00:00qu'il faut, je cite, dire ce qui a merdé.
00:03Ce sont les mots du Premier ministre.
00:05Alors vous avez échangé avec plusieurs membres du gouvernement
00:07après ces émeutes sans précédent.
00:09Et ce qu'ils vous ont dit, c'est sidérant, c'est inquiétant.
00:11Oui, tenez-vous bien parce que ça fait froid dans le dos
00:12quand on sait d'où ça vient, c'est-à-dire du plus haut sommet de l'État.
00:15Comme ce ministre qui me lâche, que c'est catastrophique,
00:18je suis en colère, c'est indéfendable des sentiments,
00:22clairement, que le pouvoir est aux abois dans une fin de règne
00:25qui apparaît comme internidable.
00:27Plusieurs ministres jugent aussi que la stratégie de coller à LFI,
00:30la responsabilité de tout ça, ne prend pas du tout.
00:33Ce n'est pas de la faute à Mélenchon si ça a merdé samedi.
00:37Voilà ce que me confie cinglante une membre du gouvernement.
00:39Pas optimiste non plus, et c'est inquiétant sur les prochaines mobilisations
00:43de samedi prochain et du 5.
00:45Le constat, c'est que ça monte en ébullition.
00:48Je me demande comment on s'en sort.
00:50Déficit de communication encore.
00:52Plusieurs membres de l'exécutisme expliquent à leurs yeux
00:54ce qui n'a pas été fait, c'est la mise en scène de la préparation
00:57des forces de sécurité.
00:57Si c'est la guerre, il faut montrer qu'on est prêt à la faire.
01:00Et l'allocution du chef de l'État nous trouve guère plus grâce à leurs yeux
01:03parce que même si c'était un passage obligé,
01:05plusieurs d'entre eux jusqu'à la réponse n'était pas à la hauteur.
01:07Bon, alors, au-delà des événements de ce week-end,
01:10que peut-on dire des deux quinquennats d'Emmanuel Macron ?
01:13Il n'aura pas vraiment convaincu sur la sécurité ?
01:15Non, c'est le moins qu'on puisse dire.
01:16Ça restera un minimum comme une des failles de ces deux mandats d'Emmanuel Macron
01:19parce que les images de samedi viennent s'ajouter à celles
01:22des dizaines de journées des Gilets jaunes,
01:24de cet arc de triomphe qui a été dévasté, rappelez-vous, en 2018,
01:29où le chef de l'État avait été perçu comme incapable d'assurer l'ordre public
01:32où déjà, rappelez-vous, il était question d'un changement de doctrine
01:36du maintien de l'ordre.
01:37Échec politique également parce que ces failles sécuritaires,
01:40ça contribue sans aucun doute à faire monter les extrêmes
01:42et notamment Marine Le Pen et le Rassemblement national.
01:44Pourtant, Emmanuel Macron lui-même, au soir de son élection sur l'esplanade du Louvre,
01:47avait dit qu'il ferait tout dans les cinq années qui viennent
01:49pour qu'il n'y ait plus aucune raison de voter pour les extrêmes.
01:52Aujourd'hui, Marine Le Pen est créditée de quasiment 33% des intentions de vote
01:55et d'après les sondages, même s'il faut rester prudent,
01:57l'emporterait dans tous les cas au second tour.
01:59Dimanche soir, Emmanuel Macron a affirmé que le pays avait besoin d'ordre et d'apaisement.
02:03C'est pourtant un pays divisé et fracturé qu'il va laisser à son successeur en mai prochain.
02:08L'un de ses proches, rappelez-vous, et pas n'importe lequel,
02:10Gérard Collomb, macroniste de la première heure, ministre de l'Intérieur,
02:13avait eu cette sombre prophétie le jour de son départ de la place Beauvoir en octobre 2018.
02:18Aujourd'hui, on vit côte à côte, demain, je crains qu'on vive face à face, avait-il dit.
02:23Ce jour semble s'être rapproché.