00:00Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d
00:03'ébullition.
00:05Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
00:08Donc plus jamais le 17 octobre.
00:10Le 24 octobre est un modèle, on a tenu et c'est ce qu'on continuera de faire.
00:15Donc il y a un travail politique et social qui est mené par le gouvernement pour répondre aux aspirations légitimes,
00:20pour calmer les gens.
00:22Il y a normalement un débat présidentiel qui doit se faire pour qu'on ait des élections.
00:25C'est parce qu'il y a des élections qu'il n'y a pas de violence.
00:27C'est ça une démocratie. Il faut le rappeler aux gens.
00:30Mais on continuera de tenir à la fois samedi, le 5 novembre pour la journée de mobilisation sociale et les
00:39samedis qui suivront.
00:39Alors je retiens évidemment cette phrase, le 24 et c'était un modèle.
00:42Bon, évidemment ce n'est pas vraiment un modèle.
00:44Mais ce que je retiens surtout, c'est ces sept secondes-là.
00:48Écoutez.
00:50Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d
00:53'ébullition.
00:55Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
00:58Ce qui n'est pas normal, monsieur le Président, ce qui n'est pas normal, c'est que l'école
01:02ne marche pas.
01:03Ce qui n'est pas normal, c'est que la justice ne marche pas.
01:05Ce qui n'est pas normal, c'est que l'hôpital ne marche pas.
01:08Ce qui n'est pas normal, c'est qu'on ait tant de dettes que cela.
01:12C'est tout ça qui n'est pas normal.
01:14Donc, en fait, c'est votre action qui, à l'arrivée, en dix ans, a produit.
01:22Vous n'êtes pas évidemment le responsable à 100% de tout.
01:25Bien sûr, d'autres vous ont précédé un certain climat.
01:29Je veux bien entendre cela.
01:30Mais vous avez fait révéler les Français.
01:33Vous avez promis une révolution.
01:35Vous avez promis un changement.
01:37Et ce changement n'est pas à la hauteur de ce que vous aviez promis.
01:40C'est tout.
01:42Juste peut-être sur le thème révolution, c'est peut-être la seule chose qu'il a promise et qui
01:45peut arriver.
01:46Encore.
01:47Il y a une profonde déconnexion du Président de la République et de ses ministres.
01:53Il y a une scène qui a été captée par nos confrères d'envoyé spécial
01:56qui suivait le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez, au cours des dernières semaines.
02:00C'était au tout début du mouvement lycéen.
02:02Et on entend le ministre de l'Intérieur.
02:03On lui demande, est-ce que vous êtes inquiet sur ce mouvement ?
02:06Et il dit, non, il n'y a aucun risque que ça déborde.
02:08Franchement, on n'est pas du tout inquiet.
02:10On regarde ça de loin, etc.
02:12Trois semaines plus tard, c'est le 17 octobre.
02:14Alors, ils ne pouvaient évidemment pas s'anticiper.
02:16La France s'ennuie dans le monde de comment ça fait-il.
02:21Mais les gilets jaunes, ils n'ont pas vu venir les gilets jaunes.
02:23Ils n'ont pas vu venir les gilets jaunes.
02:24Ils n'ont pas vu venir les mouvements des agriculteurs.
02:27Les panneaux renversés, c'était déjà annonciateur.
02:28Ils n'ont pas vu venir.
02:29Il y a un problème de lien au terrain aussi.
02:32Pardonnez-moi, mais personne ne voit...
02:36Personne ne voit jamais la guerre arriver,
02:39la révolution arriver, personne.
02:41Quand vous avez une connexion au terrain,
02:42des élus locaux bien implantés dans leur territoire,
02:45généralement, vous avez les gilets jaunes.
02:46Les gens qui sont payés pour ça, quand même.
02:47Écoutez, l'histoire nous montre que personne n'y croit, en tout cas.
02:52Personne n'y croit, je ne peux pas vous dire autre chose.
02:53Personne ne croit jamais au pire.
02:55Les dictateurs, ils restent jusqu'au dernier moment dans leur château.
02:57Je ne sais pas, Pascal, certains ont vu le pire venir.
02:59Les États vivent avec l'idée du pire qui est imminent, quand même.
03:02Ah bon ?
03:03Oui, ils sont dans une grande paranoïa.
03:04C'est même un des problèmes des gens qui exercent.
03:06On ne peut pas dire que personne ne voit le pire venir.
03:08Ça fait 40 ans que certains font le bon diagnostic
03:11sur la facturation de la France,
03:13sur les questions migratoires,
03:15sur les armements de l'autorité de l'État.
03:16Ces gens-là n'ont jamais été écoutés.
03:18On en paye le prix aujourd'hui
03:19parce qu'on s'est refusé à faire le bon diagnostic.
03:20Je salue Pierre Brochon qui nous écoute régulièrement le matin
03:24et qui a fait un papier formidable.
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