00:00– Pas grand monde ne l'avait vu venir en réalité.
00:02– Comment ?
00:02– Je l'ai dit, moi j'ai écrit même tout un livre là-dessus,
00:05mais bien sûr, qui rejoint d'ailleurs ce que dit Christophe Guy,
00:08lui, c'est ça, les jeunes ne veulent plus être périphériques.
00:12– C'est une bataille culturelle aussi, vous la prenez à votre compte ?
00:15– C'est une bataille culturelle, c'est une bataille de civilisation même,
00:19c'est le déclin, la dégradation, il se dit,
00:24il y a même une nostalgie sur la France d'avant, même chez les jeunes,
00:27c'est ça qui est étonnant.
00:28Ils se disent, mais avant, est-ce que c'était mieux ?
00:30Oui, c'était mieux, est-ce que ça peut être mieux ?
00:32– C'est la première fois que vous entendez parler de cela.
00:34– Oui, ça peut redevenir mieux,
00:35mais à condition qu'on leur transmette un pays en bon état
00:39et où ils peuvent à leur tour modeler cet avenir à leurs mains
00:43et avec leur imagination et leur créativité.
00:46Vous savez, cette génération, on l'appelle aussi la génération dépossédée,
00:50je dis ça dans mon livre, c'est une génération dépossédée
00:53et c'est une génération anxieuse.
00:55Mais quand même, à la sortie du Covid, ils n'ont pas été pris en charge.
00:59Un jeune sur dix a pensé faire une tentative de suicide.
01:02Et on voit la santé mentale qui est dans un état catastrophique.
01:06Mais il n'y a plus rien dans les lycées, il n'y a même pas à qui parler.
01:09– Pardon d'une question un peu terre-inter,
01:11quel est l'intérêt d'un gouvernement de laisser pourrir un tel mouvement
01:14au risque de violence, au risque même d'un drame ?
01:17– Mais comme tous les mouvements précédents,
01:20pourquoi est-ce qu'il a laissé se dégrader tous les mouvements précédents ?
01:22Parce qu'un gouvernement faible a besoin de la violence pour serrer la vis.
01:28Quand je vois le Premier ministre, il est intelligent le Premier ministre,
01:32c'est un homme de terrain.
01:33– Il faut commencer à dire ça.
01:34– Quand je vois le Premier ministre cet après-midi qui dit
01:36« Attention, ça va être violent, oulala ! »
01:39C'est la prédiction réalisable, ça.
01:41Si vous êtes devant de manière « Oulala, ça va être violent ! »
01:43ça excite tout le monde.
01:45Premièrement, ça fait peur aux fonctionnaires de police
01:47qui disent « Ah bon, ça va être violent,
01:49donc il faut aussi qu'à un autre tour, on soit prêt à faire de la violence. »
01:52Donc il y a une dégradation des choses.
01:55Et moi, ce n'est pas ça qu'il faut dire.
01:56– Donc le moteur de la violence, c'est le gouvernement ?
01:58– En anticipant la violence, c'est typique de toutes les manifestations,
02:03de l'analyse sociologique de la gestion des crises,
02:07un dirigeant qui dit « Ça va être violent ! »
02:09suscite la violence, parce que ça fait peur.
02:13La première chose qu'il devrait dire, il l'a dit un peu…
02:15– Vous ne prouvez pas du tout des éléments d'extérieur
02:16qui viennent perturber les fins de manifestations,
02:20comme ça a été le cas il y a 48 heures ?
02:22– Mais il y a deux choses.
02:24C'est que d'abord, quand il y a des mouvements sociaux
02:26où il se passe des choses formidables,
02:28parce qu'il s'est passé des choses formidables,
02:30et où le relais, c'est uniquement ce qui flambe, ce qui frappe, etc.
02:33Il y a une dégradation de l'existence
02:36et de l'identité même d'un mouvement social
02:37qui, dans certains endroits, s'est très bien passé.
02:40Moi, je suis allée discuter avec des lycéens devant leur lycée.
02:42– Et on le dit souvent, on le dit dans certaines villes,
02:44en province, mais malheureusement,
02:47à Paris, dans la capitale des fins de cortège,
02:49casseurs et meutiers des secteurs…
02:50– Mais ça, on a quand même agressé des profs et des proviseurs.
02:53– Dans tout mouvement social, si ça…
02:54– Vous banalisez, Mme Royal.
02:56– Un mouvement social qui n'est pas réglé,
02:59il y a en effet des casseurs qui viennent se greffer
03:04sur ce mouvement.
03:04C'est pour ça qu'il faut que les mouvements sociaux
03:06soient réglés intelligemment avant.
03:08C'était la deuxième paix.
03:08que les mouvements sociaux sont réglés.