- il y a 8 heures
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Avec Pierre Gentillet, avocat au barreau de Paris, enseignant et chroniqueur / Béatrice Brugère, Magistrate, vice-procureure au tribunal judiciaire de Paris et Présidente du syndicat Unité Magistrats SNM-FO
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00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:06Les français attendent-ils encore quelque chose de leur justice, de la justice ?
00:10C'est une question, à mon avis, que tous nos concitoyennes et tous nos concitoyens se posent,
00:15surtout que maintenant c'est la justice qui est en, j'allais dire, en deuxième position.
00:20Les forces de l'ordre répriment, essaient de maintenir l'ordre en réprimant quand elles le peuvent.
00:25Là on a vu qu'elles n'avaient pas les moyens, et maintenant nous attendons la réponse de la justice.
00:30Avec déjà une première note relevée ce matin par notre consoeur, collègue et amie Elisabeth Lévy chez Jacques Cardoz,
00:382700 interpellations, on en est à peu près à 80 condamnations.
00:41Est-ce que c'est énorme ou est-ce que c'est très faible ?
00:43On va essayer de comprendre ça.
00:45La justice, elle est juge en droit.
00:47Alors est-ce qu'il y a des situations où le droit s'applique, où il ne s'applique pas
00:50?
00:50J'en reviendrai sur quelques exemples un peu étonnants.
00:53Avec vous, maître Pierre Gentilier, merci d'être là en studio avec nous,
00:56avocat de Paris, enseignant et chroniqueur, vous êtes un homme de loi qui prend position et qui s'exprime.
01:02Et puis on attend Béatrice Brugère, magistrate, vice-procureur au tribunal judiciaire de Paris
01:06et présidente du syndicat Unité Magistrat SNM.
01:09Ce sont les magistrats de force ouvrière.
01:12Je commence par vous, maître Pierre Gentilier.
01:14Et déjà, en tant qu'avocat, vous qui êtes là pour défendre les gens qui sont accusés,
01:21est-ce que...
01:22Je n'en ai pas comme client pour l'instant.
01:23Non, bien sûr, mais est-ce que la justice est confrontée à une situation inédite ?
01:29Est-ce que...
01:30Alors, ce n'est pas une justice d'exception.
01:32Certains de vos collègues et certains magistrats diraient...
01:35On pourrait envisager...
01:37C'est une justice en comparution immédiate.
01:38Alors évidemment, effectivement, c'est une justice à la chaîne,
01:40puisque les comparutions immédiates, ça peut se décider en 20 minutes, concrètement.
01:45Et là, vous avez avancé un chiffre important.
01:47Il s'agit de plusieurs milliers de personnes qui ont été déférées et jugées en comparution immédiate.
01:52Donc, supposés délinquants, on est d'accord ?
01:54Supposés délinquants, ils ont été condamnés.
01:55Alors après, attention, il y a toujours une possibilité de faire appel.
01:58Et à partir du moment où ils décident de faire appel, vous savez, ils sont toujours présumés innocents.
02:02Mais effectivement, on a un taux de réponse pénale.
02:04Maintenant, vous m'annoncez un taux de condamnation de 80%.
02:08C'est ce que vous me dites.
02:08Non, non, non, non, 80 condamnations.
02:1080 ?
02:11Ah pardon, alors là, ça change toute l'équation.
02:13Vous voyez, j'étais surpris, je me disais, mais tout a changé.
02:16Elisabeth Nizy dit, voilà, on va se calmer, la justice est là.
02:18Donc, 80 condamnations sur combien de personnes déférées ?
02:21Alors, 2700 arrestations.
02:232700 gardes à vue.
02:25C'est ridicule au regard des images que chacun a pu constater.
02:30Et de plus en plus, d'ailleurs, cette fois-ci, directement sur nos smartphones.
02:34C'est ce qui change par rapport à des années, des années.
02:37C'est-à-dire que maintenant, les gens s'informent directement.
02:38Et ils ont vu l'état de sauvagerie.
02:40Ils ont vu ce couple de retraités qui a été dépouillé, mis à nu, ces scènes de sauvagerie indignes.
02:46Et quand on annonce, effectivement, pour l'instant, 80 condamnations.
02:49Par ailleurs, vous dites 80 condamnations sur plusieurs milliers de personnes.
02:53Pour l'instant, hein.
02:53J'aimerais bien, maintenant, qu'on aille dans le détail sur ces 80 condamnations,
02:58combien ont été condamnés à de la prison.
03:01Et attention, hein, qu'on ne raconte pas d'histoire.
03:03De la prison ferme, pas du sursis, pas une peine alternative.
03:08J'attends de voir, parce que je connais les précédentes 2023, lors des émeutes.
03:13Souvenez-vous, on a eu des émeutes, hein.
03:14On a eu des émeutes il y a quelques années, il y a trois ans, c'est pas vieux.
03:16Ou même en 2025, à l'issue de la victoire du PSG.
03:20Donc, j'attends de voir dans le détail.
03:22Mais très franchement, je vous le dis tout net, je n'ai aucun espoir et aucune confiance.
03:26Les procédures sont en cours.
03:27On verra, on fera le bilan.
03:30Et nous savons que selon les juridictions...
03:31Il y a déjà des précédents.
03:32Pierre Gentilier, nous savons que selon les juridictions, il y aura des sanctions.
03:35Plus ou moins pénibles, plus ou moins sévères.
03:38Je ne vais pas dire que c'est à la tête du client, mais quelques fois, pour les mêmes faits.
03:40Je cite l'exemple de cet étudiant, ce lycéen, qui a donné un coup de poing dans la gueule de
03:45son proviseur.
03:46Coup de poing dans la gueule.
03:47Le proviseur est tombé par terre, relaxé, parce qu'on considérait que c'était une petite erreur de jeunesse.
03:52Il y avait un casier vierge, donc voilà.
03:53Ah oui, bon.
03:54En ce cas, il faudra attendre un deuxième coup de poing, alors.
03:56Voilà.
03:56Et puis l'autre, il a été pris en train de piller.
03:59Il a dit, mais moi, j'étais là juste là pour faire un tour.
04:02Je ne le savais pas.
04:03Et il s'est quand même pris de la tôle.
04:05Donc, vous voyez, chaque magistrat juge en conscience, en fonction du droit français.
04:09Et ensuite, les résultats sont assez disparates, selon la juridiction.
04:14Et selon, peut-être, la conviction personnelle du juge.
04:17Je pense qu'il faut arrêter de faire du théâtre.
04:19Arrêtons le théâtre.
04:20C'est-à-dire qu'on a quand même des précédents dans cette histoire.
04:23J'ai écouté le président de la République.
04:25J'ai écouté le Premier ministre et le ministre de la Terre, M. Nunez,
04:29nous dire cette fois-ci, l'État sera intraitable, impitoyable, réponse judiciaire implacable.
04:35Tous ces mots, parce que, words, words, comme dirait Shakespeare, ce ne sont que des mots.
04:39On a déjà des précédents.
04:422023, les fameuses émeutes.
04:43On n'a pas eu énormément de condamnations à de la prison ferme, pardon de vous le dire,
04:47au regard de la sauvagerie.
04:49Juin 2025, souvenez-vous, lors de la victoire du Paris Saint-Germain,
04:54les condamnations à de la prison ferme, elles se comptent à peine sur les doigts d'une main.
05:00Donc, je veux dire, à un moment, il faut arrêter.
05:02Je veux bien qu'on en parle et qu'on évoque, effectivement, les raisons politiques et juridiques
05:06qui font que la réponse pénale n'est pas à la hauteur,
05:09mais qu'on arrête de nous raconter des histoires.
05:11Il y a des précédents.
05:13Il y a un laxisme judiciaire en France qui est dû, et pas uniquement à cause des magistrats,
05:17à un système juridique, à des lois qui sont mal faites, à des lois qui ne sont pas adaptées,
05:21et à un personnel politique qui est clairement en dessous de tout.
05:24Je vais vous poser une question institutionnelle, Pierre Gentillet.
05:27Et le président de la République, le Premier ministre, disent, surtout le Premier ministre,
05:31la justice sera intraitable et nous veillerons à ce qu'elle le soit.
05:37Est-ce que nous sommes bien en 5ème République dans la séparation des pouvoirs ?
05:39C'est une farce.
05:40Que l'exécutif, à la rigueur, a une influence sur le parquet, admettons,
05:43mais le juge du siège qui juge, il n'a pas de consignes à recevoir du Premier ministre,
05:47il juge en conscience.
05:47C'est ce que j'allais vous dire.
05:48Non, mais c'est surtout qu'il y a un principe de séparation des pouvoirs.
05:51C'est-à-dire que lorsque le Premier ministre nous indique,
05:55il l'a fait, je crois, hier ou avant-hier,
05:57qu'il y aurait 80% de réponses,
06:00c'est pour ça que je pensais à ce chiffre, 80% de réponses pénales,
06:02mais ce n'est pas le Premier ministre,
06:04et ce n'est même pas le magistrat du siège qui rend la décision.
06:08Il confoie avec le taux du bac, il confoie avec le taux du baccalauréat.
06:11Peut-être, peut-être, encore il est plus haut, je crois.
06:13Je me permets juste une chose, messieurs, s'il vous plaît,
06:15sur le fameux couple de personnes âgées qui s'est fait déshabiller,
06:18en fait, il semblerait que ça a été démenti.
06:20C'est l'image.
06:21Non, mais l'image a été démentie,
06:23mais attention, je parle sous contrôle.
06:24Il semble que c'est une fake, voilà.
06:26Il vaut mieux qu'on le précise, on n'est pas sûr.
06:27Alors, je sais que l'image, et je n'ai pas parlé de l'image,
06:29je sais que l'image, effectivement, est un fake,
06:31d'ailleurs, je n'ai pas parlé de cette image
06:32parce qu'elle a été beaucoup l'oreillée sur les réseaux sociaux,
06:34mais par contre, je voudrais bien qu'on vérifie
06:35parce que l'information a été sortie avant l'image.
06:38Absolument, il y a une hypothèse comme quoi cette scène aurait été réelle,
06:41mais on pense aussi...
06:42Elle a existé, mais ce n'est pas la photo qui circule sur les réseaux, semble-t-il.
06:46Elle ne correspond pas à quelque chose qui se serait produit actuellement,
06:49ça c'est clair.
06:50En tout cas, voilà, comme pour le moment, on est sûr de rien,
06:52il vaut mieux quand même prendre l'information avec des Français.
06:54Non, non, non, mais tout à fait.
06:55J'allais, d'ailleurs, merci Anissa,
06:56parce que j'allais le faire à la fin de l'intervention de M. Gentillet,
06:58voilà, mais voilà, et on est en direct, ça peut nous arriver.
07:02Oui, séparation des pouvoirs.
07:04Oui, c'est ce que je vous expliquais.
07:05C'est un pas de données de consignes, il y a son vœu.
07:09Depuis Saint-Louis, parce que Saint-Louis rendait la justice, effectivement,
07:12donc le pouvoir exécutif pouvait effectivement rendre la justice.
07:14Mais aujourd'hui, et a fortiori, depuis que nous sommes en République,
07:17il y a un principe de séparation des pouvoirs.
07:19Donc quand le Premier ministre dit
07:20il y aura un taux de réponse pénale de 80%,
07:24il se méprend, ou alors il nous prend pour des imbéciles,
07:27parce qu'il n'a pas le pouvoir ici de rendre la justice,
07:29et même d'influencer les magistrats.
07:31C'est assez aberrant, d'ailleurs.
07:33Ce sont des effets d'annonce.
07:34Et l'exécutif a le droit de dire
07:36j'espère que la justice sera intraitable.
07:38Et voilà, et j'invite les juges à juger avec toute la rigueur.
07:42Mais c'est bien la preuve que ce sont des effets d'annonce,
07:44puisqu'il y a cette séparation des pouvoirs.
07:46Et c'est un effet d'annonce qui, selon moi,
07:49traduit aussi l'impuissance en réalité de l'État,
07:52puisque je vous l'ai dit,
07:53il y a eu des précédents lors des émeutes de 2023,
07:56lors des victoires du Paris Saint-Germain,
07:57notamment en juin 2025.
07:58On a vu les faibles condamnations.
08:01Donc, encore une fois, c'est un aveu d'impuissance.
08:04Bonjour Béatrice Brugère.
08:05Merci d'être avec nous.
08:06Juste avant de vous donner la parole,
08:07je voudrais qu'on ait l'avis de Frédéric,
08:10qui nous appelle de Blagnac.
08:12Bonjour Frédéric.
08:13Oui, bonjour.
08:14Bonjour à tous.
08:15Merci de nous appeler.
08:17Qu'est-ce que vous attendez la justice française dans cette tragédie ?
08:22J'attends tout simplement que la justice puisse véritablement rendre la justice.
08:26Force doit être à la loi.
08:28Et à partir de là, que le pouvoir égalien puisse reprendre le pouvoir.
08:31Et je dirais que j'ai encore, en tant que citoyen,
08:34j'ai encore confiance à la justice.
08:35Parce que si on n'a plus confiance à la justice,
08:37à qui on se raccroche dessus,
08:38en espérant que la justice prenne acte de tout ce qui s'est passé.
08:42Mais force doit revenir à la loi.
08:44Il doit y avoir des sanctions extrêmement fermes en la matière.
08:47Alors, je fais partie des boomers et des seigneurs,
08:49mais sans aller très loin,
08:51rappelons-nous quand même des coups de poing Poniatowski,
08:53qui avaient à un moment donné mis en place des pouvoirs égaliens,
08:56qui avaient pris tout de suite des sanctions
08:58et des mesures pour apaiser les villes en la matière.
09:03Mais après, il faut savoir ce que l'on veut aussi.
09:05Parce qu'à un moment donné, on va critiquer.
09:06On a vu un président qui, à un moment donné, dit
09:08on va passer le Karcher, ça a soulevé les holas de tout le monde.
09:11Donc, qu'est-ce que l'on veut exactement ?
09:12Est-ce que l'on veut véritablement remettre de l'ordre ?
09:15Est-ce qu'on veut que la justice puisse être indépendante
09:17et puisse véritablement mettre des sanctions ?
09:19Est-ce qu'on veut donner aussi tout ce qu'il faut
09:21en matière de pouvoir exécutif aux forces de l'ordre ?
09:24Il y a énormément de sujets à remettre sur la table.
09:26Et puis, le dernier point, je suis désolé,
09:28mais moi, en tant que chef d'entreprise,
09:30lorsque mon entreprise va marcher, je reste aux commandes.
09:32Je ne vais pas voir un spectacle de Céline Dion
09:34et je ne prends pas l'avion pour aller en déplacement.
09:36Je reste et j'annule tout tant que je n'ai pas réglé la situation.
09:39On comprend.
09:40Alors, vous soulevez un point crucial, Frédéric,
09:44qui avait été déjà évoqué par Bruno Retailleau,
09:48ministre de l'Intérieur,
09:48quand il avait parlé de l'état de droit.
09:50Et c'est la question que je vais poser à nos deux invités.
09:53Là, nous sommes vraiment dans la question de l'état de droit.
09:55Les juges vont juger en fonction de l'état de droit,
09:58en conscience, des magistrats indépendants.
10:01Et on rappelle qu'on s'étonne que l'exécutif donne des consignes.
10:05Il peut souhaiter une rigueur.
10:07Là, je vois le garde des Sceaux
10:08qui dit que la justice serait intraitable.
10:12Oui, enfin, c'est le souhait qu'il émet.
10:14Béatrice Brugère, magistrate, vice-procuré au tribunal judiciaire de Paris.
10:18Je vais être très respectueux avec vous
10:19parce que vous pouvez me mettre au mandat de dépôt
10:21si je vais trop loin.
10:21Non, non, je plaisante.
10:22Et vous êtes surtout présidente
10:24et aussi du syndicat Unité Magistrat SNMFO.
10:26Donc, vous avez une liberté de parole en tant que syndicaliste.
10:29C'est la question que je posais à Pierre Gentillier aujourd'hui.
10:33On a le nombre d'arrestations de garde à vue,
10:35de 1 500, entre 2 500 et 1 700.
10:37Pour l'instant, on en est à 80 condamnations.
10:40C'est une bonne proportion.
10:42Certains vous disent que c'est déjà beaucoup.
10:44Et d'autres vous disent, mais non, c'est dérisoire par rapport.
10:46Les juges procèdent en fonction de la procédure.
10:48On est d'accord, on ne peut pas...
10:51Alors, votre question, c'est est-ce que...
10:53Est-ce qu'il y a un énorme écart entre le nombre de garde à vue
10:57donc des supposés délinquants qui sont là
10:59et pour l'instant, on est à peu près,
11:00peut-être que le chiffre a évolué à 80 condamnations.
11:03Est-ce que c'est un quota assez conforme à ce que ça devrait être ?
11:06Est-ce qu'au contraire, c'est très faible ?
11:08Et certains vous disent, mais non,
11:09par rapport à ce que la justice doit faire,
11:11c'est énorme.
11:12Votre question, elle est compliquée
11:13parce qu'en fait, tout le monde a les yeux rivés aujourd'hui
11:16sur les résultats de la justice,
11:18sur un mouvement qui est d'une échelle considérable, en vrai.
11:23Inédite, en tout cas.
11:24Inédite, et en fait, on a un peu des erreurs d'optique.
11:28À la fois, certains s'étonnent du nombre absolument incroyable de garde à vue.
11:34Ce nombre, il faut aussi déjà le relativiser
11:36parce que par rapport au nombre de faits qui ont été commis,
11:40en vrai, il est assez faible.
11:41Déjà pour commencer.
11:42Bien sûr.
11:43Mais il est énorme.
11:44Donc tout le monde voit ce qu'il a envie de voir.
11:46Après, entre le nombre de garde à vue
11:48et ceux qui sont déférés,
11:51certains vous diront, regardez, c'est bien la preuve
11:53que ces gardes à vue,
11:54elles sont parfois pour certains de complaisance ou inutiles
11:57puisqu'en fait, on défère très peu
11:58par rapport au nombre de gardes à vue.
12:00Et après, on aura la troisième séquence.
12:02Regardez, les peines, elles ne sont pas à la hauteur
12:04de ce que l'on a envie d'entendre.
12:06Tout ça est vrai et faux à la fois.
12:08Ça veut dire surtout beaucoup de choses.
12:10Ça veut dire qu'aujourd'hui,
12:11pour les forces de police
12:14qui sont dans ce mouvement-là,
12:17ils ont une grande difficulté
12:18qui est celle à la fois de faire du maintien
12:20ou du rétablissement de l'ordre
12:21selon ce que l'on veut dire.
12:24Mais en gros, tenir l'ordre dans les rues
12:28et à la fois faire du judiciaire,
12:30sachant que dans ce brouhaha et ce chaos,
12:33parce que c'est quand même du chaos,
12:35interpeller et faire des procédures.
12:37Parce qu'interpeller, c'est une chose,
12:38mais faire des procédures qui tiennent,
12:39c'en est une autre.
12:41Et surtout, interpeller les bonnes personnes
12:43ce qu'il y en ait encore une autre
12:44et interpeller autant de personnes qu'il faudrait
12:47ce qui est encore une autre problématique.
12:49Donc vous voyez déjà, on part de loin.
12:50Après, sur les gardes à vue,
12:52en effet, on peut s'étonner à juste titre,
12:54mais ça répond à ce que je viens de dire à l'instant,
12:57c'est que les procédures sont tellement compliquées
13:01à faire dans ce chaos, j'allais dire,
13:04de la rue et ce brouillard,
13:06parce qu'il y a des bombes,
13:07là, crions, etc.
13:07C'est clair.
13:08Que dans l'urgence,
13:10on n'a pas nécessairement des procédures qui tiennent.
13:12D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle,
13:13je ne sais pas si vous avez fait attention à ça,
13:15mais il y a eu une espèce d'appel en disant
13:17tous ceux qui ont des vidéos, etc.,
13:19on va continuer à faire des procédures au long cours.
13:21Donc en fait, ce sera au long cours
13:23qu'on aura le vrai résultat.
13:25Et je le dis d'autant plus
13:26qu'au long cours,
13:28on va peut-être changer de prisme
13:30sur ce qui s'est passé.
13:31à savoir que certes,
13:33les comparations immédiates
13:34vont être intéressantes
13:35en termes de résultats,
13:36mais moi, comme je pense
13:38qu'on est sur des mouvements
13:39qui sont d'un autre ordre,
13:40en partie, c'est-à-dire
13:43quasi insurrectionnels,
13:44il va être intéressant de pouvoir faire
13:46et il faudra les faire
13:47et j'espère qu'on les fera
13:48des enquêtes au long cours
13:50pour voir derrière
13:52quels sont les vrais instigateurs,
13:54quel est le niveau,
13:55j'allais dire,
13:56d'organisation réelle
13:57et pas simplement
13:58ceux qu'on a pu interpeller
13:59comme ça sur place.
14:01pour pouvoir démanteler
14:02et au bon niveau judiciaire,
14:05c'est-à-dire peut-être
14:05criminel organisé,
14:06voire terrorisme d'ailleurs,
14:08on n'en a pas vraiment parlé,
14:09des gens qui sont rodés
14:11à l'exercice de la violence
14:14qui est une violence
14:14d'ordre quasi insurrectionnel
14:16et donc politique.
14:17Nous sommes sur Sud Radio,
14:18vous restez avec nous.
14:19Bien sûr, nous continuons,
14:20nous sommes en édition spéciale
14:22sur Sud Radio,
14:23donc effectivement,
14:23restez avec nous.
14:24Est-ce que les Français
14:25attendent encore quelque chose
14:26de leur justice ?
14:27On se retrouve dans un instant
14:29avec nos invités
14:30et puis on va parler
14:31évidemment de la culture
14:32de l'excuse.
14:33Est-ce qu'elle existe
14:34ou est-ce que c'est un fantasme ?
14:35Dites-le-nous au 0826 300 300.
14:38On attend vos appels.
14:39A tout de suite.
14:43Vous êtes bien sûr Sud Radio,
14:45il est 12h32,
14:46nous continuons cette émission spéciale
14:48sur l'actualité,
14:50sur les casseurs,
14:50sur la jeunesse,
14:51sur les pillages,
14:52avec nous deux personnalités
14:54qui représentent la loi,
14:56Pierre Gentilier,
14:57avocat au barreau de Paris
14:58et Beatrice Brugère,
15:00magistrate,
15:00vice-procureure
15:01au tribunal judiciaire de Paris
15:03et présidente du syndicat
15:04unité magistrale SNM
15:05est faux.
15:07Je voudrais qu'on fasse
15:07le point,
15:08Lisa,
15:08sur le bilan des procédures
15:10à date,
15:10parce que là,
15:11nous avons des informations,
15:12on parle de 149 casseurs
15:13ou pillés en prison,
15:14on va préciser
15:14est-ce que c'est vraiment
15:16sous mandat ?
15:17Je voulais vérifier,
15:18mais en tout cas,
15:19le bilan judiciaire,
15:20si vous voulez,
15:20policier des violences urbaines
15:21de toute évidence
15:22est considérablement alourdi.
15:25Les gardes à vue,
15:27on va dire que pour ce qui est
15:28des gardes à vue,
15:28les procédures sont d'une ampleur
15:29bien supérieure à celles estimées
15:31au départ.
15:31Le ministre de la Justice
15:32fait état de 2513 gardes à vue
15:35sur tout le territoire national
15:37et non plus les seules 1200
15:39interpellations initiales
15:40qui correspondaient
15:41au premier des comptes policiers
15:42du week-end.
15:43Au niveau des incarcérations,
15:44à ce stade,
15:45le bilan officiel fait état
15:47de 67 personnes incarcérées,
15:49ce qui concorde,
15:50si vous voulez,
15:51parfaitement avec la fourchette
15:52de 70 à 80 personnes
15:53évoquées par les journalistes
15:54de terrain en début de semaine.
15:56Pour ce qui est
15:57des suites judiciaires,
15:59aux dernières nouvelles,
16:00des dizaines d'informations
16:01judiciaires ont été ouvertes
16:02pour traiter les dossiers
16:03les plus lourds.
16:04Au micro de Jacques Cardoz,
16:06dans la matinale de Sud Radio,
16:08le représentant syndical policier
16:09a reconnu une situation inédite
16:12avec d'abord une participation
16:14sous-estimée puisqu'au début,
16:15les services de renseignement
16:17ils ont été surpris
16:18par le nombre d'émeutiers.
16:20On parlait de,
16:21rien qu'à Marseille,
16:22de 10 000 émeutiers,
16:23voire 30 000 émeutiers
16:25venus participer au pillage
16:26de près ou de loin.
16:28À ce jour,
16:29dans les faits,
16:29les tribunaux ont enclenché
16:31des vagues de comparution immédiate
16:32depuis 48 heures.
16:34Donc,
16:34les derniers chiffres,
16:35c'était 70,
16:36entre 70 et 80 personnes
16:38qui dorment normalement
16:40déjà en prison
16:41à la suite des premiers mandats
16:42de dépôt délivrés
16:43à l'issue des audiences.
16:44Les peines prononcées
16:46s'étalent pour l'instant
16:47de quelques mois
16:48de sursis
16:48pour le transport
16:49de mémariel interdit
16:50à de la prison ferme
16:52immédiate
16:52jusqu'à 8 mois ferme
16:54constatée pour le moment
16:55pour les profils
16:56ayant participé
16:57directement au jet
16:58de projectiles
16:58ou porteurs d'armes blanches.
17:00Alors,
17:01quant aux incarcérations,
17:02le dernier chiffre
17:03que j'avais à ma disposition,
17:04donc peut-être,
17:05Péricault,
17:05que là,
17:06vous découvrez
17:06en direct
17:07un dernier chiffre,
17:08celui de 149,
17:09mais en tout cas,
17:09celui que j'exposais
17:11il y a encore deux heures,
17:12c'était un bilan officiel
17:13qui faisait état
17:14de 67 personnes
17:16incarcérées.
17:17Voilà,
17:17on est passé à 123,
17:18donc la justice va vite,
17:19et là,
17:19le garde des Sceaux
17:20vient de l'annoncer
17:21en direct,
17:22149 personnes
17:23sous les verrous.
17:24Voilà.
17:26Carcasseur
17:26ou pilleur.
17:28Pierre Gentillet,
17:29est-ce que si,
17:31je vais un petit peu
17:32plus loin dans le débat,
17:34si la justice
17:35s'avère un peu
17:36trop laxiste
17:37ou si le nombre
17:38des condamnations
17:39et des incarcérations
17:40n'était pas suffisant
17:42aux yeux
17:43de ce que l'opinion attend,
17:44est-ce qu'on pourrait
17:45considérer,
17:45une fois de plus,
17:46que la justice
17:46n'a pas fait son travail
17:47ou les peines,
17:49quand elles tombent,
17:50ce sont des peines
17:51qui sont pensées,
17:52qui sont jugées,
17:53évidemment.
17:54Beatrice Bruget
17:55répondra aussi
17:56à son tour.
17:57Est-ce qu'on attend là ?
17:58Est-ce que l'opinion publique
17:59attend quand même
18:00qu'à l'endille ?
18:01La police s'est débardée ?
18:02Ok.
18:02Admettons.
18:03Alors la justice,
18:04elle ne va pas les rater.
18:04Est-ce qu'on peut
18:05voir des choses comme ça ?
18:06Écoutez,
18:07on attendra surtout à la fin
18:08parce que là,
18:08vous avancez effectivement
18:09149 personnes
18:10qui ont été condamnées
18:11à de la prison.
18:12Incarcérées.
18:13Incarcérées.
18:13Bon,
18:14sur 2500 gardes à vue
18:15et sur des dizaines
18:16de milliers
18:18de personnes
18:19dans la rue.
18:19Les procédures continuent.
18:2010 à 30 000 émeutiers
18:21sur Marseille.
18:22C'est pas une usine,
18:23le tribunal.
18:24Je vois bien,
18:24c'est pour ça que je vous dis
18:25que j'attends de voir.
18:26Mais ensuite,
18:26je vous ai dit aussi
18:27en un an,
18:28au début de cette émission
18:29que malheureusement,
18:30il y a un certain nombre
18:31de précédents.
18:32Je rappelle effectivement
18:33les émeuts de 2023.
18:34Je rappelle aussi
18:35en juin 2025,
18:37lors de la victoire du PSG,
18:38les personnes qui ont été
18:39condamnées à de la prison ferme
18:40se comptent sur les doigts
18:41de la main.
18:41Et là,
18:41pour l'instant,
18:42ce que vous annoncez,
18:42c'est que le maximum
18:43de la peine qui a été prononcée
18:45est de la prison ferme.
18:46Et j'attends de voir
18:47ce qu'on appelle ici
18:48prison ferme.
18:48Est-ce que c'est avec
18:49une pénalternative ou pas ?
18:51Ça,
18:51il faut le savoir.
18:52C'est 8 mois.
18:53Pardon de vous le dire
18:53que pour l'instant,
18:54je trouve que le compte
18:54n'est pas au rendez-vous.
18:55Je termine en vous disant,
18:56vous parliez de l'opinion.
18:57Moi,
18:57je pense que ce n'est pas
18:58l'opinion qui doit faire le droit.
18:59C'est le peuple français.
19:00D'ailleurs,
19:00au frontispice de tous les jugements,
19:02il est indiqué,
19:02je le rappelle quand même,
19:03au nom du peuple français.
19:05Le peuple français
19:06choisit ses représentants
19:07et les représentants
19:08votent la loi
19:08telle qu'elle le veut
19:09par le peuple français
19:10et au magistrat,
19:11bien sûr,
19:11de l'appliquer.
19:11Il fait les lois,
19:12mais c'est à l'autorégédicière
19:13de l'appliquer.
19:15De l'appliquer
19:24on a pu considérer
19:25comme du laxisme
19:26de la part de la justice
19:27lors des dernières
19:29grandes épreuves.
19:29On parlait
19:30des gilets jaunes
19:32de 2023.
19:33Est-ce que là,
19:34il peut y avoir
19:34dans la magistrature,
19:35y compris dans une magistrature
19:37progressiste,
19:38le besoin d'envoyer
19:39au pays
19:39un signe de fermeté ?
19:40Oui,
19:41nous sommes là.
19:42Nous allons rétablir
19:43l'ordre républicain
19:44à travers nos jugements,
19:45à travers nos verdicts.
19:46C'est quelque chose
19:46qui est envisageable
19:47ou ce n'est pas pensable ?
19:50Je ne peux pas
19:51au nom de tous les magistrats,
19:52mais je crois que
19:52dans leur essai,
19:54la question,
19:54ce n'est pas d'envoyer
19:55un signe par rapport
19:56à l'ordre républicain.
19:57Je sais bien.
19:58Non,
19:58mais c'est vraiment
19:58de regarder et d'éprouver
20:00la qualité des procédures,
20:02les profils,
20:04etc.,
20:04les antécédents,
20:05etc.
20:07Madame,
20:07le juge a toujours
20:08la possibilité
20:09entre l'option haute
20:10et l'option basse.
20:11C'est normal.
20:12Et d'ailleurs,
20:13c'est dans ce sens-là
20:14que le ministre,
20:15le garde des Sceaux,
20:16a demandé
20:17à ce que les procureurs,
20:19c'est-à-dire
20:20le parquet,
20:21celui qui requiert,
20:22exactement,
20:23d'avoir déjà
20:24des procédures
20:25orientées à la hausse.
20:26C'est ça,
20:26déjà,
20:27la première chose.
20:27Quelle est la mesure
20:28qui a été prise ?
20:29C'est un statut
20:29de criminalité
20:30de la situation ?
20:31Une disposition particulière ?
20:32D'ouvrir,
20:33en effet,
20:34éventuellement aux criminels.
20:35Et je pense que,
20:36d'ailleurs,
20:36dans ceux qui sont détenus,
20:38il doit y avoir aussi,
20:39déjà,
20:40peut-être des gens
20:40qui sont incarcérés
20:41en détention provisoire.
20:42C'est possible.
20:44Ce n'est pas nécessairement
20:45que des gens
20:46qui sont condamnés.
20:47Je n'ai pas le ratio,
20:48exactement.
20:49Mais,
20:50en effet,
20:50d'aller faire des enquêtes
20:51au long cours,
20:52c'est ce que je disais
20:52tout à l'heure
20:53au préalable.
20:53Et je pense que
20:54ces enquêtes,
20:54elles sont nécessaires.
20:55Elles sont même
20:56extrêmement importantes
20:58si on va avoir
20:59un diagnostic précis
20:59sur la réalité
21:01criminelle.
21:02La comparaison immédiate,
21:03elle a un intérêt aussi,
21:04c'est d'avoir
21:05une réponse rapide.
21:06Vous savez qu'elle n'est pas
21:07possible pour les mineurs,
21:08ce qui est un point faible,
21:11entre guillemets,
21:12si on veut avoir
21:13une réponse rapide
21:14pour les mineurs.
21:15Puisque,
21:16aujourd'hui,
21:17depuis Nicole Belloubet,
21:19on a supprimé
21:20ce qu'on appelait
21:20la PIM,
21:21qui était la procédure
21:22la plus rapide
21:23qui existait,
21:23c'est-à-dire
21:24la présentation immédiate
21:25des mineurs.
21:26Donc,
21:26évidemment,
21:27vous allez avoir
21:28un délai
21:29dans les résultats,
21:30puisqu'il y a quand même
21:31beaucoup de mineurs
21:31aujourd'hui
21:32qui ne peuvent pas
21:33être jugés tout de suite.
21:35Il y en a quand même
21:35une grosse partie
21:36dans ceux qui ont été
21:38interpellés.
21:40Et vous avez,
21:41en effet,
21:41les comparations immédiates
21:42qui vont arriver
21:43assez rapidement
21:44avec les résultats
21:44que vous avez évoqués.
21:46Vous avez aussi
21:47des instructions
21:48qui ont été assez claires
21:50de faire appel
21:50des décisions
21:51si ces décisions
21:53n'étaient pas satisfaisantes.
21:55Donc,
21:55on verra.
21:55Appel de la part de l'État.
21:57Appel de la part
21:58des maîtres du parquet.
22:00On verra
22:01si les maîtres du parquet
22:03font appel
22:03au quantum
22:04ou sur...
22:05Parce que le quantum,
22:06c'est-à-dire,
22:06c'est sur le nombre
22:08de mois
22:08ou de détentions
22:09qui sont prononcées.
22:10Donc,
22:10vous avez une politique pénale
22:11qui devra être éprouvée
22:14sur le long terme.
22:15C'est-à-dire que c'est
22:16un peu rapide
22:16pour aujourd'hui
22:17vous donner des résultats.
22:17Le Gardez-Saut précise,
22:18il y a une cinquantaine
22:19d'informations judiciaires
22:20engagées.
22:21Voilà.
22:22Donc,
22:22les informations judiciaires...
22:23C'est le stade de gravité, là.
22:25Ça veut dire du criminel.
22:26Et 123 personnes écrouées.
22:28Souvent.
22:28Et 123, voilà.
22:30149 prévues présentées,
22:31123 écrouées.
22:33149.
22:34Non,
22:35149 correspond précisément
22:36au nombre de personnes
22:37qui ont déjà été jugées
22:38ou présentées
22:39en comparution immédiate.
22:40C'est pas...
22:40Mais là,
22:41le Gardez-Saut
22:41parle des incarcérations.
22:43Je vérifie en même temps
22:44qu'on parle, justement.
22:46Ça doit être le delta
22:47qu'il y a entre les deux chiffres.
22:49Ça doit être peut-être
22:50des détentions.
22:50Et moi,
22:51je trouve ça plutôt
22:52très intéressant aussi
22:53qu'on fasse des enquêtes
22:55approfondies
22:55pour aller voir
22:56les responsabilités
22:58parce qu'il y a quand même
22:59derrière peut-être aussi
23:00des choses graves
23:01qu'il va falloir élucider
23:03dans des organisations
23:05qui sont quand même
23:06des organisations politiques
23:08qui prônent la violence
23:10j'allais dire quasi militaire.
23:12Ça, c'est un autre sujet.
23:14Avant de vous donner
23:14la parole, maître,
23:15je voudrais qu'on entende
23:16Hector qui nous appelle
23:17de Montpellier.
23:17Bonjour, Hector.
23:18Oui, bonjour.
23:19Bonjour.
23:21Vous êtes policier ?
23:23Oui, je suis policier
23:24dans le maintien de l'ordre
23:25d'ailleurs.
23:27Je vous écoute.
23:28Vous avez certainement
23:29des choses à nous dire.
23:30Ah, de ce que j'ai vu,
23:32donc je n'étais pas sur Paris
23:33mais j'étais dans
23:33une grande ville de l'Est.
23:35Oui.
23:36Alors déjà, la situation,
23:37elle a été clairement
23:38sous-estimée.
23:40Par l'autorité.
23:41Clairement.
23:42Donc déjà, voilà.
23:44En quoi ?
23:45En effectif ?
23:45En positionnement ?
23:47En moyenne ?
23:48Non, non, non.
23:49On a sous-estimé le nombre
23:52de qui pouvait y avoir
23:52de manifestants.
23:54Donc forcément,
23:54les effectifs n'ont pas
23:55forcément suivi.
23:57Donc ça a été toute la journée
23:59la course à l'échalote,
24:00clairement.
24:01Et là, je vois,
24:02parce que j'ai regardé,
24:03c'est tombé 149 personnes
24:05incarcérées.
24:06Voilà, c'est le dernier chiffre.
24:07Alors déjà, je vais vous dire,
24:08il y a un traitement à faire,
24:10c'est-à-dire qu'il y a l'amont
24:14pendant l'événement
24:15et ensuite en aval.
24:16En amont déjà,
24:17moi, ce que j'ai constaté
24:18sur le terrain,
24:20j'ai constaté qu'il y avait
24:21énormément d'organisations
24:23syndicales,
24:24notamment pour ne pas
24:25la nommer la CGT,
24:27qui étaient très contents
24:29de voir des jeunes
24:30venir s'impliquer.
24:32Et ces jeunes,
24:32je vais vous dire,
24:33ils venaient sur nous,
24:34sur nos barrages,
24:35quand on était en train
24:36de filtrer,
24:36avec des cagoules,
24:38avec des masques,
24:38tout était préparé.
24:39Moi, j'ai arrêté des personnes
24:40lors de contrôle.
24:41Elles avaient déjà préparé
24:43des pinces coupantes,
24:44des bombes de peinture,
24:46tout ça.
24:46Oui, c'est pas du manifestant
24:48apaisé, ça.
24:49Si, si, ils venaient,
24:50ils venaient,
24:51alors ils se mettaient derrière,
24:52évidemment,
24:53les drapeaux CGT
24:54et tout ça.
24:54Et toutes ces personnes,
24:55toutes ces organisations
24:56syndicales,
24:57il n'y avait pas que la CGT,
24:58ils étaient très contents.
25:00Les jeunes sont avec nous.
25:01Alors qu'il y avait
25:01des policiers en ciné
25:02qui étaient dedans,
25:03ils entendaient clairement
25:04que c'était pour le pillage.
25:05Clairement.
25:06D'accord ?
25:06Et dès que vous contrôlez
25:09entre guillemets
25:10des gamins,
25:11de suite,
25:12les téléphones se lèvent
25:13et tout ça.
25:14Alors déjà,
25:14ça serait très simple.
25:15Peu de personnes,
25:17mais c'était interdit,
25:18on enlevait les masques et tout.
25:19Déjà,
25:19il devrait y avoir
25:20des amendes salées
25:21déjà en amont.
25:22Vous portez du matériel
25:24destiné à camoufler
25:25le vilage
25:25en manifestation
25:27de ces 500 euros
25:28d'amendes.
25:29Déjà, d'entrée de jeu.
25:30Déjà, d'entrée de jeu.
25:31On a compris.
25:32Oui, oui, on a compris, Hector.
25:32Alors, bien entendu.
25:33Mais je pense que
25:34ce que vous êtes en train
25:35de suggérer là,
25:35à mon avis,
25:36est pris en considération
25:37par l'autorité.
25:38Mais enfin,
25:39vous affirmez qu'effectivement,
25:40il y a eu un manque
25:41de préparation,
25:42qu'il y a eu une impréparation
25:43sur l'estimation
25:44des manifestants
25:45et ensuite, évidemment,
25:45ça explique qu'il y a eu
25:46un débordement.
25:47Vous restez avec nous
25:48sur Sud Radio.
25:49Dans quelques instants,
25:50André Bercoff nous retrouve.
25:51Il va revenir
25:52sur les failles du renseignement
25:54et plus précisément,
25:55l'échec des services
25:56du renseignement
25:57dans tout ce qui vient
25:58de se produire.
25:59C'est à suivre
25:59sur Sud Radio.