continué encore jusqu'à hier soir,
10:27où il y avait...
10:27Dans les autres villes aussi.
10:29Oui, mais Paris, Lyon, Marseille, c'est quand même des cas très...
10:32Limoges, la théorie.
10:32Mais ce que je suis en train de dire, c'est qu'on est dans une situation,
10:36non seulement on est en élection présidentielle,
10:38donc il y a une tension politique, une tension sociale qui se fait sentir.
10:41Ensuite, vous avez des revendications sociales,
10:43on voit que le coût de la vie est très cher.
10:45Et aujourd'hui, il est très difficile pour des personnes
10:48qui sont potentiellement dans la précarité de se dire
10:50« je ne peux pas aller manifester ».
10:51Et donc, vous êtes dans cette situation
10:53où l'État, il est mis face à son incapacité d'agir.
10:56À la fois, on met les policiers dans des situations catastrophiques,
10:59on met les commerçants dans des situations catastrophiques,
11:01et en même temps, vous avez un besoin de la population
11:03de dire « moi, je veux manifester parce que quelque chose ne va pas ».
11:06Et entre les deux, vous avez ces casseurs,
11:08toutes ces personnes qui veulent foutre le bordel.
11:10Aujourd'hui, la question est...
11:11Qui n'en ont rien à faire d'ailleurs des revendications.
11:15Donc, je pense que c'est une équation pour l'État
11:17qui est quasiment impossible à résoudre.
11:19Aujourd'hui, c'est soit vous avez l'incapacité
11:21Et d'ailleurs, je reprends le mot de Sébastien Lecornu
11:24lorsqu'il a dit « c'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort ».
11:27Il faut quand même se dire que l'État se dit
11:29qu'avec tout ce qui s'est passé dans la nuit de samedi à dimanche,
11:34le chef du gouvernement se dit
11:35« attendez, c'est un miracle que nous, en tant qu'État,
11:37avec tous les moyens qu'on est en capacité de mettre,
11:42c'est miraculeux qu'on n'ait pas eu un mort
11:45ou qu'on n'ait pas basculé dans autre chose encore plus violent.
11:48Donc aujourd'hui, la question de l'État, elle est celle de sa réponse.
11:50Et aujourd'hui, je ne suis pas certain qu'il ait la capacité de le faire.
11:52Bonjour Baptiste.
11:54Bonjour.
11:55Bonjour, soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio.
11:57Vous nous appelez de Toulouse.
11:59Vous, cette interdiction de manifester, elle vous inspire quoi ?
12:02Enfin, cet potentiel qu'appelle de ses voeux, par exemple,
12:05le président du CCI France.
12:09Moi, je suis d'en dessous de Bordeaux, mais j'étais sur Toulouse
12:11parce que ma copine étudiait là-bas, donc j'ai manifesté là-bas
12:15parce qu'il me semblait que c'était plus qu'important de manifester,
12:17même si ce n'était pas ma ville.
12:19C'est un droit et là, c'est même un besoin de soutenir d'autres populations
12:23parce que moi aussi, je suis auto-entrepreneur, comme j'en entends beaucoup.
12:26Je suis verdigné, je gagne très bien ma vie en travaillant peu.
12:36Non, mais il faut le dire, je ne travaille pas énormément
12:40et tant mieux pour moi, mais je me révolte face à ce qui est dit.
12:45En fait, c'est aussi à une part des médias d'arrêter de parler que de la casse
12:49et aussi de parler des causes parce qu'aujourd'hui, si on en est arrivé là,
12:52c'est parce que l'État a laissé pourrir pendant quasiment un mois
12:57le vrai problème, c'est qu'on a besoin de fonds dans les lycées.
13:02Attendez, mais pardonnez-moi, je dois vous couper
13:05et vous demander d'éclaircir votre pensée
13:08parce que vous mettez dos à dos, vous dites si on en est arrivé là,
13:11c'est de la faute de l'État.
13:13Est-ce que vous mettez dos à dos et qu'on parlerait trop de casse ?
13:16Il y a 3000 commerçants qui ont été pillés, vandalisés.
13:19Vous pensez que c'est la faute de l'État
13:22et vous mettez finalement dos à dos les casseurs et les manifestants
13:25dans votre pensée ?
13:27J'ai entendu ce qu'a dit le dernier interlocuteur
13:30qui est sur votre plateau qui disait
13:32l'État est dans une problématique, il ne peut plus gérer.
13:36Mais la faute à qui ?
13:37Les casseurs, ils sont là, pourquoi ?
13:40Parce qu'il y a une manifestation, on est bien d'accord.
13:42Sans manifestation, les casseurs, ils ne peuvent pas opérer
13:44comme ils veulent partout.
13:44Oui, c'est une opportunité pour eux, en effet.
13:47Une manifestation aussi massive, elle a eu lieu, pourquoi ?
13:52La manifestation, c'était sur la vie chère.
13:55Ça, c'était la vie chère, oui, les lycéens, bien sûr.
13:57Non, je veux dire, une manifestation qui a pris autant d'ampleur,
14:00pourquoi est-ce qu'elle a eu lieu ?
14:01C'est la casse.
14:05Comment ?
14:05C'est la casse qui a pris de l'ampleur, pas la manifestation.
14:08Mais bien sûr que si, parce que les policiers étaient trop occupés
14:11à gazer dans tous les sens des enfants, des chiens, des vieux.
14:15Nous, on était avec tout ça.
14:16Excusez-moi, mais vous vous permettez sur les médias,
14:18parce que c'est dommage, mais est-ce que l'un de vous
14:20est allé manifester, Sandy ?
14:22Non, mais Baptiste, il y a peut-être eu résiduellement...
14:25On ne dit pas ça, vous voyez, on n'était pas partout,
14:28il y a peut-être eu résiduellement...
14:30Mais oui, pourquoi est-ce qu'on allait aussi loin ?
14:31Mais vous ne pouvez pas accabler la police, là, quand même.
14:33C'est parce que l'État a refusé d'écouter depuis des semaines.
14:34Les lycéens, les profs, les gilets jaunes,
14:37tous ces syndicats, ils ont refusé de les écouter.
14:39Ça a fait gonfler, et il faut le dire,
14:42il n'y a pas assez de policiers pour gérer autant de manifestants,
14:45mais c'est voulu de la part de l'État.
14:47Ils ont voulu laisser pourrir cette cause.
14:50C'est normal qu'à un moment, ça éclate.
14:52Vous ne parlez que de la casse, mais parlons de la cause.
14:54Pourquoi est-ce qu'on en est arrivé là ?
14:56Qui est le vrai fautif ?
14:57Est-ce que c'est les casseurs ?
14:58Je suis d'accord, moi, je ne suis pas pour ça,
15:00mais je ne vais pas non plus plaindre l'État à cause de ça.
15:04Vous ne justifiez pas l'État, c'est les 3 000 commerçants,
15:06vous justifiez d'une certaine manière les casseurs, là, et les pierres.
15:09Qui ont laissé pourrir cette situation ?
15:11C'est l'État ?
15:14Excusez-moi, Philippe Coye, je suis commerçant et représentant des entrepreneurs,
15:19je suis choqué par votre propos.
15:21Qu'il y ait des revendications, je le dis depuis le début de cette mission,
15:24il faut savoir les entendre,
15:25et j'ai souvent été, dans mon organisation professionnelle, syndicale,
15:29à la manœuvre pour faire entendre ma voix
15:32et celle des Buralistes de France à l'époque.
15:34Mais vous ne condamnez même pas ces sauvageries
15:38qui ont détruit des vies.
15:39Vous êtes un entrepreneur, vous le dites avec beaucoup de fierté,
15:42que vous gagnez votre argent en travaillant.
15:44Et qu'aujourd'hui, vous puissiez assimiler un État défaillant,
15:49peut-être dans des réponses des étudiants,
15:52qui depuis 3 semaines se mobilisent,
15:54et dire que c'est normal ce que l'on a vu,
15:56et le chaos et des vies brisées d'hommes et de femmes.
15:59Je vous invite à venir avec moi visiter ces entrepreneurs,
16:02venir visiter, comme je l'ai fait hier avec Amélie Reza Tofighi,
16:06ces hommes et ces femmes qui ont donné de leur vie,
16:09qui ont des points de souture,
16:11parce qu'ils ont voulu défendre, vous savez quoi ?
16:13Leur honneur et leur outil de travail.
16:15Alors rien, aucune revendication ne peut justifier ça, monsieur.
16:18Oui, mais je vous ai dit que je ne tolérais pas ça,
16:20mais où étaient les policiers à ce moment-là ?
16:22Ils étaient trop occupés...
16:23Oui, mais ce n'est pas l'État, l'État a des réponses à donner
16:26à ceux qui ont des revendications à faire.
16:27Vous me dites qu'il faut écouter, mais d'accord,
16:29est-ce que l'État a donné des réponses depuis un mois ?
16:32À part faire pourrir la gauche,
16:33demander aux services de renseignement de dire que c'était LSI,
16:36alors que c'est complètement faux,
16:37ils ont menti pour faire péter un parti politique.
16:39Ça, vous en parlez ou pas sur vos médias ?
16:41Vous êtes un militant LFI, c'est-tu, Baptiste ?
16:43Si on comprend bien, quand même.
16:44Oui, oui, mais il faut quand même voir que le président
16:47vient de pourrir un parti politique
16:49et a demandé à pourrir un parti politique
16:50sans aucune preuve.
16:52Ça, ça ne choque personne.
16:54Bon, moi, si je peux me dire,
16:56je ne souscris pas à tout ce qui a été dit,
16:57mais il y a un point sur lequel Baptiste a tout de même raison,
17:01c'est que...
17:01C'est l'État qui n'a pas voulu répondre,
17:02et c'est eux qui ont fait exposer tout ça.
17:04Il faut l'accepter.
17:05Alors, il faut l'accepter, c'est votre opinion,
17:07ça n'engage que vous,
17:08et comprenez, Baptiste,
17:10qu'après une France choquée,
17:12ça puisse irriter beaucoup d'oreilles
17:14ce que vous nous dites,
17:15mais c'est votre opinion,
17:16on a toutes les opinions sur Sud Radio.
17:18Je me disais qu'il y a fait devant moi,
17:20je ne suis pas d'accord avec ça non plus.
17:21Le souci, il faut le réaliser et l'accepter.
17:24Le vrai problème, c'est que l'État n'a pas voulu entendre,
17:27parce que vous l'avez dit vous-même,
17:28monsieur du syndicat qui est dans le commerce,
17:31ils n'ont entendu personne.
17:34Ils n'ont donné aucune solution,
17:35et oui, ça a exposé.
17:37Il fallait s'y attendre.
17:39On arrive au bout, c'est la pause.
17:43On se retrouve dans quelques instants.
17:44Poursuit nos débats.
17:45Merci Baptiste d'être intervenu sur l'antenne de Sud Radio.
17:47A tout de suite, vous qu'en pensez.
17:49Sud Radio.
17:50Stéphanie Demiru.
17:52A vous de le dire,
17:53sur Sud Radio avec Mathias Nierman,
17:55Philippe Coy,
17:56Mehdi,
17:56Raich,
17:57on parle évidemment de la réponse judiciaire,
18:00de la réponse après ces émeutes.
18:02Ce week-end,
18:04certains aimeraient bien
18:05qu'on arrête de manifester,
18:07tout simplement.
18:07Il y a des appels à la mobilisation samedi prochain,
18:10des mobilisations qui sont un droit constitutionnel,
18:12qui vont a priori se tenir,
18:14même si des couvre-feux ont été déjà mis en place,
18:17notamment dans le Nord,
18:19à Paris et à Nice.
18:21D'autres voies aimeraient bien voir un état d'urgence.
18:24Alors ça,
18:25c'est la dernière option,
18:27nous dit Sébastien Lecornu.
18:28Ça poserait effectivement
18:30peut-être des problèmes de liberté publique.
18:33Amélie Raich,
18:34est-ce que vous aimeriez voir un état d'urgence ?
18:37Est-ce que ça serait pertinent dans cette situation ?
18:40Quand on voit l'état de ce qui s'est passé samedi,
18:43la difficulté des policiers
18:44qui ont dû reculer devant des manifestants
18:46qui étaient quand même très jeunes,
18:47des casseurs qui étaient très jeunes,
18:48oui, la question se peut se poser.
18:50Il y a une question aussi de sémantique
18:51qui a été utilisée notamment dans les médias
18:53et par les membres du gouvernement samedi,
18:56c'était de dire
18:56il faut absolument protéger les lieux du pouvoir.
18:58Quand vous en arrivez à ce type de discours publiquement,
19:01ça veut dire que l'état recule à tel point
19:03qu'il doit protéger ses points vitaux.
19:05Donc tout le reste, on l'abandonne.
19:06Donc là, il y a une question quasiment de sûreté de l'état
19:08qui n'est plus assurée.
19:09Je ne suis pas sûr que la chocolaterie trogneau
19:11soit un lieu de pouvoir.
19:17Ils sont allés jusqu'à Place Vendôme
19:18où il y a le ministère de la Justice.
19:21On a vu quand même six camions de CRS
19:23devant la chocolaterie appartenant à la famille de la Première Dame.
19:28Donc ça aussi, ça pose question.
19:30Ah, vous n'avez pas vu ?
19:31Non, je n'ai pas vu.
19:32J'ai vu beaucoup de choses, mais pas ça.
19:35Devant la chocolaterie trogneau,
19:37il y avait ce week-end,
19:40plus de six camions de CRS.
19:42Vous avez peut-être envie de manger des chocolats.
19:44Excusez-moi, j'essaye d'alléger cette ambiance qui est lourde.
19:46Non, mais c'est vrai que c'est lourd.
19:48Non, mais puisque vous parliez des lieux de pouvoir
19:50qui avaient accaparé les moyens.
19:52Je parle aussi de ceux-là.
19:54Mais ils ont vraiment accaparé...
19:54C'était Amiens.
19:55Et ça a vraiment accaparé les moyens.
19:57Et ça a vraiment été une consigne.
19:59Il faut absolument protéger les ministères,
20:00ministères intérieurs, justice et Élysée en priorité.
20:03C'est-à-dire que l'État a conscience que ça peut déraper
20:05à tel point que ça peut arriver jusque-là.
20:08Sur l'état d'urgence, je trouve que politiquement,
20:09c'est très risqué, même s'il y aurait toute la légitimité de le faire.
20:12C'est que le président aujourd'hui,
20:14quelque part, il est en fin de mandat.
20:16C'est une fin de règne.
20:17Tout le monde sent que c'est une fin de règne.
20:18La tension politique, elle est énorme.
20:19On sent que ça se polarise entre elle et celle-ci
20:22et le Rassemblement national.
20:22On a déjà eu un exemple avec l'auditeur d'avant.
20:24Et jouer à la carte de l'état d'urgence,
20:26sachant que vous n'êtes plus vraiment légitime à le faire,
20:28je trouve ça politiquement très risqué.
20:30Alors que normalement, dans un État
20:32qui serait complètement fonctionnel,
20:33dans une situation qui, elle, se veut exceptionnelle,
20:35vous devriez le mettre en place.
20:36Non, parce que financièrement, l'économie...
20:38L'économie ne s'en sortirait pas.
20:40Ça envoiera un signal terrible sur les marchés économiques.
20:43Ah, mais d'accord.
20:43Pourquoi vous dites qu'il faudrait le faire ?
20:45Non, normalement, il faudrait le faire.
20:46Parce que notre économie, je peux vous dire
20:47que les bourses en France,
20:49enfin, la bourse Paris, le CAC 40 s'effondre
20:52et qu'économiquement, de mettre ça en place,
20:55c'est juste terrible.
20:56On devrait le faire.
20:57Et aujourd'hui, c'est politiquement un joie
20:58pour la raison notamment que tu viens d'évoquer.
21:00Finir coach, vous en pensez quoi, vous,
21:01en tant que commerçant ?
21:03Juste, je combêterai le propos de Mehdi.
21:05Il dit, il a fait une règne.
21:06Je pense qu'aujourd'hui, c'est plutôt la chute du règne.
21:09Et les six mois vont être longs.
21:11L'économie, aujourd'hui, elle est déjà très contrainte.
21:16On a parlé souvent à votre antenne,
21:18et merci au titre des entrepreneurs,
21:20de ces situations économiques,
21:22ces trésorités tendues, ces doutes,
21:24ces coûts du carburant, de l'énergie.
21:26Et évidemment, si l'ultime recours à l'état d'urgence
21:30était pris par le pouvoir,
21:32cela serait un signal très inquiétant
21:35pour les places financières,
21:36mais pour l'état d'esprit de chacun d'entre nous.
21:39Déjà qu'on le dit, la consommation est en berne,
21:42il y a une contraction sur l'ensemble du quotidien des Français,
21:47avec la vie chère.
21:48Donc là, ce signal serait une catastrophe,
21:52un vrai coup d'arrêt supplémentaire
21:54à ce que nous essayons les uns et les autres.
21:56Ces milliers de chambres d'entreprise,
21:58quels que soient les métiers,
22:00de porter tous les jours,
22:02pour faire vivre les territoires,
22:03créer de l'emploi, créer de la richesse, la partager.
22:05Donc, s'il vous plaît, soyons tous raisonnables.
22:07En tout cas, ce serait un dernier recours pour le gouvernement
22:09qui n'y songe pas, en tout cas,
22:11pas concrètement à ce stade.
22:14Mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de commerçants
22:16qui sont très inquiets,
22:17et de plus en plus de voix qui parlent d'autodéfense,
22:20de se défendre soi-même.
22:21On va en parler dans quelques instants,
22:22après la pause, avec vous.
22:26À vous de le dire avec Mathias Nierman,
22:31Philippe Coye et Mehdi Raich.
22:33On parle évidemment de la suite de ces émeutes.
22:36On se posait la question de l'interdiction de manifester,
22:39oui ou non.
22:40Sur notre antenne, ce matin,
22:42Alain Dicrescenzo, président du CCI France,
22:45qui représente les commerçants,
22:46le commerce souhaiterait qu'on demande
22:49l'interdiction de la manifestation prévue samedi prochain.
22:53Pour l'instant, ce sont des couvre-feux
22:55qui ont été décrétés dans plusieurs villes de France,
22:58dans le nord, notamment à Paris, à Nice.
23:01Est-ce que c'est souhaitable, oui ou non ?
23:04Il y a aussi cette question de l'état d'urgence.
23:06On en a débatté il y a quelques instants.
23:08Est-ce qu'on est prêt finalement à renoncer
23:09à certaines libertés pour avoir plus de sécurité ?
23:12Vous nous parliez aussi des conséquences économiques
23:15qui pourraient être très graves.
23:17Et un autre débat dans le débat,
23:20c'est cette question de la légitime défense.
23:22parce qu'à partir du moment où on ne se sent pas protégé
23:25et en sécurité, de nombreux commerçants
23:27pensent à se défendre eux-mêmes.
23:29On les a vus d'ailleurs, certains d'entre eux,
23:30avec des barres de fer.
23:31Mais là, ça pourrait être un mouvement d'ampleur.
23:35Écoutez, Serge Papin, ministre du Commerce,
23:37sa réponse sur ce qui est de l'autodéfense.
23:39Je pense que là, la mesure a été prise
23:42et le retour à l'ordre va se passer.
23:44Vous le craignez, en tous les cas ?
23:46Vous craignez ces organisations personnelles,
23:49c'est peut-être des milices ?
23:51Oui, mais je leur dis, moi je suis avec eux.
23:55Je suis là en ministre, je suis avec eux.
23:56Donc, je vois les mesures qui sont en train d'être prises
24:00pour renforcer l'autorité de l'État
24:03et ils peuvent avoir confiance, je leur dis.
24:06Philippe Coy, vous êtes commerçant,
24:08est-ce que vous avez confiance en le ministre ?
24:10J'ai confiance en le ministre Papin
24:12parce que c'est un personnage qui parle avec son cœur
24:15parce qu'il a vécu, il est lui-même commerçant
24:17dans sa vie antérieure.
24:19On va faire confiance à l'État
24:20parce que si aujourd'hui on doit douter,
24:23que doit-on faire ?
24:24Partir ?
24:25Vous ne doutez pas ?
24:27On peut avoir une part de doute,
24:28mais on doit avoir aussi une part d'espérance,
24:31de confiance en la parole de l'État.
24:33Surtout que l'État a reconnu sa défaillance,
24:36ce qui est peut-être pour nous déjà un premier soulagement
24:39puisque c'est le ministre de l'Intérieur qui a reconnu
24:44le manque d'appréciation de l'événement.
24:48Donc, on peut se dire que c'est une erreur à la base,
24:52que demain, s'il doit y avoir d'autres mobilisations,
24:54les contingents seront suffisants pour nous protéger,
24:57pour protéger notre société globalement.
25:00Alors, moi, je ne suis absolument pas d'accord avec vous.
25:02Vous savez que pour le zapping, je regarde un peu l'actualité.
25:05Je vous explique la situation.
25:07Il n'y a plus de bois pour mettre et protéger.
25:10Les bois, on n'en a plus, même là, pour les vitrines qui ont été cassées.
25:14Beaucoup attendent des vitrines, vont mettre 4 à 5 jours
25:17pour avoir une nouvelle vitrine,
25:18parce que tous ceux qui sont pour remplacer les vitrines dans les magasins,
25:23il y avait un sujet sur TF1 et France 2 hier,
25:26il n'y en a plus.
25:27Il faut les découper, il faut prendre les mesures,
25:30il faut ensuite les livrer, il n'y en a plus.
25:33Et quand ils appellent à avoir de la sécurité
25:35pendant que leur vitrine n'est pas protégée par du bois ou par des...
25:39Il n'y a pas de réponse.
25:41Et les assurances disent,
25:42c'est ouvert, ils vont se servir,
25:44on ne vous rembourse pas,
25:46parce que c'est ouvert et il ne vous a rien mis pour protéger.
25:48Ils sont complètement abandonnés,
25:50ils vont mettre 3 à 4 mois à retrouver leur boutique.
25:53Ça, c'est la première chose.
25:55Et quand vous allez,
25:56j'étais beaucoup sur Instagram et autres pour préparer le zapping,
25:59alors vous avez un nombre de masculinistes
26:02qui se proposent de monter des milices et de venir samedi.
26:06Vous en avez un paquet à Lyon,
26:09vous en avez un paquet qui disent,
26:11moi je suis armé,
26:12ne comptez pas sur la police,
26:14je vais venir vous aider,
26:15j'ai des copains.
26:16Vous en avez un nombre incroyable,
26:18j'ai failli en le mettre dans le zapping, Stéphanie.
26:21Et ça aussi, c'est très dangereux,
26:23parce que justement,
26:24les commerçants sont tentés de se dire,
26:26moi samedi,
26:27je n'ai pas envie qu'on détruise ma boutique,
26:28je vais faire appel à eux.
26:29Parce que vous n'avez pas l'assurance
26:31que la police sera là, Philippe.
26:33Vous n'avez pas l'assurance.
26:34Il y en a qui se sont retrouvés abandonnés.
26:36J'entends votre propos, Gilles,
26:38permettez-moi d'avoir confiance à la parole du ministre,
26:41à l'autorité de l'État et de la République.
26:44Je ne vous ai aucune assurance.
26:46J'entends aussi qu'au manque de matériel
26:48pour protéger nos magasins,
26:50je salue d'ailleurs les menuisiers,
26:52les serruriers qui interviennent.
26:54Un chiffre quand même qui fait froid dans le dos.
26:56Les émeutes de juin 2023,
26:58c'est 1500 commerces, 3 nuits, 4 jours.
27:02Là, en 24 heures, c'est 3000 commerces.
27:04Bien évidemment, la proportion est effroyable.
27:09Protéger avec des planches de bois,
27:10est-ce que c'est un moyen de protection ?
27:12Non, c'est juste un leurre pour dire
27:14que vous êtes à l'abri.
27:16Vous parlez des compagnies d'assurance,
27:17je pense que là aussi,
27:18elles devront répondre massivement
27:20et correctement à la situation.
27:24Mais comme ça a été évoqué à l'occasion
27:26de la réunion avec Serge Mappin hier matin,
27:28chaque contrat d'assurance est propre
27:31à chaque entrepreneur.
27:32Les garanties seront là aussi à étudier.
27:38Mais en tous les cas,
27:39pour dire que nous croyons à la sécurité,
27:41en tous les cas, au titre des entrepreneurs,
27:43nous reformulons cette demande
27:46auprès des pouvoirs publics.
27:47Assurer les biens et les personnes,
27:50c'est une mission régalienne de l'État
27:52et surtout pas l'autodéfense individuelle.
27:56Je l'ai entendu ces dernières heures,
27:57vous avez raison.
27:58Je sais que le ministre Mappin l'a entendu.
28:01Nous l'entendons parce que c'est
28:03peut-être un réflexe légitime
28:04et j'en conviens.
28:06Mais c'est pour moi la plus mauvaise des idées
28:08que l'on pourrait avoir.
28:09Ah bon, si on rentre chez vous ?
28:10Excusez-moi, oui.
28:11Si on rentre chez vous,
28:12vous faites mieux.
28:12On ne peut pas répondre.
28:14Parce que je me permets...
28:16La légitime défense est extrêmement encadrée,
28:20elle doit être proportionnée.
28:22Enfin, attention, je vous parlerai...
28:24Je commence à bien vous connaître, Stéphanie.
28:25Vous ne vous laisseriez pas faire
28:26si on rentrait chez vous ?
28:27Oui, alors, excusez-moi,
28:28mais moi, je n'ai pas de pistolet chez moi.
28:30Ah, moi non plus, moi non plus.
28:31Vous voyez, c'est...
28:33Je pense que...
28:34D'ailleurs, il faut un...
28:35Pardon, Mathias,
28:36il faut un permis d'arme,
28:37il faut aller pointer au club de tir,
28:41il faut apprendre à tirer.
28:42Enfin, c'est très encadré en France
28:44et heureusement,
28:44parce que sinon, vous imaginez,
28:46c'est faroeste, quoi.
28:47Mais j'entends cette crainte
28:49et il faut en parler.
28:50Et là, il faut en parler, justement.
28:52La France, vous l'avez très justement dit,
28:54et c'est par là que je voulais commencer,
28:56ça n'est pas le faroeste
28:58et on ne doit, sous aucun prétexte,
29:01se faire justice soi-même.
29:03Moi, je comprends,
29:04et cette colère,
29:05elle est représentée sur ce plateau,
29:07je comprends la détresse,
29:08le désarroi
29:12qui s'exprime dans le monde des commerçants
29:15et chez ceux qui redoutent
29:17d'être peut-être les prochains
29:19et il faut leur apporter des garanties.
29:21Moi, j'ai le souvenir
29:22qu'au moment des Gilets jaunes,
29:26à l'automne 2018,
29:27il y a eu un avant et un après
29:30événement de l'Arc de Trion.
29:31Je pense qu'il y aura un avant
29:33et un après 17 octobre.
29:35Le ministre Papin l'a dit,
29:36la mesure a été prise.
29:37On peut évidemment regretter
29:40qu'elle n'ait pas été prise plus tôt
29:42et qu'il y ait eu de telles dévaillances
29:43dans l'anticipation.
29:44Il y a une commission d'enquête parlementaire
29:46qui vient d'être installée
29:47et qui aura à faire toute la lumière.
29:49Oui, d'ailleurs,
29:49accord entre les groupes
29:50à l'Assemblée nationale à l'instant
29:51pour lancer une commission d'enquête.
29:52Voilà, et il faudra aller vite,
29:54apporter des réponses,
29:54mais il faudra surtout,
29:55dans les prochaines heures,
29:57que l'État de droit reprenne
29:59tous ses droits
30:00et que l'ordre soit rétabli.
30:01vous me donnez justement l'occasion.
30:04Cette commission d'enquête,
30:05ça y est,
30:05ils se sont accordés
30:06pour en lancer une.
30:07Super !
30:08Mais vous imaginez les Français
30:09qui pensent à se faire justice eux-mêmes,
30:11à se défendre eux-mêmes
30:12parce que, malheureusement,
30:13la police n'était pas là,
30:15faute peut-être d'anticipation de moyens.
30:17En effet,
30:17la commission d'enquête le dira.
30:18Et là,
30:19bon,
30:19les députés lancent
30:20une commission d'enquête.
30:22C'est totalement décalé.
30:23Oui,
30:24la démocratie est parfois décalée
30:26et doit prendre le temps
30:28de faire la lumière
30:29sur des événements
30:30aussi graves
30:30que ceux qui se sont passés.
30:31mais l'urgence,
30:32c'est que samedi,
30:33lors des prochaines mobilisations,
30:35il y ait un dispositif
30:36de maintien de l'ordre
30:37qui soit à la hauteur
30:38et qui permette à chacun
30:39de manifester sereinement
30:41parce que je rappelle
30:42qu'il y a aussi des raisons
30:43qui peuvent être dénoncées ou pas
30:45mais en tout cas,
30:45qui doivent être entendues
30:46d'être en colère
30:48et de manifester.
30:49Les manifestants doivent pouvoir
30:50sortir dans la rue
30:51de manière sécurisée
30:51et les commerçants
30:54et les riverains
30:55doivent pouvoir vivre,
30:56continuer de vivre sereinement
30:57dans ce contexte-là.
30:59Bonjour Jacques.
31:00Bonjour.
31:01Merci de m'accueillir.
31:03Merci de m'accueillir
31:03sur cette radio.
31:04Vous vous appelez de Marseille,
31:05c'est ça ?
31:06C'est ça.
31:07J'étais dans la manif...
31:08D'abord,
31:08toute ma compassion aux commerçants
31:10qui sont pour rien
31:11et qui malheureusement
31:12ont été des premières victimes.
31:15J'étais dans la manifestation
31:17et j'ai vu,
31:18et je ne suis pas content
31:19de ce que j'ai vu,
31:20parce que j'ai vu
31:21des manifestants
31:23qui marchaient
31:23avec des pancartes
31:24et qui se sont fait gazer.
31:26Et juste à côté,
31:27des voyous en noir
31:28qui cassaient des magasins
31:29et aucune intervention
31:31de la police.
31:32Aucune intervention
31:33de la police.
31:34Donc,
31:35on gaze les gens
31:36qui manifestent pacifiquement
31:37et on laisse
31:38les voyous cassés.
31:39Comment vous l'expliquez ça,
31:40Jacques ?
31:41C'est un problème
31:42d'organisation,
31:43selon vous ?
31:44On parle beaucoup
31:44de maintien de l'ordre.
31:47C'est quoi ?
31:47C'est un loupé ?
31:48C'était volontaire ?
31:49Quelle est votre interprétation,
31:51vous qui avez vu ça
31:51sur le terrain ?
31:52M. Payan a dit
31:54la même chose que moi.
31:55On a des doutes.
31:56Est-ce que l'État
31:57n'a pas intérêt
31:58à ce qu'il y ait
31:59des violences
31:59pour parler
32:00que des violences ?
32:01C'est la faute de Coutine,
32:02c'est la faute de Mélenchon,
32:03c'est la faute au mauvais temps,
32:05c'est la faute à l'État
32:06qui n'a pas donné
32:07les consignes nécessaires.
32:08Parce que quand on gaze
32:09à des manifestants pacifiques
32:11et qu'on laisse
32:11les voyous casser
32:12les vitrines,
32:13il y a quelque chose
32:13de pas normal.
32:15Alors,
32:16on va...
32:17Non, mais c'est une question
32:18qu'on peut se poser.
32:19On a eu
32:20Mme Rousseau,
32:21Sandrine,
32:22qui a effectivement
32:24eu les mêmes propos
32:25que vous.
32:26Moi, je n'étais pas
32:26à Marseille.
32:28On peut se poser la question.
32:29Alors, c'est peut-être
32:30un petit peu complotiste
32:31de dire que l'État
32:32aurait intérêt
32:32à des violences.
32:34Je vous laisse
32:35peut-être la liberté
32:36de votre opinion
32:37et de votre propos.
32:38Bon, Philippe Coy,
32:39qu'est-ce que vous en pensez ?
32:40Non, en fait,
32:41je n'étais pas malheureux...
32:42Enfin, je n'étais pas
32:43dans ces mouvements
32:44et j'écoute l'auditeur
32:46avec attention.
32:48Je suis surpris
32:49mais que les policiers
32:50aient gazé
32:51s'il n'y avait pas
32:52de mouvement de foule.
32:54Je pense que
32:55la hiérarchie
32:56n'a pas donné l'ordre
32:57de charger
32:57ou de gazer
32:58s'il n'y avait pas
32:59une mise en danger
33:00ou qu'il n'y avait plus
33:01à contenir
33:03les manifestants.
33:04Vous parlez
33:05des manifestants pacifiques.
33:06Il est vrai
33:07que les casseurs,
33:08eux,
33:09avaient
33:10tout loisir
33:11à défoncer
33:12nos magasins,
33:13à agresser.
33:15Je pense qu'il y a
33:16une raison
33:16dans les deux sujets.
33:17et en tous les cas,
33:18tout est condamnable
33:19aujourd'hui
33:19au regard de ces images
33:21et votre ville de Marseille
33:22a payé
33:22un très lourd tribut
33:24avec, je crois,
33:25pas moins de 1000 magasins
33:26qui ont été saccagés.
33:27Est-ce que vous pensez, Jacques,
33:29que ce que vous avez vu
33:30au sein de la manifestation
33:31et vous-même
33:32va changer votre position
33:34par rapport
33:35aux élections présidentielles ?
33:38Bon, non,
33:39ma position
33:40par rapport
33:41aux élections présidentielles,
33:43elle est prise.
33:45Simplement,
33:46je vous dis,
33:46bon, c'est...
33:47Mais le reste des Marseillais...
33:49Pardon ?
33:50Mais le reste des Marseillais
33:51qui ont vu
33:52toutes ces exactions...
33:54Bon, il y en a qui vont...
33:56Bon, vous savez,
33:57il y en a qui vont se répartir
33:59tantôt à l'extrême droite,
34:00tantôt à gauche.
34:02Bon, ils vont faire
34:03selon leurs idées.
34:05Mais bon, là,
34:05je ne sais pas si ça va avoir...
34:07Oui, ça va...
34:08Je pense que ça va avoir
34:09une influence.
34:10Ceux qui pensent
34:11que c'est la faute à Mélenchon,
34:12ils vont se rapprocher
34:13de Marine Le Pen.
34:15Ceux qui pensent
34:15que c'est la faute de l'État
34:17vont peut-être se rapprocher
34:18de la gauche ou du centre.
34:20Je ne sais pas.
34:21Ce qui est dommage, Jacques,
34:23et je vous écoute
34:23avec attention,
34:25c'est que de plus en plus
34:26le pays est fracturé,
34:28polarisé.
34:29Il y a comme une injonction
34:31aujourd'hui
34:32à choisir son camp,
34:33se dire on est du côté
34:34de la police
34:34ou du côté
34:36des manifestants.
34:37C'est difficile
34:38comme période,
34:40je pense,
34:40pour tous les Français
34:41parce qu'on n'a pas toujours
34:42envie de choisir un camp
34:43et il y a aussi
34:44un sens de la nuance
34:45qui est parfois salvateur.
34:47Qu'est-ce que vous en pensez ?
34:48La nuance,
34:49on ne met pas tout le monde
34:50dans le même sac
34:51parce que les généralisations
34:52sont toujours abusives.
34:54Moi, je vous dis
34:55ce que j'ai vu.
34:56Et je ne suis pas le seul.
34:57Je ne suis pas le seul.
34:59Benoît Payan
34:59a dit la même chose.
35:00Qu'est-ce que ça veut dire ?
35:01Dans toutes les manifestations,
35:02on sait que les manifestations
35:04sont infiltrées.
35:05On n'est pas des gamins,
35:06on n'a pas 12 ans.
35:07On sait bien que les manifestations
35:08sont infiltrées.
35:10Même quand il y avait
35:11le mouvement des Gilets jaunes,
35:13ils avaient filmé
35:14une bande de jeunes
35:16en noir et cagoulé
35:17qui passaient,
35:18qui passaient,
35:18qui passaient.
35:19et il y avait les CRS
35:20et ils disaient
35:21mais pourquoi
35:21ils les laissent passer ?
35:23Je ne suis pas contre la police.
35:26Je ne suis pas contre la police.
35:28Elle a fait des missions
35:30extraordinaires.
35:30Mais là,
35:31il y a quelque chose
35:32qui m'interpelle.
35:33Et je vous dis
35:33que je ne suis pas le seul.
35:34Si j'étais le seul,
35:35on pourrait dire
35:35que je suis un illuminé.
35:36En plus, j'ai vu.
35:37Quand on a vu,
35:38je les ai vus,
35:39j'avais les barres cassées
35:40et tout.
35:41Les policiers,
35:42ils étaient juste à côté.
35:43Ils étaient, je ne sais pas,
35:43Non, mais Jacques,
35:43il y a de la police
35:44parmi les manifestants
35:45qui se sont infiltrés
35:46pour mener à bien
35:47leur mission.
35:48Ça, oui,
35:49c'est bien documenté,
35:50bien connu.
35:51Maintenant,
35:51c'est vrai qu'on peut
35:52s'interroger
35:52sur une éventuelle
35:54intention de l'État
35:56de nuire aux manifestants.
35:58Vous n'êtes pas le seul.
35:59On a déjà eu des auditeurs
36:00qui se posent la question.
36:02Mais enfin,
36:02permettez-moi
36:02de la laisser en suspens
36:03quand même,
36:05Philippe Coye.
36:06Juste, Jacques,
36:06merci beaucoup
36:07pour votre témoignage.
36:08Et je sens aussi
36:09de l'émotion
36:09quand vous décrivez
36:10ce que vous avez vu
36:12samedi.
36:13Vous, vous étiez
36:14dans le cortège
36:14des revendications.
36:16Et vous avez vu
36:17ces casseurs
36:18et je sens de l'émotion.
36:19Et une question
36:20me vient à l'esprit.
36:22S'il y a d'autres
36:22appels à mobilisation
36:23comme on le voit,
36:24est-ce que vous allez
36:24y aller et cautionner
36:26ce qui s'est passé
36:26du coup samedi dernier ?
36:29Moi, la violence,
36:30je ne les cautionne pas.
36:32Attention.
36:32Moi, je suis...
36:34Moi, je suis...
36:35Je suis vieux,
36:36hélas.
36:37Je suis à côté des jeunes
36:38parce que je pense
36:39qu'ils ont un avenir
36:40qui n'est pas...
36:40Je ne vais pas dire
36:41que les jeunes
36:41ont toujours raison,
36:42mais ils ont un avenir
36:43qui est complètement bouché.
36:44C'est vrai.
36:45Ils n'ont pas de place en fac.
36:46C'est vrai qu'avec Parcoursup,
36:48ils sont triés.
36:49Ils sont triés.
36:50Alors, ceux qui sont
36:51dans le 16e,
36:52ils ne sont pas dans le 16e parisien.
36:53Ils ne sont pas embêtés.
36:55Je vous rassuris,
36:56ils n'ont pas tous
36:56des places en fac non plus.
36:58Mais même s'ils n'ont pas
37:01de place en fac,
37:02quand on est dans le 16e
37:03arrondissement parisien
37:04du côté de l'Excel-Mans,
37:05on n'a pas trop de problèmes
37:06pour son avenir.
37:07Et ce n'est pas de leur faute
37:08et c'est tant mieux pour eux.
37:10Et bon, on ne peut pas dire
37:11que tous les jeunes
37:12sont sur une quête d'égalité.
37:13Déjà, vous venez de dire
37:14vous-même que vous savez
37:15que quand il y a
37:16des manifestations,
37:17il y a des groupuscules
37:19qui infiltrent pour casser.
37:21Quand on a vu
37:22les scénarios de ce week-end,
37:24un homme responsable
37:25que vous êtes,
37:27il me semble,
37:28est-ce que c'est raisonnable
37:29que les organisations,
37:31même si les revendications
37:32sont légitimes,
37:33appellent à nouveau
37:34à descendre dans la rue ?
37:37Oui, mais alors,
37:38qu'est-ce qu'il faut faire ?
37:39Parce que ce problème
37:40de parcours sup,
37:41il n'est pas né avant-hier.
37:43Et ça fait des mois
37:45et des mois que ça dure.
37:46Donc pourquoi il faut attendre
37:48que ça explose
37:49au lieu de se mettre
37:50autour de la table
37:51et d'essayer
37:51de trouver un compromis ?
37:53Mais Jacques,
37:54vous savez bien
37:54que les casseurs
37:56et les pilleurs,
37:57je pense qu'ils s'en fichent
37:58de parcours sup
37:59en train de vous aimer.
38:00Ils n'ont rien à tirer,
38:00exactement.
38:01Ah non, mais alors,
38:01attendez, là,
38:02je m'étonnerais
38:03qu'ils soient en terminale
38:04en train de faire leur bac
38:04et préparer parcours sup.
38:06Je ne parle pas d'eux,
38:06je ne parle pas d'eux,
38:07je ne parle pas d'eux.
38:09Bien sûr, mais bon...
38:10Eux, c'est des voyous,
38:11c'est des voleurs.
38:11J'ai une question très courte
38:12pour vous, Jacques, bonjour.
38:14Est-ce que vous étiez
38:16de la première génération
38:17des Gilets jaunes ?
38:18Est-ce que vous êtes
38:18un Gilet jaune historique
38:19ou est-ce que c'est pour vous
38:20quelque chose de nouveau
38:21dans ce type de manifestation ?
38:23Moi, je suis trop vieux,
38:24mais c'est vrai
38:25que les Gilets jaunes,
38:26j'avais manifesté
38:27avec les Gilets jaunes.
38:30Merci, Jacques,
38:31en tout cas,
38:31d'être intervenu
38:31sur l'antenne de Sud Radio.
38:33On se retrouve
38:34dans quelques instants
38:35pour la suite
38:35et la dernière partie
38:36de notre émission.
38:39Sud Radio.
38:40Et Sud Radio,
38:41à vous de le dire,
38:43Stéphanie Demiru.
38:44À vous de le dire
38:45avec Philippe Coye,
38:46Mathias Nierman
38:48et Mehdi Raich,
38:49suite et toute dernière partie
38:51de notre émission
38:52consacrée évidemment
38:53aux violences,
38:54aux émeutes,
38:54ce week-end
38:55avec la réponse judiciaire
38:57de Gérald Darmat-Nin
38:59qui a affiché sa fermeté,
39:00le garde des Sceaux
39:01qui a annoncé
39:02qu'il y avait au moins
39:03123 personnes
39:04qui avaient été incarcérées.
39:07Il explique
39:08des moyens d'enquête
39:09de la criminalité organisée,
39:11donc ça veut dire
39:12plus de moyens
39:12pour retrouver les auteurs,
39:14remonter les réseaux.
39:15Bon, clairement,
39:16la fermeté est affichée,
39:18c'est vrai que c'est toujours
39:20l'éternel débat.
39:21Après,
39:22ces violences,
39:23on critique une forme,
39:25je mets des guillemets,
39:26de laxisme judiciaire,
39:27alors pas toujours
39:28la faute des juges.
39:29D'ailleurs,
39:29je voudrais vous faire écouter
39:33Guillaume Casbarian,
39:34pardon,
39:34député EPR ce matin
39:35sur Sud Radio.
39:36L'État doit reprendre
39:37les permis
39:38de construire des prisons.
39:39Écoutez,
39:40on a essayé
39:41de construire 10 000 places de prison,
39:42on n'est pas arrivé totalement
39:43à atteindre cet objectif
39:44parce que les permis de construire
39:45ne sont pas signés.
39:46Parce qu'il y a des maires,
39:47et je comprends,
39:47ils ont de la pression populaire,
39:48ils ne veulent pas signer
39:49les permis de construire.
39:50Je pense qu'il faut que l'État
39:51reprenne les permis de construire
39:52sur les prisons.
39:53Je pense qu'au même titre
39:54qu'on a fait des constructions
39:55pour les Jeux Olympiques
39:55ou d'autres événements,
39:57il faut que l'État dise,
39:58désolé,
39:58mais là,
39:59on va construire une prison,
39:59c'est une opération
40:00d'intérêt national majeur,
40:02et donc nous décidons
40:03de signer le permis de construire,
40:04même si ça gueule,
40:05ce n'est pas très agréable.
40:06Mais si on ne fait pas ça,
40:07et si on passe encore
40:08des années et des années
40:10à intellectualiser le sujet,
40:11on ne verra pas
40:12ces places de prison sorties.
40:14Alors j'en entends
40:14qu'ils râlent déjà
40:15dans ce studio,
40:17Mehdi et Philippe Coy,
40:18c'est gonflé,
40:19mettre ça sur le dos des maires.
40:20Alors c'est vrai que,
40:20bon,
40:21pourquoi j'ai voulu vous faire
40:22entendre ce son ?
40:23Parce que souvent,
40:25après ces émeutes,
40:26eh bien on reproche
40:27à la justice
40:28de ne pas avoir mis
40:29les gens en prison.
40:30Bon,
40:30il n'y en a pas des prisons.
40:31Effectivement, Emmanuel Macron
40:32avait promis d'en construire.
40:34La promesse n'a pas été tenue.
40:35Philippe Coy,
40:36vous voudriez que c'est un scandale ?
40:37Je respecte beaucoup
40:39M. Gazarian.
40:40C'est un député très engagé.
40:42Je l'ai pratiqué
40:43quand il était ministre.
40:45Mais là,
40:46excusez-moi,
40:46j'ai souri.
40:47Parce que la défaillance
40:49de la construction
40:49des prisons reportées
40:51sur des permis de construire
40:52pas signés,
40:53je pense qu'on n'a pas
40:54l'argent de nos ambitions.
40:56Et je peux le dire
40:56parce que la ville de Pau
40:58où j'ai mes entreprises
41:00devait accueillir
41:01un nouveau centre pénitencier
41:03et il n'y a pas l'ombre
41:04d'un début.
41:05Et je pense que le maire
41:06de l'époque,
41:07M. Bayrou,
41:07aurait bien signé
41:09le permis de construire.
41:10Je pense que c'est plutôt
41:11un manque de moyens,
41:12une planification
41:13qui n'a pas été à son terme.
41:15Et faire reposer à nouveau
41:17la faute sur les élus locaux,
41:18je trouve que la ficelle
41:19est un peu grosse.
41:21Mathias Nerman ?
41:22Oui,
41:23en tout cas,
41:23la réponse judiciaire,
41:24elle a été,
41:26on le veuille ou non,
41:27rapide,
41:27puisque hier soir,
41:28un certain nombre de personnes...
41:312513 gardaient à vue.
41:32Voilà,
41:32et un certain nombre d'entre eux
41:34ont dormi en prison,
41:38en détention provisoire.
41:40Et les comparutions immédiates,
41:42elles ont commencé,
41:43et on peut le comprendre,
41:44il y a une volonté de l'État
41:46de rattraper le retard à l'allumage
41:49et d'afficher une forme de fermeté
41:52dans cette réponse.
41:53Donc là,
41:53la mesure en matière de répression
41:57et de condamnation
41:58de ces violences,
41:59elle doit être sans appel.
42:02Je pense que,
42:03par ailleurs,
42:04il va falloir aussi,
42:05et ce sera un des sujets
42:06dont auront à saisir
42:08les candidats à la présidentielle,
42:10s'intéresser à la réponse
42:12moyen, long terme,
42:13pour éviter que ces situations
42:15ne puissent pas se reproduire.
42:17Il y a un premier élément
42:19qui est,
42:19il faudra remettre ce sujet sur la table,
42:21on n'a pas beaucoup aujourd'hui,
42:22c'est la réponse à la colère sociale
42:23et ça a commencé avec les lycéens,
42:25il faudra peut-être d'autres réponses
42:27sur le coup de la vie.
42:28Puis moi,
42:29j'ouvre ce débat,
42:30mais je me questionne
42:31de voir ces jeunes
42:32qui n'ont plus rien à perdre
42:33se ruer sur des boutiques,
42:35tout cassé,
42:36plus rien ne les retient.
42:37Ces jeunes-là,
42:38on est en train de les perdre
42:39et je pense que le prochain président
42:40de la République
42:41aura à se saisir
42:42d'une question vitale
42:43pour l'avenir du pays,
42:44c'est de refaire France,
42:45de remettre les générations
42:47ensemble,
42:48de ressusciter
42:50cette mixité
42:51pour que les Français
42:52puissent se connaître,
42:53se rencontrer.
42:54C'est un gentil immense,
42:56mais aujourd'hui,
42:57je vois le comportement
42:59de ces jeunes
43:00que rien n'arrête.
43:01Je me dis que
43:02il y aura bien sûr
43:03la répression
43:04et elle a commencé,
43:05mais il faudra
43:05faire en sorte
43:07que ces comportements-là
43:08ne puissent pas
43:08se reproduire à l'avenir.
43:10Méli Raich,
43:11le mot de la fin pour vous.
43:13Sur la question
43:14de la sévérité
43:15de la justice,
43:15tout le monde va attendre
43:17effectivement que ce soit fait
43:18rapidement et de manière
43:20très sévère,
43:21mais pour moi,
43:21la question n'est pas
43:22ici celle de la justice,
43:23ça restera quand même
43:24celle de l'anticipation
43:25de l'État
43:25sur ces manifestations
43:26et ne pas avoir eu
43:27la capacité de se dire
43:29que ça se déroulera
43:30de cette manière.
43:31Là, j'en attendrai
43:32beaucoup de la commission
43:33d'enquête parlementaire
43:34qui s'annoncera quand même
43:35très rock'n'roll
43:36sur le sujet,
43:37mais il y a certes
43:38la question de la justice,
43:39tout le monde sait
43:39ce qui se passe avec la justice,
43:40on parle de sous-dotation,
43:41on parle de difficultés internes
43:43du ministère de la justice,
43:44mais moi,
43:45ce qui m'intéresse là
43:47et je veux que l'État
43:49soit en capacité
43:49d'anticiper
43:50ce qui va se passer.
43:52Réponse samedi,
43:53puisqu'il y a une mobilisation
43:54qui se déroulera
43:56à Paris notamment
43:58à l'appel des Gilets jaunes
44:00et partout en France.
44:01Bonjour mon cher Péricault.
44:02Bonjour Stéphanie.
44:03C'est lourd.
44:04J'ai écouté Baptiste tout à l'heure,
44:05votre auditeur,
44:07qui était fort intéressant.
44:09Je vais commencer à balancer.
44:13Je vais commencer à balancer.
44:14Je vais le nom des noms
44:14des casseurs de l'autorité
44:15de l'État.
44:17Il y a un certain nombre,
44:18c'est plutôt des institutions
44:19que des noms.
44:20Et j'ai une pensée
44:21pour ceux qui ont insulté,
44:22ceux qui avaient annoncé
44:23ce qui est en train de nous.
44:24En France,
44:25on a toujours des gens
44:25qui préviennent.
44:26Je me souviens,
44:26Bombard,
44:26Alain Bombard,
44:28disait dans les années 50
44:29qu'il y aura un jour
44:29un problème climatique.
44:30Allez,
44:30va te coucher,
44:31t'es fatigué.
44:32Voilà,
44:32donc il y en a marre
44:33des gens qu'on dit
44:34et on a dit
44:35bon,
44:36vous m'avez compris.
44:37Donc ceux-là,
44:38il faudra qu'ils rendent
44:38des comptes un jour.
44:39On va se poser deux questions
44:40pendant ces deux heures.
44:42Les Français attendent-ils
44:43encore quelque chose
44:44de la justice ?
44:46On va voir si la justice
44:47est à l'autorité de l'État.
44:48Il y a la police
44:49qui est débordée.
44:50Est-ce que la justice
44:50est dépassée
44:51ou est-ce qu'elle est clémente
44:53avec les gens
44:53qui méritent d'aller en prison ?
44:55Et puis j'aurai donc
44:56Pierre Gentillier
44:57qui est un avocat
44:58et Béatrice Prougère
44:58qui est procureure.
45:00Deuxième question,
45:00de quoi cette génération
45:02de casseurs est-elle le nom ?
45:03Je vais un peu littératiriser
45:05la formule.
45:06Et là,
45:07j'aurai Julien Cocora
45:08qui est un ancien braqueur
45:09qui l'a témoigné.
45:10Et puis Arnaud de Berthier
45:12qui est un prof
45:13qui a écrit un prof venu d'ailleurs.
45:14Voilà, on va donc
45:15la justice et l'école
45:17qui sont les deux
45:18socles de la République
45:19dont nous avons
45:20cruellement besoin aujourd'hui
45:21et qui nous ont fait
45:22énormément défaut
45:23ces derniers temps.
45:24Programme passionnant,
45:25bonne émission Péricault.
45:26Merci à vous tous.
45:27A demain, 10h pour un vous-même.
45:28Merci.