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00:00Europe 1 matin, 7h, 9h, Dimitri Pablenko.
00:04Je suis très triste, c'est une catastrophe, je suis dégoûtée, franchement je suis dégoûtée quand on arrive là.
00:09Parole de Limougeau de ce matin après une mairie détruite, une ville sidérée.
00:13Direction donc Limoges dans un instant, 7000 personnes se sont rassemblées hier au lendemain de l'incendie volontaire qui a
00:19ravagé l'hôtel de ville.
00:20Le maire menace de démissionner, nous verrons pourquoi.
00:23Partout en France, commerçants et riverains ont découvert leurs rues dévastées, leurs commerces pillées,
00:27des scènes de chaos qui se sont poursuivies jusque tard cette nuit à Paris.
00:32Et puis quelle réponse politique alors que près de 1000 policiers et gendarmes ont été blessés ?
00:35On vient de l'apprendre, Laurent Nunez a proposé sa démission au président de la République ce week-end.
00:40Démission refusée, on va y revenir.
00:43Europe 1, le journal de 7h30 sur Europe 1, Théo Grévin, bonjour Théo.
00:48Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:50Le désarroi ce matin d'une grande partie des Français, des commerçants, des forces de l'ordre
00:55face aux scènes de chaos qui ont émaillé la journée de samedi à direction Marseille pour débuter.
01:00Avec ce chiffre impressionnant avancé par les autorités,
01:0430 000 pilleurs étaient présents samedi dans les rues de la ville où on vous retrouve.
01:08Bonjour Stéphane Burgatte.
01:10Bonjour, bonjour à tous.
01:11Vous êtes le correspondant d'Europe 1 dans les Bouches-du-Rhône.
01:13Alors il y a cette bataille des chiffres et une réalité Stéphane.
01:16Samedi, les casseurs ont pris le contrôle du centre-ville.
01:19Oui, effectivement, les scènes de chaos, on les voit encore ce matin.
01:24Hier, on a pu être en ville et où on attend donc de pied ferme Laurent Nunez qui est attendu
01:30ici en tout début d'après-midi.
01:31Au moment où la polémique enfle sur le dispositif de sécurité, le maire qui demande des comptes.
01:36Quels ordres ont été donnés ?
01:38Benoît Payan qui s'interroge aussi sur le dimensionnement de ces forces de l'ordre.
01:42Au plus fort des émeutes, un peu plus de 800 membres des forces de l'ordre qui ont parfois manqué
01:46de munitions,
01:47ont dû faire face selon la préfecture à plus de 30 000 pilleurs.
01:51Ce dernier chiffre qui est qualifié de farfelu par Benoît Payan.
01:55Des policiers évoquent de leur côté plutôt une estimation qui tournerait autour des 10 000 personnes.
01:59Ce qui reste énorme.
02:00Laurent Nunez qui rencontrera donc notamment la municipalité, des membres de la chambre de commerce
02:05et bien sûr les commerçants avec ce centre-ville défiguré.
02:10Malgré le travail des collectivités, il y a encore de nombreuses vitrines arrachées qui jonchent.
02:14Toujours le sol et des tags par centaines sur de nombreux murs.
02:17Contre la police, contre l'État, le capitalisme ou encore les bourgeois.
02:21Stéphane Burgatte, merci à vous correspondant d'Europe 1 à Marseille en direct ce matin.
02:25Marseille où vous venez de nous le dire, Laurent Nunez est donc attendu aujourd'hui.
02:29Le ministre de l'Intérieur qui, on l'a appris il y a quelques minutes, a présenté sa démission hier.
02:35Démission refusée par le chef de l'État.
02:37Emmanuel Macron, malgré le contexte, s'est bien envolé pour le Koweït ce matin.
02:41Il est attendu dans la matinée.
02:42Il a tourné dans le golfe, oui, maintenu le chef de l'État qui a pris la parole hier soir
02:46avant de s'envoler.
02:47Évoquant la colère et la honte face aux violences, il promet de la transparence sur le dispositif sécuritaire.
02:53Bonjour Alexandre Chauveau.
02:54Bonjour Théo, bonjour à tous.
02:55Du service politique d'Europe 1, tous les partis politiques dénoncent ce matin l'absence d'annonce importante.
03:01Oui, une intervention lamentable pour Jordan Bardella.
03:04Très inquiétante pour Bruno Retailleau, pour qui le chef de l'État apparaît totalement dépassé.
03:08Le président des Républicains réclame en vain le déclenchement de l'état d'urgence.
03:13Autre réaction, celle d'Edouard Philippe, sévère lui aussi envers Emmanuel Macron.
03:17J'ai entendu vos commentaires, vos souhaits et une volonté louable de rétablir le dialogue.
03:22J'aurais préféré, comme des millions de Français, des décisions permettant le retour à l'ordre.
03:26Notre pays a besoin d'être commandé, dit l'ancien Premier ministre à l'UDR.
03:30Éric Ciotti, lui, évoque une allocution pour ne rien dire.
03:33Que retient-on de son intervention ? Une réunion des partis politiques à Matignon, pourquoi dire, pourquoi faire ?
03:42Tout ça, quelque part, est un peu indigne.
03:45Un constat partagé à gauche par Manuel Bompard ou chez Reconquête avec Éric Zemmour qui répond à Emmanuel Macron.
03:51Il dit, on se demande ce qui se passe dans la tête des Français.
03:55Moi, je vais vous dire, quand je l'ai entendu dire ça, je me suis dit,
03:57les Français se demandent qu'est-ce qui se passe dans la tête de M. Macron pour avoir laissé rentrer
04:02500 000 étrangers par an depuis 10 ans.
04:04Voilà la classe politique désabusée dans son ensemble et qui attend avec impatience l'élection présidentielle.
04:10Alexandre Rochovot du service politique d'Europe.
04:12Et je vous rappelle que Jordan Bardella, le président du RN, sera justement l'invité de Laurence Ferrari tout à
04:17l'heure à 8h10.
04:18Jordan Bardella selon qui l'ordre n'existe plus en France.
04:21Nous verrons cela donc dans trois quarts d'heure.
04:23Alors, preuve du niveau de violence atteint ce week-end, des lieux de pouvoir ont été pris pour cible à
04:28Bordeaux, Lille ou encore Limoges.
04:29Oui, Limoges où c'est l'une des images fortes.
04:31La mairie en pro-flamme.
04:33Le bâtiment avait résisté à deux guerres mondiales.
04:36Il est presque ce matin entièrement détruit.
04:38Tout un symbole pour les habitants sidérés et présents hier en ombre face à l'hôtel de ville en ruine.
04:43Charles Huillier, vous êtes l'envoyé spécial d'Europe 1 à Limoges où la colère ne retombe pas.
04:47Oui, effectivement. Bonjour à tous.
04:49C'est vrai qu'ici, cette mairie dont la charpente est désormais apparente, ce bâtiment dont le beffroi en flamme
04:56est tombé,
04:57eh bien cette ville est devenue le symbole de cet apocalypse national.
05:02Et ce matin ici, toute la ville est encore sonnée, même si hier soir, pas de heure, mais un rassemblement.
05:097000 personnes réunies à l'initiative de Guillaume Guérin.
05:12Le maire de Limoges a voulu marquer le coup et les limougeaux qui s'y sont rendus, comme Jean Bernard,
05:18sont encore révoltés ce lundi.
05:20Ces mecs-là qui sont masqués et tout ça, mais qui se pointent devant moi là ?
05:23Non mais on ne s'attaque pas à ça, on ne s'attaque pas à une mairie, on ne s
05:26'attaque pas à qui viennent, qui sortent là.
05:28On ne vous dit pas je vais crever du keuf.
05:29Ils ne sont pas là pour ça ces pauvres gens-là, même les pompiers ne sont pas là pour ça.
05:32Les flics ne peuvent rien faire parce que sinon on s'est brossés.
05:36Et quand j'apprends qu'ils sont tombés en panne de grenades, mais on va où ? Mais on va
05:39où ?
05:40Et le manque de munitions dont ont été victimes les policiers ici, ce qui a été souligné à l'instant
05:45par Jean Bernard,
05:47ce manque d'anticipation a même été concédé par la préfecture de Haute-Vienne ici.
05:52Conséquence, pour Guillaume Guérin, l'État a sa part de responsabilité.
05:57Raison pour laquelle le maire de Limoges a une exigence désormais,
06:01que la ville ne paie pas un centime pour la reconstruction,
06:04sans quoi il démissionnera, ce qui serait bien sûr un séisme
06:08dans une ville de Limoges qui compte 130 000 habitants.
06:10Alors vu l'ampleur de la menace, Sébastien Lecornu devrait se rendre ici dans la semaine
06:15pour apporter des garanties et tenter d'apaiser la situation.
06:19Charles Lully, envoyé spécial d'Europe 1 à Limoges en direct ce matin.
06:23Et la situation était encore extrêmement tendue cette nuit à Paris.
06:26Oui, des centaines d'émeutiers ont à nouveau déferlé dans les rues de la capitale.
06:30Le reportage de Caroline Baudry.
06:31Rue de Turbigo à Paris, un cafetier emballe sa terrasse en catastrophe.
06:35Les centaines d'individus qui affrontent les forces de l'ordre s'approchent,
06:38tirent des mortiers d'artifice.
06:40Vu sur les flammes qui s'élèvent dans la foule,
06:43cette riveraine qui souhaite rester anonyme presse le pas pour se réfugier.
06:46On va s'enfermer chez nous et on va faire attention à nous.
06:49Mais c'est horrible, franchement c'est horrible.
06:51Ça fait peur, tout le monde est dépassé par la situation.
06:55C'est l'anarchie.
06:55Dans un mouvement de foule, des gens courent alors que des groupuscules cagoulées se dirigent vers Châtelet.
07:00Ils tentent de forcer les alpes, puis pillent les boutiques alentours
07:03avant de s'engouffrer dans les petites rues adjacentes sous le nez de Gaspard et d'Arnaud qui tient un
07:08bar.
07:08On a dû voir un groupement prendre les chaises, des terrasses, les jeter.
07:12Quelqu'un nous a demandé de rentrer à l'intérieur, qu'ils fermaient la terrasse du coup.
07:15Une centaine ont commencé à attaquer les bars de la rue.
07:18Ils ont des tonneaux et des gros trucs qui ont commencé à envoyer partout,
07:21attaquer les poubelles.
07:22Il y en a qui ont eu très peur.
07:23À quelques pas, une poignée de CRS tir au flashball tente de maintenir l'ordre
07:27dans ce quartier chaotique qu'il n'est possible de quitter par la chaussée
07:31qu'en slalomant entre des monticules de déchets calcinés.
07:34Un reportage européen de Caroline Baudry.
07:36Nous serons en direct de ce quartier de Châtelet-Léal qui a encore pris cher,
07:39si l'on peut dire, ce week-end, cette nuit,
07:42avec l'envoyé spécial d'Europe 1, Antoine Bienveau.
07:45Merci Théo Grévin, c'était votre journal.
07:46Dans un instant, l'édito international d'Europe 1,
07:48on ira voir ce que l'on dit dans le monde du chaos français de ce week-end avec Vincent
07:52Herouette.
07:53Excellent début de journée avec Europe 1.
07:55Maintenant, il est 7h38.
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