00:00Comme je le disais tout à l'heure à l'antenne chez Stéphanie Dumuru, j'ai décidé de balancer.
00:04Je vais vous donner le nom des casseurs de l'autorité de l'État.
00:07Notez bien, je ne vais pas recourir au jacuzze façon Émile Zola, dont il ne faut pas abuser, même si
00:12c'est tentant la circonstance.
00:14Pour autant, on peut dresser à ce jour un premier inventaire des raisons pour lesquelles la statue de Marianne a
00:19vacillé à certains endroits ce samedi 17 octobre 2026
00:22et en déduire qu'elle risque encore de vaciller.
00:25Le premier casseur de l'autorité de l'État, c'est l'école.
00:29Ce constat est violent et il fait mal.
00:31L'école abandonnée, l'école trahie, l'école livrée aux idéologies de la haine,
00:36cette école de la République qui fut si longtemps le socle de la nation
00:39et à laquelle la France doit l'essentiel de ses gloires et de son génie.
00:42Eh bien, cette école a perdu ses vertus de rempart contre l'ignorance
00:45pour devenir, du fait de la lâcheté et de la bêtise des politiciens qui en avaient la garde,
00:51le foyer du délitement des valeurs républicaines.
00:53Si en parlant de l'école, le prof marseillais Jean-Paul Briguelli a osé titrer La Fabrique du Crétin,
00:58force est de constater qu'elle est passée au stade supérieur en devenant l'usine du casseur.
01:03Oui, c'est aussi parce que l'école ne remplit plus sa fonction fondamentale,
01:07celle de l'apprentissage de la citoyenneté, celle de l'instruction du civisme,
01:11jetée aux poubelles du gauchisme pédagogique, qu'elle en est arrivée là.
01:14Le deuxième casseur de l'autorité de l'État est le libéralisme financier des régulateurs,
01:19celui qui fait un amalgame prémédité entre l'excès de normes et de règlements abusifs
01:23et la nécessité d'établir des codes et des principes de fonctionnement pour la société et l'économie.
01:28Non, la France n'est pas le pays socialiste, voire soviétique,
01:31que certains dénoncent, sans quoi les scènes effarantes qui se sont multipliées le 17 octobre n'auraient pas eu lieu.
01:36Ce libéralisme idéologique, engendré puis soutenu par une Union européenne dévoyée de sa mission initiale,
01:42celle d'un marché commun, assurant un progrès économique régi par une concurrence loyale,
01:46libre et non faussée, au nom de la préférence communautaire.
01:49Ce libéralisme qui, à force de dérégulation, de traités internationaux voyous,
01:53est devenu néolibéralisme globalisé, responsable de l'éradication méthodique de notre tissu industriel.
02:00Cette éradication massive a détruit les richesses, détruit la production intérieure,
02:04en gros détruit la puissance économique de la France,
02:06en rayant de la carte un réseau industriel exemplaire,
02:09en broyant des millions d'emplois et en ruinant des territoires entiers.
02:13Les petites brutes, les apprentis barbares que nous avons vu saccager une partie de la France le 17 octobre,
02:17sont les enfants de cette trahison économique.
02:20Et maintenant qu'ils savent que l'État ruiné ne peut plus payer ses munitions,
02:23comme à Limoges, pourquoi se priver ?
02:25Le troisième casseur est cette justice politisée,
02:28qui veut compenser dans les tribunaux la frustration des grands soirs évaporés
02:32dans leur délire idéologique.
02:33Cette justice militante, heureusement minoritaire,
02:36mais néanmoins très active,
02:38qui rectifie dans ses verdicts le résultat contrarian des urnes.
02:41Le quatrième casseur de l'autorité de l'État,
02:43on ne le connaît que trop,
02:44c'est l'État lui-même quand il renonce à son rôle d'organisateur de la nation.
02:48Quand je dis l'État,
02:49je ne parle pas d'institution qui est un outil,
02:51mais de ceux qui la constituent,
02:53qui la composent et la dirigent.
02:54Je parle d'une classe politique qui, à force de renoncement,
02:57à force de démission,
02:58à force de trahison pour certains,
02:59en est arrivé à réduire l'État au symbole d'un lycée incendié,
03:02d'un policier lynché et d'une mairie en flamme.
03:05L'État a commencé par son chef,
03:07à propos duquel je me permets d'abuser
03:09de la magistrale formule du général de Gaulle à propos d'Albert Lebrun,
03:11déjà cité hier,
03:13comme chef de l'État,
03:14il lui manquait deux choses,
03:15qu'il lui est un État et qu'il lui est un chef.
03:17Il lui est un chef.