00:00Et nous, Natacha Polony, vous êtes candidate à l'élection présidentielle.
00:04Une consoeur qui est courageuse, parce que vous vous engagez dans le débat politique.
00:11Disons que, quand on voit l'état de la France, je pense que tous, là où nous sommes,
00:16nous avons envie de faire cesser cette chienlit.
00:21C'est tout. Moi, mon ennemi, c'est la chienlit. C'est tout.
00:23Et, simplement, ce que je constate, c'est que nous avons une France qui brûle,
00:30et nous avons M. Macron qui regarde ailleurs.
00:33Qui regarde ailleurs, ou plutôt qui fait semblant de regarder ailleurs.
00:37Ça fait dix ans qu'il nous dit, en gros, c'est moi ou le chaos.
00:41Mais, comme lui, c'est le vide, on a le chaos. C'est ça qui est en train de se
00:44passer.
00:45Et, bien sûr, qu'il y a la question de la réponse immédiate.
00:48La réponse immédiate, vous l'avez évoquée sur ce plateau, sur les questions sécuritaires,
00:53il y a eu une faille tragique du renseignement.
00:57Il va falloir auditer cela et savoir exactement ce qui s'est passé.
01:01Mais, je pense surtout qu'il y a eu une sous-estimation qui commence à devenir récurrente.
01:07Pourquoi ? Parce qu'en fait, vous avez une volonté de la part de ce pouvoir, petit à petit,
01:14de minimiser toutes les oppositions.
01:18Les oppositions, pas les oppositions politiques, les oppositions populaires.
01:22C'est-à-dire que toutes les alertes des citoyens pour dire ce système ne nous convient pas,
01:27nous sommes en train de nous appauvrir, nous ne voulons pas de cette dérégulation généralisée,
01:33de ce libre-échange généralisé qui est en train de ruiner la France.
01:36Tout cela a, petit à petit, été repoussé dans les franges.
01:39Ça n'a jamais été écouté.
01:41Le résultat, c'est le chaos que nous voyons.
01:43Donc, c'est un ensemble.
01:45Il y a la question sécuritaire.
01:46Il y a la question de la réponse judiciaire à apporter à ces casseurs, à ces pilleurs.
01:52Mais si on ne règle pas les problèmes de fond,
01:55c'est-à-dire la destruction systématique de l'école depuis 30 ans,
01:59c'est-à-dire l'appauvrissement du pays
02:01et donc la perte de possibilités pour l'État d'agir,
02:05que ce soit justement dans la justice, dans la police,
02:07on n'aura rien réglé.
02:09Donc, les réponses de court terme, oui.
02:12D'ailleurs, il aurait mieux valu ne pas laisser pourrir ce mouvement.
02:15Et donc, répondre par exemple aux lycéens à travers une réforme de Parcoursup,
02:20répondre aux mouvements sociaux par une taxe flottante sur les produits pétroliers,
02:27ça a évité cela.
02:28On n'a pas voulu le faire.